Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 06:32

ObscureMemoire.jpgCoupCoeur2011L'obscure mémoire des armes est un roman de Ramón Díaz-Eterovic paru aux éditions Métailié Noir en mars 2011 (280 pages, 19 €, ISBN 978-2-86424-768-5). La oscura memoria de las armas (2008) est traduit de l'espagnol (Chili) par Bertille Hausberg.

 

Ramón Díaz-Eterovic est né le 15 juillet 1956 à Punta Arenas dans le sud du Chili (détroit de Magellan). Il est diplômé de l'université de Santiago en Sciences politiques et administratives. Il est écrivain et poète.

Du même auteur aux éditions Métailié : Les sept fils de Simenon (2001), La mort se lève tôt (2004), Les yeux du cœur (2007) et La couleur de la peau (2008).

 

Après avoir lu La couleur de la peau, j'ai voulu lire les autres romans de Ramón Díaz-Eterovic. L'obscure mémoire des armes est le dernier paru. Je lirai les précédents plus tard.

 

« Le pire, c'était de n'avoir rien à faire. Ou presque rien car, de temps en temps, je me donnais la peine d'allumer une cigarette, de mettre une autre cassette dans la chaîne stéréo et d'humecter mon index droit pour tourner les pages du livre que je lisais sans cesser d'être attentif aux coups que quelqu'un pourrait frapper à la porte de mon bureau. Parfois j'essayais aussi de parler avec Simenon, et quand l'ennui me serrait la gorge, je quittais l'appartement et descendait au kiosque d'Anselmo parler des programmes hippiques de la semaine […]. » (page 13, début du roman).

Heredia a maintenant 50 ans et voit régulièrement Griseta qu'il a rencontrée il y a 13 ans. Sa vie n'a pas changé, il a toujours peu de clients donc peu d'argent et en plus il y a prolifération d'agences de détectives donc concurrence.

« Sale temps pour un détective tout juste capable d'offrir à ses clients son flair aléatoire et la certitude de ses doutes. » (page 19).

Il n'a même pas une histoire à raconter au Scribouillard, son ami écrivain... Ce qui ne l'empêche pas de lire (Wilkie Collins, Osvaldo, Soriano, Philip K. Dick, Mankell...).

Mais Griseta arrive avec une amie retrouvée il y a peu, Virginia Reyes, professeur de maths : son unique frère, Germán a été tué à la sortie de son travail alors que depuis une semaine, il se sentait suivi et avait peur.

Germán avait 60 ans ; il avait été torturé à la Villa Grimaldi et avait témoigné pour la commission Valech : « commission gouvernementale chargée de réunir les dépositions de personnes torturées ou de prisonniers politiques » (page 49). Il devait épouser Benilde de Roos, une infirmière plus jeune que lui, et fréquentait le Centre culturel América.

Le Commissaire débarque en pleine nuit chez Heredia : Carvilio, le collègue de Germán à la Casa Léon vient d'être lui aussi assassiné.

Ainsi donc, Heredia doit enquêter sur les victimes de la junte militaire et retrouver les tortionnaires... Il va mettre son ami journaliste et fondateur de La Trace Rouge, Marcos Campbell, sur le coup. Et aussi travailler avec un autre privé, Atilio Montegón, embauché par le patron de la Casa Léon qui soupçonne des voleurs parmi ses employés.

 

Décidément, ce détective privé, allergique à l'informatique et à Internet, est bien attachant. Mais Simenon commence à se faire vieux (14 ans) et j'espère qu'il y aura de prochaines aventures.

Heredia est confronté dans cette enquête au passé (aux démons) du Chili et j'ai encore appris beaucoup de choses sur ce pays à travers ce roman noir et passionnant.

« Le passé était une blessure qui n'avait jamais été totalement désinfectée et laissait échapper sa pestilence à la moindre inadvertance. » (page 144).

 

Quelques extraits

« […] les feuilles du calendrier étaient tombées peu à peu avec leur inévitable rigueur. » (page 15).

« La ville impose une vie rapide et impersonnelle, sans laisser beaucoup de chance aux sentiments. Pas de quoi s'inquiéter sauf si on a une vocation de voisine cancanière ou d'écrivain intéressé par les tracas d'autrui. » (page 18).

« Le temps engloutit tout et on les oubliera, comme tant d'autres. Ils ne seront plus que des noms gravés sur une pierre. » (page 95).

