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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 04:00

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire est un roman de Jonas Jonasson paru aux éditions Presses de la Cité en mars 2011 (454 pages, 21 €, ISBN 978-2-258-08644-9). Hundraåringen som klev ut genom fönstret och försvann (2009) est traduit du suédois par Caroline Berg.

 

Jonas Jonasson est né le 6 juillet 1961 à Växjö dans le Småland (Sud de la Suède). Il est journaliste et romancier. Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire est son premier roman. L'analphabète qui savait compter est paru aux Presses de la Cité en octobre 2013. Plus d'infos sur http://jonasjonasson.com/ pour ceux qui comprennent le suédois (nan, je plaisante, le site est en anglais).

 

Allan Emmanuel Karlsson vit depuis peu dans la maison de retraite de Malmköping dans le Södermanland mais il n'aime pas cet endroit et ne veut pas participer à la fête en l'honneur de son centième anniversaire. Il se sauve donc par la fenêtre de sa chambre, en chaussons, et avec presque rien.

« Il fuyait sa propre fête d'anniversaire, et c'est aussi une chose qu'on fait rarement à cet âge-là, principalement parce qu'il n'est pas fréquent d'arriver jusque-là. » (page 10). « […] même perclus de rhumatismes, c'était beaucoup plus rigolo d'être en cavale, loin de sœur Alice, que couché immobile six pieds sous terre. » (page 11). « Quand la vie joue les prolongations, il faut bien s'autoriser quelques caprices, conclut-il en s'installant confortablement. » (page 17).

Allan prend le premier bus pour n'importe quelle destination et embarque avec lui la grosse valise qu'un jeune homme parti aux toilettes lui a demandé de garder. À quinze heures, lorsque le bus part, sœur Alice frappe à la porte de la chambre d'Allan et le jeune homme sortant des toilettes se met très en colère.

« Putain de merde de connerie de chiotte... […] Tu vas crever, salopard de vieux débris... Il faut juste que je te retrouve avant. » (page 17).

Il faut dire que le jeune homme fait partie du gang Never Again et que la valise contient cinquante millions de couronnes !

À Byringe, la gare désaffectée où il est descendu, Allan fait la connaissance de Julius Jonsson qui a dans les soixante-dix ans (un petit jeune quoi !). Après que le jeune homme les ait retrouvé, les deux vieux vont être en cavale et embarquer d'autres personnes dans leur aventure : Benny, Gunilla Björkjund « Mabelle », son chien et son éléphante, Sonja.

« Allan Karlsson est vieux, c'est indéniable, mais c'est un drôle de loustic qui sait très exactement ce qu'il veut. » (page 57).

 

Entre sa naissance, le 2 mai 1905 dans une ferme d'Yxhult à côté de Flen (il est enfant unique) et la fin de ce roman, il se passe tellement de choses : Allan, le candide, – qui n'a été à l'école que pendant trois ans avant la mort de son père sait lire, écrire, compter et est un spécialiste des explosifs – a fait le tour du monde et il a rencontré les grands du XXe siècle mais je ne vous dirai rien de plus car il faut absolument lire ce récit rocambolesque ! Mais pas invraisemblable parce que tout se tient en fait ! J'ai beaucoup ri, surtout avec les derniers chapitres. Quelle histoire ! Et quelle cavale ! L'inspecteur Göran Aronsson n'en croit ni ses yeux ni ses oreilles ! « En reprenant le volant, Aronsson réfléchissait. Plus il avançait dans cette enquête, plus elle lui semblait compliquée. » (page 71). « Le mystère du centenaire disparu et sans doute kidnappé passionnait tout le pays. » (page 125).

J'ai bien aimé les flash backs car les événements du présent s'illuminent grâce au passé, tout aussi rocambolesque mais encore une fois vraisemblable, d'Allan.

J'aurais voulu vous mettre d'autres extraits mais ça aurait défloré le suspense de ce roman alors partez vous aussi avec Allan : « Ça va être chouette de visiter un nouveau pays » ! (page 151).

Si j'avais su que ce roman était si bien et si drôle (je ne voulais pas le quitter, moi, le vieux !), je me serais décidée plus tôt à le lire car je l'avais vu sur de nombreux blogs ! Mais le marathon de lecture fut une excellente occasion et je remercie A. qui me l'a fortement conseillé.

 

Lu pendant le Marathon de lecture suédois pour le challenge Un hiver en Suède, je mets aussi ce roman dans ABC critiques 2013-2014 (lettre J), Petit Bac 2014 (catégorie Moment/Temps ou Verbe), Premier roman, Thrillers et polars (ce n'est pas marqué « roman policier » sur la couverture mais il y a une vraie enquête et des inspecteurs de police), Tour du monde en 8 ans et Voisins voisines (Suède).

 

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14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 01:38

L'été des lucioles est un roman de Gilles Paris à paraître aux éditions Héloïse d'Ormesson le 23 janvier 2014 (222 pages, 17 €, ISBN 978-2-35087-243-8).

 

Je remercie Gilles et les éditions Héloïse d'Ormesson pour ce beau roman.

 

Gilles Paris naît le 5 avril 1959 à Suresnes (Hauts de Seine). Il travaille dans le monde de l'édition et de la communication. Il a déjà publié trois romans : Papa et maman sont morts (1991), Autobiographie d'une courgette (2002) et Au pays des kangourous (2012) dans lesquels il fait à chaque fois intervenir un enfant de 9 ans. Plus d'infos sur son site officiel, http://www.gillesparis.net/.

 

Ce livre est le premier de l'année 2014 que je reçois, je suis ravie et j'ai envie de le lire tout de suite ! Parce que j'ai une tendresse particulière pour les lucioles depuis que j'ai vu (rien à voir avec le livre !) Le tombeau des lucioles, d'Isao Takahata il y a plus de vingt ans. Pourtant, je suis un peu gênée vis-à-vis des livres reçus en 2012 et 2013 (peut-être même qu'il en reste deux ou trois de 2011 !) mais c'est décidé, je le lis et, comme c'est un très beau roman, j'en parle avant sa parution !

 

Victor Beauregard est un enfant de 9 ans qui décide d'écrire un roman. Il habite à Bourg en Bresse avec ses deux mamans, Claire et Pilar, sa grande sœur, Alicia, 14 ans, qui ne pense qu'aux garçons, et sa tortue, Katouta.

Claire, sa maman, est libraire. Pilar, venue d'Argentine, peint des tableaux inspirés de son enfance et elle est devenue sa deuxième maman.

Les parents de Victor sont séparés – mais pas divorcés – depuis qu'il a 2 ans et son papa lui manque.

François, le père qui « ne veut pas grandir », reçoit Alicia et Victor régulièrement, dans son appartement à Paris mais il voyage beaucoup car il est photographe pour guides touristiques.

Pour les vacances d'été, la petite famille descend sur la côte méditerranéenne à Roquebrune-Cap-Martin où le père a hérité de l'appartement de sa sœur aînée, Félicité, morte dans un accident de voiture, mais il n'y vient jamais et l'été se passe toujours sans lui... Pourquoi ?, se demande Victor.

