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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 10:40

Pour quelques milliards et une roupie est un roman de Vikas Swarup paru aux éditions Belfond en avril 2014 dans la collection Littérature étrangère (406 pages, 21,90 €, ISBN 978-2-71445417-1). The accidental apprenctice (2013) est traduit de l'anglais (Inde) par Roxane Azimi.

 

Vikas Swarup est né en 1963 à Allahabad (Inde). Il a étudié l'Histoire, la psychologie et la philosophie. Il est diplomate (depuis 2009, il est consul général de l'Inde à Osaka-Kobe au Japon) et écrivain : Les fabuleuses aventures d'un Indien malchanceux qui devint milliardaire (2006) qui fut déjà un coup de cœur, et Meurtre dans un jardin indien (2010) que j'ai zappé à sa parution mais que je veux lire. Plus d'infos sur http://www.vikasswarup.net/.

 

Je remercie les éditions Belfond et Babelio car j'ai reçu ce roman dans le cadre d'une opération Masse critique.

 

Sapna Sinha, jeune femme de 23 ans, a abandonné ses études à la mort de son père (professeur) et accepté un poste de vendeuse chez Gulati & Fils, un magasin d'électroménager, électronique et informatique. Elle doit en effet ramener de l'argent pour s'occuper de sa mère et de sa sœur de 20 ans, Neha, avec lesquelles elle vit à Rohini dans la banlieue de Delhi.

Le vendredi, à la pause déjeuner, elle va prier au temple du dieu singe Hanuman pour expier la mort de sa sœur de 15 ans, Alka, dont elle se sent responsable.

« Le temple est bondé, […] Le sol de marbre est frais sous mes pieds nus, et l'air embaume le mélange capiteux de sueur, de santal, de fleurs et d'encens. » (page 11).

C'est là qu'elle est abordée par Vinay Mohan Acharya, un monsieur de 68 ans, veuf et sans enfant, qui lui propose de devenir PDG de son groupe à condition qu'elle réussisse sept épreuves pour sept critères fondamentaux mais dont il ne peut rien dire.

« J'ai cherché en long et en large, mais je n'ai trouvé personne qui convienne. Mes cadres sont d'excellents exécutants, mais je n'en vois aucun qui aurait la stature d'un vrai dirigeant. » (pages 17-18). « Il y a un je-ne-sais-quoi dans vos yeux, une étincelle que je n'ai encore vu nulle part ailleurs. […] Vous seule possédiez cet irrésistible mélange de désespoir et de détermination que je recherche. » (page 18).

Bien que son avenir soit bouché, Sapna refuse d'abord : elle n'a pas les compétences requises et n'a pas envie de diriger une entreprise. Le besoin d'argent la décide finalement à accepter l'offre d'Acharya mais elle a l'impression d'être « un jouet entre les mains d'un richissime homme d'affaires. » (page 116). Heureusement, elle est soutenue par son voisin, dont elle est secrètement amoureuse, Karan Kant.

« Rien n'est plus rassurant qu'un ami qui est toujours là quand on a besoin de lui et sur qui on peut compter en toute circonstance. » (page 163).

 

Quel riche roman très agréable à lire ! Dans cette fable moderne, j'ai retrouvé avec grand plaisir l'ambiance et l'humour des Fabuleuses aventures d'un Indien... Mais Pour quelques milliards et une roupie n'est pas qu'un roman divertissant : il donne à réfléchir sur l'Inde moderne, toujours prise dans un carcan de traditions difficiles (impossibles ?) à faire disparaître... Pauvreté, bidonvilles, ateliers clandestins, travail des enfants, trafic d'organes, mariage forcé, système des castes encore présent bien qu'aboli dans la Constitution de l'Inde (en 1949 !), discriminations, corruption, et puis quelque chose de nouveau : l'obsession de la gloire et de la célébrité pour la jeunesse (exemple de Neha qui veut devenir chanteuse).

Sapna n'est pas au bout de ses peines et regrette parfois d'avoir signé ce contrat un peu fou ! J'ai frémis avec elle, j'ai voulu l'encourager ou la mettre en garde, je veux dire qu'en tant que lecteur, j'ai vraiment eu l'impression de vivre avec Sapna ces épreuves toutes plus ardues les unes que les autres et, comme elle, je ne pouvais pas m'arrêter !

 

Quelques extraits

« Les morts ne meurent pas. Ils se métamorphosent en fantômes, flottent dans l'air, hantent nos pensées, squattent nos rêves. » (pages 63-64).

