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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 00:08

DamnatioMemoriae.jpgDamnatio memoriae : plaidoyer pour Néron est un roman de Jean Dreydemy paru aux éditions Société des Écrivains en mai 2011 (390 pages, 21 €, ISBN 978-2-748364118).

 

Je remercie Abeline et les Chroniques de la rentrée littéraire de m'avoir envoyé ce roman en plus de Mon frère italien, de Giovanni Arpino.

 

Jean Dreydemy... Je n'ai pas trouvé d'infos sur l'auteur ! Un autre roman de lui : Nivaland ou Les orages du Montabone (janvier 2003).

 

Àl'âge de 2 ans, Lucius est orphelin : son père, Barberousse Domitius, est mort au combat « quelque part dans le sud » et sa mère, Agrippine (dont le frère Caligula est empereur) s'est exilée aux îles Pontines avec son amant, Sénèque. Son grand-père, Germanicus, a été assassiné à Antioche où les premiers Chrétiens ont créé une église (les Romains polythéistes n'aiment ni les Juifs ni les Chrétiens monothéistes). Sa tante paternelle, Lépida Domitia, ne voulant pas s'encombrer d'un enfant, le confie à deux serviteurs de confiance, Euclide et Icare qui vont l'élever et l'aimer comme leur fils. « Ainsi s'ébaucha une vie tranquille à Antium, pour un fils de famille impériale, entre un acrobate et un barbier. » (page 13). « Si, plus tard, quelqu'un avait demandé à Néron quel espace de bonheur il avait connu dans sa courte vie, il aurait certainement répondu : 'mon enfance à Antium'. » (page 98).

La première fois que Lucius voit Rome, c'est lors de la victoire des Romains en Bretagne, et il trouve cette ville laide mais plus tard : « « Rome aimait Néron. Néron aimait Rome. » (page 210).

La Pax Romana (paix romaine) est instaurée. « L'époque était aux jeux, puisqu'il n'y avait pas de guerre importante, mais uniquement un maintien de l'ordre du côté de l'Asie. » (page 62).

Icare se tue pendant un spectacle et Lucius reste d'abord avec Euclide puis sa mère le récupère et ils vont vivre à Rome. Agrippine épouse Claude, le nouvel empereur, et prépare l'accession au pouvoir de son fils unique alors que Claude a déjà un fils, Britannicus, et une fille, Octavie (que Néron se verra contraint d'épouser alors qu'il aime Claudia Acte, la fille d'une esclave).

Lucius a 12 ans lorsque Claude l'adopte et le renomme Néron (« homme courageux »). À 14 ans, il est émancipé et devient consul ; l'histoire continue : assassinats, empoisonnements, mensonges, complots, trahisons, scandales...

 

Ce roman historique est la biographie de Lucius Domitius Ahenobarbus devenu Néron, empereur de Rome, qui selon ce qu'il avait affirmé à sa mère à l'âge de 10 ans est aussi devenu « musicien, acteur, metteur en scène de théâtre. Le plus célèbre, le plus grand que Rome ait connu ! » (page 64).

Alors, fiction ou réalité ? La question est la même pour les biographies antiques (historiographies) rédigées par Tacite (Les Annales, en 110) et par Suétone (La vie des douze Césars, entre 119 et 122) car le Sénat a prononcé une Damnatio memoriae contre Néron à sa mort. Il aurait donc dû disparaître des mémoires, de l'Histoire, eh bien c'est raté !

En tout cas, j'ai beaucoup aimé suivre ce héros déchu depuis sa naissance à Antium (aujourd'hui Anzio) en décembre 37 jusqu'à sa mort à Rome en juin 68. La première partie (une centaine de pages) qui raconte l'enfance d'un petit Romain de l'Antiquité est passionnante car on découvre la vie quotidienne, les métiers, les jeux (adulte, Néron fera interdire les combats de gladiateurs).

Une autre ville a compté dans la vie de Néron, c'est Pompéi (je rappelle que cette ville fut détruite en 79) car il y trouva l'amour en la personne de Poppée qui lui donna une fille, Claudia Augusta.

