26 décembre 2013 4 26 /12 /décembre /2013 01:52

Dictionnaire des idées reçues sur l'Asie et l'Orient est un essai de Régis Poulet paru aux éditions Zaporogue en février 2009 (91 pages, 3,98 €).

 

Régis Poulet est né le 3 mai 1966 à Lyon (Rhône). Il est diplômé de géologie, de philosophie, docteur en littérature comparée (il enseigne en lycée et à l'université), traducteur, astronome amateur et passionné d'ornithologie (ses photos d'oiseaux). Il travaille à La Revue des Ressources (RdR) depuis 2003 (rubriques Asiatiques, Idées, Feuillets africains et dossier Kenneth White) et a relancé l'Atelier géopoétique du Rhône en 2011. Du même auteur : L'Orient : généalogie d'une illusion (2002).

 

Dans son introduction, l'auteur nous dit que « il ne se passe pas une semaine […] sans qu'il ne soit question de l'Asie ou de l'Orient » : politique, arts, littérature... Il a eu donc l'idée d'écrire ce petit dictionnaire des idées reçues en utilisant humour et décalage.

 

Par exemple, le premier mot est aïkido : « ça commence mal, on a déjà mal avant d'avoir rien fait. Plein le dos des Japonais ! ». Et plus loin, bonsaï : « arbre en pot qui a été torturé. Si ce n'était pas japonais, on jurerait que c'est chinois... ».

 

Vous l'aurez compris, ça ne se prend pas au sérieux (même si les définitions sont recherchées) et ne vous inquiétez pas, l'auteur n'a rien contre les Japonais ou les Chinois : c'est toute l'Asie qu'il passe en revue de A à Z (noms communs, noms propres, lieux…) et c'est vraiment intéressant et amusant (omoshiroi, diraient les Japonais).

 

D'autres exemples ?

Canard : « toujours laqué en Asie, comme les meubles. »

Derviches : « des tourneurs comme on n'en fait plus. »

Fakir : « métier de pointe. »

Ikebana : « trois ou quatre pauvres tiges perdues dans un modeste vase. Dire que certains prennent des cours pour en arriver à ça ! »

Lotus : « nénuphar protée de l'Asie qui fournit des fleurs, des graines, des positions de yoga, des pole position, des motifs décoratifs et du papier toilette. »

Sage : « est Chinois alors que le saint est Indien. Possède une longue barbe clairsemée et s'exprime par énigme (lorsqu'il est aveugle, cela ajoute bien sûr à la clarté de ses pensées). »

Zen : « synonyme japonais de 'cool'. Tout ce que les Japonais font de bien vient du zen. Mot anti-stress. »

 

Ma définition préférée

Samouraï : « guerriers qui poussent des cris effroyables dans les films de Kurosawa et qui s'ouvrent le ventre à la moindre contrariété. »

 

Après le dictionnaire, l'auteur continue avec Un peu de sérieux, texte dans lequel il parle de l'Inde (mythe aryen, sanskrit, bouddhisme) et d'autres thèmes comme le despote en Asie, les estampes japonaises (ukiyo-e), le hara-kiri (seppuku), les idéogrammes chinois, le Qi, la réincarnation, le Zen, etc.

 

Ah, l'Asie... Fascination, imaginaire, fantasme, méconnaissance, mauvaise interprétation, menace... Tout y est !

 

En fin de volume :

- une bibliographie d'œuvres que l'auteur juge représentatives (je note la présence de Le mystérieux Docteur Fu Manchu, de Sax Rohmer, roman qui fut un coup de cœur pour moi) ;

- des conseils pour la collection Connaissance de l'Orient de Gallimard et l'éditeur Philippe Picquier qui selon lui sont « indispensables pour sortir des clichés » ;

- et la rubrique Asiatiques qu'il dirige sur La Revue des Ressources.

 

Voilà donc un petit livre à la fois divertissant et instructif qui mérite d'être plus connu !

 

Une lecture pour le challenge Petit Bac 2013 (catégorie Lieu).

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16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 00:32

Le livre du thé est un essai de Kakuzô Okakura paru aux éditions Synchronique en septembre 2013 (167 pages, 12,90 €, ISBN 978-2-917738-16-0). The book of tea (1906) est traduit de l'anglais par Aurélien Clause.

 

Je remercie Héloïse et Synchronique éditions de m'avoir envoyé ce livre après ma lecture de Gilgamesh, de Stephen Mitchell.

 

Kakuzô Okakura (岡倉天心) naquit le 14 février 1862 à Yokohama (Japon). Son père était un samouraï de haut rang. Enfant, il étudia les classiques de la littérature chinoise dans un temple bouddhiste. Il a huit ans lorsque les bateaux du commodore Perry arrivent dans la baie de Tokyo, ouvrant le Japon fermé depuis plus de deux siècles. Il étudia les langues et la culture occidentales dès 1877. Il devint cofondateur de la première Académie des Beaux-Arts à Tokyo et en devint l'administrateur en 1890 avant de créer l'Institut des Beaux-Arts du Japon en 1998. En 1904, il se rendit aux États-Unis et fut nommé conservateur du Département des Arts chinois et japonais du Musée des Beaux-Arts de Boston. Il défendit le patrimoine culturel et artistique japonais (à cette époque menacé) et écrivit plusieurs livres en anglais pour relier Orient et Occident. Il mourut le 2 septembre 1913.

