Regarder - TV littéraire

Lundi 1 juin 2009


Le 21 mai, François Busnel recevait Jean Teulé, le Comte René de Obaldia et Douglas Kennedy sur le plateau de La grande librairie et emmenait les spectateurs à New York pour rencontrer Art Spiegelman.


Jean Teulé pour Mangez-le si vous voulez paru chez Julliard

Portrait en images de Jean Teulé, journaliste, créateur de BD-photos, écrivain, avec le témoignage de Florence Testac, dessinatrice de BD qui collabore avec lui depuis 30 ans.

Le 16 août 1870, à la foire du village, Alain de Moneys périt sous les violences des villageois qui finiront par le manger. Un quiproquo ? Une phrase mal comprise ? Tout bascule dans l'horreur.

Les phrases que j'ai retenues. La première est de Douglas Kennedy : « Les mots ont un grand pouvoir, toujours » et la deuxième et de Jean Teulé au sujet de l'analphabétisme : « Ils n'ont pas les mots et ça les a poussés à devenir des criminels ».

Une histoire vraie... À méditer.

Envie de lire ce roman ? Oui ! Ma note de lecture ici.


René de Obaldia pour Merci d'être avec nous paru chez Grasset

Portrait en images de Monsieur le Comte, né à Hong Kong en 1949 (mère française, père panaméen), poète, dramaturge, romancier, « l'auteur français le plus joué dans le monde », élu à l'Académie française en 1999.

Merci d'être avec nous est un recueil de 5 pièces : Merci d'être avec nous, Une page de tournée, À bâtons rompus, Les retrouvailles, L'extra-lucide, ayant pour thème les relations humaines (couples, amis) et la communication (souvent futile, superficielle).

La phrase que j'ai retenue : « Les imbéciles existaient déjà, la télévision les a multipliés ».

Envie de lire ce recueil ? Pourquoi pas, j'aime le théâtre !


Détour par L'humeur vagabonde, librairie du 18è (Paris) où Olivier Michel livre son coup de coeur : Fuck America d'Edgar Hilsenrath, l'histoire de Jakob Bronsky, un jeune immigré, Juif européen, au début des années 50, un récit à « l'humour féroce » chez un petit éditeur tout récent Attila.

Envie de lire ce roman ? Je l'avais vu en librairie et titre & couverture ne m'avaient pas fait envie mais je changerais bien d'avis pour découvrir le New York des années 50 et ce nouvel éditeur !


Cap sur New York pour rencontrer Art Spiegelman (avec Françoise Mouly, directrice artistique du New Yorker) pour Be A Nose paru chez Casterman.

Le coffret contient un carnet (d'un dessin par jour) de 2007 publié en revue, un carnet de 1983 et un carnet de 1979 que l'auteur a emmené en Pologne pour la préparation de Maus (excellente bande dessinée, à lire absolument !).

Françoise Mouly présente la nouvelle collection de Casterman, Toon Books, des petits livres pour enfants en édition bilingue (anglais/français) dont Jack et la boîte d'Art Spiegelman.

La phrase que j'ai retenue : « Le dessin c'est immédiat, ça va tout de suite au cerveau, c'est plus fort que les mots en un sens ».

Envie de lire les albums de ce coffret ? J'ai été très impressionnée par Maus, mais ce coffret-là a l'air d'être plus un objet de collection à posséder lorsqu'on est fan de l'auteur que de lecture.


Douglas Kennedy (qui parle très bien français) pour Quitter le monde paru chez Belfond

Portrait en images de cet auteur cinéphile et mélomane, installé en Irlande et toujours pas publié aux États-Unis. Anecdote : tous les matins, il écrit ses 500 mots du jour.

L'histoire de Jane, de l'âge de 13 ans jusqu'à la trentaine. Jane est rendue responsable par sa mère du départ du père, le lendemain de ses 13 ans, suite à cette phrase malheureuse : « Je ne me marierai jamais, je n'aurai jamais d'enfant ». Père absent, recherche du père, vie quotidienne très fragile... Douglas Kennedy n'aime pas l'auto-fiction : bien sûr il y a dans ses romans des « choses cachées » mais ils ne sont pas des récits autobiographiques.

La phrase que j'ai retenue : « La poursuite du bonheur est toujours une poursuite ».

François Busnel lit un extrait : « Tous les gens qui écrivent ont fondamentalement un déséquilibre émotionnel » et demande leur avis aux auteurs. Douglas Kennedy répond oui, bien sûr. René de Obaldia pense que non car c'est une grande joie d'écrire, de communiquer. Jean Teulé ne sait pas car il travaille très librement, à son rythme.

Envie de lire ce roman ? Je ne connais Douglas Kennedy que de nom et on m'a déjà parlé de ses romans (en particulier Les charmes discrets de la vie conjugale et La femme du cinquième) mais je ne me sens pas attirée...


Une émission dynamique et passionnante que vous pouvez (re)voir sur le site consacré à La grande librairie, soit en intégralité, soit seulement l'auteur qui vous intéresse.


Prochaine émission à Saint-Malo pour le Festival Étonnants Voyageurs qui célèbre ses 20 ans !

PS : J'étais intéressée par cette émission (j'avais même envie d'aller au festival et de découvrir Saint-Malo !) et je voulais écrire un article mais je l'ai ratée... Peut-être aurais-je le temps de la regarder sur Internet...

Par Catherine
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Mercredi 25 mars 2009


Émission diffusée sur France 5 le jeudi 19 mars et disponible sur le site de La grande librairie.

 

Dans le cadre de la Semaine de la Langue française, François Busnel est à Dakar pour parler de la littérature africaine, en particulier sénégalaise, en tout cas de la littérature francophone africaine, qui est jeune (moins de 100 ans). Il va retrouver de nombreux invités au cours de cette émission riche en rythmes africains.

 

Amadou Lamine Sall explique que la langue française est entrée en Afrique par le Sénégal et que le premier agrégé de grammaire africain fut Léopold Sédar Senghor, un Sénégalais. Il parle de la négritude, qui est l'ensemble des valeurs des civilisations noires. À partir des années 60, la nouvelle littérature s'est adressée au peuple noir et plus aux Blancs, elle est devenue une littérature nationale, une littérature d'expression française qui permet de communiquer avec le monde. Actuellement, il y a encore une nouvelle littérature avec des jeunes, beaucoup de poésie, la littérature en langues nationales étant très présente mais peu connue à l'extérieur. Il est un fervent défenseur de la francophonie qui est la sauvegarde de la langue française. Amadou Lamine Sall est un grand poète sénégalais. Plus d'informations sur son site.

 

Abasse Ndione est un écrivain de romans policiers, un genre nouveau au Sénégal. Son dernier roman raconte comment les pirogues des pêcheurs sont volées pour aller aux Canaries. Le titre Mbeke mi est le bruit de la pirogue sur l'océan, il symbolise la tentation de la migration, du départ vers un paradis imaginé (Occident, Europe). Dans ce roman, deux pêcheurs décident de devenir convoyeurs et l'auteur dénonce ce commerce. Il comprend ceux qui partent mais pense que leur place est dans leur pays, il dit « je suis le témoin de mon époque », mais ne se veut pas un porte-drapeau ou un écrivain engagé.

 

Cheikh Hamidou Kane a publié un seul livre, il y a une cinquantaine d'années, L'aventure ambiguë dans lequel il raconte d'un côté la foi (il est musulman) et de l'autre l'école. Après des études à la Sorbonne, il retourne au Sénégal en 1958 et il analyse ce phénomène d'attraction/répulsion. Attraction pour la langue française apprise à l'école, qui donne l'occasion de s'exprimer avec une langue de culture, de transmettre sa pensée aux autres mais répulsion aussi car c'est la langue de l'ancien colonisateur qui ignorait les cultures, les valeurs éthiques et religieuses. Il explique dans son livre les repères de l'école et de la mosquée car au Sénégal, l'islam est orthodoxe avec le respect et la tolérance, et il conclut « il est possible d'apprendre sans oublier ».

