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14 juillet 2013 7 14 /07 /juillet /2013 23:07

Solitudes australes : chronique de la cabane retrouvée est un essai de David Lefèvre paru aux éditions Transboréal dans la collection Sillages en octobre 2012 (179 pages, 18,90 €, ISBN 978-2-36157-039-2).

 

Je remercie Gilles Paris de m'avoir envoyé ce livre.

 

David Lefèvre est né en 1973 à Fougères (Ille-et-Vilaine, Bretagne). Il a une licence d'histoire-géographie. Grand voyageur, il a déjà écrit Aux quatre vents de la Patagonie. C'est son expérience qu'il livre dans Solitudes australes puisqu'il vit au Chili depuis 2010.

 

L'auteur raconte son installation sur l'île de Chiloé au large du Chili : dans une cabane isolée au bord du lac à 10 km de l'océan.

« En réalité, il y a bien deux îles, celle qui regarde le continent et celle qui se tourne vers le Pacifique. » (page 12).

« Avec le changement d'hémisphère, c'est comme si la Terre avait la tête à l'envers. Les animaux et les espèces végétales qui m'entourent sont inédits. » (page 14).

Installation donc, puis exploration des environs, inventaires, excursions en canoé.

« Abandonné à moi-même, loin du premier humain, j'étais comblé. » (page 22).

Il passe beaucoup de temps à observer le ciel et les animaux, un choucas, un phasme, un couple de hérons... Il écoute le silence.

« Le feu, le repas et les livres sont mes récompenses. Comment expliquer cette satisfaction, cette jouissance dans la rusticité ? » (pages 43-44).

Puis il noue quelques contacts avec les habitants sur la côte. Il a besoin d'acheter du matériel pour retaper la cabane et aménager (défrichage, sillons, fossés, drainage, élagage...).

« Cultiver ce que l'on mange, manger ce que l'on cultive. Être un peu paysan, un peu pêcheur, un peu charpentier. » (page 46).

« Je vis cette beauté qui m'entoure comme un petit miracle. » (page 57).

Un jour, il entend un miaulement et recueille un chat famélique qu'il nomme Léon et avec lequel il partage le poisson pêché.

 

Mon passage préféré

« Loin des prêches des environnementalistes salonnards, il faut bien revenir à la réalité. Dans ces arrière-pays de subsistance organisée où la moitié du commerce humain n'entre pas dans les sacro-saintes statistiques de la rentabilité et du produit intérieur brut, l'écologie est une coquetterie d'Occidental. On pense d'abord à manger ? Nous autres, venus du Vieux Continent, débarquons avec nos grands sabots ferrés, nos idées généreuses et notre mentalité de pompiers qui voudraient éteindre tous les incendies. Forts de nos agitations et de nos révoltes nous avons l'air déplacés, pour ne pas dire ridicules. Mais attribuer à tous les Chilotes les circonstances atténuantes propres à leur condition et les dédouaner résulterait d'un excès de magnanimité. Certains ne recherchent plus la subsistance depuis longtemps mais le supplément de profit, légal ou non, qui fera enfler leur bas de laine. Et si la forêt tombe, c'est aussi l'effet de l'incurie des uns et du lucre des autres. » (page 98).

 

Pages 65 à 88, il y a de très belles photos : de la cabane et des environs, la faune, la flore, le lac, la vue sur l'océan, de l'auteur et de ses travaux. Ci-contre, une photo de l'auteur et de Léon (page 84).

 

Solitudes australes est un beau témoignage et une réflexion sur la vie, le voyage, la pauvreté, les racines. Mais j'ai eu un peu de mal à le lire car c'est écrit tout petit... D'ailleurs, je l'ai lu durant le marathon de lecture de Noël et j'ai mis encore plus de temps à rédiger ma note de lecture au propre !

« Qui n'est pas séduit d'emblée par la cabane ? La cabane engendre son mythe. Elle est à elle seule la survivante du paradis perdu. Elle porte en elle un monde qui semble ne plus exister. Mais cette vie existe elle aussi. Au présent. » (page 111).

« J'ai écrit ce que j'ai vu et entendu. Obstinément, sans rime ni raison, mondes vivants et mondes tombés dans l'oubli. » (page 173).

 

Il y a mot que je ne connaissais pas : érémitisme (page 113). C'est un synonyme d'ascétisme, le style de vie des ermites. Je m'en étais doutée vu le contexte !

 

Une lecture que je place dans les challenges 1 % de la rentrée littéraire 2012 (qui se termine le 31 juillet), Amérindiens (sur l'île de Chiloé vivent les Indiens Mapuches et Chonos), Amérique du Sud, Amérique latine et Des livres et des îles (Chiloé, Chili).