 

Le clin d'œil de l'auteur aux lectrices (avec les mots de Victor, c'est trop mignon)

« Maman est libraire. Elle écrit des petits mots tout en fluo pour les livres qu'elle a aimés, un Post-it jaune qu'elle colle sur la couverture pour attirer le regard du client. Maman tient aussi un blog où elle raconte l'histoire des livres, avec le prix, le nombre de pages et un mot pour les définir. C'est souvent « humain » ou « passionnant ». Et elle y annonce, un mois avant, les signatures des écrivains qu'elle va chercher à la gare tous les samedis. C'est simple, maman lit tout le temps, sauf sous la douche et quand elle dort. » (page 12).

 

Ce roman, c'est la magie de l'été, avec de nouveaux amis (Gaspard, Tom et Nathan, les jumeaux, Rosita, la gardienne de la résidence et Hedwige, la baronne qui a perdu sa famille), la mer et les baignades, les balades sur le chemin des douaniers surplombant la mer, les papillons, les cigales et la nuit avec les lucioles, les orages de chaleur et les gouttes de pluie qui sèchent avant de tomber au sol tellement il fait chaud, et surtout le premier amour (Justine de Vallon-Tonnerre).

C'est doux, c'est tendre et poétique, c'est drôle aussi ; ça m'a fait penser à deux romans coups de cœur de 2012, deux romans dont un garçon est aussi le narrateur avec tendresse et humour : Au pays des kangourous du même auteur (avec Simon, 9 ans) et Arsène, de Juliette Arnaud (avec Georges, 11 ans) mais les histoires sont différentes (quoique ça parle aussi de la famille et des relations humaines) et j'ai bien senti qu'il y avait un mystère.

Victor, en petit garçon attachant, à la fois naïf et mature, a bien quelques certitudes sur le monde des grands mais ce monde est pour lui « comme un grand point d'interrogation » (page 24) et il ne comprend « pas toujours les grandes personnes » (page 53).

L'été des lucioles est un roman vivant, vivifiant, spontané et sincère qui réchauffe le cœur en plein hiver et, même si je n'ai jamais passé de vacances familiales au bord de la mer, c'est un peu de mon enfance qui a ressurgi à certains moments, à certains questionnements de Victor, car qui n'a pas connu de secret de famille, des séparations, des deuils, des choses cachées qu'on a envie de savoir et de comprendre ?

Et pour conclure, comme dirait Claire, la maman libraire, c'est un roman humain et passionnant !

 

Mes phrases préférées

« À part les nains, tout le monde peut grandir en taille. Ça, c'est ce que l'œil voit. Mais grandir à l'intérieur, c'est plus compliqué. » (page 30).

« Je déteste me déguiser. C'est nul. Je n'ai pas envie d'être quelqu'un d'autre. » (page 83).

« Les secrets, Victor, c'est comme les coquillages qui refusent de s'ouvrir. On ne sait jamais ce qu'il y a à l'intérieur. » (Hedwige, page 106).

« Un jour, Victor, nous quitterons nos mamans. Nous irons vivre ailleurs, à Paris ou n'importe où, et nous essaierons de faire mieux. » (Alicia, page 155).

« Je suis un petit garçon extraordinaire. Je n'ai peur de rien. Ou presque. » (page 173).

 

Découvrez Gilles Paris et L'été des lucioles dans l'émission Dans quelle étagère le jeudi 23 janvier à 9 h 05 sur France 2 avec rediffusion le lendemain à 5 h 50. (source TéléObs).

 

Une lecture pour les challenges Animaux du monde (lucioles et papillons), Bookineurs en couleurs (couverture bleue), Petit Bac 2014 (catégorie animal) et Rentrée littéraire d'hiver 2014 (premier roman 2014, un coup de cœur, je la sens bien cette année !).

 

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1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 14:08

Pietra viva est un roman de Léonor de Récondo paru aux éditions Sabine Wespieser en août 2013 (228 pages, 20 €, ISBN 978-2-84805-152-9).

 

Je remercie Oliver et Price Minister pour ce 4e partenariat de la rentrée littéraire. Une note est demandée alors je donne 19/20.

 

Léonor de Récondo est née en 1976. Elle est violoniste (classique et baroque). Du même auteur : La grâce du cyprès blanc (Le temps qu'il fait, octobre 2010) et Rêves oubliés (Sabine Wespieser, janvier 2012).

 

Rome. Fin mars 1505.

Ce matin, Michelangelo Buonarroti, 30 ans, apprend qu'un moine est mort et que le père supérieur l'autorise à ouvrir le corps. « Andrea voudra rester pour voir ce qui demeure à l'intérieur du corps quand l'âme s'en est allée. » (page 12). Mais le corps est celui d'Andrea, jeune moine qui fascinait Michelangelo : Andrea, jeune, beau, fort, au regard « bleu sans peur » était « la beauté à l'état pur. La perfection des traits, l'harmonie des muscles et des os. » (page 15).

Michelangelo est bouleversé, il fuit Rome et se rend à Carrare où il achètera du marbre pour le pape Jules II qui lui a commandé un tombeau. « Là-bas, il oubliera. Il en est presque sûr. » (page 17). Mais Michelangelo n'oublie pas, il écrit des lettres à frère Guido qui ne répond pas à sa question : comment est mort frère Andrea ? Il est tant obsédé par le jeune moine qu'il le voit dans les rues du village... « Andrea, tu es la beauté que je ne saurai jamais atteindre avec mon ciseau. Tu es la preuve ultime de la supériorité de la nature sur mon art. Te voir me rappelle mon inutilité. » (page 98).

Quant à la carrière de Carrare, Michelangelo la connaît bien : ayant perdu sa mère enfant, il y allait avec sa nourrice qui rejoignait son époux. « Il allait voir les uns et les autres. Chacun lui montrait, lui expliquait ce qu'il faisait. […] À force de côtoyer leurs rires et la montagne, la fièvre de la pierre était entrée en lui et ne l'avait plus quitté. » (page 60). « […] en apprenant à maîtriser la pierre, il apprendrait à maîtriser le monde […] Et quand, la tête la première, il plongea dans son magma intérieur, il s'aperçut que sa chair était faite de pierre vive. De pietra viva. » (page 61).

Le soir, à la pension de Maria où il loge, Michelangelo lit Pétrarque que lui a offert son ami Lorenzo de Medici, mais il n'ose ouvrir la petite Bible que lui a laissée Andrea.

 

Ce roman est l'occasion de découvrir, en ce tout début de XVIe siècle, la vie de Michelangelo, ses pensées (il est tourmenté et assez égoïste), son Art (il est un génie et il le sait !), et aussi les carrières de Carrare, le difficile travail du marbre, les montagnes toscanes et ses habitants.

J'aime bien Cavallino qui s'occupe du cheval de Michelangelo et qui se prend pour un cheval. J'ai été émue par Michele, 6 ans, le plus jeune fils de Giovanni (un carrier) qui vient de perdre sa maman et se rapproche de Michelangelo qui parfois le repousse mais qui va retrouver grâce à lui des souvenirs d'enfance.

