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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 01:17

Au pied du mur est un roman d'Elisabeth Sanxay Holding paru aux éditions Baker Street en novembre 2013 (312 pages, 18 €, ISBN 978-2-917559-32-1). The blank wall (1947) est traduit de l'américain par Gérard Horst et J.-G. Marquet (1953) et ici dans une traduction revue, mise à jour et « complétée par des passages qui avaient disparus » par Françoise Jaouën.

 

Je remercie Virginie et les éditions Baker Street (fondées en 2007 par Cynthia Liebow, une Américaine qui vit en France, une maison d'éditions à suivre !) pour ce classique de la littérature policière américaine.

 

Elisabeth Sanxay Holding naît le 18 juin 1889 à Brooklyn (NY). Mariée à un diplomate britannique en 1913, elle voyage beaucoup. En 1920, elle commence à écrire des histoires romantiques (Invincible Minnie, Angelica, Rosaleen Among the Artists, The Unlit Lamp) mais après la crise de 1929, elle se lance dans le roman policier (18 romans et 7 nouvelles dont une adaptée par Alfred Hitchcock). Elle meurt le 7 février 1955 dans le Bronx (NY).

 

Lucia Holley, 38 ans, vit dans un petit domaine de campagne avec ses deux enfants (David, 15 ans, Beatrice surnommée Bee, 17 ans), son vieux père (Mr Harper) et Sibyl, sa bonne depuis huit ans (une « femme de couleur »).

Son époux, le Commandant Tom Holley, officier de la Marine, est dans le Pacifique depuis plus de deux ans (nous sommes dans les années 40 et c'est la guerre).

Lucia est mécontente que Bee délaisse ses cours de dessin pour fréquenter Ted Darby, un homme de 35 ans, marié, qui dit travailler dans le théâtre. Elle a été jusqu'à New York pour le dissuader de revoir sa fille, mais ce soir, il est dans le hangar et il attend l'adolescente.

Le lendemain matin, Lucia sort tôt pour nager un peu et découvre Darby mort dans le bateau ! Elle pense que c'est son père qui est sorti sous la pluie cette nuit et qui a tué l'homme, elle décide donc de se débarrasser du corps en l'emmenant dans un endroit isolé sur Simm's Island.

« C'est lorsqu'elle monta dans le bateau qu'elle vit le corps. C'était un homme, couché sur le ventre dans une position bizarre et effrayante, les jambes étendues en travers du banc, la tête et les épaules soulevées par un objet invisible. » (page 25).

Mais, Carlie Nagle, un homme désagréable, encore plus louche que Ted Darby, vient à la maison demander des nouvelles de son ami Ted. Puis Martin Donnelly, un autre ami de Ted, veut vendre à Lucia des lettres compromettantes que Bee a écrites à Ted pour 5 000 dollars.

Et enfin, l'inspecteur Levy, de la police du comté de Horton, vient interrogé Lucia.

« L'inspecteur s'était levé. Un homme jeune, de grande taille, avec de grands pieds et de grandes oreilles. Il n'était pas en uniforme ; dans son costume gris soigné, il n'avait rien d'effrayant. Son sourire était avenant, ses yeux noirs doux et pensifs. Mais elle était terrifiée. » (page 98).

De plus, Bee a un nouveau petit ami, Owen Lloyd, 23 ans, le fils des riches voisins.

Et Martin Donnelly se rapproche dangereusement d'elle.

Courageusement Lucia va faire tout ce qui sera en son pouvoir, et même plus encore, mais va-t-elle être à la hauteur ou la situation va-t-elle lui échapper ?

 

Lucia a l'impression que sa maison est « envahie » par des inconnus, elle veut protéger sa famille, elle est aux aguets, elle ne doit pas commettre d'erreur ! Ou comment une bonne fille, épouse et mère de famille devient une criminelle.

« Je ressemble à une marionnette, se dit-elle. Je ne suis pas réelle. Je ne suis pas réelle. » (page 195).

 

Plus qu'un roman policier, ce roman noir – devenu un classique – très bien construit et rythmé est un véritable chef-d'œuvre car Elisabeth Sanxay Holding fait subtilement monter la pression simplement à travers le quotidien de son héroïne, ses pensées, ses actes, sa culpabilité et les lettres insipides qu'elle écrit à son mari (d'ailleurs, une lecture pour le challenge En toutes lettres).

Raymond Chandler déclarait qu'Elisabeth Sanxay Holding était « le meilleur écrivain à suspense » : je n'ai pas lu tous les romans à suspense, tous les classiques du roman noir américain de cette époque mais j'en ai lu quelques-uns et je veux bien le croire car il y a de l'intensité et de la jubilation à la lecture de ce roman !

 

Adaptations cinématographiques

Max Ophüls (1902-1957) a adapté ce roman au cinéma en 1949 : The Reckless Moment (Les désemparés) avec Joan Bennett (1910-1990) dans le rôle de Lucia et James Mason (1909-1984) dans le rôle de Martin Donnelly. Je ne suis pas sûre à 100 % d'avoir vu ce film mais en tout cas, il me dit quelque chose. À voir ou à revoir donc !

Un autre film, plus récent, a adapté encore plus librement ce roman : The Deep End (Bleu profond), réalisé en 2001 par David Siegel avec Tilda Swinton. Celui-ci, je ne l'ai pas vu mais je me rappelle avoir vu la bande annonce.

 

Une excellente lecture pour les challenges 1 % de la rentrée littéraire 2013 (comme c'est une réédition, j'espère que ça va), En toutes lettres (comme je l'ai dit ci-dessus), Petit Bac 2014 (catégorie Bâtiment pour le mur), Romancières américaines, US, Thrillers et polars. Je ne sais pas si Stéphie continue Un classique par mois en 2014.

 

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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 04:13

Jusqu'à ce que la morsure nous sépare est le 3e tome de la série 43 rue du Vieux-Cimetière, un roman de Kate et M. Sarah Klise paru aux éditions Albin Michel Jeunesse dans la collection Witty en mai 2013 (137 pages, 8,50 €, ISBN 978-2-226-24757-5). 43 Old Cemetery Road, Book 3 : Till death do us bark (2011) est traduit de l'américain par Mickey Gaboriaud.