« Les morts ne meurent pas. Tant qu'on se souvient d'eux, ils continuent à vivre dans nos cœur. » (page 75).

« Les choses ont la valeur qu'on leur donne. » (page 140).

« On ne choisit pas sa famille, mais on a toujours le choix de réparer ce qui a été cassé. » (page 199).

« Le malheur des uns ne doit pas faire le bonheur des autres. » (page 280).

 

Pour quelques milliards et une roupie est un très bon roman que je mets dans les challenges Lire sous la contrainte (conjonction de coordination), Littérature du Commonwealth (Inde), Petit Bac 2014 (catégorie Objet avec la roupie), Le riz et la mousson (bien que Val ait décidé de l'arrêter) et Tour du monde en 8 ans (Inde).

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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 04:18

AujourdhuiInde.jpgAujourd'hui l'Inde est un ouvrage encyclopédique de Tirthankar Chanda et Olivier Da Lage paru aux éditions Casterman en septembre 2012 (80 pages, 19,50 €, ISBN 978-2-203-04851-5).

 

Je remercie Brigitte et les éditions Casterman de m'avoir envoyé ce beau livre et je tiens à m'excuser pour mon retard dans la publication de ma note de lecture.

 

Tirthankar Chanda est né à Pondichéry (Inde). Il est journaliste littéraire et « collabore notamment à Jeune Afrique, RFI et au Monde diplomatique. » Il enseigne à l'Institut national des langues et civilisations orientales, et il est spécialiste des littératures africaines.

 

Olivier Da Lage est né en 1957 à Saint-Cloud (Hauts de Seine). Il est journaliste, notamment à RFI. Il est également auteur de fictions et de documents. Du même auteur : L'Inde de A à Z. Plus d'infos sur http://www.dalage.fr/.

 

Un grand livre abondamment coloré et illustré

pour un grand pays fascinant et coloré !

 

Tous les thèmes sont abordés : l'histoire, la politique, la société, l'économie et la culture pour découvrir et comprendre l'Inde, ce pays qui est annoncé comme la future troisième économie de la planète.

 

L'histoire (pages roses) : depuis les sources de la civilisation de l'Inde ancienne jusqu'à l'essor des 30 dernières années, en passant par les invasions, les conquêtes, la colonisation britannique et l'indépendance.

 

La politique (pages vertes) : les institutions, la démocratie (« la plus grande démocratie du monde »), la contestation, la diplomatie...

 

L'économie (pages bleues) : « du sous-développement à l'économie émergente », l'agriculture, les nouvelles technologies...

 

La société (pages violettes) : population, famille, éducation, inégalités, religions, laïcité...

 

La culture (pages rouges) : de l'Inde antique à l'Inde moderne, les langues, les littératures, les arts, les médias (journaux, cinéma, musique...), les sports...

 

Dans les deux dernières pages, « pour aller plus loin », des bibliographies (livres, romans, bandes dessinées, films, sites et musées) et l'indispensable carte de l'Inde en 2012.

 

ChallengeRizMoussonAujourd'hui l'Inde est un livre passionnant pour découvrir l'Inde ! Il plaira aux jeunes mais aussi aux adultes.

Les deux parties qui m'ont le plus intéressée sont l'histoire et la culture mais les trois autres parties sont tout aussi intéressantes et enrichissantes.

Un oublié : le thé, dommage...

 

Une lecture que je place dans les challenges Beaux livres, Cent pages, Jeunesse & young adults # 2, Le riz et la mousson (peut-être hors-liste car ce n'est pas de la fiction) et Littérature francophone (car Tirthankar Chanda est un Indien qui écrit en français).

BeauxLivresEiluned DefiCentPages Jeunesse2012-13 LittFrancophone

 

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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 21:26

OuIronsNousEte.gifOù irons-nous cet été ?  est un roman d'Anita Desai paru aux éditions Denoël dans la collection Empreinte en janvier 1997 (200 pages, 18,55 €, ISBN 2-20724-430-X, parution en Folio en mai 1998.). Where shall we go this summer (1975) est traduit de l'anglais (Inde) par Anne-Cécile Padoux.

 

Anita Mazumdar Desai est née le 24 juin 1937 à Mussoorie (dans l'État de l'Uttarakhand au pied de l'Himalaya) d'un père bengali (D. N. Mazumdar, un homme d'affaire) et d'une mère allemande (Toni Nime). Elle a grandi à New Delhi où elle réside, mais elle partage aussi sa vie entre l'Angleterre et les États-Unis. Elle est auteur de romans, nouvelles et livres pour la jeunesse. Elle écrit en anglais mais parle le bengali, l'ourdou et l'hindi. Sa fille, Kiran Desai, Indienne qui réside aux États-Unis, est romancière.