D'un côté, il y a le mental et la vie artistique du sculpteur, d'un autre côté, il y a la vie manuelle et dangereuse des carriers mais les deux sont liés et ils ne sont rien l'un sans l'autre.

Michelangelo aime la beauté, il l'admire, il s'en inspire, il en vit. « Le sculpteur se sent, à cet instant, entièrement libre. Et lorsqu'il se retourne vers la montagne qui, à quelques lieues de là, embrasse le paysage, une joie insoupçonnée éclate en lui. La beauté miraculeuse de la nature alentour lui signifie que tout est possible, qu'en créant, il devient maître de lui-même et de sa force. » (page 78). C'est pour des passages comme celui-ci que j'ai vraiment beaucoup apprécié ce récit (que d'autres ont malheureusement trouvé ennuyeux) plein de beauté, de grâce et de simplicité.

 

Encore un roman de cette rentrée littéraire pour lequel j'ai un coup de cœur : la période et le thème y sont pour quelque chose bien sûr, mais c'est surtout l'écriture fine de Léonor de Récondo, l'ambiance poétique (presque lyrique) qu'elle insuffle dans ses courts chapitres (pas envie de s'arrêter, envie d'en lire un autre, toujours) et l'émotion qui se dégage du récit qui m'ont totalement charmée.

 

Dans ce roman, il y a un échange de lettres entre Michelangelo et Frère Guido et je voulais partager cet extrait pour le challenge En toutes lettres : « Soudain, la lecture d'une fragile lettre, quelques mots sur du papier, a immobilisé le temps. » (page 71).

Une lecture pour les challenges 1 % de la rentrée littéraire 2013, L'art dans tous ses états (sculpture), Bookineurs en couleurs (la couverture est jaune pâle) et bien sûr Il viaggio (Italie).

 

PS du 19 décembre 2013 : L'article avec le bilan de ce partenariat et les classements des livres par popularité et par satisfaction est sur le site de PriceMinister et je suis très contente pour Pietra viva !

Pietra viva, de Léonor de Récondo

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31 octobre 2013 4 31 /10 /octobre /2013 03:43

Les fuyants est un roman d'Arnaud Dudek paru aux éditions Alma en août 2013 (127 pages, 15 €, ISBN 978-2-36-279064-5).

 

Arnaud Dudek est né en 1979 à Nancy et il vit à Besançon.

Du même auteur : Les vies imperméables (2011) et Rester sage (2012).

 

Quatre hommes.

Jacob Hintel, le grand-père, marié à Françoise Giotto.

David Hintel, le père, marié à Esther Yachar.

Simon Yachar, l'oncle (frère d'Esther).

Joseph Hintel, le fils de David et Esther.

David. Le mardi 4 septembre 2001, à l'heure du thé, David s'est suicidé en buvant de l'insecticide. Depuis, Joseph est hanté par ce que son père a fait, par « ce qu'il a vu avant de tout envoyer valser » (page 16).

Simon, trente-deux ans, fréquente Marie, une étudiante en droit, mais il se sent coupable de coucher avec une fille trop jeune. « Je couche avec une ado... » (page 23). Après vingt ans de marche athlétique, Simon, surnommé le Yack, met fin à sa carrière de sportif. Dans un salon de thé, il parle avec Esther, sa sœur, inquiète pour Joseph, son fils de seize ans, toujours enfermé dans sa chambre et qui ne communique plus avec elle.

Jacob, jeune marié, papa d'un petit David. « Cette première vie d'homme marié trop jeune, Jacob décide brusquement de la quitter. » (page 26). Jacob fuit mais sa vie ne sera pas meilleure... Été mille neuf-cent soixante-seize, Jacob quitte le domicile conjugal alors que son épouse et David, leur fils de dix ans, sont à la fête de l'école. « Jacob a mis du temps à réunir assez de courage pour être lâche. » (page 55).

Joseph, hacker, marxiste et altermondialiste, utilise à merveille ses connaissances en informatique. « Joseph Hintel, son ordinateur, ses écouteurs vissés à son crâne, son existence 2.0 dans sa chambre d'adolescent aux volets fermés. » (page 40). Mais la police vient l'arrêter.

 

Quatre hommes fuyant leur propre existence, quatre vies liées puisque ces hommes sont de la même famille (Hintel... Intel ? Untel ?), même si pour Simon, c'est par alliance. Mais des histoires de femmes aussi, car la vie des hommes est liée à celle des femmes. Pour David, c'est Jeanne, secrétaire de direction trilingue rencontrée dans un train. Pour Jacob, c'est Sandrine, professeur d'Arts plastiques qui lui parle pour la première fois alors qu'il essaie de réparer un vieux téléviseur au collège où il est agent technique. Quant aux épouses officielles : Françoise est décédée après avoir élevée seule son fils unique, David ; Esther gagne bien sa vie mais elle peine à comprendre son fils unique, Joseph, un adolescent différent qui se croit homosexuel.

 

Des chapitres courts, filant d'un homme à un autre, dans le désordre de la vie. Le lecteur lui n'est pas fuyant, il se faufile dans la vie de l'un ou de l'autre, il remet dans l'ordre le passé, le présent, les relations entre les uns et les autres, il doit comprendre les décisions de Jacob (fuir), de David (se suicider), de Simon (rater sa vie ?) et de Joseph (être lui-même ?, devenir un hacker criminel ?). Le style est vif, parfois ironique, l'auteur ne laisse pas son lecteur s'échapper (je l'ai lu d'une traite) et traite ses personnages avec tendresse malgré leur lâcheté.

 

Un roman et un auteur à découvrir et à suivre assurément !

 

Une lecture pour les challenges 1 % de la rentrée littéraire 2013 et Lire sous la contrainte (je sais, je publie ma note de lecture en retard, après le 20 octobre, pour la contrainte 10 lettres, mais j'ai lu ce roman le 12 octobre durant le Marathon de lecture d'automne alors j'espère que Philippe acceptera ce lien).

 

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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 00:03

Sauf les fleurs est un roman de Nicolas Clément paru aux éditions Buchet-Chastel dans la collection Qui Vive le 22 août 2013 (75 pages, 9 €, ISBN 978-2-2830-2662-5).

 

Nicolas Clément « est né en 1970 à Bourgoin-Jallieu. Agrégé de philosophie, il enseigne en lycée et en classes préparatoires. » (source : site de l'éditeur). Plus d'infos sur http://www.nicolas-clement.com/.

 

Marthe et son petit frère Léonce vivent avec leurs parents, Andrée et Paul Reynaud, dans une ferme isolée d'un village français.

Ça sent bon le cèdre, le pain grillé du petit-déjeuner, la campagne et les animaux.

Mais...

« Aujourd'hui, il me reste peu de mots et peu de souvenirs. J'écris notre histoire pour oublier que nous n'existons plus. » (introduction, page 7).

En dehors de l'école, les activités de la jeune Marthe, ses deux joies, sont « coudre pour Maman et lire des histoires à [son] frère. » (page 11), les deux êtres qu'elle aime.

Le père, peu causant, est violent... Marthe n'arrive pas bien à en parler, elle se rattache aux animaux : « les bêtes nous sauvent. » (page 13).