 

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Publié par Coccinelle - dans essai & doc Chili Amérindiens
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5 juillet 2013 5 05 /07 /juillet /2013 06:21

Une moitié de Wasicun est un roman de Jean-François Chabas paru aux éditions Casterman poche en mai 2013 (174 pages, 5,75 €, ISBN 978-2-203-06464-5).

 

Jean-François Chabas est né en 1967 à Neuilly sur Seine (Hauts de Seine) et il vit au Pays Basque. Il a exercé plusieurs métiers avant de se consacrer à l'écriture. Son premier roman est Une moitié de Wasicun en 1995. Une quarantaine d'autres a suivi depuis et pourtant je ne connaissais pas cet auteur !

 

Alors je remercie Brigitte et les éditions Casterman de m'avoir envoyé ce roman.

 

Hervé Blondon qui illustre ce roman est né en 1968 à Montélimar (Drôme) mais il vit depuis 1994 à Montréal (Canada).

Plus d'infos sur http://herveblondonillustration.com/.

 

Ebenezer Bragshaw, surnommé Eby ou Eb, a 13 ans. Il vit seul avec sa mère, une Indienne Sioux Dakota, depuis dix ans que son père, Blanc, ingénieur des Eaux et Forêts, a été tué par un chasseur. Il habite dans une cabane, construite par ce père qu'il a si peu connu, près des monts Absaroka dans le Wyoming. Il est élevé en Wasicun (Blanc) et il fréquente, comme son meilleur ami, Jim Penchak, l'école de Rainbird. Il ne connaît pas la culture de ces ancêtres indiens mais il connaît bien la forêt.

« Nous passons notre temps à courir les bois, et ça personne ne peut nous le voler. » (page 10).

Après être tombée d'une échelle, No-Word, la mère d'Eby est hospitalisée pour plusieurs semaines dans l'hôpital où elle est infirmière. Pony-Head, sa sœur, vient alors s'occuper d'Eby.

Un jour, Eby et Jim surprennent trois chasseurs qui tuent des cerfs rouges dans le parc de Yellowstone... Puis un matin, très tôt, ils observent un homme géant, chauve, à moto ; il est armé et a une ouïe très fine. Plus tard, Eby retournera voir ce que l'homme a enterré : un vieux calumet, mais lorsqu'il veut le montrer à sa tante le lendemain, le paquet enterré a disparu. Le grand-père d'Eby, Tate Topa – ou John Blacksmith – se montre toutefois intéressé car il y a eu des vols dans la réserve indienne de Cheyenne River et deux Indiens ont été tués.

« Chez nous, les Sioux, le calumet est l'objet le plus sacré. Il sert dans les cérémonies religieuses. Certains sont très anciens et n'ont pas de prix pour nous. Ils sont le symbole de l'âme indienne. » (pages 55-56).

 

Une moitié de Wasicun est un agréable roman d'aventure pour découvrir la culture indienne et la vie dans le Wyoming : si l'ours attaque, c'est qu'il a une raison.

« Les derniers rayons de soleil glissaient sur les jeunes feuilles et les bourgeons, leur donnant une teinte cuivrée. » (page 102).

C'est aussi une enquête policière menée en partie avec Mazaska, le shérif de la réserve de Cheyenne River.

 

Une lecture pour les challenges Amérindiens, Animaux du monde (ours), Jeunesse & young adults # 2 et Premier roman.

 

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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 23:10

Que vois-je lundi chez Sharon ? Un challenge Amérindiens créé par Lili de La petite marchande de prose. Quelle super idée ! Pour moi qui pleurait, étant enfant, lorsque les Indiens mouraient en trop grand nombre dans les westerns !

 

Toutes les infos et inscription chez Lili.

 

Le challenge court du 27 avril 2013 au 31 août 2014 et Lili accepte les billets rétroactifs (chouette, j'en ai un de sûr, une note de lecture de Sherman Alexie).

 

Le challenge est très ouvert : il concerne non seulement les lectures mais aussi l'art, l'histoire, l'ethnologie, la spiritualité, le cinéma, les expositions...

 

J'aime beaucoup les intitulés des 4 catégories :

Petit Tonnerre : de 1 à 3 articles

Homme Médecine : de 3 à 5 articles

Chef de guerre : de 5 à 10 articles

Grand Mystère : plus de 10 articles

Bien trouvé, n'est-ce pas ?

Je vais commencer en Petit Tonnerre, déjà pour être raisonnable et puis aussi parce que ce nom me plaît bien.

 

Mes articles pour ce challenge

 

Les articles rétroactifs : en fait, j'en ai bien plus que je ne le pensais, je redécouvre des articles !