 

Pour plus d'infos sur l'auteur Catherine 'Kate' Klise et sur l'illustratrice M. (Mary) Sarah Klise, consultez la note de lecture de Trépassez votre chemin.

 

Lester est heureux d'avoir été adopté par Ignace Bronchon et le fantôme d'Adèle Vranstock, mais il aimerait en plus de son chat, Mistynoir, avoir un chien. Or, en revenant de la bibliothèque, un chien le suit jusqu'au manoir ! C'est Secret, le lévrier irlandais du riche Placid McAbbey qui vient de mourir à l'âge de 95 ans.

Lester est fou de joie mais Adèle boude car elle est une dame à chats, Bronchon a de plus en plus d'allergies alors que Mistynoir a disparu et Secret aboie toute les nuits empêchant tout le voisinage de dormir...

Kitty et Rex, les deux enfants de McAbbey, s'installent à Crésus Villa mais la sœur et le frère ne se sont jamais entendu et n'étaient pas très aimants avec leur père qui avait, les dix dernières années de sa vie, reporté son amour sur Secret. McAbbey était pourtant un homme gentil, généreux et apprécié de tous. Les deux rejetons intéressés uniquement par la richesse devront résoudre une énigme sous forme de poème (*) pour pouvoir hériter.

« Votre père vous connaissait bien. Il savait parfaitement que vous ne partagiez pas sa passion pour les antiquités, les œuvres d'art et les livres rares. C'est pour cela qu'il vous a fait la faveur de s'en débarrasser peu avant sa mort. » (lettre de l'avocate, Claire Komdel-Hodresch, page 60).

Lester s'enfuit avec Secret...

 

(*) Ces poèmes sont des limericks ; il y a des explications sur ce genre de poème en cinq vers à la fin du livre (pages 136-137). J'avoue que je ne savais pas ce qu'était un limerick (ou alors si je l'ai su, j'avais oublié) !

 

Bon sang, qu'est-ce qu'elle est bien, cette série ! J'ai englouti les trois tomes en peu de temps et, maintenant, il me faut absolument le 4e, Le fantôme du bureau de poste. Comme pour les deux premiers tomes, de l'humour, de l'originalité (lettres, illustrations), de nouveaux personnages. C'est vraiment très bien fait et je me suis laissée prendre au jeu avec grand plaisir. Je ne peux que vous recommander cette série !

 

Une lecture que je mets dans les challenges En toutes lettres, Jeunesse & young adults # 3, Romancières américaines et US.


 

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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 04:03

Il faudra me passer sur le corps est le 2e tome de la série 43 rue du Vieux-Cimetière, un roman de Kate et M. Sarah Klise paru aux éditions Albin Michel Jeunesse dans la collection Witty en janvier 2013 (131 pages, 8,50 €, ISBN 978-2-226-24594-6). 43 Old Cemetery Road, Book 2 : Over my dead body (2010) est traduit de l'américain par Mickey Gaboriaud.

 

Pour plus d'infos sur l'auteur Catherine 'Kate' Klise et sur l'illustratrice M. (Mary) Sarah Klise, consultez la note de lecture de Trépassez votre chemin.

 

Le MIASME (Mouvement International Autoritaire pour la Sauvegarde Morale de nos Enfants), nouvellement fondé par Dick Tatter, veut enquêter sur Ignace Bronchon et lui enlever Lester.

« Une âme charitable lui a envoyé une lettre anonyme pour l'informer de notre situation. Qu'allons-nous faire ? » (page 25).

Ce petit dictateur (j'avais oublié de dire pour le tome 1 que les noms étaient des jeux de mots) veut aussi faire interdire Halloween et détruire tous les livres qui parlent de fantômes, de magie, etc. Heureusement Tom Set, le bibliothécaire de Livid City, refuse de brûler les livres !

Mais après une enquête bâclée et partiale de Dick Tatter, Bronchon est interné d'office (et à vie !) et Lester est envoyé à l'orphelinat.

Les parents de Lester ont autre chose à penser : ils sont en France et s'apprêtent à publier leur livre, Seuls les idiots (et les enfants) croient aux fantômes : le livre anti-fantômes par excellence – « best-seller garanti » – quels crétins, ces deux-là !

Bronchon, Adèle et Lester avaient promis à leurs lecteurs de nouveaux chapitres pour Halloween mais là, c'est impossible, et pire les lecteurs se retournent contre les auteurs pensant à une supercherie et réclament un remboursement.

Et Dick Tatter veut prouver que le fantôme d'Adèle n'existe pas. « Je tirerai cette affaire au clair, même si cela exige une inhumation. » (page 91).

 

En dehors des retranscriptions des émissions Agi-Tatter et des extraits de La Gazette de Livid City, le récit est toujours sous forme de lettres, ce que j'aime vraiment beaucoup. C'est un pur bonheur de lire cette série.

Et avec Dick Tatter et son MIASME, l'auteur montre que parfois des organisations ont trop d'importance et de pouvoir, et font n'importe quoi soit-disant pour le bien-être de quelqu'un (ici les enfants). Il y a aussi dans la population des gens qui adhèrent à n'importe quelle idée farfelue sans se poser de questions !

 

Une excellente lecture que je mets dans les challenges En toutes lettres, Jeunesse & young adults # 3, Romancières américaines et US.

 

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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 02:06

Trépassez votre chemin est le premier tome de la série 43 rue du Vieux-Cimetière, un roman de Kate et M. Sarah Klise paru aux éditions Albin Michel Jeunesse dans la collection Witty en septembre 2012 (169 pages, 8,50 €, ISBN 978-2-226-24239-6). 43 Old Cemetery Road, Book 1 : Dying to meet you (2009) est traduit de l'américain par Mickey Gaboriaud.

