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10 novembre 2009 2 10 /11 /novembre /2009 07:33

CoupCoeur2005.pngLa chorale des maîtres bouchers est un roman de Louise Erdrich paru aux éditions Albin Michel dans la collection Terres d'Amérique en janvier 2005 (480 pages, 22,50 €, ISBN 978-2-226-15673-0) et au Livre de Poche dans la collection Littérature & Documents en mai 2007, réédition avril 2008 (568 pages, 7,50 €, ISBN 978-2-253-12147-3). The master butchers singing club (2003) est traduit de l'américain par Isabelle Reinharez.

 

LouiseErdrichLouise Erdrich est née le 7 juillet 1954 à Little Falls dans le Minnesota et a grandi dans le Dakota (les deux États se situent au centre-nord des États-Unis). Sa mère moitié Française moitié Indienne (Anishinaabe Ojibwé) et son père un Américain d'origine allemande (comme le héros de La chorale des maîtres bouchers) travaillaient aux Affaires indiennes. Elle est auteur de romans y compris pour la jeunesse, de nouvelles et de poèmes.

Du même auteur : L'amour sorcier (1992), L'épouse Antilope (2002), Omakayas (2002), Dernier rapport sur les miracles à Little No Horse (2003), Ce qui a dévoré nos cœurs (2007), Le jeu du silence (2008), Love medicine (2008).

 

Lorsque Suzanne m'a contactée pour me demander si j'aimerais recevoir ce titre en poche, j'ai été attirée par plusieurs choses : tout d'abord le fait que Sherman Alexie (auteur de Le premier qui pleure a perdu) était citée comme faisant partie de la même mouvance littéraire que Louise Erdrich, ensuite l'envie de découvrir plus en détails le sort des migrants allemands après la première guerre mondiale et l'Amérique des années 20 à 50 (les années 20 et 30 étant une période que je connais peu mais que je découvre, précédemment avec la Russie et le Japon), et enfin le fait que le héros soit boucher et crée une chorale en souvenir de la Chorale des maîtres bouchers dans laquelle chantaient son père et son grand-père m'a amusée et émue. Je remercie donc Suzanne et Chez les Filles de m'avoir envoyé ce roman.

 

Le récit débute fin novembre 1918 lorsque Fidelis Waldvogel revient de la guerre et retourne à Ludwigsruhe, sa ville natale où l'attendent ses parents et sa sœur Maria Theresa. « Revivre après avoir été mort à soi-même était dangereux. » (page 15). Son ami de tranchée, Johannes, étant mort à ses côtés, le jeune homme s'est donné la mission de prévenir sa fiancée, Eva Kalb. Or celle-ci est grosse et il décide de l'épouser. En 1922, alors que Franz a trois ans, Fidelis part tenter sa chance en Amérique et débarque à New York avec dans sa valise ses précieux couteaux et les meilleures saucisses fumées de son père. Son but est de se rendre à Seattle mais il s'arrête à Argus, une bourgade du Dakota du Nord : « Il ignorait qu'il ne repartirait jamais. » (page 29).

Voulez-vous savoir comment se construisaient les villes à cette époque ? « Le bourg d'Argus était la création du chemin de fer [...]. D'abord il y eut les magasins pour fournir les fermiers en matériel et en nourriture, et puis les banques pour garder leur argent, puis d'autres magasins encore où les banquiers et les commerçants, à leur tour, pouvaient faire des achats. On bâtit des maisons d'habitation pour les gens du bourg. On édifia une église, puis une autre. Une école. D'autres maisons pour les enseignants, les employés du chemin de fer et ceux qui construisaient les maisons. Des tavernes pour leur vice. Une pharmacie pour leurs douleurs, et ainsi de suite [...] le tribunal [...]. » (page 53). Voilà pourquoi on dit que les villes suivaient le chemin de fer et poussaient comme des champignons !