 

The book of tea est originellement paru en 1906 à Boston (États-Unis), directement en anglais : ce texte était alors « destiné au cercle restreint des érudits du Boston du début du XXe siècle » mais « a touché en vagues concentriques un public toujours plus vaste » (préface de l'éditeur, page 7) et il permet, depuis plus d'un siècle, de découvrir l'art du thé et la culture japonaise. Ce livre, précédemment publié aux éditions Philippe Picquier (en 1996 et 2006), est réédité ici dans une nouvelle traduction à l'occasion du centième anniversaire de la mort de Kakuzô Okakura.

 

Si j'ai été surprise par le petit format du livre quand je l'ai reçu, j'ai vite été séduite par ce très joli livre-carnet qu'il est possible d'emmener partout et par l'élastique vert qui symbolise le thé vert et peut servir de marque-page.

Quant au contenu, il est tout bonnement une mine pour qui aime le thé et/ou le Japon !

Okakura écrit avec délicatesse et raffinement cette fameuse Voie du thé, cha-no-yu, issue du rituel zen, qui « consiste simplement à ramasser du bois, à faire bouillir de l'eau et à boire du thé, rien de plus » selon le grand maître de thé Sen no Rikyû (page 8).

Je vous rassure, je ne vais pas ramasser de bois et je ne fais pas bouillir l'eau pour préparer mes thés verts, qu'ils soient japonais, coréens ou chinois !

 

Vous apprendrez donc que le thé fut une médecine avant d'être une philosophie, un art et une boisson, qu'il a suivi une évolution et qu'il y a plusieurs courants et écoles de thé, reliés au Zen (Japon) et au Tao (Chine, d'où le thé est originaire), qu'il existe des classiques du thé comme le Tcha-king (en 3 volumes !) du poète Lou Yu qui a formulé le Code du thé ainsi que des Chambres de thé, suki-ya, et des maîtres du thé.

Qu'est-ce que le thé, comment le cultive-t-on et le récolte-t-on, commet sélectionne-t-on les feuilles, quels ustensiles utilise-t-on (Lou Yu en décrit vingt-quatre !) pour sa préparation et comment le prépare-t-on ? Si vous souhaitez connaître la réponse à une ou plusieurs de ces questions fondamentales, ce livre est fait pour vous !

Et Okakura parle aussi de spiritualité, d'histoire, d'architecture, d'art, de contes, et même de fleurs et de danse !, ce qui montre bien que le thé, c'est bien plus que du thé !

De plus, cet essai est abondamment illustré avec des estampes du célèbre Katsushika Hokusai (1760-1849), de pures merveilles.

 

J'ai noté quelques beaux extraits pour les partager avec vous.

 

Sur le taoïsme

« La vigueur d'une idée ne réside pas moins dans son aptitude à s'imposer dans la pensée de son temps que dans sa capacité à dominer les mouvements ultérieurs. » (page 60).

« Pour le taoïste, celui qui se rend maître de l'art de la vie est l'Homme Véritable. » (page 67) et un peu plus loin, « Pour lui [le taoïste], les trois joyaux de la vie sont la Compassion, la Simplicité et la Modestie » (page 68).

 

Sur le zen

« Le zen, comme le taoïsme, est le culte du Relatif. Un maître le définit comme l'art de discerner l'étoile polaire dans l'hémisphère sud. La vérité ne peut être atteinte que par la compréhension des contraires. […] Rien n'est réel, si ce n'est ce qui touche au fonctionnement de notre esprit. » (page 70) et cette histoire :

« Houei-neng, le sixième patriarche, vit un jour deux moines qui observaient le drapeau d'une pagode flotter au vent.

L'un déclara :

– C'est le vent qui bouge.

L'autre :

– C'est le drapeau qui bouge.

Houei-neng leur expliqua alors que le mouvement réel n'était ni celui du vent ni celui du drapeau mais provenait de leur propre esprit. » (pages 70-71).

J'adore ! Vous savez pourquoi ? Parce que les trois ont raison !

 

Sur l'histoire

« Riche d'anecdotes, d'allégories et d'aphorismes, l'histoire serait sans valeur si elle n'était pas édifiante et divertissante. » (page 61) : clin d'œil à mon ami F., historien et écrivain à ses heures pas perdues.

 

Sur l'art

« […] l'art n'a de valeur que dans la mesure où il nous parle. Il est un langage universel seulement si notre sensibilité l'est également. » (page 118).

Et ce passage superbe : « Artistes qui luttent, âmes lasses tapies dans l'ombre d'un froid dédain ! Quelle inspiration peut leur offrir notre siècle égocentrique ? Le passé peut bien regarder avec pitié la pauvreté de notre civilisation ; le futur rira de la stérilité de notre art. Nous détruisons l'art en détruisant le Beau au cœur de la vie. Si seulement quelque sorcier pouvait, dans le tronc de notre civilisation, sculpter une harpe dont les cordes résonneraient sous les doigts d'un génie ! » (page 123).

 

Mais revenons au thé !

« Grande fut l'ingéniosité des maîtres de thé lorsqu'ils produisirent ces effets de sérénité et de pureté. » (page 85).

« Ainsi, dans la chambre de thé, on suggère la fugacité de l'existence par le toit de chaume, la fragilité par les minces piliers, la légèreté par la structure de bambous et l'insouciance apparente par l'usage de matériaux familiers. L'éternel ne se trouve que dans l'esprit qui, incarné dans la simplicité du décor, l'embellit de la subtile lumière de son raffinement. » (page 94).

