« On ne doit jamais manquer de répéter à tout le monde les belles choses qu'on a lues. »

Sei Shônagon in « Notes de chevet »

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ChallengeDragonPapier
Vendredi 29 octobre 2010 5 29 /10 /Oct /2010 21:22

AStudyInScarlet.jpg CoupCoeurXIXe.png Une étude en rouge est un roman de Sir Arthur Conan Doyle paru en 1887 dans le journal Beeton's Christmas Annual (*) en 1887 (pages 1 à 95) puis en feuilleton en 1888 et enfin publié en 1891 par Ward, Lock and Bowden Company avec des illustrations de George Hutchinson. A study in scarlet a été traduit en français en 1899.

 

(*) Ce journal rare et très cher est considéré comme le journal le plus cher au monde ! Plus d'infos sur http://www.bestofsherlock.com/beetons-christmas-annual.htm.

 

J'ai absolument voulu lire ce roman que je n'avais jamais lu auparavant parce que c'est la première œuvre de Conan Doyle et donc le premier récit à mettre en scène Sherlock Holmes et le Docteur Watson !

 

À savoir que la série Sherlock Holmes contient :

4 romans : Une étude en rouge (A study in scarlet, 1887), Le signe des Quatre (The sign of the Four, 1890), Le chien des Baskerville (The hound of the Baskerville, 1902) et La vallée de la peur (The valley of fear, 1915).

56 nouvelles publiées dans 6 recueils : Les aventures de Sherlock Holmes (The adventures of Sherlock Holmes, 12 nouvelles, 1891-1892), Les mémoires de Sherlock Holmes (The memoirs of Sherlock Holmes, 12 nouvelles, 1892-1893), Le retour de Sherlock Holmes (The return of Sherlock Holmes, 13 nouvelles, 1903-1904), Son dernier coup d'archet (His last bow, 7 nouvelles, 1908-1917), Les archives de Sherlock Holmes (The case-book of Sherlock Holmes, 12 nouvelles, 1921-1927).

1 pastiche : Comment Watson apprit le truc (How Watson earned the trick, 1924).

 

Arthur Conan Doyle est Écossais, il est né à Édimbourg le 22 mai 1859. Médecin et écrivain, il est célèbre pour les aventures de Sherlock Holmes, les exploits du professeur Challenger, et quelques autres romans et nouvelles mais aussi du théâtre et de la poésie. Son œuvre est abondamment déclinée (cinéma, séries télévisées, dessins animés, jeux vidéo, bandes dessinées). Il existe un musée à Londres, un autre à Lucens (Suisse) entre autres et de nombreux sites concernant cet auteur fait Chevalier par Edouard VII en 1902 et décédé à Crowborough (Sussex, Angleterre) le 7 juillet 1930.

 

Une étude en rouge (roman connu aussi sous les titres Un crime étrange ou Écrit dans le sang)

 

Vous pouvez lire ce roman en intégralité soit en anglais sur Gutenberg soit en français sur Ebooks gratuits.

 

Le narrateur est le Docteur John H. Watson. Devenu médecin en 1878, il continue ses études pour devenir chirurgien et médecin de l'armée puis part aux Indes en tant qu'aide-major, mais blessé à l'épaule et pris de fièvre, il est rapatrié en Angleterre, sa santé et sa carrière irrémédiablement compromises... « Naturellement, je me dirigeai vers Londres, ce grand cloaque où se déversent irrésistiblement tous les flâneurs et tous les paresseux de l'Empire. » (page 4). – J'adore le style de Watson ! – C'est à Londres justement, souffrant de solitude et presque sans le sou, qu'il rencontre Stamford, un infirmier qu'il a eu sous ses ordres et qui va le mettre en relation avec un certain Sherlock Holmes, un excentrique quelque peu insensible qui travaille au laboratoire de chimie de l'hôpital. Watson aimerait partager un appartement avec une personne intelligente et calme car « Dans [son] cas, le bruit et la surexcitation sont contre-indiqués » (page 6). – Ah ah ah ah ! Je crois qu'il va être servi ! – Voilà donc comment nos deux célèbres personnages se rencontrent et vont emménager ensemble au 221 Baker Street !

 

De son côté Sherlock Holmes vient de découvrir par un procédé chimique comment déceler des traces de sang, même longtemps après un crime. « Si on l'avait inventé plus tôt, des centaines d'hommes actuellement en liberté de par le monde auraient depuis longtemps subi le châtiment de leurs crimes. » (page 10). Eh oui, c'était le tout début de la médecine légale, et qui d'autres que des savants fous, curieux et géniaux pouvaient faire avancer la science ?

 

Le moment où les deux hommes expliquent leurs défauts pour savoir si la colocation va être possible est très amusant : Holmes est fumeur, fait des « expériences », joue du violon et souffre de dépression chronique ; Watson a un chien (un petit bouledogue), ne supporte pas le bruit et il est paresseux !

