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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 23:05

HavrePas.jpgHavre des pas est un roman de Dimitri Vazemsky paru aux éditions Nuit Myrtide en février 2002 (260 pages, 15 €, ISBN 978-2-913192-14-9).

 

C'est grâce aux Agents littéraires qui m'avait contactée par l'intermédiaire de Babelio que j'ai reçu ce roman, en partenariat avec Libfly, du coup je me suis inscrite sur Libfly et j'ai découvert les éditions Nuit Myrtide ! Ça va, vous avez bien suivi ? Merci beaucoup à tous donc pour ce beau livre carré original !

 

Mon résumé

Le narrateur est déprimé. Détective privé, il n'est sur aucune affaire et n'a pas d'inspiration pour écrire. Il a vu la maison de Victor Hugo à Guernesey en rêve et aimerait partir sur les traces de ce grand homme de la littérature mais il lui faut un déclic.

Après le départ de sa secrétaire, Betty, pour Salt Lake City au chevet de sa mère mourante, il quitte enfin Wazemmes pour les îles anglo-normandes. Mais la pluie et une tempête le retiennent à Jersey ce qui le déprime encore plus : « Mon voyage patauge, immobile, mouillé ».

Il a hâte d'arriver à Guernesey et de continuer son Havre des pas mais s'interroge : « Quel lecteur ? Qui lira cela ? Le doute s'immisce ».

Et enfin : Guernesey ! En face du charmant hôtel où le narrateur loge : Hauteville House, la majestueuse maison de Victor Hugo. C'est parti pour la visite ! « Tout grouille de références. […] Tout est fixé. Intégré, arrêté. Tout a sa place, et tout se tient ».

Après plusieurs visites, le narrateur a noté tant de choses qu'il a la réelle impression que Victor Hugo lui-même a laissé des indices à certains endroits exprès pour qu'il les découvre !

« Juste des thèmes, récurrents, la prison, l'exil, l'enfermement... ».

 

Mon avis

Havre des pas est un journal de voyage atypique et surprenant, des chapitres courts, de l'humour, et le lecteur entre aisément dans l'intimité du narrateur. Dimitri Vazemsky (pseudonyme), auteur et éditeur, est en plus un bon guide !

Attention : le style de l'auteur fait que le lecteur est toujours attentif, en alerte, avide du moindre détail, de la moindre observation. Du coup, la lecture devient un engrenage (plaisant !) qui conduit toujours plus loin, dans la lecture et dans le voyage, « un voyage de l'esprit » écrit l'auteur.

J'ai essayé d'imaginer le narrateur, mais que dire de lui en dehors de quelques souvenirs, états d'âme et de l'avancement de son voyage ? Victor Hugo et Hauteville House sont tellement présents, tellement réels, que le narrateur en devient évanescent. Non pas qu'il soit transparent mais au fur et à mesure de son voyage, il s'efface pour laisser la place à ce qui est important, l'auteur, la maison, les pas, les mots.

« Un mot. Un seul. C'est grâce à eux que je voyage... Grâce aux mots ». Et le lecteur aussi voyage grâce aux mots de cet auteur original et inspiré !

De plus le livre est intéressant avec son format carré (16 x 16 cm), ses pages non paginées (pour perdre le lecteur ?) et sa couverture sobre (si quelqu'un peut me dire ce qu'elle représente).

Deux remarques. 1. J'ai été étonnée par le fait que l'auteur attache les mots « quelquechose » et « quelquepart » : tic d'écriture ? 2. Et je me suis dit, pourquoi ne pas écouter les Gymnopédies de Satie en lisant ce livre puisque l'auteur les écoute en l'écrivant ?

Une suite, en Inde ?

 

HautevilleHouse.jpgQuelques mots sur Victor Hugo et Hauteville House

Né le 26 février 1802 à Besançon (Franche-Comté), Victor Hugo est un auteur (romancier, poète, dramaturge), dessinateur, photographe et un homme politique du XIXe siècle. Il a vécu en exil sur l'île de Guernesey de 1856 à 1870 soit pendant près de 15 ans. Il a été bouleversé par la mort (noyade) de sa fille, Léopoldine. Il est mort le 22 mai 1885 à Paris.

