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24 mars 2014 1 24 /03 /mars /2014 19:05

Triburbia est un roman de Karl Taro Greenfeld paru aux éditions Philippe Rey en août 2013 (284 pages, 20 €, ISBN 978-2-84876-3-37-8). Triburbia (2011) est traduit de l'américain par Françoise Adelstain.

 

Karl Taro Greenfeld est né en 1964 à Kobe d'une mère japonaise et d'un père américain, tous deux écrivains (Josh Greenfeld et Fumiko Kometani). Il a grandi et il vit aux États-Unis. Journaliste et écrivain, il a écrit cinq livres (dont un sur son frère autiste, Boy alone) mais Triburbia est son premier roman. En 2013, est parue aux États-Unis sa biographie sur le basketteur Julius Erving. Plus d'infos sur le site officiel de l'auteur, http://www.karltarogreenfeld.com/.

 

Quartier de Tribeca, Manhattan, New York.

Riches bobos qui vivent dans des lofts refaits à neuf dans cet ancien quartier d'entrepôts.

Après avoir déposé leurs enfants à l'école, des papas se retrouvent le matin au restaurant-grill pour prendre ensemble le petit-déjeuner et discuter, refaire le monde quoi.

Leurs conversations sont, selon eux, plus spirituelles et plus intelligentes que celles des autres et le fait de se savoir hypocrites les rend, toujours selon eux, moins hypocrites que les autres.

Mais leur vie est-elle si intéressante que ça ? Y a-t-il matière à en faire un livre avec des choses intéressantes à lire ? C'est ce que je me suis demandé avant de lire ce roman atypique !

« Voilà ce qui cloche chez nous : une vie sans enjeu. Ce qui nous rend hypersensibles aux moindres infractions, enclins à des réactions disproportionnées, prompts à la contre-attaque. » (Mark, page 12).

 

Au fil des chapitres, chacun va prendre la parole, raconter sa vie, actuelle ou passée, des bribes de vie en fait, comme celles qu'on peut connaître d'un proche, mais pas tout. Il sont artistes (marionnettiste, photographe), créateurs (ingénieur du son, chef cuisinier), écrivains (journaliste, dramaturge), hommes d'affaires (producteur de cinéma, gangster) et ce sont tous des bourgeois bohèmes très riches, soit par eux-mêmes soit par leurs épouses (elles prennent la parole dans certains chapitres).

On commence avec Mark, ingénieur du son, marié à Brooke (encore plus riche que lui), deux filles, Cooper (8 ans) et Penny (6 ans). Il est né à Hong Kong et a grandi à San Francisco. Le problème, c'est que le portrait-robot de l'agresseur d'une l'adolescente (un homme blanc pourtant) lui ressemble... « Partout où je vais, à la banque, au bureau de Federal Express, à la cafeteria, j'ai l'impression qu'on me regarde avec insistance. Quiconque vit ou travaille dans le quartier a obligatoirement vu l'affiche, et il continue d'en surgir tous les jours. » (Mark, page 21).

On continue avec Barnaby Harris, handicapé physique devenu photographe. Son histoire m'a plus touchée, avec l'accident de sa sœur et de son meilleur ami.

Il y a ensuite Giuseppe Cipriani (propriétaire d'un restaurant) et son chef, Giancarlo « qui deviendrait célèbre plus tard grâce à son propre empire gastronomique » (page 55).

 

Franchement, c'est intéressant, c'est même parfois drôle (cynique) mais je n'ai pas réellement réussi à m'attacher à tous ces personnages qui me paraissent bien lointains et j'ai arrêté ma lecture au bout d'une centaine de page... Peut-être que je reprendrai ce roman un jour ! En tout cas, ça m'a permis de découvrir les éditions Philippe Rey ! Quant à la couverture française, elle est pas mal mais je préfère la couverture américaine, et vous ?

Il arrive que dans un livre, il y ait un mot inconnu de moi, eh bien là, j'en ai trouvé deux : avunculaire (page 14) se rapporte à un oncle ou une tante, bachique (page 67) se rapporte à Bacchus et au vin.

 

Une lecture pour les challenges 1 % de la rentrée littéraire 2013, Petit Bac 2014 (catégorie Lieu), Premier roman et US.

 

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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 04:05

L'orphelinat du bout du monde est le premier tome de Le Surnatureur, une série d'Éric Sanvoisin. Il est paru aux éditions Milan dans la collection Grands romans en 2009 (250 pages, épuisé, ISBN 978-2-74593-617-2).

 

Éric Sanvoisin est né le 16 juin 1961 à Valence (Drôme). Il est bibliothécaire à Saint Brieuc (Bretagne) et auteur de livres pour la jeunesse parus chez plusieurs éditeurs (Nathan, Magnard, Milan, Casterman...). Plus d'infos sur son blog, http://sanvoisin.over-blog.com/.

 

« Il adorait la lecture, silencieuse ou à voix haute. Il lisait beaucoup, de préférence la nuit, quand le calme le plus profond enveloppait les moindres recoins de l'orphelinat. » (page 12). « Ce qu'Alexandre adorait tout particulièrement, dans les livres, c'était leur capacité à l'extraire de sa triste condition. Grâce à eux, il se sentait pousser des ailes et le monde semblait s'ouvrir, vaste, sans limites ; il oubliait un peu sa vie à l'orphelinat et son maudit fauteuil roulant. » (page 14).

