L'incroyable histoire de la sauce soja est une bande dessinée de Fumio Obata parue aux éditions La Pastèque (Montréal) en février 2012 (118 pages, 21,40 €, ISBN 978-2-922585-93-3).
Je remercie Babelio (opération Masse critique) et Élisabeth des éditions La Pastèque de m'avoir envoyé cette bande dessinée.
Fumio Obata est né en 1975 à Tokyo. Il a étudié le graphisme et le design à Londres (Angleterre) et Glasgow (Écosse). Il travaille pour le cinéma d'animation et L'incroyable histoire de la sauce soja est sa première bande dessinée. Plus d'infos sur http://www.fumioobata.co.uk/ et sur http://fumioworld.blogspot.fr/.
Cet ouvrage, mélange de manga japonais et de bande dessinée européenne, est un recueil de six histoires indépendantes les unes des autres mais qui montrent six tranches de vie, six états différents de la condition humaine.
L'incroyable histoire de la sauce soja (pages 5 à 7), qui donne son titre au recueil, est en couleur. C'est en fait la nouvelle la plus courte. Fumio, 8 ans, vit au Japon et adore lire des mangas. L'enfant va aider des extraterrestres à repartir dans leur vaisseau spatial. « Je n'avais jamais entendu dire que la sauce soja pouvait servir de carburant pour les ovnis, mais pourquoi pas ! J'ai dépensé toutes mes économies pour acheter beaucoup de sauce soja. » (page 7). De l'humour et un cadeau en retour !
La boîte (page 9 à 45) est en faux noir et blanc avec des tons verts. C'est la nouvelle la plus longue du recueil. Elle fait un peu froid dans le dos. Dans un parc, tout est calme : un employé se repose en lisant le journal, une vielle dame tricote sur un banc, un monsieur promène son chien et un groupe d'enfants jouent au ballon. En courant après le ballon, une fillette trouve une boîte. Son contenu ? Peu importe. Jalousie, envie de posséder la boîte et violente bagarre dans l'indifférence générale... Ce qui est incroyable, c'est que cette histoire est sans parole, tout est dans le regard et l'attitude des enfants et des adultes. Très bien fait.
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L'embobineur (pages 47 à 56) est en couleur. Tim vit avec son grand-père, responsable du Jim's cinema. Régulièrement Monsieur Fred vient voir un film : celui dans lequel il peut revoir son épouse, Lisa, décédée il y a sept ans. Souvenirs, nostalgie et... tromperie !
Cyclope (page 57 à 64) est en noir et blanc. Que feriez-vous et que ressentiriez-vous si un matin vous vous réveilliez normalement – avec vos deux yeux – et que tous les autres n'avaient plus qu'un œil au milieu du front ? C'est ce qui est arrivé à Fumio il y a trois mois. Il a rencontré une jeune femme comme lui avec qui il se sent bien. Mais peut-on vivre heureux lorsque tous les autres sont différents. « Vous sentez-vous bien dans votre milieu ? Pouvez-vous dire que jamais vous n'avez l'impression d'y être un étranger ? » (page 58). Une histoire sur la différence et l'acceptation de la différence... ou pas !
L'écran (page 65 à 98) est en noir et blanc. C'est la deuxième plus longue nouvelle du recueil. Un homme laisse sa console de jeux pour partir avec son épouse en voiture. Une fillette prend le relai et s'amuse avec un jeu de voitures. Deux histoires en parallèle ou une seule histoire ? |
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Qui conduit, qui contrôle ? Une réflexion angoissante sur la réalité et le virtuel. Encore une histoire sans parole où les regards et les attitudes des trois personnes sont très importantes.
Équation (page 99 à 118) est en couleur. Un professeur de mathématiques essuie les moqueries de ses élèves. « Eh bien, je suis désolé, monsieur mais... je suis en train d'organiser mes vacances d'été. Vous ne pouvez pas demander à quelqu'un d'autre ? » (page 103). Excédé, le professeur entre dans une colère noire. Jusqu'où peut-on aller ? Quelle(s) limite(s) ne peut-on pas dépasser ?