1. Cholos à la télévision péruvienne (Cholos) en janvier 2007

2. Le premier qui pleure a perdu, de Sherman Alexie (Spokane) en mars 2009

3. Le club des policiers yiddish, de Michael Chabon (Tlingit d'Alaska) en août 2009

4. Nouveaux Indiens, de Jocelyn Bonnerave (Guayaki) en septembre 2009

5. La chorale des maîtres bouchers, de Louise Erdrich (Anishinaabe Ojibwé) en novembre 2009

6. Le roman du loup, de Claude-Marie Vadrot (relations du loup avec les Indiens d'Amérique entre autres) en décembre 2009

7. Indiana Teller 1 – Lune de printemps, de Sophie Audouin-Mamikonian (Indiens du Montana) en mars 2011

8. Les guerriers de la nuit, de Jean-Pierre Andrevon (Apaches et Navajos) en octobre 2011

9. Des mots, une histoire – 69 (Apaches) en juin 2012

10. Chamamé, de Leonardo Oyola (Guarani) en janvier 2013

Le logo du challenge a été rajouté dans ces articles.

 

Les nouveaux articles

1. Une moitié de Wasicun, de Jean-François Chabas (Dakotas Sioux et Cheyennes)

2. Solitudes australes, de David Lefèvre (Indiens Mapuches et Chonos sur l'île de Chiloé, Chili)

3.

+ ?

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16 juin 2012 6 16 /06 /juin /2012 18:33

DseMotsHistoire69e édition de Des mots, une histoire avec Olivia. Et voici la liste des 15 mots : turc/turque – liste – avance – choc – minute – cancre – sexe – extrême – conscience – ruisseler – baïonnette – envol – suranné – apache – lune. Il y a moins de mots, cette fois. Ils sont en couleur dans mon texte.

 

Bientôt la lune va disparaître, le jour se lèvera et la bataille commencera.

Soudain un aigle glatit dans le ciel.

Pour Aigle Solitaire, c'est un bon signe : le rapace s'est bien nourri durant la nuit et a repris son envol pour retrouver son nid. L'aigle est son animal totem. Le chef indien pense qu'il va lui aussi faire son devoir et rentrer chez lui victorieux. Il se sent plus fort, son sexe se durcit sous son pagne de coton blanc, non pas qu'il désire honorer son épouse mais à cause de l'excitation du combat à venir. Il est prêt et ses hommes, qui ont dansé une partie de la nuit, le sont aussi.

 

Les soldats ennemis avancent et n'ont pas la conscience de faire beaucoup trop de bruit... Dans quelques minutes, ce sera le choc entre les deux peuples et la bataille fera rage.

 

Le soleil s'est levé, il commence à réchauffer la terre et le cœur des hommes.

 

Enfin c'est le face à face...

 

D'un côté des fusils armés de baïonnette. De l'autre côté, des arcs et des flèches, des couteaux et des tomahawks pour certains.

 

Le combat est inégal mais les soldats sont lourds avec leur barda et ils ruissellent déjà de sueur.

 

Les guerriers Apaches sont braves et il sont sur leur terre. Ils veulent protéger leurs villages et les leurs. Ils se battront jusqu'à la mort.

 

D'ailleurs Aigle Solitaire bataille bien. Pour se donner encore plus de courage, il fait mentalement la liste de ses victoires passées et de ses glorieux ancêtres. Ses longs cheveux noirs volent au vent comme les ailes de l'aigle. En face de lui, le soldat est fort comme un Turc, mais Aigle Solitaire est souple, il est agile et sort victorieux. Il en retire une joie extrême mais plusieurs des hommes de sa tribu ont été tués et il sait que d'autres soldats viendront et qu'il y aura encore d'autres batailles...

 

Il pense à son fils, Petit renard, et à sa fille, Lumière d'automne. Il veut un bel avenir pour eux, sur la terre de leurs ancêtres, une vie en harmonie avec la nature, les animaux et les éléments. Il pousse un grand cri et tous les guerriers font de même. Ensuite ils pleureront leurs morts, prieront avec le sorcier du village et se prépareront pour la guerre contre les envahisseurs.

Apaches1873

Photographe : Timothy H. O'Sullivan (vers 1873)

© Denver Public Library, Colorado Historical Society,

et Denver Art Museum

 

***

 

Il ne reste plus que des photos à l'ambiance surannée et les cancres n'apprennent plus l'histoire des Indiens d'Amérique... Tout juste s'ils regardent quelques vieux westerns. Mais ce texte est un hommage aux Apaches, Cheyennes, Comanches, Creeks, Lakotas, Navajos, Sioux, etc., Cochise, Geronimo et tous les Indiens massacrés. Je suis bien consciente que les Indiens se livraient des guerres fratricides et se massacraient entre eux avant l'arrivée des Blancs mais ces derniers n'ont pas apporté la paix et ils ont massacré encore plus. C'était indigne.