 

Catherine 'Kate' Klise, née le 13 avril 1963 à Peoria dans l'Illinois, est l'auteur. Elle a étudié à l'Université Marquette à Milwaukee dans le Wisconsin (diplômé d'anglais) et a travaillé pendant quinze ans pour le magazine hebdomadaire People. Elle écrit surtout pour la jeunesse (son premier roman adulte, In the bag, n'est paru qu'en 2012). Elle habite dans une ferme du Missouri.

 

M. (Mary) Sarah Klise, née le 31 décembre 1962 également à Peoria, est l'illustratrice. Elle a aussi étudié à l'Université Marquette (diplômée d'histoire) et enseigne l'Art. Elle habite un cottage victorien à Berkeley en Californie et a un fils, Milo.

 

Plus d'infos sur les deux sœurs sur leur site officiel, http://www.kateandsarahklise.com/.

 

Tout commence lorsqu'Ignace Bronchon, 64 ans, habitant Chicago, « spécialiste des mystères, du grabuge et du macabre », auteur de la série jeunesse en douze volumes, Le dompteur de fantômes, décide de louer une maison pour l'été afin de « finir » son nouveau livre : en fait il ne l'a même pas commencé, il n'a pas écrit depuis vingt ans... Son éditrice de New York, Sandy Page-Haller, est en colère et a embauché un détective privé, Teddy Skray, pour enquêter sur Bronchon !

Après avoir contacté Debbie Cock de l'agence Immo Ralasway à San Francisco, Bronchon choisit le manoir victorien de « trente-deux pièces et demie » sis 43 rue du Vieux-Cimetière à Livid City, Illinois, États-Unis.

En fait, le manoir fut construit par Adèle I. Vranstock en 1874 : elle écrivait et illustrait des romans à énigmes mais aucun ne fut publié. La vieille dame célibataire et sans enfant est morte il y a quatre-vingt-dix-sept ans et la maison appartient à Lino et Inès Perrance depuis douze ans. Ce couple de professeurs, spécialistes du paranormal, est en ce moment en Europe pour des conférences. Leur fils de onze ans, Lester, vit au manoir avec son chat, Mistynoir.

« Selon la légende, peu avant sa mort, Vranstock aurait juré de hanter sa maison et la ville de Livid City pour l'éternité – ou bien, jusqu'à ce qu'un de ses livres soit publié. » Extrait de la Gazette de Livid City (page 33).

Bronchon n'est pas content : il a découvert non seulement que Lester vivait au deuxième étage de la maison (il n'aime pas particulièrement les enfants même s'il écrit des livres à leur intention) mais aussi qu'il y avait un chat (il est « extrêmement allergique » aux chats). De plus le manoir est délabré, tout biscornu et tarabiscoté ! « La personne qui a conçu cette baraque devait être à moitié maboule. » (page 34).

Comme son avoué, Fred Dossier, lui écrit qu'il ne peut rien faire contre la clause Lester/Mistynoir alors que le bail est signé et lui explique qu'il est ruiné, Ignace Bronchon n'a pas d'autre solution que d'écrire le treizième tome du Dompteur de fantômes. Il décide de placer les nouvelles aventures de Bartholomew Brown, son célèbre détective spécialiste des fantômes, dans ce manoir du 43 rue du Vieux-Cimetière.

Or Lester a réussi ce que ses parents n'ont jamais réussi : il est en contact avec le fantôme d'Adèle !

 

Voilà, le décor est planté et je peux vous dire qu'il y a une super ambiance dans ce roman épistolaire puisqu'en dehors des extraits de la Gazette et des extraits du roman que Bronchon tente d'écrire, il n'y a que des lettres, y compris entre Bronchon qui a mauvais caractère (au premier étage) et Lester qui est l'innocence même (au deuxième étage). Chaque lettre a sa propre typographie selon la personne qui l'écrit et le lecteur, qui connaît la présence d'Adèle, le fantôme, s'amuse beaucoup en lisant tous ces échanges. Ce livre est original d'autant plus qu'il est illustré avec humour et se lit très bien, d'une traite quoi !

 

« Mais tout d'abord, je m'interroge : de qui est-ce l'histoire ? Bartholomew Brown ? Je ne crois pas. Suis-je attachée à ce personnage ? Pas vraiment. Il est trop plat. Trop rigide. Complètement irréaliste. » Extrait d'une lettre d'Adèle datée du 4 juillet à Bronchon (page 81).

 

La littérature jeunesse a évolué et un auteur qui avait du succès il y a plus de vingt ans doit évoluer aussi s'il veut attirer ses anciens lecteurs et de nouveaux lecteurs à lire son livre (hum, lorsqu'il sera terminé et publié) ! En même temps, le processus de création est loin d'être facile et Bronchon recommence plusieurs fois le début de son roman tout en se demandant ce qu'il va bien pouvoir imaginer pour la suite. Écrire, c'est du travail bien sûr, mais s'il n'y a pas la petite étincelle, si en plus l'auteur est acariâtre et égocentrique, les personnages et le récit seront, comme le dit Adèle, plats et irréalistes, bref le livre ne sera pas agréable à lire...

 

En tout cas, chers lecteurs, ne dites rien à Eddie Torial, le rédacteur en chef de La Gazette de Livid City, il écrit tout ! « Nous rapportons vos secrets, vos secrets nous rapportent ! » (pages 32, 85, 109 et 128). Ah, ces journalistes...

 

Le passage que j'aime bien

« Le gamin va illustrer notre livre. Il est très doué. Nous avons du pain sur la planche mais ça va être super. Cela fait des années que je n'ai pas été autant excité par un projet. C'est peut-être même la première fois. » Extrait de la lettre de Bronchon à Fred Dossier (page 103).

 

Une lecture charmante (j'ai hâte de lire les tomes suivants !) que je mets dans les challenges En toutes lettres (finalement, je lis plus de romans épistolaires que ce que je pensais), Jeunesse & young adults # 3Petit Bac 2013 (catégorie lieu), Romancières américaines et US.
Comme le manoir est victorien (1874) et que le fantôme est celui d'une Lady de la fin du XIXe siècle, je tente également ma chance avec les challenges Victorien et XIXe siècle.