La maison de Victor Hugo à Guernesey s'appelle Hauteville House. Il existe un site en français sur Hauteville House, bien utile pour avoir plus d'informations sur Guernesey et Victor Hugo mais aussi pour visiter la maison, étage après étage, et ainsi suivre plus précisément le parcours de l'auteur. Cliquez sur l'image (qui provient d'ailleurs de ce site).

 

J'ai aimé

La phrase : « Rien n'étonne ceux pour qui le monde est à découvrir ».

L'expression : « Et je feuillette ma mémoire » (très jolie, n'est-ce pas ?).

Quelques jeux de mots comme « l'eaubscurité ».

 

J'espère que cet auteur et ma note de lecture vous ont donné envie de (re)découvrir Victor Hugo et Guernesey, et aussi de lire ce Havre des pas !

 

Du même auteur (aux éditions Nuit Myrtide)

Des gens (juin 2000)

Vols de flamands roses (janvier 2001)

Modèle vivant (novembre 2001)

Noir(s), nouvelles (novembre 2001)

Ombre au tableau (novembre 2001)

Patamorphe (novembre 2002)

Temps pris (février 2004)

Ligne 16 (octobre 2004)

Instantanés d'encre (novembre 2004)

Projet 261170 (novembre 2004, réédition)

 

Edit du 3 mai : Victor Hugo fait-il un bon anti-dépresseur sur le blog des Agents littéraires.

Du 9 mai : Mon mari l'a lu : il a aussi apprécié cette lecture agréable et a eu l'impression de faire le voyage avec l'auteur.

Du 11 mai : Le livre avait été mis en jeu ici et il y a enfin, un gagnant ! Félicitations à « Carré ».

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2 juillet 2009 4 02 /07 /juillet /2009 06:29

CoupCoeur2009.pngLe cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates est le premier roman de Mary Ann Shaffer, écrit avec sa nièce Annie Barrows. Il est paru au Nil en mars 2009 (391 pages, 19 €, ISBN 978-2-841-11371-2). Paru en 2008 à New York, The Guernsey literary and potato peelpie Society est traduit de l'américain par Aline Azoulay-Pacvon.

 

J'avais lu des notes de lectures de blogueuses qui l'avaient lu en américain et j'étais impatiente de le lire moi aussi ! La couverture est belle, le titre est original, le papier est doux, je suis emplie de curiosité et avide d'épluchures de patates !

 

Je vois sur la quatrième de couverture que c'est le premier roman de Mary Ann Shaffer, ancienne bibliothécaire et libraire, qui est morte en février 2008 « peu de temps après avoir su que son livre allait être publié » : c'est triste, son écriture est si vive, si dynamique... Puisque c'est son premier et dernier roman, je veux le déguster.

 

En plus un roman sous forme de littérature épistolaire, ce n'est pas courant. Chaque lettre se déguste donc comme une petite douceur.

 

Juliet Ashton a 32 ans, elle est auteur et habite à Londres. Elle a connu le succès avec « Izzy Bickerstaff s'en va-t-en guerre ». Janvier 1946, elle souhaite passer à autre chose mais sa biographie d'Anne Brontë a été un fiasco et elle pioche sur « Faiblesses anglaises », un livre sur Beatrix Potter et son Lapinou... Peu importe, son éditeur Sidney Stark gagne de l'argent avec les aventures d'Izzy et l'incite à une tournée des librairies (Bath, Colchester, Norwich, King's Lynn, Bradford, Leeds) avec son assistante, Susan Scott. Juliet accepte, se retrouve couverte de fleurs par un certain Markham V. Reynolds Jr. (un éditeur américain installé à Londres), et cherche une idée pour un autre livre.

