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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 15:02

Le best-seller de la rentrée littéraire est un roman d'Olivier Larizza paru aux éditions Andersen dans la collection Humour en septembre 2014 (227 pages, 17 €, ISBN 978-2-37285-004-9).

 

Je remercie Christa et les éditions Andersen de m'avoir envoyé ce roman drôle qui fait du bien !

 

Olivier Larizza est né en 1976 à Thionville (Lorraine). Il partage son temps entre Strasbourg (où il est chercheur en langues et littératures européennes) et la Martinique (où il est professeur de littérature anglaise). Il est auteur de romans, d'essais, de contes, de poèmes et d'une biographie sur Léonard de Vinci. Plus d'infos sur son site officiel et sur sa page FB.

 

Octave Carezza, Strasbourgeois de 37 ans, a quitté son poste de professeur de littérature comparée pour devenir auteur.

« Je m'appelle Octave Carezza et suis écrivain à plein temps. Enfin presque. J'ai réussi à développer une seconde activité en parallèle : l'angoisse de la page blanche. J'y consacre même pas mal d'énergie (c'est mon côté perfectionniste). Ce qui, en définitive, fait de moi un écrivain à mi-temps, dans le meilleur des cas. » (page 8, début du roman).

Octave est bien décidé à faire publier ses écrits et à rencontrer ses lecteurs ! Il s'inscrit même à une agence de rencontres un peu spéciale, Une lectrice nommée désir, dans le but de rencontrer des lectrices et parmi elles, l'âme sœur ?

« Un mardi après-midi, par une belle journée printanière, je marchais allègrement vers le parc de la Citadelle où m'attendais mon premier rendez-vous. Mon premier rencart avec la femme de ma vie. L'agence avait bien fait les choses […. » (page 20).

Mais, rien ne se passe jamais comme prévu ! Et en plus, le premier livre d'Octave ne se vend pas… L'auteur se console : « Les écrits dont on vit ne vivent pas. » (page 48) et se voit obligé, pour vivre, d'écrire des textes de commande.

« […] l'inspiration me fuyait. Peut-être la raison de mon blocage était-elle simplement à mettre sur le compte de la maturité : à trente-sept ans, à l'instar de Rimbaud, je touchais au crépuscule de mon génie méconnu. J'étais en fin de carrière. En bout de course. » (page 70).

 

À travers les dix chapitres de ce roman vraiment désopilant, Olivier Larizza fait le tour des relations d'un écrivain avec lui-même, avec ses lecteurs, la gente féminine, l'éditeur, les salons littéraires, les autres auteurs, et aussi avec l'angoisse de la page blanche, les personnages et l'œuvre qui s'écrit… ou pas !

Il cite tout au long de nombreux auteurs, toujours à propos, pas simplement pour faire bien.

« La littérature a encore de beaux jours devant elle, n'en déplaise aux Cassandre de tout poil ! » (page 138).

« Une chose est sûre : il faut sortir des sentiers battus : Hemingway se flingue avec le revolver Smith and Wesson que sa mère lui a envoyé par la poste avec un gâteau au chocolat. John Kennedy Toole s'enferme dans l'habitacle de sa bagnole après l'avoir relié au pot d'échappement par un tuyau d'arrosage ; il met le contact et s'asphyxie. Hemingway, Toole, voilà deux types qui débordaient d'imagination et avaient vu juste sur toute la ligne : on ne décède qu'une fois, alors autant faire en sorte qu'on s'en souvienne à vie. » (page 164).

Ce qu'il dit à propos des liseuses : « Grise mine et aussi sexy qu'un glaçon... » (page 142).

Deux mots étranges que je ne connaissais pas : catachrèse (page 158) est une figure de style qui détourne un mot (ou une expression) de son sens ; et épanadiplose (page 159) est une figure de style (ou de narration) qui reprend un même mot en début et en fin de proposition.

C'est sûr, Olivier Larizza a beaucoup de culture et d'humour ; il livre un très bon roman, vraiment drôle : j'ai éclaté de rire plusieurs fois. Mais les trois derniers chapitres (je les ai lus en une deuxième fois) m'ont fait moins rire. Pourtant il y a de très bons jeux de mots (« occis mort », « à la poste hériter »…). J'aurais peut-être dû lire le livre d'une traite.

 

En tout cas, un auteur et une nouvelle maison d'éditions à suivre !