 

Le livre du thé est comme un livre-bonheur qui apporte une lecture enrichissante et édifiante et qui, je l'espère, vous amènera à découvrir le thé – si ce n'est déjà fait – et à élever votre esprit, loin du tumulte ambiant. Mais je vous souhaite quand même de passer de belles fêtes, calmes et sereines, et pourquoi pas de rajouter ce petit livre au pied du sapin ?

 

Pour les challenges 1 % de la rentrée littéraire 2013 (essai), L'art dans tous ses états (art du thé et estampes), Beaux livres (malgré sa petite taille !), Des livres et des îles (Japon), Écrivains japonais, Petit Bac 2013 (catégorie Aliment/boisson) et Un classique par mois (première parution en 1906).

 

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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 02:55

L'astrologie indienne est un ouvrage de Denise Huat paru aux éditions Michel Grancher dans la collection ABC en mai 2013 (318 pages, 16 €, ISBN 978-2-733-91263-8). Les illustrations sont de Jean-Claude Dandrieux.

 

Denise Huat est astrologue et passionnée par l'astrologie indienne.

 

Intéressée par les animaux de la cosmogonie chinoise, j'étais curieuse de découvrir les animaux de l'astrologie indienne. Je répète que je n'aime pas l'astrologie, je ne m'occupe pas d'horoscope, je m'intéresse aux particularités des animaux en tant que totems.

 

Plus de 5 000 ans avant notre ère... Textes sacrés des Védas. L'astrologie indienne, ou astrologie védique, se nomme Jyotish (lumière). L'astrologue est un brahmane.

Ça remonte à loin ! Et je subodore que ça va m'intéresser au niveau historique et spirituel (à défaut de littéraire..., il faudrait que je lise les Védas !).

 

27 animaux ? Pourquoi ce nombre ?

Parce que la Lune fait un parcours « mensuel » de 27 jours et chaque jour est représenté par un animal : il y a donc 27 Nakshatras (demeures). Auparavant, il y en avait 28 mais Abhijit a disparu.

Quant au soleil, il est représenté par 12 Kalachakra, le « cercle du temps », soit 12 Rashis (signes solaires).

 

Introduction, histoire, planètes... L'auteur explique bien les bases mais ce que je veux découvrir, ce sont les animaux et les caractéristiques.

 

Je me note les animaux pour ne pas les oublier !

1. Ashvini, le cheval (« chevaux ») du 13/14 avril au 26/27 avril

2. Bharani, l'éléphant (« celui qui porte ») du 26/27 avril au 10/11 mai

3. Krittika, la brebis (« tranchante ») du 10/11 mai au 24/25 mai

4. Rohini, le serpent (« rouge ») du 24/25 mai au 7/8 juin

5. Migazira, le serpent (« tête d'antilope ») du 7/8 juin au 21/22 juin

6. Aridra, la chienne (« humide ») du 21/22 juin au 5/6 juillet

7. Punarvasu, la chatte (« retour des frères ») du 5/6 juillet au 19/20 juillet

8. Pushya, le bélier (« fleur ») du 19/20 juillet au 2/3 août

9. Alesha, le chat (« enlacement ») du 2/3 août au 16/17 août

10. Magha, le rat (« puissant ») du 16/17 août au 29/30 août

11. Purvaphalguni, la rate (« chance ») du 29/30 août au 12/13 septembre

12. Uttaraphalguni, le taureau (« aristocrate ») du 12/13 septembre au 26/27 septembre

13. Hasta, la bufflesse (« main ») du 26/27 septembre au 9/10 octobre

14. Chitra, la tigresse (« brillante ») du 9/10 octobre au 23/24 octobre

15. Swati, le buffle (« épée ») du 23/24 octobre au 5/6 novembre

16. Vishakha, le tigre (« splendeur ») du 5/6 novembre au 18/19 novembre

17. Anuradha, la biche (« réussite ») du 18/19 novembre au 2/3 décembre

18. Jyeshta, le cerf (« meilleur ») du 2/3 décembre au 15/16 décembre

19. Moola, le chien (« racine ») du 15/16 décembre au 28/29 décembre

20. Purvashadha, le singe (« victorieux ») du 28/29 décembre au 10/11 janvier

21. Uttarashadha, la mangouste (« invincible ») du 10/11 janvier au23/24 janvier

22. Sravana, le singe (« audition ») du 23/24 janvier au 5/6 février

23. Dhanishta, la lionne (« richissime ») du 5/6 février au 18/19 février

24. Satabishak, la jument (« cent médecins ») du 18/19 février au 3/4 mars

25. Purvabhadra, le lion (« auspicieux ») du 3/4 mars au 17/18 mars

26. Uttarabhadra, la vache (« ravissant ») du 17/18 mars au 30/31 mars

27. Revati, l'éléphante (« splendide ») du 30/31 mars au 13/14 avril

 

Pour chaque animal : les mots-clés (symbole, divinité, planète, motivation, substance ayurvédique, caste, nature, gunas, personnalités célèbres), le portrait physique, le portrait psychologique, les qualités, les défauts, les domaines affectif, professionnel et financier avec les atouts et les faiblesses.

 

Pas mal... J'ai toutefois remarqué des animaux qui ne correspondaient pas vraiment au caractère et à la vie de personnes que je connais. Pour ceux qui sont sur des dates charnières (deux jours), je peux comprendre car ils doivent se référer à deux animaux, mais sinon...

 

Même si ces animaux indiens sont intéressants (il y a des animaux différents comme l'éléphant, la biche, la mangouste...), je préfère les animaux de la cosmogonie chinoise dont je me sens plus proche.

