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9 août 2014 6 09 /08 /août /2014 22:09

Salon de beauté est un roman de Mario Bellatin paru chez Christophe Lucquin éditeur en mai 2014 (76 pages, 12 €, ISBN 978-2-36626-070-0). Salón de belleza (2000) est traduit de l'espagnol (Mexique) par Christophe Lucquin.

 

Mario Bellatin naît le 23 juillet 1960 à Mexico (Mexique) de parents péruviens. Il a la particularité d'être né sans bras droit. Lorsqu'il a 4 ans, ses parents repartent à Lima (Pérou) ; il y étudie la théologie et les sciences de la communication. En 1986, son premier livre, Mujeres de sal, paraît. Il part étudier le scénario de cinéma à Cuba en 1987 avant de revenir à Lima puis de repartir au Mexique en 1995.

Du même auteur : Dans la penderie de monsieur Bernard (octobre 2012, Christophe Lucquin éditeur).

 

Passionné par les poissons, le narrateur achète une aquarium et des guppies pour décorer le salon de beauté qu'il tient avec deux amis – qui, comme lui, aime se travestir.

« Mes collègues de travail n'ont jamais approuvé ma passion pour les poissons. Ils affirmaient qu'ils portaient malheur. » (page 9).

Pourtant les poissons, ça favorise le calme, la contemplation alors d'autres aquariums et d'autres poissons suivront mais le narrateur se lasse vite et jette les poissons pour en acheter d'autres, plus gros, plus beaux, plus difficiles à élever.

Après la mort de ses amis, le narrateur transforme le salon de beauté en accueil pour des hommes (et uniquement des hommes) en fin de vie.

« Ça peut paraître difficile à croire, mais je ne différencie presque plus les pensionnaires. Ils sont tous pareils pour moi aujourd'hui. » (page 22).

Les pensionnaires des aquariums et les pensionnaires du mouroir ne se ressemblent-ils pas un peu ? Ne vivons-nous tous pas dans notre bulle, dans notre aquarium ?

 

Salon de beauté a été finaliste pour le Prix Médicis étranger en 2000 (publication aux éditions Stock). Le texte a été révisé par l'auteur en 2013 et il est ici proposé dans une nouvelle traduction par l'éditeur.

C'est un roman atypique, surprenant, troublant et j'ai un peu de mal à en parler ; j'ai l'impression qu'il parle du sida mais le mot n'est jamais ni prononcé ni écrit. Le roman a été publié au Mexique en 2000 et peut-être qu'on ne prononçait pas le nom de cette maladie ? « Le mal était incurable. » (page 48).

Le narrateur raconte plusieurs phases : les belles femmes dont il s'occupait avec fierté dans le salon de beauté, les poissons qui le réjouissent mais qu'il traite mal, les malades qui disparaissent un à un comme ce fut le cas des poissons et enfin lui-même.

« Je dois supporter la décadence sans pouvoir prononcer le moindre mot. Entouré de visages que j'ai toujours l'impression de découvrir pour la première fois. Certaines nuits, j'ai peur. J'ai peur de ce qui arrivera quand la maladie sera à son apogée. » (page 65).

Mais le narrateur n'était-il pas tourné vers lui, n'était-il pas une victime dès le début ?

La beauté, la jeunesse et même la santé sont éphémères… Il y a toujours une instabilité et une inconstance dans la vie, quelle que soit la vie qu'on mène.

La vie d'un poisson, la vie d'un homme, finalement c'est du pareil au même, qui s'en soucie ? L'auteur en parle avec froideur et le lecteur ne peut être que mal à l'aise, dérangé, déstabilisé et en questionnement.

À lire pour vous faire une idée !

 

Une lecture pour les challenges Amérique du Sud – Amérique latine (Mexique), Animaux du monde (poissons), A reading's week, Petit Bac 2014 (catégorie Bâtiment) et Tour du monde en 8 ans (Mexique).