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10 novembre 2009 2 10 /11 /novembre /2009 07:33

CoupCoeur2005.pngLa chorale des maîtres bouchers est un roman de Louise Erdrich paru aux éditions Albin Michel dans la collection Terres d'Amérique en janvier 2005 (480 pages, 22,50 €, ISBN 978-2-226-15673-0) et au Livre de Poche dans la collection Littérature & Documents en mai 2007, réédition avril 2008 (568 pages, 7,50 €, ISBN 978-2-253-12147-3). The master butchers singing club (2003) est traduit de l'américain par Isabelle Reinharez.

 

LouiseErdrichLouise Erdrich est née le 7 juillet 1954 à Little Falls dans le Minnesota et a grandi dans le Dakota (les deux États se situent au centre-nord des États-Unis). Sa mère moitié Française moitié Indienne (Anishinaabe Ojibwé) et son père un Américain d'origine allemande (comme le héros de La chorale des maîtres bouchers) travaillaient aux Affaires indiennes. Elle est auteur de romans y compris pour la jeunesse, de nouvelles et de poèmes.

Du même auteur : L'amour sorcier (1992), L'épouse Antilope (2002), Omakayas (2002), Dernier rapport sur les miracles à Little No Horse (2003), Ce qui a dévoré nos cœurs (2007), Le jeu du silence (2008), Love medicine (2008).

 

Lorsque Suzanne m'a contactée pour me demander si j'aimerais recevoir ce titre en poche, j'ai été attirée par plusieurs choses : tout d'abord le fait que Sherman Alexie (auteur de Le premier qui pleure a perdu) était citée comme faisant partie de la même mouvance littéraire que Louise Erdrich, ensuite l'envie de découvrir plus en détails le sort des migrants allemands après la première guerre mondiale et l'Amérique des années 20 à 50 (les années 20 et 30 étant une période que je connais peu mais que je découvre, précédemment avec la Russie et le Japon), et enfin le fait que le héros soit boucher et crée une chorale en souvenir de la Chorale des maîtres bouchers dans laquelle chantaient son père et son grand-père m'a amusée et émue. Je remercie donc Suzanne et Chez les Filles de m'avoir envoyé ce roman.

 

Le récit débute fin novembre 1918 lorsque Fidelis Waldvogel revient de la guerre et retourne à Ludwigsruhe, sa ville natale où l'attendent ses parents et sa sœur Maria Theresa. « Revivre après avoir été mort à soi-même était dangereux. » (page 15). Son ami de tranchée, Johannes, étant mort à ses côtés, le jeune homme s'est donné la mission de prévenir sa fiancée, Eva Kalb. Or celle-ci est grosse et il décide de l'épouser. En 1922, alors que Franz a trois ans, Fidelis part tenter sa chance en Amérique et débarque à New York avec dans sa valise ses précieux couteaux et les meilleures saucisses fumées de son père. Son but est de se rendre à Seattle mais il s'arrête à Argus, une bourgade du Dakota du Nord : « Il ignorait qu'il ne repartirait jamais. » (page 29).

Voulez-vous savoir comment se construisaient les villes à cette époque ? « Le bourg d'Argus était la création du chemin de fer [...]. D'abord il y eut les magasins pour fournir les fermiers en matériel et en nourriture, et puis les banques pour garder leur argent, puis d'autres magasins encore où les banquiers et les commerçants, à leur tour, pouvaient faire des achats. On bâtit des maisons d'habitation pour les gens du bourg. On édifia une église, puis une autre. Une école. D'autres maisons pour les enseignants, les employés du chemin de fer et ceux qui construisaient les maisons. Des tavernes pour leur vice. Une pharmacie pour leurs douleurs, et ainsi de suite [...] le tribunal [...]. » (page 53). Voilà pourquoi on dit que les villes suivaient le chemin de fer et poussaient comme des champignons !

À Argus, Fidelis est embauché par le boucher, Pete Kozka, il met de l'argent de côté, achète une ferme à l'autre bout de la ville pour se mettre à son compte et enfin fait venir Eva et Franz. C'est après avoir entendu le docteur Heech chanter qu'il fonde la Chorale des maîtres bouchers, même si celle-ci se compose en fait d'un boucher, d'un docteur, d'un gestionnaire de crédit de la banque, d'un employé de la banque, du bootlegger, du shérif et même de l'ivrogne local (c'est plus tard que le boucher Kozka les rejoint) : « La première rencontre eut lieu dans l'abattoir Waldvogel, doté d'un plafond élevé et de murs répercutant le son avec un effet agréable. » (page 71). « Qui eut pensé qu'un abattoir aurait l'acoustique sacrée d'une cathédrale ? » (page 161).