 

Un livre que je mets dans le challenge Animaux du monde et hors-challenge dans Le riz et la mousson car l'auteur n'est pas indienne.

 

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17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 04:03

La bible de l'astrologie chinoise est une encyclopédie de Derek Walters parue aux éditions Guy Trédanel en janvier 2009 (22 €, 400 pages, ISBN 978-2-84445-960-2). The Chinese astrology bible (2008) est traduit de l'anglais par Antonia Leibovici.

 

Derek Walters est auteur de plus de 25 livres sur l'astrologie chinoise, le feng shui et le mah-jong. Je pense qu'il est Anglais mais je n'en suis pas certaine.

 

Le mot astrologie me gêne, je n'aime pas l'astrologie, mais si je m'intéresse à la cosmogonie chinoise des 12 animaux de Bouddha, ce n'est pas pour faire des horoscopes, c'est parce que j'aime l'animal en tant que totem et que je m'intéresse à ses particularités.

C'est pourquoi j'ai voulu lire ce livre, très bien fait, avec des couleurs pour chaque chapitre et abondamment illustré.

 

L'astrologie chinoise : définition, principes, éléments, quatre saisons, ses deux zodiaques (deux ?), ses étoiles... (pages jaunes).

Les douze animaux : rat, buffle (ou bœuf), tigre, lièvre (ou lapin), dragon, serpent, cheval, mouton, singe, coq, chien, cochon (selon la légende de leur arrivée devant Bouddha), les déterminer, leurs caractéristiques, leurs qualités et défauts... (pages violettes).

Les relations entre les animaux : les partenaires idéaux, les meilleurs compagnons... (pages oranges).

Les années à venir : chaque année étant gouvernée par un animal, les points forts, les points faibles... (pages turquoises).

Calculer les signes de l'heure, du mois, du jour : accords et conflits entre les quatre signes animaux pour chaque année, heure, mois et jour (pages grises).

L'horoscope élargi : comment dresser un horoscope chinois selon deux méthodes, le Ming Shu – vue d'ensemble – et le Cycle de vie – compte-rendu plus détaillé – (pages roses).

Les 60 paires tronc et branche : 60 combinaisons possibles entre tronc et branche, chacune ayant un nom et une perspective différente (pages vertes).

Analyse avancée : les 28 animaux supplémentaires et divers articles (pages bleues).

 

La partie qui m'a le plus intéressée est ce dernier chapitre (le plus gros, plus d'un quart du livre) avec les animaux supplémentaires que je ne connaissais pas ! Ces 28 animaux sont apparus au VIe siècle, en même temps que les 12 animaux très connus. Pour ne pas les oublier, je me les note !

Dragon vert du printemps : salamandre, dragon céleste, martre, lièvre céleste, renard, tigre céleste, léopard.

Tortue noire de l'hiver : licorne, buffle céleste, chauve-souris, rat céleste, hirondelle, cochon céleste, porc-épic.

Tigre blanc de l'automne : loup, chien céleste, faisan, coq céleste, corbeau, singe céleste, anthropoïde.

Oiseau vermillon de l'été : tapir, mouton céleste, chevreuil, cheval céleste, cerf, serpent céleste, ver.

Soit 4 groupes (les quatre grandes constellations) de 7 animaux chacun = 28 animaux parmi lesquels les 12 bien connus déclinés en 'céleste'.

Pour que chacun s'y retrouve, il y a plusieurs tableaux dans tout le livre pour trouver son animal, son mois, son jour, sa direction, sa couleur...

De courts chapitres parlent aussi du feng shui, du tai sui (force du vent), du ba zhai (les 8 demeures), de l'alimentation et de la cuisine chinoise, de la médecine chinoise...

Et, en fin de volume, dix récits (contes et légendes) terminent agréablement cet ouvrage. Je vous parlerai de ces contes dans un article séparé.

 

Cette lecture entre dans le challenge Animaux du monde.

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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 03:11

Fin août, j'ai inauguré – ce n'est pas une nouvelle rubrique mais – le fait de parler en quelques mots de livres que je n'ai pas lus ou pas terminés. Je répète que cela ne veut pas dire que ces livres soient sans intérêt ou médiocres. Simplement je n'ai pas pu ou voulu les lire (ou les terminer) pour une raison ou une autre. Et les présenter un minimum est la moindre des choses que je puisse faire pour qu'ils aient quand même un peu de visibilité (depuis le temps que je les ai !). Cette fois, voici quatre livres envoyés par Gilles Paris... sans que je ne les aies demandés, hum... (mais j'en ai reçu plusieurs que je n'avais pas demandés et que j'ai pourtant lus !).

 

 

Entre tes mains : un chirurgien traverse le siècle est un livre de souvenirs de Raoul Tubiana paru aux éditions France Empire en octobre 2011 (292 pages, 22 €, ISBN 978-2-70481-114-4). Lien Gilles Paris.

Raoul Tubiana a un parcours exemplaire. Il a soigné les grands brûlés pendant 15 ans, il a voyagé pour des conférences, il a rencontré des grands de ce monde, il est passionné par l'Art et la littérature.

Alors, nul doute que la lecture des souvenirs de ce célèbre chirurgien soit enrichissante voire passionnante !

Mais le monde médical n'est pas fait pour moi...

 

 

Je jubilerai jusqu'à 100 ans ! Souvenirs et bons conseils, mémoires de Marthe Mercadier, est paru aux éditions Flammarion en octobre 2011 (240 pages, 19 €, ISBN 978-2-08123-918-0). Lien Gilles Paris.