La nuit, Marthe, devenue insomniaque, prie pour que ce père qu'elle a tant aimé avant meure mais « Maman répète C'est votre père, Et vous devez l'aimer. » (page 14).

Dans le bus qui va à l'école, les autres enfants sont méchants, moqueurs et insultants...

« Pour sécher les crachats, je note les insultes – les mots sont des buvards. » (page 17).

Heureusement, il y a Mademoiselle Nathalie, la gentille institutrice, et puis il y a les fleurs, les mots et les livres qu'il faut cacher car le père ne veut pas de ça à la maison.

« La soif de connaître ruisselle de mes poings serrés. » (page 19).

Marthe souhaite étudier le grec, devenir professeur et traduire Eschyle.

À seize ans, elle fait la connaissance de Florent qui veut être musicien.

« Il me plaît, je me laisse faire. » (page 28).

L'inéluctable arrive et Marthe part à Baltimore avec Florent, mais son âme est restée à la ferme, avec Maman, Léonce, les animaux et les fleurs.

 

« Je donnerais toute ma vie pour avoir une vie. » (page 28) pense Marthe. Elle va la vivre, sa vie, dans la souffrance, dans l'abandon, dans le déracinement, et le lecteur va la suivre dans les moments clés de cette vie (les différents chapitres), 12 ans, 16 ans, 18 ans, 19 ans, 20 ans.

C'est beau, c'est puissant, c'est violent, c'est cruel et c'est tendre et triste aussi.

« Je rame, le bonheur est là. » (page 55).

Sauf les fleurs est un premier roman au style épuré tout en pudeur, poignant (il m'a tellement bouleversée que j'en ai pleuré !), d'une grande sensibilité et inoubliable.

Quel coup de maître ! C'est peu de dire que ce roman est un coup de cœur ! Je vais suivre cet auteur de près, ça c'est sûr !

 

Une lecture pour les challenges 1 % de la rentrée littéraire 2013, Animaux du monde (parce que les chiens, les chats et les animaux de la ferme y ont une grande place), Je lis des nouvelles et des novellas (roman très court) et Premier roman.

 

Un extrait de Sauf les fleurs lu par Judith Magre, une actrice française née en 1926.

Une interview de Nicolas Clément à la librairie Mollat (il vaut mieux écouter l'auteur après avoir lu le roman).

Une interview de Nicolas Clément à la librairie Mollat (il vaut mieux écouter l'auteur après avoir lu le roman).

http://youtu.be/nHbqnaBqQVw

PS : Monsieur l'a lu et n'a pas du tout accroché !

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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 03:11

Bestseller est un roman de Jesse Kellerman paru aux éditions des 2 Terres le 16 octobre 2013 (393 pages, 21,50 €, ISBN 978-2-84893-142-5). Potboiler (2012) est traduit de l'américain par Julie Sibony.

 

Je remercie Carla et les éditions des 2 Terres pour cet excellent roman que j'ai pu lire avant sa parution en librairie.

 

Jesse Kellerman est né le 1er septembre 1978 à Los Angeles (Californie). Ses parents Faye et Jonathan Kellerman sont eux aussi auteurs de romans policiers ! Déjà traduits en français : Les visages (2009), Jusqu'à la folie (2011) et Beau parleur (2012). Plus d'infos sur http://jessekellerman.com/.

 

William (Bill) Kowalczyk et Arthur Pfefferkorn sont amis depuis le collège ; ils étaient inséparables et ont étudié ensemble mais la vie d'adultes les a séparés.

Bill est devenu un célèbre auteur de polars (sous le pseudonyme de William de Nerval) alors qu'Arthur, un peu aigri, n'a publié qu'un roman (en 1983) et qu'il est professeur d'écriture dans une université.

À l'enterrement de son ami (mort dans un accident de bateau), Arthur revoit sa veuve, Carlotta, dont il a toujours été amoureux, et passe la nuit chez elle dans son immense maison. Dans la nuit, il retourne dans la grange qui servait de bureau à Bill et vole le dernier manuscrit inédit, Jeux d'ombres.

Pourtant Arthur n'aime pas les polars et les thrillers.

« Pfefferkorn essaya de savoir ce qui était pire : n'avoir aucun goût ou en avoir et le mettre de côté ? Dans les deux cas, ce n'était pas le but de la littérature. » (page 29).

Arthur va lire le manuscrit de Bill, le corriger, l'étoffer, modifier le nom du héros (Dick Stapp devient Harry Shagreen), le terminer et Du sang dans les yeux va devenir en un rien de temps un bestseller !

« Il avait serré tellement de mains et dédicacé tellement d'exemplaires qu'il avait eu un début de tendinite au poignet. Son éditeur lui avait créé un site internet en l'encourageant à se mettre aux réseaux sociaux. » (page 86).

Même s'il a du mal à écrire un deuxième roman, tout va bien pour Arthur ! Carlotta, un roman bestseller, la célébrité, la richesse, le mariage de sa fille unique. Jusqu'au jour où il reçoit un mot de Lucian Savory, l'agent littéraire de William de Nerval...

La suite des aventures d'Harry Shagreen, Du sang dans la nuit, va enfin paraître mais Arthur est soupçonné d'avoir tué Jesús Maria de Lunchbox, le professeur de tango de Carlotta, et d'avoir enlevé la veuve de son meilleur ami.

Arthur fuit les États-Unis et se retrouve en Zlabie, pays africain divisé en deux car un conflit dure depuis plus de 400 ans entre deux camps qui sont pourtant de la même ethnie.

« Il admirait et plaignait à la fois un peuple si férocement attaché à son héritage culturel qu'il pouvait passer quatre siècles à s'entre-tuer sur une question de sépulture fictive. » (page 213).

 

Mes passages préférés

« Rien ne se passait, parce qu'elle n'avait aucune idée de ce qu'il avait fait. C'était un truc de mauvaise littérature, mais c'était pourtant vrai. Il s'aperçut alors que les trucs de mauvaise littérature avaient beaucoup plus de chance de se produire dans la vraie vie que les trucs de bonne littérature, parce que la bonne littérature éclairait la réalité alors que la mauvaise littérature s'appuyait dessus. Dans un bon roman, les motivations de Carlotta étaient bien plus compliquées qu'elles n'apparaissaient. Dans un bon roman, elle réfrénait ses accusations pour pouvoir les lui lancer au visage plus tard dans un rebondissement inattendu. Dans le mauvais roman de la vie, elle n'était tout simplement pas au courant. » (page 97).

« […] il songea aux similarités entre l'espionnage et l'écriture. Les deux supposaient de pénétrer dans un monde imaginaire et d'y prendre ses quartiers avec conviction, presque au point de s'y laisser tromper. Les deux étaient des boulots que, de l'extérieur, les gens trouvaient exotiques, mais qui étaient en pratique plutôt fastidieux. » (pages 240-241).

 

Bon sang, quel roman ! Comme les chapitres sont courts, je voulais toujours en lire plus : le parfait page-turner. D'ailleurs, d'après Stephen King : « Un parfait polar prenant pour passionnés de polars palpitants par un auteur de polars sans pareil ! ».