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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 03:11

Bestseller est un roman de Jesse Kellerman paru aux éditions des 2 Terres le 16 octobre 2013 (393 pages, 21,50 €, ISBN 978-2-84893-142-5). Potboiler (2012) est traduit de l'américain par Julie Sibony.

 

Je remercie Carla et les éditions des 2 Terres pour cet excellent roman que j'ai pu lire avant sa parution en librairie.

 

Jesse Kellerman est né le 1er septembre 1978 à Los Angeles (Californie). Ses parents Faye et Jonathan Kellerman sont eux aussi auteurs de romans policiers ! Déjà traduits en français : Les visages (2009), Jusqu'à la folie (2011) et Beau parleur (2012). Plus d'infos sur http://jessekellerman.com/.

 

William (Bill) Kowalczyk et Arthur Pfefferkorn sont amis depuis le collège ; ils étaient inséparables et ont étudié ensemble mais la vie d'adultes les a séparés.

Bill est devenu un célèbre auteur de polars (sous le pseudonyme de William de Nerval) alors qu'Arthur, un peu aigri, n'a publié qu'un roman (en 1983) et qu'il est professeur d'écriture dans une université.

À l'enterrement de son ami (mort dans un accident de bateau), Arthur revoit sa veuve, Carlotta, dont il a toujours été amoureux, et passe la nuit chez elle dans son immense maison. Dans la nuit, il retourne dans la grange qui servait de bureau à Bill et vole le dernier manuscrit inédit, Jeux d'ombres.

Pourtant Arthur n'aime pas les polars et les thrillers.

« Pfefferkorn essaya de savoir ce qui était pire : n'avoir aucun goût ou en avoir et le mettre de côté ? Dans les deux cas, ce n'était pas le but de la littérature. » (page 29).

Arthur va lire le manuscrit de Bill, le corriger, l'étoffer, modifier le nom du héros (Dick Stapp devient Harry Shagreen), le terminer et Du sang dans les yeux va devenir en un rien de temps un bestseller !

« Il avait serré tellement de mains et dédicacé tellement d'exemplaires qu'il avait eu un début de tendinite au poignet. Son éditeur lui avait créé un site internet en l'encourageant à se mettre aux réseaux sociaux. » (page 86).

Même s'il a du mal à écrire un deuxième roman, tout va bien pour Arthur ! Carlotta, un roman bestseller, la célébrité, la richesse, le mariage de sa fille unique. Jusqu'au jour où il reçoit un mot de Lucian Savory, l'agent littéraire de William de Nerval...

La suite des aventures d'Harry Shagreen, Du sang dans la nuit, va enfin paraître mais Arthur est soupçonné d'avoir tué Jesús Maria de Lunchbox, le professeur de tango de Carlotta, et d'avoir enlevé la veuve de son meilleur ami.

Arthur fuit les États-Unis et se retrouve en Zlabie, pays africain divisé en deux car un conflit dure depuis plus de 400 ans entre deux camps qui sont pourtant de la même ethnie.

« Il admirait et plaignait à la fois un peuple si férocement attaché à son héritage culturel qu'il pouvait passer quatre siècles à s'entre-tuer sur une question de sépulture fictive. » (page 213).

 

Mes passages préférés

« Rien ne se passait, parce qu'elle n'avait aucune idée de ce qu'il avait fait. C'était un truc de mauvaise littérature, mais c'était pourtant vrai. Il s'aperçut alors que les trucs de mauvaise littérature avaient beaucoup plus de chance de se produire dans la vraie vie que les trucs de bonne littérature, parce que la bonne littérature éclairait la réalité alors que la mauvaise littérature s'appuyait dessus. Dans un bon roman, les motivations de Carlotta étaient bien plus compliquées qu'elles n'apparaissaient. Dans un bon roman, elle réfrénait ses accusations pour pouvoir les lui lancer au visage plus tard dans un rebondissement inattendu. Dans le mauvais roman de la vie, elle n'était tout simplement pas au courant. » (page 97).

« […] il songea aux similarités entre l'espionnage et l'écriture. Les deux supposaient de pénétrer dans un monde imaginaire et d'y prendre ses quartiers avec conviction, presque au point de s'y laisser tromper. Les deux étaient des boulots que, de l'extérieur, les gens trouvaient exotiques, mais qui étaient en pratique plutôt fastidieux. » (pages 240-241).

 

Bon sang, quel roman ! Comme les chapitres sont courts, je voulais toujours en lire plus : le parfait page-turner. D'ailleurs, d'après Stephen King : « Un parfait polar prenant pour passionnés de polars palpitants par un auteur de polars sans pareil ! ».

Mais, plutôt qu'un polar, Bestseller est un thriller passionnant qui vire espionnage avec humour.

L'auteur traite bien la jalousie (alors que Bill fut jaloux de la qualité d'écriture de son ami, Arthur est jaloux de la facilité d'écriture et du succès de Bill), le monde de l'édition et celui de l'espionnage (malheur à celui qui est pris dans cet engrenage !).

La Zlabie, le pays imaginaire d'Afrique est impeccable : rien ne va, rien ne fonctionne et de chaque côté il y a un dictateur mégalomane qui gouverne. Arthur va devoir affronter tout un tas de dangers qu'un écrivain ne pense pas devoir affronter un jour !

J'avais repéré Jesse Kellerman, en particulier après la parution de Les visages, mais c'est la première fois que je le lis et j'adhère totalement ! Son écriture est enlevée, drôle et captivante : je veux absolument lire ses autres romans !

 

Vous ne connaissez pas Jesse Kellerman ? Lisez les 6 premiers chapitres (18 pages) de Bestseller sur http://www.les-deux-terres.com/PDF/KELLERMAN_BESTSELLER.pdf.