 

Le mot de la fin à George Orwell : « Dans ces temps de tromperie universelle, dire la vérité devient un acte révolutionnaire. » (page 324, extrait de 1984).

 

Une lecture dans les challenges 1 mois, 1 plume, 1 % de la rentrée littéraire 2014, ABC critiques 2014-2015 (lettre L) et Arche de Noé (ours sur la couverture).

 

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 03:58

C'est chez Olivia que j'ai vu Les auteurs de SFFFH francophones ont du talent (j'en ai profité pour lire l'extrait de sa nouvelle, début prometteur !), opération qui dure du 1er novembre au 1er décembre 2014.

 

C'est quoi SFFFH ? SFFF, c'est pour Science-Fiction, Fantastique, Fantasy et le H est pour Horreur.

 

Cette opération est initiée par l'auteur Gaëlle Dupille (son blog et son FB) et la communauté qu'elle gère sur FB, L'invasion des grenouilles. Je vous laisse y consulter les infos.

 

Même si je n'ai pas le temps de lire quelque chose ce mois-ci, je veux quand même soutenir cette opération et je rappelle que j'ai lu cette année :

L'enfant de l'orage – 1 : Pierres de sang, de Manuel Bichebois et Didier Poli (BD française, SF, Fantasy)

Les contes d'Amy, de Frédéric Livyns (nouvelles belges, fantastique, horreur)

Barbares !, de Southeast Jones (nouvelle belge, SF)

Cryozone, de Cailleteau et Bajram (BD française, SF, horreur)

L'orphelinat du bout du monde (Le Surnatureur, 1), d'Éric Sanvoisin (roman français, SF)

La fin du monde a du retard, de J.M. Erre (roman français, SF)

Le château des étoiles – 1 : 1869 la conquête de l'espace, d'Alex Alice (BD française, SF)

Le maître bonsaï, d'Antoine Bueno (roman français, fantastique)

 

Ai-je trouvé ces œuvres trop intellectuelles ou ennuyeuses ? Non, pas du tout ! La SFFF francophone vaut bien la SFFF anglophone !

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25 octobre 2014 6 25 /10 /octobre /2014 16:48

Ça fait combien de mois que je n'ai pas participé à un atelier d'écriture ? Je voulais reprendre à la rentrée mais j'ai laissé filé le temps… Et puis là, un peu de temps pour écrire un texte, oui, j'en profite !

 

Lundi, je n'ai pas participé à la collecte sur le thème de la complicité (dommage) mais je note bien la liste des mots : regard, secret, main, larrons, tiroir, drap, couverture, partager, (se) tramer, connivence, confident, bêtise, proche, rival, neige, empathie, ensemble, amants (au pluriel), nacrer, nomade, noir. Comme il y a 21 mots et qu'il est possible d'en retirer un, je n'ai pas utilisé nacrer.

 

Deux êtres

Non mais, regardez moi ces deux-là, il sont comme larrons en foire ! Qui penserait que l'un fut le rival de l'autre ? Tout est dans leur regard et ils sont tellement proches que leurs amis se sentent presque de trop. Non, ils ne sont pas amants, ou alors ils le cachent bien. Mais il y a entre eux cette incroyable connivence, cette volonté de tout vivre ensemble, cette envie de faire toutes les bêtises possibles, de partager le meilleur et le pire sans jamais tirer à soi la couverture. S'ils se disputent, nous serons dans de beaux draps ! Ce n'est pas un secret, ils sont confidents l'un pour l'autre et pourraient carrément se passer de leurs amis… Nous, quoi ! Mais ils ont le cœur sur la main et ils ressentent tellement d'empathie qu'ils ne pourraient pas nous enfermer dans un tiroir tout noir, nous abandonner en pleine tempête de neige, ou au milieu des nomades du désert ! Et s'il se tramait quelque chose, ils nous préviendraient, c'est sûr. Sûr ? Allez, déconnez pas les gars ! Ne nous laissez pas ! Ouvrez-nous !

 

Voilà, je ne sais pas si c'est bien : ça fait longtemps que je n'avais rien écrit. En tout cas, j'ai oublié de donner mon lien à Asphodèle avant vendredi 20 heures et j'ai oublié de publier ce texte ce matin… Donc, je le publie avec du retard mais je vous souhaite quand même un bon week-end.

