Bilan du challenge
Dragon 2012 au bout d'un mois d'existence.
Quelques infos en vrac
Aucune des 10 participantes de la catégorie Dragon de papier n'a envoyé de lien alors que les catégories Dragon d'eau et Dragon de feu ont démarré fort.
De même, encore aucun lien dans la Spéciale Dragon.
Le roman déjà présenté deux fois : La course au mouton sauvage, de Haruki Murakami par Une Comète et Jean-Charles.
Le premier roman de Hong Kong : Shanghai fengsui, de Nury Vittachi par Mimi des Plaisirs.
Le premier article sur le Vietnam : Le petit homme, de Pierre Vabre par A Girl from Earth.
Le premier article sur Singapour, Cambodge, Malaisie : chez Lee Rony avec des vidéos musicales.
Le premier article artistique : Parfum d'Orient : MissTigri par Emma.
Le premier article sur un aliment : Le longane ou œil de dragon par A Girl from Earth.
Le premier article de gastronomie : Cuisine japonaise par Adalana.
La participante la plus prolifique : Cœur de libraire avec 16 articles.
Le pays qui a le plus la cote : le Japon avec 34 articles ! Suivi par la Corée du Sud avec 6 articles
Retrouvez les liens vers ces articles sur la page consacrée au challenge.
Le nombre de participants
Dragon de papier : 10 – Dragon d'eau : 13 – Dragon de feu : 13 – Spéciale dragon : 7.
Soit au total : 36 (car les 7 de spéciale dragon sont aussi inscrites dans une des trois autres catégories).
Le nombre d'articles déjà publiés
46 ! Merci à vous tous !
Je vous souhaite un bon week-end et un bon challenge !
Que faire lorsqu'il fait tellement froid que vous n'avez même pas envie de mettre le nez dehors pour acheter du pain
à la boulangerie ? Faites du pain ! De la farine, de la levure, de l'eau, des mains pour pétrir et cuisson au four. Admirez le résultat !
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Culture, état d'urgence est un essai d'Olivier Poivre d'Arvor paru aux éditions Tchou en janvier 2012 (150 pages, 9,95 €, ISBN 978-2-7107-0792-9).
Olivier Poivre d'Arvor, né le 30 juillet 1958 à Reims (Marne), est philosophe, écrivain, conseiller littéraire, acteur de théâtre, diplomate, directeur de France Culture (radio).
Aux États-Unis, dans les années 30, Roosevelt met en place le New Deal : « alors que la crise et le chômage font rage, loin de sacrifier le budget des arts de son pays, le président Roosevelt se propose de remonter le moral de la nation et de relancer l'emploi avec une nouvelle donne culturelle. » (page 7).
On connaît la suite : les États-Unis inondent le monde de leur culture, parfois élitiste, mais surtout populaire (musique, cinéma, nourriture et boissons...), culture qui rapporte des milliards de dollars chaque année.
Puisque c'est la crise, si nous faisions de même en France ?, propose l'auteur !
Parce que « la France, sans la culture, ça ne vaudrait pas le déplacement. » (page 26) et « La France, sans la culture, ce serait un bien petit pays. » (page 119).
C'est la crise ? Pourtant « Festivals, théâtres, cinémas, musées, grandes expositions connaissent des taux de remplissage record. Quant à la révolution numérique, on sait qu'elle a multiplié et bouleversé à l'infini les points d'accès, de rencontre, de recherche et de création. » (page 12). Car « Les Français, fidèles à des habitudes anciennes, amateurs de belles choses, instructives comme divertissantes, sont toujours ceux qui, par habitant en Europe comme dans le monde, dépensent le plus pour la culture. » (page 43).
La culture, c'est l'Art, la société, le patrimoine, l'éducation, les nouvelles technologies, la culture intellectuelle et la culture populaire, c'est tout ça la culture et bien plus encore. « La culture, c'est le lien, la solidarité, la rencontre, l'appétit de la différence. C'est le beau, le partagé, le transmis, le rêve réalisé. » (page 63).
