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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 02:51

La ruche est un roman d'Arthur Loustalot paru aux éditions Jean-Claude Lattès le 28 août 2013 (192 pages, 16 €, ISBN 978-2-70964-474-7).

 

David Loustalot est un jeune auteur français d'une petite vingtaine d'années.

Du même auteur : Nos fils aînés (L'Harmattan, avril 2010, roman) et Là où commence le secret (Jean-Claude Lattès, janvier 2012, recueil de nouvelles).

 

Je remercie Hérisson car j'ai reçu La ruche dans le cadre de son partenariat avec les éditions Jean-Claude Lattès et Anne des éditions Jean-Claude Lattès qui m'a fait parvenir ce livre de la rentrée littéraire 2013.

 

Alice vit avec ses trois filles, Marion (19 ans), Claire (17 ans) et Louise (16 ans).

« Alice aime que certaines portes soient ouvertes et d'autres closes. » (page 9).

Mais « Alice n'aime pas que ses filles s'enferment à clé. » (page 12) pour des conciliabules où elle n'est pas conviée.

Alice élève seule ses filles depuis que son mari est parti. Ils se disputaient très souvent et il la battait mais elle ne supporte pas qu'il les aient abandonnées. Elle boit, prend des cachets et se fait du mal au grand dam de ses filles.

« Mais pourquoi, pourquoi tu fais tout ça ! Tu comprends pas que tu nous brises le cœur ? » (page 18).

Les souvenirs remontent à la surface : douze ans auparavant, le père avait déjà frappé Alice devant les filles réveillées par des cris et il était parti une première fois.

« Tu te souviens de ce que ça nous faisait ? L'impression qu'on nous arrachait le cœur ? » (page 22).

Mais là, le père est parti depuis deux ans et il ne reviendra pas puisqu'il demande le divorce. Les filles refusent de le dire à Alice.

« Mais maman, ça va la tuer. » (page 29).

Marion, Claire et Louise veillent sur leur mère, elles font des rondes, elles la surveillent pour l'empêcher de se suicider mais les relations entre elles et Alice vont vite empirer.

« Maman – un boulot, de gérer toute cette merde ? Louise murmure : parce qu'on est de la merde ? » (page 45).

Malgré l'amour qu'elles portent à leur mère, les filles n'en peuvent plus ; en essayant d'épargner Alice (elles ont entre autres caché la lettre de demande de divorce), elles ne s'épargnent pas elles et atteignent leurs limites.

« On ne va pas la lui donner, de toute façon ? » (page 725). « Cette lettre, c'est une mise à mort. » (pages 74-75). « On ne peut pas la faire interner. » (page 109).

 

Au début, j'ai eu du mal à appréhender ce texte car il n'y a pas de chapitres et le texte est d'un seul bloc c'est-à-dire que quand on a commencé la lecture, on ne peut pas s'arrêter (de toute façon, la vie, la souffrance ne s'arrêtent pas).

En plus, tout se déroule en huis-clos dans l'appartement, parfois les portes sont ouvertes, parfois elles sont fermées, parfois elles claquent, c'est donc oppressant et le rythme allant en s'accélérant, ça en devient haletant. Le lecteur – comme les filles – n'a aucun répit !

Il n'y a que quatre personnes mais cet appartement ressemble bien à une ruche.

Un autre détail : il y a des apartés, des dialogues différents, des pensées entre traits et il faut suivre ! Deux exemples :

« Maman est partie dans la vie avec un truc tellement lourd dans la tête et elle nous l'a transmis, comme papa l'a fait aussi : les angoisses, la violence, les mots, tous les secrets et notre intimité. Les problèmes qu'on a aujourd'hui, tout ce qu'on a refusé de nous laisser, et ce qu'il ne fallait pas nous donner – je n'ai pas envie de parler de tout ça, dit Louise – Laisse-moi finir – non. » (page 53).

« Marion se met à pleurer : mais tu te rends compte – tu te rends compte de ce que tu nous fais – maman – tu transformes nos vies en – vos vies ? Vos vies ? crie Alice : et la mienne ? Hein, c'est quoi, ma vie ? C'est quoi ma vie depuis trois, depuis vingt ans ? » (page 115).

Mais j'ai finalement apprécié ce récit « ambitieux et virtuose » comme le dit l'éditeur.

La violence s'installe inexorablement et les filles sont de plus en plus déçues et en colère contre cette mère qui se laisse aller et qui n'assure pas.

« C'est un cauchemar, un vrai cauchemar, ça ne s'arrêtera jamais. » (pages 144-145).

« On ne peut pas revenir en arrière. Il y a des choses qu'on ne peut pas effacer. » (page 169).

Jusqu'à la fin.

Arthur Loustalot a un style et une écriture bien à lui, qui peut dérouter, mais c'est vraiment un auteur à découvrir !

 

Une lecture pour le challenge 1 % de la rentrée littéraire 2013.

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commentaires

Cajou 07/10/2013 12:04

Tu as très bien choisi les citations, qui reflète parfaitement cette ruche étouffante. Pour moi, ce fut TROP et la lecture est vite devenue désagréable. Mon billet est d'ailleurs négatif par rapport au tien ^^
Au plaisir de te lire,
Cajou

Coccinelle 07/10/2013 14:13

Je viens de te laisser un commentaire sur ton article ; merci de ta visite ici. Je comprends bien pourquoi ça t'a fait trop, ça m'aurait fait la même chose si le livre avait été plus épais mais là, j'ai tenu le coup jusqu'au bout. Et je ne trouve pas que ton billet soit si négatif que ça, je dirais plutôt qu'il est argumenté. Je vais lire tes autres articles, bonne semaine et à bientôt.

clara 04/10/2013 18:51

comme toi, j'ai du mal à savoir si je l'ai aimé ou non...

Coccinelle 04/10/2013 20:26

C'est une expérience de le lire mais tenterais-je un autre titre de cet auteur ?

Géraldine 03/10/2013 20:56

Je ne connaissais pas ce titre, mais il pourrait bien me tenter ! Je note.

Coccinelle 03/10/2013 23:34

J'ai hâte de savoir ce que d'autres lecteurs en ont pensé !

Theoma 03/10/2013 16:25

je ne connais pas du tout l'auteur, je vais regarder cela de plus près.

Coccinelle 03/10/2013 23:33

Pas facile à aborder mais intéressant à découvrir !

Alex-Mot-à-Mots 02/10/2013 09:27

De ton billet, je retiens qu'il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée....

Coccinelle 02/10/2013 13:35

Rires. En fait, c'est important dans le roman, ça signifie que les filles veulent parler à leur mère ou se réunir en secret mais l'histoire est bien plus compliqué que ça ! Bonne journée.

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