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Publié par Coccinelle - dans atelier d'écriture
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20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 15:22

C'est sur le blog d'Anne-Charlotte que j'ai vu ce tag Préférez-vous ? et au début, je me suis dit que ce n'était pas la peine de le faire car mes réponses seraient similaires aux siennes. Mais je ne résiste pas à l'idée de partager mes réponses avec vous et de lire les vôtres si vous voulez le faire aussi !

 

1. Finir une série OU en commencer une nouvelle ?

Les deux ! Je viens de lire le tome 3 de L'épreuve, de James Dashner (Le labyrinthe et La terre brûlée) et j'ai adoré cette trilogie. J'aime aussi découvrir une nouvelle série mais il ne faut pas qu'elle soit trop longue et je ne veux pas attendre trop longtemps pour avoir la suite !

 

2. Les fins tristes OU les happy ends ?

Je respecte le choix de l'auteur alors les deux me conviennent !

 

3. Découvrir un nouvel auteur OU lire le dernier livre d'un des vos auteurs préférés ?

Je préfère découvrir un nouvel auteur.

 

4. Les gros livres OU les petits livres ?

Ça dépend des périodes : il y a des moments où j'aime lire un gros livre mais je suis souvent gênée par le poids !

 

5. Les livres populaires OU les livres inconnus ?

Ça ne me gêne pas de lire des livres populaires (comme Harry Potter par exemple) mais je préfère quand même ne pas lire la même chose que tout le monde et découvrir de nouveaux auteurs (voire éditeurs) que je vais partager à travers ce blog !

 

6. Les grands formats OU les poches ?

Pour le confort de lecture, je préfère les grands formats (les livres brochés) mais pour le prix, les poches sont plus abordables !

 

7. Les couvertures rigides OU les couvertures souples ?

Pour une question de poids, je préfère les couvertures souples des livres brochés ou en poche mais pour les bandes dessinées, je préfère les couvertures rigides.

 

8. Un livre qui vous fait rire OU un livre qui vous fait pleurer ?

Les livres qui font pleurer (ou tout du moins qui m'émeuvent) mais j'ai lu récemment La fin du monde a du retard, de J.M. Erre et ça fait du bien de rigoler !

 

9. Un livre publié en 2014 OU un livre publié en 1814 ?

J'hésite… Je ne connais pas tellement de livres publiés en 1814 alors je prends 2014, j'aurai ainsi plus de choix !

 

10. Un roman young adult OU un roman pour adulte ?

Je dirais un roman pour adulte mais de temps en temps, un roman jeunesse permet de décompresser.

 

11. Utiliser de beaux marque-pages OU utiliser le premier papier qui vous tombe sous la main en guise de marque-page ?

Le plus souvent, j'utilise des marque-pages mais les beaux, je les donne à un ami qui collectionne alors soit c'est un vieux marque-pages, soit c'est un que j'ai eu en double, soit c'est la feuille sur laquelle je prends des notes !

 

12. Les romans réalistes OU les romans imaginaires ?

Il y a trop de réel partout alors je prends les romans imaginaires !

 

13. Lire un roman avant l'adaptation cinématographique OU le lire après ?

Je préfère de loin lire le roman avant l'adaptation au cinéma (quitte à ne jamais voir le film !).

 

14. Lire un roman qu'on vous a conseillé OU lire une découverte personnelle ?

Je préfère découvrir et faire découvrir mais je lis aussi des livres qu'on me conseille.

 

15. Lire un livre à la fois OU en lire plusieurs en même temps ?

Il m'arrive de commencer deux ou trois livres à la fois mais en règle générale, je préfère finir un livre avant d'en commencer un autre.

 

16. Lire des livres de votre pile à lire OU faire grandir sa Pàl ?

J'essaie de lire le plus possible des livres de ma Pàl (vu le nombre que j'ai !) mais ça ne m'empêche pas d'acheter quelques livres en plus.

 

17. Les livres papiers OU les e-books ?

Je lis en numérique depuis longtemps (j'ai commencé avec les œuvres libres de droit directement sur le PC avant que les liseuses et les tablettes n'arrivent !) mais je préfère quand même les livres imprimés.

 

18. Acheter un livre avec une belle couverture que vous ne connaissez pas OU un livre avec une couverture que vous n'aimez pas mais qu'on vous a conseillé ?

Même si je suis sensible à une belle couverture, ce n'est pas ça qui me fait décider de l'achat (ou de la lecture) d'un livre. Donc je peux acheter (ou lire) un livre avec une couverture banale ou moche, ça ne me gêne pas.

