15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 05:23

Kosaburo1945.jpgCoupCoeur2011Kosaburo, 1945 est un roman de Nicole Roland paru aux éditions Actes Sud dans la collection Un endroit où aller en février 2011 (138 pages, 16,30 €, ISBN 978-2742794829).

 

Nicole Roland est professeur de lettres dans un lycée à Namur (Belgique). Kosaburo, 1945 est son premier roman.

 

Le narrateur est Kosaburo. Il aurait voulu être peintre, ou poète, ou calligraphe, mais c'est la guerre. Il a donc quitté l'université et se prépare à se battre, pour l'empereur, pour sa famille, pour son pays.

Mitsuko est son amie d'enfance, c'est aussi la femme qu'il aime en secret.

« Et la guerre venait de déchirer sans bruit la page qu'ils auraient pu écrire. » (page 4).

Il prépare un cadeau, un « livre de l'oreiller » : un petit coffret en bois laqué contenant des poèmes, des dessins que les amoureux s'offrent traditionnellement.

« Mais ils en étaient là : la guerre fracassait tous les rêves. » (page 6).

Mitsuko a un jeune frère, Akira qui étudie la littérature française. L'adolescent ayant fuit dans un monastère, c'est le déshonneur pour sa famille.

À partir de ce moment, Mitsuko devient la narratrice : elle prend la place de son frère. Elle apprend les préceptes des samouraïs, s'entraîne avec Kosaburo et va devenir pilote d'élite.

Car, tels les typhons qui s'étaient déchaînés en 1281, empêchant par deux fois l'invasion du Japon par les Mongols, les jeunes pilotes devaient être les « vents divins » (kamikaze) et repousser l'ennemi.

« Des noms sur une liste, voilà ce que nous étions. Et c'était mieux ainsi. » (page 92).

En plus de l'entraînement très difficile, Mitsuko a bien sûr peur d'être découverte mais elle est prête à aller jusqu'au bout et à se sacrifier même si tout cela lui semble vain.

« Nous étions tombés bien bas, si les meilleurs pilotes étaient sacrifiés. Il n'y avait plus d'espoir. » (pages 112-113).

 

C'est après avoir vu la photo – datant de 1945 – du visage d'un pilote japonais dans un journal que Nicole Roland a voulu écrire ce roman. « […] des traits fins, un regard fixe et la désinvolture des lunettes relevées sur le bonnet d'aviateur. Autour de son cou, une écharpe de soie blanche se déployait dans le vent. » (page 2).

Endoctrinement, exaltation, loyauté, bravoure, honneur, soumission patriotique sont des notions très présentes dans ce récit. Mais ce qui est vrai pour la nation japonaise – les « valeureux guerriers » qui se sacrifient sont les « boucliers » de la nation – est vrai pour toutes les nations qui durant les guerres envoient leurs soldats combattre pour « protéger » le pays, les civils et les dirigeants.

La tension est grandissante avec l'entraînement, les premiers combats, les premiers avions ennemis abattus, et enfin les sacrifices, mais il y a une telle tranquillité, presque de la douceur dans les phrases de Nicole Roland.

Le récit est agréable, bien documenté, et entrecoupé de beaux poèmes, d'extraits du Dit du Genji ou du Bushido. Et un point important : l'auteur ne porte pas de jugement, j'ai l'impression qu'elle aime ses personnages, en particulier Kosaburo et Mitsuko.

Ils avaient vingt ans et ils sont morts... Pour qui, pour quoi... « Nous avions vingt ans, nous avions mille ans et sur notre cœur palpitait l'éclat d'une armure invisible. » (page 35).

J'ai été surprise par la fin, ainsi ce roman est un roman-tombeau...

Nicole Roland, une romancière à suivre.

 

SurPagesJaponAout Une lecture pour les challenges Dragon 2012 et Sur les pages du Japon (thème libre en août), pour les défis Premier roman et Cent pages et, comme l'auteur est Belge, pour le challenge Voisins Voisines aussi.


J'en profite pour remercier Alphalire car j'ai lu ce roman en ligne (vous pouvez faire de même en vous inscrivant, c'est gratuit et il y a 12 premiers romans à lire). ChallengeDragonFeu PremierRoman1
DefiCentPages VoisinsVoisines2012 ClubLN

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commentaires

keisha 15/08/2012


Tu engranges bien pour les challenges! Un quasi record, sûrement.


Sinon, le thème ne m'inspire pas trop.

Thaddée 15/08/2012


Coucou Catherine, j'aime bien ta façon de présenter les livres avec de courts extraits toujours très bien choisis car on y pressent le style de l'auteur et tout l'émotion contenue dans
l'histoire. Je te souhaite une très belle journée du 15 août, à bientôt !

clara 15/08/2012


Un coup de coeur? je suis obligée de le noter !

Mistymiaou 15/08/2012


Ca a l'air très beau. Mais je ne suis pas fan de la lecture sur l'ordi. Plus tard peut-être. 


Bonne journé. 

yoshi73 15/08/2012


Ce livre a l'air intéressant et triste. Je note!

unepauselivre 21/08/2012


Tu en parle bien mais je ne pense le lire celui-ci.

Theoma 21/08/2012


c'est sûr que là... ça fait très envie !

Philiisne Cave 21/08/2012


Un très beau texte. Bises

Loo 22/08/2012


Je pense que c'est plus dû à l'envie du moment.

Philisine Cave 22/08/2012


Je l'ai déjà lu et chroniqué, ma Cath ! bises

Anne 22/08/2012


Le deuxième m'attend déjà dans ma PAL. L'auteur est charmante !

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