 

Jean-Christophe Rufin, membre de l'Académie française depuis juin 2008, réside à l'Ambassade de France (il y a eu de nombreux écrivains diplomates ou ambassadeurs). Son dernier roman, Un léopard sur le garot commence avec les premiers jours de son arrivée durant la saison des pluies. Direction la pointe la plus à l'ouest du continent africain. Le Sénégal va-t-il inspirer son prochain roman ? Non, il ne peut pas écrire directement sur le Sénégal, il a un devoir de réserve. Par contre, il s'intéresse à la littérature sénégalaise, celle qui se fait ici, pas celle des expatriés. Il pense que l'avenir de la francophonie dépend des Français, qu'il faut se donner les moyens de rester fidèles à cette tradition, de valoriser cette filière francophone jusqu'au bout. J'avais lu Le parfum d'Adam il y a bientôt deux ans.

 

Ken Bugul est une Sénégalaise qui vit au Bénin. Depuis une vingtaine d'années, elle publie des romans qui font scandale car elle dénonce les viols, l'inceste, l'excision... Ken Bugul est un pseudonyme qui signifie « personne n'en veut ». Son premier livre Le baobab bleu paru en 1982 a été bien accueilli car c'était un roman, pas un essai, mais elle a attiré l'attention sur le culte de la viriginité (le fait de vérifier étant déjà un viol). Dans Riwan, elle raconte pourquoi elle a accepté d'être l'épouse d'un homme polygame et comment de femme rejetée par la société, elle a pu avoir un nouveau statut. Elle défend la francophonie, car elle écrit « en français mais pas du français » car le rythme est différent (à cause de la manière dont elle a appris le français dans son village en tant qu'indigène).

 

François Busnel nous entraîne ensuite dans la Librairie des 4 vents, la plus grande de Dakar, qui existe depuis plus de 35 ans. La libraire, Mona Hachem est d'origine libanaise mais sa famille vit là depuis trois générations. Elle dit que « les gens sont assoiffés de littérature à Dakar ». Son coup de coeur est Tounka d'Abdoulaye Sadji paru chez Présence africaine (c'est l'histoire du peuple fondateur) mais il y a aussi L'enfant peul d'Hamadou Ampâté Bâ, les livres de Mariama Bâ et bien sûr ceux du maître, Léopold Sedar Senghor.

 

Ousmane Sow est un sculpteur de réputation internationale et plusieurs livres de rétrospective des ses sculptures sont parus. C'est un solitaire dont le premier contact avec l'Art a été la poésie (« Je suis un rêveur », dit-il). Il se dit intéressé par les choses qu'il comprend parce qu'il n'est pas un aventurier intellectuel. Je suis impressionnée devant ses sculptures monumentales et étonnée d'apprendre que certaines ont été détruites pour en faire d'autres et pour avoir de la place !

 

Devant un large point d'eau, François Busnel se demande si les canards de Central Park se rendent à Dakar... Référence à l'émission spéciale sur les écrivains de New York.

 

Direction ensuite l'île de Gorée, par où sont arrivés les Européens : les premiers colons étaient Portugais au 15è siècle puis ce fut les Hollandais au 16è et enfin les Français au 17è. Malheureusement, l'esclavage avait commencé bien avant l'arrivée des Européens... Car il y a eu deux traites : celle des Blancs et celle des Arabo-musulmans. Le livre de Tidiane N'Diaye (écrivain, anthropologue, spécialiste de l'histoire africaine) sur la traite des noirs par les Arabes, intitulé Le génocide voilé est encore un tabou. Pourtant la traite occidentale a touché entre 9 et 11 millions de Noirs dont les descendants peuplent maintenant l'Amérique. Alors que la traite Arabo-musulmane a touché pendant 13 siècles plus de 17 millions de Noirs, qui ont été déportés, tués, et qui ont laissé très peu ou pas du tout de descendants à cause de la castration... L'Afrique a été victime de racisme, les Noirs traités en sous-hommes et le monde arabo-musulman a perpétré un véritable génocide par une « volonté manifeste de vouloir éliminer un peuple » mais l'auteur pense que ce sujet reste tabou à cause de la religion. Pour donner un exemple des très rares survivants, il cite les 2000 individus issus de peuples noirs en Irak, dont 90 % sont analphabètes et qui sont marginalisés et maltraités... Plus d'informations sur son site.

 

Tierno Monénembo, exilé depuis 35 ans en France, est l'auteur du roman Le roi de Kahel (prix Renaudot), « un récit romanesque mais d'une histoire vraie », celle d'un Français, Aimé Olivier de Sanderval qui décide de devenir roi d'une parcelle de terre. Le romancier voit ce héros comme une exception : « un colonialiste qui cherche à comprendre, romantique, solitaire, aventurier, qui veut bâtir le royaume de l'enfance ; influencé par les récits des aventuriers, il veut se bâtir son royaume à lui, c'est un original » et ce roman est un peu « une farce, burlesque, une parodie de la colonisation, une métaphore ironique de cette colonisation, une ambition de bâtir un monde à partir de ses propres idées, avec un colonisateur pas violent, qui ne ne veut pas conquérir, qui veut séduire, qui va battre monnaie... ». Tierno Monénembo cherche à déclencher « un rire sain » car plus de 50 ans après la décolonisation, il faut passer à autre chose, ne pas idéaliser et « porter un regard critique sur notre propre société ».

À la question « quel est le rôle d'un écrivain en Afrique », le romancier répond « le devoir de la folie : dire ce que les autres n'osent pas dire, fait ce que les autres ne peuvent pas faire ».

Alors un « renouveau des lettres africaines » ? Oui, « ce n'est plus une petite chose marginale, c'est en train de devenir une réalité mondiale ».

 

Très belle émission, enrichissante, chaleureuse, colorée et diversifiée dans laquelle on découvre des auteurs dont on avait seulement « entendu parler » et qui donne envie de lire plus la littérature africaine.

Par Catherine
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Vendredi 5 décembre 2008


Comme je le disais pour l'article sur La grande librairie du 13 novembre, j'ai pris un peu de retard dans la publication des articles sur cette excellente émission littéraire. Mais le jeudi 20 novembre, dans La grande librairie sur France 5, François Busnel présentait une émission exclusivement féminine et j'ai été déçue par cette émission...


Élisabeth Badinter (une grande dame) était là pour Je meurs d'amour pour toi : Lettres à l'archiducesse Marie-Christine (1760-1768).

Nina Bouraoui pour Appelez-moi par mon prénom.

Claire Castillon pour Dessous, c'est l'enfer.

Alice Ferney pour Paradis conjugual.


Ça parle d'amour, de sexe, d'homosexualité, de féminité et de couples, mais la littérature féminine abordant ces thèmes m'intéresse peu (la pire, c'est Angot). Je n'ai envie de lire aucun livre de ces dames et j'ai trouvé cette émission moins intéressante que les autres... C'est pourquoi je ne m'attarde pas plus que ça mais je vous laisse juger par vous même puisque vous pouvez voir l'émission sur le site dédié de France 5. Et vous me direz ce que vous en aurez pensé ?

Par Catherine
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Jeudi 4 décembre 2008


J'ai pris un peu de retard dans la publication des articles sur La grande librairie... Jeudi 13 novembre, François Busnel recevait dans La grande librairie sur France 5 : Denis Podalydès, Michel Onfray, Jean-Marie Blas de Roblès et Marie Nimier.