 

19. Lire une série à la suite OU laisser plusieurs mois entre chaque tome ?

Je préfère lire à la suite mais parfois, il faut attendre (longtemps) la parution du tome suivant...

 

20. Lire un livre que tout le monde a aimé et qui ne vous inspire pas OU lire un roman qui vous fait envie mais sur lequel la majorité des critiques ne sont pas enthousiastes ?

Comme je me fiche de lire la même chose que tout le monde, je vais évidemment choisir le roman qui me fait envie même si les autres lecteurs ne l'ont pas aimé car je préfère me faire ma propre opinion.

 

Pour plusieurs questions, je n'ai pas pu choisir ! C'est parfois difficile de trancher quand les deux conviennent. Et vous, que préférez-vous ? Laissez un commentaire pour donner le lien vers vos réponses. Et passez une bonne semaine !

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Publié par Coccinelle - dans tag & award... lecture
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15 octobre 2014 3 15 /10 /octobre /2014 22:20
Vapeur et feuilles de thé, challenge automnal de Sia

Grâce aux Pipelettes, j'ai découvert le challenge Vapeur et feuilles de thé créé par Sia – du blog Encres & calames – pour un automne steampunk.

 

Le titre du challenge est tellement original et le logo est tellement beau que je n'ai pas pu m'empêcher de m'inscrire à ce challenge !!!

 

L'objectif est de lire – du 21 septembre au 20 décembre 2014 – des œuvres de steampunk : c'est un genre que j'aime beaucoup mais que je ne lis pas assez alors ce challenge arrive à point ! Et puis, j'en ai profité pour m'abonner à French steampunk : le site, la page FB.

 

Infos sur le challenge et sur le steampunk, logo et inscription chez Sia.

 

Mes articles pour ce challenge

1. Le château des étoiles – 1 : 1869 la conquête de l'espace, d'Alex Alice (bande dessinée française)

2. ...

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13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 16:12

Louise est un roman de Julie Gouazé paru aux éditions Léo Scheer le 20 août 2014 (161 pages, 18 €, ISBN 978-2-756-10451-5).

 

Julie Gouazé, née en 1977 à Lyon (Rhône), a étudié l'histoire contemporaine et la communication politique. Journaliste (LCI, France 5) et lectrice pour l'édition, elle livre son premier roman, Louise. Plus d'infos sur la page Facebook de l'auteur.

 

Été 1995. Louise va avoir 18 ans et va passer l'épreuve de philo. Louise vit chez ses parents, Marie et Roger. Louise a une sœur, Alice, de quatorze ans son aînée.

« Une sœur chérie. Adorée. Imitée. » (page 10). « Tout était beau, chez Alice. Tout était parfait. Elle sentait bon. Elle était belle. Elle était drôle. Et comme la vie reprenait lorsque Alice était à la maison ! » (page 11).

Mais Alice est partie depuis des années, elle s'est mariée avec Blaise, ils vivent en Allemagne et ils ont un fils, Jean.

Trois ans après être partie s'installer en Allemagne, Alice revient chez ses parents, avec son fils.

« Alice est alcoolique. La philo, c'est demain. […] Louise n'a pas croisé le regard d'Alice ce soir-là. La philo, c'est demain. Et Louise pleure. Qui est cette femme aux yeux creusés, aux cernes noirs et au pauvre sourire ? Où est Alice ? Rendez-lui Alice ! La philo, c'est demain. Et Louise ne dit rien. La philo, c'est demain. Et le cauchemar commence. » (pages 12-13). C'est à mon avis le passage le plus fort du roman. Le lecteur sent à ce moment-là toute la détresse des deux sœurs et comprend que la guérison ne va pas être facile.

Louise continue à vivre, elle réussit le bac, a un petit copain, fait sa rentrée à la fac d'histoire.

« Louise s'épanouit. Elle se cherche et se trouve. Pour un temps. » (page 21). « Si la musique revient… la vie aussi ? » (page 18). Peut-être. Pour un temps. Alors, comment Louise peut-elle se construire, à vingt ans, avec des parents qui ne s'occupent que d'Alice, avec des jours qui se traînent, avec Alice qui ne va pas mieux et avec Jean, tout gentil, qui ne dit rien ? Ne vaut-il pas mieux que Louise se détruise aussi, qu'elle accepte l'inacceptable ?

