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29 novembre 2010 1 29 /11 /novembre /2010 16:39

LeLionKessel.jpgCoupCoeurXXe.pngLe lion est un roman de Joseph Kessel paru aux éditions NRF/Gallimard en avril 1958 (318 pages). Il a depuis été réédité, en particulier en poche chez Folio, Folio junior, Folio classiques, ou dans les œuvres complètes de Joseph Kessel comme Reportages, romans chez Quarto Gallimard en avril 2010.

 

Joseph Kessel est un aventurier et un écrivain français né en Argentine le 10 février 1898. Enfant, il vit quelques années dans l'Oural avant que ses parents s'installent en France. Il étudie à Nice puis à Paris, participe aux deux guerres mondiales. Grand voyageur, il devient ensuite reporter et romancier. Il entre à l'Académie française en 1962. Il meurt en France le 23 juillet 1979 laissant derrière lui une œuvre conséquente : des reportages, le Chant des partisans, et une centaine de livres – de La steppe rouge (1922) à Les temps sauvages (1975) – dont certains adaptés au cinéma (Belle de jour, La passante du Sans-Souci, L'armée des ombres...).

Le Prix Joseph Kessel est décerné chaque année depuis 1991 à une œuvre littéraire de voyage, biographie, récit, essai rédigée dans la même veine que les récits de Joseph Kessel.

 

 

Après un voyage en Afrique Orientale (Kivou, Tanganyika, Ouganda et Kénya) et avant de se rendre à Zanzibar, l'auteur s'arrête pour deux jours dans le Parc Royal au pied du Kilimandjaro. Il était « arrivé la veille, épuisé, à la nuit tombante » (page 12). Au réveil, il a devant lui un petit singe et, au milieu du brouillard, le Kilimandjaro : « Les neiges du Kilimandjaro traversées de flèches vermeilles. » (page 14).

C'est en s'approchant d'un point d'eau pour observer les animaux s'abreuver ensemble qu'il rencontre Patricia. La fillette de 10 ans est la fille du responsable du parc et elle communique avec les animaux. « Et les fauves ? demandai-je à Patricia. » (page 35).

Plus tard dans la matinée, l'auteur fait la connaissance des parents de Patricia : Sybil Bullit, une Anglaise plutôt citadine, et son époux, John Bullit. Ancien chasseur et même braconnier – connu sous le surnom de Bull Bullit – repenti depuis une dizaine d'années, Bullit est l'administrateur de la réserve. « On aime les bêtes pour les voir vivre et non plus pour les faire mourir. » (page 94).

Sybil Bullit : « J'essaie de faire oublier qu'il n'y a pas une ville à trois cents kilomètres d'ici et qu'on trouve à la porte de cette maison les bêtes les plus dangereuses. » (page 51).

John Bullit : « Pour une fois que j'avais un visiteur convenable. […] Les touristes... Vous ne connaissez pas cette espèce. » (page 87).

Dans la journée, l'auteur découvre la réserve avec un ranger : « La Réserve était immense » (page 99) et « Les bêtes étaient partout. » (page 100) mais il est déçu car la voiture ne sort pas de la piste et il ne peut approcher les animaux : « J'avais le sentiment d'être puni, privé, frustré, volé. » (page 101).

Au retour de cette excursion, il croise deux Masaï, un vieux (Ol'Kalou) et un jeune (Oriounga), un morane c'est-à-dire un Masaï qui deviendra adulte dès qu'il aura tué un lion (même si c'est maintenant interdit par le gouvernement).

Le soir, l'auteur va boire le thé chez les Bullit mais Sybil devient hystérique : « Savez-vous qui est ce King que ma fille attend jusqu'au soir et par qui elle se fait reconduire, et de qui son père reconnaît la voix ? Le savez-vous ? […] Un lion ! Oui, un lion ! Un fauve ! Un monstre ! » (pages 128 et 129). Patricia est donc l'enfant du lion dont il a entendu parler...

L'auteur aurait pu se contenter de ce court safari et partir à Zanzibar comme prévu, mais il décide de rester jusqu'au dénouement, car il sait qu'il va se passer quelque chose.

Le lendemain, Patricia vient le chercher pour partir en voiture avec Bogo, le chauffeur Kikouyou, et Kihoro, le Wakamba borgne et balafré qui prend soin d'elle. Et l'auteur découvre King !

 

Les Masaï selon John Bullit

« Les Masaï ne vendent et n'achètent rien. Ils ont beau être noirs, il y a du seigneur en eux. » (page 58).

« Personne au monde n'était aussi riche qu'eux, justement parce qu'ils ne possédaient rien et ne désiraient pas davantage. » (page 169).

 

L'auteur se rend compte que les membres de cette famille s'aiment mais qu'il y a un problème entre eux. Sybil reste seule toute la journée et souffre de solitude, John est tout à son travail et à ses bêtes, Patricia n'en fait qu'à sa tête, mène les adultes par le bout du nez et considère son lion comme un jouet sous prétexte qu'il a été recueilli tout bébé et qu'elle s'est occupée de lui. Mais jusqu'où peut aller le jeu avant qu'il n'arrive un drame ?

Le récit de Joseph Kessel est vraiment beau, avec une description admirable de la nature et des animaux, du moins de ce qu'il en voit. Mais l'auteur pointe aussi le caractère des humains et, en fin observateur, tente de comprendre et de deviner ce qu'il va bien pouvoir se passer. Une fillette de 10 ans qui joue avec les adultes et les animaux, qui va éprouver de la jalousie lorsqu'elle verra que King a deux lionnes et des lionceaux, et de l'orgueil lorsqu'Oriounga la demandera en mariage. Elle n'a que 10 ans...