Jean-Marie Blas de Roblès a reçu le Prix Fnac pour Là où les tigres sont chez eux que j'ai furieusement envie de lire car j'ai l'impression que c'est un des grands romans de ce début de XXIè siècle. Portrait de cet auteur né en Algérie, arrivé en France à l'âge de 6 ans, qui a enseigné au Brésil (comme Claude Lévi-Strauss) dans les années 80 et qui a vécu en Chine. Dix ans de travail (plus 10 en quête d'un éditeur, finalement Zulma) pour ce livre archéologique dans lequel il a entrelacé 5 histoires sur la base de celle d'Athanase Kircher, un Jésuite du XVIIè siècle (1602-1680), un des plus grands savants de son époque, contemporain de Newton et Leibniz, mais qui « rate tout » car il a « choisi de sauver l'ancien monde ». L'auteur fait un parallèle entre le XVIIè et le XXè siècle : la guerre de 30 ans et la guerre du Kosovo, les problèmes avec les Ottomans et les problèmes avec les musulmans, etc. C'est un roman à la fois érudit et à la fois populaire car il a voulu se confronter à tous les genres littéraires. Il aime les auteurs sud-américains, les gros livres et « se perdre dans la littérature sans que l'érudition ne fasse interférence ». Le titre est la fois inspiré d'une citation de Goethe (Les affinités sélectives, référence à l'expatriement, métaphore de l'exil) et à la fois au fauve de Borgès. Busnel dit que c'est un « livre formidable » et « un des très grands romans de 2008 ». Ouh la la, que j'ai envie de le lire !


Le palmarès des ventes n'a pas encore été bousculé par le Goncourt décerné à Atiq Rahimi pour Syngué sabour, pierre de patience (que je n'ai pas encore lu mais qui m'intéresse).

En première place Ritournelle de la faim de Le Clézio, en deuxième place Révélation Stephanie Meyer et Un monde sans fin de Ken Follett, en troisième place entrée de Le voyage dans le passé, un roman inédit de Stefan Zweig (j'aime cet auteur).


Denis Podalydès a reçu le Prix Fémina Essai pour Voix off (livre vendu avec un CD audio car il a contribué au développement des livres lus). Portrait du frère cadet de Bruno, qui a grandi avec une grand-mère librairie et une mère professeur, qui a fait Normale Sup, le Conservatoire des Arts Dramatiques et la Comédie Française, qui aime le théâtre, le cinéma (une quarantaine de films à son actif), la littérature (son écrivain préféré est Proust) et l'écriture (il aurait voulu être Paul Claudel ou rien). En 2006, il réalise Scènes de la vie d'acteur (travail minutieux, doutes, incertitudes). Dans Voix off, livre autoportrait, il a voulu montrer l'importance de la voix : « je ne suis qu'une voix » dit-il. Il parle de ses préjugés sur Cyrano de Bergerac qu'il pensait nationaliste et bourgeois puis il a vu le film avec Depardieu et il a compris son ouverture. À la demande de Busnel, il lit un passage de Voix off en imitant sa grand-mère d'Alger (assez drôle).


Michel Onfray, avec l'essai érotique Le souci des plaisirs, reprend et prolonge son Traité d'athéologie. Portrait de cet auteur philosophe de 49 ans, né à Argenton en Normandie, qui a créé l'Université Populaire pour apporter la philosophie au public en agissant hors institution et l'Université Populaire du Goût pour montrer qu'on peut se nourrir bien, pas cher et original. Michel Onfray est en France le philosophe le plus lu. Il extrapole sur l'apôtre Paul (impuissant, névrosé, il cherche à imposer la chasteté au mariage et une sexualité limitée à la procréation) et veut créer une « érotique post-chrétienne » car il faut dépasser l'érotisme moderne et vivre un érotisme solaire comme ce qui existe au Japon, en Chine et en Inde où il n'y a pas de trace de haine de soi, du corps, du sexe et où les femmes sont vénérées. Le Kamasutra est pourtant un ouvrage contemporain de Saint-Augustin. Tantrisme ? « Le corps est un ami, utilisez-le pour jouir », physiologie et libido = différences, connaissance de soi puis quête d'autrui. Je ne suis pas convaincue... Et vous ?


Le libraire du Livre Phare à Concarneau en Bretagne propose Là où vous ne serez pas, un roman de Horacio Castellanos Moya qui raconte l'exil (né au Honduras, a grandi au Salvador et a vécu dans nombre d'autres pays). Ce livre m'intéresse car je connais peu la littérature d'Amérique du Sud mais j'avais déjà beaucoup aimé Dans la ville des veuves intrépides, de James Cañon.


Marie Nimier est la fille de l'écrivain Robert Nimier, mort au volant de son Aston Martin alors qu'elle avait 5 ans. Elle écrit (chansons, romans, théâtre, livres pour enfants), fait du théâtre et sort son premier roman à 28 ans. Il y a la figure du père en filigrane dans son nouveau roman Les inséparables, une continuation de La reine du silence, où l'auteur parle à travers Léa, l'amie qu'elle a rencontrée enfant. Éloge de la lecture, comprendre ce qui arrive, etc. À 13 ans, Léa plonge (drogue, prostitution) et l'auteur fait un travail sur les manques et le silence sur les explications. Pour elle, amitié égale pérennité (mot dans lequel il y a père). À la question « est-ce que c'est le personnage qui décide la fin du roman ou l'auteur », Marie Nimier répond que « ce sont les mots » (ce genre de littérature me gonfle prodigieusement mais cette réponse est jolie) et que « L'amitié continue mais le roman est fini ».


François Busnel annonce que le Prix France Télévisions a été décerné à Yasmina Khadra. Eh bien, voilà, il s'était plaint durant La grande librairie du 18 septembre parce qu'il ne recevait jamais aucun prix littéraire en France, en voilà un ! Bravo France Télévisions ! Euh... Oups ! Bravo Yasmina Khadra ! Trève de plaisanterie, c'est un grand écrivain et il est même l'auteur d'une série policière avec le commissaire Llob qui pourra vous être utile pour participer au défi littéraire Littérature policière sur les 5 continents !

Par Catherine
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Mercredi 12 novembre 2008

Après le lancement du bimestriel Gulli le mag (en juillet) et l'autorisation d'émettre 24 h/24 (en septembre), Gulli diffuse Qui l'a lu ?, une émission littéraire pour les enfants.


Présentation de l'émission (site dédié)

Cette nouvelle émission est diffusée le dimanche soir entre 20 h 30 et 20 h 45 (elle est rediffusée dans la semaine et disponible sur Internet). Courte (moins de 8 minutes), elle est destinée aux 7 à 12 ans. Le générique est joli, c'est un champ dont les arbres et les fleurs portent des lettres au lieu de fruits et de pétales. Deux voix off, une masculine et une féminine, animent l'émission pour les rubriques La minute du fan, Le reportage, La revue de presse des magazines, Mon libraire, Qui a dit ?, Surprise ! ou Le bonus.


Première émission, le 4 octobre 2008 (visible ici)

En tant que parrain de Qui l'a lu ?, Patrick Poivre d'Arvor s'exprime sur les bonnes raisons de lire : 1. s'évader, imaginer, 2. apprendre (orthographe, vocabulaire, grammaire) pour aiguiser sa curiosité, 3. se retrouver d'égal à égal avec d'autres pour parler des livres qu'on a lus.