 

Louise est un premier roman, percutant, dense malgré ses phrases courtes et ses nombreux chapitres (41). Il traite bien sûr de l'alcoolisme : « C'est une putain de maladie. Alice est malade. » (page 62) mais pas que. L'alcoolisme n'est qu'un catalyseur pour relayer les relations entre les deux sœurs et les relations avec leurs parents : le lecteur entre ainsi dans l'intimité de la famille. Et il y a beaucoup de choses dans ce roman. Il raconte la difficulté de vivre et d'être heureux, il parle des grèves étudiantes (deuxième moitié des années 90), de l'investissement politique (à gauche), du sida, de la violence dans le couple (mentale pour Alice, physique pour Louise), d'un engagement (bénévole, politique, social) qu'on peut prendre et parfois abandonner parce que ce n'était qu'une façon de « s'accrocher au malheur de l'autre » (page 30), du désordre alimentaire. « Être enjouée. Faire semblant. Pour ne pas pleurer. Plus tard peut-être, ou pas. Un plat de pâtes. Vite. Manger pour éponger l'alcool, la peur et les larmes. » (page 63). Y a-t-il un espoir pour Alice, pour Louise, pour cette famille ? Je vous donne un indice avec mon passage préféré : « Laisser vieillir ses parents, c'est grandir un peu. Accepter le fait qu'ils ne sont pas éternels, c'est mûrir beaucoup. Est-ce que ça fera moins mal ? Sûrement pas. Mais Louise a désormais la certitude que la vie continuera après. Qu'elle ne fait pas exception. Elle rentre dans le rang. On y survit. Elle vivra. » (page 142). Voilà, c'est la vie !

 

Je remercie Gilles Paris pour ce roman de la rentrée littéraire qui m'a agréablement surprise parce que généralement j'ai un peu de mal avec ces romans contemporains féminins. Mais dans le même genre, je me rappelle que j'avais bien aimé La ruche, d'Arthur Loustalot : un huis-clos avec trois sœurs et leur mère mais le récit est écrit par un homme.

Photo de Julie Gouazé prise par moi !

 

Une lecture pour les challenges 1 mois, 1 plume, 1 % de la rentrée littéraire 2014, ABC Critiques 2014-2015 (lettre G), Petit Bac 2014 (catégorie Prénom), Premier roman et Tous risques (lettre G).

 

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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 01:09

Agatha Doyle au service de sa majesté est un roman de Caroline Triaureau à paraître aux éditions Naïve Livres le 9 octobre 2014 (181 pages, 12 €, ISBN 978-2-35021-366-8).

 

Je remercie Benjamin et Naïve Livres pour cette très agréable lecture !

 

Caroline Triaureau est née en Charente Maritime mais a grandi en Normandie. Elle est diplômée de Lettres modernes (Université de Rouen), professeur de français en collège et auteur d'albums illustrés (quatre biographies de sportifs, un album sur Camus et un album sur les éléphants d'Afrique) aux éditions Belize. Agatha Doyle au service de sa majesté est son premier roman. Plus d'infos sur son site officiel, http://carolinetriaureau.jimdo.com/.

 

Agatha Doyle et ses deux amis, Hercule et Sherlock, fréquentent le collège Maurice Leblanc près du Havre en Normandie. Leur classe est en voyage à Londres avec leur professeur d'anglais, Miss Marple.

Durant un pique-nique à Saint-James Park, les trois amis rencontrent James Cavendish, le jeune duc de Windsor qui a échappé à ses gardes du corps. « J'en ai assez de cette vie , si stricte et ordonnée, que l'on me force à mener. Je voudrais rencontrer des gens, des jeunes de mon âge, autres que ceux que je fréquente…, découvrir le monde, le vrai. » (page 33).

Plus tard, lors de la visite de la Chambre des Lords, Agatha est enfermée dans Royal Gallery (Galerie royale). Une vitre a été cassée et le Traité de Londres a été volé. Moriarty, ambassadeur de l'Irlande à Londres, est inquiet car la paix est encore fragile entre l'Angleterre et l'Irlande.

Agatha, Hercule, Sherlock et James mènent l'enquête.

« On va y retourner et découvrir où mène ce passage. […] On va vivre une expérience passionnante ! » (page 69).

