Lire - littérature

Vendredi 13 novembre 2009

Je remercie Gilles Paris de m'avoir envoyé Si les abeilles disparaissaient... de Jean-Pierre Fleury. Je pensais que ce livre était un document, mais c'est bien un roman, drôle et enlevé, paru aux éditions Alphée le 15 octobre 2009 (296 pages, 21,90 €, ISBN 978-2-7538-0502-6).

 

En 2020, Nicéphore de Mélisse vit sur une Terre extrêmement polluée, pratiquement vidée de ses ressources naturelles, de sa faune et de sa flore, où l'oxygène et l'eau se sont raréfiés, où la nourriture génétiquement modifiée a généré toutes sortes de malformations et de maladies, où les propagandistes réécrivent l'Histoire à leur avantage, et où les humains – du moins ceux qui en ont les moyens – ne survivent que grâce à la technologie. Héritier d'une riche famille, Nicéphore, qui a étudié chez les Jésuites puis à l'école militaire, parle huit langues et il est un Oligarque de la nation (la Terre est confédérée). Bref, il est un privilégié mais le jour où pour sauver un enfant, il écrase une abeille alors que c'est lui-même qui a instauré le programme de sauvegarde « de la bestiole, afin de détourner l'attention de la foule des véritables causes de ses malheurs. » (page 17), il est condamné. Nicéphore arrive à fuir, à retirer son implant et à le faire avaler par un animal sauvage afin de ne pas être localisé et prend la route, le sac au dos et la tête pleine d'espoir et de curiosité. Ayant trouvé dans une cave, un Lagarde et Michard XVIIIè siècle, il lit les extraits choisis des aventures de Zadig et de Candide. Tels les personnages de Voltaire, il va partir « à travers le vaste monde pour en découvrir les turpitudes. » (page 47).

Après des ruines et des champs de champignons immangeables, la première communauté que Nicéphore rencontre est celle de Candie, mais les Candiotes élevant des fourmis à miel ne se nourrissent que de sucre et Nicéphore les laisse à leur diabète pour continuer sa route. « Sa seule préoccupation est de ne pas changer de cap et de ne pas revenir sur ses pas à la rencontre de son passé. » (page 56).

Comme transporté dans l'espace et dans le temps, Nicéphore va être témoin d'un cours de philosophes grecs sur les abeilles, entendre parler de son lointain ancêtre Melissius de Samos, vivre avec un peuple de chasseurs-cueilleurs (pas la peine de s'exalter sur leurs merveilleuses et respectueuses traditions : ils détruisent complètement la ruche juste pour voler le miel...), rencontrer des apiculteurs de différents siècles, et même être prisonnier d'une secte qui voue un culte aux abeilles avant de retrouver, quinze ans après sa fuite, son époque et de peut-être apporter une solution à la destruction de la planète et à la disparition de certaines espèces dont les abeilles et les humains.

 

Malgré quelques longueurs et digressions sur notre époque, c'est finalement un bon roman de science-fiction (d'anticipation) et il y a même un petit côté Truman show. Et puis j'ai appris plus de choses sur les abeilles et sur le miel que dans Le jour où l'abeille disparaîtra..., de Jean-Christophe Vié !

Sans céder aux sirènes alarmistes qui n'ont pas plus de preuves à avancer que ceux qui pensent le phénomène naturel (observations et prévisions n'égalent pas preuves), il est temps de se rendre compte des dérapages certains et d'agir à son échelle pour économiser, éviter le gaspillage, choisir les produits qu'on achète, etc., ce qui n'est probablement pas grand chose mais, si tout le monde le fait, limitera un peu les dégâts...

Par Catherine
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mardi 10 novembre 2009

La chorale des maîtres bouchers est un roman de Louise Erdrich paru aux éditions Albin Michel dans la collection Terres d'Amérique en janvier 2005 (480 pages, 22,50 €, ISBN 978-2-226-15673-0) et au Livre de Poche dans la collection Littérature & Documents en mai 2007, réédition avril 2008 (568 pages, 7,50 €, ISBN 978-2-253-12147-3). The master butchers singing club (2003) est traduit de l'américain par Isabelle Reinharez.


Louise Erdrich est née le 7 juillet 1954 à Little Falls dans le Minnesota et a grandi dans le Dakota (les deux états se situent au centre-nord des États-Unis). Sa mère moitié française moitié indienne (Anishinaabe Ojibwé) et son père un Américain d'origine allemande (comme le héros de La chorale des maîtres bouchers) travaillaient aux Affaires indiennes. Elle est auteur de romans y compris pour la jeunesse, de nouvelles et de poèmes.

Du même auteur : L'amour sorcier (1992), L'épouse Antilope (2002), Omakayas (2002), Dernier rapport sur les miracles à Little No Horse (2003), Ce qui a dévoré nos cœurs (2007), Le jeu du silence (2008), Love medicine (2008).