À Argus, Fidelis est embauché par le boucher, Pete Kozka, il met de l'argent de côté, achète une ferme à l'autre bout de la ville pour se mettre à son compte et enfin fait venir Eva et Franz. C'est après avoir entendu le docteur Heech chanter qu'il fonde la Chorale des maîtres bouchers, même si celle-ci se compose en fait d'un boucher, d'un docteur, d'un gestionnaire de crédit de la banque, d'un employé de la banque, du bootlegger, du shérif et même de l'ivrogne local (c'est plus tard que le boucher Kozka les rejoint) : « La première rencontre eut lieu dans l'abattoir Waldvogel, doté d'un plafond élevé et de murs répercutant le son avec un effet agréable. » (page 71). « Qui eut pensé qu'un abattoir aurait l'acoustique sacrée d'une cathédrale ? » (page 161).

Malgré la crise, l'affaire de Fidelis et Eva prospère. Le couple a quatre fils, Franz a 15 ans, Markus 9 ans, les jumeaux Erich et Emil 5 ans.

Un jour Delphine revient à Argus où elle est née. Elle y retrouve Clarisse son amie d'enfance devenue croque-mort et Roy son père, accusé d'avoir laissé mourir une famille dans sa cave alors qu'il était ivre. Elle est accompagnée de Cyprian, un artiste mi-Indien mi-Français, avec qui elle vit sans être mariée et qui refuse de la toucher car il a des penchants homosexuels. Rapidement Delphine se lie avec Eva et travaille à la boutique.

Vivre, aimer, élever des enfants (pas toujours les siens), travailler, se créer des loisirs (créer la vie sociale), se battre pour son pays (ou son pays d'origine), faire des choix (pas toujours les bons)... Ce roman est une riche chronique de la vie dans une petite ville américaine entre les deux-guerres et pendant la deuxième guerre mondiale.

 

Mon passage préféré

« Delphine lisait et sommeillait sur un gros roman [...] qu'elle avait emprunté à la petite bibliothèque tenue par quelques enseignants au sous-sol du tribunal. [...] Elle avait toujours beaucoup lu, surtout depuis qu'elle avait perdu Clarisse. Mais désormais, c'était une obsession. [...] Elle lisait Edith Wharton, Hemingway, Dos Passos, George Eliot, et pour le réconfort, Jane Austen. Le plaisir de ce genre de vie – livresque, pouvait-on dire à son avis, une vie passée à lire – avait donné à son isolement un caractère riche et même subversif. » (page 443) BlogOTresorsGrominou« Elle habitait un personnage réconfortant ou terrifiant après l'autre. Elle lisait E.M. Forster, les sœurs Brontë, John Steinbeck. Qu'elle garde son père drogué sur son lit à côté de la cuisinière, qu'elle soit sans enfant, sans mari et pauvre, comptait moins dès lors qu'elle prenait un volume en main. Ses erreurs y disparaissaient. Elle vivait avec une énergie inventée. Quand elle arrivait au bout d'un roman, le posait et à contrecœur quittait son univers, elle se voyait parfois comme un personnage dans le livre de sa propre vie. Elle examinait les tenants et les aboutissants, les possibilités de l'étrangeté de son récit. Que ferait-elle ensuite ? » (page 444).

 

Ce livre est listé dans le défi Blog-o-trésors 2009. C'est ma huitième lecture dans le cadre de ce défi et je vais peut-être encore en lire d'autres.

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commentaires

Theoma 12/11/2009 15:21


Un coup de coeur pour de nombreuses lectrices. Pour ma part, je ne suis pas entrée dedans. :-(


Catherine 12/11/2009 19:55



Théoma, c'est dommage, mais comme tout n'est qu'une question de goûts.



Mariel 10/11/2009 18:51


Un livre qui intrigue par son titre! Très attirant!
Quant au sujet, ça a l'air très intéressant.


Catherine 10/11/2009 19:11



Oui, vraiment intéressant, et enrichissant aussi, une très belle histoire.



keisha 10/11/2009 12:09


Ton passage préféré est aussi le mien, même si j'ai eu la paresse de le recopier... mais j'ai laissé un marque page dans le livre à cet endroit!


Catherine 10/11/2009 12:21



C'est vraiment une belle histoire qui m'a enchantée.



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