 

Quand il avait 3 ans, Alexandre a perdu ses jambes dans un accident de voiture. Dix ans après, il a perdu ses parents dans le crash de leur avion (mais leurs corps n'ont jamais été retrouvés). Son oncle et tuteur, Sidonius Legrand, frère aîné de son père, qui gère l'entreprise depuis la disparition des parents, l'a placé à l'orphelinat Crésus. Alexandre ne s'y plaît pas.

« […] une prison. Prison dorée […] le confort tant vanté un leurre. Le seul vrai confort , aux yeux d'Alexandre, se nommait liberté. » (page 22).

Après s'être isolé, l'adolescent se rapproche d'un garçon orphelin qui s'est cogné le front contre la porte de sa chambre et s'est évanoui. D'ailleurs « quatre élèves ont eu un malaise et, depuis, sont réveillés chaque nuit par les mêmes cauchemars. Des yeux terrifiants les menacent jusqu'au plus profond de leur sommeil. » (page 80).

John Major, un détective privé annonce à Alexandre que l'avion privé de ses parents a explosé en vol : c'est donc un attentat et la thèse de l'accident est remise en cause. Il a aussi découvert des choses sur une organisation secrète qui existe de façon très discrète depuis le XIIIe siècle, la Surnature.

Alexandre pense qu'il se passe des choses bizarres à l'orphelinat Crésus et que c'est lié à ses parents mais à qui peut-il se confier ? Au gentil professeur de français, Jean-Baptiste Brindavoine, plutôt qu'au professeur de maths, Antonin Balrogue ? À sa dévouée auxiliaire de vie scolaire (AVS), Samantha Beaufeuillage plutôt qu'à la directrice, Mademoiselle de Saint-Agathon ? Ou à ses nouveaux amis, Jules-Henri Métivier et Ève Lombargini ?

 

J'ai pris bien du plaisir à lire ce roman fantastique à suspense et j'aurais aimé percé le mystère, ou plutôt les mystères : la disparition des parents, l'orphelinat, les pouvoirs d'Alexandre, les êtres maléfiques qui l'entourent... Malheureusement, l'auteur considère ce livre comme « mort » (je ne l'ai pas trouvé sur le site de l'éditeur) et je crains qu'il n'y ait jamais de suite... Du coup, j'ai hésité à en parler avant, mais c'est du gâchis car il vaut vraiment le coup : siouplaît, m'sieur l'auteur, la suite !

 

Une lecture pour les challenges ABC critiques 2013-2014 (lettre S), Cartable et tableau noir, Jeunesse & young adults, Le mélange des genres (catégorie roman jeunesse), Petit Bac 2014 (catégorie bâtiment).

 

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19 mars 2014 3 19 /03 /mars /2014 03:45

Mémé est un roman de Philippe Torreton paru aux éditions L'iconoclaste en janvier 2014 (144 pages, 13 €, ISBN 978-2-913-36661-9).

 

Philippe Torreton est né le 13 octobre 1965 à Rouen (Seine Maritime, Normandie). Il est comédien (théâtre et cinéma) et auteur d'un essai sur son métier, Comme si c'était moi (Seuil, 2004) et d'un Petit lexique amoureux du théâtre (Stock, 2009) ; Mémé est donc son premier roman.

 

Ma grand-mère n'était pas malade et ne vivait pas dans une maison humide de Normandie avec un jardin mais j'ai trouvé des points communs avec la grand-mère du roman : l'édredon glacé (je l'appréciais bien l'été !), la machine à coudre à pédale (j'avais appris à l'utiliser !), l'appellation contrôlée « mémé », l'amour et les valeurs qu'elle m'a transmis, et les sentiments qui me liaient à elle (je n'en avais qu'une, l'autre était déjà morte). Des souvenirs qui ont ressurgi à la lecture de ce roman largement autobiographique du comédien Philippe Torreton mais ces souvenirs et ces émotions, ne sont-ils pas presque universels ?

« Je veillais sur ma grand-mère, pendant qu'elle veillait sur moi, ce fut mon premier emploi, gardien de nuit de mémé. » (page 12).

« Je ne voulais pas qu'elle meure avant mes vingt ans, car à vingt ans on est grand, on est un homme et un homme c'est dur à la peine, mémé il faut tenir ! À vingt ans, j'ai repoussé la « date de mort acceptable » à trente. Quand elle a arrêté de respirer pour de bon, j'en avais quarante et je n'étais toujours pas devenu un homme. » (page 13).

« Elle avait toujours quelque chose qui faisait du bien […]. » (page 31).

Homme du spectacle, Philippe Torreton raconte avec émotion comment sa mémé, née en mars 1914, aurait voulu faire de la musique mais elle a dû travailler à la ferme de ses parents puis en usine pour élever ses trois filles.

« Jeune, on t'a donné le nécessaire, adulte tu n'avais que l'utile et à la fin de ta vie il ne te restait que l'indispensable. » (page 50).

« Ton silence rendait le monde bavard et inaudible. » (page 61).

Une grand-mère qui a vécu proche de la nature, en consommant les produits de la ferme et en ne gâchant rien.

« Ils ne savent plus quoi inventer... un soupir... et tu retournais à ton épluchage de poulet froid. » (page 78).

L'auteur évoque la douceur de sa mémé, la tendresse des souvenirs, tout ce qu'elle lui a apporté avec des choses simples, naturelles, et la tristesse du manque.

« J'aimerais encore maintenant ouvrir la porte de sa cuisine et l'embrasser […]. » (page 93).

« Elle est née sans plastique, sans téléphone, sans radio, sans télé, sans mails, sans cliniques ni pédiatres, sans congés de maternité. Elle est née sous un ciel sans ces rails de nuages qui trahissent l'avion de ligne, […]. » (page 105).