 

Agatha, Doyle, Hercule, Sherlock, Miss Marple, Moriarty ! Ces noms ne vous disent rien ? Voici une manière détournée et bien amusante pour la jeunesse de découvrir les univers d'Agatha Christie (Hercule Poirot, Miss Marple) et de Sir Arthur Conan Doyle (Sherlock Holmes, Moriarty) et donc le roman policier en particulier celui à énigmes.

« Il faut laisser reposer nos petites cellules grises, conseilla Hercule. » (page 118).

Mais vous, ne laissez pas reposer vos petites cellules grises plus longtemps et courez acheter ce roman so british, drôle et pétillant ! Roman pédagogique aussi puisque les lecteurs découvrent Londres, son histoire, ses monuments, et deux de ses enquêteurs parmi les plus célèbres : Hercule Poirot et Sherlock Holmes.

Un thé, quelques biscuits, anglais bien sûr, et bonne lecture ! En plus la couverture est vraiment attirante !

 

Une lecture pour les challenges 1 mois, 1 plume, 1 % de la rentrée littéraire 2014, ABC critiques 2014-2015 (lettre T), Agatha Christie (hommage), Cartable et tableau noir, Jeunesse & young adult # 4, Petit Bac 2014 (catégorie Prénom), Premier roman, Thrillers et polars # 3.

 

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7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 03:55

Le Maître bonsaï est un roman d'Antoine Buéno paru aux éditions Albin Michel en mars 2014 (175 pages, 15 €, ISBN 978-2-226-25600-3). Il est possible de lire les 17 premières pages sur le site de l'éditeur.

 

Antoine Buéno est né en 1982 à Boulogne-Billancourt (Hauts de Seine en Île de France). Chroniqueur (télé et radio), professeur de littérature (à l'Institut d'études politiques de Paris), fondateur d'un label (Plume et Plomb) et d'un prix littéraire (Prix du Style), il est l'auteur de romans, d'essais et d'une pièce de théâtre. Plus d'infos sur son site officiel, http://www.antoinebueno.com/.

 

« Je suis un Maître bonsaï. Je crée des bonsaïs et je les vends. » (page 11).

« Je crée et je surveille. Tout le temps. Je contrains et je maintiens la contrainte. » (page 12).

« Créer un bonsaï, c'est contraindre un arbre à ne pas grandir et le maintenir en vie dans cet état. Parce que c'est dans cet état qu'il est une œuvre d'art. Hors du temps. Hors du cours naturel du temps. (page 13).

Ces trois extraits pour vous donner une idée du ton de ce roman, spécial, atypique, et j'aurais pu relever d'autres phrases. L'auteur répète plusieurs fois « Je suis un Maître bonsaï », il répète des mots comme « contraintes », « beauté », comme s'il les scandait : ça m'a un peu fait penser à du slam. Il faut comprendre que, pour le Maître bonsaï, tout doit être dans « l'ordre du règne animal ».

Mais, un jour, une jeune femme entre dans le magasin, il ne lui parle pas (il ne parle jamais, il travaille, il écoute les bonsaïs), elle se met en colère et perd connaissance, là au milieu des bonsaïs qu'elle observait.

« Je m'approche d'elle. Elle semble endormie. » (page 27).

Pour se faire pardonner, la jeune femme revient : « J'aime cet endroit. Et j'ai envie de vous voir, même si vous êtes un vieux fou... » (page 42).

 

Cette rencontre entre le maître bonsaï et l'étudiante, révoltée de ce que les humains font subir à la Terre, va transformer leur vie et le Maître bonsaï va commencer à se rappeler des choses. Des choses de sa vie d'avant, de son pays, de sa langue natale. Alors, oui, il y a un passage difficile (page 38, il se rappelle des enfants qui torturent un chat en riant) mais le livre est vraiment très beau, mystérieux, d'une grande poésie, un « conte initiatique » nous prévient l'éditeur sur la 4e de couverture. Le maître bonsaï et la jeune femme vont se parler, ou plutôt ils vont parler, chacun de leur côté ; lui veut lui enseigner comment s'occuper des bonsaïs, elle veut lui faire réaliser que la Terre souffre, qu'il faut arrêter toute cette folie. « C'est un dialogue de sourds. » (page 52).

Mais ils vont en fin de compte se rejoindre, se comprendre. « […] maintenant les souvenirs fondent sur moi. Comme un essaim de guêpes. Parce qu'ils attendaient tous, massés. Derrière une digue. Mais la digue a cédé. L'arbre a fait céder la digue. » (page 150).