Lorsque Suzanne m'a contactée pour me demander si j'aimerais recevoir ce titre en poche, j'ai été attirée par plusieurs choses : tout d'abord le fait que Sherman Alexie (auteur de Le premier qui pleure a perdu) était citée comme faisant partie de la même mouvance littéraire que Louise Erdrich, ensuite l'envie de découvrir plus en détails le sort des migrants allemands après la première guerre mondiale et l'Amérique des années 20 à 50 (les années 20 et 30 étant une période que je connais peu mais que je découvre, précédemment avec la Russie et le Japon), et enfin le fait que le héros soit boucher et crée une chorale en souvenir de la Chorale des maîtres bouchers dans laquelle chantaient son père et son grand-père m'a amusée et émue. Je remercie donc Suzanne et Chez les Filles de m'avoir envoyé ce roman.


Le récit débute fin novembre 1918 lorsque Fidelis Waldvogel revient de la guerre et retourne à Ludwigsruhe, sa ville natale où l'attendent ses parents et sa sœur Maria Theresa. « Revivre après avoir été mort à soi-même était dangereux. » (page 15). Son ami de tranchée, Johannes, étant mort à ses côtés, le jeune homme s'est donné la mission de prévenir sa fiancée, Eva Kalb. Or celle-ci est grosse et il décide de l'épouser. En 1922, alors que Franz a trois ans, Fidelis part tenter sa chance en Amérique et débarque à New York avec dans sa valise ses précieux couteaux et les meilleures saucisses fumées de son père. Son but est de se rendre à Seattle mais il s'arrête à Argus, une bourgade du Dakota du Nord : « Il ignorait qu'il ne repartirait jamais. » (page 29).

Voulez-vous savoir comment se construisaient les villes à cette époque ? « Le bourg d'Argus était la création du chemin de fer [...]. D'abord il y eut les magasins pour fournir les fermiers en matériel et en nourriture, et puis les banques pour garder leur argent, puis d'autres magasins encore où les banquiers et les commerçants, à leur tour, pouvaient faire des achats. On bâtit des maisons d'habitation pour les gens du bourg. On édifia une église, puis une autre. Une école. D'autres maisons pour les enseignants, les employés du chemin de fer et ceux qui construisaient les maisons. Des tavernes pour leur vice. Une pharmacie pour leurs douleurs, et ainsi de suite [...] le tribunal [...]. » (page 53). Voilà pourquoi on dit que les villes suivaient le chemin de fer et poussaient comme des champignons !

À Argus, Fidelis est embauché par le boucher, Pete Kozka, il met de l'argent de côté, achète une ferme à l'autre bout de la ville pour se mettre à son compte et enfin fait venir Eva et Franz. C'est après avoir entendu le docteur Heech chanter qu'il fonde la Chorale des maîtres bouchers, même si celle-ci se compose en fait d'un boucher, d'un docteur, d'un gestionnaire de crédit de la banque, d'un employé de la banque, du bootlegger, du shérif et même de l'ivrogne local (c'est plus tard que le boucher Kozka les rejoint) : « La première rencontre eut lieu dans l'abattoir Waldvogel, doté d'un plafond élevé et de murs répercutant le son avec un effet agréable. » (page 71). « Qui eut pensé qu'un abattoir aurait l'acoustique sacrée d'une cathédrale ? » (page 161).

Malgré la crise, l'affaire de Fidelis et Eva prospère. Le couple a quatre fils, Franz a 15 ans, Markus 9 ans, les jumeaux Erich et Emil 5 ans.

Un jour Delphine revient à Argus où elle est née. Elle y retrouve Clarisse son amie d'enfance devenue croque-mort et Roy son père, accusé d'avoir laissé mourir une famille dans sa cave alors qu'il était ivre. Elle est accompagnée de Cyprian, un artiste mi-Indien mi-Français, avec qui elle vit sans être mariée et qui refuse de la toucher car il a des penchants homosexuels. Rapidement Delphine va se lier avec Eva et travailler à la boutique.

Vivre, aimer, élever des enfants (pas toujours les siens), travailler, se créer des loisirs (créer la vie sociale), se battre pour son pays (ou son pays d'origine), faire des choix (pas toujours les bons)... Ce roman est une riche chronique de la vie dans une petite ville américaine entre les deux-guerres et pendant la deuxième guerre mondiale.


Mon passage préféré

« Delphine lisait et sommeillait sur un gros roman [...] qu'elle avait emprunté à la petite bibliothèque tenue par quelques enseignants au sous-sol du tribunal. [...] Elle avait toujours beaucoup lu, surtout depuis qu'elle avait perdu Clarisse. Mais désormais, c'était une obsession. [...] Elle lisait Edith Wharton, Hemingway, Dos Passos, George Eliot, et pour le réconfort, Jane Austen. Le plaisir de ce genre de vie – livresque, pouvait-on dire à son avis, une vie passée à lire – avait donné à son isolement un caractère riche et même subversif. » (page 443) « Elle habitait un personnage réconfortant ou terrifiant après l'autre. Elle lisait E.M. Forster, les sœurs Brontë, John Steinbeck. Qu'elle garde son père drogué sur son lit à côté de la cuisinière, qu'elle soit sans enfant, sans mari et pauvre, comptait moins dès lors qu'elle prenait un volume en main. Ses erreurs y disparaissaient. Elle vivait avec une énergie inventée. Quand elle arrivait au bout d'un roman, le posait et à contrecœur quittait son univers, elle se voyait parfois comme un personnage dans le livre de sa propre vie. Elle examinait les tenants et les aboutissants, les possibilités de l'étrangeté de son récit. Que ferait-elle ensuite ? » (page 444).

