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2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 17:21

Le terrier est une nouvelle de Franz Kafka écrite en 1923 (six mois avant la mort de l'auteur) et parue posthume en 1931. Der Bau, traduit de l'allemand par Dominique Miermont (éditions Mille et une nuit, 2002) est considéré comme un conte animalier.

 

Il est possible de lire Der Bau en allemand sur DigiBib.org et Gutenberg-Spiegel.

 

Biographie et bibliographie de Franz Kafka sur l'article du Challenge Kafka qui se termine demain.

 

Le terrier est écrit à la première personne, ce qui est rare chez Kafka. Le « je » est une taupe qui vit dans un terrier, symbolisant le lieu idéal (calme et confiné) pour l'auteur.

Dans ce terrier, il y a de nombreux tunnels et de la nourriture un peu partout, la vie devrait donc y être parfaite.

« La chose la plus merveilleuse dans mon terrier, c'est le silence. »

Mais la taupe, angoissée et paranoïaque comme pas possible, vit dans la terreur...

« Et ainsi je peux jouir pleinement et sans souci des moments que je passe ici, ou plutôt je le pourrais, mais c'est impossible. »

… Non seulement d'ennemis de l'extérieur qui pourraient s'introduire dans son terrier mais aussi d'ennemis de l'intérieur qu'elle croit entendre.

« Il y a aussi des ennemis dans les entrailles de la Terre. Je ne les ai jamais vus, ils sont légendaires, mais j'y crois. »

La taupe sait qu'un jour elle sera piégée (car il n'y a aucune sécurité nulle part et il est impossible de pouvoir tout contrôler en même temps) et condamnée à mourir (peut-être de façon effroyable).

Alors le terrier, abri ou piège ?

Le terrier est en tout cas angoissant aussi pour le lecteur !

 

Une lecture pour les challenges Animaux du monde (taupe), Des contes à rendre (conte animalier), Fant'classique, Kafka, Petit Bac 2014 (catégorie Lieu) et Un classique par mois (pour une fois que je n'attends pas la fin du mois !).

 

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31 mai 2014 6 31 /05 /mai /2014 22:28

Dans la colonie pénitentiaire est une nouvelle de Franz Kafka écrite en 1914 et publiée en 1919. Vous pouvez livre ce texte sur ebooksgratuits.com. Il est possible de lire In der Strafkolonie en allemand sur DigiBib.org, Gutenberg-Spiegel et Zeno.org.

 

Biographie et bibliographie de Franz Kafka sur l'article du Challenge Kafka qui se termine le 3 juin (déjà ?!).

 

Un chercheur en voyage d'études est invité dans la colonie pénitentiaire pour assister à l'exécution d'un soldat condamné.

Un officier prépare « l'appareil », ingénieuse invention de l'ancien commandant, et se met à expliquer avec grand plaisir son fonctionnement au voyageur.

Le nouveau commandant est contre ce genre d'exécution : la machine ira-t-elle au bout de sa fonction ?

 

Le soldat condamné « pour indiscipline et offense à son supérieur » s'est en fait endormi devant la porte de son capitaine alors qu'à chaque heure, il est sensé se lever et saluer. C'est bien maigre pour condamner quelqu'un, vous ne trouvez pas ?

Non seulement le condamné ne connaît pas la sentence et ne sait même pas qu'il est condamné (quelle justice expéditive !) mais la machine est un énorme engin de torture qui s'acharne pendant douze heures sur le corps du malheureux qui y est attaché ! Qui a envie de voir un tel spectacle ? Mais tous les habitants de l'île, même les enfants, venaient y assister avant que le nouveau commandant ne l'interdise !

Le voyageur – on sait qu'il est européen – réfléchit : il voudrait intervenir, dire quelque chose car « L'iniquité de la procédure et l'inhumanité de l'exécution ne faisaient aucun doute. » mais il n'est qu'invité de la colonie pénitentiaire, étranger de surcroît et, malgré les belles idées éclairées que sa culture a engendrées, il est sur cette île seul et totalement isolé.

Quant à l'officier, nostalgique de son ancien commandant, est lui aussi seul à défendre la conception et l'utilisation de la machine. « C'était le bon temps, camarade ! ». Et il se doute bien que le nouveau commandant utilisera tout ce que dira le chercheur pour l'interdire sous prétexte qu'ailleurs c'est différent, que l'accusé est interrogé avant d'être condamné, qu'il est averti de sa condamnation. Sa peur de changer, d'évoluer, de modifier sa pensée vont le pousser au pire.

 

Ma phrase préférée : « Mais comme l'homme devient alors silencieux, à la sixième heure ! L'intelligence vient au plus stupide. » L'intelligence ? Au bout de six heures de torture...

 

Je me suis demandé de quel pays était originaire le voyageur et à quel pays pensait Franz Kafka pour localiser sa colonie pénitentiaire (peut-être en Asie ?) : c'est quand même un peu frustrant de ne pas savoir...

Écrit en octobre 1914, soit moins de trois mois après le début de la Première guerre mondiale, Dans la colonie pénitentiaire montre peut-être les craintes de l'auteur concernant les guerres modernes et les totalitarismes.

En tout cas, la machine est en marche, et tant qu'elle ne sera pas détruite, le monde et les humains continueront eux aussi leur marche vers la folie, que ce soit en 1914, en 1939 ou à notre époque.

Il existe plusieurs adaptations (cinéma, théâtre, opéra, bande dessinée) de La colonie pénitentiaire mais je ne les connais pas.