Mais, plutôt qu'un polar, Bestseller est un thriller passionnant qui vire espionnage avec humour.

L'auteur traite bien la jalousie (alors que Bill fut jaloux de la qualité d'écriture de son ami, Arthur est jaloux de la facilité d'écriture et du succès de Bill), le monde de l'édition et celui de l'espionnage (malheur à celui qui est pris dans cet engrenage !).

La Zlabie, le pays imaginaire d'Afrique est impeccable : rien ne va, rien ne fonctionne et de chaque côté il y a un dictateur mégalomane qui gouverne. Arthur va devoir affronter tout un tas de dangers qu'un écrivain ne pense pas devoir affronter un jour !

J'avais repéré Jesse Kellerman, en particulier après la parution de Les visages, mais c'est la première fois que je le lis et j'adhère totalement ! Son écriture est enlevée, drôle et captivante : je veux absolument lire ses autres romans !

 

Vous ne connaissez pas Jesse Kellerman ? Lisez les 6 premiers chapitres (18 pages) de Bestseller sur http://www.les-deux-terres.com/PDF/KELLERMAN_BESTSELLER.pdf.

 

Une lecture pour les challenges 1 % de la rentrée littéraire 2013, Mois américain, Thrillers et polars. Je vais le mettre aussi dans Lire sous la contrainte (titres en 10 lettres) car je l'ai lu le 13 octobre durant le marathon de lecture d'automne (j'espère que ça ira car je n'ai pas publié ma note de lecture avant le 20 octobre).

PS du 24 octobre : Un petit jeu pour gagner ce livre ici.

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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 03:19

La tiare de Néfertiti est le tome 4 de Penelope Green, l'excellente série de Béatrice Bottet. Il est paru aux éditions Casterman en septembre 2013 (307 pages, 15 €, ISBN 978-2-203-06376-1).

 

Je remercie Brigitte et les éditions Casterman pour ce tome 4 qui se déroule en Égypte, super !

 

Plus d'infos sur Béatrice Bottet sur mes précédentes notes de lecture : La belle qui porte malheur (Rose-Aimée, 1) et Le marin perdu dans la brume (Rose-Aimée, 2), Le grimoire maléfique, La chanson des enfants perdus (Penelope Green, 1), L'affaire Bluewaters (Penelope Green, 2) et L'éventail de Madame Li (Penelope Green, 3).

 

« La ville s'était appelée Akhet Aton, « la cité de l'horizon d'Aton ». Ce n'était plus qu'un désert vaguement bosselé de monticules qui avaient été des maisons, des palais, des boutiques, des bâtiments administratifs, des tavernes, des temples. Au loin, des montagnes arides, nues, formant comme un immense amphithéâtre. Derrière, le Nil indifférent. Aucune végétation. » (premières phrases du roman, page 5).

« Akhet Aton... Une ville merveilleusement conçue et construite, une ville dans laquelle ont vécu des habitans d'une des civilisations les plus riches du monde au summum de son raffinement, puis une ville honnie. Ensuite abandonnée. Et enfin oubliée pendant trois mille ans... » (page 8).

 

Martha Moreley et Robert Jennings fouillent sur le site désertique et inhospitalier d'Akhet Aton, la Cité de l'horizon du Disque. La riche Anglaise a envoyé une lettre à Mr Grayson au Early Morning News car elle a une Incroyable Révélation à faire à Penelope Green. C'est l'occasion pour Penny de faire des articles sur l'Égypte et la condition des femmes dans ce pays. Malheureusement, Jasper Grayson est remplacé provisoirement par Max Thorn qui ne veut pas de femmes journalistes... « L'Égypte n'est plus d'actualité, Miss Green, je regrette. » (page 87). Mais Mr Grayson prend le voyage de Penelope et Cyprien sous sa coupe. Les deux jeunes aventuriers embarquent donc à bord du Nitocris. :!; (Ces trois derniers signes sont un message d'Edwyn !). Escales à Gibraltar, à Malte et arrivée à Alexandrie avec deux jours d'avance puis direction Le Caire.

« Ces pilleurs de tombeaux sont des barbares et détruisent les plus belles pièces, celles qui nous en racontent le plus. » (page 48).

Cyprien n'est pas ému par les pyramides. « C'était un exploit d'avoir bâti sans grue ni outils modernes ces tas de pierres géométriques, certes, mais pas d'enjolivures, de sculptures ou de colonnes pour agrémenter l'ensemble. Pas même de choses intéressantes à voir quand ils furent à l'intérieur. Les pyramides lui semblèrent sérieuses et austères, vaguement menaçantes. » (page 116). « Non, ça ne lui avait pas plu. Il n'en démordit pas. Comment pouvait-on donc trouver de l'intérêt à se faire égyptologue ? » (page 117). Sacré Cyprien, il aime les grands espaces, la mer, l'océan ! Mais, pour lui qui a perdu la mémoire, le nom de Martha Moreley a réveillé en lui un vague souvenir et il espère pouvoir interroger l'archéologue. « Jamais jusqu'à présent cet oubli de sa jeunesse – de son enfance plutôt – ne l'avait tourmenté. Mais cette nuit, il se sentait comme mutilé d'une partie de lui-même. Ce simple nom avait ouvert devant lui le gouffre de l'amnésie. » (page 60).

Martha Moreley embauche deux jumeaux, les frères Asherton, Gerald est peintre et Brendan est photographe, et récupère Penelope et Cyprien à l'Hôtel Shepheard. « Que le dieu du disque solaire nous accorde un séjour riche de belles découvertes. » (page 134). Mais le groupe est surveillé par Lionel Coulton, le neveu de Martha Moreley, et Douglas Pigott qui veulent s'emparer de trésors...

 

Encore une incroyable aventure pour Penelope Green et Cyprien Bonaventure !

La couverture est très belle, assortie au pays que nous allons visiter avec eux, elle fait bien penser au soleil et au désert.

L'auteur raconte vraiment bien la vie sur un chantier de fouilles, « la soif, la chaleur, les pénibles escalades jusqu'aux tombes, les délicats travaux de déblaiement, de restauration, d'examen pièce par pièce de nos trouvailles, et leur description. » (page 135). Être patient, relever avec précision les hiéroglyphes pour ensuite les décrypter, classer et répertorier tous les objets, ne rien abîmer...

L'Égypte et ses merveilles, ça fait rêver ! On va découvrir Akhet Aton, une cité mythique !

Et même s'il y a moins de dangers et de rebondissements dans ce quatrième tome que dans les précédents, j'aime bien qu'il soit centré en partie sur Cyprien et que celui-ci découvre des choses sur son enfance et ses parents.

Et puis, on rencontre Leïla Nahla, « la princesse du désert », et ses dromadaires, une femme belle, forte, libérée et respectée par tous y compris par les hommes ; Zineb, une jeune esclave nubienne qui ose tenir tête à son nouveau maître (un homme cruel) ; et on découvre Le Caire, immense ville cosmopolite avec ses ruelles, ses grandes maisons aux hauts murs et sa « cité des morts » (le cimetière).

J'attends toujours avec impatience les nouveaux tomes de cette série excellente et charmante. Où ira Penelope dans le prochain tome ? Inde ? Afrique noire ? Amérique du sud ?