« Ça me déplaît de voir les assassins se promener dans les rues. » (page 123).

 

Mon passage préféré

« – Dans cette pièce, il y a assez de place pour un autre bureau. Vous avez lu tous les livres posés sur les étagères ou ils sont là pour décorer ? a-t-il demandé après s'être levé.

Je les ai presque tous lus.

Pourquoi lire autant ?

Pour vivre mieux et plus.

Montegón s'est dirigé vers la porte :

Mon père ne m'a jamais permis d'avoir beaucoup de contacts avec les livres. Aujourd'hui encore, il dit que trop de bouquins et de branlettes ramollissent le cerveau. Qu'en pensez-vous ?

D'autres pensent que d'aussi nobles occupations stimulent l'imagination.

J'en ferai part à mon père à notre prochaine rencontre. »

(page 136).

Partager cet article

Repost 0

commentaires

le Bison 06/01/2012 08:33


Du Chili, je m’étais reposé sur Luis
Sepulveda et Francisco Coloane... Maintenant, je sais que je peux explorer les polars de
Ramón Díaz-Eterovic. Car même (ou surtout) dans le roman policier, les écrivains parlent beaucoup de leur pays, de leur société et du
peuple… Oui va falloir que je regarde de ce coté-ci, aussi.


Pour également stimuler mon imagination... 

Catherine 06/01/2012 21:30



Contente que ces romans t'aient intrigué, je suis sûre qu'ils te plairont, par contre avec quelle boisson, je ne sais pas, un vin du Chili
c'est trop facile .



Mistymiaou 05/01/2012 20:55


Celui-là aussi a l'air bien. :)


Bonne fin de semaine ! 

Catherine 05/01/2012 23:28



Oh oui, très bien, d'ailleurs il est aussi en coup de cœur . Bonne
fin de semaine à toi aussi (je tousse encore beaucoup et je souffre encore un peu...).



Mimi des Plaisirs 05/01/2012 19:09


Je trouve que ton passage préféré est bien choisi! "vivre mieux et plus " par les livres, c'est tellement vrai...
 Quant au roman, celui-ci aussi à l'air intéressant, mais je tenterai plutôt le précédent .

Catherine 05/01/2012 23:26



J'ai beaucoup aimé ce dialogue. Dans l'autre roman, les contacts de Heredia sont plutôt avec son ami le vieux kiosquier, dans ce roman c'est
avec l'autre détective privé (concurrence, entente professionnelle, amitié en devenir). Les deux sont des coups de cœur .



Philisine Cave 05/01/2012 09:02


Je vois que Madame Catherine est très inspirée par les couvertures très «chat» en ce moment !

Catherine 05/01/2012 23:23



C'est vrai mais pour l'instant, je n'ai lu que ces deux-là .



Ikebukuro 05/01/2012 06:54


Rien que la couverture est déjà tentante, je vais regarder si je le trouve lors de ma prochaine visite chez le libraire.

Catherine 05/01/2012 08:28



Celui-ci est le dernier paru, tu devrais le trouver facilement. Je ne sais pas si les autres existent en poche. J'espère que tu aimeras
.



Coccinelle Présente...

  • : La culture se partage
  • La culture se partage
  • : « On ne doit jamais manquer de répéter à tout le monde les belles choses qu'on a lues » Sei Shônagon in « Notes de Chevet ». Lues, mais aussi aimées, vues, entendues, etc.
  • Contact

Mes challenges

 

 

 

height="188"

 

height="200"

 

Recherche

Blog+

     

 

     

 

     

 

  bonial – catalogues, promos en ligne sans papier

 

 

TBACorange.gif

 

 

SpiralGraphics.jpg

Archives

Présente sur

Edwyn, Faiel & Cie

EdwynAV1 FaielAV1bis

 

Les défis et challenges

La page du challenge Des contes à rendre

Les partenaires
Mon profil sur Babelio.com
LivraddictLogo2.png
Matagot.jpeg
ClubLibfly.jpg
EntreeLivreLogo.png
VendrediLecture.

Où êtes-vous ?

Locations of visitors to this page

 


Tops blogs ebuzzing

Ebuzzing - Top des blogs
Ebuzzing - Top des blogs - Culture
Ebuzzing - Top des blogs - Littérature
PageRank Actuel
.
Créer un blog gratuit sur overblog.com - Contact - CGU -