Alors fou ? Manipulateur ? Assassin ? Victime de médisances et de folles rumeurs ? On a pourtant l'impression à la lecture de ce livre que Néron était un pacifiste, un artiste passionné de musique (il composait et jouait de la lyre), de poésie et de théâtre, qui ne voulait pas que son règne soit « marqué par les guerres ni les conquêtes. » (page 180), qui désirait l'affranchissement des esclaves et qui se promenait incognito parmi le peuple pour entendre les avis et les opinions. « Que pensait le peuple ? Néron souhaitait l'apprendre par ce moyen direct. Bien sûr, le peuple ne disposait d'aucun levier politique, mais peut-on gouverner une multitude sans se préoccuper de l'opinion qu'elle a de vous ? Les gens parlaient du prix et de la qualité des produits, du déroulement des jeux, de leurs problèmes familiaux, plus rarement des colons de Bretagne ou des légionnaires d'Orient. » (pages 245-246).

Bien sûr l'homme n'était pas parfait : Néron a lancé une répression contre les monothéistes car, pour parvenir à leurs fins, ils utilisaient « l'injure, la calomnie et les pratiques magiques pour abuser de la crédulité des gens. » (page 312). Il n'aimait de toute façon pas les religions : « Que maudites soient ces religions avec leurs prophètes, leurs messies, leurs fanatiques, leurs prêtres, leurs rituels ! Je n'y vois que des ferments d'affrontements et de massacres ! » (page 332). Et se faisait donc des ennemis.

Mais après le traité de paix avec les deux frères, Vologèse le Parthe (les Parthes étaient les ancêtres des Perses) et Tiridate l'Arménien, Néron devint « commandant suprême » car il y avait la paix avec le monde entier (connu de l'époque).

Mais la paix est un leurre... « Si tu veux la paix, prépare la guerre ! » (page 362).

 

Quelques extraits

« Chaque fois que tu quittes un ami, fais comme si tu le voyais pour la dernière fois, approuva Sénèque. » (page 127). Néron repense à cette phrase plus tard : « Ils prirent congé d'Euclide avec émotion. 'Lorsque tu quittes un être cher, fais comme si tu le voyais pour la dernière fois', recommandait Sénèque. Euclide mourut avant la fin du chantier. » (page 204).

« Le Circus Maximus méritait bien son superlatif. Sur ses gradins, les habitants de Rome venaient exprimer leurs enthousiasmes, caresser des rêves de fortune, vomir leurs frustrations quotidiennes dans un bouillon égalitaire : pauvres et riches, lettrés et illettrés, aristocrates et esclaves. » (page 160). N'en est-il pas toujours de même ?

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commentaires

DOUCHKA 25/12/2011 16:12


Un beau roman antique qui vous transporte ....dans une autre époque, et où l'on retrouve intacts les caratères humains d'aujourd'hui dans leurs passions, ambitiions et déchirure de l'âme.
Une belle fresque offerte par l'auteur !

Catherine 26/12/2011 13:14



Merci Douchka, j'ai passé un bon moment de lecture et l'ai offert à un ami passionné d'histoire.



Mimi des Plaisirs 01/12/2011 22:16


J'aime ces livres où l'on fréquente ces grands personnages, cette plongée dans l'Antiquité. Y-a-t-il beaucoup de citations d'historiens ou de penseurs? les phrases de Néron sont-elles attestées?

Catherine 02/12/2011 08:31



Ça faisait longtemps que je n'avais pas lu de livres sur l'Antiquité. Dans celui-ci, il y a quelques citations, ce qui est bien c'est qu'elles
sont inscrites en latin en bas de page. Les personnages réels sont notés aussi, pour que le lecteur fasse bien la distinction avec les personnages de fiction. Si les phrases de Néron sont
attestées ? Pas sûre qu'elles le soient toutes, mais sûrement celles en latin oui. Bonne fin de semaine.



Neph 01/12/2011 21:21


Ca m'intéresse, tiens ! C'est le genre d'ouvrages que j'affectionne, foi de latiniste !

Catherine 02/12/2011 08:27



J'ai fait du latin, il y a... longtemps !



Marc Lefrançois 01/12/2011 11:18


J'aime beaucoup les romans historiques, particulièrement quand ils se déroulent sous la Rome antique... je suis donc très intéressé par celui-ci!

Catherine 02/12/2011 08:26



Fut un temps où j'en lisais pas mal. Là, l'occasion s'est présentée, je l'ai lu puis je l'ai offert à un ami féru d'histoire.



Philisine Cave 01/12/2011 09:21


Trop de livres à lire en ce moment mais je le note car il élargira mon univers ! bises et bonne journée

Catherine 02/12/2011 08:25



Pour moi aussi, toujours plus de livres . De toute façon, on sait
bien qu'on n'aura jamais le temps de tout lire... Bonne fin de semaine.



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