 

Une lecture dérangeante mais indispensable que je place dans les challenges Fant'classique, Kafka, Petit Bac 2014 (catégorie Lieu) et Un classique par mois.

 

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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 10:40

Pour quelques milliards et une roupie est un roman de Vikas Swarup paru aux éditions Belfond en avril 2014 dans la collection Littérature étrangère (406 pages, 21,90 €, ISBN 978-2-71445417-1). The accidental apprenctice (2013) est traduit de l'anglais (Inde) par Roxane Azimi.

 

Vikas Swarup est né en 1963 à Allahabad (Inde). Il a étudié l'Histoire, la psychologie et la philosophie. Il est diplomate (depuis 2009, il est consul général de l'Inde à Osaka-Kobe au Japon) et écrivain : Les fabuleuses aventures d'un Indien malchanceux qui devint milliardaire (2006) qui fut déjà un coup de cœur, et Meurtre dans un jardin indien (2010) que j'ai zappé à sa parution mais que je veux lire. Plus d'infos sur http://www.vikasswarup.net/.

 

Je remercie les éditions Belfond et Babelio car j'ai reçu ce roman dans le cadre d'une opération Masse critique.

 

Sapna Sinha, jeune femme de 23 ans, a abandonné ses études à la mort de son père (professeur) et accepté un poste de vendeuse chez Gulati & Fils, un magasin d'électroménager, électronique et informatique. Elle doit en effet ramener de l'argent pour s'occuper de sa mère et de sa sœur de 20 ans, Neha, avec lesquelles elle vit à Rohini dans la banlieue de Delhi.

Le vendredi, à la pause déjeuner, elle va prier au temple du dieu singe Hanuman pour expier la mort de sa sœur de 15 ans, Alka, dont elle se sent responsable.

« Le temple est bondé, […] Le sol de marbre est frais sous mes pieds nus, et l'air embaume le mélange capiteux de sueur, de santal, de fleurs et d'encens. » (page 11).

C'est là qu'elle est abordée par Vinay Mohan Acharya, un monsieur de 68 ans, veuf et sans enfant, qui lui propose de devenir PDG de son groupe à condition qu'elle réussisse sept épreuves pour sept critères fondamentaux mais dont il ne peut rien dire.

« J'ai cherché en long et en large, mais je n'ai trouvé personne qui convienne. Mes cadres sont d'excellents exécutants, mais je n'en vois aucun qui aurait la stature d'un vrai dirigeant. » (pages 17-18). « Il y a un je-ne-sais-quoi dans vos yeux, une étincelle que je n'ai encore vu nulle part ailleurs. […] Vous seule possédiez cet irrésistible mélange de désespoir et de détermination que je recherche. » (page 18).

Bien que son avenir soit bouché, Sapna refuse d'abord : elle n'a pas les compétences requises et n'a pas envie de diriger une entreprise. Le besoin d'argent la décide finalement à accepter l'offre d'Acharya mais elle a l'impression d'être « un jouet entre les mains d'un richissime homme d'affaires. » (page 116). Heureusement, elle est soutenue par son voisin, dont elle est secrètement amoureuse, Karan Kant.

« Rien n'est plus rassurant qu'un ami qui est toujours là quand on a besoin de lui et sur qui on peut compter en toute circonstance. » (page 163).

 

Quel riche roman très agréable à lire ! Dans cette fable moderne, j'ai retrouvé avec grand plaisir l'ambiance et l'humour des Fabuleuses aventures d'un Indien... Mais Pour quelques milliards et une roupie n'est pas qu'un roman divertissant : il donne à réfléchir sur l'Inde moderne, toujours prise dans un carcan de traditions difficiles (impossibles ?) à faire disparaître... Pauvreté, bidonvilles, ateliers clandestins, travail des enfants, trafic d'organes, mariage forcé, système des castes encore présent bien qu'aboli dans la Constitution de l'Inde (en 1949 !), discriminations, corruption, et puis quelque chose de nouveau : l'obsession de la gloire et de la célébrité pour la jeunesse (exemple de Neha qui veut devenir chanteuse).

Sapna n'est pas au bout de ses peines et regrette parfois d'avoir signé ce contrat un peu fou ! J'ai frémis avec elle, j'ai voulu l'encourager ou la mettre en garde, je veux dire qu'en tant que lecteur, j'ai vraiment eu l'impression de vivre avec Sapna ces épreuves toutes plus ardues les unes que les autres et, comme elle, je ne pouvais pas m'arrêter !

 

Quelques extraits

« Les morts ne meurent pas. Ils se métamorphosent en fantômes, flottent dans l'air, hantent nos pensées, squattent nos rêves. » (pages 63-64).

« Les morts ne meurent pas. Tant qu'on se souvient d'eux, ils continuent à vivre dans nos cœur. » (page 75).

« Les choses ont la valeur qu'on leur donne. » (page 140).

« On ne choisit pas sa famille, mais on a toujours le choix de réparer ce qui a été cassé. » (page 199).

« Le malheur des uns ne doit pas faire le bonheur des autres. » (page 280).

 

Pour quelques milliards et une roupie est un très bon roman que je mets dans les challenges Lire sous la contrainte (conjonction de coordination), Littérature du Commonwealth (Inde), Petit Bac 2014 (catégorie Objet avec la roupie), Le riz et la mousson (bien que Val ait décidé de l'arrêter) et Tour du monde en 8 ans (Inde).

