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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 05:30

L'attentat est un roman de Yasmina Khadra paru aux éditions Julliard en août 2005 (268 pages, 18 €, ISBN 2-260-01693-6).

 

Je remercie O. qui m'a incitée à lire cet auteur et en particulier ce roman.

 

Le docteur Amine Jaafari est un chirurgien réputé qui opère à Ichilov, un hôpital de Tel Aviv. Arabe né dans une famille de bédouins (« un milieu pauvre mais digne »), il est sorti major de sa promotion et a demandé à être naturalisé Israélien. Son épouse depuis quinze ans, Sihem, est en vacances chez sa grand-mère à Kafr Kanna, près de Nazareth. Il attend son retour avec impatience.

Après une opération réussie, Amine retrouve ses collègues à la cantine de l'hôpital. « Soudain, une formidable explosion fait vibrer les murs et tintinnabuler les vitres de la cantine. Tout le monde se regarde, perplexe [...]. - C'est sûrement un attentat, dit quelqu'un. » (page 18). Dix minutes après l'explosion dans ce fastfood bondé (des enfants y fêtaient un anniversaire), c'est l'alerte rouge, il y a plusieurs morts, les blessés sont amenés aux urgences, l'équipe médicale et les salles doivent être prêtes. « En moins d'un quart d'heure, le hall des urgences se transforme en champ de bataille. Pas moins d'une centaine de blessés s'y entassent. » (page 21). Amine et ses confrères opèrent toute la journée, chacun des dizaines de blessés : « J'ignore combien de personnes sont passées sur ma table d'opération. [...] Certaines interventions n'ont pas demandé beaucoup de temps, d'autres m'ont littéralement usé. » (page 23).

Amine quitte l'hôpital après 22 heures, rentre chez lui en subissant plusieurs check-points et se couche après une bonne douche. Mais la sonnerie du téléphone le réveille à 3 h 20 du matin : c'est Naveed Ronnen, un de ses amis, haut-fonctionnaire de police, qui lui demande de venir immédiatement à l'hôpital. « J'ai vu des corps mutilés dans ma vie, j'en ai raccommodé des dizaines ; certains étaient tellement abîmés qu'il était impossible de les identifier, mais les membres déchiquetés qui me font face, là sur la table, dépassent l'entendement. C'est l'horreur dans sa laideur absolue... » (pages 35-36). Mais Amine reconnaît son épouse ; la bombe, c'était elle !

Amine doit maintenant faire face à son chagrin, sa douleur, à la suspicion (et même à la haine) de certains de ses collègues, amis ou voisins, aux interrogatoires éprouvants et à l'enquête du capitaine Moshé : « [...] il faut impérativement que je sache comment une femme appréciée par son entourage, belle et intelligente, moderne, bien intégrée, choyée par son mari et adulée par ses amies en majorité juives, a pu, du jour au lendemain, se bourrer d'explosifs et se rendre dans un lieu public remettre en question tout ce que l'État d'Israël a confié aux Arabes qu'il a accueillis en son sein. » (pages 55-56).

Ensuite « Reprendre une vie normale si toutefois... » et chercher à comprendre...

 

Je pense que Yasmina Khadra est un fin observateur et un amoureux de la langue française. Ce qui fait de lui un grand écrivain, c'est son style, sa rigueur dans le choix des mots qui fait qu'il cisèle son texte comme un orfèvre, son humour parfois. Il ne prend pas partie pour un camp ou un autre parce que la dualité Israéliens contre Arabes lui paraît stupide et inutile. Mais il prend parti pour la vie et le respect de la vie, comme le prouvent ces passages :

Le père d'Amine à son fils unique : « Si tu pars du principe que ton pire ennemi est celui-là même qui tente de semer la haine dans ton cœur, tu auras connu la moitié du bonheur. [...] il n'y a rien, absolument rien au-dessus de ta vie... Et ta vie n'est pas au-dessus de celle des autres. » (page 108). Tous les pères devraient dire ça à leurs enfants !

Amine à sa collègue et amie, Kim : « Je veux juste comprendre comment la femme de ma vie m'a exclu de la sienne, comment celle que j'aimais comme un fou a été plus sensible au prêche des autres plutôt qu'à mes poèmes. » (page 116).

Le vieux Zeev l'Ermite à Amine : « La vie d'un homme vaut beaucoup plus qu'un sacrifice, aussi suprême soit-il. [...] Car la plus grande, la plus juste, la plus noble des Causes sur terre est le droit à la vie. » (page 257).

À lire et à méditer donc.

 

Ce livre est listé dans le défi Blog-o-trésors 2009. C'est ma septième lecture dans le cadre de ce défi et je vais peut-être encore en lire d'autres.

 

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