Voici un petit livre intéressant, mais un peu chauvin, non ? De nombreux autres pays – européens et dans le monde – ont aussi une culture et un patrimoine, des monuments, des châteaux, des festivals, des musées, de la gastronomie, etc., et des touristes autochtones et étrangers qui viennent « consommer » tout ça. Alors, je me demande : pourquoi la France devrait-elle sortir du lot ? Certaines personnes penseraient-elles que la culture et le patrimoine français sont supérieurs aux autres ? L'Angleterre a aussi des châteaux, la Belgique de la bière, le Luxembourg des peintres, l'Allemagne des musées, la Suisse du chocolat, l'Italie des fromages et l'Espagne des vins pour ne citer que les pays « frontaliers » ! Ces pays ne se sentent-ils pas investis eux aussi d'une mission pour conserver et mettre en valeur leur culture et leur patrimoine ? Ces pays vaudraient-ils le déplacement sans leur culture ? Ne seraient-ils pas de bien petits pays sans leur culture ? Ainsi je pense que ce qui est dit dans ce livre pour la France peut l'être dit pour de nombreux autres pays !
J'ai préféré le chapitre 6 « Culture d'État ou la culture dans tous ses états » qui apporte des réponses et des solutions pour une espèce de New Deal à la française, et le chapitre 8 « Culture 2.0/3.0 » qui parle d'Internet.
« Internet n'est en rien un danger, mais au contraire une opportunité de taille pour l'économie de la création. S'il ébranle le marché, les pratiques culturelles pus classiques et les institutions, Internet sait être également un acteur nouveau de créativité sociale et de jeu démocratique. » (page 113).
Je remercie Gilles Paris de m'avoir envoyé cet ouvrage qui me donne envie de parler encore plus de culture !
Le voyage de Thetys : de Marseille à Panama est un récit de voyage de Nathalie Chateau et
Bruno Fabre paru aux éditions Tamata
(éditions dont j'ai parlé ici) dans la collection Voyage en novembre
2011 (224 pages, 30 €, ISBN 979-10-90556-04-1).
Nathalie Chateau est ingénieur et une grande sportive. Elle est la skipette du bateau et l'auteur de ce récit de voyage.
Bruno Fabre est né en 1961 à Gap (Hautes-Alpes). Après avoir travaillé dans les nouvelles technologies, il fait le tour du monde en voilier puis crée les éditions Tamata à Tahiti (Polynésie française). Il est l'auteur des photographies.
Je remercie Pauline qui m'a contactée et les éditions Tamata qui m'ont envoyé ce très beau livre avec lequel j'ai fait un extraordinaire voyage !
J'ai en effet feuilleté ce livre plusieurs fois pour m'imprégner des superbes photographies et pour rêver au hasard des pages, avant de me décider à en lire le texte plus en détail. Il y a même des recettes !
Un tour du monde à la voile, « sans se presser », c'est 2 365 jours (6 à 7 ans). Impressionnant, n'est-ce pas ? Mais tout le monde ne peut pas – ou n'a pas envie de – partir (moi, ça me ferait peur toute cette étendue d'eau partout !). Alors autant s'enrichir de l'expérience de ces aventuriers modernes, les « tourdumondistes » !
Bien sûr, un tel voyage se prépare, le livre commence fin juin 2007 pour un départ de Marseille début mars 2008, « sous un magnifique soleil ».
Vous saurez pourquoi le voilier se nomme Thetys, tout sur la préparation, la navigation, le voyage, les réparations sur le bateau, la traversée de l'océan atlantique (« la transat' » entre les Canaries et Trinité & Tobago), les escales, les rencontres, etc.
Régulièrement des pages spéciales comme « Chronique du bord » ou « Brèves de nav' » sont rédigées par Bruno et intercalées dans le texte de Nathalie.
C'est passionnant, ça fait rêver et les photos sont magnifiques.
Si vous avez, comme moi, un problème avec tous les termes techniques (voilier, navigation...), pas de panique : il y a un lexique bien utile en fin de volume !