Malgré la crise, l'affaire de Fidelis et Eva prospère. Le couple a quatre fils, Franz a 15 ans, Markus 9 ans, les jumeaux Erich et Emil 5 ans.

Un jour Delphine revient à Argus où elle est née. Elle y retrouve Clarisse son amie d'enfance devenue croque-mort et Roy son père, accusé d'avoir laissé mourir une famille dans sa cave alors qu'il était ivre. Elle est accompagnée de Cyprian, un artiste mi-Indien mi-Français, avec qui elle vit sans être mariée et qui refuse de la toucher car il a des penchants homosexuels. Rapidement Delphine se lie avec Eva et travaille à la boutique.

Vivre, aimer, élever des enfants (pas toujours les siens), travailler, se créer des loisirs (créer la vie sociale), se battre pour son pays (ou son pays d'origine), faire des choix (pas toujours les bons)... Ce roman est une riche chronique de la vie dans une petite ville américaine entre les deux-guerres et pendant la deuxième guerre mondiale.

 

Mon passage préféré

« Delphine lisait et sommeillait sur un gros roman [...] qu'elle avait emprunté à la petite bibliothèque tenue par quelques enseignants au sous-sol du tribunal. [...] Elle avait toujours beaucoup lu, surtout depuis qu'elle avait perdu Clarisse. Mais désormais, c'était une obsession. [...] Elle lisait Edith Wharton, Hemingway, Dos Passos, George Eliot, et pour le réconfort, Jane Austen. Le plaisir de ce genre de vie – livresque, pouvait-on dire à son avis, une vie passée à lire – avait donné à son isolement un caractère riche et même subversif. » (page 443) BlogOTresorsGrominou« Elle habitait un personnage réconfortant ou terrifiant après l'autre. Elle lisait E.M. Forster, les sœurs Brontë, John Steinbeck. Qu'elle garde son père drogué sur son lit à côté de la cuisinière, qu'elle soit sans enfant, sans mari et pauvre, comptait moins dès lors qu'elle prenait un volume en main. Ses erreurs y disparaissaient. Elle vivait avec une énergie inventée. Quand elle arrivait au bout d'un roman, le posait et à contrecœur quittait son univers, elle se voyait parfois comme un personnage dans le livre de sa propre vie. Elle examinait les tenants et les aboutissants, les possibilités de l'étrangeté de son récit. Que ferait-elle ensuite ? » (page 444).

 

Ce livre est listé dans le défi Blog-o-trésors 2009. C'est ma huitième lecture dans le cadre de ce défi et je vais peut-être encore en lire d'autres.

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2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 01:00

Nouveaux Indiens est un roman de Jocelyn Bonnerave paru dans la collection Fiction & Cie du Seuil le 20 août 2009 (172 pages, 16 €, ISBN 978-2-02-098974-9).

 

Je remercie Suzanne de Chez les Filles et les éditions du Seuil de m'avoir fait parvenir ce roman et j'en profite pour le lire dans le cadre du challenge 1 % de la rentrée littéraire 2009.

 

Né en 1977, Jocelyn Bonnerave a étudié la littérature, les sciences humaines et l'anthropologie. Il a publié des articles dans la revue L'Homme. Il s'intéresse aussi à la musique et aux comportements liés à la musique.

 

Automne 2004, A. est un anthropologue français parti aux États-Unis pour étudier Frank (un Anglais, musicien de jazz, d'impro et professeur) et ses élèves : « Je suis chercheur en anthropologie. Je suis à Mills College, Oakland, Californie. J'ai vu Frank Firth à Paris l'été dernier [...]. » (page 26). « Il dit calmement, et dans un français impeccable, si tu veux observer viens tout l'automne à Mills, en plus tu verras les Américains en pleine forme, ce sera la période des présidentielles. [...] Je dis c'est quoi Mills ? Il répond en se servant de la bière australienne Mills College, c'est là que j'enseigne, école d'arts libéraux à l'avant-garde depuis un siècle, cinquante-cinq hectares, psycho, socio, danse, arts plastiques, et surtout famous département musique : Darius Milhaud, John Cage, Berio, Anthony Braxton. » (page 27).

Après un voyage épuisant et le jet lag (il insiste bien là-dessus, un duo No Jet Lag s'est même formé !), A. est attiré par de nombreuses affiches « We miss you Mary ». Il apprend que Mary Stern était une étudiante souffrant d'anorexie et qu'elle est morte après un voyage chez les Guayaki, des Indiens cannibales.

Mais « Mary perdait du poids par à-coups, et ça n'est pas normal. » (page 49).