Par Catherine
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Lundi 9 novembre 2009

La trace du papillon : pages d'un journal (été 2006 – été 2007) est un recueil de textes courts écrits par Mahmoud Darwich à la fin de sa vie et publiés en avril 2009 aux éditions Actes Sud dans la collection Mondes arabes (186 pages, 20 €, ISBN 978-2-7427-8264-2).


Textes très courts (une ou deux pages, quatre pour les deux derniers textes) et poèmes (en vers ou en prose) dans lesquels l'auteur parle de ce qu'il voit, de ce dont il se souvient, de ce dont il a peur : la guerre, la mort, l'obscurité, la nostalgie, l'image de soi, le bonheur d'être en vie, la musique, les saisons, l'amour... De ce qu'il observe : enfants, animaux (surtout les oiseaux), arbres, couleurs, la beauté...

Rencontre avec Naguib Mahfouz sur le Nil, concert d'Oum Kalsoum, souvenirs de Beyrouth, Cordoue, Madrid, Rabat, Skogäs (banlieue de Stockholm), Paris...

Ainsi violence et folie des hommes (guerre, destruction) côtoient douceur de vivre et poésie, humour aussi (le moustique pages 21-22, l'arbre page 30, 'Un deux trois' page 57, le mot page 126).


Un beau recueil à lire d'une traite pour s'imprégner de la pensée de Mahmoud Darwich ou texte après texte pour réfléchir un peu chaque jour. Pour vous en convaincre, voici quelques extraits.


« Les morts des deux bords, quant à eux, comprennent tardivement qu'ils ont un ennemi commun : la mort. Cela a-t-il un sens ? Quel sens ? » (page 26).

« Si l'on me dit : Tu mourras ce soir, que feras-tu du temps qu'il te reste ? […] puis j'irai à pied au cimetière ! » (pages 27-28).

« Les critiques m'assassinent parfois […]. Les critiques m'assassinent parfois mais je ne meurs pas [...]. » (page 63).

« La trace du papillon est invisible. La trace du papillon ne s'efface pas. » (page 78, poème qui donne son titre eu recueil).

« Mais il y a une philosophie dans l'insouciance. Elle est l'un des attributs de l'espoir ! » (page 87).

« Le vin me porte à un rang plus élevé, ni céleste ni terrestre. Il me donne la conviction que je peux être poète, ne serait-ce qu'une fois ! » (page 103).

« Le patrimoine est se qui s'écrit aujourd'hui... et demain. » (page 143).

Mon extrait préféré : « La différence entre le narcisse et le tournesol est celle qui distingue deux façons de voir. Le premier regarde son image dans l'ondée et dit : Il n'y a que moi. Le second regarde le soleil et dit : Je ne suis que ce que je vénère. » ('Point de vue' page 105).

Par Catherine
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 4 novembre 2009

J'avais dit que je lirais un roman scandinave pour le deuxième tour du défi Littérature policière sur les 5 continents. Le voici enfin !


L'argent facile, premier roman de Jens Lapidus, est paru aux éditions Plon dans la collection Thriller en octobre 2008 (537 pages, 23 €, ISBN 978-2-259-20835-2 ; Pocket thriller, juin 2009, 724 pages, 978-2-266-19372-6). Ce roman est le premier tome de la trilogie Stockholm noir. Snabba cash : Hatet drivet jakt (2006) est traduit du suédois par Maximilien Stadler et Lucille Clauss.


Jens Lapidus est né le 24 mai 1974 à Hägersten. Il vit à Stockholm avec son épouse et leur fils, et travaille dans un cabinet d'avocats, ce qui a été bien utile pour ses romans.


D'un côté, les gangs qui sont rivaux, les Latinos, les Noirs, les Arabes, les Yougoslaves. Celui que le lecteur suit plus particulièrement est le gang des Serbes. Parmi eux le big boss, Radovan et ses gars Mrado, Goran, Nenad, Stefanovic (du moins les principaux). Des durs qui ont connu la guerre et qui n'ont peur de rien, en un mot des bêtes sauvages. Mrado qui veut voir sa fille après son divorce paraît parfois un peu plus humain que les autres.

D'un autre côté, les riches et la jeunesse dorée du Stureplan (quartier branché de Stockholm) qui ont besoin d'être fournis pour faire la fête (jolies filles, substances illicites). Parmi eux Jet-set Carl, Niklas alias Nippe, Fredrick, Putte, et Johann Westlund alias JW, un étudiant pauvre qui veut faire partie de la Haute et surtout découvrir pourquoi sa sœur Camilla a disparu quatre ans plus tôt.