 

LA phrase

« L'art du Maître bonsaï, ce n'est pas la vie, c'est le Beau. La vie est moins importante que le Beau. » (page 72)

Êtes-vous d'accord avec cette phrase ? Moi, non ! Je pense que la vie est plus importante parce qu'elle est de la Nature et que le beau est aléatoire : il dépend de trop de choses, d'idées, de valeurs différentes selon les cultures, les époques et les goûts de chacun. D'ailleurs je n'ai jamais compris pourquoi on faisait subir ce sort à des arbres pour en faire des bonsaïs ! Ces contraintes, ces meurtrissures sont une torture (peut-être y a-t-il un parallèle avec la torture sur le chat, sur un être vivant ?).

 

Faites comme moi, entrez chez ce Maître bonsaï, découvrez son art même s'il vous perturbe ou que vous ne le comprenez pas et vous ne serez pas déçus par cette lecture étrange, envoûtante, qui vous fera réfléchir sur le devenir de l'espèce humaine et de la planète !

 

J'ai beaucoup aimé le conte du samouraï Tomotada et du cerisier en fleurs et le conte du peintre Imato : cela me décide à mettre ce roman dans le challenge Des contes à rendre. Je le mets aussi dans 1 mois, 1 plume, ABC critiques 2014-2015 (lettre B), Anticipation, Petit Bac 2014 (catégorie Objet pour le bonsaï) et Rentrée littéraire d'hiver 2014.

 

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6 octobre 2014 1 06 /10 /octobre /2014 18:33

Poubelle's Girls est un roman de Jeanne Desaubry paru aux éditions La Jouanie en juin 2014 (236 pages, 14,95 €, ISBN 978-2-37047-052-2).

 

Jeanne Desaubry est née en 1958 et vit à Créteil. Du même auteur : Dunes froides, Hosto, Le passé attendra et L'incendie d'Halloween (jeunesse) aux éditions Krakoen. Plus d'infos sur son site officiel, http://jeanne.desaubry.free.fr/ (plus mis à jour) et sur son blog, http://jeanne.desaubry.over-blog.com/.

 

Élisabeth a un fils ado, Mathis, et fait des ménages au noir et des extras. « Des heures de chien, un mal de chien, une paie de chienne [...] » (page 43).

Paloma, séropositive, en fin de droits, a été expulsée par son propriétaire après la mort de son mari qui l'avait contaminée et squatte à la gare. « Le con ! Crever du sida. » (page 18).

Deux femmes pauvres et un peu paumées qui se rencontrent à Pôle emploi. Elles ne se connaissent pas mais Élisabeth donne à Paloma la clé de la caravane de Papy Armand, un petit vieux chez qui elle fait des ménages et qui souffre d'Alzheimer.

Dans la même ville, dans une belle maison, Blanche, fiscaliste aisée, ne supporte plus son mari, Pierre, avocat, et rêve de le tuer, mais sans se faire prendre. « Blanche rêve, imagine, échafaude [...] » (page 14). « Elle qui ne lisait que des classiques, du théâtre, s'est mise aux polars. » (page 51).

Quand Paloma découvre dans la caravanhe le passé de Papy Armand, leur vie bascule. « Elles sont dans la dèche, guère possible de descendre plus bas. » (page 103). Élisabeth et Paloma deviennent le gang des sacs-poubelles. « Poubelle's Girls, ça, ça me botte. T'entends Princesse. On est les Poubelle's Girls. » (page 163).

 

Quelle agréable surprise que ce roman ! Il est sous-titré « roman policier mais pas que... » et je dirais que c'est plutôt un roman noir, à quatre voix : Élisabeth, Paloma, Blanche et Pierre (eh oui, Pierre aussi, riche, orgueilleux, infidèle et même pas capable d'allumer un feu dans la cheminée…), un roman féminin, pas trop féministe, et aussi un roman social, mais pas barbant. Comparées à Thelma et Louise par l'éditeur, les deux Poubelle's Girls, Élisabeth et Paloma, m'ont entraînée dans leur sillage pour une folle aventure qui évidemment se termine mal. Mais quel roman ! Les dialogues entre Élisabeth et Paloma, l'humour, et toute cette historie qui se goupille à la perfection, tant qu'il n'y a pas de point de retour, il faut aller jusqu'au bout. Roman sombre mais coloré par les vêtements et turbans que porte Paloma, flamboyante obèse, excentrique, rentre-dedans ! Roman décapant, et pas seulement avec Blanche qui désinfecte tout. Une belle amitié dans ce roman drôle mais pas tendre avec la société et ses héroïnes. Un roman que j'ai dévoré et que je conseille vivement si vous voulez passez un très bon moment de lecture avec un « roman policier mais pas que... » !