Le reportage sur les 10 ans de Harry Potter, traduit en 64 langues, et la Pottermania qui a permis à des enfants de lire et même de lire en anglais. Owen a eu la chance d'interviewer J. K. Rowling. C'est normal la traduction simultanée avec une voix débile ? Il aurait mieux valu laisser les spectateurs écouter l'auteur parler en anglais et lire la traduction en français en sous-titre... (mon article sur le nouveau livre de J.K. Rowling).

La revue de presse des magazines avec Kid Paddle, Zaza Mimosa, Le Journal de Mickey, Virgule (qui propose aux lecteurs d'adopter un vieux mot et de l'utiliser tous les jours), Gulli le Mag (pourquoi ne pas avoir mieux présenté le nouveau magazine papier de Gulli ?).

Mon libraire avec Françoise qui propose l'album La ballade de Pat Garret & Billy the Kid de Taï-Marc Le Thanh et Loustal et le roman Le vrai prince Thibault d'Évelyne Brisou-Pellen.

Qui a dit « On ne voit bien qu'avec le coeur, l'essentiel est invisible pour les yeux » ? Réponse en fin d'émission... C'est le renard du Petit Prince, d'Antoine de Saint-Exupéry.

La minute du fan avec PPDA. Lorsqu'il était enfant, son livre préféré de était Le petit Prince. D'ailleurs la veuve de Saint-Exupéry, proche de sa grand-mère, l'appelait « Mon petit prince ».

La BD avec Le petit Prince de Sfar (mon article sur la BD de Sfar) puis annonce de Lire en Fête.


Émission du 11 octobre (visible ici)

La minute du fan avec Érik Orsenna qui donne ses bonnes raisons de lire : « ça explique le monde, ça pose une main sur votre épaule quand vous vous croyez seul et ça montre qu'il ne faut jamais avoir peur de rêver » et qui parle de ses lectures d'enfants avec Tintin pour l'aventure et l'amitié.

Le reportage avec encore Érik Orsenna, président du jury du prix Clara, un concours de nouvelles organisé pour les moins de 17 ans en hommage à une adolescente passionnée de lecture, décédée. Les nouvelles des 6 gagnants (1 garçon et 5 filles) seront publiées dans le recueil Pour Clara 2008.

La revue de presse des magazines avec Mon Quotidien Livres, Géo Ado, Picsou Mag, Chaudron Magique, Je Bouquine.

Mon libraire avec Sandrine qui propose l'album La fée Coquillette et la vache apprentie sorcière de Benjamin Chaud et Didier Levy pour l'humour et le roman Le premier qui pleure a perdu de Sherman Alexie, la véritable histoire d'un jeune Indien d'Amérique.

Qui a dit « Rendez-moi mon argent, coquin ! » ? Réponse en fin d'émission... C'est Harpagon dans L'avare, de Molière.

La BD avec Molière justement, et le premier tome de Tartuffe (2 autres suivront) où l'art de parler en alexandrins puisque le texte de Molière est conservé.

Le bonus avec le Reader, le livre électronique qui peut contenir jusqu'à 7000 pages mais qui coûte 300 €...

L'émission se termine avec « Lisez, les enfants, lisez, c'est bon pour la santé », je ne sais pas si c'est médicalement prouvé, mais c'est vrai que c'est bon de lire, et d'écrire aussi, et d'écouter de la musique (enfin, pas de la purée musicale), etc.


Émission du 18 octobre (visible ici)

La minute du fan avec la chanteuse Anggun (son papa écrivait des livres pour enfants) qui lit pour donner des couleurs à la vie, des rêves car il est « nécessaire de lire ».

Le reportage avec Sophie Audouin-Mamikonian, l'auteur de Tara Duncan, une série prévue en 10 tomes et dont le tome 5 paraît actuellement. À l'aquarium de la Porte Dorée, la J.K. Rowling française explique comment elle s'inspire des plantes et des animaux pour créer ceux (environ 250) de l'univers magique de son héroïne.

Revue de presse des magazines avec Mon Quotidien, Le Journal de Mickey, Astrapi (qui fête ses 30 ans), les jeux intelligents d'Arkéo Junior et le concours BD de Tchô.

Mon libraire avec Anne qui propose l'album Soleil noir de Fred Bernard et François Roca (illustrations superbes pour cette histoire de Conquistador dans la cité Maya) et le premier tome d'un polar scientifique À la poursuite du Kraken (série Les Cryptides) d'Alexandre Moix.

Qui a dit « Le rire est le propre de l'homme » ? Réponse à la fin de l'émission... C'est Gargantua, dans Gargantua, de Rabelais.

La BD avec le tome 3 de Marzi, le témoignage d'une fillette de 7 ans dans la Pologne en guerre et sa vision du monde des adultes.


Émission du 25 octobre (visible ici)

La minute du fan avec Louis Dussol, le jeune acteur de Magique, dont les livres préférés sont Naruto et Titeuf. Il est important de lire car « on peut pas vivre sans ». C'est mignon, espérons que lorqu'il aura lu tout Naruto et tout Titeuf, il saura passer à autre chose !

L'événement avec Lire en Fête. Gulli est parti dans les coulisses des Archives Nationales qui proposaient des ateliers d'art héraldique (blasons du Moyen-Âge), de calligraphie médiévale (avec plume et encre comme à l'époque des rois), de sceaux, de bande dessinée avec création de storyboards.

La revue de presse des magazines avec Mon Quotidien, Gulli le Mag, Petit Léonard, le concours d'écriture sur le cheval de Zaza Mimosa, et l'article de Télérama sur Qui l'a lu ?

Mon libraire avec Sandrine qui propose la BD Sardine de l'espace (drôle, rebondissements, suspense, imagination) d'Emmanuel Guibert et Joann Sfar et l'album La Mammouth Académie en voyage (une fable écologique) de Neal Layton.

Qui a dit « Se taire, c'est pareil dans toutes les langues » ? Réponse en fin d'émission... C'est Le Chat, de Geluck (mon article sur Philippe Geluck et Le Chat).

Livre surprise ! avec Proverbes et dictons farfelus de Jean-Hugues Malineau et Pierre Caillou car « on rigole bien avec les mots quand on ose s'amuser avec ».


Émission du 1er novembre (visible ici)

La minute du fan avec Marylou, comédienne dans Vilaine qui, jeune, n'aimait pas lire de gros livres et qui préférait donc les nouvelles et le magazine J'aime Lire.

Le reportage au Salon Paris Manga puisque la France est le 3ème pays consommateur de manga après le Japon et les États-Unis. Les meilleurs ventes de manga sont Naruto chez les garçons et Nana chez les filles.

La revue de presse des magazines avec les mots croisés de Zaza Mimosa, le concours de reporter-journaliste de Wapiti, Mon Quotidien, Astrapi, Les Petites Sorcières.

Mon libraire avec Florian du Manga Café qui propose Fairy Tail (pour les garçons) et Card Captor Sakura (pour les filles) et aussi le tome 10 de Keroro (pour les références qu'on y trouve).

Qui a dit « Où serait le mérite si les héros n'avaient jamais peur ? » ? Réponse en fin d'émission... C'est Tartarin de Tarascon dans Tartarin de Tarascon, d'Alphonse Daudet.

La BD avec le nouveau tome de Tao le petit samouraï, de Richard Ryser qui signe une bande dessinée influencée par le manga.

Le bonus avec Chibi Japan Expo à Montreuil.