 

Une lecture pour les challenges 1 % de la rentrée littéraire 2013, Bookineurs en couleurs (jaune), Jeunesse & young adults # 3, Royal (niveau Reine mère), Voyage dans l'Égypte antique et XIXe siècle.

 

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26 septembre 2013 4 26 /09 /septembre /2013 03:06

L'ange en décomposition est un roman de Yukio Mishima paru en 1970.

Je l'ai lu dans La mer de la fertilité, recueil de quatre romans publiés aux éditions Quarto Gallimard (1204 pages, 24,50 €, ISBN 2-07-076843-0, édition préfacée par Marguerite Yourcenar) et je remercie B. de m'avoir offert cette intégrale il y a quelques années (elle attendait son heure dans ma bibliothèque !).

Tennin gosui (天人五衰) a été traduit du japonais par Tanguy Kenec'hdu en 1980.

 

Yukio Mishima (三島 由紀夫), de son vrai nom Kimitake Hiraoka (平岡 公威), naît le 14 janvier 1925 à Tokyo (Japon). Il commence à écrire à l'âge de 12 ans et sort diplômé en Droit allemand de l'Université de Tokyo en 1947 mais il abandonne une carrière au Ministère des finances pour l'écriture. Il rencontre Yasunari Kawabata et fréquente les auteurs de la revue Littérature moderne. Son premier roman, Tôzoku (盗賊), paraît en 1948. Suivent d'autres romans et nouvelles. Bien qu'étant de santé fragile, il pratique le kendo. Entre 1965 et 1970, il écrit le cycle de La mer de la fertilité (Hôjô no umi 豊饒の海) : Neige de printemps (Haru no yuki 春の雪 1965-1967), Chevaux échappés (Honba 奔馬 1969), Le temple de l'aube (Hakatsuki no tera 暁の寺 1970) et L'ange en décomposition (Tennin gosui 天人五衰 1970). Puis, ayant achevé son œuvre, il se suicide (seppuku) le 25 novembre 1970.

 

Samedi 2 mai 1970, en début d'après-midi. Toru Yasunaga observe la mer de Suruga, dans la péninsule d'Ise : les bateaux, les oiseaux, les vagues, la marée, le soleil qui se cache derrière les nuages, la brume. « L'horizon ressemblait à un cerceau d'acier bleu-noir parfaitement adapté à la mer. » (page 1003). Il attend le cargo Tenro-Maru qui, en provenance de Yokohama, doit accoster à seize heures au quai de Hinode.

Shigekuni Honda, veuf depuis la mort de son épouse, Rie, voyage seul mais, à soixante-seize ans, il préfère les randonnées accessibles. Après une balade au mont Fuji et une visite à l'ange dans la forêt de Mio, il s'arrête sur la grève de Komagoe mais il est choqué par les détritus entassés. « Les rebuts de l'existence y dégringolaient pour se heurter à l'infini. La mer, un infini jamais rencontré auparavant. Les rebuts, pareils à l'homme, incapables de rencontrer leur fin sinon de la façon la plus laide et la plus sale. » (page 1006). Un peu plus loin, sur la plage, il s'approche d'une bâtisse en ciment : le poste de signalisation de Teikoku. C'est dans ce bâtiment que travaille Toru Yasunaga, orphelin, « un garçon de seize ans tout à fait convaincu qu'il n'appartenait pas à ce monde. » (page 1012).

Dans la soirée, une jeune femme de vingt-deux ans, Kinue, rend visite à Toru et lui offre une boîte de chocolats. Kinue, fille d'un très riche propriétaire terrien, est gentille mais laide. « C'était une laideur que nul ne pouvait manquer d'apercevoir. Elle défiait la comparaison avec une laideur médiocre qui, à certaines conditions de temps et de lieu, peut passer pour un genre de beauté, ou une laideur qui révèle la beauté de l'esprit. C'était là une laideur pure et simple qu'on ne pouvait décrire comme rien d'autre. C'était un don du ciel, une laideur parfaite, refusée à la plupart des filles. » (page 1015). Pourtant Kinue, après une déception amoureuse et une dépression, vit dans l'illusion d'être la plus belle personne au monde et reproche aux hommes d'avoir des désirs méprisables, d'être des animaux.

Mais Toru ne peut plus écouter Kinue car un autre cargo, le Nitcho-Maru, arrive dans la baie avec la nuit. Au même moment, dans sa maison de Hongo, Shigekuni Honda rêve d'anges : les rêves de Honda sont « lumineux et scintillants, bien plus remplis du bonheur de vivre que la vie elle-même. » (page 1054).

 

Ma phrase préférée

« À chaque instant, quelque chose se passe, […]. C'est seulement que nul n'y prend garde. Trop accoutumés que nous sommes à l'absurdité de l'existence. » (page 1005).

 

Quel bonheur de lire Mishima ! Ce livre a trop attendu sur mes étagères ! C'est tout simplement beau. L'écriture de Mishima est fluide, ample, subtile et empreinte de sagesse. L'auteur parle de la vie, du vide de la vie, de la jeunesse, de la vieillesse, de la mémoire, de la mort, de la réincarnation et le lecteur s'approche de l'illumination (satori). Bon, je n'ai pas lu La mer de la fertilité dans l'ordre puisque L'ange en décomposition est le 4e tome du cycle. Et cette tétralogie suit Shigekuni Honda donc il faudra que je lise l'intégralité dans l'ordre chronologique pour tout appréhender (apparemment Shigekuni Honda a vécu une belle amitié avec un jeune homme noble, Matsugae Kiyoaki, et il pense que Toru Yasunaga en est la réincarnation). À l'heure où je publie cet article, je n'ai pas tout à fait terminé ce roman mais ce n'est pas important car mon opinion est faite, je suis conquise et je lirai à nouveau Yukio Mishima !

 

Une très belle lecture pour les challenges Écrivains japonais et Des livres et des îles (Japon).

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14 septembre 2013 6 14 /09 /septembre /2013 03:43

Le pays du nuage blanc est un roman de Sarah Lark paru aux éditions L'Archipel le 27 août 2013 (643 pages, 23,95 €, ISBN 978-2-8098-1236-7). Im Land der weissen Wolke (2007) est traduit de l'allemand par Jean-Marie Argelès.

 

Je remercie Pauline et les éditions L'Archipel pour ce très beau roman !

 

Sarah Lark est née le 1er janvier 1958 à Bochum (Allemagne). Sous son vrai nom, Christiane Gohl, elle a écrit des romans jeunesse sur les chevaux, en particulier les séries Sophie, Julia et Reitschule Silberhuf. Elle utilise aussi les pseudonymes Ricarda Jordan et Elisabeth Rotenberg. Elle vit en Espagne dans une ferme où elle élève des chevaux.

