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12 février 2014 3 12 /02 /février /2014 04:38

Herbe noire est un roman de Pierre Willi paru aux éditions Krakoen dans la collection Polar en janvier 2014 (264 pages, 14,80 €, ISBN 978-2-367940366).

 

Je remercie Gilles G. et les éditions Krakoen pour ce roman de la rentrée littéraire d'hiver.

 

Pierre Willi, né en 1956, est auteur, peintre et navigateur ; il est originaire du Nord mais vit dans le Périgord. Herbe noire est son septième roman mais je ne connaissais pas cet auteur. Plus d'infos sur http://pierrewilli.eklablog.com/.

 

Paulin, 13 ans, est en internat chez les sœurs. Lors des vacances, il rentre à la ferme dans le hameau de Treunouille. C'est un coin isolé, entre Poitiers et Guéret, dans la Haute-Vienne, avec un étang, une petite rivière et quatre fermes dont celle de ses parents, Denise et Raymond Tersanne.

« Ici, c'est pas le bout du monde, non, on se retrouverait plutôt en plein centre... Le centre du Centre. » (page 6).

Il retrouve les enfants des voisins, les Delambre : Nadège, surnommée Nana, 14 ans, et son frère Gérard, 16 ans. Nana a arrêté de parler depuis des années. Il y a aussi Gabriel, qui a une moto, et vit normalement à la ville.

« Nana, si elle ne parle plus, elle continue de s'exprimer. Je veux dire qu'elle parle avec les gestes, le visage, les yeux, mais seulement quand elle veut et à qui elle veut. […] Un jour, on va se barrer tous les deux, loin, très loin. Le plus loin possible ! Je ne sais pas encore où ni comment, mais je sais qu'on va se barrer. On ne va pas rester là, à se laisser pourrir doucement sur pied comme les autres. Finir comme eux ? Non ! Ce n'est pas possible. » (page 35-36).

Réprimandes chez les sœurs, réprimandes chez ses parents...

« Cette année, les vacances, elles commencent mal. J'ai bien l'impression que ça va être un été pourri. » (page 62).

 

Autant le dire tout de suite : ce roman a sûrement un fort potentiel mais je n'ai pas aimé le style ! Trop de mots inventés (vasouille, sandouiches...), des fautes de grammaire (malgré que...) et un décor un peu trop noirci pour être plausible.

Des paysans ruinés et inactifs suite à des années de surproduction, violents et alcooliques.

Des ados – entre 13 et 18 ans – désœuvrés, qui consomment cigarettes, alcools, drogues, qui jouent avec le sexe et avec des armes à feu (chargées).

« Les rêves et la réalité sont tellement mélangés, tellement dans tous les sens, que je renonce à reconstruire ma mémoire de la veille. D'ailleurs, peut-être que je rêve encore ? » (page 105-106).

Non seulement ce serait plutôt un cauchemar qu'un rêve mais en plus Paulin ne va pas rêver longtemps...

« On est partis. On ne reviendra plus. » (page 137). « Où va-t-on ? […] – Le plus loin possible. – Autant dire jusque nulle part. – T'as une meilleure idée ? – Non. – Alors, allons-y. » (page 152).

Le sous-titre, sur la couverture, prévient « Obligés de fuir, ils ne sont jamais revenus » et effectivement, la fuite (les cent dernières pages à peu près) m'a plus intéressée que le début du roman, plutôt rural. Mais, même s'il y a une ambiance dans Herbe noire (et elle est plutôt sombre), ce roman m'a un peu ennuyée... Cependant, si vous aimez les tragédies et les road movies sanglants, ce livre noir peut vous plaire.

Mon passage préféré : « Ah, la famille, Paulin, la famille ! C'est comme une toxine qu'on a dans le sang. » (page 174).

 

Une lecture pour les challenges ABC critiques 2013-2014 (lettre W), Bookineurs en couleurs (couverture noire), Rentrée littéraire d'hiver 2014 et Thrillers et polars 2013-2014.

 

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11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 00:31

Second portrait d'Irena est un roman de Laura Berg paru aux éditions Naïve Livres le 6 février 2014 (138 pages, 17 €, ISBN 978-2-35021-339-2).

 

Je remercie Benjamin de m'avoir fait découvrir les éditions Naïve Livres avec ce roman de la rentrée littéraire d'hiver.

 

Laura Berg est née en 1982 à Paris. Elle a étudié aux Beaux-Arts de Rennes et à l'École de la photographie à Arles. Elle a séjourné à Poznan, en Pologne, où elle a commencé à écrire Second portrait d'Irena, son premier roman. Elle est photographe et vit à Nantes.

 

Depuis quatorze ans, Darius Baranowicz vit à Paris, en France. Sa compagne, Irena, qu'il prenait plaisir à photographier, l'a quitté : elle est rentrée en Pologne et il est resté seul avec ses maigres affaires et son appareil photo.

Un jour, Halina, sa sœur l'appelle : Leszek Zagraw, le compagnon de leur mère, est mort d'un cancer. Darius doit revenir à Poznan, dans le quartier de Solasc, mais ce voyage ne l'enchante guère.

« Zagraw venait de mourir mais, comme autrefois, je le sentais ricaner dans mon dos. » (page 11).