Par Catherine
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Mardi 11 novembre 2008


Dans La grande librairie diffusée en direct et en public sur France 5 le jeudi 6 novembre, François Busnel parle de « la puissance de la littérature » suite à l'élection de Barack Obama aux États-Unis, et nous « emmène faire le tour du monde » avec ses invités, des écrivains voyageurs. Michel Le Bris et Atiq Rahimi sont tous les deux sur la liste finale du Goncourt (d'ailleurs attribué hier à Atiq Rahimi). Érik Orsenna lui était parti au Togo avant de recevoir le Goncourt et s'était dit « ça y est, je n'y penserai plus ». Au programme aussi une visite chez Ian McEvan à Londres.


Portrait en images d'Érik Orsenna, docteur en économie, professeur à la Sorbonne et à Normale Sup, ancien conseiller culturel de François Mitterrand, prix Goncourt en 1988 avec L'exposition coloniale, élu en 1998 à l'Académie Française (fauteuil 17, celui précédemment occupé par Cousteau). Il paraît qu'il a un petit côté Tournesol, en tout cas les questions scientifiques le passionnent, il se nourrit de tout (« un conteur, c'est une tour dont toutes les fenêtres sont ouvertes et qui laissent le vent passer ») et il pense que chacun doit avoir un semblant de culture scientifique. Après son voyage au pays du coton, voici son enquête sur L'avenir de l'eau : il n'y a pas selon lui de crise globale de l'eau mais plusieurs crises régionales et les conflits s'accumulent, sont de plus en plus violents à cause de la pression démographique. L'eau étant « le miroir de nos contradictions », il préconise un retour à la géographie et à la solidarité régionale.


Le palmarès des ventes de la semaine est bousculé par les livres fantastiques et les premiers prix : Médicis pour Là où les tigres sont chez eux de Jean-Marie Blas de Roblès (invité la semaine prochaine) et Fémina pour Où on va, papa ? de Jean-Louis Fournier. Première place pour Révélation de Stephanie Meyer (4ème tome de Fascination, une série à succès commencée en 2005), deuxième place pour Ritournelle de la faim de Jean-Marie Gustave Le Clézio, troisième place pour Un monde sans fin de Ken Follett (la suite des Piliers de la terre) et quatrième place pour Courir de Jean Échenoz.


Portrait en images d'Atiq Rahimi, écrivain et cinéaste né en 1962 dans une famille afghane francophile, étudiant au lycée franco-afghan de Kaboul en 1973, exilé au Pakistan en 1984 puis en France en 1985 où il étudie la communication et l'audiovisuel (Sorbonne). En 2005 il adapte au cinéma son premier roman Terre et cendres, un film tourné en Afghanistan. Il est aussi un photographe « onirique, porté sur le rêve ». Syngué sabour, pierre de patience est le premier roman qu'il écrit directement en français. Jeune, il a lu les écrivains étrangers d'abord en persan, puis Les Misérables de Victor Hugo à 14 ans. Quelle choc pour lui qui ne nomme pas les personnages, les choses et qui parle de la folie, de l'intégrisme sans les nommer. Selon Orsenna, il est le « génie de l'évocation ». Rahimi pense qu'il existe 3 sortes de langues : les grammaticales comme l'allemand, les fonctionnelles comme l'anglais, et les rhétoriques comme le persan et le français qui permettent de « dire la même chose de plusieurs manières ». Je suis d'accord avec lui. En 2002, après la chute des talibans, il retourne en Afghanistan et se rend compte qu'il doit écrire dans une autre langue pour ses livres en chantier. La pierre de patience est dans la pensée populaire afghane, iranienne et tadjike, les gens parlent, ils « déversent sur elle », la pierre écoute puis éclate et les gens sont libérés de leurs malheurs, de leurs souffrances. Le roman est un huis-clos entre une femme et son mari qu'elle n'a vu que quelques semaines en 10 ans de mariage : devant le corps de son époux, la femme prie silencieusement puis se révèle et raconte son passé, ses secrets. L'islam interdit les objets fétiches mais les croyants vénèrent la Kaaba à La Mecque, qui ne serait qu'une énorme pierre de patience. Rahimi veut parler des femmes afghanes comme de toutes les femmes, il cite en exemple des poèmes pachtounes érotiques écrits par des femmes (anonymes). Question d'Orsenna : « Et si la pierre de patience était la planète entière et à la fin, elle va éclater » ?! Rahimi pense que « toute histoire exige un sacrifice », oui mais de qui ?


« Cap sur Londres à la rencontre de Ian McEwan » pour parler de son nouveau roman, Sur la plage de Chesil, une critique au vitriol de l'Angleterre des années 60. « C'est l'histoire d'une nuit de noces qui tourne au cauchemar » car les jeunes mariés, vierges, n'y connaissent rien du tout au sexe et c'est le désastre. L'auteur a un grand cahier, il s'assoit à son bureau, note ses idées puis écrit son roman. Ici, les deux personnages sont Edward issu des classes moyennes inférieures et Florence des classes moyennes supérieures un peu bohèmes. Edward tombe amoureux et découvre le monde de Florence, la bonne nourriture. C'est la rencontre entre deux branches de la société anglaise. La musique est importante aussi, Florence est violoniste, elle aime Mozart, Edward n'aime pas la musique classique, il aime le rock et le rhythm and blues. Elle est dévorée par son ambition de diriger un quatuor à cordes, lui rêve de lui faire aimer le rock mais elle ne comprend pas cette musique. Leurs goûts musicaux différents reflètent le gouffre qui les sépare, le malentendu qui crée les tensions. McEwan pense qu'il pourrait situer ce roman à notre époque malgré l'omniprésence du sexe au cinéma, dans les magazines, partout.


« Retour sur le plateau de La grande librairie », avec les pronostics des libraires pour le Goncourt : 3 libraires citent Un chasseur de lion d'Olivier Rolin (j'avoue que je l'ai commencé il y a 3 ou 4 semaines et que j'ai du mal à le finir...), 2 libraires citent Là où les tigres sont chez eux de Jean-Marie Blas de Roblès (ma préférence va à ce roman ainsi qu'à Une éducation libertine de Jean-Baptiste Del Amo), d'autres sont cités une fois : Où on va, papa ? de Jean-Louis Fournier, Syngué sabour, pierre de patience d'Atiq Rahimi, Les accomodements raisonnables de Jean-Paul Dubois et Le rêve de Machiavel de Christophe Bataille.


Portrait en images de Michel Le Bris, né à Saint Malo, écrivain voyageur, vieux loup de mer breton, fondateur de La cause du peuple avec Sartre en 1970, passionné de jazz, de littérature de voyage, créateur du Festival Étonnants Voyageurs il y a 20 ans. Son roman (qui n'est que le deuxième sur une trentaine de livres), La beauté du monde raconte l'histoire de Martin Johnson et de son épouse Osa. Martin Johnson est une légende des années 20, un aventurier mystérieux hanté par Jack London. Il a pris des milliers de photos en Afrique, en particulier au Kénya, découvrant des territoires encore inconnus. Il est l'inventeur du cinéma animalier. Son épouse, Osa, qu'il avait enlevée alors qu'elle avait 16 ans et qui voyageait avec lui, est devenue tireuse d'élite : elle abattait les animaux qui chargeaient pendant que Johnson les filmaient. À cette époque, il y avait une prise de pouvoir de la jeunesse et des femmes à New York, avec la création artistique, le jazz et le jungle jazz, etc.


L'émission se termine avec quelques questions de téléspectateurs. « Si vous ne deviez garder qu'un seul livre d'un écrivain voyageur » : L'usage du monde de Nicolas Bouvier pour les trois auteurs. Atiq Rahimi a-t-il déjà reçu des menaces ? « Non, pas encore ». J'aime la conclusion de Michel Le Bris : « se perdre soi, pour se trouver, trouver l'étranger en soi, l'autre en soi » et le dessin de Jul sur « la littérature, une arme de construction massive » !