Résolu de résoudre ce mystère, A. cherche de l'aide auprès de Joel son colocataire bouddhiste, Barry le petit ami de Mary (qui avait participé au voyage et filmé) et une clocharde portant un collier d'ambre qui traine sur le campus.

Il découvre aussi de nouveaux jeux sexuels dans les bras de Mary-Teresa (dite Treesa), une jolie sino-américaine qui fait partie du groupe musical.

 

A. ne quitte pas le carnet dans lequel il note tout. Et comme vous pouvez le voir avec les extraits ci-dessus, le style est un peu décousu, l'auteur écrivant des bouts de phrases, des idées, des informations et utilisant la ponctuation de façon arbitraire. J'ai un peu de mal avec ce genre de littérature mais le sujet m'intrigue et je veux en savoir plus sur ce chercheur en anthropologie qui va se lancer dans une enquête au sujet d'une jeune fille qu'il n'a même pas connue. Finalement, c'est tellement différent de ce que je lis habituellement, qu'il m'a bien plu et je dirais que c'est un roman déroutant et original.

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 06:39

Le club des policiers yiddish est un roman de Michael Chabon paru en janvier 2009 aux éditions Robert Laffont dans la collection Pavillons (483 pages, 21 €, ISBN 978-2-221-10879-6). The Yiddish policemen's union (2007) est traduit de l'américain par Isabelle Delord-Philippe. Il a reçu le Prix Sidewise et le Prix Nebula du meilleur roman en 2007 ainsi que le Prix Hugo du meilleur roman et le Prix Locus du roman de SF en 2008.

 

Michael Chabon est né en mai 1963 à Washington dans une famille juive mais il a grandi à Columbia (Maryland). Il a étudié l'Art à l'université de Pittsburgh (Pennsylvanie) et l'écriture à l'Université d'Irvine (Californie). Il vit avec son épouse, Ayelet Waldman, et leurs quatre enfants à Berkeley (Californie). Il est romancier, scénariste, et travaille aussi pour la bande dessinée.

Du même auteur

1988 The mysteries of Pittsburgh – Les mystères de Pittsburgh

1991 A model world and other stories – Avenue de l'océan (recueil de nouvelles)

1995 Wonder boys – Des garçons épatants

1999 Werewolves in their youth – Les loups-garous dans leur jeunesse (recueil de nouvelles)

2000 The amazing adventures of Kavalier & Clay – Les extraordinaires aventures de Kavalier & Clay : prix Pulitzer 2001

2002 Summerland

2004 The final solution – La solution finale

2007 Gentlemen of the road

2008 Maps and legends (essai)

 

Ce roman riche et dense est à la fois un roman policier et une uchronie.

La partie uchronie : L'état d'Israël n'existe pas, ou plutôt il a existé mais « 1948. Drôle de temps pour être juif. En août, la défense de Jérusalem s'effondra ; vaincus par le nombre, les Juifs de la république d'Israël vieille seulement de trois mois furent délogés, massacrés et jetés à la mer. » (page 44) et « La Terre promise n'a jamais paru plus lointaine ou inaccessible à un Juif de Sitka. Elle se trouve à l'autre bout de la planète, un lieu misérable dirigé par des hommes unis seulement dans leur résolution à ne laisser entrer que le menu fretin d'une poignée de Juifs las. Depuis un demi-siècle, Arabes irréductibles et partisans de l'islam, Perses et Égyptiens, socialistes, nationalistes et monarchistes, panarabistes et panislamistes, fondamentalistes et parti d'Ali mordent à belles dents dans Eretz Yisroël et le rongent jusqu'à l'os. Jérusalem est une cité de murs couverts de sang et de slogans, de têtes fichées sur des poteaux téléphoniques. Les Juifs pratiquants du monde entier n'ont pas abandonné l'espoir de vivre un jour sur la terre de Sion. » (pages 31-32) oui mais voilà, les Juifs sont exilés en Alaska, terre de glace des Indiens Tlingit et des ours polaires ! De plus, la mentalité du monde reste la même puisque « si quelque chose tourne mal ou va de travers, le blâme puisse en être rejeté plausiblement sur les Juifs. » (page 74).

La partie roman policier : Depuis son divorce, Meyerle Landsman habite à l'hôtel Zamenhof. Une nuit, le gérant le réveille car un occupant dénommé Emanuel Lasker vient d'être retrouvé mort d'une balle dans la tête. C'était un joueur d'échecs, homosexuel, drogué, et probablement le Tsaddik Ha-Dor, c'est-à-dire le Messie ! L'inspecteur Landsman et son équipier, Berko Shemets (Juif par son père et Tlingit par sa mère) mènent l'enquête sous les ordres de Bina Gelbfish (ex-Madame Landsman, promue capitaine depuis peu). « [...] si votre fils était le Messie, je pense que nous sommes tous dans la mouise. Parce que, à l'heure qu'il est, il repose dans un tiroir de la morgue au sous-sol de l'hôpital de Sitka. » (page 170). En plus, il leur reste onze affaires non résolues et pour les résoudre, seulement deux mois avant la rétrocession de l'Alaska aux États-Unis, date où les Yids devront partir...

