Mercredi 2 juillet 2008

Nouvelle extraite du recueil « Kenshinton no yûrei » (Éditions Bungei-shunjû, 1996)

 

Le monstre vert = Midori no kedamono

Après que son mari soit parti travailler, une femme voit un animal vert sortir des racines d'un arbre et faire irruption dans la maison pour l'agresser. Réalité ou hallucination due à la solitude ?

 

 

Nouvelle extraite du recueil « TV pîpulu » (Éditions Bungei-shunjû, 1990)

 

TV people = TV pîpulu

Que feriez-vous si des installateurs venaient chez vous un dimanche pour installer une télévision que vous n'avez pas demandée et qui en plus ne fonctionne pas ? C'est ce qui arrive à ce brave homme, non seulement chez lui mais aussi sur son lieu de travail. Qui sont ces hommes de TV people et surtout pourquoi son épouse a-t-elle disparu ?

 

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par Catherine publié dans : Lire communauté : Chronique de nos lectures
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Mercredi 25 juin 2008

Nouvelles extraites du volume 8 du recueil « Murakami Haruki zen haku hin » (Kôdansha)


La seconde attaque de boulangerie = Panya saishû geki

N'ayant pas trouvé de boulangerie comme à l'époque où ils étaient jeunes mariés, le narrateur et son épouse, pris de fringale, braquent un Mac Do. Les temps changent...


L'éléphant s'évapore = Zô no shômetsu

Alors qu'il lit le journal en prenant son petit-déjeuner, le narrateur apprend que l'éléphant du zoo a disparu de son enclos. Or l'éléphant et son gardien (Noboru Watanabe, encore ce nom !) se sont tout bonnement « évaporés » et il est le dernier à les avoir vus depuis le point de vue sur la colline. Voici comment vont se rencontrer une journaliste et un chargé de publicité pour un fabricant de matériaux électriques !


Family affair = Famiri-afea

Le narrateur n'aime pas le fiancé de sa soeur (Noboru Watanabe, tiens, comme le chat de L'oiseau à ressort et les femmes du mardi !) mais lorsqu'il répare l'ampli de la stéréo, il déclare que « c'est bien d'avoir au moins un type comme ça dans une famille ». L'amour tient à peu de choses...


La chute de l'Empire romain, la révolte indienne de 1881, l'invasion de la Pologne par Hitler et le monde des vents violents = Rômatoikoku no hôkai, 1881 indian hôki, Hittorâ no Porando shinnyû soshite kyôfûsekai

Tous les dimanches depuis 22 ans, un homme note dans son journal intime sa semaine en s'aidant de pense-bêtes mnémotechniques rédigés en semaine ce qui donne une histoire incroyable.


L'oiseau à ressort et les femmes du mardi = Nejimaki-dori to kayôbi no onnatachi

Le narrateur, un avocat au chômage depuis qu'il a donné sa démission, sort chercher le chat (nommé Noboru Watanabe) de son épouse, pour échapper à une femme qui le harcèle au téléphone.


Sommeil = Nemuri

Une femme ayant perdu le sommeil, délaisse son mari et son fils. Elle prend l'habitude de lire et de relire Anna Karénine et de sortir la nuit en voiture, ce qui ne lui portera pas chance.


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Vendredi 20 juin 2008

Jean-Loup Chiflet, né en 1942, est éditeur, écrivain et traducteur. Il a écrit de nombreux livres sur les expressions idiomatiques, les mots et sur la traduction anglais-français avec la célèbre série des « Sky... ! ».


Sont parus dans la collection Mots et Cie qu'il a créée

1999 Nouilles ou pâtes : le bon sens des mots, Ad aeroportum ! A l'aéroport ! : le latin d'aujourd'hui, Le cafard laqué : les mots-portemanteaux

2000 Sky Blake ! Ciel Blake ! : dictionnaire français-anglais des expressions courantes, Wit spirit : l'humour anglo-saxon, L'almanach Chiflet

2001 Roger au pays des mots (illustré par Cabu), On ne badine pas avec l'humour : de l'humour et de sa nécessité, Et si on appelait un chat un chat, Wit spirit n° 2 : l'humour anglo-saxon

2002 Mais que fait l'académie ? : le guide des mots qui devraient exister, Schtroumpfez-vous français ?, J'ai un mot à vous dire : un mot se raconte, Antigone de la nouille et autres perles de librairies

2003 Réflexions faites... et autres libres pensées, Le Mokimanké : le dico des mots qui existent enfin ! (avec Nathalie Kristy), Il n'y a que braille qui m'aille... : à vue de mots (avec Sophie Massieu), À bribes abattues... : fantaisies et facéties littéraires (avec Patrice Delbourg)