 

Elle échange de nombreuses lettres avec Sidney (son éditeur), avec son amie Sophie Strachan (soeur de l'éditeur) qui vit en Écosse, et un jour, Juliet reçoit une lettre d'un inconnu : Dawsey Adams a en effet trouvé son ancienne adresse sur la couverture de « Les essais d'Elia, morceaux choisis » de Charles Lamb, ouvrage qui lui avait appartenu. Elle n'habite plus à Oakley Street, la rue ayant été bombardée, mais à Chelsea et elle écume les librairies de Londres (elle achète des livres parce qu'elle en a « envie à son insu », j'adore !). Elle est donc ravie de rendre service à Adams et voudrait savoir ce qu'est exactement le « Cercle des amateurs de littérature et de tourte aux épluchures de patates de Guernesey né à cause d'un cochon rôti [... que des habitants] dû cacher aux soldats allemands » (page 20). Remarquez la différence avec le titre français qui aurait été trop long avec la tourte.

 

Dans la deuxième partie, vous vous en doutez bien, Juliet se rend à Guernesey pour rencontrer les personnes qui lui ont écrit et pour mettre au point ses idées sur son nouveau livre. Mais je n'en dis pas plus, c'est à vous de découvrir l'histoire !

 

J'ai aimé les réflexions de Juliet sur les librairies.

« Voyager, s'adresser à un public captivé, dédicacer des livres et rencontrer des étrangers est grisant. » (page 27).

« J'adore faire les librairies et rencontrer les libraires. C'est vraiment une espèce à part. Aucun être doué de raison ne deviendrait vendeur en librairie pour l'argent, et aucun commerçant doué de raison ne voudrait en posséder une, la marge de profit est trop faible. Il ne reste donc plus que l'amour des lecteurs et de la lecture pour les y pousser. Et l'idée d'avoir la primeur des nouveaux livres. » (pages 27-28).

« Je trouvais incroyable à l'époque – et encore aujourd'hui – qu'une si grande partie de la clientèle qui traîne dans les librairies ne sache pas vraiment ce qu'elle cherche, mais vienne juste jeter un œil aux étagères avec l'espoir de tomber sur un livre qui répondra à son attente. [...], ils vous posent les fameuses trois questions : 1. De quoi ça parle ? 2. Vous l'avez lu ? 3. C'est bien ? » (page 28).

« Les vendeurs bibliophiles pur jus – comme Sophie et moi l'étions – sont incapables de mentir. [...]. S'il leur déplaît, ils ne reviendront jamais ; mais, s'ils l'apprécient, ils seront clients à vie. » (page 28).

 

J'ai tellement aimé la réflexion d'Isola Pribby, dans sa lettre du 17 février 1946, que je la mets en gras : « Lire de bons livres vous empêche d'apprécier les mauvais. » (page 80).

 

Ce qui m'a interpellée : Sam Withers, ancien jardinier du cimetière qui raconte à Juliet que les habitants détestaient évidemment les Allemands qui occupaient leur île mais qu'ils étaient bien conscients que certains étaient gentils et faisaient tout pour les aider : « Et voilà que des Britanniques snobinards se mettent à confondre humanité et collaboration. Ils n'ont qu'à venir nous dire ça, à Mrs. Fouquet et à moi ! » (page 301). Puisque Guernesey était totalement coupée du reste du monde et que les Allemands réquisitionnaient tout, il a bien fallu que la population vive avec les occupants (pendant 5 ans !), ce qui n'implique pas le fait de collaborer (bien que certains l'aient fait, évidemment, comme partout ailleurs...).

 

Que dire de plus ? J'ai tout simplement adoré ! C'est la meilleure lecture pour cet été.

Et je rêve maintenant de visiter Guernesey !

 

Ce livre est listé dans le défi Blog-o-trésors 2009. C'est ma cinquième lecture dans le cadre de ce défi – après Le treizième conte, 1984, Le libraire et La ferme des animaux – et je vais peut-être encore en lire d'autres.

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