Darius retrouve son pays natal, la maison familiale et ses habitants, sa mère, une excentrique à l'esprit large, sa sœur, son neveu Pavel qui n'est plus un enfant, l'oncle Mikolaj qui a vieilli et qui devient aveugle, le chien... Et tout un tas de gens qui vivent plus ou moins aux crochets de sa mère, dont Haruko une jolie étudiante japonaise.

Lorsqu'il se rend chez le notaire, Darius apprend qu'il hérite de la maison 12 rue Sokola et Irena (maintenant mariée et mère d'un enfant) du terrain qui la jouxte. Pourquoi eux alors que Zagraw a un neveu ?

 

Peut-on ne pas être nostalgique de son pays natal ? Oui, selon Darius Baranowicz ! Un pays gris, froid, pollué... Bref, un pays triste et pas accueillant. « L'hiver en Pologne ressemble à un long crépuscule. » (page 20). Par contre, Darius est nostalgique d'Irena et de leur relation : flash back, souvenirs... Il avait 17 ans et elle 15. Mais Darius n'est pas du tout à l'aise. « Je serrais des mains, j'embrassais des joues en essayant de me rappeler les prénoms de tous ces gens. » (page 36).

Je ne peux en dire plus sans dévoiler les tenants et les aboutissants alors c'est à vous maintenant de découvrir ce roman, petit par la taille mais intense dans le récit et les relations entre les personnes !

Je vous laisse avec ma phrase préférée : « Tu es parti parce que tu as eu la trouille ! Tu avais peur que les choses t'échappent. Seulement, ici, la beauté est indissociable de la laideur. Ça marche ensemble. » (page 66).

 

Une excellente lecture pour les challenges Littérature sous la contrainte (nom + nom), Petit Bac 2014 (catégorie Prénom), Premier roman et Rentrée littéraire d'hiver 2014.

 

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14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 01:38

L'été des lucioles est un roman de Gilles Paris à paraître aux éditions Héloïse d'Ormesson le 23 janvier 2014 (222 pages, 17 €, ISBN 978-2-35087-243-8).

 

Je remercie Gilles et les éditions Héloïse d'Ormesson pour ce beau roman.

 

Gilles Paris naît le 5 avril 1959 à Suresnes (Hauts de Seine). Il travaille dans le monde de l'édition et de la communication. Il a déjà publié trois romans : Papa et maman sont morts (1991), Autobiographie d'une courgette (2002) et Au pays des kangourous (2012) dans lesquels il fait à chaque fois intervenir un enfant de 9 ans. Plus d'infos sur son site officiel, http://www.gillesparis.net/.

 

Ce livre est le premier de l'année 2014 que je reçois, je suis ravie et j'ai envie de le lire tout de suite ! Parce que j'ai une tendresse particulière pour les lucioles depuis que j'ai vu (rien à voir avec le livre !) Le tombeau des lucioles, d'Isao Takahata il y a plus de vingt ans. Pourtant, je suis un peu gênée vis-à-vis des livres reçus en 2012 et 2013 (peut-être même qu'il en reste deux ou trois de 2011 !) mais c'est décidé, je le lis et, comme c'est un très beau roman, j'en parle avant sa parution !

 

Victor Beauregard est un enfant de 9 ans qui décide d'écrire un roman. Il habite à Bourg en Bresse avec ses deux mamans, Claire et Pilar, sa grande sœur, Alicia, 14 ans, qui ne pense qu'aux garçons, et sa tortue, Katouta.

Claire, sa maman, est libraire. Pilar, venue d'Argentine, peint des tableaux inspirés de son enfance et elle est devenue sa deuxième maman.

Les parents de Victor sont séparés – mais pas divorcés – depuis qu'il a 2 ans et son papa lui manque.

François, le père qui « ne veut pas grandir », reçoit Alicia et Victor régulièrement, dans son appartement à Paris mais il voyage beaucoup car il est photographe pour guides touristiques.

Pour les vacances d'été, la petite famille descend sur la côte méditerranéenne à Roquebrune-Cap-Martin où le père a hérité de l'appartement de sa sœur aînée, Félicité, morte dans un accident de voiture, mais il n'y vient jamais et l'été se passe toujours sans lui... Pourquoi ?, se demande Victor.

 

Le clin d'œil de l'auteur aux lectrices (avec les mots de Victor, c'est trop mignon)

« Maman est libraire. Elle écrit des petits mots tout en fluo pour les livres qu'elle a aimés, un Post-it jaune qu'elle colle sur la couverture pour attirer le regard du client. Maman tient aussi un blog où elle raconte l'histoire des livres, avec le prix, le nombre de pages et un mot pour les définir. C'est souvent « humain » ou « passionnant ». Et elle y annonce, un mois avant, les signatures des écrivains qu'elle va chercher à la gare tous les samedis. C'est simple, maman lit tout le temps, sauf sous la douche et quand elle dort. » (page 12).

 

Ce roman, c'est la magie de l'été, avec de nouveaux amis (Gaspard, Tom et Nathan, les jumeaux, Rosita, la gardienne de la résidence et Hedwige, la baronne qui a perdu sa famille), la mer et les baignades, les balades sur le chemin des douaniers surplombant la mer, les papillons, les cigales et la nuit avec les lucioles, les orages de chaleur et les gouttes de pluie qui sèchent avant de tomber au sol tellement il fait chaud, et surtout le premier amour (Justine de Vallon-Tonnerre).