2004 Malheur au bonheur, L'agenda du V.I.P., Name of a pipe ! Nom d'une pipe ! : dictionnaire français-anglais des expressions courantes 2, Petit dictionnaire des mots retrouvés (préfacé par Jean d'Ormesson)

2005 Au plaisir des sens : jouons avec les définitions


Sont parus chez Chiflet et Cie

2005 Le Diconoclaste : dictionnaire espiègle et saugrenu, So irresistible ! : deux siècles d'humour anglo-saxon, Au secours, Houellebecq revient ! (de Éric Naulleau avec Christophe Absi et Jean-Loup Chiflet en intervieweurs), Loftum Vaticanum : le vade-mecum du conclave

2006 So incredible ! : toujours plus d'humour anglo-saxon

2007 Comment survivre aux fêtes de fin d'année, So golf : humour anglo-saxon

2008 Suites et fins


Sont parus chez d'autres éditeurs

1978 Sky my husband (Garnier)

1979 La théière de Chardin : jeux de noms (avec Gilbert de Goy, illustré par Clab, Garnier)

1982 La Khoménie du pouvoir (avec Sipa-Press, Scorpio)

1986 Culture + : le livre pour tester vos connaissances (Carrère-RTL), Mon carnet FM (Carrère)

1987 Psycho + : livre-jeu (Carrière-NRJ), Les meilleures histoires de bonne manière (Carrère), Junior le livre-jeu des 10-15 ans (Carrère)

1988 FDG : le guide du futur directeur général (avec Marie Garagnoux, Hermé), Culture + : préparez le bac en jouant (avec Marie Garagnoux et Patrick Michel-Dansac, Carrère), Suites et fins, etc. (Carrère), Sky my teacher ! : cours d'anglais très particulier (Carrère)

1991 Sky my kids ! (Payot), Sky my wife ! (Seuil)

1992 Un si gentil petit garçon (Payot)

1994 L'anglais saugrenu (Payot)

1995 Sky my friend ! : petit traité de la mésentente cordiale (avec Michael Sadler, Robert Laffont)

1997 Sky Mr Allgood : parlons français avec Monsieur Toubon (Mille et Une Nuits), J'apprends l'anglais avec la reine (illustré par Clab, Payot), Mr Bluff et l'art de parler en public (adaptation du livre de Chris Steward et Mike Wilkinson, Anne Carrière)

1998 La femme du train (Anne Carrière), Rien à foot (illustré par Cabu, Mille et Une Nuits), Sky my kids ! Ciel mes enfants ! (illustré par Clab, Points), Le nouveau guide du V.I.P. (L'Archipel), Mr Bluff et la psychanalyse (Anne Carrière), Sky my dico ! (illustré par Clab, Le Robert)

1999 L'art de parler en public (avec Chris Steward et Mike Wilkinson, France Loisirs), Victoria & son temps (avec Alain Beaulet, Mango), Mr Bluff et l'économie (avec Stuart Trow et Christophe Gharbi, France Loisirs), Mr Bluff et la philosophie (avec Robert James Hankinson et Michèle Garène, France Loisirs)

2001 Sky my wife ! Ciel ma femme ! (Points), Sky my husband ! Ciel mon mari ! (Points)

2006 Le coup de Chiflet, The New Yorker : la France et les Français (1925-2006), Quarante ans et après... : le livre de ma vie (Hors Collection)

2007 Les mots qui me font rire et autres cocasseries de la langue française (Points)

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Mardi 17 juin 2008

Nouvelles extraites du volume 5 du recueil « Murakami Haruki zen haku hin » (Kôdansha)

 

À propos de ma rencontre avec la fille cent pour cent parfaite par un beau matin d'avril = Shigatsu no aru hareta asa ni hyakupâsento no onnanoko ni deau koto ni tsuite

Le narrateur a croisé une jeune femme 100 % parfaite à Harajuku mais il n'a pas osé l'aborder et le regrette.

 

La fenêtre = Mado

A 22 ans, le narrateur avait travaillé pendant un an pour la Pen Society, une petite organisation d'échanges de lettres. Ainsi, il devait répondre à des courriers et s'était lié épistolairement à une jeune femme. Dix ans plus tard, il ne l'a toujours pas oublié et passe régulièrement devant son immeuble en levant la tête vers la fenêtre de l'appartement où elle habitait à l'époque. Est-il possible de vivre avec un mirage dans la tête ?