Un joli roman, sincère, tendre, nostalgique et parfois drôle, pour tous ceux qui aiment leur mémé même si elle n'est plus là...

« Ça tient pas le coup les hommes, les mémés sont plus solides. » (page 116).

 

Une lecture pour les challenges

ABC critiques 2013-2014 (lettre T),

Le mélange des genres

(autobiographie/témoignage),

Petit Bac 2014 (catégorie

sphère familiale),

Premier roman et

Rentrée littéraire d'hiver 2014.

 

 

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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 03:20

Code 1879 : les enquêtes du généalogiste est un roman de Dan Waddell paru aux éditions du Rouergue en 2010 mais je l'ai lu en Babel noir (n° 57) paru en janvier 2012 (368 pages, 8,70 €, ISBN 978-2-330-00268-8). The blood detective (2008) est traduit de l'anglais par Jean-René Dastugue.

 

Dan Waddell est un journaliste et auteur anglais né en 1972. Il vit à Londres. C'est en découvrant un secret de famille après la naissance de son fils (en 2003) qu'il comprend que le passé est important et influence les vie. Il utilise le pseudonyme de Dan James et a écrit deux livres pour la jeunesse (pour devenir détective comme Sherlock Holmes et pour devenir détective en généalogie). Plus d'infos sur http://www.danwaddell.net/.

 

Un matin, près de Ladbroke Grove, un homme est retrouvé mort.

L'inspecteur principal Grant Foster (plus de vingt ans dans la police) et son équipe de la Criminelle Ouest de Kensington (lieutenant Heather Jenkins, capitaine Andy Drinkwater...) mènent l'enquête.

« C'est assez moche, sir. » (page 12).

La victime, James Darbyshire, un trader de 31 ans, a été amputé des mains, a un poignard dans le cœur et une inscription gravée sur la poitrine : 1A137.

« Notre tueur essaie de nous dire quelque chose. Lorsque nous saurons ce que c'est, nous nous serons sérieusement rapprochés du moment de son arrestation. » (page 34).

Nigel Barnes, orphelin qui ne sait absolument rien sur sa famille, est devenu généalogiste et gagne sa vie en faisant des recherches sur les familles des autres.

« On éprouve une vraie sensation de réussite lorsque l'on aide les gens à surmonter ces obstacles, à retrouver des parents et des ancêtres dont ils ne savent rien. » (page 53).

Le généalogiste va être emmené à aider la police sur l'enquête et essayer de comprendre ce que représente le dernier numéro composé par Darbyshire avant de rendre l'âme : 1879.

« Il avait hâte de commencer les recherches, intrigué par ce qu'il allait découvrir. » (page 92).

Mais d'autres victimes sont découvertes et leur lien semble être dans le passé.

« Je ne peux pas m'empêcher de penser que si nous voulons avoir une petite chance de venir à bout du présent, il faut que nous en sachions le plus possible sur le passé. Ce n'est qu'à ce moment-là que les choses deviendront claires. » (page 180).

 

Mes passages préférés

« Vraiment, dit Foster. Il trouvait les infos dont il avait besoin sur Internet. Il méprisait les journaux, leurs manipulations, leurs mensonges, leurs duperies. » (page 163).

« Le passé est un être vivant : il est toujours là. La plupart d'entre nous l'ignorent, mais il est là. On ne peut pas l'effacer et l'oublier. » (page 236).

 

J'ai vu ce roman sur plusieurs blogs et il m'a vraiment fait envie ; malheureusement je n'ai pas eu le temps de le lire pour la lecture commune du 31 janvier dans le cadre du challenge British mysteries... Je n'ai maintenant qu'une hâte, c'est de lire le deuxième tome, Depuis le temps de vos pères, paru en 2012 aux éditions du Rouergue et en janvier 2013 en Babel noir. En effet, Code 1879 est passionnant ! L'intrigue avec le généalogiste est originale (même si je ne m'intéresse pas plus que ça à la généalogie), il y a de l'humour et du suspense, c'est vraiment British et c'est parfait pour passer un excellent moment de lecture. L'éditeur dit que Code 1879 est le « premier volet d'une série originale qui interroge le passé pour mieux démasquer les monstres de notre temps » et c'est vraiment intéressant. J'ai fait durer le plaisir car je n'avais pas envie que le livre se termine !

 

Une lecture pour les challenges Petit Bac (catégorie moment/temps, 1879 étant une année), Thrillers et polars, XIXe siècle ;

et pour l'Angleterre : British mysteries, God save the livre, Tour du monde en 8 ans et Voisins voisines.

 

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 04:07

Barbares ! est une nouvelle de science-fiction de Southeast Jones parue chez édition999 en octobre 2009 (7 pages, e-book gratuit).

 

Southeast Jones est le pseudonyme de Paul Demoulin, né en 1957 à Liège (Belgique). Passionné par la science-fiction dès l'enfance, il écrit sa première nouvelle à l'âge de 15 ans. Boulanger-pâtissier, il a toujours pris du temps pour lire et écrire. Plusieurs de ses nouvelles paraissent dans des magazines ou des fanzines et il a participé au recueil Fin(s) du monde, 20 récits pour en finir avec l'Apocalypse (2012).

Du même auteur : Contrat (2009), Émancipation (2009), Fin de semaine (2010), Migraine (2009), Rétrocession (2009), Le temps du repos (2009), Trip (2010).

 

« Les Barbares arrivent ! […] Dans moins de trois mois, il seront sur nous, semant la mort et la destruction. » (page 1).