 

Ce roman est un peu difficile à lire car il y a de nombreux mots yiddish (un glossaire se trouve en fin de volume mais il est pénible de s'y référer systématiquement pendant la lecture et j'aurais préféré que les notes soient en bas de page) et aussi plusieurs termes techniques du jeu d'échecs (heureusement, je connais un peu) mais le jeu en vaut le menora (chandelier à sept branches), lol ! Pour le style, pour l'originalité du scénario et des personnages, pour l'humour (juif évidemment !). Une belle découverte, donc.

 

PS : Publication de cet article le 18 août sur le blog du défi Littérature policière sur les 5 continents.

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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 07:27

Le premier qui pleure a perdu est un roman « presque autobiographique » de Sherman Alexie paru chez Albin Michel dans la collection Wiz en septembre 2008. Ce roman est traduit de l'américain (The absolutely true diary of a part-time Indian) par Valérie Le Plouhinec et illustré par Ellen Forney (281 pages, ISBN978-2-226-18017-9). Best-seller aux États-Unis, il a reçu le National Book Award 2007.

 

Sherman Alexie est auteur de romans et de recueils de nouvelles. Le premier qui pleure a perdu est son premier roman pour la jeunesse.

 

Le narrateur est Arnold Spirit Jr, surnommé Junior, un Indien de 14 ans qui vit dans la réserve Spokane créée en 1881. Il est né le 5 novembre 1992 avec « trop d'huile dans le crâne » (trop de liquide céphalo-rachidien) et a subi une opération à l'âge de six mois qui lui a laissé des séquelles. Il 42 dents au lieu de 32, un oeil presbyte et un oeil myope, des pieds gigantesques (à 10 ans, il chaussait du 46 !), un crâne énorme, il est très maigre, il est sujet aux migraines, aux convulsions, en plus il bégaie et zozote... La totale, quoi ! Dans la réserve, tous se moquent de lui, l'insultent et le frappent régulièrement. Mais Junior rêve de devenir dessinateur : « Que vous parliez et écriviez en anglais, en espagnol, en chinois ou en n'importe quelle langue, seul un certain nombre d'êtres humains vous comprendra. Mais si vous faites un dessin, tout le monde peut le comprendre. Si je dessine une fleur, tous les hommes, les femmes et les enfants du monde peuvent la regarder et dire : c'est une fleur. » (page 16).

 

Junior a deux amis. Oscar, un petit chien mais quand il est tombé malade, il a fallu que son père l'abatte : « Bien sûr, Oscar n'était qu'un corniaud errant adopté, mais c'était le seul être vivant sur lequel je puisse compter. [...] Franchement, Oscar était une meilleure personne que tous les êtres humains que j'avais jamais rencontrés » (page 21) et « un meilleur ami humain », Rowdy, né le même jour que lui, fan de bandes dessinées, mais qui est « le garçon le plus dur de la réserve », toujours en colère, toujours prêt à frapper...

 

À 14 ans, Junior entre au lycée et rencontre un professeur qui l'encourage à quitter la réserve, à ne pas abandonner comme les autres, à trouver l'espoir. Le soir même, Junior demande à ses parents de l'envoyer à Reardan où « il y a l'un des meilleurs petits lycées de l'État, avec une salle informatique, un immense labo de chimie, un club de théâtre et deux terrains de basket. [...] Les élèves de Reardan sont les plus intelligents et les plus athlétiques. Ce sont les meilleurs. » (page 63). Évidemment Rowdy est très en colère : non seulement il ne veut pas quitter la réserve pour aller dans ce lycée avec son ami mais en plus il le frappe.

 

Bien que la mascotte du lycée de Reardan soit un Indien, tous les élèves sont des Blancs et Junior est le seul Indien : « Tout était différent, c'était flippant, et je n'avais aucun moyen de rentrer chez moi. » (page 87). Personne n'est ami avec lui : « Les jeunes Blancs ne me parlaient pas. C'est à peine s'ils me regardaient. » (page 108) jusqu'au jour où il devient ami avec Gordy, avec qui il étudie, et surtout avec Penelope, belle et pleine de rêves, et puis aussi avec Roger, gentil et généreux. « Si on laisse les gens entrer un peu dans sa vie, ils peuvent se révéler bougrement surprenants » (page 163). Il va même faire partie de l'équipe de basket et devenir un joueur respecté. « Mon entraîneur et les autres joueurs voulaient que je sois bon. Ils avaient besoin que je le sois. C'est ce qu'ils attendaient de moi. Alors je suis devenu bon. Je voulais être à la hauteur de leurs attentes. Je suppose que tout est là. Le pouvoir des attentes. » (page 220).