Une réussite que ce beau recueil (format 20 x 26 cm) dans lequel chaque histoire est dessinée différemment. Un auteur extrêmement doué donc, tant au niveau des scénarios que des dessins. Et on le sent vraiment inspiré à la fois par le manga et par la bande dessinée européenne. Il développe la violence de manière presque détournée, mais je vous rassure : il n'y a pas que de la violence dans ses histoires ! C'est surtout un album pour se poser des questions sur l'individu, la société et le vivre ensemble. Des notions développées aussi dans cette vidéo que Fumio Obata a réalisée en 2006 lorsqu'il était en résidence à la Maison des auteurs d'Angoulême.
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Un nouvel article pour le Dragon 2012, et comme l'auteur vit depuis plus de 20 ans en Angleterre, je me demande si je ne peux pas le mettre aussi dans Voisins Voisines. |
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Après avoir séché sur la précédente édition (pas assez de
temps et pas trop d'inspiration...), j'ai envie de participer à l'édition de cette semaine de Des mots, une histoire d'Olivia (même si je publie encore mon texte en retard...).
Voici la liste des mots de cette 65e édition :encens – amour – marin – coquinerie – embruns – albinos – baie – ténébreuse – naufrage – pins – affiche – balai – ballon – phare – râler – froc – flot(s) – communion – mouette – sel – velours – changement – mammouth – réale – au revoir – chocolat.
Comme il y a 26 mots, au lieu de 25 maximum, on peut mettre un mot de notre choix de côté, mais en fait j'ai tout utilisé (les mots sont en couleur dans mon texte).
Le tour du monde de L'Albatros
Parti de Lisbonne en direction de l'Afrique, le voilier ne craint pas les embruns.
Ohé moussaillon, cap plein sud !
Les marins ont dit au revoir à leurs amours de passage car, à bord, aucune coquinerie n'est permise. La navigation demande toute l'énergie de la tête et du corps.
Sur le pont, Rafael commence son reportage photo avec les côtes qui se détachent peu à peu et les hommes qui s'activent dans leur froc (1) trop large.
Les mouettes et les goélands accompagnent le voilier quelques instants puis rejoignent les côtes portugaises alors que le bateau s'éloigne tranquillement vers l'archipel de Madère pour une première escale puis vers les Canaries pour une deuxième étape avant le continent africain.
Le voilier navigue à environ 150 miles des côtes mauritaniennes avant de virer de bord en direction du Sénégal.
Rafael mitraille le phare des Mamelles. Une affiche un peu délavée annonce que c'est le plus ancien phare de Dakar, le
plus puissant d'Afrique et que ce monument représente l'extrémité occidentale du continent africain.
Puis le voilier accoste sans encombre dans la baie de Dakar.
Ah ! L'Afrique ténébreuse (2), fascinante et ensorcelante !
Des femmes passent le balai devant leur pas-de-porte en râlant à propos du sable qui veut envahir leurs maisons. Des enfants qui se moquent de la poussière et du soleil de plomb tapent dans un ballon de fortune.
Autant de belles photos pour Rafael !
Avant que le voilier ne reparte, Abdou, un albinos, embarque. Il est rejeté par les siens et veut voir le monde. Il ne sait pas naviguer mais il peut apprendre, et puis de toute façon il cuisine très bien donc il est le bienvenu à bord. Avec lui, deux sacs de sel du Lac Rose, l'or blanc du Sénégal, de quoi relever toutes les soupes et tous les plats !
Les marins sont en totale communion avec le bateau et l'océan, qui vont les porter pendant des mois. Il faut savoir faire confiance à la mer mais il faut aussi s'en méfier et parer à tout changement car les flots ne sont pas toujours calmes et une violente tempête peut conduire au naufrage.
Le voilier continue plein sud, il va naviguer à environ 150 ou 200 miles des côtes et faire plusieurs escales jusqu'en Afrique du Sud. Ensuite, il remontera vers Madagascar (Antananarive, sur la côte ouest) puis vers les Seychelles, le Sri Lanka...
Alors, où que vous soyez, si vous voyez L'Albatros – son nom est peint en typographie réale (3) –, n'hésitez pas ! Venez faire connaissance de l'équipage, visitez le bateau et faites, pourquoi pas, un bout de chemin avec nous (soit vous apportez un
savoir-faire à bord soit vous payez votre traversée).