Par Catherine
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Lundi 3 novembre 2008

Le jeudi 30 octobre, avant les élections américaines, François Busnel est à Central Park pour rencontrer des auteurs déracinés : Salman Rushdie, Elie Wiesel, Alain Mabanckou et Uzodinma Iweala, Ceridwen Dovey. L'émission se déroule comme un hommage à L'attrape-coeur de J.D. Salinger puisque les auteurs devront répondre à cette question : « Où vont les canards quand les lacs sont gelés ? ».


Promenade pédestre dans Central Park avec Salman Rushdie pour L'enchanteresse de Florence, un roman qui développe une « idée de revenir sur ce qui est la naissance du monde moderne », et dans lequel l'auteur utilise la magie pour faire communiquer des gens qui étaient contemporains les uns des autres mais qui ne se sont jamais rencontrées (l'auteur a en effet découvert Dracula et le raid de l'armée ottomane contre lui). Rushdie explique que de toute façon, à cette époque (XVIème siècle), la magie était très présente aussi bien en Orient qu'en Occident. Pour lui, le premier devoir de la littérature, « c'est le plaisir », il a donc voulu que son livre soit une passerelle entre Orient et l'Occident, entre la beauté et la laideur, mais aussi une « méditation sur la nature du pouvoir » et « sur le fanatisme ». Il a voulu rapprocher des civilisations qui ne se connaissent pas, les Moghols, les Ottomans, les Occidentaux.

Après avoir quitté son Inde natale et vécu en Angleterre, Salman Rushdie s'est installé à New York (depuis bientôt 10 ans). C'est une ville qu'il aime, pour sa vie politique, sociale, intellectuelle complètement différente à New York que dans les autres états même les plus proches. Ça fait plaisir de l'entendre parler un peu en français, même si l'anglais revient vite pour mieux exprimer sa pensée. Son prochain roman racontera l'histoire de quelqu'un qui s'installe à New York et il lui fait arpenter ce quartier qu'il connaît bien car il y a habité. C'est d'ailleurs amusant de voir des gens qui le reconnaissent et prennent des photos. Pour conclure, il déclare que « les canards s'en vont en Floride comme tout le monde » ! Salman Rushdie est un homme pétillant, intelligent, sensible et il a de l'humour, tout ce que j'aime et qui va me donner envie de lire son roman (en plus, la couverture est vraiment réussie).


François Busnel continue de marcher et raconte quelques anecdotes sur Central Park et Le Plaza (hôtel situé à Manhattan en face de Central Park) : Le Plaza a inspiré John Rodrigo Dos Passos un des premiers écrivains de New York, Heminghway y résidait une fois l'an quand il devait rencontrer son éditeur mais il détestait New York, Saint-Exupéry y a vécu de 1941 à 1943 et y a écrit Le Petit Prince, Paul Auster a grandi dans le quartier de Central Park.


Tout prêt, se dresse le bâtiment qui accueille la Fondation Elie Wiesel Pour la Paix et François Busnel rencontre Elie Wiesel pour Le cas Sonderberg, un roman qui se passe à New York dans le quartier beatnik (l'auteur n'a jamais été beatnik mais ce mouvement l'a intéressé car il a enseigné à des étudiants beatniks). Né en Roumanie et naturalisé français, Elie Wiesel est un écrivain de langue française qui vit maintenant à New York. J'aime sa façon de parler, son calme, sa sérénité : « nous avons apporté nos racines avec nous » dit-il dans le taxi alors qu'il met la kippa pour aller dans un quartier juif très orthodoxe de Brooklyn. Il n'y vit pas parce que ce n'est pas son monde, il a gardé la foi par respect pour ses ancêtres mais il n'est pas strict comme eux. Après avoir été interpelé par une dame qui lui parle de ses parents originaires du village de Sighet où il est né puis par un monsieur qui dit que tout est mensonge, Elie Wiesel dit que le fanatisme est un danger et qu'il n'y a pas de dialogue possible entre Israéliens et musulmans. À la question de l'animateur (en référence à son dernier roman) sur comment peut-on plaider à la fois coupable et non-coupable, l'auteur répond que « l'écrivain est dans chacun des personnages qu'il crée » mais « il n'est pas les personnages » et peut plaider à la fois coupable et non-coupable car « il n'y a pas de culpabilité collective ». Lui a choisi de parler mais certains Juifs ont choisi de se taire et il les comprend car « il n'y a pas de mot » et ce malgré ses 50 livres : lui met simplement en principe le « si tu cherches l'étincelle, fouille les cendres ». D'après Elie Wiesel, « les canards vont très loin et reviennent toujours dans une très belle chorégraphie ».


François Busnel se dirige ensuite vers Harlem pour rencontrer deux écrivains noirs, Alain Mabanckou (francophone) et Uzodinma Iweala (anglophone).

Alain Mabanckou né au Congo-Brazzaville en 1966 a étudié les lettres et la philosophie dans son pays puis le Droit à Paris. Il a écrit plusieurs romans, récits et recueils de poésie depuis 1998 et vit maintenant à New York. Bien qu'il soit le traducteur en français d'Uzodinma Iweala, c'est la première fois qu'ils se rencontrent.

Salman Rushdie est un grand défenseur de Bêtes sans patrie, le roman d'Uzodinma Iweala, où l'auteur raconte les enfants soldats avec « un style fracassé » et « une destructuration du texte pour faire éclater quelque chose » : il mélange l'anglais créole du Nigéria et le parler d'enfant, le style oral et écrit car il veut créer une « forme parlée dans l'écriture ». Il veut aussi « revisiter les mythes africains ». En effet, né en 1982 à Washington dans une famille nigériane qui retournait régulièrement au Nigéria, Iweala est, à 25 ans, étudiant en médecine et « engagé pour faire changer les choses » : il a fait des recherches sur les enfants soldats, la violence, et « pointe du doigt tous les problèmes, avec audace et sans tabou », il se « méfie des stéréotypes sur l'Afrique » (lire son article Stop trying to 'save' Africa paru en 2007 dans le Washington Post). Il dit à François Busnel que des gens impliqués sont venus le remercier d'avoir écrit ce livre et déclare que « quand Barack Obama sera président, 'quand' et pas 'si', ça va beaucoup changer ».

En ce qui concerne les canards, Alain Manbouckou ne répond pas car il a repris cette question dans un de ces romans pour en montrer l'absurdité. Découvrez d'ailleurs Alain Manbouckou et son oeuvre grâce à son site officiel, à son blog sur CongoPage et à son nouveau blog Le crédit a voyagé.


Avant de rencontrer le dernier auteur, détour par la Librairie de France, au Rockfeller Center. Cette librairie ouverte en 1935 par le père d'Emmanuel Mholo, actuel propriétaire, est la librairie française la plus ancienne des États-Unis, mais elle va malheureusement fermer en septembre 2009 (à la fin du bail de location signé en 1994) car le loyer est devenu trop élevé (1000 dollars par jour !). Le père né en Grèce, a fait des études francophones et a émigré aux États-Unis où il a décidé de faire venir des livres français. Il a été invité par la maison Rockfeller pour ouvrir une boutique au Rockfeller Center. La population francophone de New Yok est nombreuse (environ 500000) et diversifiée (Français et autres francophones, Haïtiens, touristes). De plus, durant la Seconde Guerre Mondiale, beaucoup de Français vivaient en exil à New York dont des écrivains, André Mauroy, Jules Romains, Antoine de Saint-Exupéry, etc., qui ne pouvaient pas (ou plus) être édités en France ; le père Mholo a donc créé les éditions de La Maison Française et a publié plus de 200 ouvrages d'écrivains français en exil, qui sont introuvables en France. Mais actuellement le fils, qui n'a jamais reçu aucune aide du gouvernement français alors qu'il oeuvre pour la francophonie et qu'il promeut la littérature française depuis 1961, doit se débarasser de tous ces livres... C'est triste, très triste.