 

Une lecture pour les challenges 1 % de la rentrée littéraire 2013, Mois américain, Thrillers et polars. Je vais le mettre aussi dans Lire sous la contrainte (titres en 10 lettres) car je l'ai lu le 13 octobre durant le marathon de lecture d'automne (j'espère que ça ira car je n'ai pas publié ma note de lecture avant le 20 octobre).

PS du 24 octobre : Un petit jeu pour gagner ce livre ici.

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21 septembre 2013 6 21 /09 /septembre /2013 03:46

Qu'est-ce que je découvre mardi matin chez Adalana ? Le challenge Romancières américaines de Miss G. Je n'ai pas mis longtemps à me décider ! Même si je me suis inscrite dans la plus petite catégorie (toujours pour me montrer raisonnable mais je lirai sûrement plus !).

Miss G nous dit : « Le but du challenge est de découvrir ou de redécouvrir les romancières américaines passées et présentes, la façon dont elles abordent l'Amérique dans leur œuvre, les différences entre le Nord et le Sud, l'évolution des mentalités et les traditions. Vous trouverez ici une liste non exhaustive de ces romancières si vous manquez d'inspiration. »

Et encore : « En plus d'une liste de romancières, je vous propose aussi de consulter ici la liste des 30 classiques dressée par le Magazine Littéraire. La lecture d'un ou plusieurs de ces classiques n'est bien entendu pas obligatoire dans le cadre du challenge, mais disons que cela pourrait le rendre encore plus intéressant. »

 

Sont acceptés les livres traduits en français et les livres en édition originale ou bilingue.

 

Bien qu'il s'agisse d'un challenge littéraire, sont également acceptés les billets sur des adaptations cinématographiques des œuvres littéraires.

 

 

Toutes les infos, logos et inscription chez Miss G.

 

Comme vous pouvez le voir, il y a plusieurs logos, tous plus beaux les uns que les autres, et inspirés de l'œuvre d'Edward Hopper.

 

Le challenge commence le 1er octobre 2013 et dure 2 ans, jusqu'au 1er octobre 2015.

 

Il y a 4 catégories (j'aime beaucoup leurs intitulés) et j'ai pour l'instant choisi la première.

À la découverte du Nouveau Monde = 1 à 3 livres

À la conquête de l'Ouest = 4 à 6 livres

Sur le sentier des pionniers = 7 à 10 livres

US Route 66 = 10 livres et plus.

 

Les articles pour ce challenge

1. 43 rue du Vieux-Cimetière - 1 : Trépassez votre chemin, de Kate et M. Sarah Klise (roman épistolaire jeunesse, fantastique)

2. 43 rue du Vieux-Cimetière - 2 : Il faudra me passer sur le corps, de Kate et M. Sarah Klise (roman épistolaire jeunesse, fantastique)

3. 43 rue du Vieux-Cimetière - 3 : Jusqu'à ce que la morsure nous sépare, de Kate et M. Sarah Klise (roman épistolaire jeunesse, fantastique)

Catégorie À la découverte du Nouveau Monde honorée.

4. Au pied du mur, d'Elizabeth Sanxay Holding (roman policier, roman noir)

5. Le collectionneur de chair, de C.E. Lawrence (thriller)

6. L'éléphant du magicien, de Kate DiCamillo (roman jeunesse)

Catégorie À la conquête de l'Ouest honorée.

7.

8.

9.

10.

Catégorie Sur le sentier des pionniers honorée.

...

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25 août 2013 7 25 /08 /août /2013 23:25

Dorian Gray, le portrait interdit : sexe, alcool & perversion dans le Londres du XIXe siècle est un roman d'Oscar Wilde et Nicole Audrey Spector paru aux éditions Ma dans la collection Pôle roman en juillet 2013 (224 pages, 14,90 €, ISBN 978-2-822-402248). Fifty shades of Dorian Gray (2013) est traduit de l'américain par Múira Muirfinn.

 

Je remercie Gilles Paris qui m'a envoyé ce roman même si je suis sceptique concernant de genre de littérature revisitée.

 

Nicole Audrey Spector, qui vit à Brooklyn (NY), est écrivain, éditeur et écrit pour le New Yorker.

 

Oscar Wilde (son nom complet est Oscar Fingal O'Flahertie Wills Wilde) est né le 16 octobre 1854 à Dublin (Irlande) dans une famille bourgeoise protestante et il est mort le 30 novembre 1900 à Paris. Il était écrivain, poète et dramaturge. Doué, cultivé, adulé, décrié, emprisonné, le dandy vécut en Angleterre, aux États-Unis et en France avant de retourner à Londres et d'épouser Constance Lloyd qui lui donnera deux enfants, Cyril et Vyvyan. Plus d'infos sur les sites « officiels » d'Oscar Wilde en français et en anglais.

 

Rosemary Hall, « belle, intelligente et têtue », a repoussé tous les prétendants au mariage (bah, à seulement 20 ans, elle a bien le temps, non ?) et veut se consacrer à la peinture.

« Quel soulagement d'être seule, au calme, afin de pouvoir se consacrer à sa passion et mener une vie artistique ! » (page 4).

Elle refuse même de tomber amoureuse.

« La souffrance nous attend tous, une souffrance terrible en échange de ce que les dieux nous ont donné. » (page 8).

Mais elle a rencontré, deux mois auparavant, chez une amie, un beau jeune homme de 18 ans qui depuis l'obsède : Dorian Gray.

« Il était merveilleusement beau, avec ses lèvres écarlates finement dessinées, ses yeux d'un gris profond, sa soyeuse chevelure dorée. » (page 21).

Rosemary se confie à sa meilleure amie, Helen Wotton, 28 ans, mariée et dévoreuse d'hommes mais, lorsque celle-ci rencontre Dorian, elle le séduit et lui tient un discours sur la beauté et la jeunesse qui va influencer le jeune homme fragile.

« Le seul moyen de se débarrasser d'une tentation est d'y céder. Essayez de lui résister, et votre âme aspire maladivement aux choses qu'elle s'est défendues, avec en plus le désir pour ce que des lois monstrueuses ont rendu monstrueux et illégal. » (page 27).