Vous verrez peut-être les Aborigènes d'Australie, vous achèterez de l'encens au Japon, vous visiterez l'exposition sur les mammouths à Vladivostok, vous filmerez des grizzlis en Colombie britannique au Canada, vous dégusterez du chocolat en Amérique du Sud, vous frissonnerez au Cap Horn, vous vous perdrez dans les forêts de pins d'Hispaniola en République Dominicaine, vous vous baignerez aux Bahamas ou en Floride, vous porterez des vêtements en velours au Québec et du coup, vous aurez bien chaud en Islande et dans les pays scandinaves avant que le voilier ne termine son tour du monde en retournant vers l'Europe méditerranéenne plus ensoleillée.
Alors, bon voyage à bord de L'Albatros !
(1) froc : pas dans le sens « vêtement monacal » mais dans le sens « pantalon » (argot).
(2) ténébreuse : pas dans le sens « obscure, sombre » mais dans le sens « mystérieuse ».
(3) typographie réale : une des douze grandes familles des polices de caractère ; Times New Roman est la police réale la plus connue et la police à empattements la plus utilisée.
Kit et l'éléphant blanc est un roman de
Hubert Paugam paru aux éditions Castor poche - Flammarion
en mars 2012 (192 pages, 6,60 €, illustrations de Martin Desbat, ISBN 978-2-0812-6570-7).
Je remercie Brigitte et les éditions Flammarion de m'avoir envoyé ce joli roman qui se déroule en Thaïlande.
Hubert Paugam est un Breton qui vit dans le Poitou. Il a été agriculteur et a bourlingué dans le monde. Son premier roman, Gengis Khan, le fils du ciel bleu, est paru en octobre 2009.
Kit et son éléphant Tao vivent dans le village de Ban Ta Klang en Thaïlande.
Il y fait très chaud. Humains et animaux attendent la pluie avec impatience.
« Le soleil avait déjà brûlé toute la végétation environnante et cuit puis recuit les champs destinés aux rizières. » (page 8).
Un matin, au lieu d'aller à l'école, Kit part en cachette dans les Monts du Dragon, à la frontière entre la Thaïlande et le Cambodge. Il veut ramener un éléphanteau blanc qui, selon la légende, apporte la pluie.
Les quatre premiers jours, Kit découvre la ville puis la jungle et la montagne.
« Et tout cela était nouveau et plein d'enchantement pour le petit garçon, qui était né au milieu de rizières plates comme des lacs. L'âme ouverte à toute cette nouveauté, Kit pétillait de bonheur. » (page 79).
Mais ensuite, dans un ancien temple khmer, il est pris par le général Zhou. Ce méchant homme a installé un camp où vivent et travaillent ses prisonniers – dont Maya et son père, Sok – car il fait du trafic de bois et d'animaux. Évidemment Zhou veut prendre Tao mais Kit est courageux et avec Tao, ils ne vont pas se laisser faire !
« Il y a que je suis un Thaïlandais et que j'aime Muang Thaï, mon pays, le 'pays des hommes libres' ! » (page 110).
Une très belle description de Tao...
« Le troisième cornac ne pesait pas bien lourd avec ses onze ans et ses quelques kilos face aux cinq tonnes du pachyderme de la famille. Quarante ans, quatre mètres de haut, des yeux bleu-violet à la fois brillants et doux, pétillants de malice, de longs cils noirs, une face magnifique pigmentée de rose jusqu'au bout des oreilles et autour des yeux, des défenses sans pareil d'un blanc étincelant, pointues comme des sabres de combat. » (page 9).
… avec laquelle on comprend que l'enfant et l'éléphant sont très proches, attachés l'un à l'autre, amis quoi !
Et un très beau passage sur les tigres...
« On dit, chez nous en Thaïlande, qu'un tigre peut se cacher derrière un seul bambou, commença doucement le vieil homme, et pourtant les braconniers parviennent souvent à leurs fins. Même s'ils savent monter aux arbres et nager comme des poissons, même s'ils voient dans l'obscurité comme en plein jour, les tigres sont menacés d'extinction, et tués surtout à cause de la médecine chinoise qui utilise leurs yeux, leurs pattes, leurs tendons en plus de leur peau... » (pages 141-142).
… qui interpelle sur la protection des tigres (et d'autres animaux aussi bien sûr) et la lutte absolue contre les braconniers qui tuent ou mutilent les animaux et les trafiquants qui retirent les animaux de leur milieu naturel pour les vendre.