C'est à la Librairie de France que François Busnel rencontre Ceridwen Dovey pour Les liens du sang. Cette déracinée qui a conservé son identité sud-africaine a en fait plusieurs racines : elle est née en Afrique du Sud (sa mère, critique littéraire, a été une des premières à écrire sur Coetzee dans les années 80), a vécu avec ses parentes en Australie, a appris le français et a vécu à Bordeaux pendant un an (son père était un joueur de rugby professionnel et a joué du côté de cette ville d'où cet échange il y a 10 ans), a étudié à Boston (elle est arrivée aux États-Unis il y a 8 ans) et vit maintenant à New York.

Dans Les liens du sang, qui raconte un coup d'état, elle donne la parole aux proches qui témoignent. C'est donc « un premier roman polyphonique », « une fable courte et dense sur le pouvoir » où le lecteur est en contact avec les « gens superflus au service d'un pouvoir brutal ». Elle pense que même si ses parents étaient contre le système, ils ont profité de ce système et ils n'étaient pas les victimes.

Scoop : son prochain roman se déroulera au Pays Basque en France !


C'était une émission métissée, intéressante et enrichissante qu'il est possible de voir ou de revoir sur le site dédié de France 5.

Par Catherine
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Vendredi 24 octobre 2008


Dans La grande librairie diffusée hier soir à 20 h 35 sur France 5, François Busnel a présenté les auteurs invités sur le plateau : Laurent Gaudé, Colombe Schnek, Delphine Coulin et Juliette Binoche. Si vous n'avez pas pu voir cette émission, elle est rediffusée sur la même chaîne le dimanche à 9 h 55 et elle est disponible en archive (comme toutes les précédentes) sur le site dédié.


Portrait en images de Laurent Gaudé, fervent amateur de l'Antiquité et de tragédies grecques. Dans La porte des Enfers, il s'est laissé influencé par Naples et a créé des personnages étranges pour un livre « sur le deuil, sur le manque, sur la douleur » grâce à une communication entre les deux états (de vie et de mort), car l'auteur pense que les souvenirs et l'attachement empêchent les morts d'être disparus à jamais. Peut-être, si ça permet de moins souffrir. En tout cas, j'ai envie de lire ce roman mais en ce moment, j'ai déjà tellement de choses à lire...


Les meilleures ventes de la semaine sont en 1 : Ritournelle de la faim de Jean-Marie Gustave Le Clézio (évidemment !), en 2 : Un monde sans fin de Ken Follet, en 3 : Courir de Jean Échenoz et en 4 : Le fait du prince d'Amélie Nothomb (qui perd la première place détenue depuis des semaines).


Surprise : Juliette Binoche n'est pas seulement actrice, elle est aussi peintre et poète ! De ce fait son premier livre de poèmes et de peintures sort en librairie en novembre, c'est Portraits in-eyes (préfacé par Michel Frodon des Cahiers du Cinéma). Carrière en images de l'actrice qui est la 2è Française (après Simone Signoret et avant Marion Cotillard, voir >La Môme) à avoir reçu un Oscar. L'actrice qui va partir pour une tournée mondiale avec un spectacle de danse (eh oui, elle est aussi danseuse !) pense que le travail solitaire est une nécessité. François Busnel lui demande de lire le poème à Leos Carax (réalisateur des Amants du Pont Neuf en 1991).


Ensuite c'est Delphine Coulin. Portrait en images de cette belle femme préoccupée par le temps qui passe, les effets de l'âge, la vieillesse et qui réalise des courts-métrages avec sa soeur Murielle. Son dernier roman, Les mille-vies, raconte l'histoire de Dorine M, une actrice (mélange de Catherine Deneuve et de Juliette Binoche) qui oscille constamment entre femme et actrice. La romancière pense que « On a tous mille vies » car on joue plusieurs personnages, on a des comportements différents, une vie réelle et de nombreuses vies imaginaires. Intéressant et amusant, mais elle ne m'a pas donné envie de lire ce roman...


Petit détour par la Librairie L'esperluette à Chartres où Olivier L'Hostis donne son coup de coeur de la rentrée : Là où les tigres vont chez eux de Jean-Marie Blas de Roblès, un livre d'aventure, érudit et magnifiquement écrit, une réflexion sur la science qui apporte beaucoup de plaisir de lecture et c'est publié chez Zulma. J'ai lu des articles et j'ai très envie de lire ce roman qui a déjà reçu le Prix du Jury Jean Giono, le Prix du Roman Fnac et qui (source éditeur) « figure dans la 2e sélection du Prix Goncourt et du Prix Médicis, la 1re sélection du Prix Wepler et du Prix France Télévision ».


Et c'est Colombe Schneck qui termine l'émission. Parcours en images de cette journaliste de 42 ans (elle ne les fait pas du tout !) diplômée de Sciences Po, née dans une famille (très) aisée émigrée de Lituanie et de Transylvanie. Dans Val de Grâce, elle raconte l'histoire (autobiographique) d'une adolescente pourrie-gâtée et toujours tenue à l'écart des réalités, mais survient la mort du père puis celle de la mère. L'auteur voulait raconter son enfance, ce monde enchanteur que ses parents avaient créé autour d'elle et de son frère, mais elle s'est rendue compte que les parents leur cachaient tout, qu'ils créaient un monde merveilleux pour que leurs enfants puissent « se créer les plus beaux souvenirs possibles ». En effet, ils avaient connus la guerre, la faim et avaient dûs se cacher dans des couvents, donc ils voulaient que leurs enfants soient protégés de ces événements et vivent heureux. C'est émouvant mais je ne pense pas que je lirai ce livre...


Il y avait plus d'échanges entre les quatre invités - « réunis autour du travail de la mémoire » selon l'animateur - et donc elle était encore plus agréable à suivre, d'autant plus que les dessins de Jul étaient drôles et pertinents.


En parlant de dessin... Après La grande librairie, il y avait Arts & Culture avec Geluck, l'homme à tête de chat et la vidéo (interview et film documentaire) est disponible gratuitement sur le site de France 5 jusqu'au 30 octobre. Mon article sur Philippe Geluck et Le Chat.

Par Catherine
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Mercredi 22 octobre 2008


Le 16 octobre dans La grande librairie, François Busnel recevait Alicia Drake, Jean-Christophe Grangé, Jean-Paul Dubois et avait rencontré John Le Carré chez lui en Cornouailles. L'émission est en archive sur le site dédié.


Après une présentation de John Le Carré et des auteurs présents sur le plateau, c'est Jean-Christophe Grangé qui commence pour son dernier thriller (dont on a déjà bien parlé un peu partout). Portrait en images de cet auteur français qui rivalise avec les Anglo-Saxons et qui se vend très bien partout dans le monde grâce à ses romans rédigés comme des scénarios de films (évidemment ils sont adaptés au cinéma), à son écriture rapide et très documentée. Dans Miserere, le lecteur croise des enfants assassins, des nazis, un dictateur, etc. Mais comment écrire un thriller de 500 pages et garder un tel suspense ? Le but est de tout le temps « étonner le lecteur » et évidemment l'auteur se nourrit des reportages réalisés lorsqu'il était journaliste car il veut écrire une fiction en y mêlant la réalité et en y insérant des sous-pistes et des fausses pistes qui ont l'air réelles. J'ai lu les cinq premiers romans de Grangé et c'est vrai que j'ai passé de bons moments surtout avec Le vol des cigognes (1994) et Les rivières pourpres (1998), en fait ses deux premiers romans.