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28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 02:50

La métamorphose est une nouvelle de Franz Kafka d'abord publiée dans la revue Weiße Blätter (numéro d'octobre 1915) puis parue chez Kurt Wolff Verlag (la même année, 1915, mais avec la mention 1916 sur la couverture). Die Verwandlung fut traduit de l'allemand par Alexandre Vialatte et parut aux éditions Gallimard en 1938.

Vous pouvez lire La métamorphose en édition de poche (Folio classique entre autres), en édition bilingue (Folio bilingue) ou en version numérique.

 

Franz Kafka (1883-1924) : en lire plus sur lui et son œuvre ici.

 

« En se réveillant un matin après des rêves agités, Gregor Samsa se retrouva, dans son lit, métamorphosé en un monstrueux insecte. Il était sur le dos, un dos aussi dur qu'une carapace, et, en relevant un peu la tête, il vit, bombé, brun, cloisonné par des arceaux plus rigides, son abdomen sur le haut duquel la couverture, prête à glisser tout à fait, ne tenait plus qu'à peine. Ses nombreuses pattes, lamentablement grêles par comparaison avec la corpulence qu'il avait par ailleurs, grouillaient désespérément sous ses yeux. »

 

Voici comment débute La métamorphose. Et ce n'est pas un rêve : Gregor Samsa, représentant de commerce depuis cinq ans (depuis son retour de l'armée), est bien chez ses parents, dans sa chambre, et il est transformé en cafard !

Gregor travaille mais, comme il n'a pas pris le premier train de cinq heures, son employeur a envoyé le fondé de pouvoir chez lui à sept heures. Ce que ses parents, sa sœur et le fondé de pouvoir entendent de l'autre côté de la porte ressemble à « une voix d'animal » et ce qu'ils voient lorsque celle-ci s'ouvre enfin les horrifie. D'ailleurs, l'envoyé du patron s'enfuit et il ne sera plus question de travail ou de vie sociale pour Gregor...

Mais finalement, qu'était la vie de Gregor, sa vie d'humain ? Une vie pour ses parents et leur dette à rembourser ? Une vie pour son patron et son travail ? Une vie de cafard et c'est pourquoi il se serait transformé ?

Gregor comprend ce qui se dit et a l'impression de répondre mais en fait il ne peut plus communiquer. Que va devenir sa famille sans lui ? « […] il était tout brûlant de honte et de chagrin ».

Malgré leur aversion, les parents et la sœur s'occupent de lui (surtout la sœur, Grete), du moins un minimum et pendant un temps... Car l'odeur et la présence de cette chose – qui n'est plus ni le fils ni le frère travaillant pour faire vivre la famille – sont gênantes.

Gregor est devenu inutile... encombrant même.

 

Voilà, j'avais envie de me replonger dans l'œuvre de Kafka depuis longtemps mais je n'avais encore rien lu pour le challenge Kafka qui se termine le 3 juin 2014. La métamorphose s'est imposée car je l'avais lue à l'adolescence (c'est-à-dire il y a plus de trente ans !) et elle fait partie de ses plus célèbres titres. Lee Rony l'a aussi lue pour le challenge.

Si Gregor, jeune homme travailleur aimant sa famille, se métamorphose en cafard, n'est-ce pas parce qu'il avait somme toute une vie de cafard en étant humain ? Enfermé dans sa vie, enfermé dans son travail, enfermé dans le remboursement de la dette de ses parents, enfermé dans sa chambre ? Aucune explication n'est donnée dans le récit sur la terrible transformation subie durant cette nuit-là par Gregor. C'est la fatalité, personne n'y peut rien. Mais le drame ne s'arrête pas là car c'est toute la famille qui se métamorphose par son comportement : la famille est horrifiée, distante, dégoûtée voire haineuse et préfère avoir le minimum de relations avec le « monstrueux insecte » ; Gregor se replie sur lui-même puisqu'il ne peut plus communiquer, vit enfermé dans la plus grande solitude et s'enfonce dans le désespoir jusqu'à ne plus se nourrir et mourir.

La métamorphose est-il un récit fantastique ou un récit réaliste plein d'humour noir ? Je me le demande encore et, en fait, il y a plus de cent interprétations de ce récit alors chacun peut sûrement le (com)prendre différemment !

J'espère lire d'autres titres de Kafka avant le 3 juin et honorer comme ils le méritent cet auteur et ce challenge.

 

Une lecture pour le challenge Kafka bien sûr mais aussi Animaux du monde (cafard), Fant'classiqueLe mélange des genres (classique étranger) et Un classique par mois.

 

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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 01:13

M. Pénombre libraire ouvert jour et nuit est un roman de Robin Sloan paru aux éditions Michel Lafon en février 2014 (342 pages, 19,95 €, ISBN 978-2-7499-2162-4). Mr. Penumbra's 24-hour bookstore (2012) est traduit de l'américain par Philippe Mothe.

 

Robin Sloan a grandi près de Detroit (Michigan, États-Unis) et a étudié l'économie. Il a travaillé dans le monde de la communication et a cofondé Oats, une revue littéraire de l'université du Michigan. Mr. Penumbra est son premier roman et il s'est inspiré d'une nouvelle qu'il avait écrite en 2009. Plus d'infos sur http://www.robinsloan.com/.

 

À sa sortie de l'école d'Art, Clay Jannon a été embauché comme créateur à New Bagel mais il a perdu cet emploi qui lui plaisait bien à cause de la crise économique. Il passe son temps à lire sur Internet et à se balader.

« San Francisco est un super terrain de promenade si on a de bonnes jambes. Cette ville étant un carré ponctué de collines abruptes et bordé d'eau sur trois côtés, des vues magnifiques vous surprennent à chaque coin de rue. » (pages 14-15).

Et un jour, il voit l'offre d'emploi de vendeur de nuit dans cette librairie qu'il ne connaît pas, celle de M. Pénombre (Ajax de son prénom), ouverte jour et nuit. Il doit respecter des règles précises, tenir un registre un peu spécial et il se rend vite compte que certains « clients », comme messieurs Tyndall et Fedorov ou madame Lapin, ont des demandes précises dans le « Fonds du fonds ».

« Est-ce un cercle de lecture ? Quels sont leurs liens ? Leur arrive-t-il de payer ? » (page 28).

Clay ne sait pas dans quelles recherches il s'est lancé : qu'est le « Sacré Caractère » ?...

« […] tout ce qui se passe ici relève de bien autre chose que de l'excentricité d'un vieillard isolé. » (page 62).

Mais il y entraîne Neel Shah, son ami d'enfance, entrepreneur, Mathew Mittelbrand, son colocataire, inventeur de génie, et Kat Potente, une programmeuse de Google qu'il a rencontrée une nuit à la librairie et dont il est tombé amoureux.

« Que voulez-vous dire, M. Pénombre va être brûlé ?

– Pas lui, le livre... Son livre ! précise Tyndall. C'est pareil, pire même ! Mieux vaut la chair que la page. […]

Je suis vraiment tombé dans une secte. » (pages 135-136).

 

Je vais vous dire une chose : ce roman est pour les Geeks ! Pour Clay et Neel, c'est comme dans les jeux de rôle auxquels ils jouaient adolescents mais là, c'est pour de vrai, et pour Kat, c'est pareil, c'est comme dans le monde numérique mais en vrai.

« Lui, c'est le guerrier, toi, le mage et moi, le roublard. Cette conversation n'a jamais eu lieu. » (page 195).

Dans ce roman dont la première partie se passe à San Francisco (la librairie) et la deuxième partie à New York (la quête), ça parle d'Internet, de Google, de programmation, de stockage de données, de décodage, il y a des références à la SF et au fantastique (dragons), parfait pour les Geeks, je vous dis !

Mais cette incroyable aventure englobe bien d'autres choses, en particulier l'Histoire et l'Art, comme les premiers livres imprimés par Aldo Manuce (1449-1515) à Venise en Italie (un peu après Gutenberg 1400-1468).

Aldo Manuzio (ou Alde Manuce, ou Alde l'Ancien) fut un imprimeur, libraire et typographe humaniste qui a vraiment existé au XVe siècle. Ainsi que Griffo Gerritzoon (1450-1518) qui a créé le Gerritzoon, « le caractère le plus célèbre de l'Histoire » (tiens, je pensais que c'était Garamond !), et de nouvelles technologies.

La quatrième de couverture dit que l'auteur « a créé ce roman d'aventures pour le XXIe siècle, où le pouvoir des livres anciens et celui des nouvelles technologies s'allient pour rendre la vie meilleure. » Je ne sais pas si ça rend la vie meilleure, mais j'ai vraiment beaucoup apprécié cette lecture, intrigante mais pas ténébreuse, et effectivement cette plongée intéressante dans les livres anciens et la nouvelle technologie de l'informatique.

Une lecture originale dans un moment creux (en lecture) qui me remet le pied à l'étrier !

 

Ma phrase préférée

« Vous savez, je crois sérieusement que ce monde n'est qu'une mosaïque de petites sectes déjantées, chacune avec ses lieux secrets, ses archives, ses règles. » (page 302).

 

Une lecture pour les challenges ABC critiques 2013-2014 (lettre S), Geek, Le mélange des genres (SF/fantasy/imaginaire), Petit Bac 2014 (catégorie moment/temps), Premier roman, Rentrée littéraire d'hiver 2014 et US.

 

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10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 06:21

Le tunnel est un roman d'Ernesto Sábato paru aux éditions du Seuil en 1978 (réédition en 1995). Je l'ai lu en poche aux éditions Points (140 pages, 5,50 €, ISBN 978-2-02-023928-8). El túnel (1948) est traduit de l'espagnol (Argentine) par Michel Bibard.

 

Ernesto Sábato est né le 24 juin 1911 à Buenos Aires (Argentine). Il a étudié les Sciences (il était physicien) et la philosophie à La Plata (université de Buenos Aires). Il a aussi étudié à La Sorbonne (Paris, France) et au Massachusetts Institute of Technology dit M.I.T. (Cambridge, États-Unis). Au début des années 1940, il a enseigné les sciences à La Plata mais dès 1945, il abandonna l'enseignement pour l'écriture : il devint journaliste et écrivain. Le tunnel est son premier roman. Suivront d'autres romans, des recueils, des entretiens et ses mémoires. Il a reçu la Légion d'honneur (France) en 1979 et le Prix Miguel de Cervantes (Espagne) en 1984 entre autres. Sa femme, Matilde Kusminsky Richter, épousée en 1936, est décédée en 1998. Il a consacré les dernières années de sa vie à la peinture. Il est mort le 30 avril 2011 à Buenos Aires, moins de deux mois avant d'avoir atteint 100 ans.

 

Juan Pablo Castel, artiste peintre connu, a tué la femme qu'il aime, Maria Inbarne.

Pourquoi ? Parce qu'il était désemparé, jaloux, se sentait incompris et était pris par le doute au sujet de la jeune femme.

« La vanité se rencontre là où l'on s'y attend le moins : aux côtés de la bonté, de l'abnégation, de la générosité. » (page 13).

« Il y a eu quelqu'un qui pouvait me comprendre. Mais c'est, précisément, la personne que j'ai tuée. » (page 15).

Printemps 1946. Juan Pablo Castel expose ses toiles. Il méprise ceux qui disent aimer ses œuvres mais ne voient pas vraiment ce qu'il peint. Parmi la foule, une jeune femme : elle regarde obstinément un détail important dans une peinture, un détail que tout le monde fait mine d'ignorer. Le peintre est fou de joie, il aurait enfin trouvé, à trente-huit ans, celle dont il rêve depuis si longtemps ! Il ne pense plus qu'à elle, pendant des semaines, il en devient obsédé et fait tout pour la revoir.

« Il fallait que je la retrouve. Je me surpris à dire tout haut, à plusieurs reprises : il le faut, il le faut ! » (page 37).

Les retrouvailles se font par hasard une première fois et après que Castel ait forcé le destin une deuxième fois. « Mais je ne sais pas ce que vous gagnerez à me voir. Je fais du mal à tous ceux qui m'approchent. » le prévient Maria Inbarne (page 45). Pourtant, elle ne le prévient pas qu'elle est mariée à monsieur Allende, un homme devenu aveugle, et qu'elle se rend souvent à Mar del Plata dans l'estancia (maison de campagne) de Luis Hunter qui est soi-disant son cousin.

Castel est fou de rage lorsqu'il apprend l'existence de l'époux aveugle et d'un éventuel amant. « Qu'est-ce que c'est que cette abominable comédie ? » (page 53).

 

Mes passages préférés

« Ma tête est un labyrinthe obscur. Parfois, il y a comme des éclairs qui illuminent certaines galeries. » (page 40). On comprend mieux le titre !

« Tout me paraissait éphémère, transitoire, inutile, sans contours. Ma tête n'allait pas bien et Maria m'apparaissait sans cesse comme une forme incertaine et mélancolique. » (page 112).

 

Juan Pablo Castel est un homme instable, inassouvi malgré son art et sa notoriété, obsédé par la jeune inconnue qu'il n'a aperçue que peu de temps. Il est en prison lorsqu'il rédige ce récit malheureux et on pourrait le plaindre s'il ne répétait tant de fois qu'il n'est pas vaniteux. Il est sûrement sincère mais un peu vaniteux quand même !

En apprenant des choses sur la jeune femme qui est devenue sa maîtresse ou en se triturant l'esprit avec des suppositions et des conclusions sorties de son imagination débordante, Juan Pablo Castel devient de plus en plus agité et son côté sombre apparaît. Il violente même parfois Maria dans l'espoir de trouver dans ses yeux « des preuves d'amour, de véritable amour. » (page 69). Il veut que la jeune femme lui appartienne, à lui et rien qu'à lui ! Il est étouffant et le lecteur le ressent bien à la lecture de ce roman court mais intense. Le roman d'ailleurs se compose de 39 chapitres en 140 pages donc vous voyez comme les chapitres sont courts, percutants et comme le lecteur avide (curieux ?) ne peut arrêter sa lecture, il doit continuer de lire et ce jusqu'à l'inévitable.

Au chapitre 22, Castel rêve qu'un magicien le transforme en oiseau et qu'il ne peut plus communiquer avec ses amis. Comment expliquer ce rêve ? Sort-il tout simplement de l'esprit dérangé du peintre ? A-t-il envie de liberté ? Mais il est libre ! Ou alors son subconscient voudrait se défaire de sa liaison avec Maria, femme mariée ? Allez comprendre, l'artiste a une logique bizarre, bien à lui. Mais la passion est cruelle et dévore même les meilleurs.

Ce récit tragique (la vie ?) est comme un tunnel dans lequel il est impossible de faire demi-tour : on ne peut pas revenir en arrière, on se cogne contre les murs de chaque côté, on ne peut qu'avancer, aller de l'avant quoi qu'il en coûte. C'est sûrement cet effet oppressant qui fait de cette histoire un roman noir, un roman sur la solitude et la folie meurtrière.

La présentation de 8 pages de Jean-Marie Saint-Lu est d'ailleurs bienvenue et intéressante car elle permet de mieux appréhender et comprendre le texte d'Ernesto Sábato, auteur argentin que j'ai découvert avec grand plaisir et dont j'aimerais lire d'autres romans, en particulier Héros et tombes (Sobre héroes y tumbas, 1961) et L'ange des ténèbres (Abaddón el exterminador, 1974) puisqu'avec Le tunnel, il s'agit d'un triptyque romanesque disponible aux éditions du Seuil dans un coffret de trois livres (plus de 1 000 pages).

 

J'ai lu Le tunnel dans le cadre de la lecture commune (*) pour le Mois argentin mais j'avais déjà repéré ce roman depuis des mois, il ne manquait que l'occasion de le lire !

Une lecture pour le Mois argentin donc, qui entre aussi dans les challenges Amérique du Sud – Amérique latine, Le mélange des genres (classique étranger), Petit Bac 2014 (catégorie Bâtiment/construction pour tunnel), Premier roman, Tour du monde en 8 ans (Argentine) et Un classique par mois.

 

(*) Les liens des autres participants : Denis et Valentyne. Et Marilyne qui l'a lu en janvier.

 

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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 03:20

Code 1879 : les enquêtes du généalogiste est un roman de Dan Waddell paru aux éditions du Rouergue en 2010 mais je l'ai lu en Babel noir (n° 57) paru en janvier 2012 (368 pages, 8,70 €, ISBN 978-2-330-00268-8). The blood detective (2008) est traduit de l'anglais par Jean-René Dastugue.

 

Dan Waddell est un journaliste et auteur anglais né en 1972. Il vit à Londres. C'est en découvrant un secret de famille après la naissance de son fils (en 2003) qu'il comprend que le passé est important et influence les vie. Il utilise le pseudonyme de Dan James et a écrit deux livres pour la jeunesse (pour devenir détective comme Sherlock Holmes et pour devenir détective en généalogie). Plus d'infos sur http://www.danwaddell.net/.

 

Un matin, près de Ladbroke Grove, un homme est retrouvé mort.

L'inspecteur principal Grant Foster (plus de vingt ans dans la police) et son équipe de la Criminelle Ouest de Kensington (lieutenant Heather Jenkins, capitaine Andy Drinkwater...) mènent l'enquête.

« C'est assez moche, sir. » (page 12).

La victime, James Darbyshire, un trader de 31 ans, a été amputé des mains, a un poignard dans le cœur et une inscription gravée sur la poitrine : 1A137.

« Notre tueur essaie de nous dire quelque chose. Lorsque nous saurons ce que c'est, nous nous serons sérieusement rapprochés du moment de son arrestation. » (page 34).

Nigel Barnes, orphelin qui ne sait absolument rien sur sa famille, est devenu généalogiste et gagne sa vie en faisant des recherches sur les familles des autres.

« On éprouve une vraie sensation de réussite lorsque l'on aide les gens à surmonter ces obstacles, à retrouver des parents et des ancêtres dont ils ne savent rien. » (page 53).

Le généalogiste va être emmené à aider la police sur l'enquête et essayer de comprendre ce que représente le dernier numéro composé par Darbyshire avant de rendre l'âme : 1879.

« Il avait hâte de commencer les recherches, intrigué par ce qu'il allait découvrir. » (page 92).

Mais d'autres victimes sont découvertes et leur lien semble être dans le passé.

« Je ne peux pas m'empêcher de penser que si nous voulons avoir une petite chance de venir à bout du présent, il faut que nous en sachions le plus possible sur le passé. Ce n'est qu'à ce moment-là que les choses deviendront claires. » (page 180).

 

Mes passages préférés

« Vraiment, dit Foster. Il trouvait les infos dont il avait besoin sur Internet. Il méprisait les journaux, leurs manipulations, leurs mensonges, leurs duperies. » (page 163).

« Le passé est un être vivant : il est toujours là. La plupart d'entre nous l'ignorent, mais il est là. On ne peut pas l'effacer et l'oublier. » (page 236).

 

J'ai vu ce roman sur plusieurs blogs et il m'a vraiment fait envie ; malheureusement je n'ai pas eu le temps de le lire pour la lecture commune du 31 janvier dans le cadre du challenge British mysteries... Je n'ai maintenant qu'une hâte, c'est de lire le deuxième tome, Depuis le temps de vos pères, paru en 2012 aux éditions du Rouergue et en janvier 2013 en Babel noir. En effet, Code 1879 est passionnant ! L'intrigue avec le généalogiste est originale (même si je ne m'intéresse pas plus que ça à la généalogie), il y a de l'humour et du suspense, c'est vraiment British et c'est parfait pour passer un excellent moment de lecture. L'éditeur dit que Code 1879 est le « premier volet d'une série originale qui interroge le passé pour mieux démasquer les monstres de notre temps » et c'est vraiment intéressant. J'ai fait durer le plaisir car je n'avais pas envie que le livre se termine !

 

Une lecture pour les challenges Petit Bac (catégorie moment/temps, 1879 étant une année), Thrillers et polars, XIXe siècle ;

et pour l'Angleterre : British mysteries, God save the livre, Tour du monde en 8 ans et Voisins voisines.

 

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13 février 2014 4 13 /02 /février /2014 03:47

La tête de l'emploi est un roman de David Foenkinos paru aux éditions J'ai Lu dans la collection Grand format le 8 janvier 2014 (286 pages, 13,50 €, ISBN 978-2-290-07744-3).

 

Je remercie Mathilde et les éditions J'ai Lu de m'avoir envoyé ce roman de la rentrée littéraire d'hiver.

 

David Foenkinos... Dois-je encore le présenter ? Il est né en 1974 à Paris, a étudié à la Sorbonne et il est un des grands écrivains français de ce début de XXIe siècle. Coup de cœur pour Lennon en 2010. Coup de cœur pour Les souvenirs en 2011. J'ai prévu de lire ses autres titres et j'en attends sûrement beaucoup !

 

« Un jour, mes parents ont eu l'étrange idée de faire un enfant : moi. » (première phrase du roman, page 9).

Bernard est un enfant unique. Ses parents, Raymond et Martine, se sont rencontrés en 1953 et ils ont maintenant 80 ans. Bernard a toujours ressenti de l'incompréhension vis-à-vis d'eux et de leur façon de vivre.

« Ils vivent leur vie le plus discrètement possible, comme pour se faire oublier de la mort. Le secret de la longévité, c'est sûrement ça : ne pas faire de bruit. » (page 16).

Maintenant Bernard a 50 ans et il a réussi sa vie, normal, il avait la tête de l'emploi ! Il a gravi les échelons dans la banque (la BNP) où il a commencé comme stagiaire pour devenir conseiller financier. Son épouse, Nathalie, une belle femme, est psychologue. Leur fille, Alice, part à São Paulo pour un stage d'un an (voire deux).

Bien sûr, Bernard est fier de la réussite de sa fille mais il est aussi triste de son départ, et c'est à partir de ce jour-là que sa vie va s'écrouler, parce que justement, il a la tête de l'emploi !