Et puis, un Chilien, Jorge, qui travaillait pour le gang des Serbes mais qui croupit en prison puisque ses potes l'ont laissé tomber au procès... Son but : s'évader et se venger. Sauvé par JW, il va travailler à ses côtés pour Abdulkarim et son bras droit Fahdi (trafic de coke).

« Au cours des cinq dernières années, nous nous sommes spécialisés dans cinq domaines. […] on s'octroie quelques autres gourmandises, vol à la roulotte, détournement de fonds, et autres. […] Ajoutons à cela les rendements de vos fonds propres ainsi que nos activités communes. Le Clara's, le Diamond et le O-court. L'entreprise de démolition et les vidéoclubs, entre autres. […] Le business des putes fait un carton. La clope est acceptable. La coke bat tous les records. » (page 276).


Tout cela n'est pas très reluisant, et il paraît même que Stockholm n'est qu'un petit marché par rapport à de plus grandes capitales comme Londres... Je vous le dis : l'Europe est foutue !

C'est en tout cas un roman très noir, mais qui m'a donné envie de lire la suite, Mafia blanche.

Par Catherine
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 2 novembre 2009

Le bateau-usine (蟹工船) est un roman réaliste de KOBAYASHI Takiji (小林 多喜二) paru en octobre 2009 aux éditions Yago (138 pages, 18 €, ISBN 978-2-916209-64-7). La couverture est superbe.

Kanikôsen (1929) est traduit du japonais et postfacé par Évelyne Lesigne-Audoly.


Ce roman – un classique de la littérature prolétarienne – est traduit en français 80 ans après sa parution au Japon. L'auteur né le 13 octobre 1903 à Ôdate (préfecture d'Akita au nord de Honshû) est d'ailleurs « une des figures majeures de la littérature prolétarienne de l'entre-deux-guerres », il a étudié le commerce, a travaillé dans une banque, est devenu écrivain, s'est engagé en politique et est mort « torturé par la police en 1933, à l'âge de 29 ans ». La traductrice ajoute aussi qu'il craignait de n'être lu que par les intellectuels car il écrivait pour les paysans et les classes populaires.


Moi qui aime l'Asie et qui me montre curieuse des années 20 et 30 qui sont peu connues (j'en ai déjà parlé avec Des gens sans importance, de Panteleïmon Romanov), je remercie Gilles Paris de m'avoir envoyé ce chef-d'œuvre qui commence avec « C'est parti ! En route pour l'enfer ! » (page 7).


Dès le départ du bateau, effectivement, le lecteur est plongé avec les pêcheurs dans l'ambiance, le roulis, les tempêtes, la puanteur, la promiscuité, les parasites, il n'y a pas de place pour les fioritures quoique certaines descriptions soient vraiment imagées.

« Ce que ça pue ! – Ben, c'est notre odeur  ! Qu'est-ce que tu crois ! » (page 10).

« Les bateaux-usine étaient équipés de huit chaloupes de pêche. Au péril de leur vie, les hommes durent arrimer solidement ces embarcations pour les protéger des crocs blancs de la mer, menaçants comme ceux de milliers de requins. – Que valent un ou deux gars de votre espèce ? Mais ne vous avisez pas de perdre ne serait-ce qu'une chaloupe ! » (page 21).

Au fait, qu'est-ce qu'un bateau-usine ? « Ces fiers navires « glorieusement » estropiés lors de la guerre russo-japonaise, où ils avaient été des bateaux-hôpitaux ou convoyeurs de troupes, avaient après la guerre été mis au rebut comme des entrailles de poissons, et n'étaient plus aujourd'hui que l'ombre d'eux-mêmes. » (page 28).

« La tête du marmiton disparut. Les hommes se levèrent avec précipitation. Manger était une obsession, comme chez les prisonniers. Ils se jetèrent sur la nourriture. » (page 23). Cela paraît incroyable, ce bateau va pêcher du crabe, du saumon, de la truite saumonée en mer d'Okhotsk (eaux du Kamtchatka), il y aura donc de la nourriture en abondance, mais pas pour eux, pas pour ces forçats... J'imagine aisément la sur-pêche et le gaspillage déjà à l'époque, le but étant de faire mieux que « les Russkofs », les voisins dont il faut se méfier car il sont englués dans leur propagande rouge.