Quelques photos remarquables (à mon avis) : les animaux de Gibraltar (pages 38-39), la voile rouge (pages 42 et 87), les oiseaux à Trinité (pages 102 et 105), les cactus du Vénézuéla (pages 148 et 149).
Mes photos préférées : celles des 15 jours d'escapade au Pérou (pages 162 à 175) : oui, je sais, ce n'est pas en mer... Mais je préfère avoir les pieds sur terre !
« 13 juin. On navigue toujours au milieu de nulle part, entourés de houle, de vent, de bleu,
de gris, de poissons volants et de quelques sternes égarés. » (page 86).
Envie d'en savoir plus ? Visiter Le voyage de Thetys et acheter ce très beau livre – je profite pour le mettre dans le challenge Beaux livres – qui en plus est très agréable au toucher (il est tout doux).
Après le passage du Canal de Panama, en avril 2009, Thetys est dans l'Océan Pacifique et la suite du voyage sera dans le tome 2, Le voyage de Thetys : des Galapagos en Nouvelle-Zélande. J'ai hâte !
En attendant, j'ai envie d'essayer le Chococake (page 41) !
La nuit du loup vert est un roman de
Viviane Moore paru aux éditions Flammarion
Jeunesse en janvier 2012 (224 pages, 5,50 €, ISBN 978-2-0812-2983-9).
Je remercie Brigitte et les éditions Flammarion Jeunesse pour ce roman.
Viviane Moore est née en 1960 à Hong Kong. Photographe, journaliste et romancière, elle est spécialiste du Moyen-Âge. Parmi ses séries : Galéran de Lesneven, Trilogie celte, Trilogie japonaise (Le Masque) et Tancrède le Normand (10/18). Plus d'infos sur http://www.vivianemoore.com/.
Juin 1151, abbaye de Jumièges, en « Terre gémétique » (Normandie).
Le camérier Héribert est retrouvé mort, il a été mutilé. Plus tard, un troupeau de vaches est décimé.
Au château, à côté, Héloïse se prépare pour la nuit du loup vert. Mais son frère aîné, Renaud, a disparu. Depuis la mort de leur père, il est sa seule famille.
Gautier de Beaumont, seigneur de Meulan, ami de Renaud, à qui elle est fiancée, l'aidera-t-il à retrouver le jeune homme ?
« Ce soir, on fêterait le loup vert et, comme d'habitude, l'étrange cérémonie libérerait les démons enfouis en chacun. » (page 21).
Le chevalier Raoul et son écuyer Michel de Gallardon accompagné de son hermine apprivoisée, Maiole, se rendent à l'abbaye. Ils y retrouvent le frère Augustin qui est en fait le frère du chevalier.
Ils vont être confrontés au loup vert, aux bêtes griffues.
« Il y avait tant de légendes autour des loups, à commencer par celle de la métamorphose d'hommes en loup-garou, les nuits de pleine lune... » (page 76).
Ce roman jeunesse est bien agréable à lire, c'est un mélange de roman historique, policier et fantastique.
Il permet aux jeunes ados de découvrir le Moyen-Âge, la vie dans une abbaye et les légendes sur les loups-garous.
En fin de volume, il y a de courtes mais intéressantes annexes sur l'abbaye de Jumièges (fondée par Saint-Philibert en 654), la rage (je ne savais pas que ce mot provenait du sanskrit rhabas : faire violence !) et un lexique (vocabulaire médiéval, mesures, heures).
La nuit du loup vert est le deuxième tome des Aventures de Michel de Gallardon. Je n'ai pas lu le premier tome, Le seigneur sans visage, dans lequel Michel de Gallardon commence son apprentissage de chevalier au Château de la Roche-Guyon. Mais je pense que les titres peuvent se lire indépendamment les uns des autres et j'espère qu'il y aura d'autres aventures car Michel de Gallardon a « encore bien du chemin à parcourir avant de devenir chevalier. » (page 145) !