Kit et l'éléphant blanc est un beau roman d'aventure pour la jeunesse, un hymne à la Thaïlande et aux éléphants, joliment illustré. Il y manque juste une chose : une carte ! Pour situer Ban Ta Klang en Thaïlande et voir le trajet suivi par Kit et Tao jusqu'à la frontière cambodgienne. Mais il permet quand même de découvrir la Thaïlande, le peuple thaïlandais, les relations entre humains et éléphants. Donc si vous avez envie de dépaysement et d'aventure, n'hésitez pas !
17e lecture pour le challenge Animaux du monde de Sharon, 16e pour Littérature jeunesse & young adults et un nouvel article pour Dragon 2012.
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J'ai oublié de dire que je participais depuis deux semaines au challenge L'art dans tous ses états créé le 1er
mai par Shelbylee du blog Shelbylee is daydreaming.
Ce challenge illimité permet de lire/voir l'art et de « constituer un ensemble de liens sur l'art » avec des romans (peintre, tableau, modèle, métiers...) et autres fictions (bandes dessinées, mangas...), ouvrages sur l'art (théoriques, biographies, monographies...), magazines d'art, expositions et catalogues d'exposition, et aussi des films, séries, documentaires sur l'art.
Plus d'infos et de détails sur le billet de Shelbylee Le challenge L'art dans tous ses états, et une première liste thématique avec de nombreuses pistes à suivre ainsi que des listes spéciales comme une filmographie et les bandes dessinées. Shelbylee, passionnée par l'art, fait un très gros travail de recherche et apparemment il y aura d'autres listes thématiques.
J'espère que vous serez nombreux à participer à ce challenge : un seul billet suffit !
J'aime bien le logo qui est un tableau de Degas daté de 1879 et intitulé Miss Cassatt (en fait, il représente les deux sœurs Cassatt).
Le challenge étant rétroactif, voici les articles précédents qui méritent d'avoir leur place dans la base de données que va construire Shelbylee au fur et à mesure des participations ! J'espère que je n'en ai pas oublié et je ne vais pas rajouter le logo sur ses articles (ce serait trop long, il y en a une grosse vingtaine) mais je le mettrai pour les nouveaux articles bien sûr.
6 mois n° 1 : Chine, l'empire jeune – photographie (25/10/2011)
Le Bordel des Muses / Le Cabaret des Muses, de Gradimir Smudja (tomes 1 à 4) – peinture (06/05/2009)
Le chasseur de lion, d'Olivier Rolin – peinture (19/11/2008)
Les chats de Louis Wain – peinture et illustration (11/12/2008)
Les chats de Rosina Wachtmeister – peinture et sculpture (05/11/2010)
Chema Madoz, de Christian Caujolle – photographie (07/07/2008)
Le ciel volé : dossier Renoir, d'Andrea Camilleri – peinture (27/05/2011)
Les collages de T.mor – collages (12/12/2011)
Des peintres éléphantesques ! – peinture (02/08/2010)
F comme Flic, P comme Privé, de Joseph Farnel – tableaux et vols de tableaux (19/04/2010)
James Ensor, peintre de carnaval et de squelettes mais pas que ! – peinture (03/11/2009)
Lucian Freud (1922-2011) – peinture (22/07/2011)
Mais que fait ce chat, de Béatrice Fontanel – peinture (18/05/2011)
Nu rouge, de Frédéric Touchard – peinture (06/07/2011)
La plastiline d'Irma Gruenholz – illustration et sculpture (03/03/2009)
Les rouges portes de Lorraine (Le roman fauve, 1), d'André-Marcel Adamek – peinture (17/11/2009)
Le secret des cartographes, de Sophie Marvaud – peinture et cartographie au XVIe siècle (21/09/2009)
Le tableau du Maître Flamand, d'Arturo Pérez-Reverte – peinture (26/02/2007)
Les tableaux de Marcel, d'Anthony Browne – peinture (30/03/2011)
Trois gouttes de sang, de Martine Pouchin – calligraphie et enluminure au Moyen-Âge (12/05/2011)
La vie cachée de Katarina Bishop : vols en haute société, d'Ally Carter – tableaux et vols de tableaux (28/02/2011)
Yves Klein au-delà du bleu, de Jacques Bouzeron – peinture (18/01/2012)
Et voici les nouveaux articles pour ce challenge.