C'est doux, c'est tendre et poétique, c'est drôle aussi ; ça m'a fait penser à deux romans coups de cœur de 2012, deux romans dont un garçon est aussi le narrateur avec tendresse et humour : Au pays des kangourous du même auteur (avec Simon, 9 ans) et Arsène, de Juliette Arnaud (avec Georges, 11 ans) mais les histoires sont différentes (quoique ça parle aussi de la famille et des relations humaines) et j'ai bien senti qu'il y avait un mystère.

Victor, en petit garçon attachant, à la fois naïf et mature, a bien quelques certitudes sur le monde des grands mais ce monde est pour lui « comme un grand point d'interrogation » (page 24) et il ne comprend « pas toujours les grandes personnes » (page 53).

L'été des lucioles est un roman vivant, vivifiant, spontané et sincère qui réchauffe le cœur en plein hiver et, même si je n'ai jamais passé de vacances familiales au bord de la mer, c'est un peu de mon enfance qui a ressurgi à certains moments, à certains questionnements de Victor, car qui n'a pas connu de secret de famille, des séparations, des deuils, des choses cachées qu'on a envie de savoir et de comprendre ?

Et pour conclure, comme dirait Claire, la maman libraire, c'est un roman humain et passionnant !

 

Mes phrases préférées

« À part les nains, tout le monde peut grandir en taille. Ça, c'est ce que l'œil voit. Mais grandir à l'intérieur, c'est plus compliqué. » (page 30).

« Je déteste me déguiser. C'est nul. Je n'ai pas envie d'être quelqu'un d'autre. » (page 83).

« Les secrets, Victor, c'est comme les coquillages qui refusent de s'ouvrir. On ne sait jamais ce qu'il y a à l'intérieur. » (Hedwige, page 106).

« Un jour, Victor, nous quitterons nos mamans. Nous irons vivre ailleurs, à Paris ou n'importe où, et nous essaierons de faire mieux. » (Alicia, page 155).

« Je suis un petit garçon extraordinaire. Je n'ai peur de rien. Ou presque. » (page 173).

 

Découvrez Gilles Paris et L'été des lucioles dans l'émission Dans quelle étagère le jeudi 23 janvier à 9 h 05 sur France 2 avec rediffusion le lendemain à 5 h 50. (source TéléObs).

 

Une lecture pour les challenges Animaux du monde (lucioles et papillons), Bookineurs en couleurs (couverture bleue), Petit Bac 2014 (catégorie animal) et Rentrée littéraire d'hiver 2014 (premier roman 2014, un coup de cœur, je la sens bien cette année !).

 

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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 01:25

Les larmes de Kémi est le premier tome de la série Sennefer de Cédric Chaillol. Il est paru aux éditions du Matagot en février 2013 (336 pages, 15 €, ISBN 978-2-916-32350-3).

 

Je remercie Doria et les éditions du Matagot pour ce roman.

 

Cédric Chaillol est né en 1977. J'ai l'impression que Sennefer est son premier roman car ses autres titres : Aliénations (2004), Panthéon S.A. (2004), L'errance du prosélyte (2005), Le neuvième convive (2007) et Place nette (2007) sont des nouvelles (de science-fiction).

 

Égypte, 15e siècle avant notre ère ; Kémi « la ville des rois, le centre de la création » (page 264) ; règne du jeune Touthmès après vingt ans de régence de la reine Hatshepsout.

« Manie l'ironie si bon te semble, dit le prêtre. Je sers des intérêts qui te dépassent et je ne m'attends pas à ce que tu saisisses la noblesse de mon combat. » (page 17).

Sennefer est un jeune scribe de 16 ans issu d'une famille de paysans. Il travaille depuis dix mois à l'administration fluviale à Ouaset.

« Quinze mètres carrés de terre battue, une tablette de bois qui écorchait ses genoux, une natte pour les longues soirées de labeur, une lampe à huile tremblotante et quatre murs défraîchis occupés par des coffres, des casiers et des étagères chargées de formulaire, de constats, de listes, d'autorisations, de consignes, de règlements. Son univers. » (page 23).

Son grand-père, Tiya, avait été un vénérable mais son père, Houy, a été condamné pour corruption et il a apporté la disgrâce sur sa famille. Ainsi, Sennefer a perdu son poste aux contentieux fonciers.

Une nuit, Sennefer se rend compte que le manifeste de débarquement du navire Le regard de Maât lui est revenu vierge : «Pas de contrôle, pas d'inventaire, rien. Je n'ai aucun moyen de savoir si ce bateau a bien débarqué sa cargaison, ni même s'il a réellement accosté. » (page 39). Mais, comme il est consciencieux, il va enquêter avec son ami de 19 ans, Pahy de Nekheb.

Or, le bateau a déchargé à mille coudées, aux Trois portes, le temple d'Amon et les deux jeunes gens découvrent que Rahouy, le capitaine du bateau a transporté illégalement un cadavre à bord du regard de Maât.

« Servir la vérité était la plus noble des tâches quelle que soit l'importance de la fausseté à rectifier. » (page 61) alors Sennefer va devoir s'allier avec son ennemi, Nesamon, mais Sennefer et Pahy vont vivre mille dangers car « l'ennemi est organisé, il a des yeux partout et connaît bien notre cité. » (page 122).