Les pêcheurs supportent tout, les cadences infernales, les réprimandes de l'intendant Asakawa, la fatigue, la vermine, le béribéri, l'éloignement de leur famille, les tempêtes et le froid, mais à la mort d'un compagnon, leur comportement évolue, ils débrayent de plus en plus souvent : « Ils n'affichaient aucune revendication. Ils ralentissaient le rythme, mais imperceptiblement, afin de ne pas se faire prendre. » (page 93). Puis peu à peu, ils se préparent à la révolte qui leur paraît inéluctable : « [...] ils se laissaient envahir par l'envie de révolte qui désormais les fascinait singulièrement. Toutes les souffrances endurées, les conditions de travail inhumaines, tout ce qu'ils avaient accepté si longtemps se révélait être le plus fertile terreau pour leurs nouveaux sentiments. » (page 95). Quatre meneurs (deux étudiants, un homme surnommé Le Bègue et un autre surnommé La-ramène-pas), quelques brochures et tracts de propagande imprimés clandestinement ramenés par un pêcheur qui a voulu montrer qu'il n'y avait pas que les Russes et que des Japonais étaient Rouges aussi. Et l'idée fait son chemin jusqu'à la révolte.


J'ai remarqué une chose, les personnes sont anonymes, à part l'intendant (Asakawa) et le mort dont le corps est jeté en mer (Yamada) ce qui dénote une dématérialisation de l'humain et de sa condition mais aussi une volonté de l'auteur de montrer un collectif.

Durant la lecture de ce roman, j'étais littéralement atterrée car la vie était vraiment atroce pour ces « crabiers » et il ne faisait apparemment pas bon vivre à cette époque, surtout pour les très pauvres. Bien sûr, j'ai cette vision d'un Japon travailleur, mais je ne connaissais pas cette image peu reluisante de traiter les gens comme des esclaves qui peuvent se tuer au travail...


Faire connaître une période peu connue avec un ouvrage qui rétablit certaines vérités sur les conditions des travailleurs au début du XXe siècle est sûrement une des raisons qui ont fait le succès de ce roman auprès des Japonais, toutes générations confondues, à sa réédition en 2008. Il existe un film de 1953 en noir et blanc (titre français : Les bateaux de l'enfer, 1 h 52) dirigé par Sô Yamamura (en fait c'est le premier film de ce réalisateur né en 1910 à Nara et mort en 2000 à Tôkyô), un manga paru en 2006 (couverture ci-contre), et un autre film en couleur tout récent réalisé par Hiroyuki Tanaka (alias Sabu, né en 1964 à Wakayama).


Du même auteur

1928 : Le 15 mars 1928 (Sen hyûhyaku nijû hachi san ichigo)

1929 : Le propriétaire absent (Fuzai jinushi)

1931-32 : Cellule d'usine (Kôjo saibô), L'organisateur (Orugu), Vie d'un militant du Parti (Tô seikatsu sha)

Nombreux articles dans des revues.

Deux biographies : une en japonais de Tezuka Hidetaka (1963) et une en anglais de Norma Field (2009).

Par Catherine
Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires
Lundi 26 octobre 2009

L'homme qui valait 35 milliards est un roman de Nicolas Ancion paru le 27 août aux éditions Luc Pire - Le grand miroir (284 pages, 18 €, ISBN 978-2-50700-260-2). Il fait donc partie de la rentrée littéraire de l'automne 2009.


Nicolas Ancion est un auteur belge né en 1971 à Liège. Il a commencé à écrire tôt et a reçu le Prix International Jeunes Auteurs en 1989 et en 1991. Éclectique, il est romancier mais aussi poète, novelliste et dramaturge.

Du même auteur : Ciel bleu trop bleu (1995), Le cahier gonflable (1997), Écrivain cherche place concierge (1998), Quatrième étage (2000), Dans la cité Volta (2005) pour les romans et Les ours n'ont pas de problème de parking (2001), Nous sommes tous des Playmobiles (2007) pour les recueils de nouvelles. Sans compter les ouvrages pour la jeunesse, les recueils de poésie et les pièces de théâtre !

Découvrez plus en détails l'auteur sur son site officiel ainsi que sur ses blogs Post-it littéraire (blog personnel où il a d'ailleurs répondu récemment au Tag des livres et ah... Il a répondu le même titre que moi à la question n° 2 !) et Bain à bulles (critiques de BD sur BibliObs).


Lorsque Richard voit son ami Octavio pleurer à la télévision suite à l'annonce de la fermeture d'un haut-fourneau, cet artiste au chômage qui rêve d'un poste de professeur à l'université décide d'enlever le grand patron d'Arcelor-Mittal, Lakshmi Mittal. « Tu sais, Octavio, j'ai une théorie là-dessus : si tu vois pleurer un bébé, il faut changer ses couches ; si tu vois pleurer une femme, il faut changer son amant et si tu vois pleurer un homme... […] … il faut changer le monde. » (page 76).

Et il réussit son coup, un mardi matin, en se faisant passer pour un journaliste, lors de la venue de l'industriel à Liège ! Je sais, c'est complètement surréaliste, d'autant plus que Richard a fait venir deux documentaristes pour tout filmer car il veut que l'Indien réalise des œuvres d'art après avoir dit à combien il estime sa vie. « Mon enlèvement est une œuvre d'art, c'est ça que vous tentez de m'expliquer ? – Pas du tout, c'est vous l'artiste. » (page 158).