 

Mousson 1967. Sita mariée à Raman, un riche industriel de Bombay, est mère de quatre enfants. Alors que son époux lui demande comme chaque année « où irons-nous cet été ? », elle décide de retourner sur l'île de Manori qu'elle a quittée 20 ans auparavant à la mort de son père. Elle garde le souvenir d'une « île des miracles ». Elle s'y rend avec Karan, son jeune fils, et Menaka, sa fille adolescente, pas vraiment enchantés... À 40 ans, Sita est enceinte de son cinquième enfant et refuse de le mettre au monde : elle ne veut pas avorter, non, elle veut le garder en elle car elle refuse qu'il naisse dans un tel monde. Élevée dans la simplicité et le respect de la vie, Sita est accablée par les incessantes disputes des enfants et des employés, par le plaisir de destruction et l'agressivité qu'elle observe de sa fenêtre. Elle fuit donc, son mari, ses voisins, ses amis, ses responsabilités et surtout sa vie ennuyeuse. Et entraîne ses enfants sur une île sans eau potable, sans électricité, sans rien à manger que les poissons ramenés chaque jour par les pêcheurs et les noix de coco pendant aux arbres... Une île isolée et habitée par des villageois qui sont dans le souvenir du Babaji, le surnom qu'ils avaient donné au père de Sita.

« Moses, apaisé, s'affala un peu plus sur le banc. Il dodelinait de la tête, souriait, grimaçait grotesquement, se laissant bercer et doucement pénétrer par ses incantations. Il avait servi cet homme, veillé sur sa maison, sur le puits et les arbres, il avait attendu vingt années. Comme cette attente avait été douce, fructueuse, satisfaisante ! » (page 18).

« Vois comme l'île paraît sombre contre le blanc lumineux du ciel ! Vois comme c'est extraordinaire... » (page 24).

« Puis tout s'embrouilla dans son esprit. En donnant naissance à cet enfant, pour le moment bien abrité, accomplirait-elle une action créative, ou bien en s'en libérant dans un écoulement sanglant violent et douloureux ne ferait-elle que détruire ce qui était encore protégé et parfait ? » (page 70).

 

Hiver 1947. Le père, disciple de Gandhi, débarque sur l'île de Manori avec Reka, sa fille aînée, Sita, la benjamine et Jivan, le cadet. Pour le remercier de sa carrière politique et de tout ce qu'il a fait pour l'Indépendance de l'Inde, le riche Monsieur Dalwala lui a offert une maison et les deux employés, Moses et son épouse Miriam. La maison appelée Fiona (Monsieur Dalwala a étudié en Écosse) devient Jeevan Ashram, le foyer de l'âme.

« Regardez, Père, on voit la mer d'ici ! – Bien sûr, dit-il en souriant, nous sommes sur une île. » (page 80).

Le Père, abandonné par son épouse, a quitté Bombay après l'Indépendance : il a besoin de repos et veut mettre en pratique ses théories sociales mais les habitants commencent à être guéris et la mission se transforme en magie ! En fait, un mélange de religieux, de politique et de social, et Babaji devient un personnage légendaire.

« les réalisations matérielles et les mystifications suspectes s'entremêlaient inextricablement et formaient un tout. » (page 93).

 

Sita va-t-elle se rendre compte que l'île de son enfance est en fait une île inhospitalière et que les souvenirs qui remontent à la surface ne sont pas si agréables qu'elle le pensait ?

 

Ce roman paru en 1975 – et réédité en Inde en 1982 – n'avait jamais été traduit car l'auteur ne l'avait pas autorisé jusqu'alors. L'édition en français est donc la première à paraître hors de l'Inde et je découvre seulement maintenant ce roman ! Un roman considéré comme féministe, sombre comme l'île, presque pessimiste mais connu – à juste titre – comme un chef-d'œuvre. Je n'ai pas l'impression que les personnages principaux de Où irons-nous cet été ? soient les humains, ni ceux du passé, ni ceux du présent, ni l'enfant à venir, mais l'île de Manori, dans toute sa splendeur et son horreur à la fois, dans toute son inhospitalité surtout, aussi bien au niveau d'elle-même qu'au niveau de ses habitants. En tout cas le Père, « Babaji », a failli à sa mission politique et sociale !