 

Une lecture pour les challenges 1 mois, 1 plume (auteur que je ne connaissais pas avant de lire ce roman), ABC Critiques 2014-2015 (lettre D), Petit Bac 2014 (catégorie Objet pour Poubelle), Thrillers et polars # 3.

 

 

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4 octobre 2014 6 04 /10 /octobre /2014 22:34

Le mystère de la chair est un manga de Junji Itô paru aux éditions Tonkam dans la collection Frissons en juin 2008 (224 pages, 9,35 €, ISBN 978-2-7595-0089-5). Itô Junji kyofu manga collection (伊藤潤二恐怖マンガ) est traduit du japonais par Jacques Lalloz.

 

I Junji (伊藤 潤二) est né le 31 juillet 1963 dans la préfecture de Gifu. Dentiste, mais dessinant depuis l'enfance, il publie son premier manga, Tomié (que je me souviens avoir lu), en 1987 et reçoit une mention spéciale du Prix Kazuo Umezu (auteur de L'école emportée). Dès le début des années 90, il se consacre au manga, se spécialisant dans l'horreur (kowaï) avec Spirale, Gyo, Le voleur de visages, La femme limace… Plusieurs de ses œuvres ont été adaptées au cinéma ou à la télévision.

 

La chevelure sous le toit (Yaneura no nagai kami 屋根裏の長い髪)

Après que son petit ami l'ait quittée, Chiémi Amano décide de couper ses longs cheveux mais elle est retrouvée décapitée et sa tête a disparu.

L'accord (Yurushi 許し)

Monsieur Fukatsu refuse de marier sa fille Misuzu à Kyosuké car ils ne sont pas du même rang social mais bizarrement il accepte que le jeune homme continue sa cour.

Le guêpier (Hachinosu 蜂の巣)

Deux jeunes gens, Yoriko et Takano, se fréquentent mais Takano est prêt à tout pour agrandir sa collection de nids de guêpes.

Les éphémères (Hakumei 薄命)

Une lycéenne, Chizuru, est devenue tellement jolie qu'elle en est « presque méconnaissable » mais la beauté est éphémère.

Les statues sans tête (Kubi no nai chôkoku 首のない彫刻)

Monsieur Okabé va exposer ses œuvres, des statues sans tête, et Shimada, membre du club des Beaux-Arts, l'aide à préparer mais le lendemain matin, le corps du professeur est retrouvé sans tête.

Le mystère de la chair (Niku iro no kai 肉色の怪)

Momoko Takigawa, une institutrice, se fait agresser un soir en rentrant chez elle. Dans sa classe, un enfant différent, Chikara Kawabé, terrorise les autres enfants.

 

Ces nouvelles sont parues dans le magazine Monthly Halloween entre novembre 1988 et juillet 1995 (ce magazine des éditions Asahi Sonorama, spécialisé dans l'horreur, et destiné à un lectorat féminin, est paru de janvier 1986 à décembre 1995).

Fantôme, malédiction, désir à assouvir, vengeance, folie, tant de choses inexplicables peuvent pousser l'horreur à son paroxysme. C'est ce que nous dépeignent ces six nouvelles terrifiantes dans un noir et blanc d'une grande intensité.

Plusieurs de ces nouvelles s'attachent au Beau, soit en tant que beauté corporelle (Les éphémères, Le mystère de la chair) soit en tant qu'Art (de la Nature avec Le guêpier, ou humain avec Les statues sans tête) mais le Beau est-il le Bien ? Et la beauté physique est-elle la seule qualité pour représenter un être ?

Plusieurs de ces nouvelles parlent aussi de l'amour, un père pour sa fille (L'accord), une mère pour son fils (Le mystère de la chair), un homme pour une femme ou inversement mais en fait, c'est parfois lui-même que le personnage aime !

En fin de volume, une préface de Hideyuki Kikuchi (auteur de fantastique) fait honneur à Junji Itô pour sa finesse, son originalité et son imagination.

 

Une lecture pour le Marathon BD à bord du Vaisseau fantôme et Un samedi par mois, c'est manga que je mets aussi dans les challenges BD et Geek.

 

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