 

Mais le malheur frappe plusieurs fois la famille Spirit et Junior devra être fort.

 

Un livre où on rit et où on pleure, un livre sur la vie et la mort, l'acceptation de soi et des autres, la tolérance, l'espoir et l'amour, l'amitié aussi. Un livre généreux, drôle et sensible.

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15 janvier 2007 1 15 /01 /janvier /2007 09:00
L'insomnie, vous connaissez ? Moi, oui, de temps en temps. Dans ces cas-là, soit je bouquine, soit je fais un zapping. Cette nuit, j'ai décidé de faire un zapping parce que je n'avais pas beaucoup regardé la télévision ces derniers jours et parce que je n'avais tout bonnement pas envie de lire !

Grâce à un documentaire de 25 minutes sur Arte montrant La télévision des Péruviens, j'ai pu découvrir les Cholos, des Indiens des Andes dont beaucoup vivent dans la pauvreté à Lima, la capitale du Pérou. Je me pose alors une question : ne vaut-il pas mieux pour ces Indiens vivre pauvrement mais décemment dans leur village de campagne ou de montagne au lieu d'être encore plus pauvres à Lima et perdre leur identité dans une ville où les urbains les rejettent... Après tout, c'est à eux de prendre une décision, s'ils veulent tenter leur chance, c'est leur vie et je n'y suis pas. Le documentaire précise d'ailleurs que de plus en plus d'Indiens arrivent à se faire une place en ville et réussissent même à crever le petit écran : présentateurs, acteurs, chanteurs. Tant mieux pour ceux qui réussissent, malheureusement je vois que c'est bien en perdant une partie de leur identité indienne que certains trouvent le succès...
Pour ceux que cela intéresse, ce magazine hebdomadaire intitulé Toutes les télés du Monde est diffusé sur Arte le samedi à 12h55 puis rediffusé le dimanche à 2h20, le lundi à 14h30, le mardi à 10h35 et le mercredi de la semaine suivante à 10h35. Les prochaines émissions de janvier concerneront "La télévision des Ukrainiens" dès le samedi 23 et "La télévision des Palestiniens" dès le samedi 27, je pense qu'elles peuvent être intéressantes aussi.
De plus, j'ai cherché sur Internet qui sont ces Indiens Cholos : c'est que je ne connais que peu de choses sur l'Amérique du Sud... En fait, ils sont d'origine Inca et des noms célèbres me sont revenus comme Quechua, Cuzco, Machu Picchu, lac Titicaca, (plein d'informations sur Précolompédia, le portail de l'Amérique pré-colombienne sur Wikipédia). J'ai découvert deux blogs : celui de Chrystelle Barbier (26 ans, Ardéchoise et journaliste à Lima depuis février 2005) où il y a de nombreuses photos non seulement du Pérou mais aussi de la Bolivie et celui de Nicolas à Lima (un jeune français qui a décidé de passer un an au Pérou) où il y a aussi bon nombre de photos et de liens.

Le documentaire est terminé, je continue mon zapping et je tombe sur le tennis diffusé par Eurosport. Et oui, la saison de tennis a commencé et après les premiers tournois au soleil (Doha, Sydney, Auckland), c'est déjà l'Open d'Australie.
Je vois Roddick jouer contre un solide gaillard à la peau mate : j'ai
cru que c'était un joueur aborigène ! Mais non, c'est Jo-Wilfried Tsonga, un jeune joueur Français invité à Melbourne que je vois pour la première fois et que je ne reverrai peut-être pas de sitôt vu qu'il a perdu... Un joueur à suivre même si je regarde le tennis juste comme ça, sans m'y intéresser à fond, mais il me semble que dans ce sport tout en élégance et puissance, il y a moins de "têtes de con" que dans d'autres sports et aussi moins de triche (dopage) de la part des joueurs.

En parlant de sport, j'ai vu pendant la pub quelques images du Dakar (qui a commencé le 6 janvier). C'est vrai que les paysages traversés sont beaux, mais d'une belle aventure sportive, c'est devenu depuis des années une compétition, avec beaucoup d'argent en jeu et je n'ai pas le temps de regarder tout ça, je veux dire de passer des heures devant la télévision. Je me souviens aussi de la mort de Daniel Balavoine, c'était il y a 21 ans... Hommage... Ses chansons sont toujours aussi belles.

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