 

Un roman que j'ai choisi pour le challenge Lire sous la contrainte car en septembre, la contrainte était « Le titre du livre doit être une question, une phrase interrogative ». J'en profite pour le présenter aussi dans les challenges Le riz et la mousson, ABC critiques 2012-2013 (lettre D), Le tour du monde en 8 ans (Inde), Le tour des genres en 365 jours (contemporain)  et pour annoncer ma participation au challenge Des livres et des îles de Géraldine (je ferai un article de présentation plus tard).

 

  

LireContrainte1
ChallengeRizMousson ABC2012-2013
DesLivresEtIles.jpg TourMonde8ans TourGenres

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26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 04:14

Les précédentes éditions : Le mardi sur son 31 avec Sophie# 3# 4# 5# 6# 7# 8# 9# 10# 11# 12

 

Mardi31SophieEn ce moment, je lis Delhi Noir, un recueil de 14 nouvelles noires de 14 auteurs différents paru aux éditions Asphalte et que j'ai reçu grâce à Babelio – Masse critique 15.

 

À la page 31, c'est encore la première nouvelle, L'homme du passé, d'Omair Ahmad.

 

« Il était peut-être fou, mais il n'aurait pas gagné sa fortune ou sa réputation de collectionneur d'antiquités en étant stupide. »

 

Un autre passage me plaisait mais il n'est pas politiquement correct, il parle de fous furieux !

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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 13:04

ChallengeRizMousson.gifC'est chez Sandrine que j'ai vu le nouveau challenge Le riz et la mousson créé par Val du blog Val aime les livres.

 

Comme je viens de recevoir – avec l'opération Masse critique de Babelio Delhi noir, un recueil de nouvelles, je me suis ruée sur ce challenge illimité dans le temps.

Par contre, j'attends la réponse de Val : est-ce que ce challenge ne concerne que les romans indiens ou aussi les nouvelles, les bandes dessinées et les albums illustrés ?

 

Toutes les infos et inscription ici.

 

Mes lectures pour ce challenge

1. Delhi noir, présenté par Hirsh Sawhney (nouvelles)

2. Où irons-nous cet été ?, d'Anita Desai (roman)

3. Aujourd'hui l'Inde, de Tirthankar Chanda et Olivier Da Lage (beau livre)

4. Hors-challenge (auteur non indienne) L'astrologie indienne, de Denise Huat (encyclopédie)

 

 

Bien que ce challenge soit illimité, Val annonce qu'elle y met fin (en janvier 2014) par manque de participants.

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9 juin 2011 4 09 /06 /juin /2011 07:16

MishiSaranPar-delà les montagnes célestes : un voyage sur les traces de Xuanzang, le moine pèlerin est un essai de Mishi Saran paru aux éditions Noir sur Blanc en avril 2011 (572 pages, 25 €, ISBN 978-2-88250-250-6). Chasing the monk's shadow (2005) est traduit de l'anglais (Inde) par Valérie Dariot.

 

Mishi Saran est née en 1968 à Allâhâbâd (Uttar Pradesh, Inde). Elle a vécu en Inde, en Suisse, en Chine, aux États-Unis. Elle a étudié la langue et la culture chinoises. Alors qu'elle est journaliste à Hong Kong, elle décide de partir sur les traces de Xuanzang, un moine chinois qui au début du VIIe siècle est parti en Inde.

 

Chen Yi, plus tard connu sous le nom de Xuanzang, naquit en 600 à Luoyang (province du Henan). Il est le 4e enfant d'une famille chinoise et, à sa naissance, apparut un phénix qui « fit pleuvoir une lumière d'or » (page 15). En 627, devenu moine bouddhiste et passionné par l'Inde, il partit en voyage puis passa 10 ans en Inde. Il revint en Chine 18 ans plus tard (en 645) avec 657 sûtras qu'il traduisit – pendant les 20 dernières années de sa vie – du sanscrit au chinois. « Les carnets de voyage de Xuanzang nous offrent un descriptif très complet de la Chine occidentale, de l'Asie centrale, de l'Afghanistan, du Gandhara et de l'Inde au VIIe siècle, dans la période qui précéda l'islamisation de ces régions. » (page 12).

« L'Inde l'avait imbibé, transformé. En la quittant, il avait cru qu'il perdait la faculté de respirer. Il était suspendu entre deux mondes, né d'un lieu, mais imprégné d'autres espaces. Il songea qu'il était un étranger pour le reste de ses jours. » (page 19).