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Les précédentes éditions : Le mardi sur son 31 avec Sophie – # 3 – # 4 – # 5 – # 6 –
En ce
moment, je lis Le mystère Sherlock de J.M. Erre. C'est un roman que j'avais repéré avant sa parution et que j'avais vraiment envie de lire. Je passe d'ailleurs un très bon
moment.
Voici une phrase issue de la page 31 où le professeur Gluck, « un holmésien pur jus », est comparé à un caméléon par la journaliste Audrey Marmouzin.
« Ainsi Gluck vit-il une relation très intense avec la littérature : chaque fois qu'il se plonge dans une œuvre, il entre dans une telle empathie avec l'auteur ou le personnage que sa personnalité s'en trouve modifiée. »
Ne serions-nous pas tous un peu caméléon ?
L'oiseau qui avait enterré sa mère dans sa tête : carnets d'un paysan Soussou est un livre de N'Fassory
Bangoura avec Philippe Geslin paru aux éditions Ginkgo dans la collection Mémoire d'homme en novembre 2011 (144 pages, 15 €, ISBN 978-2-84679-098-7). Il est possible de voir les 24 premières pages
(texte et photos) sur le site de l'éditeur.
Je remercie Marine et les éditions Ginkgo de m'avoir envoyé ce beau livre en même temps que Léodine l'Africaine, d'Albert Russo.
Philippe Geslin est un ethnologue suisse. Il a étudié les Soussous « vivant dans les mangroves, au sud de Conakry » en Guinée. Il signe l'avant-propos de ce livre.
N'Fassory Bangoura est un paysan Soussou de 37 ans. Il vit dans le village de Wonkifong, et plus précisément dans le hameau de Wondewola, dans la province de Soumbouya. Il a été le guide et l'informateur de Philippe Geslin. Il a décidé que lui aussi allait écrire et prendre des photos !
Je trouve géniale la démarche de N'Fassory Bangoura ! Puisque des Blancs viennent étudier, écrire, prendre des photos, lui aussi va écrire (un mélange de français et de soussou), observer « ses Blancs » et noter leurs comportements, prendre des photos et parler de son village, sa famille, sa vie, ses états d'âme. Ce sont ses cahiers et ses photos envoyés à Philippe Geslin qui sont ici publiés. Et c'est un brillant témoignage de la vie dans un village de Guinée.
Le titre est inspiré d'un conte Soussou sur Mamadouba Kindounyi, le premier oiseau (animal ?) de la Terre.
Des textes, des poèmes, des bons mots, des anecdotes, des photos en noir et blanc de sa famille, des gens de son village et des environs, au repos ou au travail, des paysages (rizières, bananiers, palmiers, mangrove).
C'est vraiment très beau et très intéressant. Et c'est une Afrique qui vit bien, loin des conflits.
Voici quelques extraits.
« Chaque soir il faut que j'écrive ce que je vois. » (page 45).
« Ils m'ont donné un appareil photographique. Moi N'Fassory, j'ai un appareil […]. (page 54).
« Il est venu vers nous, c'est notre étranger. » (page 62).
« C'est moi qui ai écrit ce papier. Qu'il soit mes yeux. L'écrit est bien. L'instruction est bonne, mais elle n'est pas également répartie dans le monde. » (page 69).
« Je veux l'instruction. Je veux lire. Je veux être instruit. Qui peut recevoir l'instruction ? La ponctualité peut instruire l'homme. La relation peut instruire l'homme. Le premier gain c'est l'esprit. Mais avoir le bon esprit est difficile. » (page 71).
« Pendant 25 ans il n'y a pas eu de travail à Wondewolia. Tous ses habitants vivaient sur d'autres terres, en dehors du hameau. Après 25 années, les palétuviers, ont envahi nos anciennes rizières. Nous les avons défrichées. Nous sommes retournés chez nous. Nous avons construit des digues pour retenir l'eau de mer et récolter du riz. » (page 81).
« J'étais content aujourd'hui. Pourquoi ? Mon Blanc m'a écrit. Je suis content. J'ai su qu'il pensait à moi. Moi aussi je nourris quelque chose pour lui, je prie Dieu pour lui. » (page 114).
Et mes photos préférées (cliquez sur les vignettes).
