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26 février 2009 4 26 /02 /février /2009 07:21

AvantMillenaireSepareAprès la chronique coréenne, pour l'Asie, voici la chronique espagnole pour l'Europe mais vous allez voir que ce roman n'en est pas un et qu'il n'est pas non plus un véritable policier ! Comme ce défi est pour lire des romans policiers, j'espère me rattraper avec les 3 autres continents !

 

Avant que le millénaire nous sépare a été écrit par Manuel Vázquez Montalbán en 1997 et est paru chez Christian Bourgois en 1999 (64 pages, 7,62 €, ISBN 2-267-01519-6).

 

Il n'est pas indiqué « roman traduit de l'espagnol » ou « récit traduit de l'espagnol » mais tout simplement « traduit de l'espagnol » par Georges Tyras ce qui me met la puce à l'oreille : « Ai-je entre les mains un roman policier ? » mais la quatrième de couverture m'a vraiment donné envie de lire celui-là et pas un autre !

 

MVMontalbanEh bien non, ce n'est pas un roman, c'est une représentation théâtrale dans laquelle Pepe Carvalho, le célèbre détective privé créé par Montalbán en 1972 s'érige contre son auteur, ses idées et celles qu'il lui a prêtées en particulier au niveau politique (socialisme, communisme, anarchisme, capitalisme, fascisme, métissage), le fait de vouloir refaire le monde, l'histoire ou même la science et de pérorer devant les journalistes. « ... je vais vous raconter ma part de vérité, j'insiste, de vérité » (p. 36) déclare Pepe qui dresse un réquisitoire contre les poncifs du roman policier (le flic ou le privé avec un physique et un caractère bien particuliers, qui cuisine et boit du vin, les belles filles et le sexe du moins ce que l'auteur lui a accordé, le sens de l'humour et l'ironie, la poésie, le chat, etc.) mais aussi contre la culture qui « ne lui a pas appris à vivre » (il brûle dans la cheminée les livres qu'il a lus et les romans de son créateur) et contre le fait que l'auteur, cet ingrat qui ne lui verse rien et qui a peur du passage de l'an 2000, veuille le faire mourir avant le nouveau millénaire. Pourquoi ? Parce que « Carvalho vieillit, dit l'auteur, il n'est pas comme d'autres personnages de roman policier qui n'ont pas d'âge. Carvalho ne peut pas faire en 1995 ce qu'il faisait en 1972, dans J'ai tué Kennedy ou, dix ans plus tard, dans Meurtre au comité central. Carvalho vieillit... Il n'est pas un moyen technique immortel. Il doit mourir avant l'an 2000 ! Il doit mourir. Je dois mourir ! Parce que Carvalho, c'est moi ! » (p. 40-41).

 

Il ne faut pas que j'oublie de vous dire que la scène est la cuisine du détective : « Vous avez une installation, façon art conceptuel : cuisinière, livres, feu, vins, le détective privé... Il ne manque que l'assassin. Parce que le cadavre est là aussi. C'est moi. Je suis le prochain cadavre de l'auteur. » (p. 12) et « L'assassin, c'est l'auteur » (p 39). Et que, tout en parlant, Pepe cuisine « un gigot d'agneau de lait à la bière », boit du vin rouge, se remémore ses aventures (c'est-à-dire les romans écrits par Montalbán), se met en colère, vocifère, prend le public à témoin, se radoucit, se lamente, avant de se mettre à table (hum... sans jeu de mot).

 

Ce monologue est surprenant, parfois drôle, souvent cruel, et puis pour que le récit échappe à son héros, l'auteur ne s'est pas du tout effacé : il décrit la scène - bien qu'elle ait des « limites imprécises » - avec un luxe de précisions et en plus il appelle Pepe au téléphone, volant ainsi aux lecteurs/spectateurs le bonheur de passer les dernières minutes avec le héros dont l'auteur est le seul maître ! « C'est lui le patron » et « L'auteur est le maître » (p. 12). Finalement ce petit livre raconte beaucoup de choses sur l'auteur, son héros, leurs relations et donne envie de lire les enquêtes durant lesquelles « Vous m'avez exploité pendant 25 ans, sous prétexte que vous m'avez donné naissance un soir de beuverie » (p. 42) se lamente Carvalho.

 

En désespoir de cause, Pepe s'adresse aux lecteurs/spectateurs : « Vous allez essayer de faire quelque chose pour moi ? » mais... (p. 54).

 

Une phrase qui va plaire à quelqu'un qui se reconnaîtra : « L'ironie, c'est la reconnaissance de l'impuissance du sentiment devant l'échec de la raison » (p. 10).

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