 

Les Lederhosen = Rêdâhôzen

C'est une amie de l'épouse du narrateur qui raconte cette histoire sur les Lederhosen : sa mère partant en voyage en Allemagne, son père lui a demandé d'en acheter mais qui peut imaginer un Japonais se vêtir avec ce short en cuir que les Allemands portent avec des bretelles ?

 

Le silence = Chinmoku

En attendant l'avion, le narrateur discute avec son collègue Ozawa. Celui-ci pratique la boxe depuis une vingtaine d'années et lui explique comment il a été accusé au lycée d'être responsable du suicide d'un copain de classe.

 

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Lundi 9 juin 2008

Nouvelles extraites du volume 3 du recueil « Murakami Haruki zen haku hin » (Kôdansha)


Un cargo pour la Chine = Chûgokuyuki no surô-bôto

Un homme se rappelle deux souvenirs. Le premier lorsqu'il était enfant : un accident de base-ball. Le deuxième lorsqu'il était étudiant : sa rencontre avec des Chinois. Ces deux événements ont marqué sa vie sans qu'il s'en rende compte.


Le communiqué du kangourou = Kangaru tsûshin

Le narrateur, 26 ans, employé au contrôle des marchandises d'un grand magasin, répond à la réclamation d'une cliente déçue par le CD qu'elle a acheté en enregistrant un message au zoo devant l'enclos des kangourous.


La dernière pelouse de l'après-midi = Gogo no saigo no shibafu

Il y a 14 ou 15 ans, le narrateur avait 18 ou 19 ans et il avait un petit boulot pour payer ses études et s'offrir un voyage avec sa copine : il tondait des pelouses mais sa copine a rompu par lettre et il a décidé d'arrêter ce travail. C'est de sa dernière journée, sa dernière pelouse tondue, dont il se souvient.


Les granges brûlées = Naya o yaku

A 31 ans, le narrateur a rencontré une jeune femme de 20 ans qui étudiait la pantomime mais elle est partie en Afrique du Nord et a épousé un Japonais qui travaille soi-disant dans l'import-export et dont le passe-temps et de brûler des granges. Un jour, le couple revient au Japon et lui rend visite.


Le nain qui danse = Odoru kobito

Après avoir rêvé d'un nain qui danse, un employé de la fabrique d'éléphants, peut séduire la femme qu'il désire. Mais il se rend compte qu'il est possédé par le nain de son rêve.


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Jeudi 29 mai 2008

L'éléphant s'évapore est un recueil de nouvelles de Haruki MURAKAMI paru chez Belfond en 2008 (421 pages, ISBN 978-2-7144-4372-4). Traduit de Zô no shômetsu (japonais) par Corinne Atlan.


Les nouvelles sont principalement tirées des recueils « Murakami Haruki zen haku hin » parus au Japon chez Kôdansha entre 1979 et 1989.


Nouvelles extraites du volume 3 du recueil « Murakami Haruki zen haku hin » (Kôdansha)

Un cargo pour la Chine ; Le communiqué du kangourou ; La dernière pelouse de l'après-midi ; Les granges brûlées ; Le nain qui danse : lisez mes chroniques de ces nouvelles ici.


Nouvelles extraites du volume 5 du recueil « Murakami Haruki zen haku hin » (Kôdansha)

À propos de ma rencontre avec la fille cent pour cent parfaite par un beau matin d'avril ; La fenêtre ; Les Lederhosen ; Le silence : lisez mes chroniques de ces nouvelles ici.


Nouvelles extraites du volume 8 du recueil « Murakami Haruki zen haku hin » (Kôdansha)

La seconde attaque de boulangerie ; L'éléphant s'évapore ; Family affair ; La chute de l'Empire romain, la révolte indienne de 1881, l'invasion de la Pologne par Hitler et le monde des vents violents ; L'oiseau à ressort et les femmes du mardi ; Sommeil : lisez mes chroniques de ces nouvelles ici.


Nouvelle extraite du recueil « Kenshinton no yûrei » (Éditions Bungei-shunjû, 1996) : Le monstre vert

Nouvelle extraite du recueil « TV pîpulu » (Éditions Bungei-shunjû, 1990) : TV people

Lisez mes chroniques de ces deux dernières nouvelles ici.


Je pense que ces nouvelles, parfois dramatiques parfois absurdes, sont en lien avec ce qui concerne les Japonais, souvenirs et regrets, travail, irruption du surnaturel dans la vie quotidienne, méconnaissance des autres (voisins, collègues) mais aussi rencontres et envie de bonheur.

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Mardi 20 mai 2008

Une brève histoire du tracteur en Ukraine, de Marina LEWYCKA est paru aux éditions des 2 Terres en mars 2008 (428 p - 21,50 € - ISBN 2-84893-050-3). Ce roman est traduit de l'anglais par Sabine Porte (A short history of tractors in Ukrainian est paru chez Viking en mars 2005).