Bon sang, j'ai déjà vu la tête de Marthe Mercadier quelque part ! Comme elle est actrice, je l'ai peut-être vue dans des films... Mais lesquels ? En fait, je crois que c'était plutôt au théâtre.

Je ne doute pas que son autobiographie soit intéressante et amusante mais je n'ai pas eu envie de la lire. Je lui souhaite de vivre jusqu'à 100 ans !

J'ai donné ce livre à une copine qui aime les biographies de personnalités. Autant qu'il soit agréable à quelqu'un.

 

 

Mister D de Dick Rivers en entretien avec Sam Bernett est paru aux éditions Florent Massot (pas trouvé de lien pour l'éditeur) en octobre 2011 (192 pages, 19,90 €, ISBN 978-2-91654-672-8). Lien Gilles Paris.

J'ai déjà lu quelques biographies d'artistes musicaux et, franchement, à part Lennon, de David Foenkinos, je me suis ennuyée même quand j'aimais bien l'artiste (comme Michel Berger par exemple).

Bon, pour Dick Rivers, je ne suis pas fan mais je ne déteste pas non plus : j'ai fredonné une ou deux chansons quand j'étais gamine (« Faire un pont / Pour de bon / Lui donner / Ton prénom / Le traverser / Pour t'embrasser / Faire un pont / Pour de bon », c'était en 1975).

J'ai voulu le lire, ce livre, mais je n'ai simplement pas eu le temps et – au bout de peut-être un an – je l'ai donné.

Pour ceux qui aiment Dick Rivers, son site officiel : http://www.dick-rivers.com/ (vous voyez comme je suis gentille !).

 

 

Pierre Bergé, le faiseur d'étoiles est une biographie écrite par Béatrice Peyrani et parue aux éditions Pygmalion en septembre 2011 (384 pages, 22 €, ISBN 978-2-75640-307-6). Lien Gilles Paris.

Je ne sais pas quoi dire...

Pierre Bergé a certainement fait beaucoup de choses pour le luxe, la mode, les affaires, l'Art et les artistes mais lire sa vie ne m'intéresse pas.

Comme je l'ai déjà dit, à de rares exceptions, je n'apprécie pas trop les biographies et récits de vie.

 

 

Je souhaite tout de même remercier Gilles Paris pour tous les livres que j'ai reçus et je me dis que ça ne peut pas être bonne pioche à chaque fois !

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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 03:43

Je profite des vacances pour faire un peu de rangement dans mes piles à lire qui menacent de tomber ! Je veux vous parler de livres que j'ai reçus et que je n'ai pas lus ou pas terminés. Cela ne veut pas dire que ces livres sont sans intérêt ou médiocres. Les deux d'aujourd'hui sont publiés aux éditions du Rocher et cet article permet de les présenter quand même un minimum.

 

 

Les As de l'Atlantique Nord est un document d'Albéric de Palmaert paru aux éditions du Rocher dans la collection Grands destins en novembre 2010 (305 pages, 17,90 €, ISBN 978-2-268-07023-0).

Céline m'avait envoyé ce livre sans que je ne le demande et que je ne l'accepte. Je l'ai gardé presque trois ans en me disant qu'il devait être intéressant et que je le lirais un jour.

Il raconte qu'avant l'Américain Charles Lindbergh (1927), deux aviateurs britanniques, John Alcock (Anglais) et Arthur Whitten Brown (Écossais), ont traversé en avion l'Atlantique Nord sans escale : du 14 au 15 juin 1919.

Alors oui, je pense que cette histoire est sûrement captivante mais je n'aurai ni le temps ni la motivation pour la lire... Je préfère donner ce livre à qui il sera utile.

 

 

Ma vie pour la France est le dernier livre de Marcel Bigeard paru aux éditions du Rocher dans la collection Documents en septembre 2010 (512 pages, 24,40 €, ISBN 978-2-268-06435-2).

Comme j'avais lu Mon dernier round en 2009 et que j'avais été surprise par l'honnêteté et la sincérité de l'auteur, Céline m'a demandé par mail si je voulais recevoir ce livre posthume.

J'ai dit oui en pensant vraiment le lire mais j'ai commencé à recevoir beaucoup de livres, surtout avec la rentrée littéraire, et j'ai vu que c'était un pavé alors il a traîné lui aussi depuis trois ans...

Je suis désolée de ne pas avoir rempli ma mission de lecture et de note de lecture. Peut-être le lirai-je un jour ? Mais en tout cas, pas cet été !

 

Il y a d'autres livres que je n'ai pas lus ou pas terminés, je vous en toucherai quelques mots une prochaine fois.

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14 juillet 2013 7 14 /07 /juillet /2013 23:07

Solitudes australes : chronique de la cabane retrouvée est un essai de David Lefèvre paru aux éditions Transboréal dans la collection Sillages en octobre 2012 (179 pages, 18,90 €, ISBN 978-2-36157-039-2).

 

Je remercie Gilles Paris de m'avoir envoyé ce livre.

 

David Lefèvre est né en 1973 à Fougères (Ille-et-Vilaine, Bretagne). Il a une licence d'histoire-géographie. Grand voyageur, il a déjà écrit Aux quatre vents de la Patagonie. C'est son expérience qu'il livre dans Solitudes australes puisqu'il vit au Chili depuis 2010.

 

L'auteur raconte son installation sur l'île de Chiloé au large du Chili : dans une cabane isolée au bord du lac à 10 km de l'océan.