Difficile de résister puisque Rosemary revoit souvent Dorian dans son atelier pour peindre son portrait.

« Comme c'est triste... comme c'est triste ! Je deviendrai vieux, horrible et hideux, mais ce portrait restera jeune pour toujours. Il ne prendra jamais un jour de plus qu'aujourd'hui... Si seulement ça pouvait être le contraire ! Si je pouvais rester éternellement jeune et si le portrait pouvait vieillir à ma place ! Pour cela... oui, pour cela je donnerais tout ! Il n'est rien au monde que je ne donnerais pas ! Je donnerais même mon âme ! » (page 40).

De son côté, Rosemary se brouille avec son père lorsqu'il lui apprend que sa mère n'est pas morte, qu'elle s'est enfuie avec un Américain et qu'elle a un demi-frère. C'est la même histoire que Dorian vient de raconter à Hélène ! Celle-ci va alors entraîner Dorian dans une vie dissolue et, une nuit, après le théâtre, Dorian se rend compte que quelque chose a changé dans le tableau.

« Dans la lumière tamisée qui pénétrait à travers les rideaux de soie crème, le visage lui apparut légèrement changé. L'expression semblait différente. On aurait dit qu'une touche de cruauté flottait sur ses lèvres. C'était vraiment étrange. » (page 122).

« Son vœu ne pouvait pas avoir été exaucé ! De telles choses étaient impossibles. Cette seule évocation semblait monstrueuse. Et pourtant, le portrait était là, devant lui, avec une touche de cruauté sur les lèvres. » (page 123).

Dorian est incrédule mais la transformation du tableau continue. Le portrait vieillit à la place de Dorian qui va rester jeune et beau (enfin pendant quelques temps).

 

Ma phrase préférée

« Les mots étaient si clairs, si vivants et si cruels ! Quelle magie ils dissimulaient ! » (page 185).

 

En lisant ce roman, j'ai eu l'impression de participer au challenge Harlequin (rires), actes sexuels en plus ! Bref, rien de nouveau sous le soleil de la déchéance et de la décadence. Je reste d'ailleurs sceptique quant à cette lecture : ce n'est pas mal écrit (traduit en tout cas) même s'il y a beaucoup de points d'exclamation et ce n'est pas désagréable à lire (en même temps, c'est court), mais c'est tellement loin de l'œuvre originale... Le portrait de Dorian Gray (1891) est le seul roman d'Oscar Wilde puisqu'il a écrit de la poésie, des nouvelles, des contes, des essais et des pièces de théâtre. Alors, lisons plutôt l'œuvre originale ! Parce que là, j'ai vraiment l'impression que c'est pour surfer sur la vague Fifty shades et pour faire de l'argent. Et pour aborder Oscar Wilde différemment (en particulier dans sa vie de mari et de père) et intelligemment, il y a la série de l'Anglais Giles Brandreth dont j'ai déjà présenté Oscar Wilde et le jeu de la mort.

 

Je crois que, dans la même collection, j'ai aussi reçu Jane Eyrotica, de Charlotte Brontë et Karena Rose : je le lirai à l'occasion et j'essaierai de vous en parler mais je crains que ce soit dans la même veine...

 

Une lecture pour les challenges L'art dans tous ses états (peinture), Premier roman (dans une interview pour Piatkus Books, l'auteur dit que Fifty shades of Dorian Gray est son premier roman) et Victorien.

 

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23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 03:55

Les Justes est un thriller de Michael Wallace paru aux éditions Ma dans la collection Pôle noir en juin 2013 (300 pages, 17,90 €, ISBN 978-2-822-40225-5). The Righteous (2011) est traduit de l'américain par Patricia Barbe-Girault.

 

Je remercie Gilles Paris pour ce roman qui a une très belle couverture.

 

Michael Wallace est Américain et il « a grandi dans une petite communauté mormone, dans le désert de l'Utah ». Il parle l'espagnol, le français et il a voyagé en Afrique et en Asie. Comme je n'avais jamais entendu parler de cet auteur, je pensais que Les Justes était son premier roman : en fait, il est le premier tome d'une trilogie, mais Michael Wallace a déjà plusieurs romans (isolés ou en série) à son actif et... pratiquement rien sur Internet à part son site officiel, http://michaelwallaceauthor.com/.

 

La jeune Amanda Christianson Kimball, une des six épouses de Taylor Kimball, quitte la maison familiale en pleine nuit avec sa fille de 3 ans, Sophie Marie. « Il était possible qu'elle ne revienne jamais. En quittant la communauté elle serait de fait excommuniée, et son nom rayé de la liste des Saints. » (page 7). Avant de fuir Blister Creek, elle veut rendre visite au vieux prophète, le frère Joseph, pour lui donner des preuves de ce qu'elle a découvert mais elle est attaquée par trois hommes de la communauté (gorge tranchée et langue arrachée) et Sophie Marie, endormie, est remise dans son lit.

Jacob Christianson vit à Harmony (Alberta, Canada) et étudie la médecine à Calgary. Son père l'envoie dans l'Utah pour enquêter sur le meurtre de sa cousine Amanda, et sa sœur, Eliza, l'accompagne car elle doit rencontrer deux prétendants au mariage malgré son jeune âge.

« Enquêter ? répéta Jacob en faisant la grimace. Je ne suis pas détective – je ne suis même pas encore médecin. Je vais simplement examiner tout ça avec l'œil du scientifique et tâcher de comprendre quelque chose. » (page 14).

D'après Kimball, les tueurs de son épouse sont des journaliers mexicains...

Après l'enterrement d'Amanda, Jacob et Eliza vont à Las Vegas retrouver Enoch, leur frère : un « garçon perdu », c'est-à-dire un garçon qui a quitté la communauté et qui vit dans la perdition.

Sans le savoir, ils vont carrément mettre leur vie en danger. Heureusement, il y a une réelle complicité entre eux et une totale confiance.

 

« […] il n'y en avait pas un pour rattraper l'autre. Taylor junior était un lâche quand il ne jouait pas aux caïds, Harold un masturbateur chronique, et il soupçonnait Nephi d'être un sodomite – tout comme Ronald d'ailleurs, pour être tout à fait franc. En d'autres termes, les aînés étaient forts sur le plan intellectuel mais faibles sur le plan moral. Et les benjamins, forts sur le plan moral, mais faibles sur le plan intellectuel. » (page 97). Ben, c'est qu'on ne peut pas tout avoir, hein !

 

En tout cas, elle est belle la communauté ! Ça ne rigole pas ! Polygamie, mariages arrangés avec des adolescentes trop jeunes, exclusion et bannissement de ceux qui sont jugés faibles (spirituellement, moralement, physiquement et intellectuellement), genre eugénisme, et interdiction de quitter la communauté. Il faut dire que « on ne peut plus nier les effets dégénérescents de la consanguinité. » (page 210).

Et la loi du pays dans lequel ils vivent, ils s'assoient dessus ? Eh bien, oui !

Ce livre est parfait pour découvrir comment vivent ces communautés mormones dissidentes et en plus, l'enquête est originale car menée par un étudiant en médecine (quoique il y a quand même le FBI qui débarque) sceptique quant à la religion et sa jeune sœur qui refuse de se marier (je la comprends, vu les prétendants qui se présentent !).

Mais que des gens fassent partie d'une telle communauté intégriste ne change rien au fait qu'ils peuvent être honnêtes ou pas, gentils ou méchants, etc., comme n'importe où ailleurs.

Les Justes est un excellent thriller et j'ai passé un très bon moment.

 

Pour le challenge Thrillers et polars.

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17 juillet 2013 3 17 /07 /juillet /2013 04:34

Vertiges mortels est un roman de Neal Baer et Jonathan Greene paru aux éditions Ma dans la collection Pôle noir en septembre 2012 (369 pages, 20 €, ISBN 978-2-822-40168-5). Kill switch (2012) est traduit de l'américain par Pascal Aubin.

 

Je remercie Gilles Paris de m'avoir envoyé ce thriller mortel !

 

Neal Baer, né en 1955, est pédiatre. Il est connu pour les scénarios des séries télévisées Urgences, et Law & Order : Special Victims Unit.

 

Jonathan Greene est scénariste et il est connu pour la série New York, unité spéciale.

 

Claire Waters, psychiatre depuis dix ans, se spécialise en médecine légale. Elle va travailler avec le docteur Paul Curtin et interroger Todd Quimby à la prison de Rikers Island à New York.

Todd Quimby avait neuf ans, en 1985, lorsque sa mère fut arrêtée pour le meurtre du père devant lui.

« Elle avait traité des centaines de patients atteints de dépression, de manies, de schizophrénie, de tout l'éventail des désordres psychiatriques, et avait la conviction que des anomalies chimiques et structurelles du cerveau étaient responsables des pulsions qui poussaient tant de gens à commettre des crimes. » (page 18).

Mais interroger Quimby fait remonter à la surface son passé, le kidnapping de sa meilleure amie, Amy Danforth, en sa présence. Perturbée, elle donne un avis favorable pour la sortie de Quimby.

Nick Lawler est appelé sur une enquête menée par la brigade criminelle de Manhattan avec un cadavre de femme aux yeux brûlés.

« Ce que nous avons, patron, ce sont trois filles mortes en deux jours. […] Nous savons que c'est son patient qui commet ces meurtres. » (page 123).

 

Vertiges mortels est un bon thriller qui tient en haleine même si ce n'est pas un chef-d'œuvre. Cependant, il est réellement intéressant car les auteurs ont voulu montrer qu'il faut affronter les traumatismes du passé (en particulier ceux de l'enfance) pour pouvoir bien avancer dans la vie. Et les personnages, Claire Waters, Nick Lawler et Todd Quimby, sont intrigants. Un bon point : pas de fioritures, on entre dans le vif du sujet et ça s'enchaîne très vite (ben oui, le tueur a des pulsions et il veut sûrement rattraper le retard pris durant son enfermement !).

Parfait pour ceux qui aiment lire du thriller l'été !

 

Une lecture pour les challenges 1 % de la rentrée littéraire 2012 (qui se termine le 31 juillet), Cercle de lecture de Tête de Litote (ronde 11, gros livres), Premier roman, Thrillers et polars.

 

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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 04:19

Yellow birds est un roman de Kevin Powers paru aux éditions Stock dans la collection La Cosmopolite en février 2013 (250 pages, 19 €, ISBN 978-2-234-07398-2). The Yellow Birds (2012) est traduit de l'américain par Emmanuelle et Philippe Aronson.

 

Kevin Powers est né le 11 juillet 1980 à Richmond en Virginie (États-Unis). Il s'est engagé à l'âge de 17 ans et a combattu en Irak en 2004-2005.

Le retour au pays a été difficile et Yellow birds, son premier roman, est largement autobiographique.

Yellow birds a reçu plusieurs prix. En 2012, il a été finaliste du National Book Award et il a reçu le Guardian First Book Award et le Flaherty-Dunnan First Novel Prize. En 2013, il a reçu le Hemingway Foundation/PEN Award et le Prix littéraire Le Monde.

 

Un livre sur la guerre ? J'en ai lu, oui, en particulier sur la deuxième guerre mondiale, mais maintenant, c'est rare que j'en lise. Et puis, j'ai vu et entendu Kevin Powers à la Fête du livre de Bron (la présentation et une photo ici + une autre photo et plusieurs vidéos ici) et j'ai su qu'il me fallait lire ce livre ! Je n'ai qu'un regret : l'auteur est parti tôt et je n'ai pas pu avoir de livre dédicacé...

 

« La guerre essaya de nous tuer durant le printemps. L'herbe verdissait les plaines de Ninawa, le temps s'adoucissait, et nous patrouillions à travers les collines qui s'étendaient autour des villes. Nous parcourions les herbes hautes avec une confiance fabriquée de toutes pièces, nous frayant, tels des pionniers, un chemin dans la végétation balayée par le vent. Pendant notre sommeil, la guerre frottait ses milliers de côtes par terre en prière. Lorsque nous poursuivions notre route, malgré l'épuisement, elle gardait ses yeux blancs ouverts dans l'obscurité. Nous mangions, et la guerre jeûnait, se nourrissant de ses propres privations. » (page 13, premières phrases du premier chapitre).

