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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 03:11

Bestseller est un roman de Jesse Kellerman paru aux éditions des 2 Terres le 16 octobre 2013 (393 pages, 21,50 €, ISBN 978-2-84893-142-5). Potboiler (2012) est traduit de l'américain par Julie Sibony.

 

Je remercie Carla et les éditions des 2 Terres pour cet excellent roman que j'ai pu lire avant sa parution en librairie.

 

Jesse Kellerman est né le 1er septembre 1978 à Los Angeles (Californie). Ses parents Faye et Jonathan Kellerman sont eux aussi auteurs de romans policiers ! Déjà traduits en français : Les visages (2009), Jusqu'à la folie (2011) et Beau parleur (2012). Plus d'infos sur http://jessekellerman.com/.

 

William (Bill) Kowalczyk et Arthur Pfefferkorn sont amis depuis le collège ; ils étaient inséparables et ont étudié ensemble mais la vie d'adultes les a séparés.

Bill est devenu un célèbre auteur de polars (sous le pseudonyme de William de Nerval) alors qu'Arthur, un peu aigri, n'a publié qu'un roman (en 1983) et qu'il est professeur d'écriture dans une université.

À l'enterrement de son ami (mort dans un accident de bateau), Arthur revoit sa veuve, Carlotta, dont il a toujours été amoureux, et passe la nuit chez elle dans son immense maison. Dans la nuit, il retourne dans la grange qui servait de bureau à Bill et vole le dernier manuscrit inédit, Jeux d'ombres.

Pourtant Arthur n'aime pas les polars et les thrillers.

« Pfefferkorn essaya de savoir ce qui était pire : n'avoir aucun goût ou en avoir et le mettre de côté ? Dans les deux cas, ce n'était pas le but de la littérature. » (page 29).

Arthur va lire le manuscrit de Bill, le corriger, l'étoffer, modifier le nom du héros (Dick Stapp devient Harry Shagreen), le terminer et Du sang dans les yeux va devenir en un rien de temps un bestseller !

« Il avait serré tellement de mains et dédicacé tellement d'exemplaires qu'il avait eu un début de tendinite au poignet. Son éditeur lui avait créé un site internet en l'encourageant à se mettre aux réseaux sociaux. » (page 86).

Même s'il a du mal à écrire un deuxième roman, tout va bien pour Arthur ! Carlotta, un roman bestseller, la célébrité, la richesse, le mariage de sa fille unique. Jusqu'au jour où il reçoit un mot de Lucian Savory, l'agent littéraire de William de Nerval...

La suite des aventures d'Harry Shagreen, Du sang dans la nuit, va enfin paraître mais Arthur est soupçonné d'avoir tué Jesús Maria de Lunchbox, le professeur de tango de Carlotta, et d'avoir enlevé la veuve de son meilleur ami.

Arthur fuit les États-Unis et se retrouve en Zlabie, pays africain divisé en deux car un conflit dure depuis plus de 400 ans entre deux camps qui sont pourtant de la même ethnie.

« Il admirait et plaignait à la fois un peuple si férocement attaché à son héritage culturel qu'il pouvait passer quatre siècles à s'entre-tuer sur une question de sépulture fictive. » (page 213).

 

Mes passages préférés

« Rien ne se passait, parce qu'elle n'avait aucune idée de ce qu'il avait fait. C'était un truc de mauvaise littérature, mais c'était pourtant vrai. Il s'aperçut alors que les trucs de mauvaise littérature avaient beaucoup plus de chance de se produire dans la vraie vie que les trucs de bonne littérature, parce que la bonne littérature éclairait la réalité alors que la mauvaise littérature s'appuyait dessus. Dans un bon roman, les motivations de Carlotta étaient bien plus compliquées qu'elles n'apparaissaient. Dans un bon roman, elle réfrénait ses accusations pour pouvoir les lui lancer au visage plus tard dans un rebondissement inattendu. Dans le mauvais roman de la vie, elle n'était tout simplement pas au courant. » (page 97).

« […] il songea aux similarités entre l'espionnage et l'écriture. Les deux supposaient de pénétrer dans un monde imaginaire et d'y prendre ses quartiers avec conviction, presque au point de s'y laisser tromper. Les deux étaient des boulots que, de l'extérieur, les gens trouvaient exotiques, mais qui étaient en pratique plutôt fastidieux. » (pages 240-241).

 

Bon sang, quel roman ! Comme les chapitres sont courts, je voulais toujours en lire plus : le parfait page-turner. D'ailleurs, d'après Stephen King : « Un parfait polar prenant pour passionnés de polars palpitants par un auteur de polars sans pareil ! ».

Mais, plutôt qu'un polar, Bestseller est un thriller passionnant qui vire espionnage avec humour.

L'auteur traite bien la jalousie (alors que Bill fut jaloux de la qualité d'écriture de son ami, Arthur est jaloux de la facilité d'écriture et du succès de Bill), le monde de l'édition et celui de l'espionnage (malheur à celui qui est pris dans cet engrenage !).

La Zlabie, le pays imaginaire d'Afrique est impeccable : rien ne va, rien ne fonctionne et de chaque côté il y a un dictateur mégalomane qui gouverne. Arthur va devoir affronter tout un tas de dangers qu'un écrivain ne pense pas devoir affronter un jour !

J'avais repéré Jesse Kellerman, en particulier après la parution de Les visages, mais c'est la première fois que je le lis et j'adhère totalement ! Son écriture est enlevée, drôle et captivante : je veux absolument lire ses autres romans !

 

Vous ne connaissez pas Jesse Kellerman ? Lisez les 6 premiers chapitres (18 pages) de Bestseller sur http://www.les-deux-terres.com/PDF/KELLERMAN_BESTSELLER.pdf.

 

Une lecture pour les challenges 1 % de la rentrée littéraire 2013, Mois américain, Thrillers et polars. Je vais le mettre aussi dans Lire sous la contrainte (titres en 10 lettres) car je l'ai lu le 13 octobre durant le marathon de lecture d'automne (j'espère que ça ira car je n'ai pas publié ma note de lecture avant le 20 octobre).

PS du 24 octobre : Un petit jeu pour gagner ce livre ici.

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21 septembre 2013 6 21 /09 /septembre /2013 03:46

Qu'est-ce que je découvre mardi matin chez Adalana ? Le challenge Romancières américaines de Miss G. Je n'ai pas mis longtemps à me décider ! Même si je me suis inscrite dans la plus petite catégorie (toujours pour me montrer raisonnable mais je lirai sûrement plus !).

Miss G nous dit : « Le but du challenge est de découvrir ou de redécouvrir les romancières américaines passées et présentes, la façon dont elles abordent l'Amérique dans leur œuvre, les différences entre le Nord et le Sud, l'évolution des mentalités et les traditions. Vous trouverez ici une liste non exhaustive de ces romancières si vous manquez d'inspiration. »

Et encore : « En plus d'une liste de romancières, je vous propose aussi de consulter ici la liste des 30 classiques dressée par le Magazine Littéraire. La lecture d'un ou plusieurs de ces classiques n'est bien entendu pas obligatoire dans le cadre du challenge, mais disons que cela pourrait le rendre encore plus intéressant. »

 

Sont acceptés les livres traduits en français et les livres en édition originale ou bilingue.

 

Bien qu'il s'agisse d'un challenge littéraire, sont également acceptés les billets sur des adaptations cinématographiques des œuvres littéraires.

 

 

Toutes les infos, logos et inscription chez Miss G.

 

Comme vous pouvez le voir, il y a plusieurs logos, tous plus beaux les uns que les autres, et inspirés de l'œuvre d'Edward Hopper.

 

Le challenge commence le 1er octobre 2013 et dure 2 ans, jusqu'au 1er octobre 2015.

 

Il y a 4 catégories (j'aime beaucoup leurs intitulés) et j'ai pour l'instant choisi la première.

À la découverte du Nouveau Monde = 1 à 3 livres

À la conquête de l'Ouest = 4 à 6 livres

Sur le sentier des pionniers = 7 à 10 livres

US Route 66 = 10 livres et plus.

 

Les articles pour ce challenge

1. 43 rue du Vieux-Cimetière - 1 : Trépassez votre chemin, de Kate et M. Sarah Klise (roman épistolaire jeunesse, fantastique)

2. 43 rue du Vieux-Cimetière - 2 : Il faudra me passer sur le corps, de Kate et M. Sarah Klise (roman épistolaire jeunesse, fantastique)

3. 43 rue du Vieux-Cimetière - 3 : Jusqu'à ce que la morsure nous sépare, de Kate et M. Sarah Klise (roman épistolaire jeunesse, fantastique)

Catégorie À la découverte du Nouveau Monde honorée.

4. Au pied du mur, d'Elizabeth Sanxay Holding (roman policier, roman noir)

5. Le collectionneur de chair, de C.E. Lawrence (thriller)

6. L'éléphant du magicien, de Kate DiCamillo (roman jeunesse)

Catégorie À la conquête de l'Ouest honorée.

7.

8.

9.

10.

Catégorie Sur le sentier des pionniers honorée.

...

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25 août 2013 7 25 /08 /août /2013 23:25

Dorian Gray, le portrait interdit : sexe, alcool & perversion dans le Londres du XIXe siècle est un roman d'Oscar Wilde et Nicole Audrey Spector paru aux éditions Ma dans la collection Pôle roman en juillet 2013 (224 pages, 14,90 €, ISBN 978-2-822-402248). Fifty shades of Dorian Gray (2013) est traduit de l'américain par Múira Muirfinn.

 

Je remercie Gilles Paris qui m'a envoyé ce roman même si je suis sceptique concernant de genre de littérature revisitée.

 

Nicole Audrey Spector, qui vit à Brooklyn (NY), est écrivain, éditeur et écrit pour le New Yorker.

 

Oscar Wilde (son nom complet est Oscar Fingal O'Flahertie Wills Wilde) est né le 16 octobre 1854 à Dublin (Irlande) dans une famille bourgeoise protestante et il est mort le 30 novembre 1900 à Paris. Il était écrivain, poète et dramaturge. Doué, cultivé, adulé, décrié, emprisonné, le dandy vécut en Angleterre, aux États-Unis et en France avant de retourner à Londres et d'épouser Constance Lloyd qui lui donnera deux enfants, Cyril et Vyvyan. Plus d'infos sur les sites « officiels » d'Oscar Wilde en français et en anglais.

 

Rosemary Hall, « belle, intelligente et têtue », a repoussé tous les prétendants au mariage (bah, à seulement 20 ans, elle a bien le temps, non ?) et veut se consacrer à la peinture.

« Quel soulagement d'être seule, au calme, afin de pouvoir se consacrer à sa passion et mener une vie artistique ! » (page 4).

Elle refuse même de tomber amoureuse.

« La souffrance nous attend tous, une souffrance terrible en échange de ce que les dieux nous ont donné. » (page 8).

Mais elle a rencontré, deux mois auparavant, chez une amie, un beau jeune homme de 18 ans qui depuis l'obsède : Dorian Gray.

« Il était merveilleusement beau, avec ses lèvres écarlates finement dessinées, ses yeux d'un gris profond, sa soyeuse chevelure dorée. » (page 21).

Rosemary se confie à sa meilleure amie, Helen Wotton, 28 ans, mariée et dévoreuse d'hommes mais, lorsque celle-ci rencontre Dorian, elle le séduit et lui tient un discours sur la beauté et la jeunesse qui va influencer le jeune homme fragile.

« Le seul moyen de se débarrasser d'une tentation est d'y céder. Essayez de lui résister, et votre âme aspire maladivement aux choses qu'elle s'est défendues, avec en plus le désir pour ce que des lois monstrueuses ont rendu monstrueux et illégal. » (page 27).

Difficile de résister puisque Rosemary revoit souvent Dorian dans son atelier pour peindre son portrait.

« Comme c'est triste... comme c'est triste ! Je deviendrai vieux, horrible et hideux, mais ce portrait restera jeune pour toujours. Il ne prendra jamais un jour de plus qu'aujourd'hui... Si seulement ça pouvait être le contraire ! Si je pouvais rester éternellement jeune et si le portrait pouvait vieillir à ma place ! Pour cela... oui, pour cela je donnerais tout ! Il n'est rien au monde que je ne donnerais pas ! Je donnerais même mon âme ! » (page 40).

De son côté, Rosemary se brouille avec son père lorsqu'il lui apprend que sa mère n'est pas morte, qu'elle s'est enfuie avec un Américain et qu'elle a un demi-frère. C'est la même histoire que Dorian vient de raconter à Hélène ! Celle-ci va alors entraîner Dorian dans une vie dissolue et, une nuit, après le théâtre, Dorian se rend compte que quelque chose a changé dans le tableau.

« Dans la lumière tamisée qui pénétrait à travers les rideaux de soie crème, le visage lui apparut légèrement changé. L'expression semblait différente. On aurait dit qu'une touche de cruauté flottait sur ses lèvres. C'était vraiment étrange. » (page 122).

« Son vœu ne pouvait pas avoir été exaucé ! De telles choses étaient impossibles. Cette seule évocation semblait monstrueuse. Et pourtant, le portrait était là, devant lui, avec une touche de cruauté sur les lèvres. » (page 123).

Dorian est incrédule mais la transformation du tableau continue. Le portrait vieillit à la place de Dorian qui va rester jeune et beau (enfin pendant quelques temps).

 

Ma phrase préférée

« Les mots étaient si clairs, si vivants et si cruels ! Quelle magie ils dissimulaient ! » (page 185).

 

En lisant ce roman, j'ai eu l'impression de participer au challenge Harlequin (rires), actes sexuels en plus ! Bref, rien de nouveau sous le soleil de la déchéance et de la décadence. Je reste d'ailleurs sceptique quant à cette lecture : ce n'est pas mal écrit (traduit en tout cas) même s'il y a beaucoup de points d'exclamation et ce n'est pas désagréable à lire (en même temps, c'est court), mais c'est tellement loin de l'œuvre originale... Le portrait de Dorian Gray (1891) est le seul roman d'Oscar Wilde puisqu'il a écrit de la poésie, des nouvelles, des contes, des essais et des pièces de théâtre. Alors, lisons plutôt l'œuvre originale ! Parce que là, j'ai vraiment l'impression que c'est pour surfer sur la vague Fifty shades et pour faire de l'argent. Et pour aborder Oscar Wilde différemment (en particulier dans sa vie de mari et de père) et intelligemment, il y a la série de l'Anglais Giles Brandreth dont j'ai déjà présenté Oscar Wilde et le jeu de la mort.

 

Je crois que, dans la même collection, j'ai aussi reçu Jane Eyrotica, de Charlotte Brontë et Karena Rose : je le lirai à l'occasion et j'essaierai de vous en parler mais je crains que ce soit dans la même veine...

 

Une lecture pour les challenges L'art dans tous ses états (peinture), Premier roman (dans une interview pour Piatkus Books, l'auteur dit que Fifty shades of Dorian Gray est son premier roman) et Victorien.

 

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23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 03:55

Les Justes est un thriller de Michael Wallace paru aux éditions Ma dans la collection Pôle noir en juin 2013 (300 pages, 17,90 €, ISBN 978-2-822-40225-5). The Righteous (2011) est traduit de l'américain par Patricia Barbe-Girault.

 

Je remercie Gilles Paris pour ce roman qui a une très belle couverture.

 

Michael Wallace est Américain et il « a grandi dans une petite communauté mormone, dans le désert de l'Utah ». Il parle l'espagnol, le français et il a voyagé en Afrique et en Asie. Comme je n'avais jamais entendu parler de cet auteur, je pensais que Les Justes était son premier roman : en fait, il est le premier tome d'une trilogie, mais Michael Wallace a déjà plusieurs romans (isolés ou en série) à son actif et... pratiquement rien sur Internet à part son site officiel, http://michaelwallaceauthor.com/.

 

La jeune Amanda Christianson Kimball, une des six épouses de Taylor Kimball, quitte la maison familiale en pleine nuit avec sa fille de 3 ans, Sophie Marie. « Il était possible qu'elle ne revienne jamais. En quittant la communauté elle serait de fait excommuniée, et son nom rayé de la liste des Saints. » (page 7). Avant de fuir Blister Creek, elle veut rendre visite au vieux prophète, le frère Joseph, pour lui donner des preuves de ce qu'elle a découvert mais elle est attaquée par trois hommes de la communauté (gorge tranchée et langue arrachée) et Sophie Marie, endormie, est remise dans son lit.

Jacob Christianson vit à Harmony (Alberta, Canada) et étudie la médecine à Calgary. Son père l'envoie dans l'Utah pour enquêter sur le meurtre de sa cousine Amanda, et sa sœur, Eliza, l'accompagne car elle doit rencontrer deux prétendants au mariage malgré son jeune âge.

« Enquêter ? répéta Jacob en faisant la grimace. Je ne suis pas détective – je ne suis même pas encore médecin. Je vais simplement examiner tout ça avec l'œil du scientifique et tâcher de comprendre quelque chose. » (page 14).

D'après Kimball, les tueurs de son épouse sont des journaliers mexicains...

Après l'enterrement d'Amanda, Jacob et Eliza vont à Las Vegas retrouver Enoch, leur frère : un « garçon perdu », c'est-à-dire un garçon qui a quitté la communauté et qui vit dans la perdition.

Sans le savoir, ils vont carrément mettre leur vie en danger. Heureusement, il y a une réelle complicité entre eux et une totale confiance.

 

« […] il n'y en avait pas un pour rattraper l'autre. Taylor junior était un lâche quand il ne jouait pas aux caïds, Harold un masturbateur chronique, et il soupçonnait Nephi d'être un sodomite – tout comme Ronald d'ailleurs, pour être tout à fait franc. En d'autres termes, les aînés étaient forts sur le plan intellectuel mais faibles sur le plan moral. Et les benjamins, forts sur le plan moral, mais faibles sur le plan intellectuel. » (page 97). Ben, c'est qu'on ne peut pas tout avoir, hein !

 

En tout cas, elle est belle la communauté ! Ça ne rigole pas ! Polygamie, mariages arrangés avec des adolescentes trop jeunes, exclusion et bannissement de ceux qui sont jugés faibles (spirituellement, moralement, physiquement et intellectuellement), genre eugénisme, et interdiction de quitter la communauté. Il faut dire que « on ne peut plus nier les effets dégénérescents de la consanguinité. » (page 210).

Et la loi du pays dans lequel ils vivent, ils s'assoient dessus ? Eh bien, oui !

Ce livre est parfait pour découvrir comment vivent ces communautés mormones dissidentes et en plus, l'enquête est originale car menée par un étudiant en médecine (quoique il y a quand même le FBI qui débarque) sceptique quant à la religion et sa jeune sœur qui refuse de se marier (je la comprends, vu les prétendants qui se présentent !).

Mais que des gens fassent partie d'une telle communauté intégriste ne change rien au fait qu'ils peuvent être honnêtes ou pas, gentils ou méchants, etc., comme n'importe où ailleurs.

Les Justes est un excellent thriller et j'ai passé un très bon moment.

 

Pour le challenge Thrillers et polars.

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17 juillet 2013 3 17 /07 /juillet /2013 04:34

Vertiges mortels est un roman de Neal Baer et Jonathan Greene paru aux éditions Ma dans la collection Pôle noir en septembre 2012 (369 pages, 20 €, ISBN 978-2-822-40168-5). Kill switch (2012) est traduit de l'américain par Pascal Aubin.

 

Je remercie Gilles Paris de m'avoir envoyé ce thriller mortel !

 

Neal Baer, né en 1955, est pédiatre. Il est connu pour les scénarios des séries télévisées Urgences, et Law & Order : Special Victims Unit.

 

Jonathan Greene est scénariste et il est connu pour la série New York, unité spéciale.

 

Claire Waters, psychiatre depuis dix ans, se spécialise en médecine légale. Elle va travailler avec le docteur Paul Curtin et interroger Todd Quimby à la prison de Rikers Island à New York.

Todd Quimby avait neuf ans, en 1985, lorsque sa mère fut arrêtée pour le meurtre du père devant lui.

« Elle avait traité des centaines de patients atteints de dépression, de manies, de schizophrénie, de tout l'éventail des désordres psychiatriques, et avait la conviction que des anomalies chimiques et structurelles du cerveau étaient responsables des pulsions qui poussaient tant de gens à commettre des crimes. » (page 18).

Mais interroger Quimby fait remonter à la surface son passé, le kidnapping de sa meilleure amie, Amy Danforth, en sa présence. Perturbée, elle donne un avis favorable pour la sortie de Quimby.

Nick Lawler est appelé sur une enquête menée par la brigade criminelle de Manhattan avec un cadavre de femme aux yeux brûlés.

« Ce que nous avons, patron, ce sont trois filles mortes en deux jours. […] Nous savons que c'est son patient qui commet ces meurtres. » (page 123).

 

Vertiges mortels est un bon thriller qui tient en haleine même si ce n'est pas un chef-d'œuvre. Cependant, il est réellement intéressant car les auteurs ont voulu montrer qu'il faut affronter les traumatismes du passé (en particulier ceux de l'enfance) pour pouvoir bien avancer dans la vie. Et les personnages, Claire Waters, Nick Lawler et Todd Quimby, sont intrigants. Un bon point : pas de fioritures, on entre dans le vif du sujet et ça s'enchaîne très vite (ben oui, le tueur a des pulsions et il veut sûrement rattraper le retard pris durant son enfermement !).

Parfait pour ceux qui aiment lire du thriller l'été !

 

Une lecture pour les challenges 1 % de la rentrée littéraire 2012 (qui se termine le 31 juillet), Cercle de lecture de Tête de Litote (ronde 11, gros livres), Premier roman, Thrillers et polars.

 

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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 04:19

Yellow birds est un roman de Kevin Powers paru aux éditions Stock dans la collection La Cosmopolite en février 2013 (250 pages, 19 €, ISBN 978-2-234-07398-2). The Yellow Birds (2012) est traduit de l'américain par Emmanuelle et Philippe Aronson.

 

Kevin Powers est né le 11 juillet 1980 à Richmond en Virginie (États-Unis). Il s'est engagé à l'âge de 17 ans et a combattu en Irak en 2004-2005.

Le retour au pays a été difficile et Yellow birds, son premier roman, est largement autobiographique.

Yellow birds a reçu plusieurs prix. En 2012, il a été finaliste du National Book Award et il a reçu le Guardian First Book Award et le Flaherty-Dunnan First Novel Prize. En 2013, il a reçu le Hemingway Foundation/PEN Award et le Prix littéraire Le Monde.

 

Un livre sur la guerre ? J'en ai lu, oui, en particulier sur la deuxième guerre mondiale, mais maintenant, c'est rare que j'en lise. Et puis, j'ai vu et entendu Kevin Powers à la Fête du livre de Bron (la présentation et une photo ici + une autre photo et plusieurs vidéos ici) et j'ai su qu'il me fallait lire ce livre ! Je n'ai qu'un regret : l'auteur est parti tôt et je n'ai pas pu avoir de livre dédicacé...

 

« La guerre essaya de nous tuer durant le printemps. L'herbe verdissait les plaines de Ninawa, le temps s'adoucissait, et nous patrouillions à travers les collines qui s'étendaient autour des villes. Nous parcourions les herbes hautes avec une confiance fabriquée de toutes pièces, nous frayant, tels des pionniers, un chemin dans la végétation balayée par le vent. Pendant notre sommeil, la guerre frottait ses milliers de côtes par terre en prière. Lorsque nous poursuivions notre route, malgré l'épuisement, elle gardait ses yeux blancs ouverts dans l'obscurité. Nous mangions, et la guerre jeûnait, se nourrissant de ses propres privations. » (page 13, premières phrases du premier chapitre).

 

Printemps 2004. L'unité de John Bartle, surnommé Bart (21 ans), et de Daniel Murphy, surnommé Murph (18 ans), est à Al Tafar en Irak.

Al Tafar, c'est près du Tigre, ça devrait être beau, mais tout est en ruines, les survivants se sont enfuis dans les montagnes et la guerre a fait des milliers de morts, soldats, hommes, femmes, enfants, et même animaux (je le précise parce que l'auteur observe bien ce qui l'entoure, végétation, oiseaux, animaux domestiques).

« Tu n'es rien, voilà le secret : un uniforme dans une mer de nombres, un nombre dans une mer de poussière. » (pages 22-23).

Beaucoup d'hommes tombent mais la mort n'est pas inhabituelle.

« Murph aura toujours dix-huit ans, et il sera toujours mort. Et je vivrai avec une promesse que je n'ai pas pu tenir ? » (page 42).

L'unité de Bart et de Murph est sous les ordres du Sergent Sterling, un homme sévère mais juste, qui, malgré son jeune âge, a déjà une expérience de l'Irak et qui est respecté et admiré car il a reçu une médaille.

 

Le roman est composé de chapitres se déroulant en Irak, entrecoupés d'autres chapitres racontant des souvenirs puis de la vie après la guerre.

Les souvenirs : les classes militaires, la rencontre avec Murph, l'adieu aux familles avant le départ, la promesse faite malgré lui à LaDonna Murphy, la mère de Daniel alors qu'il n'avait rien promis à sa propre mère.

« John, promets-moi que tu prendras soin de lui. – Bien sûr. […] – Il ne lui arrivera rien, n'est-ce pas ? Promets-moi que tu me le ramèneras à la maison. – Je vous le promets, dis-je. Je vous promets que je vous le ramènerai. » (pages 58-59).

 « J'eus le sentiment de contempler un mensonge. Mais je m'en fichais. Le monde fait de nous tous des menteurs. » (page 60).

Après la guerre, en mars 2005 : le debriefing à Kaiserslautern en Allemagne et le retour en à Richmond en Virginie. Avec la culpabilité. La culpabilité d'avoir tué. Et la culpabilité de ne pas avoir tenu sa promesse.

À Kaiserslautern, le père Bernard dit à Bart : « Les secrets que l'on garde pour soi sont les plus lourds à porter. » (page 70). Et le sergent Sterling, ivre : « Oh, bougonna-t-il, tout le monde s'en fout de Murph. […] Personne ne veut en entendre parler, de tout ça. » (page 81), ce qui ne l'empêchera pas de se mettre une balle dans la tête...

 

Tout au long du récit, l'auteur montre une profonde tendresse, pour ses personnages, les compagnons d'armes, la population d'Al Tafar, et pour ses propres souvenirs. Mais il y a aussi de la lucidité et une grande tristesse.

« Je songeai à la guerre de mon grand-père. Au fait qu'ils avaient des destinations et des buts à l'époque. Nous, le lendemain, nous marcherions sous un soleil qui se lèverait à peine à l'est au-dessus des plaines pour retourner dans cette ville qui avait déjà livré bataille : une lente et sanglante parade automnale qui marquerait le changement de saison. Nous les chasserions. Comme nous l'avions toujours fait. Nous les tuerions. Ils nous tireraient dessus, certains d'entre nous perdraient leurs membres, ils fuiraient en courant à travers les collines et les oueds pour se réfugier dans les ruelles poussiéreuses de leurs villages. Et ils reviendraient, et nous recommencerions depuis le début en les saluant tandis qu'ils s'adosseraient aux lampadaires, se tiendraient sous des auvents verts en buvant du thé devant la devanture de leurs boutiques. Nous patrouillerions dans les rues et lancerions des bonbons aux enfants qu'il nous faudrait combattre quelques années plus tard. » (pages 105-106).

Voici un de mes passages préférés. Il est intense et montre bien la stupidité de la guerre.

 

Une seule année passée là-bas, en Irak, et le retour est si difficile... Beuveries en Allemagne pour oublier, médecins qui ne peuvent pas combler le néant que laisse la guerre. Les rêves et les fantômes qui les habitent, la main qui agit mécaniquement car elle croit encore tenir une arme, le besoin de rentrer chez soi mais de ne pas savoir quoi faire de sa vie et du poids de la guerre... Et puis la culpabilité, encore, parce qu'en tant que soldat, on s'est senti soulagé lorsque le mort était un autre, parce qu'on a porté le poids de promesses impossibles à tenir, parce que ce n'était pas possible de veiller sur quelqu'un d'autre que soi, surtout parce qu'on a tué et qu'on réfléchit au pourquoi de son engagement (on voulait être un homme), parce que tout le monde est fier au pays mais qu'on se sent lâche et assassin. Parce qu'en tant que vétéran, les souvenirs et la tristesse ne partiront pas. Et qu'on ne pense qu'à une chose : avoir une « existence ordinaire » ! Mais « on ne sait jamais si ce que l'on voit ne va pas disparaître pour toujours. » (page 183).

 

Une lecture éprouvante mais agréable (vraiment, c'est très « beau », je pense que vous l'avez vu avec les extraits), salutaire même : bravo à l'auteur qui dit non à la guerre après l'avoir vécue. Il s'en est sorti, il a étudié la littérature, la poésie, et ce premier roman, tout en étant d'une grande sobriété, est puissant et impressionnant. Lisez-le !

 

Une lecture pour les challenges Petit bac 2013 (catégorie Couleur), Premier roman et Tour du monde en 8 ans (États-Unis).

Pas convaincu à 100 % ? Allez lire la note de lecture de Noukette !

« 

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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 04:51

CriAnge.jpgLe cri de l'ange est un thriller de C.E. Lawrence paru aux éditions Ma dans la collection Pôle noir le 21 août 2012 (414 pages, 20 €, ISBN 978-2-822-401753). Silent Screams (2009) est traduit de l'américain par Véronique Gourdon.

 

C.E. Lawrence est romancière, nouvelliste, poète et dramaturge. Sous le pseudonyme de Carole Buggé, elle a écrit une nouvelle aventure de Sherlock Holmes intitulée The Further Adventures of Sherlock Holmes : The Star of India (Titan Books, août 2011). Plus d'infos sur http://www.celawrence.com/.

 

Je remercie Gilles Paris de m'avoir envoyé ce roman agréable à lire.

 

Une jeune femme est retrouvée nue sur l'autel de la chapelle de l'Université de Fordham dans le Bronx avec « Notre Père qui êtes aux cieux » gravé dans sa chair sur son buste.

Leonard Butts, l'inspecteur du Bronx, mène l'enquête avec Lee Campbell, docteur en psychologie et depuis deux ans profiler de la police de New York.

Lee Campbell a vécu des jours sombres : son unique sœur, Laura, a disparu cinq ans auparavant, laissant une fillette, Kylie. La mère de Campbell et la fillette, qui vivent dans le New Jersey, espèrent toujours le retour de Laura, mais lui se doute bien qu'elle est morte depuis longtemps...

Et puis il y a d'autres victimes, de plus en plus rapprochées, et avec des améliorations, mais le tueur rituel continue de graver au couteau la prière du Notre Père sur les corps nus.

 

Cette phrase m'a interpellée. « Une des règles de la dynamique de groupe – qui valait dans les commissariats, tout comme dans les vestiaires des universités – étaient de se moquer des autres pour se prémunir contre le risque de devenir la cible des railleries. » (page 39). Pour ma part, j'ai assez d'humour pour me moquer de moi-même plutôt que des autres, du coup si les autres se moquent de moi, je relativise !

 

« OK, dit Butts. Alors tout ce qu'il nous reste à faire, c'est de trouver un loser qui passe sa vie à fantasmer et qui vit avec sa mère. Pourquoi ne pas simplement aller à une convention Star Trek ? Vous savez ce qu'on a sur ce type ? On n'a que dalle, voilà ce qu'on a. » (pages 170-171). Ben, j'aime bien Star Trek, moi !

 

Le cri de l'ange est un thriller à l'écriture simple et classique mais ce n'est pas un défaut car Lee Campbell est un excellent antihéros : ce psychologue qui a vécu une longue dépression après la disparition de sa sœur est devenu profiler et travaille maintenant pour la police de New York. D'ailleurs ce roman est le premier d'une série prévue en quatre tomes.

Au début, j'ai été surprise que l'action se situe peu de temps après le 11 septembre 2001 (en janvier-février 2002 exactement) mais en fait, ça crée une ambiance, une sorte de brouillard qui se dissipe peu à peu comme la poussière dans la ville, et le lecteur se rend compte du changement de relations entre les gens : d'un côté il y a une envie de s'entraider mais d'un autre côté une peur s'insinue dans les âmes.

Les chapitres sont courts et ceux concernant l'enquête sont régulièrement entrecoupés par ce que vit un certain Samuel. « Sam-u-el ! Comment as-tu pu faire ça – comment as-tu pu toucher cette affreuse créature, cette sale petite catin ? Comment as-tu pu me faire ça à moi – et à Lui ? Tu veux faire pleurer Jésus ? C'est ça ? […] Sam-u-el ! Regarde-moi quand je te parle ! Pensais-tu que Jésus ne te verrait pas, qu'il ne connaîtrait pas tes pensées dégoûtantes ? » (pages 208-209). … Il a bon dos, Jésus !

Alors, ce thriller ? Pas révolutionnaire mais vraiment agréable à lire. Je dirais oui pour la suite !

 

Un roman pour les challenges 50 États, 50 billets (Bronx, New York), Le crime n'a pas de frontière, Thrillers et polars, 1 % de la rentrée littéraire 2012, ABC critiques 2012-2013 (lettre L), Le tour du monde des genres en 365 jours (polar/thriller/roman noir) et Le tour du monde en 8 ans (États-Unis). 50etats50billets ChallengeCrime ThrillersPolars
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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 04:21

Chapardeuse.jpgCoupCoeur2012Chapardeuse  est un roman de Rebecca Makkai  paru aux éditions Gallimard dans la collection Du monde entier le 22 août 2012 (368 pages, 21 €, ISBN 978-2-07-013220-1). The Borrower (2011) est traduit de l'américain par Samuel Todd.

 

J'ai reçu Chapardeuse dans le cadre de l'opération On vous lit tout ! organisée par Libfly et la librairie Le Furet du Nord. Comme pour La table des autres, de Michael Ondaatje, je suis très en retard puisque ma note de lecture aurait dû être publiée avant le 4 juillet sur le blog et durant la deuxième semaine d'août sur Libfly, honte sur moi...

 

Rebecca Makkai est auteur de nouvelles et de ce roman. Elle vit à Chicago. Plus d'infos sur http://rebeccamakkai.com/ (en anglais).

 

Hannibal, une petite ville du Missouri.

Lucy Hull, 26 ans, célibataire, travaille comme bibliothécaire dans la section enfants.

« J'étais sortie de la fac quatre ans plus tôt, j'avais recommencé à me ronger les ongles. Je comptais en tout et pour tout deux amis adultes. Je vivais seule dans un appartement à deux patelins de là. Une demoiselle bibliothécaire dans sa plus simple expression. » (page 19).

Mais pour mieux cerner le personnage de Lucy, il est important de lire :

« Choses héritées de mon père : […] Une profonde culpabilité russe.

Choses héritées de ma mère : La culpabilité juive américaine, éternelle. » (pages 19-20).

 

Lucy a repéré un enfant de 10 ans qui vient régulièrement et qui lit beaucoup, Ian Drake. Mais ses parents sont des chrétiens fondamentalistes et la mère de Ian fournit à Lucy une liste de livres interdits comme ceux parlant de magie ou de sorcellerie, d'armes, de l'évolution, etc.

« En fait, en tant que bibliothèque publique , nous ne censurons rien. C'est notre boulot de rendre tout accessible. Même si les parents peuvent évidemment choisir pour leur enfant. » (page 22).

 

OnVousLit.jpegMais il n'y a pas que ça... Les parents de Ian pensent que leur fils est « sur la mauvaise pente », c'est-à-dire « sexuellement désorienté ». Le week-end ils l'envoient donc dans un établissement où un pasteur remet la jeunesse dans le droit chemin. Si Ian est désorienté, c'est plutôt par le comportement de ses parents et ce qu'ils lui font subir.

« J'avais toujours essayé d'être évasive, la bibliothécaire amicale et neutre – une espèce de thérapeute qui écoute en hochant la tête. Dans le cas présent, je ne pus m'empêcher de prendre parti. 'Ian, ça n'est vraiment pas juste, dis-je. Je pense que c'est très injuste.' » (page 92).

 

Un jour Ian fugue, il passe la nuit dans la bibliothèque et le lendemain matin embarque Lucy dans un road movie (un « road book » en fait !) avec la rencontre des parents Hulkinov (le véritable nom russe de Lucy) et la traversée de plusieurs États jusqu'au Vermont près de la frontière canadienne !

Durant ce périple, Ian et Lucy, toujours dans la crainte d'être arrêtés par la police, vont apprendre à se faire confiance, s'interroger, s'entraider dans la recherche de leur identité profonde et découvrir le discernement dont ils ont besoin pour affronter leurs histoires familiales : les idées de ses parents pour Ian, le passé soviétique de son père pour Lucy.

« Nous vivons dans une nation de fugitifs. Tous ses habitants viennent d'ailleurs. Même les Indiens, ils ont un jour traversé le pont terrestre de l'Alaska. […]. » (page 220).

 

Vous comprenez mieux maintenant le titre : Chapardeuse quoique le titre original signifie plutôt « emprunteur ». Mais ne soyez pas choqués car cette histoire n'est pas le récit d'un kidnapping ! D'ailleurs vous serez sûrement surpris par les tenants et les aboutissants.

 

J'ai adoré la blague russe du père de Lucy, je me la note pour ne pas l'oublier ! « Qu'est-ce qu'un Russe ? Un nihiliste. Qu'est-ce que deux Russes ? Une partie d'échecs. Qu'est-ce que trois Russes ? Une révolution. » (page 29). Excellent !

 

Il y a de nombreuses références à la littérature et d'intéressantes réflexions sur la bibliothécaire. En voici une entre autres. « Comme c'est étrange, cette profession systématiquement associée à la solitude, à la virginité et au désespoir féminin. La bibliothécaire, avec son pull à col roulé, qui n'a jamais quitté sa ville natale. Assise à son bureau, elle rêve du grand amour. » (page 76).

 

Mais bien sûr Rebecca Makkai ne parle pas que d'enfance et de bibliothèque : elle révèle la société américaine et son conformisme, les mensonges sur lesquels ses habitants (des fugitifs) ont créé leur nouvelle vie, la peur de l'Autre c'est-à-dire de celui qui ne fait pas ce qu'on voudrait qu'il fasse et qui ne vit pas comme on voudrait qu'il vive. Mais peut-on diriger la vie de l'Autre, peut-on décider pour l'Autre ? Je pense que vous connaissez tous la réponse à ces questions !

 

Chapardeuse est enfin un coup de cœur de cette rentrée littéraire dans laquelle j'ai eu bien du mal à entrer cette année ! En plus, c'est un premier roman alors chapeau, madame Makkai !

 

Un roman pour les challenges 50 États, 50 billets (je n'avais pas encore le Missouri !), Premier roman, 1 % de la rentrée littéraire 2012, ABC critiques 2012-2013 (lettre M), Le tour du monde en 8 ans (États-Unis) et Le tour des genres en 365 jours (contemporain).

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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 17:29

ChambreChats.jpgLa chambre des chats est un roman de Martha Freeman paru aux éditions Rageot en mai 2007 (122 pages, 6,10 €, ISBN 978-2-7002-3313-1). Les illustrations sont de Marie-Noëlle Pichard. The trouble with cats (2000) est traduit de l'américain par Elizabeth Barfety.

 

Martha Freeman est née en 1956 en Californie ; elle vit en Pennsylvanie ; elle a un chat, Max.

Plus d'infos sur http://marthafreeman.com/.

 

Marie-Noëlle Pichard, l'illustratrice, a une chatte égyptienne, Lulu.

Plus d'infos sur http://marie.pichard.monsite-orange.fr/.

 

Les parents d'Angela ont divorcé lorsqu'elle avait 4 ans. Son père vit à Los Angeles. Sa mère, comptable, vient d'épouser William, un avocat de 48 ans qui a 4 chats.

« William n'avait pas l'air d'être le genre de personne à se marier. Il avait surtout l'air d'aimer les chats. » (page 21).

Angela a du laisser sa meilleure amie, Melissa, et vit maintenant à San Francisco chez William. Elle doit partager la chambre avec les chats : Max (qui s'enfuit), Jules (qui se cache), Sam (qui mange les chaussettes) et Bob (qui se place toujours où ça dérange).

Le lendemain, c'est la rentrée et c'est une nouvelle école où elle ne connaît personne. Comme elle est en retard et qu'à la récréation elle a peur du toboggan qui est trop haut, elle attise la curiosité de Robin, le garçon qui pose des questions, de Thomas, le garçon qui sait tout et de Kimi qui pense qu'assurément Angela est bizarre.

« Les choses peuvent-elles être pires que catastrophiques ? » (page 31).

Oui, car lorsqu'elle rentre de l'école, personne ne l'écoute vraiment et Jules est introuvable...

 

Les chats ont une grande place dans ce roman drôle et tendre.

Mais il y a aussi l'adolescente face au changement. Et quels changements ! Après avoir dû accepter le divorce de ses parents, elle est confrontée à un beau-père, à un déménagement dans une autre ville, à une cohabitation avec des chats, à un changement d'école, à la curiosité des autres enfants, et à l'indifférence des adultes. Ça fait beaucoup !

C'est traité sur le ton de l'humour ; évidemment ça se termine bien : c'est un roman d'éveil pour les enfants et les plus jeunes adolescents qui parle de la capacité d'adaptation et le respect des autres (humains et animaux).

Dans la version américaine, Angela s'appelle Holly.

 

J'ai bien ri : « Ce soir-là, on a fait un vrai dîner, typique de San Francisco : de la soupe chinoise, de la salade grecque et des tortillas mexicaines. » (page 77).

 

Un joli roman pour les challenges 50 États, 50 billets (États-Unis), Animaux du monde (chats), Cent pages, Cartable et tableau noir, ABC critiques 2012-2013 (lettre F), Tour des genres en 365 jours (jeunesse), Tour du monde en 8 ans (États-Unis) et bien sûr Jeunesse & young adults # 2.

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26 août 2012 7 26 /08 /août /2012 23:07

TahoeEnlevement.jpgTahoe – L'enlèvement : une enquête du détective McKenna est un roman de Todd Borg paru aux éditions Ma dans la collection Pôle noir en mai 2012 (407 pages, 20 €, ISBN 978-2-822-401043). Tahoe Hijack (2011) est traduit de l'américain par Pascal Aubin.

 

Je remercie Gilles Paris de m'avoir envoyé ce roman policier.

 

Todd Borg et son épouse, la peintre Kit Night (ici et ici), vivent au bord du lac Tahoe depuis 1990. Plus d'infos sur http://toddborg.com/. Ci-dessous, une photo de l'auteur au bord du lac Tahoe.

 

Sur le lac Tahoe, un homme a détourné le Tahoe Dreamscape, un bateau de croisière, près de Rubicon Point. Il exige de parler à Owen McKenna. Il a déjà balancé son partenaire à l'eau et détient un otage.

« L'homme faisait les cent pas, irradiant une pression et une colère aussi grandes que les miennes. » (page 36).

Or trois nuits de suite, à minuit, McKenna a reçu des appels d'un inconnu qui dénonçait un certain Thomas Watson pour le meurtre de Grace Sun, une affaire de San Francisco non résolue depuis 3 ans. McKenna a transmis l'info à ses collègues de la police et apprend que Thomas Watson est surveillé par l'ATF (*) car il est soupçonné de trafic d'armes fabriquées en Chine.

En parlant de la Chine, Grace Sun était la petite-fille d'un émigré chinois : dès 1850, beaucoup de Chinois étaient soit mineurs soit embauchés dans la construction. « La ruée vers l'or a créé l'État de Californie tel que nous le connaissons. Elle a créé la ville de San Francisco. Elle a joué un rôle énorme dans la construction des voies ferrées, et a financé les chemins de fer. » (page 84).

 

Owen McKenna est un type intéressant. Il fut pendant 20 ans inspecteur à la Criminelle de San Francisco, puis il s'est installé à Tahoe et est devenu détective privé. Il profite de son temps libre pour étudier l'art et la philosophie ; pour s'occuper de son chien, Spot, un Danois ; pour cuisiner et en ce moment, il se passionne pour le pain. « Le pain, c'est du grand art. Cela exige la main d'un neurochirurgien, le nez d'un sommelier, l'oreille d'un pianiste de concert. » (page 95). Il fréquente sérieusement Street Casey, mais elle veut que ce soit chacun chez soi. Or l'otage attaché au-dessus du bateau est Street !

 

Le privé va travailler étroitement avec les forces de l'ordre. Les policiers de Tahoe le connaissent et le respectent (j'ai senti qu'il y avait eu des épisodes précédents même si ce roman peut se lire indépendamment).

L'enquête concernant le meurtre de Grace Sun va reprendre mais Melody Sun, la cousine, a disparu et McKenna apprend que Grace avait une fille jamais mentionnée au cours de l'enquête, Anna Quinn ! Alors que la jeune femme se cache depuis 3 ans, elle sort de sa tanière pour rencontrer McKenna et se fait enlever. C'est une course contre la montre qui s'engage. Et le privé va se lancer seul dans la mêlée, enfin pas seul, avec son chien, Spot, très important dans la dernière partie de l'enquête.

« J'appelais le 911, et parce que Spot n'aime pas les cadavres, l'emmenai sur la pelouse et attendis. » (page 227).

 

Tahoe – L'enlèvement est un thriller extrêmement intéressant et agréable à lire. Il aborde de nombreux thèmes comme la ruée vers l'or, les Chinois en Californie au XIXe siècle, les milices, les trafics, mais il n'est pas trop compliqué. J'ai appris plein de choses, plongée dans les beaux paysages de la région de Tahoe.

Ce qui est dommage : Tahoe Hijack est le 9e roman de la série Tahoe ! J'attends les précédents tomes. Voici les romans dans leur ordre de parution. 2001 : Tahoe Deathfall et Tahoe Blowup ; 2002 : Tahoe Ice Grave ; 2004 : Tahoe Killshot ; 2007 : Tahoe Silence ; 2008 : Tahoe Avalanche ; 2009 : Tahoe Night ; 2010 : Tahoe Heat ; 2011 : Tahoe Hijack ; 2012 : Tahoe Trap.

 

ToddBorg.jpg(*) ATF : « bureau des alcools, du tabac, des armes à feu et des explosifs, service fédéral chargé de la lutte contre le trafic » (page 23).

 

Le lac Tahoe formé il y a environ 2 millions d'années est situé en Californie (sud) et au Nevada (nord) à 1 867 mètres d'altitude. Il est le plus grand lac à plus de 1 500 mètres d'altitude d'Amérique du Nord. Il est aussi, avec ses 495 mètres de profondeur, le deuxième lac le plus profond d'Amérique du Nord (le premier est le Crater Lake dans l'Orégon) et le seizième au monde. Sa superficie est d'environ 500 km² (19 km de large et 35 km de long) et son périmètre est de 116 km. Il est 26e dans le classement des lacs par volume avec 151 km3. L'eau du lac Tahoe est tellement claire qu'on pouvait y voir jusqu'à 30 m de profondeur il y a quatre ou cinq décennies, mais on ne voit plus actuellement que jusqu'à 21 m de profondeur. À noter que les habitants d'origine de cette région étaient les Washoe, une tribu des Grands Bassins (Great Basin) des États-Unis (montagnes, plateaux, désert).

 

Je présente ce roman dans les challenge Animaux du monde (pour le chien, Spot, qui tient une grande place), 50 États, 50 billets (pour la Californie, mais une partie se déroule aussi au Nevada), Le crime n'a pas de frontière et Thrillers et polars (pour les challenges policiers).

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