Les quatre cent mille colons de Manamée ont peur. Ils savent qu'ils ne pourront tous être évacués à temps.

Quelque chose s'était passé sur cette planète avant leur arrivée mais ils ne savent pas quoi.

« Quelqu'un était venu. Quelqu'un avait dévasté ce monde. » (page 4).

C'est un soldat qui raconte, un soldat soulagé que son épouse Virna et leur fils Noon aient pu partir avant les combats.

Mais il sait qu'il ne pourra pas les rejoindre, qu'il va combattre et se sacrifier.

« Dans vingt ans, peut-être cinquante, nous serons capables de les repousser et pourquoi pas de les vaincre. » (page 5).

 

Qui sont ces Barbares si puissants et destructeurs ?

Une histoire agréable à lire, presque trop courte, et je ne m'attendais pas à la chute !

Une belle surprise donc.

J'ai vu deux fautes, page 1, fuyions au lieu de fuyons et age au lieu de âge.

Mais c'est un auteur belge à découvrir et à suivre !

 

Une lecture pour le Mois belge (de janvier qui continue en février !) dans le cadre de Littérature francophone et que je mets aussi dans les challenges Anticipation et Geek.

 

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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 03:59

Le secret de Cracovie est un roman de Małgorzata et Michał Kuźmiński paru aux éditions ZdL en novembre 2013 (418 pages, 24,90 €, ISBN 978-2-9538791-7-9). Sekret Kroke (2009) est traduit du polonais par Jacqueline Dera-Fisher.

 

Je remercie Virginie et les éditions ZdL (Zofia de Lannurien) pour ce roman. J'ai découvert cette toute nouvelle maison d'éditions en 2011 avec Churchill à Yalta – La Pologne trahie, de Michael Dobbs.

 

Małgorzata Fugiel-Kuźmińska est anthropologue spécialisée dans la culture (langues, modes de pensée, ethnologie...). Elle travaille dans les relations publiques et la publicité.

Michał Kuźmiński est journaliste et expert des médias.

Le secret de Cracovie est le premier roman du couple.

 

Mars 1939. Il y a un nouveau pape, Pie XII. Benjamin quitte Prague pour la Pologne plus sûre. C'est la fête de Pourim.

Les Juifs ont peur « mais je me dis, reprit le père, que cette année sera meilleure. Que Adonaï sera avec nous, puisqu'il nous a déjà accordé un beau printemps. Qu'Il va changer notre sort. C'est bien ce que nous fêtons à Pourim, la fête des sorts, déclara-t-il sans plus trembler. » (Jacob Rosenberg, page 27).

Il existerait une relique détenue par une fraternité secrète – créée au XIIe siècle par Lévi des Livius d'Alexandrie – qui peut changer le destin du monde.

« Fraternitas Alchelmistarum, la Confrérie des Alchimistes. » (page 44). « Un certain manuscrit, reprit-il, contient une hérésie restée en sommeil des siècles durant. Dans la situation politique actuelle, elle constitue un danger mortel pour l'Église, pour la sainte foi chrétienne et pour tout le monde civilisé. » (page 45). « un rouleau couvert de signes mystérieux qu'une confrérie secrète était chargé de protéger. » (page 50).

Le cardinal Marco Tornicelli envoie à sa recherche un moine soldat espagnol, Carlos Chacal.

Depuis Nuremberg, le nazi Otto von Liennenheim envoie en Pologne son espion, le Prince Mikhaïl Nikolaïevitch Romanov, qu'il tient sous sa coupe. « Il lui fallait intercepter le manuscrit. Lorsque cela arriverait, le monde serait convaincu du droit immémorial du Reich à sa domination et sa progression serait irrésistible. Et lui, précisément, Otto von Liennenheim, Kriminaldirektor de la Gestapo, serait le prêtre célébrant cet hommage. » (page 120).

Et un collectionneur américain envoie Jimmy Gonshènitza qui va s'allier avec Maciek Messer et sa pègre locale.

Pendant ce temps, Rebecca et Eva (19 ans), respectivement fille et nièce de Jacob Rosenberg, étudient l'Art et rêvent d'une belle vie. Franek, l'étudiant aux cheveux roux, propose ses services à Romanov dès son arrivée. Les chasseurs de relique vont débarquer dans la vie de ces jeunes de Cracovie et, comme les meurtres s'accumulent, le sous-commissaire Milosz Lucznik va mener l'enquête.

(source de l'illustration ci-dessus http://www.lapetite-pologne.com/includes/languages/french/kazimierz.html).

 

Ce roman n'est pas seulement un très bon thriller historique voire ésotérique, il est aussi une passionnante balade dans la ville de Cracovie et en particulier dans le vieux quartier de Kazimierz (le nom yiddish est Kroke) principalement habité par des Juifs (dont plusieurs sont antiquaires et pourraient posséder la relique). Les traditions juives et l'ambiance de ce quartier sont vraiment bien transcrites avec l'augmentation des persécutions contre les Juifs et la montée de la peur.

J'avais déjà pas mal lu sur Varsovie et son tristement célèbre ghetto mais pas sur Cracovie qui me semble une très belle ville chargée d'Histoire.

(source de l'illustration ci-dessus http://www.shabbat-goy.com/?page_id=2098).

Situé près de la Vistule, le ghetto de Cracovie (créé en mars 1941, soit deux ans après les événements de ce roman) est peut-être moins connu que le ghetto de Varsovie mais des noms comme Roman Polanski (qui y vécut enfant), Oscar Schindler (qui fit travailler les habitants du ghetto dans sa fabrique d'émail), Tadeusz Pankiewicz (qui fut le seul non-Juif à rester dans le ghetto de Podgórze et qui raconta la vie du ghetto dans La pharmacie du ghetto de Cracovie paru chez Actes Sud en 1998) vous disent sûrement quelque chose. Dans le roman, le lecteur croise Władysław Szpilman (page 284), célèbre pianiste et compositeur polonais, auteur de La mort d'une ville, immortalisé par Le pianiste réalisé par Roman Polanski en 1993.

Le quartier de Kazimierz est classé au Patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1978, ainsi que les autres quartiers historiques de Cracovie : Stare Miasto (Vieille Ville) et Wawel.

 

Mon passage préféré

« Il tira de son gousset une montre suspendue à une chaînette d'argent.

– Quant à moi, ajouta-t-il, je dois m'en aller sans plus tarder. On m'attend. Si j'en crois la chance que nous avons, peut-être nous reverrons-nous.

Le plus naturellement du monde, il lui fit un clin d'œil, se retourna et s'en alla vers la rue.

– Attends ! s'écria-t-elle à cet instant. Quel est ton prénom ?

Il s'arrêtat. Son visage disparaissait dans l'ombre de la porte cochère dont l'arc laissait filtrer, à l'autre bout du passage, l'éclat intense de la rue inondée de soleil. Les appels, les cris d'enfants, les bruits de pas des passants, tout se fondait en une rumeur sourde et uniforme.

– Je m'appelle Romanov. Mikhaïl Romanov, dit-il en effleurant le bord de son chapeau. Prince.

Puis il s'éloigna. » (page 153).

Vous l'aurez compris, ce roman est aussi une charmante histoire d'amour entre Rebecca Rosenberg, jeune femme passionnée par l'Art, innocente, naïve, inexpérimentée et le loup dans la bergerie, Mikhaïl Nikolaïevitch Romanov, prince russe (et neveu du tsar Nicolas II assassiné avec sa famille en 1917 à Ekaterinbourg).

 

Je « voyage » régulièrement en Pologne ces derniers temps ! Poznan avec Second portrait d'Irena, de Laura Berg, Varsovie avec Les impliqués, de Zygmunt Miłoszewski et Cracovie avec ce roman. Comme je le disais il y a quelques jours : la Pologne, nouvel eldorado du roman policier ? En tout cas, j'aime ce pays et si vous avez d'autres romans à me conseiller, en particulier des romans policiers, n'hésitez pas !

 

Si vous comprenez le polonais !

Une lecture enrichissante pour les challenges 1 % de la rentrée littéraire 2013, Lire sous la contrainte (nom + nom), Petit Bac 2014 (catégorie Lieu), Premier roman, Thrillers et polars, Tour du monde en 8 ans et Voisins voisines (Pologne).

 

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19 février 2014 3 19 /02 /février /2014 00:06

Les impliqués est un roman de Zygmunt Miłoszewski paru aux éditions Mirobole dans la collection Horizons noirs en octobre 2013 (448 pages, 22 €, ISBN 979-10-92145-09-0). Uwikłanie (2007) est traduit du polonais par Kamil Barbarski.

 

Je remercie Muriel et les éditions Mirobole de m'avoir envoyé ce roman et je tiens à m'excuser pour le retard que j'ai pris à en parler. Je l'ai commencé peu de temps après sa réception à l'automne dernier mais je l'ai laissé tomber ; comme le début m'avait quand même plu, je l'ai repris aux vacances de Noël mais je l'ai encore une fois abandonné... Début février, je me suis dit qu'il ne méritait vraiment pas ça : je l'ai repris sérieusement et je ne regrette pas ma lecture !

 

Zygmunt Miłoszewsk est né le 8 mai 1976 à Varsovie (Pologne). Il est journaliste (chronique judiciaire, jeux vidéo) et romancier. Du même auteur : Domofon (L'interphone) en 2005 (roman fantastique) ; Góry żmijowe (Les monts de la vipère) en 2006 (conte fantastique jeunesse) ; Ziarno prawdy (Une graine de vérité) en 2011 (deuxième roman avec le procureur Teodore Szacki) et Bezcenny (Hors de prix) en 2013 (thriller).

 

Juin 2005. Cloître de l'ancienne église de Czestochowa à Varsovie. Cezary Rudzki, un psychologue adepte de la « thérapie de la constellation », a réuni durant le week-end quatre patients pour une séance en groupe : Hanna Kwiatkowska, Barbara Jarczyk, Ebi Kaim et Henryk Telak mais le dimanche matin, ce dernier est retrouvé mort dans la crypte.

Teodore Szacki, procureur du district, va enquêter sur ce meurtre avec l'aide du commissaire Oleg Kuzniecov.

« L'église paroissiale de la Vierge Marie de Czestochowa s'était jadis tenue là, […]. Elle était restée à l'abandon des décennies durant, suscitant l'épouvante par ses ruines sombres, ses colonnes brisées et ses caveaux éventrés. Lorsque enfin on l'avait fait renaître de ses cendres, elle était devenue le symbole de la confusion stylistique qui régnait en ville. Quiconque empruntait la rue Lazienkowska devait affronter cette chimère de briques, ce mélange incongru de lieu de culte, de monastère, de château fort et de palais de Gargamel. Et maintenant, on venait d'y trouver un cadavre. » (page 22).

L'assassin est-il venu de l'extérieur ou est-il une des personnes de la thérapie ?

« […] on a un mort et quatre suspects, tous sobres et propres sur eux. » (page 24).