Alice partie, Nathalie annonce à Bernard qu'elle a besoin d'être seule, de prendre du recul... (On sait que, souvent, c'est le début de la fin !).

« Je ne peux pas m'imaginer sans Nathalie. » (page 34). « Je quittais notre appartement comme un homme, alors que je voulais pleurer comme un enfant. » (page 60).

Pour couronner le tout, à cause de la crise (qui a bon dos), Bernard se retrouve au guichet à la banque comme un simple employé.

« […] on venait de me voler ma vie. Je n'avais plus rien. Et ce n'était que le début. » (page 81).

Bernard est sous le choc, humilié, seul...

« Je dus admettre que je n'avais plus le choix, il ne me restait qu'une seule solution. Une destination qui serait parfaite pour parachever le désastre : mes parents. » (page 93).

Ainsi, pratiquement 30 ans après son départ, Bernard retrouve sa chambre d'ado qui n'a pas bougé !

 

Bernard n'aime pas son prénom mais, rappelons-le, il a la tête de l'emploi : tout lui a souri dans les années 80 et 90, les études, un bon travail, une vie sociale enviable, une épouse belle et intelligente, une fille belle et intelligente, mais, à 50 ans, il se retrouve tout à coup seul, confronté au désintérêt de tous (qui prend de ses nouvelles ?) et démuni (plus de toit, plus de travail, plus de salaire) avec ce qui en découle : une totale perte de confiance et le retour inévitable chez ses parents.

L'auteur en profite pour traiter le monde du travail, sa difficulté, la mauvaise gestion des « ressources » humaines en plus des relations dans le couple et entre parents et enfants. La crise, elle n'est pas seulement dans le travail, elle est partout, chez des adultes qui n'ont pas vraiment grandi, dans les couples et elle détruit des vies.

Ce roman m'a fait rire, m'a émue, m'a enchantée, et même si d'aucuns diront qu'il est léger et pas inoubliable, je reste dans le coup de cœur pour David Foenkinos et pour ce que j'apprécie : sa délicate écriture, sa façon touchante et sincère de parler de l'amour, de la vie et sa tendresse pleine d'humour pour ses personnages.

 

Mes passages préférés

« On pleurait, on riait. On s'aimait, on se quittait. La vie était tragique et pleine de promesses. Mais je savais que mon avenir sans Nathalie serait terrible. » (page 134).

« On espère toujours quelque chose qui ne peut pas exister. » (page 173).

Une lecture pour les challenges Lire sous la contrainte (nom + nom) et Rentrée littéraire d'hiver 2014.

 

 

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11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 00:31

Second portrait d'Irena est un roman de Laura Berg paru aux éditions Naïve Livres le 6 février 2014 (138 pages, 17 €, ISBN 978-2-35021-339-2).

 

Je remercie Benjamin de m'avoir fait découvrir les éditions Naïve Livres avec ce roman de la rentrée littéraire d'hiver.

 

Laura Berg est née en 1982 à Paris. Elle a étudié aux Beaux-Arts de Rennes et à l'École de la photographie à Arles. Elle a séjourné à Poznan, en Pologne, où elle a commencé à écrire Second portrait d'Irena, son premier roman. Elle est photographe et vit à Nantes.

 

Depuis quatorze ans, Darius Baranowicz vit à Paris, en France. Sa compagne, Irena, qu'il prenait plaisir à photographier, l'a quitté : elle est rentrée en Pologne et il est resté seul avec ses maigres affaires et son appareil photo.

Un jour, Halina, sa sœur l'appelle : Leszek Zagraw, le compagnon de leur mère, est mort d'un cancer. Darius doit revenir à Poznan, dans le quartier de Solasc, mais ce voyage ne l'enchante guère.

« Zagraw venait de mourir mais, comme autrefois, je le sentais ricaner dans mon dos. » (page 11).

Darius retrouve son pays natal, la maison familiale et ses habitants, sa mère, une excentrique à l'esprit large, sa sœur, son neveu Pavel qui n'est plus un enfant, l'oncle Mikolaj qui a vieilli et qui devient aveugle, le chien... Et tout un tas de gens qui vivent plus ou moins aux crochets de sa mère, dont Haruko une jolie étudiante japonaise.

Lorsqu'il se rend chez le notaire, Darius apprend qu'il hérite de la maison 12 rue Sokola et Irena (maintenant mariée et mère d'un enfant) du terrain qui la jouxte. Pourquoi eux alors que Zagraw a un neveu ?

 

Peut-on ne pas être nostalgique de son pays natal ? Oui, selon Darius Baranowicz ! Un pays gris, froid, pollué... Bref, un pays triste et pas accueillant. « L'hiver en Pologne ressemble à un long crépuscule. » (page 20). Par contre, Darius est nostalgique d'Irena et de leur relation : flash back, souvenirs... Il avait 17 ans et elle 15. Mais Darius n'est pas du tout à l'aise. « Je serrais des mains, j'embrassais des joues en essayant de me rappeler les prénoms de tous ces gens. » (page 36).

Je ne peux en dire plus sans dévoiler les tenants et les aboutissants alors c'est à vous maintenant de découvrir ce roman, petit par la taille mais intense dans le récit et les relations entre les personnes !

Je vous laisse avec ma phrase préférée : « Tu es parti parce que tu as eu la trouille ! Tu avais peur que les choses t'échappent. Seulement, ici, la beauté est indissociable de la laideur. Ça marche ensemble. » (page 66).