 

Près de 1400 ans après, Mishi Saran, exilée de son Inde natale et qui se cherche en tant que femme de 30 ans, découvre l'histoire de Xuanzang (dont la biographie a été écrite par son disciple, le moine Huili). « Une Indienne toquée de la Chine, une moine chinois obsédé par l'Inde. Lui et moi souffrions de la même schizophrénie. Il me semblait donc logique que nous suivions la même voie. » (page 20). Elle décide de partir sur les traces du moine pèlerin et de redécouvrir son pays, l'Inde. Elle rencontre même un descendant de Xuanzang : un homme de la 48e génération de Chen ! (page 30).

Mais tout ne sera pas si facile : « Mes hôtes m'ont expliqué que les royaumes, à l'instar des rivières, avaient grossi, rapetissé ou changé de contour après que le moine fut parti vers l'ouest. Des cités s'étaient effondrées, ne laissant que des ruines. […] affronter les déserts […], d'anciennes républiques d'une Union soviétique disloquée, des nations musulmanes en guerre, un royaume himalayen […]. » (page 22).

Eh oui, au cours des siècles, des régions ont « changé de mains », des villes ont été vandalisées et détruites par des conquérants ou pendant la Révolution culturelle chinoise.

 

J'ai reçu ce livre en partenariat avec Babelio, j'avais vraiment envie de voyager avec Mishi Saran, d'aller par-delà les montagnes célestes sur les traces de Xuanzang et du bouddhisme, de m'aventurer en Chine, en Asie centrale, en Inde mais je n'arrive pas à avancer... Du moins pas comme je le voudrais... Fatigue ? Manque de concentration ? Trop de détails, de descriptions pointilleuses ? Pourtant l'auteur est motivée, elle, et le livre est très bien écrit, passionnant même.

Je tiens à dire que ce livre m'intéresse et que je vais le continuer (je reviendrai donc en parler).

Merci à Babelio en tout cas : c'est un beau livre à avoir dans sa bibliothèque, et je le conseille à ceux qui aiment la Chine et l'Inde, mais je n'arrive simplement pas à le lire rapidement comme un roman...

 

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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 03:03

SacreesTantes.jpgCoupCoeur2007.pngMes sacrées tantes est un recueil de nouvelles de Bulbul Sharma paru aux éditions Philippe Picquier en avril 2007 (240 pages, 20,50 €, ISBN 978-2-877309370) et Philippe Picquier poche en août 2009 (272 pages, 8 €, ISBN 978-2-809701319).

My sainted aunts (2002) est traduit de l'anglais (Inde) par Mélanie Basnel.

 

Bulbul Sharma est née en 1952. Elle est peintre et écrivain.

Plus d'infos (en anglais) sur Indian Art Circle.

Du même auteur : La colère des aubergines (2002) et Mangue amère (2010).

 

Le pèlerinage de Mayadevi

À 75 ans, Mayadevi Banerjee décide de rendre visite à son fils aîné parti à Londres en 1948 et jamais revenu à Calcutta. En vue de ce voyage, elle apprend l'anglais et se force à porter des chaussures. En Angleterre, Mayadevi ne comprend rien au mode de vie européen et se heurte à sa belle-fille, une « géante » blonde.

 

L'atterrissage de Bishtupur

Depuis l'enfance, Neelima déteste l'école. Elle arrête à l'âge de 16 ans et demande à son père un mari. Ce sera Debashish, un professeur. Après le mariage, le couple voyage pendant deux jours pour se rendre au village du mari, Bishtupur. Mais, horreur !, en descendant du bateau, la jeune mariée tombe sur son beau-frère.

 

Les tantes et leurs maux

En 1965, à New Delhi, Meera, 14 ans, voyage pour la première fois. Elle prend le train avec ses trois tantes, Boromashi, Neli et Bula, qui vont à un enterrement. Mais le train a du retard, les tantes se chamaillent et le voyage doit durer 24 heures. La veuve d'un médecin voyage dans le même compartiment et la conversation s'oriente inévitablement vers les maladies et les médicaments.

 

Une très jeune mariée

Mini est la seule fille, elle a sept frères. Lorsqu'elle a 7 ans, son père lui offre le plus beau des mariages. Puis la fillette part avec ses bagages, sa dot et sa vieille nourrice, Renukaki, pour vivre dans sa nouvelle famille. Mini est perdue dans cette immense maison, mais elle fait la connaissance d'Uma, une jeune veuve, et d'Arjun, son mari qui est aussi un enfant.

 

Les premières vacances de R.C.