« En réalité, il y a bien deux îles, celle qui regarde le continent et celle qui se tourne vers le Pacifique. » (page 12).

« Avec le changement d'hémisphère, c'est comme si la Terre avait la tête à l'envers. Les animaux et les espèces végétales qui m'entourent sont inédits. » (page 14).

Installation donc, puis exploration des environs, inventaires, excursions en canoé.

« Abandonné à moi-même, loin du premier humain, j'étais comblé. » (page 22).

Il passe beaucoup de temps à observer le ciel et les animaux, un choucas, un phasme, un couple de hérons... Il écoute le silence.

« Le feu, le repas et les livres sont mes récompenses. Comment expliquer cette satisfaction, cette jouissance dans la rusticité ? » (pages 43-44).

Puis il noue quelques contacts avec les habitants sur la côte. Il a besoin d'acheter du matériel pour retaper la cabane et aménager (défrichage, sillons, fossés, drainage, élagage...).

« Cultiver ce que l'on mange, manger ce que l'on cultive. Être un peu paysan, un peu pêcheur, un peu charpentier. » (page 46).

« Je vis cette beauté qui m'entoure comme un petit miracle. » (page 57).

Un jour, il entend un miaulement et recueille un chat famélique qu'il nomme Léon et avec lequel il partage le poisson pêché.

 

Mon passage préféré

« Loin des prêches des environnementalistes salonnards, il faut bien revenir à la réalité. Dans ces arrière-pays de subsistance organisée où la moitié du commerce humain n'entre pas dans les sacro-saintes statistiques de la rentabilité et du produit intérieur brut, l'écologie est une coquetterie d'Occidental. On pense d'abord à manger ? Nous autres, venus du Vieux Continent, débarquons avec nos grands sabots ferrés, nos idées généreuses et notre mentalité de pompiers qui voudraient éteindre tous les incendies. Forts de nos agitations et de nos révoltes nous avons l'air déplacés, pour ne pas dire ridicules. Mais attribuer à tous les Chilotes les circonstances atténuantes propres à leur condition et les dédouaner résulterait d'un excès de magnanimité. Certains ne recherchent plus la subsistance depuis longtemps mais le supplément de profit, légal ou non, qui fera enfler leur bas de laine. Et si la forêt tombe, c'est aussi l'effet de l'incurie des uns et du lucre des autres. » (page 98).

 

Pages 65 à 88, il y a de très belles photos : de la cabane et des environs, la faune, la flore, le lac, la vue sur l'océan, de l'auteur et de ses travaux. Ci-contre, une photo de l'auteur et de Léon (page 84).

 

Solitudes australes est un beau témoignage et une réflexion sur la vie, le voyage, la pauvreté, les racines. Mais j'ai eu un peu de mal à le lire car c'est écrit tout petit... D'ailleurs, je l'ai lu durant le marathon de lecture de Noël et j'ai mis encore plus de temps à rédiger ma note de lecture au propre !

« Qui n'est pas séduit d'emblée par la cabane ? La cabane engendre son mythe. Elle est à elle seule la survivante du paradis perdu. Elle porte en elle un monde qui semble ne plus exister. Mais cette vie existe elle aussi. Au présent. » (page 111).

« J'ai écrit ce que j'ai vu et entendu. Obstinément, sans rime ni raison, mondes vivants et mondes tombés dans l'oubli. » (page 173).

 

Il y a mot que je ne connaissais pas : érémitisme (page 113). C'est un synonyme d'ascétisme, le style de vie des ermites. Je m'en étais doutée vu le contexte !

 

Une lecture que je place dans les challenges 1 % de la rentrée littéraire 2012 (qui se termine le 31 juillet), Amérindiens (sur l'île de Chiloé vivent les Indiens Mapuches et Chonos), Amérique du Sud, Amérique latine et Des livres et des îles (Chiloé, Chili).

 

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Publié par Coccinelle - dans essai & doc Chili Amérindiens
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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 04:27

TueSheherazade.jpgJ'ai tué Schéhérazade : confessions d'une femme arabe en colère est un essai de Joumana Haddad paru aux éditions Actes Sud en septembre 2010 (144 pages, 14,70 €, ISBN 978-2-7427-9280-1). Je l'ai lu en poche édité dans la collection Babel (n° 1158) en février 2013 (151 pages, 7 €, ISBN 978-2-330-01509-1). 

I killed Sheherazade (2010) est traduit de l'anglais par Anne-Laure Tissut.

 

Joumana Haddad est née le 6 décembre 1970 à Beyrouth (Liban). Elle est journaliste, traductrice, poétesse, essayiste, artiste (collages d'art) et aussi actrice (Qu'est-ce qui se passe ?, réalisé par Jocelyne Saab en 2009). Elle dirige les pages culturelles du quotidien An-Nahar (site en arabe) et a fondé en 2009 la revue littéraire, culturelle et érotique Jasad qui signifie Corps (site en arabe et en anglais). Elle a reçu de nombreux prix. Du même auteur : Le retour de Lilith (recueil de poèmes, 2011), En compagnie des voleurs de feu (interviews d'écrivains) et Superman est arabe (essai, 2013).

Plus d'infos sur http://www.joumanahaddad.org/ (en rénovation) et sur http://www.ikilledscheherazade.com/ (en anglais).

 

Quelques mots sur Etel Adnan qui a écrit la préface de cet essai en français.