 

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28 août 2009 5 28 /08 /août /2009 19:51
El último lector est un roman de David Toscana paru en janvier 2009 aux éditions Zulma (215 pages, 18 €, ISBN 978-2-84304-467-0). El último lector (2005) est traduit de l'espagnol (Mexique) par François-Michel Durazzo.

Né en 1961 à Monterrey, au Mexique, David Toscana est l'auteur de cinq romans et d'un recueil de nouvelles, déjà traduits en plusieurs langues. El último lector a reçu les prix Colima, Fuentes Mares, Antonin Artaud France-Mexique.

Alors que l'invité du Salon de Livre de Paris était le Mexique cette année, je ne me suis pas bousculée pour lire des auteurs mexicains... Mais le résumé sur la jaquette de couverture de ce roman m'a attirée : « Au nord du Mexique, la sécheresse frappe le village d'Icamole. C'est là que Lucio, devenu bibliothécaire par la grâce d'un projet gouvernemental, nage dans un océan de fiction. Il lit chaque titre avec fureur ou délectation, laissant à tout moment les récits empiéter sur la réalité. Quand son fils lui révèle qu'il a découvert le cadavre d'une fillette dans son puits, c'est dans la littérature qu'il cherche une explication. [...] L'enquête policière tourne autour des révélations du bibliothécaire et éveille la curiosité de la mère de l'enfant, grande lectrice elle aussi... ».

Effectivement, Lucio, veuf de Herlinda depuis des années, passe tellement de temps dans les livres, tamponnant fébrilement « Censuré » sur ceux qui ne lui plaisent pas et les envoyant nourrir les cafards dans le local voisin, qu'il en oublie de manger. En plus, personne ne vient jamais lire ou emprunter des livres dans sa bibliothèque ! Son fils Remigio habite la maison à côté. Icamole souffrant de la sécheresse, le père Pascual et plusieurs habitants partent. En puisant le peu d'eau qu'il reste au fond du puits, Remigio y découvre le cadavre d'une enfant qui n'est pas du village. Or Anamari, la fille d'une veuve de Monterrey est portée disparue. Que faire ? Suivant les conseils de son père qui a lu Le pommier d'Alberto Santín, Remigio l'enterre dans les racines de son avocatier. Lucio quant à lui identifie la fillette à Babette de La mort de Babette de Pierre Laffitte. Le lieutenant Aguilar et les gendarmes enquêtent : « Ce qui les intéresse surtout, c'est de voir l'expression de la personne interrogée quand on lui montre une photographie de la petite et de lui demander si elle la connaît. » (page 59). Mais la mère d'Anamari qui connaît le roman de Laffitte et le destin de Babette, rend visite à Lucio.

Curieux texte, dans lequel roman et vie réelle se côtoient et se superposent, comme si fiction et réalité ne faisaient qu'une.

Quelques phrases
« Lucio pense que rien ne vaut lire et se faire une opinion. Après, le livre finit soit sur une étagère, soit en enfer. » (page 170).
« [...] il n'y a rien de cela dans les romans qui racontent des meurtres, seulement de la violence, du sang et surtout de l'horreur, avec tous ses synonymes, qui sont nombreux, parfois il y a de la rage, des jurons ou des larmes, mais jamais de la honte. » (page 180).

Et pour les blogueuses bibliothécaires 
« Des années plus tôt, Lucio avait assisté à Monterrey à une réunion de directeurs de bibliothèques de l'État, c'est là qu'il avait appris tout ce qu'on pouvait trouver entre les pages des livres : des fleurs, des papillons, des ongles rognés, des notes, des mots d'amour, des adresses et, surtout, de la nourriture, boissons renversées, taches de graisse, sucre collé, miettes, mayonnaise et sauces, ainsi que ce qui, dans le compte-rendu de cette réunion, avait été consigné sous le terme de résidu nasal, pour lequel on avait recommandé à chaque bibliothèque l'acquisition d'une petite spatule. » (pages 64-65).

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