 

Printemps 2004. L'unité de John Bartle, surnommé Bart (21 ans), et de Daniel Murphy, surnommé Murph (18 ans), est à Al Tafar en Irak.

Al Tafar, c'est près du Tigre, ça devrait être beau, mais tout est en ruines, les survivants se sont enfuis dans les montagnes et la guerre a fait des milliers de morts, soldats, hommes, femmes, enfants, et même animaux (je le précise parce que l'auteur observe bien ce qui l'entoure, végétation, oiseaux, animaux domestiques).

« Tu n'es rien, voilà le secret : un uniforme dans une mer de nombres, un nombre dans une mer de poussière. » (pages 22-23).

Beaucoup d'hommes tombent mais la mort n'est pas inhabituelle.

« Murph aura toujours dix-huit ans, et il sera toujours mort. Et je vivrai avec une promesse que je n'ai pas pu tenir ? » (page 42).

L'unité de Bart et de Murph est sous les ordres du Sergent Sterling, un homme sévère mais juste, qui, malgré son jeune âge, a déjà une expérience de l'Irak et qui est respecté et admiré car il a reçu une médaille.

 

Le roman est composé de chapitres se déroulant en Irak, entrecoupés d'autres chapitres racontant des souvenirs puis de la vie après la guerre.

Les souvenirs : les classes militaires, la rencontre avec Murph, l'adieu aux familles avant le départ, la promesse faite malgré lui à LaDonna Murphy, la mère de Daniel alors qu'il n'avait rien promis à sa propre mère.

« John, promets-moi que tu prendras soin de lui. – Bien sûr. […] – Il ne lui arrivera rien, n'est-ce pas ? Promets-moi que tu me le ramèneras à la maison. – Je vous le promets, dis-je. Je vous promets que je vous le ramènerai. » (pages 58-59).

 « J'eus le sentiment de contempler un mensonge. Mais je m'en fichais. Le monde fait de nous tous des menteurs. » (page 60).

Après la guerre, en mars 2005 : le debriefing à Kaiserslautern en Allemagne et le retour en à Richmond en Virginie. Avec la culpabilité. La culpabilité d'avoir tué. Et la culpabilité de ne pas avoir tenu sa promesse.

À Kaiserslautern, le père Bernard dit à Bart : « Les secrets que l'on garde pour soi sont les plus lourds à porter. » (page 70). Et le sergent Sterling, ivre : « Oh, bougonna-t-il, tout le monde s'en fout de Murph. […] Personne ne veut en entendre parler, de tout ça. » (page 81), ce qui ne l'empêchera pas de se mettre une balle dans la tête...

 

Tout au long du récit, l'auteur montre une profonde tendresse, pour ses personnages, les compagnons d'armes, la population d'Al Tafar, et pour ses propres souvenirs. Mais il y a aussi de la lucidité et une grande tristesse.

« Je songeai à la guerre de mon grand-père. Au fait qu'ils avaient des destinations et des buts à l'époque. Nous, le lendemain, nous marcherions sous un soleil qui se lèverait à peine à l'est au-dessus des plaines pour retourner dans cette ville qui avait déjà livré bataille : une lente et sanglante parade automnale qui marquerait le changement de saison. Nous les chasserions. Comme nous l'avions toujours fait. Nous les tuerions. Ils nous tireraient dessus, certains d'entre nous perdraient leurs membres, ils fuiraient en courant à travers les collines et les oueds pour se réfugier dans les ruelles poussiéreuses de leurs villages. Et ils reviendraient, et nous recommencerions depuis le début en les saluant tandis qu'ils s'adosseraient aux lampadaires, se tiendraient sous des auvents verts en buvant du thé devant la devanture de leurs boutiques. Nous patrouillerions dans les rues et lancerions des bonbons aux enfants qu'il nous faudrait combattre quelques années plus tard. » (pages 105-106).

Voici un de mes passages préférés. Il est intense et montre bien la stupidité de la guerre.

 

Une seule année passée là-bas, en Irak, et le retour est si difficile... Beuveries en Allemagne pour oublier, médecins qui ne peuvent pas combler le néant que laisse la guerre. Les rêves et les fantômes qui les habitent, la main qui agit mécaniquement car elle croit encore tenir une arme, le besoin de rentrer chez soi mais de ne pas savoir quoi faire de sa vie et du poids de la guerre... Et puis la culpabilité, encore, parce qu'en tant que soldat, on s'est senti soulagé lorsque le mort était un autre, parce qu'on a porté le poids de promesses impossibles à tenir, parce que ce n'était pas possible de veiller sur quelqu'un d'autre que soi, surtout parce qu'on a tué et qu'on réfléchit au pourquoi de son engagement (on voulait être un homme), parce que tout le monde est fier au pays mais qu'on se sent lâche et assassin. Parce qu'en tant que vétéran, les souvenirs et la tristesse ne partiront pas. Et qu'on ne pense qu'à une chose : avoir une « existence ordinaire » ! Mais « on ne sait jamais si ce que l'on voit ne va pas disparaître pour toujours. » (page 183).

 

Une lecture éprouvante mais agréable (vraiment, c'est très « beau », je pense que vous l'avez vu avec les extraits), salutaire même : bravo à l'auteur qui dit non à la guerre après l'avoir vécue. Il s'en est sorti, il a étudié la littérature, la poésie, et ce premier roman, tout en étant d'une grande sobriété, est puissant et impressionnant. Lisez-le !

 

Une lecture pour les challenges Petit bac 2013 (catégorie Couleur), Premier roman et Tour du monde en 8 ans (États-Unis).

Pas convaincu à 100 % ? Allez lire la note de lecture de Noukette !

« 

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