Etel Adnan est née le 24 février 1925 à Beyrouth (Liban) d'une mère grecque chrétienne et d'un père syrien musulman. Elle vit aux États-Unis (Californie), elle est poétesse, romancière, essayiste et artiste (peinture). Elle écrit en français (elle a été élevée en français dans l'école d'un couvent et a étudié la philosophie à la Sorbonne), en anglais et en arabe mais elle parle aussi le grec et le turc.

« Il fallait tuer un mythe historique pour libérer le corps, donc également l'esprit, et écrire cette expérience pour mieux l'affirmer. » (page 13).

 

Dans une note au lecteur, Joumana Haddad explique pourquoi elle a écrit ce livre : parce qu'en décembre 2008, elle a vécu la remarque d'une journaliste (qui était un compliment) comme une provocation. Et dans « Pour commencer... », elle s'adresse au lecteur occidental avec humour et talent afin d'éloigner ses préjugés, ses illusions, ses « opinions prêtes à porter » pour en venir à la question primordiale : « Qu'est-ce qu'une femme arabe ? » et prévient que « Ce livre est une tentative modeste de réfléchir à la question. » (page 17).

Ça vous intéresse ? Alors, on y va ! Mais attention, l'auteur va parler d'autocritique, de schizophrénie, d'hypocrisie, d'obscurantisme, de médiocrité, de superficialité, de contrôle des masses, de malentendus, d'ignorance, de discriminations mais aussi de liberté, de créativité, de beauté, de dignité et d'espoir ! Parce que « il faut continuer à frapper ce mur de l'intérieur. C'est notre seul espoir. Car il ne peut être démantelé, ni pénétré ni abattu depuis l'extérieur. » (page 24). Cette phrase m'a fait pensé au Mur de Berlin en 1989, les gens ont commencé à l'abattre du côté Est puis ce fut des deux côtés qu'il fut abattu !

Lorsque le mur commence à tomber, le lecteur comprend que (l'auteur parle des Arabes) « nous sommes nos pires ennemis » (page 28) et que « toutes les femmes arabes ne courbent pas l'échine. » (page 29) car « la femme arabe […] atypique, libre, rebelle, indépendante, moderne, de libre pensée, non conventionnelle, éduquée et autonome, n'est pas un mythe. Elle existe […], elle n'est pas si rare que vous pourriez le penser. […] Elle doit être remarquée. Elle mérite d'être reconnue. » (page 29).

 

Quoi que vous ayez observé, quoi que vous pensiez, lisez cet essai ! Il ouvre les yeux aussi bien des Occidentaux que des Arabes car il a été écrit pour les deux, pour lutter contre l'ignorance, l'indifférence et les erreurs qui existent des deux côtés, pour dire la réalité. À travers son témoignage (enfance, adolescence, relations familiales...) et son expérience (lectures, émancipation, guerre...), Joumana Haddad, farouche défenseur de la liberté de penser et d'expression, qui a commencé à écrire à l'âge de 11 ans (elle fait l'éloge de la littérature – donc de la lecture – et de la culture), « 'fanatique' de la féminité » (page 90) (il faut dire qu'elle est très belle) mais pas féministe, et réfractaire aux étiquettes, éclaire le monde !

 

Quelques extraits pour vous en convaincre

« Mes camarades de classe étaient avides d'illusions, moi, de rêves. » (page 33).

« N'ayez pas peur des livres, même les plus dissidents, et en apparence les plus 'immoraux'. On ne se trompe jamais en choisissant la culture, qu'elle soit sophistiquée, pop, éclectique, antique ou moderne. » (page 45).

« Un ami m'a demandé un jour : 'Quel est ton endroit préféré au monde ?'. J'ai aussitôt répondu : 'Ma tête'. Ma vraie ville est donc peut-être... moi-même. » (pages 57-58).

« Alors pourquoi écrire de la poésie, plutôt que des romans, […]. Parce que 'la poésie est la preuve que la vie ne suffit pas', ainsi que l'a dit un jour Fernando Pessoa. Parce qu'elle est une URGENCE, une histoire d'une intensité passionnée, sans préliminaires, qui convient à mon âme impatiente. […] Parce qu'elle multiplie la vie. […]. » (page 73).

« […] mon mépris de toujours pour l'unanimité. À mes yeux, c'est la mentalité du troupeau. Qui fait l'unanimité n'a ni couleur, ni saveur ni odeur. » (page 78).

« Ah ! la censure. Ce fameux ange noir, pathétique, planant sur le triangle arabe des Bermudes (le sexe, la religion, la politique). S'il ne se montrait si malfaisant parfois, il me ferait presque pitié. » (page 82).

« Prier devrait être comme faire l'amour, une affaire privée. Tout le monde parle d'obscénité sexuelle, mais presque personne d'obscénité religieuse. » (page 113).

« Le voyage, c'est la vie. » (page 123).

« Vivre, c'est accepter qui on est. Mais c'est aussi accepter le changement. » (page 125). « Vivre enfin, c'est aussi savoir perdre. » (page 126).

 

J'aime !

Son « exemple qui illustre [sa] vision de la féminité […] la devanture de la boutique Sonia Rykiel à Saint-Germain-des-Prés : d'une grande beauté, stylée, mêlant les toilettes de séduction à une sélection de livres et de nouveaux titres de romanciers, penseurs, poètes et philosophes. Mode et culture. Nourriture pour le corps, nourriture pour l'esprit. Beauté externe, beauté interne, venant s'enrichir et se compléter l'une l'autre. » (pages 90-91).