En fait, j'ai trouvé Patricia détestable, égoïste, prétentieuse et je ne crois pas que l'Afrique avait besoin de personnes comme cela.

Mais Le lion est un roman magnifique que j'ai été contente de relire (je l'avais lu enfant et, même si j'avais été émerveillée par le lion et par l'Afrique, je n'avais sûrement pas compris tous les ressorts de ce drame...), une belle aventure, un safari inoubliable ! 

 

CoupsCoeurBlogosphereJaimelesClassiquesJ'ai choisi de lire Le lion pour Les coups de cœur de la blogosphère et j'en profite pour le présenter aussi dans J'aime les classiques puisque sont autorisés les classiques parus jusqu'en 1960.

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commentaires

HorseMiss 02/03/2013 14:41


Qui est le personnage principale ?

Catherine 04/03/2013 19:25



Le lion, c'est dans le titre , mais certains diront peut-être la fillette ou l'Afrique.



Peu importe 21/03/2011 14:50



Patricia est une enfant, avec tout ce que cela comporte, mais je n'ai vraiment rien ressenti de particulièrement "détestable" en elle. En fait j'aime ce personnage et cette réflexion m'a
"gonflé". C'est la première fois que je me paye d'un commentaire d'ailleurs...c'est dire. Ce n'est pas une poupée de salon, en effet, ni un monstre d'égoïsme tyranique névrosé...C'est une môme
solitaire, un peu sauvage ; c'est cela qui en fait un vrai personnage. Prétentieuse, égoiste ??? vraiment ? Quand au colonialisme...si on veut vraiment passer ce roman dans ce prisme là, à mon
avis sans objet réel ici, il faut le faire avec quelques exemples..trop de subjectivité est gratuite. Bref ce type de point de vue ne se donne pas sans éclaircissements, c'est du moins
préférable, et alors justifié, on peut se forger une opinion, ou la défendre. C'est idiot d'écorner de belles histoires, ça les banalises, comme s'il fallait absolument un minimum de médiocrité,
dans tout, à relever...Il y a une grâce particulière dans ce livre, c'est pourquoi il est puissant dans l'imaginaire collectif, attention à ne pas fausser l'a priori d'éventuels futurs lecteurs,
vous les priveriez de leur propre rencontre avec Patricia et King, qui doit être dans l'idéale dénuée de préjugés...avec un "regard juste ouvert", que l'adulte, souvent encombré, sache se faire
oublier un peu. Le rare, le particulier, c'est fragile, ce livre a gagné ses lettres de noblesse, il faut le traîter avec un peu de circonspection, et de justesse....bref, pas à l'emporte pièce !
ouf ça va mieux.



Catherine 22/03/2011 08:16



Je vous remercie pour votre intervention qui me permet de me frotter à une autre opinion que la mienne.


Toutefois je dois vous rappeler qu'un blog est un espace personnel, privé, et que je suis libre de parler de ce que je veux comme je le veux.


Comme tout avis personnel, mon propos est bien évidemment subjectif et je ne souhaite d'ailleurs être ni objective ni exhaustive. De plus, je ne suis pas
une critique littéraire, je ne suis qu'une lectrice qui donne son avis, son ressenti, sa vision de cette lecture, et vous avez le droit de ne pas avoir le même avis que moi et de le faire savoir,
poliment comme vous l'avez fait, quoique quand même vertement (et avec de nombreuses fautes).


Je ne suis pas une leader d'opinion : mon avis est bien petit par rapport à tout ce qu'on trouve sur la toile et n'empêchera certainement personne de lire
ce roman.


J'espère que vous trouverez d'autres notes de lecture qui vous plairont sinon il existe plein d'autres blogs !



Eléa 20/12/2010 16:22



J'ai découvert cet auteur vers 13-14 ans et j'avais bien aimé .. mais c'est un souvenir très très lointain .. je ne sais pas si j'aimerais encore .. à tenter.



Catherine 20/12/2010 18:30



Comme toi, et tu vois, je l'ai relu, mais ma perception de la fillette est vraiment différente. Ce livre est cependant très beau, et il n'y a
pas de raison de ne plus l'aimer.



Mathilde 11/12/2010 10:43



Si il vous plaît; si quelqu'un connaît un site ou il y a la description des personnages principaux ( physique, caractère... ) Merci de me le faire connaître.



Catherine 11/12/2010 19:45



Bonjour Mathilde, Et si tu lisais ce roman pour faire ta propre description des personnages ? Tu aurais plus vite fait que de passer 3 ou 4
heures sur Internet à trouver peu d'infos... Et puis, au niveau intellectuel, c'est bien plus intéressant et gratifiant, n'est-ce pas ?



Marie 08/12/2010 17:27



Lu pendant mon adolescence, j'avais beaucoup aimé ce roman !


Quelques relents de colonialismes sont un peu agaçants, mais le lien entre l'enfant et le lion est magnifique...


 



Catherine 08/12/2010 21:07



Ben, on ne peut pas changer le contexte de l'époque ; et quand même l'auteur dénonce quand même un peu ça. Le lien entre le lion et
la fillette paraît magnifique, mais en fait, c'est comme si l'auteur montrait qu'il est un peu contre-nature, et puis aussi la fillette joue avec le feu et ce sera le drame...



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