Trois challenges pour ce roman : 10e livre pour le challenge Animaux du monde de Sharon, 7e pour le challenge Littérature jeunesse & young adults, et 6e pour le challenge Moyen-Âge de Hérisson.
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J'ai testé la liseuse Kobo et je voulais partager avec vous mes impressions.
Kobo by Fnac est une liseuse faite en partenariat entre la Fnac et la société canadienne Kobo (éditions de livres numériques).
Les avantages
Kobo est petite : elle se glisse dans un sac ou dans une poche.
Elle est très légère (avec ses 185 g, c'est la liseuse la plus légère) et fine (10 mm) : elle peut être tenue dans une seule main et le dos est « coussiné », c'est-à-dire matelassé.
Elle lit les documents (livres, BD, images) dans tous les formats (pdf, ePub, html, txt, jpeg, gif, png...).
Elle fonctionne en WiFi et est compatible avec le cloud sur d'autres supports (PC, ordinateur portable, téléphone, tablette), possède un port de clé USB et en option un emplacement pour carte mémoire.
Elle est économique : elle consomme peu (la durée d'autonomie de la batterie est en moyenne d'un mois).
Son prix est raisonnable : moins de 130 €.
Les eBooks se téléchargent rapidement et Kobo peut en contenir plus de 1 000 sur 2 Go (ou plus avec une carte mémoire).
De nombreux eBooks sont gratuits en particulier les classiques tombés dans le domaine public, mais pas que.
Un bouton unique permet de revenir au menu (avantage pour certains, inconvénient pour d'autres).
En ce qui concerne la
lecture
L'écran mesurant 15 cm, il correspond à la taille d'un livre.
Pour tourner une page, il n'y a qu'à tapoter sur l'écran ou faire glisser avec le doigt.
Un marque-pages permet de signaler où en est la lecture.
Il est possible de choisir la police de caractère (7 différentes), la taille de la police (17 tailles), plusieurs niveaux de gris (16 niveaux), l'interlignage et les marges. Il est possible aussi de classer les livres (ordre alphabétique, auteurs, titres), surligner un texte, consulter un dictionnaire, zoomer sur du texte ou une image, faire pivoter pour avoir le format portrait (vertical) ou paysage (horizontal), poster un avis grâce au clavier virtuel (qui représente environ 1/3 de l'écran).
Pas fan des couleurs du dos matelassé à part le noir : bleu, lilas, argenté...
Il paraît qu'on peut lire des heures sans ressentir la fatigue ou avoir mal aux yeux, mais lors de la transition entre les pages, l'encre électronique (eInk Pearl) met un certain temps à disparaître avant que l'encre de la page suivante n'apparaisse, c'est presque imperceptible (une fraction de seconde) mais ça se remarque quand même et j'ai lu que la rémanence est plus ou moins prolongée selon les Kobo...
Il faut d'abord télécharger et installer une application (Kobo Desktop) pour pouvoir configurer la liseuse, créer un compte d'utilisateur et charger des documents.
La Kobo se recharge sur l'ordinateur (avec un cordon USB) et pas sur le secteur.
Il n'est pas possible de lire sans lumière, ou alors il faut installer une petite lampe.
Choix ? Prix ? Possibilité de charger des eBooks hors Fnac et boutique Kobo ?
Et si la Fnac laisse tomber la fabrication de cette liseuse (comme le FnacBook) ?
Bilan
La liseuse Kobo est ludique, agréable et économique mais je ne suis pas encore convaincue !
PS : Vous devez vous demander ce que j'ai lu sur cette Kobo ? C'était le début de L'île au trésor, de Robert Louis Stevenson (1881).
PS 2 : Article publié le 7 mars sur le blog du Club des lecteurs numériques.
Mon patient
Sigmund Freud est un roman de Tobie Nathan paru aux éditions Perrin en mars 2006. Je l'ai lu en poche :
éditions Points, collection Les grands romans, parution en octobre 2011
(472 pages, 8 €, ISBN 978-2-7578-2567-9).
