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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 03:18

HeronGuernica1.jpgCoupCoeur2011Le héron de Guernica est un roman d'Antoine Choplin paru aux éditions du Rouergue en 2011 (160 pages, 16 €, ISBN ). En fait, je l'ai lu en gros caractères paru aux éditions À vue d'œil en mai 2012 (287 pages, 16 €, ISBN 978-2-84666-697-8).

 

Antoine Choplin est né en 1962 à Châteauroux dans l'Indre. Il vit dans la région grenobloise. Il est poète et romancier. Il organise le Festival de l'Arpenteur (juillet).

 

1937.

Basilio est un jeune homme du village de Guernica (Espagne). Il rencontre le père Eusebio pour lui montrer une de ses peintures représentant un héron cendré. Le prêtre lui annonce qu'un grand peintre, Picasso, s'intéresse à Guernica et va présenter une œuvre à Paris à l'Exposition internationale des Arts et Techniques ; il lui demande s'il est d'accord de s'y rendre, pour voir la peinture et pourquoi pas montrer la sienne à Picasso : après tout, lui, y était à Guernica alors que Picasso non.

Quelle expérience pour Basilio qui n'est jamais sorti de son village !

Le jeune homme passe sa première nuit à Paris sur un banc du Jardin du Luxembourg et, le lendemain matin, va au Trocadéro. « La Tour Eiffel s'était mise à peser de toute sa hauteur sur le paysage et capturait incessamment son regard. » (page 13). Va-t-il pouvoir rencontrer Picasso et lui montrer son héron cendré ?

Flashback. Basilio à Guernica.

Le jeune homme travaille à la ferme de Julian et peint pendant son temps libre.

« C'est bien toi, Basilio, n'est-ce pas ? […] On m'a dit que tu avais un fameux coup de pinceau. » (page 64).

Le lendemain du bal, Basilio va s'installer près du pont de Renteria sur la Mundaca pour peindre encore le héron cendré. L'installation, l'attente, l'observation : ce passage est superbe ! « Doucement Basilio a redressé le torse, puis la nuque. Comme pour emprunter au héron quelque chose de son allure, de sa droiture, de son élégance hiératique. Comme chaque fois, il s'émerveille de la dignité de sa posture. […] qu'il voudrait rendre par la peinture. Cette sorte de dignité, qui tient aussi du vulnérable, du frêle, de la possibilité du chancelant. » (page 90). « Le regard du héron. Ça aussi, Basilio voudrait en témoigner au mieux. Rendre quelque chose de cette inquisition pure, de ce miroir aux énigmes du monde. » (page 91).

HeronGuernica2.jpgPendant qu'il peint le héron, trois avions allemands, des Heinkel, larguent leurs bombes sur Guernica. Basilio s'inquiète pour celle qu'il aime, Célestina et aussi pour son oncle handicapé, Augusto.

« Basilio ne voit pas tomber la bombe. Il ne distingue pas non plus son point d'impact. Le bruit de l'explosion emprunte à la brisure, au déchirement bref, au tranchant métallique. Durant une seconde, il se croit touché lui aussi, pénétré au ventre, au front par les éclats de quelque chose. » (page 175).

 

Un de mes passages préférés

« On va prendre des photographies, Basilio. Pour témoigner de ce massacre auprès du monde entier. C'est ça qu'on va faire. – Mais il y a tous ceux qui l'ont vu de leurs propres yeux. Toi, moi, les autres. – Ça suffit pas. Il faut des documents. Sinon on nous croira jamais. Allez, suis-moi. » (dialogue entre le père Eusebio et Basilio après le bombardement des avions, page 187).

Au moment où il prend les premières photographies de sa vie, les bombardiers en plein vol au-dessus de Guernica, la bicyclette couchée au milieu de la place, Basilio comprend l'importance de ces images, de ce qu'elles vont montrer, de ce qu'elles doivent montrer.

 

Bon sang, un premier roman de cette ampleur ! Le silence, et puis des petits pas, des regards, pour un récit tout en finesse, avec des petits coups de pinceau pas trop amples pour ne pas effrayer... le héron ? le lecteur ? Une petite ville tranquille. Et puis la fureur de la guerre, le bruit, les bombes, le feu, la destruction, la peur, la mort. Au calme de la rivière avec l'observation de la faune et de la flore, l'auteur renvoie la fureur de la guerre et les horreurs de la ville bombardée : des cadavres, des cris, des pleurs, des taurillons en proie aux flammes (passage éprouvant), des bâtiments détruits, des vies détruites...

Les 7 premières pages sont à lire sur le site du Rouergue et les 10 premières sur le site d'À vue d'œil.

Ce roman est un gros coup de cœur et j'ai hâte de lire le nouveau roman d'Antoine Choplin, La nuit tombée, et aussi son premier roman, Cour Nord.

 

J'ai lu ce roman durant le Marathon d'automne et je le présente dans les challenges Animaux du monde (pour le héron cendré bien sûr mais aussi pour les mouettes et les taurillons) et Tour du monde des genres en 365 jours (pour l'Histoire).

MarathonAutomne ChallengeAnimaux TourGenres

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commentaires

Edelwe 18/02/2013 20:40


J'aime beaucoup cet auteur.

Catherine 19/02/2013 00:08



Je veux lire ses autres romans.  Les as-tu tous lus ?



yoshi73 31/10/2012 15:20


Si c'est un coup de coeur, je note!

Catherine 31/10/2012 21:44



Oh la, oui, un gros coup de cœur .



Mistymiaou 24/10/2012 19:31


Comme ça a l'air beau ! Je vais noter aussi je crois. :)

Catherine 24/10/2012 21:24



Oui, très beau, ce roman devrait te plaire .



Heide 23/10/2012 21:43


Bonsoir Catherine,


Je le note dans ma LAL et je regarderai à la médiathèque la prochaine fois. Le contexte historique m'intéresse beaucoup et tu nous offres un superbe résumé qui met en appétit.

Catherine 23/10/2012 22:23



Bonsoir Heide, j'espère qu'il te plaira, pour moi c'est un chef-d'œuvre .



Mimi des Plaisirs 22/10/2012 15:49


Un article passionnant et les extraits que tu as choisis sont superbes, donnent envie de découvrir cet auteur.
 merci Catherine.

Catherine 22/10/2012 18:02



Ma chère Mimi, j'espère que tu vas bien. Je l'ai emprunté, ce roman, alors je ne peux malheureusement pas le partager avec toi, mais je suis sûre
qu'il te plairait, à découvrir de toute urgence . Bonne semaine.



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