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Pirogues page 32 |
N'Fassory page 91 |
Grande case page 113 |
3e ouvrage pour le challenge
Beaux livres d'Eiluned
qui me permet d'honorer la catégorie « Amateur de jolies choses »
et de continuer en « Amoureux de la beauté ».
Les oiseaux de l'espoir est un album
illustré de Judith Loske paru chez Minedition en 2011 (44 pages, 14 €, ISBN
978-2-35413-138-8). Sadako Kraniche (2010) est traduit de l'allemand par Julie Duteil. Il est possible de feuilleter le livre sur le site de l'éditeur.
Judith Loske est née en 1988 à Datteln (Rhénanie du Nord-Westphalie) en Allemagne. Elle a étudié l'illustration et elle est une toute jeune diplômée (2010). Les oiseaux de l'espoir est son premier livre. Plus d'infos sur http://www.judith-loske.de/.
Août 1945, Japon.
Sadako Sasaki est une petite fille de 2 ans qui aime s'amuser, en compagnie de son chat noir : ils essaient d'attraper des grillons.
Puis un énorme nuage noir, la chaleur, le feu, des cendres grises.
Sadako a survécu, mais 10 ans plus tard, elle tombait malade...
Pour guérir, alors qu'elle est hospitalisée, elle fait sur les conseils de son frère 1 000 grues de papier (origami), les oiseaux de l'espoir.
L'originalité de ce magnifique album est que le narrateur est le chat de Sadako.
Bien sûr c'est une histoire vraie : Sadako Sasaki est née le 7 janvier 1943 à Hiroshima et elle a souffert d'une leucémie 10 ans après l'explosion de « Little Boy ».
Après sa mort, ses camarades se sont cotisés et ont fait ériger le Monument de la Paix des Enfants dans le Parc de la Paix : c'est une statue de Sadako avec une grue en papier dans la main.
Les illustrations (double-page) sont magnifiques.
Présentation de « washi paper » (papier de forme carrée utilisé pour l'origami) sur les
pages de devant (voir illustration ci-dessous à gauche) et explications sur les pages à la fin de l'album.
Grosse émotion... Ayez une boîte de mouchoirs à côté de vous pendant la lecture !
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En plus des challenges Animaux du monde (chat et « oiseaux »), Dragon 2012, Je lis aussi des albums et Voisins Voisines (Allemagne), je me demande bien si je ne pourrais pas mettre cet album illustré dans le challenge Beaux livres parce que c'est réellement un beau livre (voyez par vous-même, cliquez sur les images ci-dessous).
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Acheté en boulangerie ? Non, fait maison ! Par mon homme.
L'épeautre ou blé des Gaulois est considéré comme le caviar des céréales car il est rare et riche en sels minéraux (calcium, magnésium, phosphore, potassium, sodium...).
Le refuge est un roman de Niki
Valentine paru aux éditions Ma dans la collection Pôle Noir en février 2012 (283 pages, 20 €, ISBN 978-2-822-400527). The
Haunted (2011) est traduit de l'anglais par Pascal Aubin.
Je remercie Gilles Paris de m'avoir envoyé ce roman.
Niki Valentine est professeur d'écriture créative à l'université de Nottingham, journaliste, scénariste et romancière. Plus d'infos sur http://nikivalentine.webeden.co.uk/ et sur son blog, The Haunted.
Niki Valentine et Nicola Monaghan, auteur de The killing jar (2007), The Okinawa dragon (2008) et Starfishing (2010) sont la même personne.
Anecdote
Lorsque j'ai pris ce roman pour le lire, j'ai cru que c'était un polar mais dès le début, j'ai bien compris que c'était... un livre d'horreur. C'est un genre auquel je ne suis pas habituée (j'ai bien lu quelques Stephen King mais c'était il y a bien longtemps... une trentaine d'années). En plus, là, c'était la nuit (passé minuit) et j'ai tout à coup senti quelque chose au bord du lit à ma gauche, j'ai crié ! Haaaaa ! … C'était Edwyn... Autant vous dire qu'il a détalé et qu'il n'est pas venu dormir avec moi !
Après avoir lu, cette nuit-là, les 4 premiers chapitres, je me suis dit qu'il valait mieux continuer ce livre en journée (en week-end).
Un hôtel à Fort William, dans les Highlands, en Écosse.
Susie et Martin Crannock célèbrent leurs dix ans de mariage.
Lui est professeur universitaire, elle assistante sociale.