Quelques mots sur l'auteur

Marina Lewycka est née en 1946 à Kiel (Allemagne) dans un camp de réfugiés. Mais elle a grandi en Angleterre car ces parents Ukrainiens ont pu y émigrer. Mariée, mère d'une fille, elle vit à Sheffield et enseigne à la Hallam University. Une brève histoire du tracteur est son premier roman et a gagné en 2005 le Bollinger Everyman Wodehouse Prize, un prix fondé en 2000 et décerné aux romans humoristiques. Deux caravanes, le nouveau roman de Marina Lewycka, paru en Angleterre en 2007, va être publié prochainement en français.


Mon petit résumé

Vera et Nadezhda (Nadia) sont soeurs, elles ont dix ans d'écart. Vera a vécu la guerre, les souffrances et les privations. Nadezhda est née en Angleterre où la famille a pu émigrer après la guerre. Depuis la mort de leur mère, elles ne se parlent plus, Nadezhda n'ayant pas supporté que Vera modifie le testament au dernier moment. Accessoirement, elles n'ont pas la même conception de la vie, du couple, et pas du tout les mêmes convictions politiques. Mais il y a péril en la demeure : Nikolaï, leur père de 84 ans, est tombé amoureux de Valentina, une Ukrainienne de 50 ans plus jeune que lui, et mère de Stanislav, un adolescent perturbé. Évidemment, le mariage est une union d'intérêt et le vieil excentrique naïf pense que Valentina prendra soin de ses vieux jours. Mais elle se révèle une femme vulgaire, dépensiaire et violente, prête à tout pour mettre la main sur l'argent du retraité afin de satisfaire sa soif de luxe occidental. Malgré leur mésentente, Vera et Nadezhda vont s'unir pour libérer leur père de l'emprise de cette affreuse Valentina et lui permettre de terminer son manuscrit sur l'histoire des tracteurs en Ukraine.


Humour, tendresse et secrets de famille se mêlent à l'histoire de l'Ukraine - et des tracteurs ! - et aux souvenirs de la guerre, pour emmener le lecteur vers une fin assez surréaliste. Je n'avais rien lu d'aussi drôle depuis Les fabuleuses aventures d'un Indien malchanceux qui devint milliardaire, de Vikas Swarup !

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Jeudi 8 mai 2008

Pelures d'oignon, de Günter Grass est paru au Seuil dans la collection Cadre Vert, en octobre 2007 (410 pages, illustré, 22,80 €, ISBN 978-2-02093-395-7). Titre original : Beim Haüten der Zwiebel.


La vie à Langfuhr, ville portuaire, avec une base militaire (polonaise), un aérodrome, une fabrique de chocolat, devait être passionnante pour un enfant qui commençait à s'intéresser à l'Art (en collectionnant des images), à découvrir la littérature en puisant dans la bibliothèque de sa mère, et le cinéma américain (Harry Piel, Laurel et Hardy, Charlie Chaplin, Buster Keaton).


Mais voilà, Günter avait 10 ans lorsque les attaques contre les Juifs ont débuté et il ne s'est pas bien rendu compte lorsque le frère de sa mère disparut, puis un copain de classe, puis son professeur de latin... Il se tut et continua de vivre.


Plus tard, ce fut une joie pour lui d'entrer dans les Jungvolk, les louveteaux, la jeunesse hitlérienne pour les plus petits et de porter leur uniforme car « campements et jeux de plein air dans les forêts de la côte, feux de camp (...) » l'éloignaient de « l'étroitesse des contraintes familiales, loin du père, du papotage des clients », lui qui vivait dans une niche sous la fenêtre d'un appartement familial minuscule (p. 26).


Lorsqu'il eut 12 ans, la guerre était vraiment présente mais il continua de vivre comme un enfant, tira fierté d'entrer au lycée, progressait en géographie en même temps que les troupes allemandes avançaient, mais ses souvenirs, pelés comme un oignon, lui démontrent maintenant son incapacité à agir, à changer les choses, pire : il lui font comprendre sa culpabilité face au silence, lui qui a la langue pourtant bien pendue, et il écrit plusieurs fois : « Je me suis tu ».


Qu'aurait-il pu faire d'autre ? Avait-il le droit à l'indifférence ?


Désir d'héroïsme, intrépidité, volonté de fuir les parents, la petite soeur, le deux-pièces inconfortable, ... à 16 ans, Günter s'engagea, il rêvait depuis l'enfance d'être sous-marinier. Il était fasciné d'un côté par « la guerre comme aventure et comme épreuve virile » (Jünger, p. 95) et terrorisé de l'autre par le fait « que la guerre faisait de tout soldat un meurtrier » (Remarque, p. 95).


Au fur et à mesure qu'il pèle l'oignon et que ses souvenirs, clairs ou confus, reviennent à sa mémoire, l'auteur retrouve les références et les personnes qui l'ont conduit à écrire ses différents livres et à inventer ses personnages de fiction.


Günter n'a finalement pas réellement connu la guerre, du moins les combats, il a fui toujours à l'Ouest, devant l'armée russe, n'a jamais tiré, a été blessé, légèrement, a été soigné par des infirmières finlandaises à Marienbad – occupé par des soldats américains – puis transféré dans un camp de travail en Bavière avant d'être libéré en zone britannique. Il a travaillé dans une mine, a retrouvé sa famille, a encore travaillé comme tailleur de pierre, et surtout a découvert les filles, l'amour, la danse, le jazz, est devenu un artiste éclectique (dessin, peinture, sculpture, musique) et un célèbre écrivain (poèmes, nouvelles, romans).


Il raconte encore son mariage avec Anna, une Suissesse, leurs enfants, la mort de sa mère, ses voyages (Allemagne, Italie, France, Pologne), son premier livre « Les avantages des poules de vent », un recueil de poèmes et de dessins, qui s'est vendu à 375 exemplaires en 3 ans ! (À notre époque, quel éditeur accepterait ça ?). Il explique aussi les « ...fantômes vengeurs qui maintenant, un demi-siècle plus tard, frappent de nouveau à la porte et demandent à entrer. Le souvenir se fonde sur des souvenirs qui a leur tour sont en quête de souvenirs. C'est ainsi qu'il ressemble à l'oignon, dont chaque pelure qui tombe met au jour des choses depuis bien longtemps oubliées (...) » (p 256).


Ces pelures d'oignon sont un très beau témoignage, de l'enfance, de la guerre, de la vie pendant et après le conflit, du monde des artistes après-guerre. C'est peut-être un mea-culpa face à l'indifférence et à l'impuissance. C'est en tout cas une fenêtre ouverte sur la vie de Günter Grass et sur son oeuvre.

par Catherine publié dans : Lire communauté : Chronique de nos lectures
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Lundi 5 mai 2008

Tango Massaï est un roman de Maxence Fermine paru chez Albin Michel en 2005 (255 pages, ISBN 2-226-15690-9, réédité en poche en juin 2007).


Tango Massaï est un rebelle à la tête d'une petite armée qui ne poursuit qu'un but : délivrer les populations du Tanganyika du joug de l'armée britannique et des sultans.


Le voici - avec son armée et son épouse Massaï - à Tabora, cité de l'or et des épices où il veut installer liberté et démocratie. Mais l'ancien sultan Sayid al Saada a été assassiné alors qu'il quittait Tabora après avoir abandonné le pouvoir à Tango Massaï. Évidemment ce dernier est fortement soupçonné.


Et que sont ces idées de liberté et de démocratie, provenant de l'homme blanc ? Et qui est réellement Tango Ferrer, devenu Tango Massaï ? Vous le saurez en lisant ce beau roman africain !

par Catherine publié dans : Lire communauté : Chronique de nos lectures
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Mardi 8 avril 2008

ChinoisePaname.gifLa Chinoise de Paname est un roman de Brigitte Tchao. Il est paru en août 2002 aux éditions Le Félin / Kiron dans la collection Fiction dirigée par Bernard Lefort (254 pages – ISBN 2-86645-462-6).


D'origine chinoise, Gertrude Tou passe son enfance à Paris, dans le 14ème arrondissement, avec ses parents restaurateurs, son frère Paul et sa soeur Anne. Élevée à moitié dans la tradition chinoise et à moitié dans la modernité française, elle vit la même chose que beaucoup d'enfants et d'adolescents dans les années 60 et 70 : scolarité, amis, jeux de société (Mille Bornes), permissions de sorties, etc. Puis viennent les études, la quête de l'amour et enfin le premier voyage en Chine au début des années 90, séjour durant lequel elle rencontre pour la première fois les familles de ses parents, ses cousins, cousines et découvre la Chine actuelle.


J'ai pris plaisir à lire ce livre écrit dans une langue populaire car La Chinoise de Paname est bien sûr le roman fortement autobiographique de Brigitte Tchao. Mais avec sa tendresse, son humour et son franc-parler, il symbolise toute une diaspora chinoise qui s'est intégrée en France loin du pays de leurs ancêtres.

par Catherine publié dans : Lire communauté : Chronique de nos lectures
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