Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 16:12

Louise est un roman de Julie Gouazé paru aux éditions Léo Scheer le 20 août 2014 (161 pages, 18 €, ISBN 978-2-756-10451-5).

 

Julie Gouazé, née en 1977 à Lyon (Rhône), a étudié l'histoire contemporaine et la communication politique. Journaliste (LCI, France 5) et lectrice pour l'édition, elle livre son premier roman, Louise. Plus d'infos sur la page Facebook de l'auteur.

 

Été 1995. Louise va avoir 18 ans et va passer l'épreuve de philo. Louise vit chez ses parents, Marie et Roger. Louise a une sœur, Alice, de quatorze ans son aînée.

« Une sœur chérie. Adorée. Imitée. » (page 10). « Tout était beau, chez Alice. Tout était parfait. Elle sentait bon. Elle était belle. Elle était drôle. Et comme la vie reprenait lorsque Alice était à la maison ! » (page 11).

Mais Alice est partie depuis des années, elle s'est mariée avec Blaise, ils vivent en Allemagne et ils ont un fils, Jean.

Trois ans après être partie s'installer en Allemagne, Alice revient chez ses parents, avec son fils.

« Alice est alcoolique. La philo, c'est demain. […] Louise n'a pas croisé le regard d'Alice ce soir-là. La philo, c'est demain. Et Louise pleure. Qui est cette femme aux yeux creusés, aux cernes noirs et au pauvre sourire ? Où est Alice ? Rendez-lui Alice ! La philo, c'est demain. Et Louise ne dit rien. La philo, c'est demain. Et le cauchemar commence. » (pages 12-13). C'est à mon avis le passage le plus fort du roman. Le lecteur sent à ce moment-là toute la détresse des deux sœurs et comprend que la guérison ne va pas être facile.

Louise continue à vivre, elle réussit le bac, a un petit copain, fait sa rentrée à la fac d'histoire.

« Louise s'épanouit. Elle se cherche et se trouve. Pour un temps. » (page 21). « Si la musique revient… la vie aussi ? » (page 18). Peut-être. Pour un temps. Alors, comment Louise peut-elle se construire, à vingt ans, avec des parents qui ne s'occupent que d'Alice, avec des jours qui se traînent, avec Alice qui ne va pas mieux et avec Jean, tout gentil, qui ne dit rien ? Ne vaut-il pas mieux que Louise se détruise aussi, qu'elle accepte l'inacceptable ?

 

Louise est un premier roman, percutant, dense malgré ses phrases courtes et ses nombreux chapitres (41). Il traite bien sûr de l'alcoolisme : « C'est une putain de maladie. Alice est malade. » (page 62) mais pas que. L'alcoolisme n'est qu'un catalyseur pour relayer les relations entre les deux sœurs et les relations avec leurs parents : le lecteur entre ainsi dans l'intimité de la famille. Et il y a beaucoup de choses dans ce roman. Il raconte la difficulté de vivre et d'être heureux, il parle des grèves étudiantes (deuxième moitié des années 90), de l'investissement politique (à gauche), du sida, de la violence dans le couple (mentale pour Alice, physique pour Louise), d'un engagement (bénévole, politique, social) qu'on peut prendre et parfois abandonner parce que ce n'était qu'une façon de « s'accrocher au malheur de l'autre » (page 30), du désordre alimentaire. « Être enjouée. Faire semblant. Pour ne pas pleurer. Plus tard peut-être, ou pas. Un plat de pâtes. Vite. Manger pour éponger l'alcool, la peur et les larmes. » (page 63). Y a-t-il un espoir pour Alice, pour Louise, pour cette famille ? Je vous donne un indice avec mon passage préféré : « Laisser vieillir ses parents, c'est grandir un peu. Accepter le fait qu'ils ne sont pas éternels, c'est mûrir beaucoup. Est-ce que ça fera moins mal ? Sûrement pas. Mais Louise a désormais la certitude que la vie continuera après. Qu'elle ne fait pas exception. Elle rentre dans le rang. On y survit. Elle vivra. » (page 142). Voilà, c'est la vie !

 

Je remercie Gilles Paris pour ce roman de la rentrée littéraire qui m'a agréablement surprise parce que généralement j'ai un peu de mal avec ces romans contemporains féminins. Mais dans le même genre, je me rappelle que j'avais bien aimé La ruche, d'Arthur Loustalot : un huis-clos avec trois sœurs et leur mère mais le récit est écrit par un homme.

Photo de Julie Gouazé prise par moi !

 

Une lecture pour les challenges 1 mois, 1 plume, 1 % de la rentrée littéraire 2014, ABC Critiques 2014-2015 (lettre G), Petit Bac 2014 (catégorie Prénom), Premier roman et Tous risques (lettre G).

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Alex-Mot-à-Mots 15/10/2014 18:39

Il a l'air pas mal, surtout comme tu n'aimes pas ce genre.

Coccinelle 27/10/2014 12:36

Oui Alex, je l'ai trouvé différent, digne d'intérêt et j'espère que tu le liras ! Bonnes vacances !

Marie 15/10/2014 06:48

Je note. Ton avis me donne envie de tenter cette lecture.

Coccinelle 27/10/2014 12:35

Tant mieux, Marie, j'espère qu'il te plaira ! Bonne semaine !

jerome 14/10/2014 20:27

"romans contemporains féminins", ce sont des mots qui ont tendance à me faire fuir ;)

Coccinelle 27/10/2014 12:34

Oui, moi aussi ! Mais celui-ci est au-dessus du lot ! Laisse-lui une chance !

Coccinelle Présente...

  • : La culture se partage
  • La culture se partage
  • : « On ne doit jamais manquer de répéter à tout le monde les belles choses qu'on a lues » Sei Shônagon in « Notes de Chevet ». Lues, mais aussi aimées, vues, entendues, etc.
  • Contact

Mes challenges

 

 

 

height="188"

 

height="200"

 

Recherche

Blog+

     

 

     

 

     

 

  bonial – catalogues, promos en ligne sans papier

 

 

TBACorange.gif

 

 

SpiralGraphics.jpg

Archives

Présente sur

Edwyn, Faiel & Cie

EdwynAV1 FaielAV1bis

 

Les défis et challenges

La page du challenge Des contes à rendre

Les partenaires
Mon profil sur Babelio.com
LivraddictLogo2.png
Matagot.jpeg
ClubLibfly.jpg
EntreeLivreLogo.png
VendrediLecture.

Où êtes-vous ?

Locations of visitors to this page

 


Tops blogs ebuzzing

Ebuzzing - Top des blogs
Ebuzzing - Top des blogs - Culture
Ebuzzing - Top des blogs - Littérature
PageRank Actuel
.
Créer un blog gratuit sur overblog.com - Contact - CGU -