 

Des scribes, un pharaon, le Nil, des papyrus, des onguents... C'est toute la magie de l'Égypte ! Avec en prime des Nubiens, des Asiatiques, un dangereux désert et un complot ! Vous l'aurez compris, Les larmes de Kémi, même s'il n'est pas révolutionnaire, est un roman d'aventure et d'action agréable. Je lirai donc la suite avec plaisir.

À la fin du livre, il y a 36 pages d'annexes avec les protagonistes, une carte, une partie histoire sur la 18e dynastie (l'âge d'or des pharaons conquérants), « les visages du pouvoir » et les dieux, tout cela est bien utile et intéressant.

 

Un de mes passages préférés

« Oui, le chaos pouvait à nouveau submerger Kémi, malgré les efforts des prêtres et les pouvoirs de Pharaon et rien n'était plus terrifiant que ces instants de doute. Aucun rempart ne semblait plus assez solide, aucune tour assez haute. La pierre s'effriterait sous les doigts, la chair se corromprait sur les os, le ciel s'ouvrirait pour déverser sur les villages et les récoltes des nuées de mouches et de scorpions. » (page 179).

 

Une lecture pour les challenges Jeunesse & young adults # 3Petit Bac 2014 (catégorie Lieu pour Kémi), Premier romanRoyal (deuxième niveau) et Voyage dans l'Égypte antique.

 

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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 04:21

Le val de la morte embrassée est un roman de Michel Honaker paru aux éditions Flammarion en octobre 2013 (266 pages, 13 €, ISBN 978-2-0812-8665-8).

 

Je remercie Brigitte et les éditions Flammarion pour cet agréable roman.

 

Michel Honaker naît en 1958 à Mont de Marsan dans les Landes. Il publie des nouvelles dès la fin des années 70 puis des romans et depuis le début des années 90 également de la littérature jeunesse. Ses genres de prédilection sont : science-fiction, anticipation, fantastique, espionnage, roman policier, aventure. J'ai déjà lu Les otages du Dieu-Dragon (Yakusa Gokudo, 1) en avril 2013.

 

Jubella Sinocare, jeune journaliste encore inconnue, est invitée par Lord Blake Denholm dans son manoir du XIXe siècle (Shoreham, West-Sussex, Angleterre).

« Magnat de la presse, de l'édition, grand patron ayant sauvé nombre d'entreprises de la ruine, le personnage s'était brutalement retiré de la vie publique vingt ans plus tôt sans la moindre explication. Il n'avait depuis accordé aucune interview, ne s'était laissé approché par personne, et vivait reclus en jouissant de sa rente, et de son titre, dans sa propriété entourée de verdure. » (page 6).

La jeune femme est accueillie par Ivan Gabor, l'étrange majordome hongrois qui la conduit auprès de Sa Seigneurie. Le vieux Lord – qui vit seul depuis la mort de son épouse, Lady Camilla – s'avère être raffiné et amateur d'art. Ça tombe bien : Jubella adore les toiles de William Turner et passe son temps libre à la Tate Gallery !

Mais le Lord lui révèle qu'il est un « prince charmant » c'est-à-dire qu'il « possède un charme », le pouvoir magique de réveiller les princesses mortes, comme dans les contes de fées : il est en fait un Éveilleur, le dernier même, et il pense qu'il va être assassiné comme l'ont été les autres avant lui. Pour prouver ses dires, il lui montre un tableau inconnu de Turner, Le val de la morte embrassée, que sa famille possède en secret depuis plus de deux cents ans.

« Un prince charmant en danger de mort..., songea Jubella. Encore une histoire de fou que je ne vendrai à personne. » (page 26).

Mais dans la nuit, Jubella voit une étrange lumière dans le parc du manoir et au petit matin, Chris Morris de Scotland Yard et de nombreux inspecteurs sont là car Lord Denholm a été retrouvé mort par Ivan, et le tableau a disparu.

Jubella rencontre Daniel Byrne, photographe-reporter qui sait pas mal de choses car il a grandi dans le coin, et Jim Fairchild, historien local qui était le meilleur ami de Denholm. Elle apprend par Ivan, avant qu'il ne meure comme son maître, que les ennemis des Éveilleurs sont les Vicaires, dirigés par une Méchante Reine.

« Ce sont eux, les tueurs. Ceux qui éliminent les Éveilleurs. Vous êtes en grand danger. Et moi aussi. Ils ne laisseront jamais des profanes révéler le secret de leur existence. » (page 70).

 

Le val de la morte embrassée est un bon thriller fantastique très rythmé, mêlant mystère et action qui se lit d'une traite. Le lecteur suit avec attention Jubella de la campagne anglaise à Londres (où la jeune femme se retrouve propulsée journaliste du Guardian grâce à son amie Patty Hegg), puis de Paris (où elle rencontre Even Clarke et Vitali Kordo, propriétaire d'une péniche-galerie) à Prague (pour le dénouement de l'histoire). Londres, Paris, Prague, trois capitales emblématiques au niveau historique et culturel, avec poursuites et dangers comme dans les films d'action. L'art (la peinture) et les contes de fée ont une grande importance et je trouve que ces sujets sont traités de façon originale, surprenante même. J'ai été charmée et conquise car, après tout, pourquoi ne pas croire au prince charmant ?

 

Ma phrase préférée

« Le baiser est le symbole de la vie, depuis la nuit des temps. Le symbole aussi de la pureté, de l'absolu. » (page 138).

 

Une lecture pour les challenges 1 % de la rentrée littéraire 2013L'art dans tous ses états (peinture, William Turner), Jeunesse & young adults # 3Thrillers et polars et bien sûr Des contes à rendre !

 

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1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 14:08

Pietra viva est un roman de Léonor de Récondo paru aux éditions Sabine Wespieser en août 2013 (228 pages, 20 €, ISBN 978-2-84805-152-9).

 

Je remercie Oliver et Price Minister pour ce 4e partenariat de la rentrée littéraire. Une note est demandée alors je donne 19/20.

 

Léonor de Récondo est née en 1976. Elle est violoniste (classique et baroque). Du même auteur : La grâce du cyprès blanc (Le temps qu'il fait, octobre 2010) et Rêves oubliés (Sabine Wespieser, janvier 2012).

 

Rome. Fin mars 1505.

Ce matin, Michelangelo Buonarroti, 30 ans, apprend qu'un moine est mort et que le père supérieur l'autorise à ouvrir le corps. « Andrea voudra rester pour voir ce qui demeure à l'intérieur du corps quand l'âme s'en est allée. » (page 12). Mais le corps est celui d'Andrea, jeune moine qui fascinait Michelangelo : Andrea, jeune, beau, fort, au regard « bleu sans peur » était « la beauté à l'état pur. La perfection des traits, l'harmonie des muscles et des os. » (page 15).

Michelangelo est bouleversé, il fuit Rome et se rend à Carrare où il achètera du marbre pour le pape Jules II qui lui a commandé un tombeau. « Là-bas, il oubliera. Il en est presque sûr. » (page 17). Mais Michelangelo n'oublie pas, il écrit des lettres à frère Guido qui ne répond pas à sa question : comment est mort frère Andrea ? Il est tant obsédé par le jeune moine qu'il le voit dans les rues du village... « Andrea, tu es la beauté que je ne saurai jamais atteindre avec mon ciseau. Tu es la preuve ultime de la supériorité de la nature sur mon art. Te voir me rappelle mon inutilité. » (page 98).

Quant à la carrière de Carrare, Michelangelo la connaît bien : ayant perdu sa mère enfant, il y allait avec sa nourrice qui rejoignait son époux. « Il allait voir les uns et les autres. Chacun lui montrait, lui expliquait ce qu'il faisait. […] À force de côtoyer leurs rires et la montagne, la fièvre de la pierre était entrée en lui et ne l'avait plus quitté. » (page 60). « […] en apprenant à maîtriser la pierre, il apprendrait à maîtriser le monde […] Et quand, la tête la première, il plongea dans son magma intérieur, il s'aperçut que sa chair était faite de pierre vive. De pietra viva. » (page 61).

Le soir, à la pension de Maria où il loge, Michelangelo lit Pétrarque que lui a offert son ami Lorenzo de Medici, mais il n'ose ouvrir la petite Bible que lui a laissée Andrea.

 

Ce roman est l'occasion de découvrir, en ce tout début de XVIe siècle, la vie de Michelangelo, ses pensées (il est tourmenté et assez égoïste), son Art (il est un génie et il le sait !), et aussi les carrières de Carrare, le difficile travail du marbre, les montagnes toscanes et ses habitants.

J'aime bien Cavallino qui s'occupe du cheval de Michelangelo et qui se prend pour un cheval. J'ai été émue par Michele, 6 ans, le plus jeune fils de Giovanni (un carrier) qui vient de perdre sa maman et se rapproche de Michelangelo qui parfois le repousse mais qui va retrouver grâce à lui des souvenirs d'enfance.

D'un côté, il y a le mental et la vie artistique du sculpteur, d'un autre côté, il y a la vie manuelle et dangereuse des carriers mais les deux sont liés et ils ne sont rien l'un sans l'autre.

Michelangelo aime la beauté, il l'admire, il s'en inspire, il en vit. « Le sculpteur se sent, à cet instant, entièrement libre. Et lorsqu'il se retourne vers la montagne qui, à quelques lieues de là, embrasse le paysage, une joie insoupçonnée éclate en lui. La beauté miraculeuse de la nature alentour lui signifie que tout est possible, qu'en créant, il devient maître de lui-même et de sa force. » (page 78). C'est pour des passages comme celui-ci que j'ai vraiment beaucoup apprécié ce récit (que d'autres ont malheureusement trouvé ennuyeux) plein de beauté, de grâce et de simplicité.

 

Encore un roman de cette rentrée littéraire pour lequel j'ai un coup de cœur : la période et le thème y sont pour quelque chose bien sûr, mais c'est surtout l'écriture fine de Léonor de Récondo, l'ambiance poétique (presque lyrique) qu'elle insuffle dans ses courts chapitres (pas envie de s'arrêter, envie d'en lire un autre, toujours) et l'émotion qui se dégage du récit qui m'ont totalement charmée.

 

Dans ce roman, il y a un échange de lettres entre Michelangelo et Frère Guido et je voulais partager cet extrait pour le challenge En toutes lettres : « Soudain, la lecture d'une fragile lettre, quelques mots sur du papier, a immobilisé le temps. » (page 71).

Une lecture pour les challenges 1 % de la rentrée littéraire 2013, L'art dans tous ses états (sculpture), Bookineurs en couleurs (la couverture est jaune pâle) et bien sûr Il viaggio (Italie).

 

PS du 19 décembre 2013 : L'article avec le bilan de ce partenariat et les classements des livres par popularité et par satisfaction est sur le site de PriceMinister et je suis très contente pour Pietra viva !

Pietra viva, de Léonor de Récondo

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18 novembre 2013 1 18 /11 /novembre /2013 00:58

La petite marchande de rêves et un roman de Maxence Fermine paru aux éditions Michel Lafon en octobre 2012 (171 pages, 9,95 €, ISBN 978-2-7499-1753-5).

 

Maxence Fermine est né le 17 mars 1968 à Albertville en Savoie. J'ai déjà présenté Le tombeau d'étoiles, Opium et Tango massaï.

 

Ce matin-là, comme ses parents partent au travail et que lui est en vacances, Malo s'ennuie : la vue sur la Seine et Notre-Dame, il connaît... En plus, il est inquiet : le soir, son anniversaire aura lieu dans un lieu inconnu, l'Auberge des Trois Brigands...

« Quant tout est préparé, il n'y a plus beaucoup de place pour la fantaisie, avait-il fait remarquer à sa mère avec justesse. » (page 19).

Alors que Malo est dans le taxi qui le conduit à l'auberge pour son goûter d'anniversaire, la voiture est percutée par un bus sur le Pont-Neuf et tombe dans la Seine. Le chauffeur, légèrement blessé, peut sortir du véhicule mais Malo disparaît « dans un autre univers » (page 25).

Là, Malo rencontre Arthur, un chêne tricentenaire et Mercator, un matou de deux-cent-treize ans, tous deux pouvant parler. Le chat annonce au garçon qu'il est au Royaume des Ombres, qu'il doit se méfier des Spectres et il lui offre une boussole magique.

« Lorsqu'on disparaît pour la première fois, on fait un rêve.

La deuxième fois, on ne rêve plus.

La troisième fois, on ne vit plus que dans les rêves des gens qu'on a connus. » (pages 46-47).

En fait, le goûter d'anniversaire a lieu dans l'auberge comme s'il n'y avait pas eu d'accidents, et Malo fait la connaissance de Lili, une fille colorée dans ce monde en noir et blanc.

« Si tu veux devenir mon ami, tu dois d'abord quitter tes habits de tristesse... » (page 68).

Lili vend des boîtes de couleurs pour la Petite Boutique des rêves de la rue du Chat-qui-pêche mais Dom Perlet, le propriétaire, est un spectre.

« Les gens ne changent pas. Seul le monde autour de soi change... » (page 143).

 

La couverture est superbe et le topo est tout simple : le jour de son onzième anniversaire, Malo, un garçon parisien plutôt rêveur et solitaire disparaît. Il va rencontrer, dans un monde onirique, divers personnages (humains ou pas), Arthur, Mercator, Lili, l'arbre-sec, des enfants, Melchior (un autre chat), Dom Perlet, le Clown blanc au Cirque d'hiver, Septimus (le vieux magicien), Otto Portret (le peintre de la Tour Eiffel), Barnabé le Clochard céleste, qui correspondent à des Ombres (les gens malades ou dans le coma) et à des Spectres (les gens morts).

Je me suis demandée pourquoi Lili avait entraîné Malo dans la Petite Boutique des rêves : avait-elle l'intention de le piéger comme elle l'était aussi par le méchant magicien (même si elle semble désolée et qu'elle l'aide durant cette nuit) ou voulait-elle seulement de l'aide ?

La petite marchande de rêves est un conte fantastique, joliment illustré (par des dessins de dix jeunes talents qui ont participé à un concours) mais, même si j'ai pris plaisir à le lire, je l'ai trouvé un peu trop léger... Il y a bien quelques messages disséminés : les humains devraient plus observer ce qui les entoure, écouter la nature, et le personnage le plus important à mon avis, Barnabé le Clochard céleste qui a tout compris à la vie (mais peut-on vivre comme des clochards en se contentant de contempler le monde et les étoiles ?). J'aurais aimé m'attacher à Malo, à Lili, mais ce ne fut pas le cas, et la fin est un peu rapide, presque bâclée (que devient Lili ?), en tout cas sans émotion (pour moi). Je n'ai pas retrouvé le côté magique et plaisant des séries anglaises Rose et Lily de Holly Webb ou Madame Pamplemousse de Rupert Kingfisher ou Wilma Tenderfoot d'Emma Kennedy.

J'aime beaucoup les romans de Maxence Fermine habituellement, j'en ai lu plusieurs depuis les merveilleux Neige et Le violon noir parus en 1999 mais La petite marchande de rêves m'a un peu déçue... Je me rabattrai donc sur les deux ou trois romans que je n'ai pas encore lus et peut-être, si l'envie me prend, que je lirai la suite des aventures de Malo et Lili, La poupée de porcelaine, un roman paru en mai 2013.

 

Une lecture que je mets dans les challenges Animaux du monde et Totem (pour les chats), Jeunesse & young adults # 3 et bien sûr Des contes à rendre.

 

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31 octobre 2013 4 31 /10 /octobre /2013 03:43

Les fuyants est un roman d'Arnaud Dudek paru aux éditions Alma en août 2013 (127 pages, 15 €, ISBN 978-2-36-279064-5).

 

Arnaud Dudek est né en 1979 à Nancy et il vit à Besançon.

Du même auteur : Les vies imperméables (2011) et Rester sage (2012).

 

Quatre hommes.

Jacob Hintel, le grand-père, marié à Françoise Giotto.

David Hintel, le père, marié à Esther Yachar.

Simon Yachar, l'oncle (frère d'Esther).

Joseph Hintel, le fils de David et Esther.

David. Le mardi 4 septembre 2001, à l'heure du thé, David s'est suicidé en buvant de l'insecticide. Depuis, Joseph est hanté par ce que son père a fait, par « ce qu'il a vu avant de tout envoyer valser » (page 16).

Simon, trente-deux ans, fréquente Marie, une étudiante en droit, mais il se sent coupable de coucher avec une fille trop jeune. « Je couche avec une ado... » (page 23). Après vingt ans de marche athlétique, Simon, surnommé le Yack, met fin à sa carrière de sportif. Dans un salon de thé, il parle avec Esther, sa sœur, inquiète pour Joseph, son fils de seize ans, toujours enfermé dans sa chambre et qui ne communique plus avec elle.

Jacob, jeune marié, papa d'un petit David. « Cette première vie d'homme marié trop jeune, Jacob décide brusquement de la quitter. » (page 26). Jacob fuit mais sa vie ne sera pas meilleure... Été mille neuf-cent soixante-seize, Jacob quitte le domicile conjugal alors que son épouse et David, leur fils de dix ans, sont à la fête de l'école. « Jacob a mis du temps à réunir assez de courage pour être lâche. » (page 55).

Joseph, hacker, marxiste et altermondialiste, utilise à merveille ses connaissances en informatique. « Joseph Hintel, son ordinateur, ses écouteurs vissés à son crâne, son existence 2.0 dans sa chambre d'adolescent aux volets fermés. » (page 40). Mais la police vient l'arrêter.

 

Quatre hommes fuyant leur propre existence, quatre vies liées puisque ces hommes sont de la même famille (Hintel... Intel ? Untel ?), même si pour Simon, c'est par alliance. Mais des histoires de femmes aussi, car la vie des hommes est liée à celle des femmes. Pour David, c'est Jeanne, secrétaire de direction trilingue rencontrée dans un train. Pour Jacob, c'est Sandrine, professeur d'Arts plastiques qui lui parle pour la première fois alors qu'il essaie de réparer un vieux téléviseur au collège où il est agent technique. Quant aux épouses officielles : Françoise est décédée après avoir élevée seule son fils unique, David ; Esther gagne bien sa vie mais elle peine à comprendre son fils unique, Joseph, un adolescent différent qui se croit homosexuel.

 

Des chapitres courts, filant d'un homme à un autre, dans le désordre de la vie. Le lecteur lui n'est pas fuyant, il se faufile dans la vie de l'un ou de l'autre, il remet dans l'ordre le passé, le présent, les relations entre les uns et les autres, il doit comprendre les décisions de Jacob (fuir), de David (se suicider), de Simon (rater sa vie ?) et de Joseph (être lui-même ?, devenir un hacker criminel ?). Le style est vif, parfois ironique, l'auteur ne laisse pas son lecteur s'échapper (je l'ai lu d'une traite) et traite ses personnages avec tendresse malgré leur lâcheté.

 

Un roman et un auteur à découvrir et à suivre assurément !

 

Une lecture pour les challenges 1 % de la rentrée littéraire 2013 et Lire sous la contrainte (je sais, je publie ma note de lecture en retard, après le 20 octobre, pour la contrainte 10 lettres, mais j'ai lu ce roman le 12 octobre durant le Marathon de lecture d'automne alors j'espère que Philippe acceptera ce lien).

 

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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 00:03

Sauf les fleurs est un roman de Nicolas Clément paru aux éditions Buchet-Chastel dans la collection Qui Vive le 22 août 2013 (75 pages, 9 €, ISBN 978-2-2830-2662-5).

 

Nicolas Clément « est né en 1970 à Bourgoin-Jallieu. Agrégé de philosophie, il enseigne en lycée et en classes préparatoires. » (source : site de l'éditeur). Plus d'infos sur http://www.nicolas-clement.com/.

 

Marthe et son petit frère Léonce vivent avec leurs parents, Andrée et Paul Reynaud, dans une ferme isolée d'un village français.

Ça sent bon le cèdre, le pain grillé du petit-déjeuner, la campagne et les animaux.

Mais...

« Aujourd'hui, il me reste peu de mots et peu de souvenirs. J'écris notre histoire pour oublier que nous n'existons plus. » (introduction, page 7).

En dehors de l'école, les activités de la jeune Marthe, ses deux joies, sont « coudre pour Maman et lire des histoires à [son] frère. » (page 11), les deux êtres qu'elle aime.

Le père, peu causant, est violent... Marthe n'arrive pas bien à en parler, elle se rattache aux animaux : « les bêtes nous sauvent. » (page 13).

La nuit, Marthe, devenue insomniaque, prie pour que ce père qu'elle a tant aimé avant meure mais « Maman répète C'est votre père, Et vous devez l'aimer. » (page 14).

Dans le bus qui va à l'école, les autres enfants sont méchants, moqueurs et insultants...

« Pour sécher les crachats, je note les insultes – les mots sont des buvards. » (page 17).

Heureusement, il y a Mademoiselle Nathalie, la gentille institutrice, et puis il y a les fleurs, les mots et les livres qu'il faut cacher car le père ne veut pas de ça à la maison.

« La soif de connaître ruisselle de mes poings serrés. » (page 19).

Marthe souhaite étudier le grec, devenir professeur et traduire Eschyle.

À seize ans, elle fait la connaissance de Florent qui veut être musicien.

« Il me plaît, je me laisse faire. » (page 28).

L'inéluctable arrive et Marthe part à Baltimore avec Florent, mais son âme est restée à la ferme, avec Maman, Léonce, les animaux et les fleurs.

 

« Je donnerais toute ma vie pour avoir une vie. » (page 28) pense Marthe. Elle va la vivre, sa vie, dans la souffrance, dans l'abandon, dans le déracinement, et le lecteur va la suivre dans les moments clés de cette vie (les différents chapitres), 12 ans, 16 ans, 18 ans, 19 ans, 20 ans.

C'est beau, c'est puissant, c'est violent, c'est cruel et c'est tendre et triste aussi.

« Je rame, le bonheur est là. » (page 55).

Sauf les fleurs est un premier roman au style épuré tout en pudeur, poignant (il m'a tellement bouleversée que j'en ai pleuré !), d'une grande sensibilité et inoubliable.

Quel coup de maître ! C'est peu de dire que ce roman est un coup de cœur ! Je vais suivre cet auteur de près, ça c'est sûr !

 

Une lecture pour les challenges 1 % de la rentrée littéraire 2013, Animaux du monde (parce que les chiens, les chats et les animaux de la ferme y ont une grande place), Je lis des nouvelles et des novellas (roman très court) et Premier roman.

 

Un extrait de Sauf les fleurs lu par Judith Magre, une actrice française née en 1926.

Une interview de Nicolas Clément à la librairie Mollat (il vaut mieux écouter l'auteur après avoir lu le roman).

Une interview de Nicolas Clément à la librairie Mollat (il vaut mieux écouter l'auteur après avoir lu le roman).

http://youtu.be/nHbqnaBqQVw

PS : Monsieur l'a lu et n'a pas du tout accroché !

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22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 02:43

Georgia est un roman de Julien Delmaire paru aux éditions Grasset en août 2013 (248 pages, 17 €, ISBN 978-2-246-80895-4).

 

Julien Delmaire est né en 1977. Il est slameur, auteur pour le théâtre, il anime des ateliers d'écriture et il est chroniqueur (Institut français, revue Cultures Sud). Georgia est son premier roman.

 

« Du fond de la soute, la mort n'a guère de remontrances, elle veut seulement que l'on se souvienne, au milieu du chant monotone des paraboles, du tintamarre des métros bondés, qu'un nègre avait voulu exister en dehors de sa terre natale, et qu'il n'obtint, en écho, qu'une cartouche de mépris. » (page 14).

Venance est conduit dans un centre de rétention administratif, « une bâtisse anodine cernée de hautes lignes barbelées » (page 16).

« c'est un homme, il est enfermé et il a peur. » (page 17).

C'est un cadavre qui est renvoyé par avion.

 

Un village sénégalais, au bord d'un fleuve. Venance bébé est attaqué par des oiseaux, c'est de là que vient sa peur des volatiles. Quelques années après, le fleuve lui prend son petit frère. Quant au frère aîné, il est recherché par la police car il a rejoint des voyous. Ne reste que Venance pour la fierté de la famille. C'est pourquoi le jeune homme achète un visa pour la France.

« Les hommes n'ont pas de racines, l'exil n'est pas un arrachement, plutôt un démâtage, une flottaison hasardeuse, un poison que l'homme s'inocule pour confondre la mort. […] Venance fuyait un monde qu'il ne pouvait plus habiter. L'Europe lui offrait le privilège de n'être enfin personne. » (page 55).

Alors qu'il a étudié pendant deux ans avec succès, Venance ne peut entrer en troisième année, il est dénoncé par une secrétaire.

« Il s'effrita, vira taciturne, puis absolument asocial, […]. Il devint l'étranger, non pas le noble fils de l'Ailleurs, mais le parfait indésirable. Le quotidien de Venance fut une embuscade permanente, un animal blessé se réfugia en lui. » (page 57).

Cependant, il travaille comme plongeur dans un restaurant et espère avoir des papiers en règle.

 

C'est à partir de là que je me suis ennuyée... Les problèmes du restaurant, bof... J'ai passé. Après, Venance rencontre Georgia et j'ai continué ma lecture dans l'espoir d'un rebondissement. Georgia qui écoute Joy Division, qui boit du rhum et du lapsang souchong. Mais ça n'a pas suffit à m'intéresser surtout qu'après, c'est la décadence, la déchéance...

 

Autant Alain Mabanckou m'a enchantée avec Tais-toi et meurs (coup de cœur 2012) et Fatou Diomé m'avait émue avec Celles qui attendent (coup de cœur 2010) autant j'ai été déçue par Georgia... Pas d'humour, pas de rythme, pas d'espoir, trop de noirceur...

 

« Un jeune homme salua Diallo, un métis à dreadlocks, une sorte de poète, un brave type, qui réfléchit sur le monde et parfois daigne y poser les pieds. » (pages 179-180) : clin d'œil de l'auteur à lui-même ?

 

Une lecture pour les challenges 1 % de la rentrée littéraire 2013, Bookineurs en couleurs (couverture jaune), Petit Bac 2013 (catégorie Prénom) et Premier roman.

 

Mais peut-être aurez-vous envie de lire ce roman ? Voici ce qu'en dit l'auteur :

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