Tobie Nathan est né en 1948 au Caire (Égypte). Après des études en France (il écrit en français), il devient professeur universitaire en psychologie. Il est ethnopsychiatre et auteur (romans, théâtre, textes scientifiques). Plus d'infos sur le blog de Tobie Nathan.
Je remercie Libfly de m'avoir envoyé ce deuxième roman dans le cadre d'Un poche, un(e) mordu(e), une critique (le premier roman reçu pour cette opération était Le baiser de la pieuvre, de Patrick Grainville).
Décembre 2003, en Afrique. Leopold Caro est psychologue et psychanalyste, en coopération universitaire à Bujumbura (Burundi). Alors qu'il se rend à un colloque à Dakar (Sénégal), il se retrouve coincé à l'aéroport de Lagos (Nigéria). Il y rencontre Jack Bean, comme lui en transit : l'homme est triste car il a raté l'enterrement de sa mère à Tel Aviv (Israël). Jack raconte alors à Leopold que son ancêtre, Isaac Rabinovitch né le 13 juin 1887 à Odessa (Ukraine) et exilé à Vienne (Autriche) a étudié la médecine et a bien connu Sigmund Freud. « C'était un proche, un intime, peut-être l'ami le plus cher de Sigmund Freud ! – Vous vous rendez compte qu'il s'agit d'un document exceptionnel ? » (page 24). Un feu s'est déclaré dans l'aéroport et les voyageurs sont parqués dehors en plein soleil. Jack autorise Leopold à faire une copie de son dossier Zahav (L'or) sur une clé USB. « Et le temps poursuit son cours. C'est lui le véritable maître en Afrique : le temps qui finit par avoir raison de tout ! » (page 22). Durant son voyage et son retour au Burundi, Leopold lit le journal d'Isaac Rabinovitch, devenu Jack Bean.
Été 1908, à Vienne. Isaac Rabinovitch, jeune étudiant en médecine de 21 ans, rencontre Hanna von Kessler dont il tombe éperdument amoureux malgré la différence d'âge et Otto Gross qui va le psychanalyser. « Je vous crois surtout névrosé, Rabinovitch. Vous savez ce que c'est, un névrosé ? C'est quelqu'un qui préfère les plaisirs de l'enfance à ceux de la maturité. Voilà ce que c'est ! » (page 85). Lors d'une soirée, le jeune homme découvre la sexualité, une sexualité très libre. Il rencontre les pionniers de la psychanalyse et devient un proche de Freud, son élève, son confident, son psychanalyste.
Janvier 2004. De retour à Bujumbura avec sa maîtresse, Preciose, une authentique descendante des anciens rois du Burundi, Leopold continue la lecture du journal d'Isaac Rabinovitch mais il est contacté par Gamliel Bean qui lui apprend que son père a été assassiné peu après leur rencontre à l'aéroport de Lagos.
Leopold est-il lui aussi en danger ?
Afin que vous compreniez mieux ce roman qui suit en parallèle la vie de Leopold Caro et la vie d'Isaac Rabinovitch, et qui s'annonce comme un thriller – mais pas que – je vous laisse lire quelques extraits qui vous feront sentir plus proches de chacun des deux hommes.
Du côté d'Isaac Rabinovitch dit Jack Bean
« Sous l'impulsion initiale du maître, je veux dire de Sigmund Freud, ce groupe avait enfin identifié la nature du mal. Le mal, c'était la névrose, et sa cause, la 'répression sexuelle'. » (page 32).
« L'inconscient est ce qui lie les êtres d'une même communauté à leur insu. […] : l'inconscient est cet espace où chacun ressemble à l'autre ; où tous constituent un tout. » (page 36).
« J'ai connu le monde d'avant les deux guerres – c'était le mien ! C'était notre monde, celui que nous avons perdu, nous autres qui sommes nés avant ce siècle. Un monde de tranquille insouciance où les morts reconnaissaient les vivants comme des leurs et les protégeaient. » (page 45).
« Vous voilà attrapé par le même microbe que nous tous, mon jeune ami. Vous serez psychiatre et vous vous engagerez dans la psychanalyse, je vous le prédis ! » (Freud à Rabinovitch, page 232).
Du côté de Leopold Caro
« Ils se sont affranchis de leurs traditions pour entrer dans la modernité, et là ils ont rencontré l'individualité la plus obtuse, une véritable sauvagerie. Ils vous riront au nez tous ces diplomates... Oui, la jalousie ! L'envie et la jalousie ! L'autre jour, je proposais aux deux seuls linguistes du pays de prononcer une conférence ensemble. Le plus vieux a refusé, arguant que l'autre, son cadet de quelques années, ne viendrait que pour piller ses idées (…]. Quant au plus jeune, il a évidemment refusé de paraître en public aux côtés d'un homme qu'il juge compromis dans le gouvernement […]. Jalousie... Envie et jalousie ! Je finis par croire que les Viennois du début du XXe siècle, ceux que décrit Jack Bean dans son journal, avaient tout compris. » (page 77).
« Si la psychanalyse s'est imposée en Europe, c'est bien parce qu'elle proposait une sorte de révolution culturelle – et cette révolution était avant tout sexuelle ! » (page 80).
« Il est clair qu'on ne peut pas tuer Gustave, comme on ne peut pas se débarrasser des exigences des morts, comme on ne peut faire taire la voix du vent... » (page 157). À savoir que Gustave est un énorme crocodile apparu en 1993 et qui vit dans la rivière Ruzizi.
Lors de sa parution, en 2006, ce roman correspondait au 150e
anniversaire de la naissance de Sigmund Freud (né le 6 mai 1856 en Moravie, à l'époque autrichienne et maintenant tchèque), médecin, neurologue et père de la psychanalyse. Freud accusait
« l'hypocrisie sexuelle bourgeoise » car il pensait qu'elle était « la cause principale des névroses. » (page 237).
« Vienne, 10 novembre 1933. Lorsque je suis arrivé chez Freud cet après-midi, à 18 heures, j'ai croisé dans la rue, à deux pas de la maison, une bande de miliciens fascistes en uniforme qui hurlait un chant nazi. Pourquoi tarde-t-il tant à fuir ce pays qui commence déjà à marcher au pas de la dictature ? » (page 435).
Sigmund Freud est mort le 23 septembre 1939 à Londres où il s'est finalement réfugié avec sa famille. Sa maison londonienne est devenue le Freud Museum.
Avec Isaac Rabinovitch, le lecteur découvre la Vienne du XIXe siècle, celle où vécut Sigmund Freud, Otto Gross et tant d'autres. « Je me sens si fier d'avoir rencontré les plus grands psychanalystes de Vienne ; les plus célèbres : Adler, Graf, Heller, Hitschmann, Rank, Sadger, Tausk, Wittles et surtout Stekel. Oui, Stekel ! Je suis encore ébloui par ce petit bonhomme qui cache son intelligence derrière un masque de jovialité presque vulgaire. » (page 134). Vous le savez peut-être, en 1909, Freud a fait un voyage aux États-Unis avec Carl Gustav Jung : je me rappelle très bien de L'interprétation des meurtres, de Jed Rubenfeld et j'ai eu l'idée de créer une liste de lecture intitulée Littérature psy sur Libfly.
Avec Leopold Caro, le lecteur découvre l'Afrique de ce début de XXIe siècle : une Afrique qui se veut moderne mais qui est encore proche de son passé et de ses traditions pour le meilleur et pour le pire (guerres ethniques, massacres...).
Le journal de Jack Bean renfermerait-il quelque secret ? Après la première guerre mondiale, il y eut deux courses en Europe : une pour le socialisme, une pour la psychanalyse, et « quiconque s'intéressant à la psychanalyse sait que les documents authentiques concernant Sigmund Freud sont interdits de consultation – certains mêmes jusqu'en 2113 : ses notes cliniques, ses lettres, tout est conservé à Washington, dans des coffres, sous clé – comme si ces archives contenaient un secret militaire de la première importance ; comme si le salut de l'Occident dépendait du maintien de cette chape de plomb. » (page 25).
Les deux mondes sont passionnants, si éloignés l'un de l'autre, mais en fait si proches.

J'espère que vous serez tentés
par ce roman fascinant et très bien documenté !
Je le place dans les challenges Thriller de Cynthia et La Belle Époque de Carnet de SeL.
J'ai craqué pour le Challenge La Belle Époque de Carnet de SeL car il dure deux ans (du premier janvier 2012 au 31 décembre 2013) et aucun nombre de livres n'est imposé.
Toutes les infos et inscriptions sur Carnet de SeL qui nous dit : « Prenez votre plus belle plume pour écrire une critique après avoir lu un livre sur la période de La Belle Époque (1879-1914) que ce soit un roman, un recueil de poésie, une pièce de théâtre, une bande dessinée, une biographie, un essai, un documentaire, un livre d'art… car La Belle Époque, c'est aussi celle de Sarah Bernhardt, d'Isadora Duncan et de l'Art nouveau ! ».
Le logo est superbe, n'est-ce pas ?
(vous
pouvez cliquer pour le voir en taille réelle).
Les livres présentés dans ce challenge
1. Mon patient Sigmund Freud, de Tobie Nathan
...
Je découvre le défi Premier roman créé par Anne en décembre 2011 et qui court jusqu'au 31 décembre 2012.
Toutes les infos et inscriptions chez Anne du blog Des mots et des notes. Les participants et les billets ici. Au choix, trois logos.
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Je lis régulièrement des premiers romans alors pourquoi manquer ce défi ?
Anne accepte les notes de lecture postées à compter du 8 août 2011 : j'ai regardé et ça m'en fait déjà trois donc je remplis la première catégorie, Dévisse ton stylo.
Du coup, je vais m'inscrire dans la deuxième catégorie, Crée ta mise en page (de 3 à 5 premiers romans) mais j'espère bien arriver à la troisième catégorie, Envoie ton manuscrit (plus de 5 premiers romans) !
Les premiers romans présentés dans ce challenge
1. La route des magiciens (Les Dolce, 1), de Frédéric Petitjean (théâtre et scénarios mais c'est son premier roman).
2. Les carnets d'une bourgeoise déchue, de Diane Rauscher-Kennedy (roman franco-anglais autobiographique)
3. La marche de l'incertitude, de Yamen Manai (roman
franco-tunisien)
4. Le front russe, de Jean-Claude Lalumière (roman français)
5. Les oiseaux noirs, de Faustina Fiore (roman français)
6. Apocalypsis 1 - Cavalier Blanc : Alice, d'Eli Esseriam (roman français)
7. Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur
toi, de Mathias Malzieu (roman français)
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C'est chez Prune que j'ai vu le challenge Beaux livres créé par Eiluned
le 8 février et qui court jusqu'au 8 février 2014 (au moins). J'ai réfléchi durant le week-end, encore un challenge... Est-ce raisonnable ? Bon, le logo est joli donc il
attire bien ! Mais j'ai aussi tout plein de beaux livres dont je ne parle jamais, c'est quand même bien dommage.
Toutes les infos et inscriptions chez Eiluned.
Voici quand même les différentes catégories :
Amateur de jolies choses : 1 à 3 ouvrages,
Amoureux de la beauté : 4 à 7 ouvrages,
Toqué de l'esthétique : 8 à 12 ouvrages,
Hédoniste fou : 13 à l'infini.
J'hésite... Raisonnable amateur de jolies choses ou hédoniste fou ? Ah la la... Je vais me montrer raisonnable mais je suis certaine qu'en deux ans, je vais pouvoir faire mieux !
Les beaux livres présentés dans ce challenge
1. Le voyage de Thetys, de Nathalie Chateau et Bruno Fabre
2. Les oiseaux de l'espoir, de Judith Loske
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