Ensuite rencontre avec John Le Carré (pseudonyme de David John Moore Cornwell), 77 ans, qui vit reclu en Cornouailles (sud-ouest de l'Angleterre) depuis 40 ans. Cet ancien agent secret se lève tôt tous les matins, à 5 heures ou même plus tôt et il écrit pendant 2 à 3 heures. Après avoir créé les personnages de son histoire, il invente les décors et les idées. L'intrigue de son dernier roman, Un homme très recherché, se passe à Hambourg (Allemagne) car « Hambourg est une ville coupable ». Et pour ce livre de 350 pages, l'auteur montre 5 caisses de manuscrits de départ ! Puis il fait visiter sa bibliothèque : en ce moment, il lit plutôt de la non-fiction et il est attiré par les choses secrètes plus que par les choses humaines. Intéressante rencontre. En fait, j'ai lu deux ou trois romans de John Le Carré mais je ne me rappelle plus lesquels ! Peut-être Un pur espion et La maison Russie...


Retour sur le plateau avec Alicia Drake pour Beautiful people qui raconte les rivalités entre Yves-Saint-Laurent et Karl Lagerfeld, deux arrivistes dans le Paris des années 60 à 80 (pareil on en a déjà parlé ailleurs). Portrait en images de cette journaliste anglaise, correspondante à Paris, qui a planché sur le sujet pendant 5 ans et demi et qui délivre une « enquête extrêmement littéraire ». Pourtant Lagerfeld a tenté d'en faire interdire la publication et il y aurait une auto-censure des magazines de mode et féminins français. Alicia Drake a en effet subi un procès du grand couturier et le livre est publié en France avec quelques changements par rapport à la version en anglais. Mais elle continue à penser que « la vie privée nourrit la vie d'artiste » et je suis d'accord avec elle mais je ne suis pas intéressée par ce livre.


Après un détour par la Librairie des Abesses à Paris qui a créé Le Prix Wepler - Fondation La Poste (vous l'aurez deviné, en partenariat avec La Poste) pour récompenser des auteurs différents, c'est au tour de Jean-Paul Dubois avec Les accomodements raisonnables (ce titre est inspiré par la législation canadienne). Portrait en images de cet auteur né en 1950, grand reporter au Nouvel Observateur, spécialiste des États-Unis (qu'il critique de façon virulente), qui parle de choses déprimantes de façon dérisoire et ironique. Dans chaque roman, son personnage masculin s'appelle Paul et son personnage féminin Anna, je trouve ça curieux malgré ses explications. Je ne suis pas intéressée par ses romans qui parlent du naufrage, des illusions et de la naïveté des gens de sa tranche d'âge mais j'aime bien son expression sur l'écriture, que c'est « une maladie mentale sociabilisée ».


Comme d'habitude les auteurs répondent à quelques questions SMS posées par des téléspectateurs.

Par Catherine
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Mercredi 15 octobre 2008


Le mardi 7 octobre, Au Field de la nuit, la nouvelle émission littéraire de TF1 présentée par Michel Field, a été diffusée de 23 h 50 à 00 h 50.


Elle s'est déroulée en compagnie de lycéens, de la terminale ES du lycée Jean Renoir de Bondy et de leur professeur de français, Thomas Reverdy. En prévision de l'émission, ces lycéens avaient reçu des livres qu'ils ont lus et qu'ils présentent maintenant sous le regard des auteurs.


Bernard Werber pour son recueil de nouvelles Paradis sur mesure où est présentée une société qui condamne les pollueurs, une société sans hommes, etc. Bizarrement, on parle des mêmes nouvelles que dans Vendredi si ça me dit... Est-ce à dire que les autres sont nulles ou que personne ne les a lues ?


David Foenkinos pour Célibataires, où un homme et une femme se rendent compte de leur solitude, la pièce de théâtre optimisant le texte et le jeu des comédiens, et pour Nos séparations, une histoire d'amour avec ses incidents de vie et ses séparations.


Laurent Gaudé est un auteur aimé des lycéens puisqu'il a reçu le Goncourt des lycéens pour La mort du roi Tsongor en 2002, ce qui le fait découvrir par la profession. Dans La porte des enfers, un couple perd son fils : descente aux enfers du couple et du père pour ramener son fils.


Le Goncourt des lycéens, épisode 1 ou le suivi pendant 2 mois de Kevin et Cannelle, Clément et Juliana, membres du jury du Goncourt des lycéens qui doivent lire 15 livres en 2 mois.


Valentine Goby, habituée des rencontres dans les collèges et les lycées, pour Qui touche à mon corps je le tue, livre qui traite du corps : avoir un corps, s'identifier à son corps, violences faites aux femmes, avortement, rapport à la vie, à la mort et au droit.


Faïza Guène pour Les gens du Balto, roman populaire et drôle dans lequel un patron de bar odieux est assassiné. Chaque habitant du quartier fréquentant le bar donne son opinion et pourrait être l'assassin.


On est sur TF1 et l'émission est coupée par la pub !!!


Michel Leeb joue dans une pièce de Philippe Claudel, Parle-moi d'amour !, un regard sur la sexualité d'aujourd'hui, que les spectateurs peuvent ressentir comme une thérapie de groupe. Il a déjà été l'invité de Vendredi si ça me dit !


Pierre de Vilno parle également de théâtre, avec Fin de partie de Samuel Beckett, en ce moment au Théâtre de l'Atelier.


Discussion sur le film primé à Cannes, Entre les murs, de Laurent Cantet, d'après le livre de François Bégaudeau. Représentation ? Réalité ? Le nouveau livre de François Bégaudeau est Anti-manuel de littérature et il en a déjà été question dans La grande librairie.


Chaque semaine, le télespectateur découvrira un écrivain dans sa librairie préférée ou dans sa bibliothèque. Cette semaine, c'est Amanda Sthers, auteur de Keith me, qui nous parle de sa bibliothèque et des livres qu'elle lit, qu'elle partage.


Chaque semaine, également, des chroniqueurs parleront de sujets précis :


Pour Mélanie Gambier, ce sera les livres adaptés au cinéma. Cette semaine, L'aveuglement (Blindness) de Fernand Meireilles, où suite à un virus inconnu, l'humanité devient aveugle sauf une personne. J'ai vu ce film, j'en parle ici.


Pour Jessica Nelson, ce sera les tendances et l'actualité. Cette semaine, le relookage des couvertures des poches (pour 8 prix Nobel de littérature) par des étudiants en art déco. Est-ce que les lecteurs vont les acheter ou est-ce un coup marketing ?


Pour Hubert Artus, ce sera Internet avec le blog aufielddelanuit.over-blog.com et le forum forum.tf1.fr/field-de-nuit et il incite les gens à faire connaître les livres qu'ils ont lus et aimés. J'ai visité le forum et je me demande comment des personnes qui aiment la langue française et la littérature peuvent faire autant de fautes...


L'émission est conviviale donc agréable à regarder mais les spectateurs n'apprennent pas grand chose car chaque écrivain parle peu de temps. Cependant le dialogue entre lycéens et écrivains est une bonne idée. Dommage que les lycéens en terminale d'aujourd'hui ont le niveau de conversation que les collégiens avaient il y a 20 ou 30 ans...


Je ne sais pas si je vais regarder chaque semaine. Peut-être que je regarderai plus tard sur le site dédié. Ce soir, pour ceux qui seraient intéressés, les invités annoncés sont Karine Tuil, Clémentine Autain, Anne Guillard, Anna Rozen, etc.

Par Catherine
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