Dans la troisième et dernière partie du roman apparaissent des habitants de Liège qui interféreront plus ou moins sur l'histoire : Jean-Luc Moens un héroïnomane et son père veuf, Marie-Ange la voisine agressée veuve également, Nafisa une jeune serveuse d'origine marocaine qui aimerait devenir actrice et ses parents (ainsi que le vélo de son père) et Mullenders le bourgmestre.

À travers ce roman – et en plus du clin d'œil à l'Art – l'auteur rappelle l'économie du bassin liégeois : les mines ont déjà fermé alors si maintenant, c'est l'acier..., oui on sait que ça pollue mais on a besoin de bosser, parce que sinon il y a la délocalisation (dans des pays encore plus pollueurs et qui n'ont pas les moyens de lutter contre leur pollution), le chômage et en plus la crise économique actuelle, sauf que certains ne la ressentent pas autant que d'autres, la crise, et continuent à s'enrichir...

« [...] à l'ombre d'une rampe d'autoroute en béton noirci, conçue par un ingénieur dépressif, avec l'intention inconsciente de servir de décor trente ans plus tard à des films sociaux projetés dans le monde entier. » (pages 71-72).

 


J'avais choisi le roman d'un autre auteur belge, sur l'Art justement, Le roman fauve d'André-Marcel Adamek, et j'ai été surprise de recevoir L'homme qui valait 35 milliards que j'ai un peu laissé traîner... Heureusement que je me suis quand même lancée dans sa lecture car il est drôle, émouvant et donne vraiment à réfléchir. Du coup, il se lit pratiquement d'une traite ! Je remercie donc Gilles Paris de m'avoir envoyé ce roman et de m'avoir incitée à le lire alors qu'il ne m'attirait pas vraiment au départ, comme quoi on peut toujours avoir de bonnes surprises.


Voici la bande annonce de la sortie du livre et vous pouvez faire comme ce Playmobil, aller en librairie pour acheter le nouveau roman de Nicolas Ancion.

 

 

Par Catherine
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Vendredi 23 octobre 2009

Le bibliothécaire est un thriller politique de Larry Beinhart paru dans la collection Série noire de Gallimard en novembre 2005 (450 pages, 24 €, ISBN 2-07-077327-2 ; réédition en Folio, mai 2007, 545 pages, 8,60 €, ISBN 2-07-034238-7). The Librarian (2004) est traduit de l'américain par Patrice Carrer. Grand prix de littérature policière 2006.


Né en 1947, Larry Beinhart vit à Woodstock (État de New York) avec sa femme (le couple a deux enfants). Auteur de romans, nouvelles, scénarios et articles, il a reçu plusieurs prix (Edgar Award, Gold Dagger, Prix Raymond Chandler...). Il a exercé différents métiers en particulier dans le cinéma ou comme conseiller politique ou animateur de télévision (il sait donc de quoi il parle dans son roman).

Son précédent thriller, American hero (en français : Reality show, Folio policier 313) a été adapté au cinéma sous le titre Wag the dog (en français : Des hommes d'influence) avec Dustin Hoffman et Robert de Niro.


« Elaina Whisthoven aimait les livres. Croyant que cet amour lui serait payé de retour, et désireuse de servir l'humanité, elle était devenue bibliothécaire. » (page 12). Elaina travaille donc à la bibliothèque de l'université de Washington mais, à cause de réductions budgétaires, elle perd son poste. Six mois après, elle y retourne pour annoncer à David Goldberg, le directeur du service informatique qu'elle a un nouvel emploi dans une bibliothèque privée mais qu'elle a besoin qu'il la remplace deux jours chez Alan Carston Stowe car elle doit s'absenter. « À force de remplacer Elaina qui continuait à ne pas venir, jour après jour, j'ai fini par devenir le bibliothécaire de M. Stowe » (page 23).

David Goldberg devient alors le bibliothécaire privé de Stowe.

« Un bibliothécaire n'a pas un statut social très élevé, et nous ne gagnons pas non plus beaucoup d'argent ; plus qu'un poète, d'accord, mais pas autant qu'un type qui sait bien faire la manche. Alors, nos idéaux comptent beaucoup pour nous, et aussi l'amour des livres, l'amour du savoir, l'amour de la vérité et de la liberté d'information, le désir que les gens puissent découvrir les choses par eux-mêmes. Qu'ils puissent lire, oh, des histoires d'amour ou des romans policiers, ce qu'ils veulent. Et que les pauvres puissent avoir accès à Internet. » (page 79), déclare-t-il à Niobé qu'il a rencontrée chez le vieux milliardaire et dont il est tombé amoureux malgré le fait qu'elle soit mariée au colonel Jack Morgan.

Mais David ne sait pas où il a mis les pieds... Il est surveillé et certains veulent même le tuer.

« Spinnelli avait posé des micros dans les trois pièces de ce qui était, à ses yeux, un misérable petit appart, avec une télévision de trente-trois centimètres et des piles et des piles et des piles de bouquins. Des étagères pleines de bouquins. Des bouquins ouverts sur la table, et des bouquins près du lit. [...] Spinnelli s'était dit que ce gars ne devait pas avoir de vraie vie, pour être ainsi constamment plongé dans les livres. » (page 124).

