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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 23:42

JardinHadjiBaba.jpgCoupCoeur2011Le jardin d'Hadji Baba est un roman d'Isabelle Delloye paru aux éditions Héloïse d'Ormesson (EHO) en avril 2011 (216 pages, 18 €, ISBN 978-2-35087-139-4).

 

Je remercie Blog-o-Book de m'avoir envoyé ce magnifique roman sur l'Afghanistan.

 

Djon Ali (10 ans) et sa sœur Laïli (5 ans) sont réfugiés à Kaboul après qu'une bombe soviétique tombée sur leur village ait détruit leur maison et tué leurs parents.

Hadji Akbar – originaire du Panshir et qui vit seul depuis le départ de ses enfants – recueille Djon Ali et envoie Laïli chez une nièce à Peshawar.

Pendant des années, Djon Ali reçoit enseignement et instruction car le vieux Hadji Baba veut développer son intelligence, sa culture et sa curiosité. « Sais-tu qu'on peut être ignorant et connaître par cœur des milliers de mots et de phrases ? L'imbécile se contente de répéter mais seuls l'analyse et l'exercice de la critique forgent une intelligence humaine digne de ce nom. Je t'ai appris à lire et à écrire pour que tu aies les moyens intellectuels de trouver ton épanouissement. » (page 17).

Alors qu'il étudie l'anglais, Djon Ali rencontre Wajma et part avec elle à Bamiyan (le village où les Bouddhas ont été détruits) pour construire une école et former des professeurs. « Ces gens sont les oubliés de la terre. » écrit Djon Ali à Hadji Baba.

Il faut dire qu'on est maintenant en 2001 et que les attentats du 11 septembre ont mis l'Afghanistan et les talibans sous le feu de l'actualité.

Un jour Mina, la petite-fille d'Hadji Baba, arrive de Suisse et s'installe chez son grand-père, l'accompagnant dans les derniers jours de sa vie...

Djon Ali va poursuivre son chemin, son rêve ; il va se passionner pour la photographie de paysages et de nature. Il va rencontrer des personnes qui ont aussi quitté l'Afghanistan, d'autres qui y ont vécu et qui ont connu Hadji Baba, et aussi Florence, une jeune journaliste.

Et puis un jour, envisager le retour au pays ?

 

Isabelle Delloye a été professeur de français à Kaboul, elle connaît et elle aime l'Afghanistan (du même auteur : Femmes d'Afghanistan).

Sur la couverture, on lit « Une ode grave et intimiste à l'Afghanistan » et sur la 4e de couverture « Au cœur d'un somptueux Afghanistan méconnu » alors que rajouter à ça ?...

On découvre d'abord un personnage très attachant : Hadji Baba qui avait quitté sa famille et sa campagne natale pour Kaboul et qui a réussi (il possède des restaurants et fréquente l'élite de la nation), ensuite une famille avec Hanifa son épouse bien-aimée, leur fils Timour et leurs filles Sara et Shirine, et aussi une maison et son jardin où il fait vraiment bon vivre (les murs d'enceinte sont hauts et protègent de l'extérieur).

Tout ça forme une entité universelle, une famille, du travail, une maison, le bonheur, la douceur de vivre, mais quelque chose vient enrayer la machine : l'Afghanistan pris en otage par des intégristes appelés talibans et les choses interdites (le visage des femmes, la musique, même le chant des oiseaux...) c'est pourquoi Timour et Shirine émigrent en Suisse et Sara aux États-Unis. « Une fois qu'on est loin, comment revenir ? » dit Shirine à Sara alors qu'elles se revoient des années plus tard.

Hadji Baba se retrouve donc seul et c'est finalement une joie de recueillir un orphelin (une espèce de famille recomposée) et de l'éduquer. « Vois-tu, Djon Ali, il ne faut pas oublier que tout homme subit des épreuves. […] la pauvreté matérielle, la prison, l'exil, […] la calomnie […]. Mais il faut garder l'espoir malgré les épreuves car l'intégrité l'emporte toujours sur le mensonge. » (page 71).

La deuxième partie du roman – qui se déroule après la mort d'Hadji Baba – est différente, elle raconte l'exil (Djon Ali/John, Aryana/Ariane, Fazia) et le retour en Afghanistan (qui m'a beaucoup émue) de Timour et son fils Daoud/David, Djon Ali, Mina et son époux Frédéric. C'est comme un symbole de la reconstruction de leur pays d'origine (écoles, hôpitaux, tourisme écologique).

En 1990 paraissait Mes enfants de Kaboul, livre de Serge de Beaurecueil qui m'avait marquée, touchée et qui était sûrement mon premier aperçu de l'Afghanistan. Entre ce livre et le roman que je viens de lire, vingt ans d'actualité sombre, violente, insoutenable... Et puis ce roman envoûtant qui fait découvrir un autre Afghanistan (le vrai ?), Le jardin d'Hadji Baba, une douceur à déguster avec un thé, une merveille, un gros coup de cœur ! Je vous le conseille chaleureusement.

 

Extraits

« La religion ne transforme pas les hommes en criminels ; ce sont les criminels qui utilisent la religion comme un alibi de leur soif de pouvoir. » (pages 31-32).

« L'eldorado européen avait été un mirage et, depuis des mois, ils l'avaient tous compris mais le retour au pays leur semblait impossible. » (page 113).

« Sans liberté, la foi en Dieu n'a pas de sens. » (page 168).

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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 06:23
J'aimerais vous parler de deux projets qui ont tous les deux à voir avec les femmes afghanes.
Pas de misérabilisme, pas de polémique, juste deux beaux projets.

 
Le premier, c'est l'opération Foulards Bleus lancée par Bénédicte en mars 2009.
Bénédicte a vu une photo de femmes de Kandahar (ville au sud de Kaboul) qui pour célébrer la Journée de la Femme (le 8 mars) ont porté par dessus leur burqa un foulard bleu posé sur leur tête.
C'est pour qu'on puisse dire un jour à ces femmes qu'on les a vues et qu'on a entendu leur message et leur soif de liberté que Bénédicte souhaite créer un patchwork de photos du même style que celle des 6 milliard d'autres de Yann Arthus-Bertrand.
Plus d'informations sur Qu'est-ce que Foulards Bleus ?.
Pour y participer, vous pouvez visiter le blog et envoyer à Bénédicte une photo de vous : tête nue avec un foulard bleu autour du cou. De mon côté, je ne l'ai pas encore fait car je n'ai pas trouvé ni foulard bleu ni quoi que ce soit qui puisse faire l'affaire (tee-shirt, écharpe...) pourtant j'aime le bleu !


Le second, c'est l'Afghan women's writing project créé en mai 2009 par la romancière et journaliste américaine, Masha Hamilton suite à son dernier voyage en Afghanistan en novembre 2008.
Le but est de donner la « parole » à des femmes afghanes en leur offrant la possibilité de publier leurs écrits (textes, souvenirs, poèmes, anecdotes) sur un blog. Elles sont pour l'instant une petite dizaine à écrire (en anglais).
J'aime bien les deux poèmes de Seeta : My dream world et Our fault in this world, et celui de Freshta : A dream was lost but I created another mais les autres méritent aussi d'être lues.
Il ressort deux belles notions de leurs écrits : le rêve et l'espoir.

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Publié par Catherine - dans sites & blogs Afghanistan
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