Watson est ravi (il va pouvoir se loger pour moins cher) et intrigué (il a l'occasion d'étudier un homme exceptionnel qui a en plus un don de divination). « L'étude de l'homme est, comme vous le savez, le propre de l'homme. » (page 13).

 

Watson est observateur (ses descriptions sont très réussies), précis et minutieux (il note de nombreux – tous ? – détails) et c'est pour moi un enchantement de lire ses récits. Vous voyez, j'en parle comme si Watson et Holmes existaient vraiment alors que je devrais parler du style et des idées de Conan Doyle ! En plus, ce n'est que le premier chapitre et je suis déjà sous le charme (littéraire !) et totalement conquise ! Je me rappelle que c'était déjà le cas lors des mes lectures adolescentes et je suis très contente de retrouver Holmes / Watson / Conan Doyle et leurs promesses d'aventures, de mystères et de voyages !

 

Les deux hommes s'installent dans leur nouvel appartement, ils disposent chacun d'une chambre, et un grand studio (salle à manger et salon) bien meublé et lumineux est en commun. Watson, n'ayant rien d'autre à faire, observe son colocataire. « […] j'accueillais avec empressement le petit mystère qui entourait mon compagnon et je passais une grande partie de mon temps à m'efforcer de le résoudre. » (page 15). Si Watson est un homme cultivé, Holmes est un être fantasque, pur autodidacte (sa conception de l'archivage dans le cerveau est extraordinaire), ils sont donc fortement complémentaires. L'amitié née entre Watson et Holmes sera empreinte d'admiration, de respect et parfois d'exaspération !

 

Un matin où il s'est levé plus tôt (eh oui, c'est bien utile !), Watson apprend que Holmes, passionné par les affaires de crimes, est un maître de l'art / la science de l'analyse et de la déduction, qu'il écrit des articles pour les journaux, qu'il est un détective-consultant (il aide les détectives officiels et les détectives privés) et que donc les personnes qu'il reçoit dans leur studio sont des clients. D'ailleurs une missive est déposée : Tobias Gregson de Scotland Yard aimerait l'avis de Holmes concernant le meurtre d'Enoch J. Drebber, un citoyen américain, dans une maison inhabitée au 3 Lauriston Gardens. Voici donc la première aventure / enquête de Holmes et Watson ! « Prenez votre chapeau, dit-il. – Vous voulez bien de moi ? – Oui, si vous n'avez rien d'autre à faire ! » (page 30). Sur place, les inspecteurs rivaux, Gregson et Lestrade sont déjà là.

« Une étude en rouge, n'est-ce pas ? Pourquoi n'utiliserions-nous pas un peu l'argot d'atelier ? Le fil rouge du meurtre se mêle à l'écheveau incolore de la vie. » (page 50). L'affaire n'est pas encore résolue qu'un deuxième meurtre a lieu à l'Holiday's Private Hotel, celui de Joseph Stangerson, le secrétaire particulier de Monsieur Drebber.

Il s'avère que Drebber et Stangerson étaient des Mormons, en provenance de Salt Lake City dans l'Utah, et qu'ils ont été tués par vengeance. Pourquoi ? Comment ? Vous le découvrirez en lisant cette première aventure de Sherlock Holmes qui se déroule en trois jours !

 

On découvre Sherlock Holmes, son physique (1 m 80, maigre, yeux aigus et perçants, nez mince et aquilin, menton proéminent et carré, mains tachées d'encre et de produits chimiques), ses accessoires (un mètre en ruban, une grosse loupe ronde), son raisonnement analytique (ou à rebours), le fait qu'il se déguise, qu'il paye les enfants des rues pour surveiller et le renseigner (Wiggins et sa bande), qu'il agit dans l'ombre de la police officielle et ne cherche pas la célébrité (bien qu'il le déplore). On voit aussi la place qu'avaient déjà pris les journaux, la curiosité et l'attrait du mystère pour les lecteurs.

Les deux phrases de Holmes que j'ai beaucoup aimées : « Un sot trouve toujours un plus sot qui l'admire. » (page 63) et « Rien n'est petit pour un grand esprit. » (page 66).

Cette lecture très plaisante a largement égayé une journée à la météo plus que maussade et je (re)lirai sans doute très rapidement d'autres œuvres de Sir Arthur Conan Doyle !

 

Cette note de lecture est présentée pour trois challenges. Depuis le début de l'année, je présente un auteur français lors des mois pairs pour J'aime les classiques mais j'ai préféré changer cette habitude car je n'avais encore rien présenté pour l'English classics (c'est donc ma première note de lecture pour ce défi qui se termine dans deux mois !) et je me suis inscrite récemment au challenge Sherlock Holmes Le signe des Trois.

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Par Catherine - Publié dans : * romans policiers & co - Communauté : Chronique de nos lectures
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