 

Hélène Davenport est fille de pasteur. Sa mère étant morte lorsqu'elle avait 12 ans, elle a élevé ses deux frères (maintenant étudiants) et sa jeune sœur (maintenant mariée). Comme elle sait lire et qu'elle a une belle écriture, elle a été embauchée à Londres comme préceptrice chez Lucinda et Robert Greenwood. Leurs deux fils, Georges, 16 ans, et William, 11 ans, ne sont pas des lumières. Georges apprend un minimum mais William est trop gâté par sa mère. « Le garçon doit s'habituer à ce que la vie n'ait pas d'égards pour ceux qui échouent, disait-il [leur père] avec sévérité. Il faut qu'il apprenne à perdre, c'est uniquement ainsi qu'il finira par vaincre ! » (page 15).

Hélène, qui a bientôt 30 ans et qui est toujours célibataire, a remarqué une petite annonce sur le journal de la paroisse. « Ah, vraiment ? Vous songez à émigrer ? s'enquit Robert Greenwood avec flegme, puis, avec un sourire : Dans ce cas, la Nouvelle-Zélande est un bon choix. Ni chaleur excessive, ni marais générateurs de malaria comme en Inde. Pas non plus d'indigènes sanguinaires comme en Amérique. Pas de rejetons d'anciens criminels comme en Australie... » (page 16).

Pendant ce temps-là, au Pays de Galles, chez les Silkham, Lord Terence perd aux cartes contre son invité, Gérald Warden, le « baron des moutons », venu acheter des moutons, des chiens et... une noble épouse pour son fils unique, Lucas. « Nos Maoris sont généralement pacifiques. Un peuple étrange... fataliste et facile à contenter. Ils chantent, dansent, taillent le bois et ne fabriquent pour ainsi dire pas d'armes. » (page 34). Warden repart ainsi sur le Dublin avec Gwyneira, 17 ans, sa chienne Cléopâtre et sa jument Igraine. Gwyn épousera Lucas Warden et devra donner un héritier aux Warden.

De son côté, Hélène embarque aussi sur le Dublin avec des orphelines (Rosemarie, Dorothée, Daphnée, Élisabeth, les jumelles Laurie et Marie) qui vont être placées comme bonnes dans des familles en Nouvelle-Zélande (elles ne vont pas toutes avoir de la chance... le lecteur les suivra aussi de loin en loin).

Les deux jeunes femmes, bien que voyageant dans des classes différentes, vont se rencontrer à l'embarquement et se lier d'amitié. Une amitié qui va continuer malgré la haine que se portent Gérald Warden (beau-père de Gwyn) et Howard O'Keefe (époux d'Hélène). « Rompre le contact avec Hélène ? Et puis quoi encore ? La jeune femme était sur le navire la seule avec qui elle pouvait parler librement et sans crainte. En dépit de leurs différences d'origine sociale et de goûts, elles devenaient des amies de plus en plus intimes. » (page 94).

À l'arrivée, Gwyn et Hélène doivent quand même se séparer...

Gwyn part immédiatement avec Gérald dans les Canterbury Plains pour Kiward Station. Elle fera un beau mariage avec Lucas mais elle ne pourra pas inviter Hélène et l'enfant qui tardait à venir énormément sera une fille, Fleurette, mettant le vieux Warden en colère. Heureusement Gwyn a Cléo et Igraine et un ami, le chef d'équipe des bergers, James McKenzie, car, contrairement à Lucas, elle aime travailler avec les moutons et les chiens.

Hélène restée à Christchurch, chez les Baldwyn (pas très accueillants), attend Howard O'Keefe qui n'est pas comme elle l'espérait mais qu'elle épousera quand même et qu'elle suivra dans les Canterbury Plains près de Haldon. La vie est rude et isolée mais Hélène va s'organiser. Elle donnera à O'Keefe un unique fils, Ruben, et enseignera aux enfants maoris : Reti et Rongo qui aident à la ferme seront les premiers à apprendre à lire et à écrire. « Étudier magie nous aussi ! déclara un garçon avec beaucoup de sérieux, et Hélène couvrit d'autres feuilles de papier de prénoms étranges, comme Ngapini et Wiramu. » (page 214).

 

J'ai planté les personnages principaux et le décor alors je ne vous en dis pas plus, je vous laisse découvrir, en lisant vous-mêmes ce roman, la Nouvelle-Zélande ! Ses habitants (ceux d'origine, les Maoris, avec leur vie simple et saine, leurs traditions, leur culture et ceux nouvellement arrivés, les Blancs, le plus souvent des Anglais, avec leur idée de supériorité et leur volonté de s'approprier les terres), sa faune et sa flore (très importantes), ses moutons, ses chiens de berger et ses chevaux (parfois venus de Grande-Bretagne), ses grands espaces, ses montagnes, ses fermes en rondins et ses petites villes toutes de bois construites, ses commerces naissants.

Ce roman grandiose – qui se déroule dans la deuxième moitié du XIXe siècle (de 1852 à 1877) – est romanesque mais jamais mièvre, il est écrit très intelligemment et décrit parfaitement les personnages, et même les animaux, leurs relations, leurs pensées, leurs modes de vie. Il y a de l'aventure bien sûr, des découvertes, des rencontres, des retrouvailles, de l'amour mais aussi de la haine, un peu de bonheur et beaucoup de désillusions et de peine.

J'ai lu que Le pays du nuage blanc est le premier tome d'une sage maorie alors va-t-on retrouver les mêmes personnages dans le tome suivant ou est-ce que ce sera une autre histoire dans un autre lieu avec d'autres Maoris et d'autres colonisateurs ?

Deux choses m'ont horrifiée : la chasse à la baleine (horrible...) et les « chasseurs » de bébés phoques (tu parles, pas besoin de les chasser, ces bébés innocents sont couchés près de leur maman et il suffit de les assommer fortement avec un gourdin pour les enlever au milieu des cris et du sang, abominable...).

 

Vous vous demandez sûrement pourquoi « le pays du nuage blanc » ?

Après cent-quatre jours de voyage, le Dublin arrive en Nouvelle-Zélande. « Alertés par les sirènes, les passagers, en quelques secondes, se retrouvèrent sur le pont. […] que des nuages. La vue était masquée par ce qui ressemblait à une longue couche de ouate blanche. […] Peu à peu seulement, des montagnes se dessinèrent dans la brume, des falaises escarpées derrière lesquelles s'accumulaient d'autres nuages. Le spectacle était étrange, on aurait dit que les montagnes flottaient dans une masse cotonneuse, blanche et lumineuse. » (page 103) « D'où le nom de la Nouvelle-Zélande dans la langue maorie : Aotearoa, le pays du long nuage blanc. » (page 104). « Une étendue quasi infinie de pâturages. […] tout était plus clair, plus grand, plus vaste. » (page 113).

J'imagine le spectacle magnifique, vraiment à la lecture de ce roman, j'étais plongée dans un autre monde et j'avais bien du mal à m'en sortir, c'était comme si j'étais en Nouvelle-Zélande et qu'il fallait tout à coup que je revienne ici !

 

Ma phrase préférée

« Une chose entraîne l'autre, et cela n'a pas de fin. » (page 638).