Pendant ce temps, la campagne présidentielle bat son plein. Du côté républicain, Augustus Winthrop Scott, le président sortant, partisan de la guerre. Du côté démocrate, Anne Lynn Murphy, engagée comme infirmière au Viêtnam et animatrice d'une émission médicale avant qu'elle ne se lance en politique.

Poursuivis par les barbouzes de la sécurité du territoire, David, Susie (chez qui il a trouvé refuge), Inga (une collègue) et Niobé vont devoir trouver des preuves et les faire parvenir à Anne Lynn Murphy avant que le pays ne soit la proie de terroristes mécontents qu'une femme puisse être à la présidence des États-Unis.

« Ces flics qui débarquent dans les bibliothèques la rendaient furieuse. Les bibliothèques, c'était la liberté. Des torches dans l'obscurité, des bastions dressés contre la fascination fascisante du pouvoir qui guettait n'importe quel gouvernement. » (page 229).


Un thriller politique haletant, sans temps mort mais avec quelques moments de tendresse, et pas mal de références littéraires ce que j'ai trouvé vraiment original et passionnant. Je le conseille donc. Sauf si la politique et les magouilles politiciennes ne vous captivent pas du tout.

Par Catherine
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Mercredi 21 octobre 2009

Le boulevard périphérique est un roman de Henry Bauchau paru aux éditions Actes Sud en janvier 2008 (258 pages, 19,50 €, ISBN 978-2-7427-7169-1). Réédition Babel n° 972, collection Littérature française, en septembre 2009 (272 pages, 7,50 €, ISBN 978-2-7427-8493-6).


Paris, 1980. Le narrateur va voir Paule, la femme de son fils Mykha, à l'hôpital. Paule est Canadienne, elle vient de Vancouver, elle a donné un fils à Mykha (il se prénomme Win) mais elle souffre d'un cancer.


Pendant les trajets sur le boulevard périphérique (en voiture ou en bus), le narrateur « pense à sa famille telle qu'elle était dans son enfance », à son ami Stéphane qu'il a connu en 1941 et qui l'a initié à l'escalade, au colonel Shadow un Allemand qui a voulu le rencontrer après l'arrestation de Stéphane et qui lui a avoué avoir tué son ami.


Les choses qu'on ne sait pas, la vérité qu'on ne connaîtra jamais, les souvenirs parfois diffus, les non-dits, la vie quotidienne et les visites à l'hôpital...


« Il faut payer, toujours payer et on ne paie pas avec des pensées. Il faut payer de sa personne. Payer avec sa vie. » (page 35).


Ce n'est pas du tout le genre de récit que je lis habituellement mais il m'a été chaudement recommandé par B. (qui m'avait déjà conseillé Mon chien Stupide, de John Fante) et j'ai voulu essayé. Soit dit en passant, la couverture est réussie. C'est très bien écrit, c'est beau, mais c'est triste, presque déprimant... C'est pourquoi je ne lirai peut-être pas d'autre livre de cet auteur flamand.

Par Catherine
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Lundi 19 octobre 2009

L'attentat est un roman de Yasmina Khadra paru aux éditions Julliard en août 2005 (268 pages, 18 €, ISBN 2-260-01693-6).


Je remercie O. qui m'a incitée à lire cet auteur et en particulier ce roman.


Le docteur Amine Jaafari est un chirurgien réputé qui opère à Ichilov, un hôpital de Tel Aviv. Arabe né dans une famille de bédouins (« un milieu pauvre mais digne »), il est sorti major de sa promotion et a demandé à être naturalisé Israélien. Son épouse depuis quinze ans, Sihem, est en vacances chez sa grand-mère à Kafr Kanna, près de Nazareth. Il attend son retour avec impatience.

Après une opération réussie, Amine retrouve ses collègues à la cantine de l'hôpital. « Soudain, une formidable explosion fait vibrer les murs et tintinnabuler les vitres de la cantine. Tout le monde se regarde, perplexe [...]. - C'est sûrement un attentat, dit quelqu'un. » (page 18). Dix minutes après l'explosion dans ce fastfood bondé (des enfants y fêtaient un anniversaire), c'est l'alerte rouge, il y a plusieurs morts, les blessés sont amenés aux urgences, l'équipe médicale et les salles doivent être prêtes. « En moins d'un quart d'heure, le hall des urgences se transforme en champ de bataille. Pas moins d'une centaine de blessés s'y entassent. » (page 21). Amine et ses confrères opèrent toute la journée, chacun des dizaines de blessés : « J'ignore combien de personnes sont passées sur ma table d'opération. [...] Certaines interventions n'ont pas demandé beaucoup de temps, d'autres m'ont littéralement usé. » (page 23).