Les témoins disent tous que Henryk Telak « était triste, renfermé, en pleine dépression » (page 40) mais le mort ne s'est tout de même pas suicidé, pas en s'enfonçant une broche à rôtir dans un œil jusqu'au cerveau !

Teodore Szacki fait la connaissance de Monika Grzelka, une jeune journaliste, et de Jadwiga Telak, la veuve du mort embroché. La malheureuse femme a déjà perdu sa fille, Kasia, suicidée il y a quelques années et son fils, Bartek, est malade et incurable.

Mais Szacki n'a pas de piste sérieuse... « Aucune des auditions de témoin n'avait introduit de nouveaux éléments exploitables dans l'enquête. » (page 165).

 

« Ne me faites pas rire ! s'emporta Teodore Szacki. Ceci est une expérience d'investigation et non un roman policier. Je ne vais pas vous décrire en détails le déroulement de l'enquête. Et puis, une instruction fastidieuse se compose de centaines d'éléments et non d'un seul détective perspicace. » (page 416).

C'est pourtant de cette façon que le lecteur entre dans le roman. Tout est minutieusement détaillé. L'enquête est classique (conventionnelle) et pas trépidante mais c'est l'ambiance qui est intéressante. Chaque matin commence avec les actualités du jour et la météo, et enquête et vie du procureur Szacki sont intimement liées (ça m'a fait penser à la série danoise Forbrydelsen - The killing). Son épouse, Weronika, est conseillère juridique à l'hôtel de ville et le couple a une fillette, Hela.

L'enquête est longue, laborieuse, et cette lenteur peut gêner certains lecteurs qui aiment que tout se déroule, hum.... je dirais à l'américaine avec de l'action, des rebondissements, etc. Mais la lenteur est feinte car l'enquête se déroule sur douze jours seulement, entre le 5 et le 17 juin, ce qui est somme toute très rapide pour une enquête où tout a été cherché, vérifié et approfondi (il y a quand même un rebondissement le 18 juillet, soit un mois après la fin de l'enquête).

Sans rien dévoiler, je peux encore dire que j'ai bien apprécié la fin à la Hercule Poirot, je veux dire que tous les protagonistes sont réunis pour entendre le procureur et découvrir le(s) coupable(s).

J'ai l'impression que je ressors de cette lecture plus intelligente car l'auteur balade le lecteur dans la Varsovie moderne avec des retours dans l'Histoire (pas glorieuse) d'après-guerre et dans les vies de plusieurs familles. J'espère que le procureur Teodore Szacki, fonctionnaire pointilleux, pas satisfait de sa vie et de la routine ambiante (il n'a que 36 ans mais il m'a paru plus vieux), va prendre de l'ampleur car il existe une deuxième enquête, Ziarno prawdy - Une graine de vérité, parue en 2011 en Pologne. D'ailleurs, en 2011 également, le roman Les impliqués a été adapté au cinéma en Pologne par Jacek Bromski (1946-...) et a reçu le Prix Gros Calibre.

 

Les clins d'œil de l'auteur

« Méfiez-vous des séries télévisées. En Pologne, c'est le procureur qui dirige les investigations sérieuses. La police l'aide si on le lui ordonne, mais de sa propre initiative elle ne peut traquer que les voleurs de voitures et les cambrioleurs. » (page 87).

« La presse peut aussi commettre des erreurs, monsieur le procureur. C'est le lot de tous les pouvoirs.

La différence, c'est qu'on n'élit pas la presse au suffrage universel, rétorqua Szacki. L'histoire nous enseigne qu'un pouvoir autoproclamé se rend coupable d'un grand nombre de fautes. Et aussi qu'il les étouffe avec la plus grande efficacité. » (page 186).

« Bordel, pourquoi personne ne veut comprendre à quoi ressemblait vraiment la Pologne de l'époque ? Je vais te dire : c'était un système totalitaire fondé sur l'asservissement et la répression des citoyens par tous les moyens disponibles. Un système où le dernier mot revenait toujours à l'appareil de la terreur, et tant pis si ça sonne pathétique. L'appareil de la terreur, c'est-à-dire des services secrets qui espionnaient tout le monde, prêts à intervenir à chaque instant. » (pages 362-363).

 

Mes passages préférés

« Peut-être qu'il vaut mieux ne pas se souvenir de certaines choses. » (page 300).

« Je ne sais pas si vous avez aimé un jour. Vraiment aimé. Si oui, alors vous avez de la chance. Si non, alors je vous envie, car la plus grande aventure de l'existence se trouve peut-être encore devant vous. Savez-vous de quoi je parle ? Prenez les romans. Lire Le Maître et Marguerite au lycée était une expérience fabuleuse, mais je suis folle de jalousie à l'idée qu'il existe des adultes qui vont encore découvrir ce plaisir. Parfois, je me demande comment ça serait de lire Boukgakov pour la première fois aujourd'hui. Bref... En tout cas, si vous vous apprêtez à répondre « je ne sais pas », alors cela veut dire que vous n'avez pas aimé. » (page 436).

 

Une lecture pour les challenges 1 % de la rentrée littéraire 2013, Thrillers et polars, Tour du monde en 8 ans et Voisins voisines (Pologne).

 

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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 00:59

Les contes d'Amy est un recueil de nouvelles de Frédéric Livyns paru aux éditions Lokomodo en octobre 2013 avec une préface de Christophe Collins et un marque-page (223 pages, 6 €, ISBN 978-2-35900-187-7).