Un matin, Rathin Chandra Banerjee décide d'emmener sa mère (Ma, 80 ans), sa femme (Protima) et sa fille (Ruma, 15 ans) à Rishikesh pour voir les temples anciens. Les trois femmes sont surprises car, depuis 40 ans, il n'a jamais dérogé à sa routine. R.C. a tout planifié sauf le fait que « de minuscules graines de rébellion avaient commencé à germer dans le cœur de ses ouailles. » (page 139).

 

Jusqu'à Simla en tonga

1908. Au lieu de se laver les cheveux un lundi, Anima (18 ans) le fait un mercredi. Du coup, Ananda (28 ans) la voit lorsqu'elle les sèche sur la terrasse et tombe amoureux. Peu après le mariage, le jeune homme est muté comme traducteur au commandement britannique de Simla et le couple quitte Bénarès. Mais Anima refuse d'apprendre l'anglais et, en 1930, elle va écouter le Mahatma Gandhi.

 

Une trop grande épouse

Rupbala et Gajanath ont été mariés lorsqu'ils étaient enfants mais maintenant Rupbala mesure 1 m 75, soit 15 cm de plus que son mari. Gajanath la déteste car les gens se moquent d'eux. Alors qu'il a bu de l'alcool, il tente de la tuer avec un fusil mais c'est lui qui est touché. Rupbala s'enfuit et part en pèlerinage à Badrinath avec trois sœurs qui font de bien étranges veuves.

 

La vie dans un palais

Après la disparition de son mari, Gita refuse de rester dans sa belle-famille tyrannique et s'enfuit pour travailler à Nagpur mais elle se rend compte qu'à 42 ans, elle n'a jamais rien fait toute seule. Dans le train, elle rencontre Rani Ma de Jassalpur qui rentre avec ses deux filles, Binu et Shanu. Elle va l'embaucher comme dame de compagnie et Gita va vivre dans le palais du raja où la vie est vraiment fantaisiste.

 

IndeSoukeeÀ la fin du volume, il y a un glossaire bien utile pour comprendre des mots comme babu, dacoït, paan ou tonga !

 

Lorsque j'ai commencé ce livre, je me suis dit que je pourrais lire une nouvelle de temps en temps, entre deux romans par exemple, mais à chaque nouvelle terminée, je n'arrivais pas à reposer le livre, j'avais envie de lire la suivante ! Même si je connais déjà un peu la littérature et l'histoire indiennes.

 

Huit nouvelles, huit contes modernes à l'humour parfois ironique, huit histoires de voyage, huit histoires de femmes dans l'Inde du XXe siècle (à des époques différentes).

Huit nouvelles donc, pour comprendre un peu cet immense pays, sa culture, ses traditions et coutumes, les relations entre les hommes et les femmes, avec la famille et la belle-famille, les interdits et les obligations, la fierté indienne, l'obéissance de l'épouse à son mari et sa belle-famille, l'émancipation de certaines femmes, l'incompréhension entre les cultures indiennes et anglaises pourtant liées depuis près de 400 ans, et aussi l'importance du voyage (souvent en train), symbole de liberté et de contacts enrichissants.

 

NouvellesJe ne saurais dire quelle nouvelle j'ai préférée... Mayadevi m'a bien faire rire dès le début et ensuite, je me suis plongée avec plaisir dans les autres récits aux couleurs et odeurs de l'Inde. Peut-être Jusqu'à Simla en tonga, pour la dimension historique et La vie dans un palais pour le total changement de vie.

 

Je présente vite avant la fin de l'année, ce charmant recueil de nouvelles pour le challenge Bienvenue en Inde et aussi pour Nouvelles sur les 5 continents (Asie).

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21 août 2007 2 21 /08 /août /2007 14:09
Vous avez peut-être lu mon article publié lors du 27ème Salon du Livre de Paris où l'invitée d'honneur était l'Inde : Amal et la lettre du Roi, de Rabîndranâth TAGORE.

CoupCoeur2006.pngLe 15 août, c'était le jour du 60e anniversaire de l'indépendance de l'Inde. Je sais, je suis un peu en retard mais j'aimerais tout de même vous parler d'un roman plus récent (représentatif de l'Inde actuelle) et vraiment très amusant.

Les fabuleuses aventures d'un Indien malchanceux qui devint milliardaire, de Vikas Swarup est paru chez Belfond dans la collection Littérature étrangère le 4 mai 2006 (372 pages, 21,00 €, ISBN 2-7144-4092-4) ; traduit de l'anglais (Inde) par Roxane Azimi (titre original : Q and A).
Réédition le 16 août 2007 dans la collection Domaine étranger (n° 4044) de 10/18 (368 pages, 7,80 €, ISBN 2-264-04533-7) : il est possible de télécharger le premier chapitre gratuitement.

En lisant ce livre, vous aborderez - grâce à l'humour et au talent de l'auteur - l'Inde et sa misère humaine, les enfants abandonnés, battus, estropiés, obligés de mendier ou de se prostituer, la pédophilie et l'inceste, les persécutions religieuses, la drogue, la violence, l'alcoolisme, la saleté et le surpeuplement mais vous découvrirez également l'espoir et la persévérance du peuple indien qui après avoir conquis indépendance et démocratie au XXe siècle veut gagner sa place politique et économique dans le XXIe siècle.

Après avoir remporté la victoire au premier Qui veut gagner un milliard de roupies (le Qui veut gagner des millions version indienne), Ram Mohammad Thomas - un serveur Indien considéré comme inculte par la production de l'émission - est immédiatement accusé d'avoir triché. Il raconte donc tout simplement à son avocate, Smita, son histoire, les 18 années de sa vie. Chacun des 12 chapitres correspond à une question posée au cours de l'émission et le lecteur possède du coup la réponse de la même façon que la possédait Ram Mohammad Thomas ! Cela donne non seulement une impression de participer au jeu mais aussi une envie de crier : Non, je n'ai pas triché, je connaissais la réponse parce que....
Petite remarque sur le nom de Ram Mohammad Thomas : il porte un nom indien + musulman + chrétien ce qui fait que toutes les communautés de l'Inde (et certainement les lecteurs du monde entier) peuvent s'identifier à ce héros injustement accusé.
Observez également les deux couvertures ! Sur celle de Belfond, un homme tourne le dos au passé et marche vers son avenir sans se retourner, sur celle de 10/18, l'éléphant Ganesh et les couleurs vives montrent une Inde chatoyante. J'ai l'impression que c'est cela l'Inde, des millions de personnes faisant partie d'un groupe (une famille, une ethnie, une caste, une religion) mais se sentant seules au niveau personnel, connaissant leur passé et leur culture mais volontairement tournées vers l'avenir et le bonheur. Cependant je ne connais l'Inde qu'à travers ce qui traverse les frontières : actualité, gastronomie, littérature, cinéma et musique. Et vous, qu'en pensez-vous ?


En tout cas, je n'ai qu'un mot à dire au sujet de ce premier roman de Vikas Swarup : JUBILATOIRE !


[Répertorié sur Blog-O-Book.]

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23 mars 2007 5 23 /03 /mars /2007 13:11
Cette année, au 27e Salon du Livre de Paris qui se déroule du vendredi 23 au mardi 27 mars au Parc des Expositions de Versailles, l'Inde  - qui célèbre ses 60 ans d'indépendance - est l'invitée d'honneur avec 30 auteurs présents. L'Inde est un pays qui fascine mais je n'ai malheureusement pas l'occasion d'aller à ce salon littéraire... Pour tous ceux qui sont dans le même cas que moi, je souhaite mettre en ligne une chronique de lecture d'un livre indien que j'ai aimé. Je sais qu'il y a une polémique dans le monde de l'édition indien parce que les éditeurs préfèrent publier des auteurs écrivant en anglais plutôt qu'en hindi ou dans une autre langue du pays. Évidemment, ces romans écrits en anglais peuvent facilement être vendus dans le monde anglophone sans frais de traduction ou traduits plus rapidement depuis l'anglais vers une autre langue européenne par exemple.

RabindranathTagorePourquoi ai-je choisi Rabîndranâth TAGORE ?
Parce qu'il est Prix Nobel de Littérature : en 1913, il est le premier écrivain d'Asie à recevoir ce prix.
Et puis il écrit en anglais mais aussi en bengali.
De son vrai nom Rabîndranâth Thâkur dit Tagore, naît le 6 mai 1861 à Calcutta (Bengale occidental) dans une famille d'aristocrates réformateurs : il est le fils de Debendranâth Tagore (philosophe) et le petit-fils de Dvârkânâth Tagore (fondateur de Brâhmo Samâj avec son compatriote Rammohan Roy). Il étudie à Calcutta et à Londres : il aime la littérature anglaise et la musique occidentale. Quatorzième enfant de la famille, il voit ses frères et sœurs devenir également poètes, dramaturges, romanciers ou musiciens. Son premier recueil de poèmes écrits en bengali Chants du soir (Sandhya Sangeet) paraît en 1882. Il se marie (à 23 ans), continue d'écrire (poésie et prose), partage les responsabilités religieuses et sociales de Brâhmo Samâj (avec son père) et voyage beaucoup dans le monde entier. L'œuvre de cet érudit, poète, philosophe, écrivain, dramaturge est traduite en français principalement par André Gide. Il décède le 7 août 1941 après avoir illuminé le monde comme un soleil (signification de son prénom).

Pourquoi ai-je choisi Amal et la lettre du Roi ?
Parce que ces deux nouvelles sont des drames très beaux, très bien écrits, mettant en scène deux destins tragiques : celui d'un garçon orphelin malade et celui d'une fille laide dans une famille sans fils pour perpétuer le nom.
La version que j'ai lue est parue aux éditions Gallimard en 1962 dans la collection Du Monde entier - 151 pages  ISBN 2-07026-173-5
Réédition à l'École des Loisirs en 1992 dans la collection Pastel - ISBN 2-21102-532-3

Amal et la lettre du Roi : drame en 2 actes traduit de l'anglais par André Gide
Amal est un orphelin adopté par son oncle qui ne peut engendrer. Amal pourrait être heureux mais il est malade et doit rester dans sa chambre. Il rêve d'en sortir et de voyager. Ah... si le Roi pouvait l'ordonner facteur royal, il pourrait enfin sortir et voir du pays ! Mais ce n'est que par la fenêtre de sa chambre qu'il se lie d'amitié avec quelques passants bienveillants : le laitier, le veilleur avec son gong, Gaffer qui se déguise en fakir, les enfants à qui il offre des jouets pour ne pas s'amuser seul et Sudha la jeune marchande de fleurs. Un soir pour qu'Amal s'endorme en paix, le prévôt lui fait croire que le Roi va venir le voir dans la nuit avec son médecin particulier.

Chitra : drame lyrique en 1 acte traduit de l'anglais par Nicole Balbier
Chitra, fille unique de Manipur a été élevée comme un fils : elle manipule l'arc à la perfection et peut protéger son peuple qui l'aime. Mais il lui manque la beauté alors qu'elle est amoureuse du prince Arjuna de la maison des Kurus qui vit maintenant en ermite dans la forêt. Elle réussit à obtenir des dieux, Madana (Éros) et Vasanta (dieu du printemps) d'être très belle pendant un an. Durant cette magnifique année, elle éblouit Arjuna qui oublie son vœu de chasteté. Mais qu'adviendra-t-il lorsqu'elle redeviendra ce qu'elle est réellement, d'autant plus qu'elle porte un enfant ? Arjuna lui est à la recherche de l'amour parfait et se moque de la beauté éphémère.

L'œuvre de Rabîndranâth TAGORE a été regroupée sous le titre Rabîndra Rachanavali soit 14 volumes qui ont été publiés par le Gouvernement du Bengale occidental (Calcutta) en 1961 et les nouvelles écrites en bengali ont été regroupées sous le titre Galpaguchcha en 4 volumes.
Il est possible de télécharger une quinzaine de textes en anglais sur Gutenberg.org.

Œuvres de Rabîndranâth TAGORE (malheureusement certaines parues en français sont épuisées)
À quatre voix - Amal et la lettre du Roi (1924) - Le Christ - La Corbeille de fruits (1963) - Cygne - De l'aube au crépuscule (1998) - La Demeure de la paix - Dialogues de paix - Épousailles et autres histoires (1989) - L'Esquif d'or : anthologie des œuvres poétiques (1997) - La Formation du perroquet et autres histoires (1944) - La Fugitive : poèmes de Kabir (1922) - Gora (1910) - Histoires de fantômes indiens - Inde, rêve de pierre - Le Jardinier d'amour (1919) - La Jeune lune (1923) - Lettres à un ami - Lettres de Russie (1960) - La Machine (drame en 1 acte en prose) - La Maison et le monde - Mashi (1925) - Nationalisme (1917) - Le Naufrage (1929) - Nuage et soleil (2004) - L'Offrande lyrique (1913) - Gitanjali (1913, 1971) - Paroles des hymnes nationaux de l'Inde et du Bangladesh - La Petite mariée (2004) - Quatre chapitres - La Religion de l'homme (1931) - La Religion du poète - Le Roi de la chambre sombre - Sâdhâna - Souvenirs (1917) - Souvenirs d'enfance (1964) - Le Vagabond et autres histoires : contes bengalis (1962) - Vers l'homme universel (1961).

En 1961, le célèbre cinéaste indien, Satyajit Ray a réalisé un film documentaire de 54 minutes sur Rabîndranâth Tagore et son œuvre pour le centenaire de sa naissance.

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