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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 22:36

CithareNue.jpgLa cithare nue est un roman de Shan Sa paru aux éditions Albin Michel en juin 2010 (326 pages, 20 €, ISBN 978-2-226-20844-6).

 

Je remercie Gilles Paris de m'avoir envoyé ce beau roman. Dommage qu'il ne fasse pas partie de la rentrée littéraire de cet automne 2010...

 

Née Yan Ni le 26 octobre 1972 à Beijing (Chine), Shan Sa 山飒 est poète et romancière. Elle vit en France depuis la rentrée 1990 : elle a étudié la philosophie à Paris.

Poésie publiée en Chine : Les poèmes de Yan Ni (1983), Libellule rouge (1988), Neige (1989).

Nouvelles publiées en Chine : Que le printemps revienne (1990).

Romans publiés en France : Porte de la Paix Céleste (1997, Prix Goncourt du premier roman 1997, Prix littéraire de la vocations 1998), Les quatre vies du saule (1999, Prix Cazes 1999), La joueuse de go (2001, Prix Goncourt des lycéens 2001), Impératrice (2003, Prix des lecteurs du Livre de Poche 2005), Les conspirateurs (2005), Alexandre et Alestria (2006), Les fleurs de la pensée chinoise : Les fleurs antiques, tome 1 (2009).

Poésie publiée en France : Le vent vif et le glaive rapide (2000), Le miroir du calligraphe (avec peintures, 2002).

Plus d'infos sur le site officiel de Shan Sa, en anglais...

 

Je me rappelle avoir beaucoup aimé La joueuse de go à sa parution et je me lance donc avec plaisir dans la lecture de La cithare nue.

 

An 400, sous la dynastie Jin de l'Est.

La jeune fille a 16 ans, elle est une descendante d'un clan de nobles de la Plaine du Milieu, les Hautes Portes. Sa famille l'a fiancée à un petit-fils Wang, mais, lors d'une guerre, elle est enlevée par Liu, un militaire d'origine paysanne.

Enceinte, elle fuit la guerre dans un chariot comme une misérable, avec pour seul héritage une cithare à sept cordes. La cithare de Dame Cai Yan. « Sur une table basse, elle découvrit une cithare en forme de feuille de bananier au corps de laque noir-pourpre craquelée. » (page 27).

« La guerre a dévoré son héritage, son passé. En échange, elle lui a donné un homme et un enfant. » (page 115).

Jeune Mère en mettant au monde sa fille Huiyuang, puis Mère avec son fils Yifu dans la ville de Jing Ko près du fleuve Yangzi, elle va devenir l'Impératrice, puis la nonne bouddhiste Pureté de Vacuité.

 

ShanSa.jpegAn 581, dynastie Chen.

Orphelin, Shen Feng est l'apprenti d'un vieux maître luthier originaire du Nord (Xianbei) qui lui a aussi enseigné les arts martiaux. Ils vivent pauvrement dans une petite maison sur une colline qui surplombe la ville de Jing Ko. « Les gens mal nés comme toi et moi ne seront jamais riches. Ce n'est pas la peine d'en rêver. Si on veut être riche, on souffrira d'autant plus d'être pauvre. » (page 61).

Se laissant influencer par son ami Zhu Bao, Shen Feng pille une tombe du Monastère de la Grande Compassion et découvre un morceau d'une vieille cithare.

 

Pas seulement roman historique, La cithare nue raconte de manière subtile et poétique le destin d'une femme. C'est aussi l'histoire d'un orphelin, près de deux cents ans plus tard. Et c'est aussi l'histoire d'une cithare : « La cithare est la racine de la musique, la gloire des sages. » (page 53). « Infini est notre monde. Infinis sont les sons de la cithare. » (page 83). « La cithare est le commencement de l'homme […]. La cithare ne distrait pas, elle réfléchit. […] La cithare façonne la raison, purifie le cœur, raffine le goût, forge le tempérament, change la personnalité. […]. » (page 175).

 

Liu, c'est le monde de la guerre, des alliances, des conspirations et des trahisons, un monde dangereux, un monde d'hommes qui n'était pas fait pour le sensible Yifu.

Avec l'héroïne, c'est un monde d'encens : « L'encens est l'écriture de l'âme qui prend son envol entre visible et invisible. » (page 199), de thé, de musique, de poésie et de peinture, un monde raffiné et fragile.

Huiyuang, la fille sacrifiée par son père, c'est le monde du renoncement, de la foi (bouddhiste).

Avec Shen Feng et le maître luthier, on se retrouve dans une Chine laborieuse, travailleuse mais pauvre.

J'ai l'impression que la Chine est magistralement représentée dans ce roman, avec des personnages attachants, et une très belle écriture poétique où fait irruption le fantastique.

 

Mes extraits préférés

« La beauté doit être perçue par les cinq sens. » (page 111).

« Les bibliothèques ont brûlé, les lettrés ont été massacrés, les palais sont en ruine. Qui peut être certain que le fleuve Yangzi fera obstacle à l'avancée des armées nomades ? » (page 171).

« Mais le village est si pauvre que les brigands le contournent, de peur que la pauvreté ne les contamine. » (page 248).

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commentaires

Mimi des Plaisirs 30/07/2011 20:58



Catherine, j'ai lu ton article avec un très grand plaisir car les nombreuses citations et la clarté de tes lignes m'ont replongée dans ce livre, lui ont redonné une présence littéraire. Je
l'avais emprunté à la médiathèque l'an passé et quand j'ai republié mon commentaire, relire quelques lignes m'a manqué.
Donc, merci à toi de m'avoir redonné ce moment de lecture de Shan Sa.
Amitiés de Mimi.



Catherine 30/07/2011 23:23



Ah tiens, ça sert aussi à ça, les extraits . Bon weekend, Mimi et
câlins à Fil de Soie .



Cistu 29/09/2010 20:33



J'ai beaucoup aimé lire "La Joueuse de Go", ton commentaire me donne très envie de poursuivre cette rencontre avec Shan Sa. Merci !



Catherine 30/09/2010 08:26



Bonne lecture ! De mon côté, j'ai bien envie de lire d'autres romans d'elle que je n'avais pas lus.



Hathaway 29/09/2010 10:04



Et bien ça donne envie de lire ce livre très vite. Je n'ai pas encore lu la joueuse de go, que j'ai pourtant noté il y a un moment...



Catherine 30/09/2010 08:25



Oui, ce livre fait vraiment envie avec sa belle couverture. Lis-le dès que tu peux, ainsi que La joueuse de go (que du coup j'ai bien
envie de relire ).



La librivore 28/09/2010 18:21



Quelle femme magnifique : intérieurement une sensibilité fine, une écriture à l'écoute, des liens toujours très subtils entre les êtres. 



Catherine 28/09/2010 20:22



Oui, une très belle femme, sensible, et une subtilité toute chinoise .



Marie 28/09/2010 13:01



Tout me tente : ton billet, le titre et la couverture ! Ce livre va bientôt rejoindre ma pal ! 



Catherine 28/09/2010 20:21



Marie, n'hésite pas et bonne lecture .



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