 

Une excellente lecture pour les challenges Littérature sous la contrainte (nom + nom), Petit Bac 2014 (catégorie Prénom), Premier roman et Rentrée littéraire d'hiver 2014.

 

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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 04:06

Le mec de la tombe d'à côté est un roman de Katarina Mazetti paru aux éditions Gaïa en 2006 puis Actes Sud en avril 2009 et Actes Sud Babel en novembre 2013. Grabben i graven bredvid (1998) est traduit du suédois par Lena Grumbach et Catherine Marcus.

Parfois, à la bibliothèque, le document n'est disponible qu'en livre en gros caractères et même si ça m'est déjà arrivé de lire en gros caractères, ça fait quand même bizarre ! Les numéros des pages des extraits correspondent donc à l'édition À vue d'œil parue en 2011 (340 pages, 21 €, ISBN 978-2-84666-2591-9).

 

Katarina Mazetti est née le 29 avril 1944 à Stockholm et malgré son nom italien, elle est Suédoise. Elle est journaliste et romancière. Le mec de la tombe d'à côté est son premier roman car, avant, elle avait fait un livre pour enfants, Trucs et ficelles d'un petit trollPlus d'infos sur http://www.katarinamazetti.com/enfrancais001.html.

Du même auteur

Aux éditions Gaïa : Entre Dieu et moi, c'est fini (2007), Les larmes de Tarzan (2007), Entre le chaperon rouge et le loup, c'est fini (2008), La fin n'est que le début (2009), Le caveau de famille (2011), Mon doudou divin (2012).

Aux éditions Thierry Magnier (roman jeunesse) : Les cousins Karlsson (2013).

 

Désirée Wallin, bientôt trente-cinq ans, est veuve depuis cinq mois. Örjan Wallin, biologiste, est mort à vélo, après cinq ans de mariage seulement. Désirée, malgré son travail de bibliothécaire (elle est coresponsable de la section jeunesse), ses collègues et sa meilleure amie, Märta, se retrouve seule et désemparée. Plusieurs fois par semaine et le week-end, elle s'assoit sur le banc en face de la tombe de son mari : elle est à la fois triste et en colère qu'il l'ait abandonnée alors qu'ils commençaient à penser à un enfant.

« Ce qui me manque, c'est sa compagnie indéfectible et la routine quotidienne. » (page 7).

Benny Söderström, vieux garçon de bientôt trente-sept ans, vient jardiner sur la tombe de sa mère morte d'un cancer. C'est son seul loisir car il vit maintenant seul à la ferme de Rönngården et c'est vraiment difficile : il doit non seulement s'occuper des vingt-quatre vaches laitières, de quelques moutons, de veaux de reproduction, de la forêt mais aussi de la gestion de la ferme et de tout ce dont s'occupait sa mère de son vivant.

Pour Désirée qui l'a repéré, il est « le mec de la tombe d'à côté » avec son odeur de paysan, ses mains sales, et sûrement aucun intellect.

Pour Benny, qui a remarqué sa pâleur et la couleur de ses vêtements, elle est « la femme beige » puis « la Crevette » en lien avec sa maigreur.

Deux narrateurs qui, à travers les a priori qu'ils ont l'un de l'autre, commencent à se détester sans se connaître mais un jour, à cause (ou grâce à ?) d'une fillette avec un ballon, ils se regardent et se sourient.

« Dedans, il y avait du soleil, des fraises des bois, des gazouillis d'oiseaux et des reflets sur un lac de montagne ? » (page 26).

Peut-il vraiment y avoir tout ça dans un sourire ? Soit Désirée a énormément d'imagination soit l'amour pointe son nez !

En tout cas, peu de temps après, à la sortie du cimetière, Benny suit Désirée jusqu'à la bibliothèque.

« J'en étais sûr. Elle a tout l'air de quelqu'un qui lit sans arrêt et de son plein gré. De gros livres, avec des petits caractères et sans images. » (page 60).

Il est trop mignon, Benny ! D'autant plus qu'il va oser entrer dans la bibliothèque, demander un livre sur l'apiculture et inviter Désirée !

« Ça vous dirait... de venir faire un tour au cimetière ? » (page73).

 

Allez, je ne vous en dirai pas plus mais je pense que vous avez compris que ce roman à double voix (un chapitre l'un, un chapitre l'autre) est vraiment désopilant mais aussi humain et tendre.

« Je veux dire, les livres ne sont après tout que des livres. Alors qu'une ferme est une ferme. » (page 116). Le bon sens de Benny ! Désirée parle de « choc culturel ». Évidemment, elle lit le Dagens Nyheter, de la littérature fantastique, écoute Boccherini, aime la peinture, et Benny lit Le Pays et Le Paysan et n'a pas le temps de faire autre chose que s'occuper de la ferme.

« C'est évident que ça ne peut pas marcher. C'est foutu d'avance. » (page 270).

Alors, vous voulez savoir si, malgré le lieu de rencontre surprenant, malgré les préjugés et les différences qui les opposent, ... ?

De mon côté, j'ai lu ce roman avec grand plaisir, c'est frais, amusant, enlevé, mais la fin m'a laissée pantoise alors il faut absolument que je lise la suite, Le caveau de famille, roman publié en 2005 en Suède et en 2011 en France.

 

Lu pour une lecture commune (avec du retard) dans le cadre du challenge Un hiver en Suède, je mets aussi ce roman dans Petit Bac 2014 (catégorie Lieu), Premier romanTour du monde en 8 ans et Voisins voisines (Suède).

 

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