Martin souhaite faire une excursion dans un refuge de montagne qu'il a déjà visité enfant (il avait 9 ans) avec ses parents.
« Elle ignorait totalement pourquoi il était si avide de coucher à la dure dans une cabane, et ce n'était pas dans ses propres habitudes, mais elle était heureuse de lui faire plaisir. Ce serait une aventure, c'était l'objectif de leurs vacances. » (page 8).
Mais Susie a fait un cauchemar (un présage ?) et n'a plus trop envie de quitter Fort William.
« Elle ne parvenait pas à se débarrasser du sentiment que quelque chose n'allait pas dans ce qu'ils faisaient, mais elle essaya de se concentrer sur la marche, l'air frais dans ses poumons et la beauté du paysage qui s'étendait dans toutes les directions. » (page 17).
Tu parles qu'il y a quelque chose qui ne va pas !
Partir comme ça, en novembre, dans une région très pluvieuse, et sans prévenir personne à l'hôtel ou des proches, avec peu d'eau et de nourriture (juste pour la nuit et pour le retour le
lendemain), sans entraînement à la randonnée en montagne, et en plus pas tôt le matin mais en début d'après-midi après le déjeuner dans un restaurant avec la nuit qui tombe plus
tôt...
Mais... « ils étaient censés se rapprocher et profiter au maximum l'un de l'autre, passer ensemble une seconde lune de miel. » (page 31, un autre extrait de cette page dans Le mardi sur son 31 # 4).
Surpris par une pluie diluvienne, Susie et Martin sont trempés et arrivent de nuit dans la cabane (évidemment après être partis si tard...). Ce n'est pas une nuit qu'ils vont passer dans ce lieu austère et isolé de tout sauf d'un ruisseau qui a triplé de volume et qu'il est impossible de traverser, mais plusieurs jours !
Quelques extraits pour vous mettre dans le bain !
« C'est bizarre, dit-elle en portant une main à sa poitrine. J'aurais juré t'avoir vu passer la porte et elle est coincée. Oh... (Elle hésita) Tu crois que quelqu'un d'autre séjourne ici ? – Ça m'étonnerait. Il n'y avait aucun signe de vie quand nous sommes arrivés. » (page 37).
« Elle avait du mal à croire qu'ils en soient arrivés là ; coincés dans cet endroit avec pratiquement rien à manger. […] – Nous pouvons vivre des semaines sans manger, déclara Martin, comme s'il lisait dans ses pensées. On pourrait même essayer de pêcher, ou de chasser, ou autre. » (page 123).
« Enveloppée dans son sac de couchage tout près du feu, Susie sentit une vague de froid lui traverser le corps. Un courant d'air, dans la cabane, souffla sur le feu et fit bondir les flammes. Elle ferma les yeux. Elle sentait Martin dans le refuge, mais elle percevait une autre présence. Quelqu'un d'autre. Quelque chose d'autre. » (page 154).
Alors, vous avez eu peur ? De mon côté, j'ai été bluffée par la qualité littéraire de ce roman. Un huis-clos, c'est déjà oppressant en temps normal mais là, c'est angoissant au possible ! Et je n'en dirai pas plus : il vous faudra découvrir l'horreur par vous-mêmes si vous en avez le courage !
Un 2e roman pour le challenge Au-delà de la peur et un 5e pour le challenge Voisins Voisines avec l'Angleterre.
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Lorsque j'ai lu Les oiseaux noirs, de Faustina Fiore, je me suis dit : zut, je ne participe pas au challenge Au-delà de la peur !
Ce challenge a été créé fin janvier 2012 par Tristhenya du blog La passion littéraire de Tristhenya et il ne concerne que les romans. Infos et inscription sur Au-delà de la peur. Il y a 3 logos, ma foi, fort réussis.
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Je ne sais pas si je vais lire beaucoup de romans d'horreur avant le 31 janvier 2013 car ce n'est pas mon genre de prédilection mais c'est un des 4 buts du challenge : « découvrir un genre […] peut-être délaissé jusque là ».
Et vous, oserez-vous vaincre votre peur et vous inscrire à ce challenge ?
Les romans d'horreur lus pour ce challenge
1 - Les oiseaux noirs, de Faustina Fiore (France, premier roman)
2 - Le refuge, de Niki Valentine (Angleterre)
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