 

Merci Joumana Haddad pour cet excellent essai qui aide à comprendre beaucoup de choses et qui en remet d'autres à leur place, en toute simplicité !


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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 04:35

NonFiction.gifÀ la demande de Flo, qui organise le challenge Non-fiction, voici la liste de mes 10 livres de non-fiction préférés (parmi ceux présentés sur ce blog).

 

De l'émotion... avec L'oiseau qui avait enterré sa mère dans sa tête, de N'Fassory Bangoura (Guinée, Afrique) et Nos animaux familiers ont-ils une âme ?, de Joëlle Dutillet (animaux, spiritualité).

 

La collection « Le roman de... » aux éditions du Rocher est vraiment très bien. J'ai lu plusieurs livres. Et ne vous laissez pas tromper par le mot « roman », pensez plutôt à « L'histoire de... » avec entre autres : Le roman du loup, de Claude-Marie Vadrot, Le roman de Tolstoï, de Vladimir Fédorovski et Le roman de l'Inde insolite, de Catherine Golliau.

 

Deux ouvrages... apocalyptiques : La mer engloutie, de Taras Grescoe et Homo-disparitus, d'Alan Weisman.

 

Et pour finir sur une pointe optimiste, des livres de voyage ! Touriste, de Julien Blanc-Gras et Le voyage de Thetys, de Nathalie Chateau et Bruno Fabre. Et dans le monde de la littérature : Passion des livres, de Gérard de Cortanze.

 

Par contre, je ne participe pas au challenge Non-fiction (mais je peux encore changer d'avis !).

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Publié par Catherine - dans lecture essai & doc
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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 13:51

PaysanSoussou.jpgL'oiseau qui avait enterré sa mère dans sa tête : carnets d'un paysan Soussou est un livre de N'Fassory Bangoura avec Philippe Geslin paru aux éditions Ginkgo dans la collection Mémoire d'homme en novembre 2011 (144 pages, 15 €, ISBN 978-2-84679-098-7). Il est possible de voir les 24 premières pages (texte et photos) sur le site de l'éditeur.

 

Je remercie Marine et les éditions Ginkgo de m'avoir envoyé ce beau livre en même temps que Léodine l'Africaine, d'Albert Russo.

 

Philippe Geslin est un ethnologue suisse. Il a étudié les Soussous « vivant dans les mangroves, au sud de Conakry » en Guinée. Il signe l'avant-propos de ce livre.

 

N'Fassory Bangoura est un paysan Soussou de 37 ans. Il vit dans le village de Wonkifong, et plus précisément dans le hameau de Wondewola, dans la province de Soumbouya. Il a été le guide et l'informateur de Philippe Geslin. Il a décidé que lui aussi allait écrire et prendre des photos !

 

Je trouve géniale la démarche de N'Fassory Bangoura ! Puisque des Blancs viennent étudier, écrire, prendre des photos, lui aussi va écrire (un mélange de français et de soussou), observer « ses Blancs » et noter leurs comportements, prendre des photos et parler de son village, sa famille, sa vie, ses états d'âme. Ce sont ses cahiers et ses photos envoyés à Philippe Geslin qui sont ici publiés. Et c'est un brillant témoignage de la vie dans un village de Guinée.

Le titre est inspiré d'un conte Soussou sur Mamadouba Kindounyi, le premier oiseau (animal ?) de la Terre.

Des textes, des poèmes, des bons mots, des anecdotes, des photos en noir et blanc de sa famille, des gens de son village et des environs, au repos ou au travail, des paysages (rizières, bananiers, palmiers, mangrove).

C'est vraiment très beau et très intéressant. Et c'est une Afrique qui vit bien, loin des conflits.

 

Voici quelques extraits.

« Chaque soir il faut que j'écrive ce que je vois. » (page 45).

« Ils m'ont donné un appareil photographique. Moi N'Fassory, j'ai un appareil […]. (page 54).

« Il est venu vers nous, c'est notre étranger. » (page 62).

« C'est moi qui ai écrit ce papier. Qu'il soit mes yeux. L'écrit est bien. L'instruction est bonne, mais elle n'est pas également répartie dans le monde. » (page 69).

« Je veux l'instruction. Je veux lire. Je veux être instruit. Qui peut recevoir l'instruction ? La ponctualité peut instruire l'homme. La relation peut instruire l'homme. Le premier gain c'est l'esprit. Mais avoir le bon esprit est difficile. » (page 71).

« Pendant 25 ans il n'y a pas eu de travail à Wondewolia. Tous ses habitants vivaient sur d'autres terres, en dehors du hameau. Après 25 années, les palétuviers, ont envahi nos anciennes rizières. Nous les avons défrichées. Nous sommes retournés chez nous. Nous avons construit des digues pour retenir l'eau de mer et récolter du riz. » (page 81).

« J'étais content aujourd'hui. Pourquoi ? Mon Blanc m'a écrit. Je suis content. J'ai su qu'il pensait à moi. Moi aussi je nourris quelque chose pour lui, je prie Dieu pour lui. » (page 114).

 

Et mes photos préférées (cliquez sur les vignettes).

PaysanSoussou1.jpg PaysanSoussou2.jpg PaysanSoussou3.jpg
Pirogues page 32
N'Fassory page 91
Grande case page 113

 

BeauxLivresEiluned3e ouvrage pour le challenge Beaux livres d'Eiluned

qui me permet d'honorer la catégorie « Amateur de jolies choses »

et de continuer en « Amoureux de la beauté ».

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