Amine quitte l'hôpital après 22 heures, rentre chez lui en subissant plusieurs check-points et se couche après une bonne douche. Mais la sonnerie du téléphone le réveille à 3 h 20 du matin : c'est Naveed Ronnen, un de ses amis, haut-fonctionnaire de police, qui lui demande de venir immédiatement à l'hôpital. « J'ai vu des corps mutilés dans ma vie, j'en ai raccommodé des dizaines ; certains étaient tellement abîmés qu'il était impossible de les identifier, mais les membres déchiquetés qui me font face, là sur la table, dépassent l'entendement. C'est l'horreur dans sa laideur absolue... » (pages 35-36). Mais Amine reconnaît son épouse ; la bombe, c'était elle !

Amine doit maintenant faire face à son chagrin, sa douleur, à la suspicion (et même à la haine) de certains de ses collègues, amis ou voisins, aux interrogatoires éprouvants et à l'enquête du capitaine Moshé : « [...] il faut impérativement que je sache comment une femme appréciée par son entourage, belle et intelligente, moderne, bien intégrée, choyée par son mari et adulée par ses amies en majorité juives, a pu, du jour au lendemain, se bourrer d'explosifs et se rendre dans un lieu public remettre en question tout ce que l'État d'Israël a confié aux Arabes qu'il a accueillis en son sein. » (pages 55-56).

Ensuite « Reprendre une vie normale si toutefois... » et chercher à comprendre...


Je pense que Yasmina Khadra est un fin observateur et un amoureux de la langue française. Ce qui fait de lui un grand écrivain, c'est son style, sa rigueur dans le choix des mots qui fait qu'il cisèle son texte comme un orfèvre, son humour parfois. Il ne prend pas partie pour un camp ou un autre parce que la dualité Israéliens contre Arabes lui paraît stupide et inutile. Mais il prend parti pour la vie et le respect de la vie, comme le prouvent ces passages :

Le père d'Amine à son fils unique : « Si tu pars du principe que ton pire ennemi est celui-là même qui tente de semer la haine dans ton cœur, tu auras connu la moitié du bonheur. [...] il n'y a rien, absolument rien au-dessus de ta vie... Et ta vie n'est pas au-dessus de celle des autres. » (page 108). Tous les pères devraient dire ça à leurs enfants !

Amine à sa collègue et amie, Kim : « Je veux juste comprendre comment la femme de ma vie m'a exclu de la sienne, comment celle que j'aimais comme un fou a été plus sensible au prêche des autres plutôt qu'à mes poèmes. » (page 116).

Le vieux Zeev l'Ermite à Amine : « La vie d'un homme vaut beaucoup plus qu'un sacrifice, aussi suprême soit-il. [...] Car la plus grande, la plus juste, la plus noble des Causes sur terre est le droit à la vie. » (page 257).

À lire et à méditer donc.

Par Catherine
Ecrire un commentaire - Voir les 11 commentaires
Lundi 12 octobre 2009

La revanche des otaries est un roman de Vincent Wackenheim paru le 24 août 2009 aux éditions Le Dilettante (188 pages, 16 €, ISBN 978-2-84263-180-2). Il fait partie de la rentrée littéraire de septembre 2009.

 

Vincent Wackenheim, né à Strasbourg en 1959, vit à Paris. Sa fille, Constance, lui a demandé s'il y avait des dinosaures à bord de l'Arche de Noé et voici comment ce roman humoristique a vu le jour.

Du même auteur : Le voyage en Allemagne (1996), La perte d'une chance (2003), Coucou (2005).

 

Comme tout le monde le sait, Le Patron (Dieu) ayant annoncé L'opération Déluge, Le Patriarche (Noé) a construit L'Arche d'espoir, dans laquelle il est monté avec sa famille et un couple de chaque animal de la création.

Mais stupéfaction à bord de l'Arche : un couple de dinoZores de 26 m de haut et 21 m de long est découvert en fond de cale ! « Des clandestins de cet acabit, ça demande des complicités à bord. [...] Les têtes allaient tomber. » (page 15).

Quant à Noé, s'il pouvait se débarrasser d'animaux stupides ou encombrants... « Vue de sa fenêtre, l'utilité de certains animaux pouvait paraître très contestable. » (page 24) et « Il aurait été Dieu, le Noé, il aurait mis bon ordre à tout cela, [...]. Ça limitait la Création , mais c'eût été tout de même plus simple pour gérer les fournitures. » (page 25). Quoi, quelqu'un n'est pas d'accord ? Il y a des injustices ? Mais « L'Élu, c'était lui, un point c'est tout. » (page 29) et c'est donc Noé, ce vieux grigou lubrique, qui décide du management : traité de non-consommation d'autrui, décret de non-prolifération, maintien de l'ordre, évacuation des cacas, etc. Bon, il est vrai : « Au prix de quelques roulis, vomis et dégueulis. » (page 29).

 

Oui, vous avez bien compris, vous allez découvrir ce qu'il s'est réellement passé durant le Déluge et à bord de l'Arche grâce à ces dix chapitres tous plus drôles les uns que les autres. Lecteurs sensibles, s'abstenir...

Par Catherine
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés