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1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 14:08

Pietra viva est un roman de Léonor de Récondo paru aux éditions Sabine Wespieser en août 2013 (228 pages, 20 €, ISBN 978-2-84805-152-9).

 

Je remercie Oliver et Price Minister pour ce 4e partenariat de la rentrée littéraire. Une note est demandée alors je donne 19/20.

 

Léonor de Récondo est née en 1976. Elle est violoniste (classique et baroque). Du même auteur : La grâce du cyprès blanc (Le temps qu'il fait, octobre 2010) et Rêves oubliés (Sabine Wespieser, janvier 2012).

 

Rome. Fin mars 1505.

Ce matin, Michelangelo Buonarroti, 30 ans, apprend qu'un moine est mort et que le père supérieur l'autorise à ouvrir le corps. « Andrea voudra rester pour voir ce qui demeure à l'intérieur du corps quand l'âme s'en est allée. » (page 12). Mais le corps est celui d'Andrea, jeune moine qui fascinait Michelangelo : Andrea, jeune, beau, fort, au regard « bleu sans peur » était « la beauté à l'état pur. La perfection des traits, l'harmonie des muscles et des os. » (page 15).

Michelangelo est bouleversé, il fuit Rome et se rend à Carrare où il achètera du marbre pour le pape Jules II qui lui a commandé un tombeau. « Là-bas, il oubliera. Il en est presque sûr. » (page 17). Mais Michelangelo n'oublie pas, il écrit des lettres à frère Guido qui ne répond pas à sa question : comment est mort frère Andrea ? Il est tant obsédé par le jeune moine qu'il le voit dans les rues du village... « Andrea, tu es la beauté que je ne saurai jamais atteindre avec mon ciseau. Tu es la preuve ultime de la supériorité de la nature sur mon art. Te voir me rappelle mon inutilité. » (page 98).

Quant à la carrière de Carrare, Michelangelo la connaît bien : ayant perdu sa mère enfant, il y allait avec sa nourrice qui rejoignait son époux. « Il allait voir les uns et les autres. Chacun lui montrait, lui expliquait ce qu'il faisait. […] À force de côtoyer leurs rires et la montagne, la fièvre de la pierre était entrée en lui et ne l'avait plus quitté. » (page 60). « […] en apprenant à maîtriser la pierre, il apprendrait à maîtriser le monde […] Et quand, la tête la première, il plongea dans son magma intérieur, il s'aperçut que sa chair était faite de pierre vive. De pietra viva. » (page 61).

Le soir, à la pension de Maria où il loge, Michelangelo lit Pétrarque que lui a offert son ami Lorenzo de Medici, mais il n'ose ouvrir la petite Bible que lui a laissée Andrea.

 

Ce roman est l'occasion de découvrir, en ce tout début de XVIe siècle, la vie de Michelangelo, ses pensées (il est tourmenté et assez égoïste), son Art (il est un génie et il le sait !), et aussi les carrières de Carrare, le difficile travail du marbre, les montagnes toscanes et ses habitants.

J'aime bien Cavallino qui s'occupe du cheval de Michelangelo et qui se prend pour un cheval. J'ai été émue par Michele, 6 ans, le plus jeune fils de Giovanni (un carrier) qui vient de perdre sa maman et se rapproche de Michelangelo qui parfois le repousse mais qui va retrouver grâce à lui des souvenirs d'enfance.

D'un côté, il y a le mental et la vie artistique du sculpteur, d'un autre côté, il y a la vie manuelle et dangereuse des carriers mais les deux sont liés et ils ne sont rien l'un sans l'autre.

Michelangelo aime la beauté, il l'admire, il s'en inspire, il en vit. « Le sculpteur se sent, à cet instant, entièrement libre. Et lorsqu'il se retourne vers la montagne qui, à quelques lieues de là, embrasse le paysage, une joie insoupçonnée éclate en lui. La beauté miraculeuse de la nature alentour lui signifie que tout est possible, qu'en créant, il devient maître de lui-même et de sa force. » (page 78). C'est pour des passages comme celui-ci que j'ai vraiment beaucoup apprécié ce récit (que d'autres ont malheureusement trouvé ennuyeux) plein de beauté, de grâce et de simplicité.

 

Encore un roman de cette rentrée littéraire pour lequel j'ai un coup de cœur : la période et le thème y sont pour quelque chose bien sûr, mais c'est surtout l'écriture fine de Léonor de Récondo, l'ambiance poétique (presque lyrique) qu'elle insuffle dans ses courts chapitres (pas envie de s'arrêter, envie d'en lire un autre, toujours) et l'émotion qui se dégage du récit qui m'ont totalement charmée.

 

Dans ce roman, il y a un échange de lettres entre Michelangelo et Frère Guido et je voulais partager cet extrait pour le challenge En toutes lettres : « Soudain, la lecture d'une fragile lettre, quelques mots sur du papier, a immobilisé le temps. » (page 71).

Une lecture pour les challenges 1 % de la rentrée littéraire 2013, L'art dans tous ses états (sculpture), Bookineurs en couleurs (la couverture est jaune pâle) et bien sûr Il viaggio (Italie).

 

PS du 19 décembre 2013 : L'article avec le bilan de ce partenariat et les classements des livres par popularité et par satisfaction est sur le site de PriceMinister et je suis très contente pour Pietra viva !

Pietra viva, de Léonor de Récondo

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18 novembre 2013 1 18 /11 /novembre /2013 00:58

La petite marchande de rêves et un roman de Maxence Fermine paru aux éditions Michel Lafon en octobre 2012 (171 pages, 9,95 €, ISBN 978-2-7499-1753-5).

 

Maxence Fermine est né le 17 mars 1968 à Albertville en Savoie. J'ai déjà présenté Le tombeau d'étoiles, Opium et Tango massaï.

 

Ce matin-là, comme ses parents partent au travail et que lui est en vacances, Malo s'ennuie : la vue sur la Seine et Notre-Dame, il connaît... En plus, il est inquiet : le soir, son anniversaire aura lieu dans un lieu inconnu, l'Auberge des Trois Brigands...

« Quant tout est préparé, il n'y a plus beaucoup de place pour la fantaisie, avait-il fait remarquer à sa mère avec justesse. » (page 19).

Alors que Malo est dans le taxi qui le conduit à l'auberge pour son goûter d'anniversaire, la voiture est percutée par un bus sur le Pont-Neuf et tombe dans la Seine. Le chauffeur, légèrement blessé, peut sortir du véhicule mais Malo disparaît « dans un autre univers » (page 25).

Là, Malo rencontre Arthur, un chêne tricentenaire et Mercator, un matou de deux-cent-treize ans, tous deux pouvant parler. Le chat annonce au garçon qu'il est au Royaume des Ombres, qu'il doit se méfier des Spectres et il lui offre une boussole magique.

« Lorsqu'on disparaît pour la première fois, on fait un rêve.

La deuxième fois, on ne rêve plus.

La troisième fois, on ne vit plus que dans les rêves des gens qu'on a connus. » (pages 46-47).

En fait, le goûter d'anniversaire a lieu dans l'auberge comme s'il n'y avait pas eu d'accidents, et Malo fait la connaissance de Lili, une fille colorée dans ce monde en noir et blanc.

« Si tu veux devenir mon ami, tu dois d'abord quitter tes habits de tristesse... » (page 68).

Lili vend des boîtes de couleurs pour la Petite Boutique des rêves de la rue du Chat-qui-pêche mais Dom Perlet, le propriétaire, est un spectre.

« Les gens ne changent pas. Seul le monde autour de soi change... » (page 143).

 

La couverture est superbe et le topo est tout simple : le jour de son onzième anniversaire, Malo, un garçon parisien plutôt rêveur et solitaire disparaît. Il va rencontrer, dans un monde onirique, divers personnages (humains ou pas), Arthur, Mercator, Lili, l'arbre-sec, des enfants, Melchior (un autre chat), Dom Perlet, le Clown blanc au Cirque d'hiver, Septimus (le vieux magicien), Otto Portret (le peintre de la Tour Eiffel), Barnabé le Clochard céleste, qui correspondent à des Ombres (les gens malades ou dans le coma) et à des Spectres (les gens morts).

Je me suis demandée pourquoi Lili avait entraîné Malo dans la Petite Boutique des rêves : avait-elle l'intention de le piéger comme elle l'était aussi par le méchant magicien (même si elle semble désolée et qu'elle l'aide durant cette nuit) ou voulait-elle seulement de l'aide ?

La petite marchande de rêves est un conte fantastique, joliment illustré (par des dessins de dix jeunes talents qui ont participé à un concours) mais, même si j'ai pris plaisir à le lire, je l'ai trouvé un peu trop léger... Il y a bien quelques messages disséminés : les humains devraient plus observer ce qui les entoure, écouter la nature, et le personnage le plus important à mon avis, Barnabé le Clochard céleste qui a tout compris à la vie (mais peut-on vivre comme des clochards en se contentant de contempler le monde et les étoiles ?). J'aurais aimé m'attacher à Malo, à Lili, mais ce ne fut pas le cas, et la fin est un peu rapide, presque bâclée (que devient Lili ?), en tout cas sans émotion (pour moi). Je n'ai pas retrouvé le côté magique et plaisant des séries anglaises Rose et Lily de Holly Webb ou Madame Pamplemousse de Rupert Kingfisher ou Wilma Tenderfoot d'Emma Kennedy.

J'aime beaucoup les romans de Maxence Fermine habituellement, j'en ai lu plusieurs depuis les merveilleux Neige et Le violon noir parus en 1999 mais La petite marchande de rêves m'a un peu déçue... Je me rabattrai donc sur les deux ou trois romans que je n'ai pas encore lus et peut-être, si l'envie me prend, que je lirai la suite des aventures de Malo et Lili, La poupée de porcelaine, un roman paru en mai 2013.

 

Une lecture que je mets dans les challenges Animaux du monde et Totem (pour les chats), Jeunesse & young adults # 3 et bien sûr Des contes à rendre.

 

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31 octobre 2013 4 31 /10 /octobre /2013 03:43

Les fuyants est un roman d'Arnaud Dudek paru aux éditions Alma en août 2013 (127 pages, 15 €, ISBN 978-2-36-279064-5).

 

Arnaud Dudek est né en 1979 à Nancy et il vit à Besançon.

Du même auteur : Les vies imperméables (2011) et Rester sage (2012).

 

Quatre hommes.

Jacob Hintel, le grand-père, marié à Françoise Giotto.

David Hintel, le père, marié à Esther Yachar.

Simon Yachar, l'oncle (frère d'Esther).

Joseph Hintel, le fils de David et Esther.

David. Le mardi 4 septembre 2001, à l'heure du thé, David s'est suicidé en buvant de l'insecticide. Depuis, Joseph est hanté par ce que son père a fait, par « ce qu'il a vu avant de tout envoyer valser » (page 16).

Simon, trente-deux ans, fréquente Marie, une étudiante en droit, mais il se sent coupable de coucher avec une fille trop jeune. « Je couche avec une ado... » (page 23). Après vingt ans de marche athlétique, Simon, surnommé le Yack, met fin à sa carrière de sportif. Dans un salon de thé, il parle avec Esther, sa sœur, inquiète pour Joseph, son fils de seize ans, toujours enfermé dans sa chambre et qui ne communique plus avec elle.

Jacob, jeune marié, papa d'un petit David. « Cette première vie d'homme marié trop jeune, Jacob décide brusquement de la quitter. » (page 26). Jacob fuit mais sa vie ne sera pas meilleure... Été mille neuf-cent soixante-seize, Jacob quitte le domicile conjugal alors que son épouse et David, leur fils de dix ans, sont à la fête de l'école. « Jacob a mis du temps à réunir assez de courage pour être lâche. » (page 55).

Joseph, hacker, marxiste et altermondialiste, utilise à merveille ses connaissances en informatique. « Joseph Hintel, son ordinateur, ses écouteurs vissés à son crâne, son existence 2.0 dans sa chambre d'adolescent aux volets fermés. » (page 40). Mais la police vient l'arrêter.

 

Quatre hommes fuyant leur propre existence, quatre vies liées puisque ces hommes sont de la même famille (Hintel... Intel ? Untel ?), même si pour Simon, c'est par alliance. Mais des histoires de femmes aussi, car la vie des hommes est liée à celle des femmes. Pour David, c'est Jeanne, secrétaire de direction trilingue rencontrée dans un train. Pour Jacob, c'est Sandrine, professeur d'Arts plastiques qui lui parle pour la première fois alors qu'il essaie de réparer un vieux téléviseur au collège où il est agent technique. Quant aux épouses officielles : Françoise est décédée après avoir élevée seule son fils unique, David ; Esther gagne bien sa vie mais elle peine à comprendre son fils unique, Joseph, un adolescent différent qui se croit homosexuel.

 

Des chapitres courts, filant d'un homme à un autre, dans le désordre de la vie. Le lecteur lui n'est pas fuyant, il se faufile dans la vie de l'un ou de l'autre, il remet dans l'ordre le passé, le présent, les relations entre les uns et les autres, il doit comprendre les décisions de Jacob (fuir), de David (se suicider), de Simon (rater sa vie ?) et de Joseph (être lui-même ?, devenir un hacker criminel ?). Le style est vif, parfois ironique, l'auteur ne laisse pas son lecteur s'échapper (je l'ai lu d'une traite) et traite ses personnages avec tendresse malgré leur lâcheté.

 

Un roman et un auteur à découvrir et à suivre assurément !

 

Une lecture pour les challenges 1 % de la rentrée littéraire 2013 et Lire sous la contrainte (je sais, je publie ma note de lecture en retard, après le 20 octobre, pour la contrainte 10 lettres, mais j'ai lu ce roman le 12 octobre durant le Marathon de lecture d'automne alors j'espère que Philippe acceptera ce lien).

 

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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 00:03

Sauf les fleurs est un roman de Nicolas Clément paru aux éditions Buchet-Chastel dans la collection Qui Vive le 22 août 2013 (75 pages, 9 €, ISBN 978-2-2830-2662-5).

 

Nicolas Clément « est né en 1970 à Bourgoin-Jallieu. Agrégé de philosophie, il enseigne en lycée et en classes préparatoires. » (source : site de l'éditeur). Plus d'infos sur http://www.nicolas-clement.com/.

 

Marthe et son petit frère Léonce vivent avec leurs parents, Andrée et Paul Reynaud, dans une ferme isolée d'un village français.

Ça sent bon le cèdre, le pain grillé du petit-déjeuner, la campagne et les animaux.

Mais...

« Aujourd'hui, il me reste peu de mots et peu de souvenirs. J'écris notre histoire pour oublier que nous n'existons plus. » (introduction, page 7).

En dehors de l'école, les activités de la jeune Marthe, ses deux joies, sont « coudre pour Maman et lire des histoires à [son] frère. » (page 11), les deux êtres qu'elle aime.

Le père, peu causant, est violent... Marthe n'arrive pas bien à en parler, elle se rattache aux animaux : « les bêtes nous sauvent. » (page 13).

La nuit, Marthe, devenue insomniaque, prie pour que ce père qu'elle a tant aimé avant meure mais « Maman répète C'est votre père, Et vous devez l'aimer. » (page 14).

Dans le bus qui va à l'école, les autres enfants sont méchants, moqueurs et insultants...

« Pour sécher les crachats, je note les insultes – les mots sont des buvards. » (page 17).

Heureusement, il y a Mademoiselle Nathalie, la gentille institutrice, et puis il y a les fleurs, les mots et les livres qu'il faut cacher car le père ne veut pas de ça à la maison.

« La soif de connaître ruisselle de mes poings serrés. » (page 19).

Marthe souhaite étudier le grec, devenir professeur et traduire Eschyle.

À seize ans, elle fait la connaissance de Florent qui veut être musicien.

« Il me plaît, je me laisse faire. » (page 28).

L'inéluctable arrive et Marthe part à Baltimore avec Florent, mais son âme est restée à la ferme, avec Maman, Léonce, les animaux et les fleurs.

 

« Je donnerais toute ma vie pour avoir une vie. » (page 28) pense Marthe. Elle va la vivre, sa vie, dans la souffrance, dans l'abandon, dans le déracinement, et le lecteur va la suivre dans les moments clés de cette vie (les différents chapitres), 12 ans, 16 ans, 18 ans, 19 ans, 20 ans.

C'est beau, c'est puissant, c'est violent, c'est cruel et c'est tendre et triste aussi.

« Je rame, le bonheur est là. » (page 55).

Sauf les fleurs est un premier roman au style épuré tout en pudeur, poignant (il m'a tellement bouleversée que j'en ai pleuré !), d'une grande sensibilité et inoubliable.

Quel coup de maître ! C'est peu de dire que ce roman est un coup de cœur ! Je vais suivre cet auteur de près, ça c'est sûr !

 

Une lecture pour les challenges 1 % de la rentrée littéraire 2013, Animaux du monde (parce que les chiens, les chats et les animaux de la ferme y ont une grande place), Je lis des nouvelles et des novellas (roman très court) et Premier roman.

 

Un extrait de Sauf les fleurs lu par Judith Magre, une actrice française née en 1926.

Une interview de Nicolas Clément à la librairie Mollat (il vaut mieux écouter l'auteur après avoir lu le roman).

Une interview de Nicolas Clément à la librairie Mollat (il vaut mieux écouter l'auteur après avoir lu le roman).

http://youtu.be/nHbqnaBqQVw

PS : Monsieur l'a lu et n'a pas du tout accroché !

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22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 02:43

Georgia est un roman de Julien Delmaire paru aux éditions Grasset en août 2013 (248 pages, 17 €, ISBN 978-2-246-80895-4).

 

Julien Delmaire est né en 1977. Il est slameur, auteur pour le théâtre, il anime des ateliers d'écriture et il est chroniqueur (Institut français, revue Cultures Sud). Georgia est son premier roman.

 

« Du fond de la soute, la mort n'a guère de remontrances, elle veut seulement que l'on se souvienne, au milieu du chant monotone des paraboles, du tintamarre des métros bondés, qu'un nègre avait voulu exister en dehors de sa terre natale, et qu'il n'obtint, en écho, qu'une cartouche de mépris. » (page 14).

Venance est conduit dans un centre de rétention administratif, « une bâtisse anodine cernée de hautes lignes barbelées » (page 16).

« c'est un homme, il est enfermé et il a peur. » (page 17).

C'est un cadavre qui est renvoyé par avion.

 

Un village sénégalais, au bord d'un fleuve. Venance bébé est attaqué par des oiseaux, c'est de là que vient sa peur des volatiles. Quelques années après, le fleuve lui prend son petit frère. Quant au frère aîné, il est recherché par la police car il a rejoint des voyous. Ne reste que Venance pour la fierté de la famille. C'est pourquoi le jeune homme achète un visa pour la France.

« Les hommes n'ont pas de racines, l'exil n'est pas un arrachement, plutôt un démâtage, une flottaison hasardeuse, un poison que l'homme s'inocule pour confondre la mort. […] Venance fuyait un monde qu'il ne pouvait plus habiter. L'Europe lui offrait le privilège de n'être enfin personne. » (page 55).

Alors qu'il a étudié pendant deux ans avec succès, Venance ne peut entrer en troisième année, il est dénoncé par une secrétaire.

« Il s'effrita, vira taciturne, puis absolument asocial, […]. Il devint l'étranger, non pas le noble fils de l'Ailleurs, mais le parfait indésirable. Le quotidien de Venance fut une embuscade permanente, un animal blessé se réfugia en lui. » (page 57).

Cependant, il travaille comme plongeur dans un restaurant et espère avoir des papiers en règle.

 

C'est à partir de là que je me suis ennuyée... Les problèmes du restaurant, bof... J'ai passé. Après, Venance rencontre Georgia et j'ai continué ma lecture dans l'espoir d'un rebondissement. Georgia qui écoute Joy Division, qui boit du rhum et du lapsang souchong. Mais ça n'a pas suffit à m'intéresser surtout qu'après, c'est la décadence, la déchéance...

 

Autant Alain Mabanckou m'a enchantée avec Tais-toi et meurs (coup de cœur 2012) et Fatou Diomé m'avait émue avec Celles qui attendent (coup de cœur 2010) autant j'ai été déçue par Georgia... Pas d'humour, pas de rythme, pas d'espoir, trop de noirceur...

 

« Un jeune homme salua Diallo, un métis à dreadlocks, une sorte de poète, un brave type, qui réfléchit sur le monde et parfois daigne y poser les pieds. » (pages 179-180) : clin d'œil de l'auteur à lui-même ?

 

Une lecture pour les challenges 1 % de la rentrée littéraire 2013, Bookineurs en couleurs (couverture jaune), Petit Bac 2013 (catégorie Prénom) et Premier roman.

 

Mais peut-être aurez-vous envie de lire ce roman ? Voici ce qu'en dit l'auteur :

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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 03:19

La tiare de Néfertiti est le tome 4 de Penelope Green, l'excellente série de Béatrice Bottet. Il est paru aux éditions Casterman en septembre 2013 (307 pages, 15 €, ISBN 978-2-203-06376-1).

 

Je remercie Brigitte et les éditions Casterman pour ce tome 4 qui se déroule en Égypte, super !

 

Plus d'infos sur Béatrice Bottet sur mes précédentes notes de lecture : La belle qui porte malheur (Rose-Aimée, 1) et Le marin perdu dans la brume (Rose-Aimée, 2), Le grimoire maléfique, La chanson des enfants perdus (Penelope Green, 1), L'affaire Bluewaters (Penelope Green, 2) et L'éventail de Madame Li (Penelope Green, 3).

 

« La ville s'était appelée Akhet Aton, « la cité de l'horizon d'Aton ». Ce n'était plus qu'un désert vaguement bosselé de monticules qui avaient été des maisons, des palais, des boutiques, des bâtiments administratifs, des tavernes, des temples. Au loin, des montagnes arides, nues, formant comme un immense amphithéâtre. Derrière, le Nil indifférent. Aucune végétation. » (premières phrases du roman, page 5).

« Akhet Aton... Une ville merveilleusement conçue et construite, une ville dans laquelle ont vécu des habitans d'une des civilisations les plus riches du monde au summum de son raffinement, puis une ville honnie. Ensuite abandonnée. Et enfin oubliée pendant trois mille ans... » (page 8).

 

Martha Moreley et Robert Jennings fouillent sur le site désertique et inhospitalier d'Akhet Aton, la Cité de l'horizon du Disque. La riche Anglaise a envoyé une lettre à Mr Grayson au Early Morning News car elle a une Incroyable Révélation à faire à Penelope Green. C'est l'occasion pour Penny de faire des articles sur l'Égypte et la condition des femmes dans ce pays. Malheureusement, Jasper Grayson est remplacé provisoirement par Max Thorn qui ne veut pas de femmes journalistes... « L'Égypte n'est plus d'actualité, Miss Green, je regrette. » (page 87). Mais Mr Grayson prend le voyage de Penelope et Cyprien sous sa coupe. Les deux jeunes aventuriers embarquent donc à bord du Nitocris. :!; (Ces trois derniers signes sont un message d'Edwyn !). Escales à Gibraltar, à Malte et arrivée à Alexandrie avec deux jours d'avance puis direction Le Caire.

« Ces pilleurs de tombeaux sont des barbares et détruisent les plus belles pièces, celles qui nous en racontent le plus. » (page 48).

Cyprien n'est pas ému par les pyramides. « C'était un exploit d'avoir bâti sans grue ni outils modernes ces tas de pierres géométriques, certes, mais pas d'enjolivures, de sculptures ou de colonnes pour agrémenter l'ensemble. Pas même de choses intéressantes à voir quand ils furent à l'intérieur. Les pyramides lui semblèrent sérieuses et austères, vaguement menaçantes. » (page 116). « Non, ça ne lui avait pas plu. Il n'en démordit pas. Comment pouvait-on donc trouver de l'intérêt à se faire égyptologue ? » (page 117). Sacré Cyprien, il aime les grands espaces, la mer, l'océan ! Mais, pour lui qui a perdu la mémoire, le nom de Martha Moreley a réveillé en lui un vague souvenir et il espère pouvoir interroger l'archéologue. « Jamais jusqu'à présent cet oubli de sa jeunesse – de son enfance plutôt – ne l'avait tourmenté. Mais cette nuit, il se sentait comme mutilé d'une partie de lui-même. Ce simple nom avait ouvert devant lui le gouffre de l'amnésie. » (page 60).

Martha Moreley embauche deux jumeaux, les frères Asherton, Gerald est peintre et Brendan est photographe, et récupère Penelope et Cyprien à l'Hôtel Shepheard. « Que le dieu du disque solaire nous accorde un séjour riche de belles découvertes. » (page 134). Mais le groupe est surveillé par Lionel Coulton, le neveu de Martha Moreley, et Douglas Pigott qui veulent s'emparer de trésors...

 

Encore une incroyable aventure pour Penelope Green et Cyprien Bonaventure !

La couverture est très belle, assortie au pays que nous allons visiter avec eux, elle fait bien penser au soleil et au désert.

L'auteur raconte vraiment bien la vie sur un chantier de fouilles, « la soif, la chaleur, les pénibles escalades jusqu'aux tombes, les délicats travaux de déblaiement, de restauration, d'examen pièce par pièce de nos trouvailles, et leur description. » (page 135). Être patient, relever avec précision les hiéroglyphes pour ensuite les décrypter, classer et répertorier tous les objets, ne rien abîmer...

L'Égypte et ses merveilles, ça fait rêver ! On va découvrir Akhet Aton, une cité mythique !

Et même s'il y a moins de dangers et de rebondissements dans ce quatrième tome que dans les précédents, j'aime bien qu'il soit centré en partie sur Cyprien et que celui-ci découvre des choses sur son enfance et ses parents.

Et puis, on rencontre Leïla Nahla, « la princesse du désert », et ses dromadaires, une femme belle, forte, libérée et respectée par tous y compris par les hommes ; Zineb, une jeune esclave nubienne qui ose tenir tête à son nouveau maître (un homme cruel) ; et on découvre Le Caire, immense ville cosmopolite avec ses ruelles, ses grandes maisons aux hauts murs et sa « cité des morts » (le cimetière).

J'attends toujours avec impatience les nouveaux tomes de cette série excellente et charmante. Où ira Penelope dans le prochain tome ? Inde ? Afrique noire ? Amérique du sud ?

 

Une lecture pour les challenges 1 % de la rentrée littéraire 2013, Bookineurs en couleurs (jaune), Jeunesse & young adults # 3, Royal (niveau Reine mère), Voyage dans l'Égypte antique et XIXe siècle.

 

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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 02:35

Super Furet est un roman d'Élisa Vix et Chiara Dattola paru aux éditions du Rouergue dans la collection zig zag en septembre 2012 (96 pages, 7 €, ISBN 978-2-8126-0400-3).

 

Élisa Vix est l'auteur. Elle est née en 1967 à Paris. Elle est maman, vétérinaire et écrivain.

Plus d'infos sur http://elisa.vix.perso.sfr.fr/.

 

Chiara Dattola est l'illustratrice. Elle a travaillé ici avec de l'encre de Chine noire.

Plus d'infos sur son site, http://www.chiaradattola.com/ et son blog, http://dattola.blogspot.fr/.

 

Noémie a dix ans, elle est en CM2. Après l'école, elle est avec ses amies, Léa et Jeanne.

Il y a un voleur dans la classe : le porte-clés (une petite peluche de cheval) de Jeanne a disparu pendant la récréation.

Et « ce n'est pas la première fois que des objets disparaissent dans la classe » (page 7).

De retour chez elle, Noémie retrouve son frère aîné, Max, qui se met devant la console de jeu, et dans sa chambre, Mouche, son furet. « Mouche n'est pas un furet ordinaire... Mouche est un furet qui comprend tout ! » (page 13).

Alors que Noémie raconte les vols à Mouche, celui-ci se met dans le cartable. Les animaux sont interdits à l'école mais « tendre un piège au voleur, c'est pas bête » (page 15).

Le soir, dans la chambre de Noémie, Mouche désigne sur la photo de classe Étienne, un élève arrivé en début d'année mais les filles n'ont pas de preuves et la maîtresse le chouchoute, on ne sait pour quelle raison.

 

Sous des dehors simples, l'auteur s'attaque à un sujet grave : un enfant maltraité par la nouvelle femme de son père. Les trois copines et Mouche vont mener l'enquête et découvrir la vérité. Elles ne vont pas accuser ou dénoncer le garçon mais l'aider.

La narratrice est Noémie : non seulement c'est agréable pour le jeune lecteur de lire l'histoire avec les mots de la fillette (c'est assez drôle) mais en plus il se sent concerné par le problème auquel les enfants font face.

Les romans de la collection zig zag sont destinés aux enfants à partir de 8 ans et sont conçus pour que les lecteurs puissent relier le texte et l'image.

 

Une lecture pour les challenges Animaux du monde (furet), Jeunesse & young adults # 3, Lire sous la contrainte (10 lettres) et Petit Bac 2013 (catégorie Animal). J'oubliais le challenge Cartable et tableau noir qui est prolongé d'un an !

 

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9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 03:33

La geste d'Alban est une série de Jean-Luc Marcastel dans le cadre de ses Chroniques d'Occitània. L'ombre de Montsalvy, le 2e tome, est paru en juin 2013 aux éditions du Matagot dans la collection Nouvel Angle (416 pages, 16,90 €, ISBN 978-2-91632-352-7).

 

Jean-Luc Mercastel est né en 1969 à Aurillac (Cantal, Auvergne). Il a étudié l'histoire et a été professeur. Il est auteur de fantasy et s'imagine « entre un Dumas on the web et un Lucas des âges sombres ».

Du même auteur : la série Louis le Galoup en 5 tomes aux éditions du Matagot et la saga Frankia en 3 tomes aux éditions Mnémos.

Plus d'infos sur le blog de l'auteur, http://jean-lucmarcastel.blogspot.fr/.

 

Jean-Mathias Xavier illustre Louis le Galoup et La geste d'Alban. Il a travaillé dans l'animation (décorateur, story-boardeur...) et la réalisation (spots publicitaires, bandes-annonces).

Plus d'infos sur http://jean-mathias-illustrateur.over-blog.com/.

 

Je remercie Doria des éditions Matagot pour m'avoir envoyé les volumes 1 et 2 de La geste d'Alban.

 

« […] le fondateur de leur ordre, Ebrart de Sommières, avait choisi la Couvertoirade, pour forger des hommes durs, capables d'affronter les pires des maucréatures engendrées par la main du malin... » (page 17).

Après l'attaque de la malebeste, Alban retrouve Enguerrand de Trencavel mais Aymeric blessé est inconscient.

« Alban avait senti se poser sur lui les regards défiants, hostiles, presque haineux, pour certains, des autres Traquebestes. Il n'avait tout d'abord pas compris, puis la vérité s'était imposée à lui. Pour ces hommes, en cet instant, il était le brècheux... L'ennemi. » (page 21).

Alban fait la connaissance d'Asemar de Caylus, Commandeur de l'ordre des Traquebestes.

Mais avant d'arriver à la Couvertoirade, Alban a voyagé avec la troupe de saltimbanques qui a quitté Tournemire avec lui et ils ont fait une halte à la forteresse et abbaye de Montsalvy.

Cet endroit fait froid dans le dos « Car c'était derrière ces murs, quand on ne les avait pas lapidés, pendus ou rôtis en place publique qu'on enfermait ceux de sa sorte... C'est là, reclus et isolés du monde, cachés au regard des hommes qui ne voulaient pas les voir, qu'on retenait ses semblables, les gâchés, les maudits, les tourmentés... les brècheux. » (page 49).

Dans la nuit, lors de la tempête, la troupe est attaquée par des dracs, des bêtes suceuses de sang, petites mais très costaudes. Puis, lorsqu'ils arrivent épuisés au pied de la forteresse, Ugolin leur ouvre la porte et les conduit chez Madame Lutz, une charmante aubergiste qui le lendemain, recueille également deux fugitifs, Marie et Thibault.

Messire Richard les invite à une soirée où ils doivent se produire mais il se passe des choses étranges à Montsalvy... Certains disent même que les brècheux y seraient créés par le père Lacerta...

« C'est ainsi, j'en ai peur, qu'on rend justice en bien des lieux de ces terres navrées, Madame, répondit Jorge d'une voix sombre. Le puissant impose sa loi au faible et le faible n'a d'autre choix que de se soumettre. C'est malheureusement chose aussi vieille que le monde. » (page 254).

 

Ma phrase préférée

« L'endroit où l'on vit forge le cœur et le caractère dit-on. Cela, Alban en était persuadé. » (page 84).

 

Après L'enfant monstre, j'étais impatiente de continuer La geste d'Alban.

J'ai appris un mot, aganit (page 312) : vu la phrase, j'ai compris sa signification mais c'est un mot gascon que je ne connaissais pas et qui signifie affamé.

J'ai été moins horrifiée à la lecture de ce tome 2 : on s'habitue à tout même aux horribles bêtes !

L'aventure est toujours aussi passionnante, il y a du suspense, des rebondissements, des nouveaux personnages, de nouvelles malebestes et beaucoup d'inquiétude.

À la fin du livre, il y a un cahier spécial avec la carte de l'Occitània, un glossaire, des croquis qui permettent de découvrir les nouveaux personnages et la suite des Chroniques des Maljours, rédigées cette fois par Ebrart d'Anduze, « le fendeur de Tarasques », premier maître de l'ordre entre 1059 et 1078.

Jean-Luc Marcastel est un génie car j'ai vraiment eu l'impression d'être dans ce Moyen-Âge.

Je ne sais pas si cette série sera une trilogie ou en cinq tome comme Louis le Galoup mais j'ai hâte que la suite paraisse !

En plus, je ne l'ai pas dit pour le premier tome, mais les livres sont très beaux et très bien illustrés.

 

Une lecture pour les challenges Animaux du monde (bêtes maléfiques), Geek (fantasy), Jeunesse & young adults # 3 et bien sûr Moyen-Âge.