 

Frédéric Livyns est né le 2 juin 1970 à Tournai en Belgique. Passionné par la littérature et le fantastique, il lit beaucoup et commence à écrire dès l'âge de 12 ans. Le recueil Les contes d'Amy est d'abord paru en 2011 aux éditions Chloé des Lys et a reçu le Prix Masterton en 2012. Plus d'infos sur http://phero.e-monsite.com/.

Du même auteur

Sous le pseudonyme de Kiss Huige : Phero Nexafreuse, Matriarcat et Résurgence (romans).

Sous le pseudonyme de Joshua Zell : D'échéance de soi (recueil de poèmes).

Sous son nom : Catharsis, Oxana, Danse de sang, Le souffle des ténèbres (romans) et Entrez... (recueil de nouvelles).

 

Je remercie Peggy et les éditions Lokomodo pour ce recueil de nouvelles.

 

Intro – Charles et Coralie visitent Les Pins, une immense bâtisse en pleine forêt qui fut un asile psychiatrique et que les Allemands ont réquisitionné pendant la guerre. Pendant que son mari voit les dégâts à l'étage avec l'agent immobilier, Coralie entre dans l'ancien local des médecins et découvre le dossier et le cahier d'Amy, une fillette de dix ans avec un visage de vieille femme.

Fin de route – Christophe et Cindy sont divorcés mais en bon terme car ils ont une fille de huit ans, Déborah, qui est atteinte de Chorée de Huntington. Christophe vit maintenant avec Céline à l'autre bout du pays mais il prend la route car sa fille mourante le réclame.

Amour éternel – Afin de fonder une famille, Christian et Sophie ont acheté une maison qu'ils retapent avec des amis. Mais l'état de santé de Sophie se dégrade très rapidement sans que les médecins trouvent quoi que ce soit.

Le village maudit – C'est l'hiver dans le petit village de Tépiat où vivent une trentaine de familles. Des loups rôdent et ont attaqué une vache. Bertrand le conteur pense à autre chose mais les hommes se moquent de son imagination.

Au revoir – Marie est réveillée en pleine nuit par les hurlements de Pauline, sa fille de douze ans : son cauchemar paraissait si réel qu'elle a vu quelque chose se déplacer autour de son lit. Mais Marie pense que sa fille est traumatisée à cause de la récente séparation d'avec son père.

Eurydice – François et ses amis rentrent à cinq heures du matin : François, vingt-neuf ans, est un « ami fidèle, drôle et intelligent » (page 105) qui ne boit jamais mais un chauffard ivre croise leur route. Sa famille et ses proches sont effondrés par cette mort tragique et son petit chien, croisé bichon maltais et caniche, nommée Eurydice, refuse de se nourrir.

Réminiscences – Une virée entre copains : « Le dernier arrivé payait les prochaines tournées. » (page 113). Depuis l'accident, Christophe a perdu une partie de sa mémoire, il a des migraines et des visions horribles.

La nuit vient – « […] les ténèbres originelles. […] Elles se nourrissent de nos peurs. Elles s'en délectent même. » (page 130). Une jeune femme fragile mentalement, soupçonnée d'avoir tué ses parents, est enfermée.

La véritable nature de l'homme – Virginie, trente-deux ans, tout juste divorcée de son infidèle de mari après sept ans de vie commune, va danser en boîte de nuit avec des copines. Elle y rencontre Chris, un inconnu.

La forêt – Après dix ans de vie commune, Véronique l'a quitté. Alors monsieur Lafleur a accepté cet emploi de gardien à Bocar, un village au milieu de la forêt dans le Vercors. Mais les villageois sont bizarres.

L'ami – Tionille, un village vieillissant dans le sud de la France. Après la construction de maisons neuves, de nouveaux habitants arrivent. Mais Christelle, décoratrice, venue avec sa fille de six ans, Clarisse, préfère vivre au Manoir Parker qui a appartenu à un architecte anglais. Clarisse communique avec un ami imaginaire, Louis.

Cimetière – Bruno, mis à la porte par son épouse, a passé la nuit dans un parc. Il accepte le poste de gardien de cimetière (logé) mais est-ce bien les ados qui vandalisent les tombent ?

Outro – « Coralie referma le livre. Elle n'avait jamais rien lu d'aussi malsain. » (page 213).

 

Fut un temps où j'aurais été morte de trouille de lire des nouvelles de ce genre, fantastique horreur, et où j'aurais fait des cauchemars et ça faisait longtemps que je n'avais pas lu cette catégorie de livres ! Là, pas de cauchemars bien que j'aie lu ce recueil la nuit, eh oui ! Par contre, ça n'enlève rien à la qualité de ces nouvelles qui sont toutes plus réussies les unes que les autres ! Autant dire que ce recueil n'est pas inégal et que toutes les histoires se lisent avec délectation et... horreur ! Frédéric Livyns est réellement inventif car les nouvelles se déroulent toutes d'une façon différente et les chutes sont bien adaptées sans que le lecteur reste sur sa faim. Fin de route et Eurydice sont plus tendres. La nuit vient et La forêt font un peu plus peur. Et vous, oserez-vous lire ce livre ?

 

Denis m'a appris que le Mois belge (janvier) – dans le cadre du challenge Littérature francophone – continuait en février : chouette, je vais y mettre cet auteur ! Je mets aussi ce recueil dans 1 % de la rentrée littéraire 2013, Des contes à rendre, Lire sous la contrainte (nom + nom), Petit Bac 2014 (catégorie Prénom), Tour du monde en 8 ans et Voisins voisines (Belgique).