 

Une lecture pour les challenges 1 % de la rentrée littéraire 2013 (c'est mon premier roman de cette rentrée littéraire !), Cercle de lecture de Tête de Litote (pavé de l'été de plus de 350 pages), Des livres et des îles (Nouvelle-Zélande), Petit Bac 2013 (catégorie Phénomène météorologique), Tour du monde en 8 ans (Allemagne), Victorien (ça se déroule de 1852 à 1877, dans l'Angleterre victorienne et dans la Nouvelle-Zélande assujettie à la couronne anglaise) et Voisins voisines (Allemagne).

 

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30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 03:45

Le convoi de l'eau est un roman d'Akira Yoshimura paru aux éditions Actes Sud en janvier 2009 (176 pages, 16,30 €, ISBN 978-2-7427-7150-9). Je l'ai lu dans la collection poche Babel paru en mai 2011 (174 pages, 6,50 €, ISBN978-2-7427-9777-6). Mizu no sôretsu (水の葬列 1976) est traduit du japonais par Yutaka Makino.

 

Akira Yoshimura (昭 吉村) est né le 1er mai 1927 à Tokyo (Japon). Il est auteur de plusieurs romans et a reçu de nombreux prix littéraires. Son épouse, Setsuko Tsumura (津村 節子), est également auteur. Il est mort le 31 juillet 2006 (il avait un cancer du pancréas).

 

Dans une vallée encore inexplorée, un hameau de grandes maisons est découvert après le crash d'un bombardier américain durant la deuxième guerre mondiale. Les habitants de ce village sont-ils des descendants de bannis qui vivraient là depuis plus de 300 ans ?

Mais le site de la rivière K. est idéal pour installer des barrages d'exploitation de l'électricité et les travaux du quatrième barrage, le K4, vont commencer.

Pour cela treize ingénieurs et soixante ouvriers sont envoyés à travers cette vallée méconnue, encordés pour éviter un accident.

Le narrateur, qui vient de passer quatre ans en prison, s'est fait embauché parmi ces ouvriers.

Les habitants du hameau vivent différemment, ils ont des traditions, des lois et ne souhaitent pas avoir de contacts avec les hommes du chantier. Que vont-ils faire lorsqu'ils seront expropriés, que feront-ils de l'argent reçu en échange et où iront-ils ?

Plus le narrateur les observe, plus il se sent proche d'eux.

 

« Au fur et à mesure que nous descendions le chemin qui serpentait, le torrent manifestait sa présence dans un murmure qui montait discrètement du ravin entre les arbres dressés à flanc de montagne, tandis que les maisons du hameau apparaissaient enfin dans leur totalité. » (page 14).

« On en fait jamais de manière face à la mort d'un homme sur un chantier. On se contente simplement des formalités indispensables. Se faire écraser par un convoi est fréquent, mais dès que le corps est dégagé, le convoi repart précipitamment sur ses rails et disparaît au fond de la galerie toujours éclaboussée de sang. C'est dire si la conduite des travaux ne tolère aucun arrêt en quelque endroit que ce soit. » (page 26).

« Et même si j'approchais de la quarantaine, j'avais senti le froid me gagner à l'idée que cette cruauté était peut-être restée tout ce temps au fond de moi, formant un noyau dur. » (page 40).

« On leur donnerait une forte somme d'argent pour quitter les lieux. Mais le drame en réalité prenait sa source dans cette indemnité. » (pages 110-111).

« Puissiez-vous vivre des jours paisibles. » (page 130).

 

En lisant ci-dessus les extraits de ce magnifique roman, vous avez peut-être visualisé l'évolution non seulement du récit mais aussi du narrateur. Dans un style sombre et précis, l'auteur décrit avec précision et fluidité la vallée vue d'en haut, le village minuscule en bas au loin, le groupe dans lequel tous (ingénieurs et ouvriers) sont liés (par une corde), la fatigue à cause de la difficile descente et des campements rustiques sur plusieurs jours, le danger continuel (la nature et le chantier), le hameau et la découverte (de loin) de ses habitants, le démarrage des travaux, un accident, un peu de bonheur (une source chaude) avec toujours en toile de fonds la vallée, la nature, l'eau, les arbres, la symbiose entre les habitants et le milieu dans lequel ils se sont confondus.

J'ai lu une interview de sa veuve qui explique qu'il partait seul, dans des endroits reculés, pour observer, s'imprégner de la magie des lieux et pouvoir la retranscrire dans ses romans. Eh bien, c'est vraiment réussi ! C'est même la perfection !

Et puis il y a l'introspection du narrateur (je ne vous dirai pas ce qu'il a vécu et pourquoi il a été en prison, je vous laisse le découvrir), et c'est parce qu'il a vécu cette introspection qu'il peut enfin tourner son regard vers les autres : pas en direction des ouvriers du chantier, non, ils sont trop proches de son passé, de la ville, de sa vie d'avant, non, en direction des habitants du hameau, et il va les épier, les comprendre, les aimer même.

En lisant ce court roman, la mélancolie s'est emparée de moi : d'abord, ce que je lisais était beau, ensuite, ce que j'imaginais n'existait plus, englouti par les eaux, comme dans un mini-déluge. Je crois qu'il existe une mélancolie de l'eau, je n'explique pas trop pourquoi, sûrement parce qu'elle est indispensable, elle est la vie, elle est la mort...

 

Akira Yoshimura était un auteur que je ne connaissais pas et que j'ai découvert grâce à des participants du Dragon 2012 (les liens vers leurs notes de lectures ici). En fait, je le connaissais de nom car le film L'anguille (うなぎ Unagi) réalisé par Shôhei Imamura (今村 昌平) est inspiré de son roman Liberté conditionnelle (仮釈放).

J'ai enfin lu Akira Yoshimura pour le challenge d'Adalana, Écrivains japonais, et je suis très enthousiaste. Je vais lire d'autres titres de lui, c'est sûr et certain !

 

Du même auteur

1990, Philippe Picquier : Les drapeaux de Portsmouth (ポーツマスの旗 Pôtsumasu no hata)

2001, Actes Sud : Liberté conditionnelle (仮釈放 Karishakuhô)

2002, Actes Sud : La jeune fille suppliciée sur une étagère (少女架刑 Shôjo kakei)

2004, Actes Sud : La guerre des jours lointains (遠い日の戦争 Tôi hi no sensô)

2004, Actes Sud-Babel : Naufrages (破船 Hasen)

2006, Actes Sud : Voyage vers les étoiles (星への旅 Hoshi he no tabi) précédé de Un spécimen transparent (とめいひょぼん Tomei hyobon)

2009, Actes Sud : Le convoi de l'eau (水の葬列, Mizu no sôretsu)

2010, Actes Sud : Le grand tremblement de terre du Kantô (関東大震災 Kantôdaishinsai)

2012, Actes Sud : L'arc-en-ciel blanc (白い虹 Shiroi niji)

 

Je mets cette lecture dans les challenges ABC 2012-2013 (lettre Y), Des livres et des îles (Japon), Je lis des nouvelles et des novellas (roman court) et Tour du monde en 8 ans (Japon).

PS du 2 septembre : Monsieur l'a lu et bien apprécié sauf les passages où le narrateur pense à ce qui s'est passé avec son épouse et ses enfants. Ce n'était pas utile, ça fait pièce rapportée, il aurait été préférable que le récit reste documentaire et contemplatif.

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