 

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3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 03:03

La geste d'Alban est une série de Jean-Luc Marcastel dans le cadre de ses Chroniques d'Occitània. L'enfant monstre, le premier tome, est paru en septembre 2011 aux éditions du Matagot dans la collection Nouvel Angle (448 pages, 16,90 €, ISBN 978-2-35450-179-2).

 

Jean-Luc Mercastel est né en 1969 à Aurillac (Cantal, Auvergne). Il a étudié l'histoire et a été professeur. Il est auteur de fantasy et s'imagine « entre un Dumas on the web et un Lucas des âges sombres ».

Du même auteur : la série Louis le Galoup en 5 tomes aux éditions du Matagot et la saga Frankia en 3 tomes aux éditions Mnémos.

Plus d'infos sur le blog de l'auteur, http://jean-lucmarcastel.blogspot.fr/.

 

Jean-Mathias Xavier illustre Louis le Galoup et La geste d'Alban. Il a travaillé dans l'animation (décorateur, story-boardeur...) et la réalisation (spots publicitaires, bandes-annonces).

Plus d'infos sur http://jean-mathias-illustrateur.over-blog.com/.

 

Je remercie Doria des éditions Matagot pour m'avoir envoyé les volumes 1 et 2 de La geste d'Alban et je regrette de ne pas avoir lu Louis le Galoup.

 

« Tous autant que nous sommes, seigneur ou manant, beau ou laid, héros ou lâche, le temps passe et nous entraîne, bon gré mal gré, du berceau au tombeau... » (page 10).

Frère Agulin mène un convoi à la commanderie de la Couvertoirade mais les recrues pour l'ordre des Traquebestes sont prises dans une tempête sur le plateau du Larzac et peinent à trouver leur chemin... Elles sont de plus attaquées par des bêtes énormes et quand les Frères Jòrdi et Nadal arrivent avec les chevaliers, c'est trop tard mais il y a deux survivants : Alban, un enfant bancal dont les cheveux ont blanchi, et son ami ainsi que deux cadavres de matagots et c'est la première fois que les frères peuvent voir ces « monstrueux prédateurs ».

Mais il faut conter la geste d'Alban depuis le début.

Alban Peyre-Arse (17 ans, il me semble) est le fils aîné de Garmon de Peyre-Arse, seigneur de Tournemire. Veuf de dame Serena, morte en mettant au monde Alban, Garmon s'est remarié avec dame Jacint qui lui a donné un autre fils, Enric (13 ans). Garmon a promis à dame Serena mourante d'élever Alban et d'en faire son héritier mais comme il est laid et difforme (il est surnommé le Brècheux), dame Jacint intrigue pour qu'Enric soit l'héritier.

De toute façon, personne n'aime Alban qui cache depuis toujours son visage défiguré derrière un masque de cuir, qui communique avec les animaux et dont le seul ami est Lop, un loup qui effraie les habitants de Tournemire (j'ai pleuré à sa mort qui fut horrible).

Pour sauver leur fief, Garmon et Alban vont combattre une maucréature ou malebeste : plusieurs noms sont utilisés pour nommer les créatures humaines ou animales touchées par la Grande Brèche phosphorescente et maléfique : « La Brèche change les corps et les âmes des êtres qui s'exposent à son souffle... » (page 76).

Le combat est rude et déséquilibré.

« Il la comprenait, cette beste qui ne se reconnaissait pas parmi les siens, ni ne se reconnaissait elle-même. Seule, isolée, difforme, sans aucun congénère pour partager ses jours, elle était condamnée à errer sans fin, jusqu'à ce que les humains finissent par la tuer pour avoir commis le plus impardonnable des crimes : mettre en doute leur souveraineté... » (page 56).

Garmon, gravement blessé, et Alban, affaibli, sont sauvés par Frère Enguerrand de Trencavel, « chevalier et maistre veneur de l'ordre des Traquebestes » (page 82).

Ce chevalier va aiguiller Alban sur deux choix : veut-il hériter de Tournemire alors que personne ne veut de lui ou préfère-t-il mettre à profit ses capacités et devenir un Traquebeste ?

« – Selon vous tout est écrit, alors, il n'y a qu'à se résigner ?

– Non... Mais à faire au mieux avec ce qu'on nous a donné sans passer son temps à se plaindre de ce que l'on n'a pas. » (page 167).

« Nous les hommes, contrairement aux bêtes, savons, au fond de nous, ce qui est bon ou mauvais, si nos choix sont dictés par la sagesse ou l'égoïsme... comme nous savons aussi nous mentir, et mentir aux autres, pour nous justifier... Puisses-tu ne jamais te mentir à toi-même. » (page 200).

Alban, constamment tourmenté, va rencontrer Aymeric de Monpeslier, un trobador drôle mais un peu en manque d'inspiration, et Lamia, une danseuse mystérieuse et dangereuse, qui vont influer sur sa décision.

 

La phrase qui m'a fait sourire : « Seigneur, songea-t-il, que vos enfants sont laids. » (page 350).

 

La geste est un récit à la fois historique et légendaire et vous allez voir que le Moyen-Âge de Jean-Luc Marcastel n'est pas tout à fait celui que l'on connaît !

À la fin, il y a un cahier spécial avec la carte de l'Occitània, un glossaire, des croquis et, pour mieux comprendre le cataclysme survenu en 999, avec l'apparition de la Grande Brèche, Les chroniques des Maljours, rédigées entre 1039 et 1055, avant la naissance d'Alban, par le Père Pastor de l'abbaye de Sant Guilhèm dau Desèrt. Elles sont difficiles à lire car les caractères sont petits et gothiques mais très intéressantes, je dirais même indispensables pour la compréhension de l'histoire.

J'ai dévoré ce livre mais j'avoue que toutes ces bêtes plus qu'énormes m'ont quelque peu horrifiée. Quelle imagination ! Et quel rendu à la lecture ! J'avais l'impression d'y être et ce n'était pas vraiment réjouissant ! En effet, cette geste est narrée par un conteur et le lecteur a l'impression d'être dans le public à la veillée. Pas de temps morts, des frissons, des inimitiés, des amitiés et du suspense à revendre.

J'ai hâte de lire la suite pour découvrir comment Alban est devenu le « Lion blanc d'Occitània » ! Et pas seulement car les autres personnages sont attachants et leur sort me chaut également.

 

La vidéo de présentation du livre avec une intervention de l'auteur et le début du roman (46 pages) sur http://www.matagot.com/alban/.

Une lecture pour les challenges Animaux du monde (loup et bêtes maléfiques), Geek (fantasy), Jeunesse & young adults # 3 et bien sûr Moyen-Âge.

 

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 02:51

La ruche est un roman d'Arthur Loustalot paru aux éditions Jean-Claude Lattès le 28 août 2013 (192 pages, 16 €, ISBN 978-2-70964-474-7).

 

David Loustalot est un jeune auteur français d'une petite vingtaine d'années.

Du même auteur : Nos fils aînés (L'Harmattan, avril 2010, roman) et Là où commence le secret (Jean-Claude Lattès, janvier 2012, recueil de nouvelles).

 

Je remercie Hérisson car j'ai reçu La ruche dans le cadre de son partenariat avec les éditions Jean-Claude Lattès et Anne des éditions Jean-Claude Lattès qui m'a fait parvenir ce livre de la rentrée littéraire 2013.

 

Alice vit avec ses trois filles, Marion (19 ans), Claire (17 ans) et Louise (16 ans).

« Alice aime que certaines portes soient ouvertes et d'autres closes. » (page 9).

Mais « Alice n'aime pas que ses filles s'enferment à clé. » (page 12) pour des conciliabules où elle n'est pas conviée.

Alice élève seule ses filles depuis que son mari est parti. Ils se disputaient très souvent et il la battait mais elle ne supporte pas qu'il les aient abandonnées. Elle boit, prend des cachets et se fait du mal au grand dam de ses filles.

« Mais pourquoi, pourquoi tu fais tout ça ! Tu comprends pas que tu nous brises le cœur ? » (page 18).

Les souvenirs remontent à la surface : douze ans auparavant, le père avait déjà frappé Alice devant les filles réveillées par des cris et il était parti une première fois.

« Tu te souviens de ce que ça nous faisait ? L'impression qu'on nous arrachait le cœur ? » (page 22).

Mais là, le père est parti depuis deux ans et il ne reviendra pas puisqu'il demande le divorce. Les filles refusent de le dire à Alice.

« Mais maman, ça va la tuer. » (page 29).

Marion, Claire et Louise veillent sur leur mère, elles font des rondes, elles la surveillent pour l'empêcher de se suicider mais les relations entre elles et Alice vont vite empirer.

« Maman – un boulot, de gérer toute cette merde ? Louise murmure : parce qu'on est de la merde ? » (page 45).

Malgré l'amour qu'elles portent à leur mère, les filles n'en peuvent plus ; en essayant d'épargner Alice (elles ont entre autres caché la lettre de demande de divorce), elles ne s'épargnent pas elles et atteignent leurs limites.

« On ne va pas la lui donner, de toute façon ? » (page 725). « Cette lettre, c'est une mise à mort. » (pages 74-75). « On ne peut pas la faire interner. » (page 109).

 

Au début, j'ai eu du mal à appréhender ce texte car il n'y a pas de chapitres et le texte est d'un seul bloc c'est-à-dire que quand on a commencé la lecture, on ne peut pas s'arrêter (de toute façon, la vie, la souffrance ne s'arrêtent pas).

En plus, tout se déroule en huis-clos dans l'appartement, parfois les portes sont ouvertes, parfois elles sont fermées, parfois elles claquent, c'est donc oppressant et le rythme allant en s'accélérant, ça en devient haletant. Le lecteur – comme les filles – n'a aucun répit !

Il n'y a que quatre personnes mais cet appartement ressemble bien à une ruche.

Un autre détail : il y a des apartés, des dialogues différents, des pensées entre traits et il faut suivre ! Deux exemples :

« Maman est partie dans la vie avec un truc tellement lourd dans la tête et elle nous l'a transmis, comme papa l'a fait aussi : les angoisses, la violence, les mots, tous les secrets et notre intimité. Les problèmes qu'on a aujourd'hui, tout ce qu'on a refusé de nous laisser, et ce qu'il ne fallait pas nous donner – je n'ai pas envie de parler de tout ça, dit Louise – Laisse-moi finir – non. » (page 53).

« Marion se met à pleurer : mais tu te rends compte – tu te rends compte de ce que tu nous fais – maman – tu transformes nos vies en – vos vies ? Vos vies ? crie Alice : et la mienne ? Hein, c'est quoi, ma vie ? C'est quoi ma vie depuis trois, depuis vingt ans ? » (page 115).

Mais j'ai finalement apprécié ce récit « ambitieux et virtuose » comme le dit l'éditeur.

La violence s'installe inexorablement et les filles sont de plus en plus déçues et en colère contre cette mère qui se laisse aller et qui n'assure pas.

« C'est un cauchemar, un vrai cauchemar, ça ne s'arrêtera jamais. » (pages 144-145).

« On ne peut pas revenir en arrière. Il y a des choses qu'on ne peut pas effacer. » (page 169).

Jusqu'à la fin.

Arthur Loustalot a un style et une écriture bien à lui, qui peut dérouter, mais c'est vraiment un auteur à découvrir !

 

Une lecture pour le challenge 1 % de la rentrée littéraire 2013.

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