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14 mars 2014 5 14 /03 /mars /2014 18:25

La traduction est un roman de Pablo de Santis paru en septembre 2004 aux éditions Métailié dans la collection Suites (154 pages, 8 €, ISBN 2-86424-512-4). La traducción (1998) est traduit de l'espagnol (Argentine) par René Solis.

 

Pablo de Santis est né en 1963 à Buenos Aires. Il est romancier (également pour la jeunesse), scénariste (pour la télévision et de bandes dessinées), journaliste et éditeur jeunesse. Du même auteur : Le théâtre de la mémoire (2002), Le calligraphe de Voltaire (2004), Le cercle des douze (2009), La soif primordiale (2012) et le dernier roman en date : Crimes et jardins paru le 6 mars 2014.

 

Miguel De Blast est traducteur du français et du russe vers l'espagnol. Depuis trois ans, il travaille sur les écrits des neurologues russes du cercle de Kabliz.

Invité par Julio Kuhn à un congrès de traducteurs, il se rend à Port-au-Sphinx où sont réunis des confrères de plusieurs nationalités qu'il n'a pas vus depuis dix ans. Ana Despina, une ancienne petite amie partie avec son meilleur ami, Naum, sera aussi présente.

Mais l'endroit est lugubre, l'hôtel Internacional del Faro n'est construit qu'en partie parce que les anciens propriétaires ont fait faillite, des phoques viennent mourir sur la plage et le cadavre de Valner, spécialiste des « langues inventés, perdues, artificielles », et en particulier de la langue énochienne, vient d'être retrouvé dans la piscine par Ximena, la jeune pigiste du journal El Día qui souhaitait l'interviewer.

Cette nuit-là, Miguel célèbre son quarantième anniversaire, loin d'Elena, qu'il a épousée il y a cinq ans...

Le commissaire Guimar est chargé de l'enquête mais il est dépassé par les événements. « Cela fait des années que j'attendais une affaire dans ce genre. Un mystère à résoudre. Et le jour où cela m'arrive enfin, je me rends compte que je n'ai pas la moindre idée de comment faire. » (page 116).

Bien que suspect, Miguel qui connaît bien le monde de la traduction enquête aussi de son côté. En accompagnant Ximena à la piscine pour qu'elle prenne des photos, il y trouve une pièce d'un peso en nickel qui « n'a plus cours depuis le début des années 70 ». Puis le corps de Rina Agri est retrouvé dans la baignoire de sa chambre et Zúñiga rate son suicide par noyade...

 

Les personnages et le site touristique à l'abandon (sur la côte argentine) ont bien sûr une bonne place mais les « héroïnes » sont bel et bien la linguistique et la traduction (elles sont des énigmes autant que l'enquête), ce qui fait l'originalité de ce roman court et intense (avec une atmosphère un brin fantastique) que je vous conseille chaleureusement.

 

Mes passages préférés

« Quand l'enveloppe avec le tampon de l'université est arrivée chez moi, j'ai pensé qu'il devait s'agir de vieux imprimés. Nous continuons à recevoir pendant des années des informations d'associations ou de clubs auxquels nous n'appartenons plus, des abonnements à des revues résiliés depuis longtemps, des salutations de vétérinaires adressées à un chat disparu depuis un siècle. » (page 7).

« Ximena n'était pas intéressée par la pièce. Elle prenait des photos de la toiture, de l'escalier béant, d'un chat se promenant sur la corniche. » (page 59).

 

Une lecture pour le Mois argentin qui entre aussi dans le challenge Amérique du Sud – Amérique latine et dans le Tour du monde en 8 ans.

 

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10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 06:21

Le tunnel est un roman d'Ernesto Sábato paru aux éditions du Seuil en 1978 (réédition en 1995). Je l'ai lu en poche aux éditions Points (140 pages, 5,50 €, ISBN 978-2-02-023928-8). El túnel (1948) est traduit de l'espagnol (Argentine) par Michel Bibard.

 

Ernesto Sábato est né le 24 juin 1911 à Buenos Aires (Argentine). Il a étudié les Sciences (il était physicien) et la philosophie à La Plata (université de Buenos Aires). Il a aussi étudié à La Sorbonne (Paris, France) et au Massachusetts Institute of Technology dit M.I.T. (Cambridge, États-Unis). Au début des années 1940, il a enseigné les sciences à La Plata mais dès 1945, il abandonna l'enseignement pour l'écriture : il devint journaliste et écrivain. Le tunnel est son premier roman. Suivront d'autres romans, des recueils, des entretiens et ses mémoires. Il a reçu la Légion d'honneur (France) en 1979 et le Prix Miguel de Cervantes (Espagne) en 1984 entre autres. Sa femme, Matilde Kusminsky Richter, épousée en 1936, est décédée en 1998. Il a consacré les dernières années de sa vie à la peinture. Il est mort le 30 avril 2011 à Buenos Aires, moins de deux mois avant d'avoir atteint 100 ans.

 

Juan Pablo Castel, artiste peintre connu, a tué la femme qu'il aime, Maria Inbarne.

Pourquoi ? Parce qu'il était désemparé, jaloux, se sentait incompris et était pris par le doute au sujet de la jeune femme.

« La vanité se rencontre là où l'on s'y attend le moins : aux côtés de la bonté, de l'abnégation, de la générosité. » (page 13).

« Il y a eu quelqu'un qui pouvait me comprendre. Mais c'est, précisément, la personne que j'ai tuée. » (page 15).

Printemps 1946. Juan Pablo Castel expose ses toiles. Il méprise ceux qui disent aimer ses œuvres mais ne voient pas vraiment ce qu'il peint. Parmi la foule, une jeune femme : elle regarde obstinément un détail important dans une peinture, un détail que tout le monde fait mine d'ignorer. Le peintre est fou de joie, il aurait enfin trouvé, à trente-huit ans, celle dont il rêve depuis si longtemps ! Il ne pense plus qu'à elle, pendant des semaines, il en devient obsédé et fait tout pour la revoir.

« Il fallait que je la retrouve. Je me surpris à dire tout haut, à plusieurs reprises : il le faut, il le faut ! » (page 37).

Les retrouvailles se font par hasard une première fois et après que Castel ait forcé le destin une deuxième fois. « Mais je ne sais pas ce que vous gagnerez à me voir. Je fais du mal à tous ceux qui m'approchent. » le prévient Maria Inbarne (page 45). Pourtant, elle ne le prévient pas qu'elle est mariée à monsieur Allende, un homme devenu aveugle, et qu'elle se rend souvent à Mar del Plata dans l'estancia (maison de campagne) de Luis Hunter qui est soi-disant son cousin.

Castel est fou de rage lorsqu'il apprend l'existence de l'époux aveugle et d'un éventuel amant. « Qu'est-ce que c'est que cette abominable comédie ? » (page 53).

 

Mes passages préférés

« Ma tête est un labyrinthe obscur. Parfois, il y a comme des éclairs qui illuminent certaines galeries. » (page 40). On comprend mieux le titre !

« Tout me paraissait éphémère, transitoire, inutile, sans contours. Ma tête n'allait pas bien et Maria m'apparaissait sans cesse comme une forme incertaine et mélancolique. » (page 112).

 

Juan Pablo Castel est un homme instable, inassouvi malgré son art et sa notoriété, obsédé par la jeune inconnue qu'il n'a aperçue que peu de temps. Il est en prison lorsqu'il rédige ce récit malheureux et on pourrait le plaindre s'il ne répétait tant de fois qu'il n'est pas vaniteux. Il est sûrement sincère mais un peu vaniteux quand même !

En apprenant des choses sur la jeune femme qui est devenue sa maîtresse ou en se triturant l'esprit avec des suppositions et des conclusions sorties de son imagination débordante, Juan Pablo Castel devient de plus en plus agité et son côté sombre apparaît. Il violente même parfois Maria dans l'espoir de trouver dans ses yeux « des preuves d'amour, de véritable amour. » (page 69). Il veut que la jeune femme lui appartienne, à lui et rien qu'à lui ! Il est étouffant et le lecteur le ressent bien à la lecture de ce roman court mais intense. Le roman d'ailleurs se compose de 39 chapitres en 140 pages donc vous voyez comme les chapitres sont courts, percutants et comme le lecteur avide (curieux ?) ne peut arrêter sa lecture, il doit continuer de lire et ce jusqu'à l'inévitable.

Au chapitre 22, Castel rêve qu'un magicien le transforme en oiseau et qu'il ne peut plus communiquer avec ses amis. Comment expliquer ce rêve ? Sort-il tout simplement de l'esprit dérangé du peintre ? A-t-il envie de liberté ? Mais il est libre ! Ou alors son subconscient voudrait se défaire de sa liaison avec Maria, femme mariée ? Allez comprendre, l'artiste a une logique bizarre, bien à lui. Mais la passion est cruelle et dévore même les meilleurs.

Ce récit tragique (la vie ?) est comme un tunnel dans lequel il est impossible de faire demi-tour : on ne peut pas revenir en arrière, on se cogne contre les murs de chaque côté, on ne peut qu'avancer, aller de l'avant quoi qu'il en coûte. C'est sûrement cet effet oppressant qui fait de cette histoire un roman noir, un roman sur la solitude et la folie meurtrière.

La présentation de 8 pages de Jean-Marie Saint-Lu est d'ailleurs bienvenue et intéressante car elle permet de mieux appréhender et comprendre le texte d'Ernesto Sábato, auteur argentin que j'ai découvert avec grand plaisir et dont j'aimerais lire d'autres romans, en particulier Héros et tombes (Sobre héroes y tumbas, 1961) et L'ange des ténèbres (Abaddón el exterminador, 1974) puisqu'avec Le tunnel, il s'agit d'un triptyque romanesque disponible aux éditions du Seuil dans un coffret de trois livres (plus de 1 000 pages).

 

J'ai lu Le tunnel dans le cadre de la lecture commune (*) pour le Mois argentin mais j'avais déjà repéré ce roman depuis des mois, il ne manquait que l'occasion de le lire !

Une lecture pour le Mois argentin donc, qui entre aussi dans les challenges Amérique du Sud – Amérique latine, Le mélange des genres (classique étranger), Petit Bac 2014 (catégorie Bâtiment/construction pour tunnel), Premier roman, Tour du monde en 8 ans (Argentine) et Un classique par mois.

 

(*) Les liens des autres participants : Denis et Valentyne. Et Marilyne qui l'a lu en janvier.

 

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26 février 2014 3 26 /02 /février /2014 03:06

À l'occasion du 34e Salon du livre de Paris où l'Argentine est le pays invité (la ville invitée étant Shanghai), Eimelle et Denis lancent le Mois argentin.

 

Il existe un groupe FB avec une liste d'auteurs argentins ; et des lectures communes sont prévues :

Le 10 mars : Le tunnel, d'Ernesto Sábato ;

Le 20 mars : un livre d'Elsa Ororio ;

Le 21 mars : un auteur argentin au choix ;

Le 25 mars : un livre de Laura Alcoba.

 

Mais il est possible de découvrir la littérature argentine et de la partager durant tout le mois de mars 2014 ! Et même après puisque ce mois argentin se cumule bien sûr avec le challenge Amérique du Sud – Amérique latine (challenge illimité géré également par Eimelle).

 

Mes lectures pour ce mois argentin

J'ai d'ores et déjà Le tunnel, d'Ernesto Sábato dans ma pile à lire.

La traduction, de Pablo de Santis, un auteur que j'apprécie beaucoup.

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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 05:32

Chamame.jpgChamamé est un polar de Leonardo Oyola paru aux éditions Asphalte le 30 août 2012 (220 pages, 18 €, ISBN 978-2-918767-26-8). Chamamé (2007) est traduit de l'espagnol (Argentine) par Olivier Hamilton.

 

Leonardo Oyola est né en 1973 à Buenos Aires (Argentine).

Du même auteur : Golgotha.

Chamamé a reçu le Prix Dashiell Hammett de la Semana Negra 2008 dans la catégorie Meilleur roman noir en espagnol.

 

Je n'ai pas retrouvé qui m'avait envoyé ce roman alors je remercie... qui de droit et les éditions Asphalte.

 

« Noé et moi, on s'est connus en prison. » (page 17).

Manuel, surnommé Ovejero (berger) par son ami Noé Carabajal, et Perro (chien) par les autres, est sorti de prison.

« Je devais me faire la malle, me casser, nulle part, maintenant. » (page 45).

Mais Noé vole le fric « gagné » grâce à un kidnapping car il veut l'utiliser pour bâtir une église.

« Espèce de cinglé, fils de pute de cinglé ! […] La voix du Seigneur, mes couilles ! » (page 51).

Manuel va poursuivre Noé pour récupérer « son » fric.

« En écrasant l'accélérateur de la Chevy pour rattraper Noé et vider mon chargeur sur lui, je me suis senti plus croyant que j'aurais pensé. Le désir de vengeance, c'était ma profession de foi. […] Parce que la justice, ça sent la poudre. » (page 109).

 

Comme vous pouvez le voir avec ces quelques extraits, le style est vif, percutant, franc.

Le récit mélange la chasse à l'homme et les souvenirs de leur incarcération.

Il y a de nombreuses références à la musique rock (il y a d'ailleurs une playlist conseillée par l'auteur avec entre autres Bon Jovi, The Rolling Stones, Bruce Springsteen, Guns n'Roses, Van Halen...), aux séries américaines et au cinéma.

Pour accomplir sa vengeance, Manuel va poursuivre Noé sur trois frontières, l'Argentine, le Brésil et le Paraguay. Or le chamamé est « un style musical traditionnel de la province de Corrientes, en Argentine, joué aussi au Paraguay et dans certains endroits du Brésil (Mato Grosso do Sul, Paraná, Rio Grande do Sul). Il rassemble des éléments culturels des Indiens Guarani, des découvreurs espagnols et même des émigrants italiens. Le chamamé est le résultat de l'amour, de la fusion des races qui mélangés avec le temps content l'histoire de l'homme et de son paysage. Il utilise l'accordéon et la guitare comme instruments principaux. » (source Wikipédia).

Mais je n'ai pas accroché, trop d'excès, de démesure, de violence, de sexe, de machisme... Je n'ai pas lu les cent dernières pages... Pourtant, ce roman noir vaut certainement le coup d'être lu !

Il est construit comme un road movie et je pense que je préférerais voir cette histoire en film.

Pour que vous ne restiez pas sur mon avis plutôt négatif, je vous invite à consulter les avis de Hannibal, Jean-Marc, Oncle Paul, Pierre, Yan et Yspaddaden entre autres + Arieste.

 

Je place ce roman dans les challenges 1 % de la rentrée littéraire 2012, Le crime n'a pas de frontière et  Thrillers et polars, Lire sous la contrainte (un seul mot), Tour des genres en 365 jours (2e polar/thriller/roman noir), Tour du monde en 8 ans et bien sûr Amérique du Sud - Amérique latine (Argentine). Et par rétroactivité, dans le challenge Amérindiens.

ChallengeCrime ThrillersPolars

 

LireContrainte4

Rentreelitt2012-1

TourGenres

TourMonde8ans CAS-Bresil

 

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31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 23:08

MathCrime.jpgCoupCoeur2004.pngMathématique du crime est un roman policier de l'Argentin Guillermo Martínez. Il est paru aux éditions Nil en septembre 2004 (268 pages, 19 €, ISBN 2-84111-313-2). Parution en poche : Pavillon Poche en mars 2008 (266 pages, 7,90 €, ISBN 978-2-221-11058-4).

Crímenes imperceptibles (2003) est traduit de l'argentin par Eduardo Jiménez.

 

Guillermo Martínez est né le 29 juillet 1962 à Bahía Blanca dans la province de Buenos Aires. Il est écrivain et mathématicien.

Du même auteur : La mort lente de Luciana B. (Nil, octobre 2009)

 

Le narrateur est Argentin. En 1993, il avait 22 ans et il était étudiant : il avait rédigé une thèse en topologie algébrique et avait reçu une bourse pour étudier un an à Oxford. Il louait une chambre dans la maison de Mrs Eagleton, une vieille dame qui vivait avec sa petite fille orpheline depuis un accident de voiture, Beth (29 ans, violoniste).

Le jeune homme est vraiment émerveillé par son voyage et son séjour en Angleterre. Mais Mrs Eagleton est assassinée et c'est lui qui l'a trouvée sans vie dans son fauteuil. Il était alors en compagnie d'Arthur Seldom, un éminent logicien qui recevait de mystérieux messages, et qui était arrivé à la porte en même temps que lui.

L'inspecteur Peterson a mené l'enquête mais c'est surtout l'étudiant et le mathématicien que le lecteur va suivre car ils ont enquêté de leur côté aussi.

 

« Des crimes que personne ne voit comme des crimes. [...] des crimes imperceptibles. » (page 43).

 

Vous n'avez jamais entendu parler de Fermat, Wittgenstein, Gödel, du théorème de l'incomplétude (page 70), du principe d'incertitude ou des paradoxes logiques (page 73) ? C'est simple : lisez ce roman !

 

ChallengeThrillerAh..., la littérature argentine, j'aime ! Après Le théâtre de la mémoire, de Pablo de Santis et La maison de papier, de Carlos María Domínguez, j'ai adoré ce roman magistral de Guillermo Martínez. Très bien écrit (et traduit), pas prise de tête avec les mathématiques : au contraire, passionnant ! Et j'aime bien que ça soit raconté sous forme de souvenirs. Je n'ai pas vu Crimes à Oxford, le thriller qu'Álex de la Iglesia a réalisé en 2008 d'après ce roman mais j'ai bien envie de le voir maintenant. Tiens, en parlant de thriller, je présente ce roman dans le challenge Thriller de Cynthia.

 

J'ai particulièrement été interpellée par ce passage sur la photographie et la peinture : « [...] je plaçai une à une les photos qui se trouvaient dans l'enveloppe. Je me rappelai, en les regardant, ce que j'avais entendu dire à un peintre figuratif, pour qui ça ne faisait pas l'ombre d'un doute : il y a toujours moins de réalité dans une photo que n'en peut capturer une peinture. » (page 202).

Je ne suis pas d'accord ! Je pense au contraire que le peintre va interpréter à sa façon et retranscrire ce qu'il veut, alors que le photographe va choisir l'angle de vue et prendre en photo ce qu'il voit. Qu'en pensez-vous ?

 

Un extrait pour les chats !

« C'est exact, le chat n'analyse pas simplement la souris : il l'analyse dans l'intention de la manger. Mais il est également vrai que le chat n'analyse pas tous les animaux en termes de future nourriture, il n'aime que les souris. » (pages 76-77).

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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 15:08

HeritageColonel.jpgLorsque j'ai appris la mort de Carlos Trillo, j'ai voulu relire sa bande dessinée pour la présenter dans le challenge PAL sèches de Mo'.

 

L'héritage du colonel est une bande dessinée de Carlos Trillo et Lucas Varela parue aux éditions Delcourt dans la collection Mirages en septembre 2008 (100 pages, 14,95 €, ISBN 978-2-7560-1382-4).

 

Carlos Trillo est né le 1er mai 1943 à Buenos Aires (Argentine). Il est le scénariste de la bande dessinée. Il est mort le 8 mai 2011 (il était à Londres avec son épouse).

 

Lucas Varela est né en 1971 à Buenos Aires. Il est le dessinateur de la bande dessinée. Plus d'infos sur son blog.

 

Des mêmes auteurs : La corne écarlate, juin 2005, Erko.

 

L'intéressante préface de Carlos Trillo permet de comprendre l'intimité du gouvernement et de l'église catholique argentine, et l'histoire de l'Argentine avec la dictature de Jorge Rafael Videla et sa junte militaire : ça, c'est la « grande histoire ».

La petite histoire, c'est celle d'Elvio Guastavino, fils unique du colonel Aaron Guastavino. Petit fonctionnaire insignifiant dans un ministère, il est célibataire et vit avec sa vieille mère, Georgina Iturbide de Guastavino, veuve.

Chaque jour, il se rend devant la vitrine du Aaron Magic Box, une boutique tenue par un Juif qu'il considère comme un voleur, pour admirer Luisita, une poupée autrichienne du XIXe siècle qu'il espère pouvoir acheter un jour. La nuit, il drogue même sa mère au Valium pour ressortir et rejoindre sa Luisita en cachette. Il faut dire qu'il fantasme carrément sur elle. Mais lorsqu'il dort, il est pris de violents cauchemars montrant les tortures qu'infligeait son père à d'innocentes jeunes filles.

D'ailleurs, une de ses jeunes filles, Analia Silveyra, revient d'exil et la mère d'Elvio ne le supporte pas. Après l'enterrement, Elvio devenu orphelin touche la police d'assurance-vie de l'armée et ne pense qu'à une chose : acheter enfin Luisita ! Mais la poupée vient d'être vendue et Elvio plonge dans la folie...

 

Comment un enfant peut-il grandir normalement et se construire de façon équilibrée après avoir vu les agissements violents et dépravés de son père, et surtout après y avoir participé et pris un certain plaisir, sans que la mère puisse dire quoi que ce soit ? C'est un lourd héritage qu'a laissé le colonel à son fils unique...PALseches

Le traumatisme d'Elvio Guastavino, c'est en fait le traumatisme de tout un pays, l'Argentine.

Bien sûr cette bande dessinée est dérangeante, mais c'est parce qu'elle dénonce la torture, les viols, la dictature et l'horreur qu'on laisse aux générations futures.

 

C'est donc la 21e bande dessinée que je lis pour le challenge PAL sèches de Mo' et j'ajoute l'Argentine à mon voyage.

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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 18:18

MaisonPapier.jpgLa maison en papier est un court roman de Carlos María Domínguez paru aux éditions Seuil en juillet 2004 (109 pages, 13 €, ISBN 978-2-02-065376-1). La casa de papel est traduit de l'espagnol (Argentine) par Geneviève Leibrich.

 

Carlos María Domínguez est un auteur argentin, né en 1955 à Buenos Aires, mais il vit depuis 1989 à Montevideo en Uruguay. La maison en papier est le premier roman traduit en français de cet écrivain, critique littéraire, journaliste et biographe (de Juan Carlos Onetti).

 

Printemps 1998, Bluma Lennon, professeur à l'université de Cambridge, sort d'une librairie de Soho et se fait écraser par une voiture alors qu'elle lit les Poèmes d'Emily Dickinson qu'elle vient d'acheter.

« Les livres changent le destin des gens. » (page 9).

Le narrateur a remplacé sa collègue au département des Langues Hispaniques et a reçu à sa place une enveloppe arrivée trop tard.

Dans cette enveloppe, un exemplaire de La ligne d'ombre de Joseph Conrad mais le livre est endommagé : humide, gondolé, plein de ciment. Et pourquoi ce livre que Bluma a dédicacé à un certain Carlos le 8 juin 1996 à Monterrey (ah oui, elle était alors à un congrès !) lui revient-il maintenant alors qu'elle est morte ?

MaisonPapierGC.jpgLe professeur va prendre quelques jours de congés et partir sur les traces de Carlos Brauer, le bibliophile qu'avait rencontré Bluma deux ans auparavant. En Argentine d'abord, son pays d'origine où tout a changé, puis en Uruguay où il va découvrir la maison en papier.

 

Un joli roman, très littéraire, avec un humour que je connais peu (celui d'Amérique du Sud ?), mais presque trop court. Et une question oppressante : les livres peuvent-ils mener à la folie ?

 

Mon passage préféré

« Souvent, il est plus difficile de se défaire d'un livre que de se le procurer. Les livres s'accrochent à nous en un pacte de nécessité et d'oubli, comme s'ils étaient témoins d'un moment de notre vie auquel nous ne reviendrons plus, mais que nous croyons préserver tant qu'ils restent là. » (pages 20-21).

 

Ci-contre : la couverture de l'édition en grands caractères aux éditions de La Loupe (je trouve que la couverture est très belle).

 

PS : Un nouveau roman paru en espagnol en mai 2010 : La costa ciega (qui signifie La côte aveugle mais je ne sais pas si ce sera le titre du livre en français).

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6 janvier 2010 3 06 /01 /janvier /2010 00:05

TheatreMemoire.jpgLe théâtre de la mémoire est un roman de Pablo de Santis paru en 2002 aux éditions Métailié (154 pages, 15 €, ISBN 2-86424-435-7). El teatro de la memoria (2000) est traduit de l'espagnol (Argentine) par René Solis.

 

Pablo de Santis est né à Buenos Aires en 1963. Plutôt spécialisé en littérature jeunesse (éditeur, romancier, scénariste pour la télévision et la bande dessinée), il est l'auteur de romans : La traduction et Le théâtre de la mémoire.

 

Le théâtre de la mémoire parle « de la mémoire, des troubles de la mémoire, de l'amnésie. [...] ce sera un marque-page dans le livre de ma mémoire. » (page 10).

Le narrateur est le Docteur Nigro, spécialiste de la mémoire qui a étudié cinq ans à la fondation Fabrizio puis a commencé à travailler dans un service de neurologie.

Le Docteur Fabrizio vient de mourir et le Docteur Nigro, se souvient de lui, des syndromes qu'il annonçait, de ses recherches. « – Comment ça se soigne ? – L'inexistence ? C'est simple : existez. Il y a quatre façons d'exister aux yeux du monde : le pouvoir, la beauté, la souffrance et l'amour, qui est un mélange des trois autres. » (page 13).

Un jour, un homme renversé par une voiture et devenu amnésique est amené à l'hôpital, il est pris en charge par le Docteur Nigro. Quelque temps après, son ex-femme, Luciana, vient le reconnaître : c'est Román Diagó, il est architecte et l'héritier d'Anibal Diagó, architecte également, disparu mystérieusement il y a plus de dix ans. Or Anibal Diagó était l'architecte de l'institut Fabrizio. « Au centre, se trouvait une version du théâtre de la mémoire de Giulio Camillo, qui n'avait jamais été terminée. » (page 35).

Nigro, qui est tombé amoureux de Luciana, veut comprendre pourquoi Fabrizio l'a écarté de la fondation trois ans auparavant et qui veut empêcher Diagó de découvrir la vérité sur la disparition (la mort ?) de son père.

 

« Le théâtre de la mémoire était un amphithéâtre inversé : le spectacle immobile se déroulait sur les gradins et le spectateur était sur la scène. » (page 102).

« Le théâtre de la mémoire était une représentation de l'univers. » (page 103).

 

LitteraturesImaginaire5ContinentsLe style de l'auteur (admirable) et le petit côté fantastique (effrayant) m'ont bien plu et m'ont convaincue de choisir ce roman pour le défi Littératures de l'imaginaire sur les 5 continents pour l'Amérique.

 

C'est un voyage fascinant dans le monde de la mémoire que propose ce livre surprenant. Il reste heureusement abordable pour des non-scientifiques comme moi et j'ai bien envie de lire La traduction parue en 2004 chez le même éditeur.

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