 

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13 février 2014 4 13 /02 /février /2014 03:47

La tête de l'emploi est un roman de David Foenkinos paru aux éditions J'ai Lu dans la collection Grand format le 8 janvier 2014 (286 pages, 13,50 €, ISBN 978-2-290-07744-3).

 

Je remercie Mathilde et les éditions J'ai Lu de m'avoir envoyé ce roman de la rentrée littéraire d'hiver.

 

David Foenkinos... Dois-je encore le présenter ? Il est né en 1974 à Paris, a étudié à la Sorbonne et il est un des grands écrivains français de ce début de XXIe siècle. Coup de cœur pour Lennon en 2010. Coup de cœur pour Les souvenirs en 2011. J'ai prévu de lire ses autres titres et j'en attends sûrement beaucoup !

 

« Un jour, mes parents ont eu l'étrange idée de faire un enfant : moi. » (première phrase du roman, page 9).

Bernard est un enfant unique. Ses parents, Raymond et Martine, se sont rencontrés en 1953 et ils ont maintenant 80 ans. Bernard a toujours ressenti de l'incompréhension vis-à-vis d'eux et de leur façon de vivre.

« Ils vivent leur vie le plus discrètement possible, comme pour se faire oublier de la mort. Le secret de la longévité, c'est sûrement ça : ne pas faire de bruit. » (page 16).

Maintenant Bernard a 50 ans et il a réussi sa vie, normal, il avait la tête de l'emploi ! Il a gravi les échelons dans la banque (la BNP) où il a commencé comme stagiaire pour devenir conseiller financier. Son épouse, Nathalie, une belle femme, est psychologue. Leur fille, Alice, part à São Paulo pour un stage d'un an (voire deux).

Bien sûr, Bernard est fier de la réussite de sa fille mais il est aussi triste de son départ, et c'est à partir de ce jour-là que sa vie va s'écrouler, parce que justement, il a la tête de l'emploi !

Alice partie, Nathalie annonce à Bernard qu'elle a besoin d'être seule, de prendre du recul... (On sait que, souvent, c'est le début de la fin !).

« Je ne peux pas m'imaginer sans Nathalie. » (page 34). « Je quittais notre appartement comme un homme, alors que je voulais pleurer comme un enfant. » (page 60).

Pour couronner le tout, à cause de la crise (qui a bon dos), Bernard se retrouve au guichet à la banque comme un simple employé.

« […] on venait de me voler ma vie. Je n'avais plus rien. Et ce n'était que le début. » (page 81).

Bernard est sous le choc, humilié, seul...

« Je dus admettre que je n'avais plus le choix, il ne me restait qu'une seule solution. Une destination qui serait parfaite pour parachever le désastre : mes parents. » (page 93).

Ainsi, pratiquement 30 ans après son départ, Bernard retrouve sa chambre d'ado qui n'a pas bougé !

 

Bernard n'aime pas son prénom mais, rappelons-le, il a la tête de l'emploi : tout lui a souri dans les années 80 et 90, les études, un bon travail, une vie sociale enviable, une épouse belle et intelligente, une fille belle et intelligente, mais, à 50 ans, il se retrouve tout à coup seul, confronté au désintérêt de tous (qui prend de ses nouvelles ?) et démuni (plus de toit, plus de travail, plus de salaire) avec ce qui en découle : une totale perte de confiance et le retour inévitable chez ses parents.

L'auteur en profite pour traiter le monde du travail, sa difficulté, la mauvaise gestion des « ressources » humaines en plus des relations dans le couple et entre parents et enfants. La crise, elle n'est pas seulement dans le travail, elle est partout, chez des adultes qui n'ont pas vraiment grandi, dans les couples et elle détruit des vies.

Ce roman m'a fait rire, m'a émue, m'a enchantée, et même si d'aucuns diront qu'il est léger et pas inoubliable, je reste dans le coup de cœur pour David Foenkinos et pour ce que j'apprécie : sa délicate écriture, sa façon touchante et sincère de parler de l'amour, de la vie et sa tendresse pleine d'humour pour ses personnages.

 

Mes passages préférés

« On pleurait, on riait. On s'aimait, on se quittait. La vie était tragique et pleine de promesses. Mais je savais que mon avenir sans Nathalie serait terrible. » (page 134).

« On espère toujours quelque chose qui ne peut pas exister. » (page 173).

Une lecture pour les challenges Lire sous la contrainte (nom + nom) et Rentrée littéraire d'hiver 2014.

 

 

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12 février 2014 3 12 /02 /février /2014 04:38

Herbe noire est un roman de Pierre Willi paru aux éditions Krakoen dans la collection Polar en janvier 2014 (264 pages, 14,80 €, ISBN 978-2-367940366).

 

Je remercie Gilles G. et les éditions Krakoen pour ce roman de la rentrée littéraire d'hiver.

 

Pierre Willi, né en 1956, est auteur, peintre et navigateur ; il est originaire du Nord mais vit dans le Périgord. Herbe noire est son septième roman mais je ne connaissais pas cet auteur. Plus d'infos sur http://pierrewilli.eklablog.com/.

 

Paulin, 13 ans, est en internat chez les sœurs. Lors des vacances, il rentre à la ferme dans le hameau de Treunouille. C'est un coin isolé, entre Poitiers et Guéret, dans la Haute-Vienne, avec un étang, une petite rivière et quatre fermes dont celle de ses parents, Denise et Raymond Tersanne.

« Ici, c'est pas le bout du monde, non, on se retrouverait plutôt en plein centre... Le centre du Centre. » (page 6).

Il retrouve les enfants des voisins, les Delambre : Nadège, surnommée Nana, 14 ans, et son frère Gérard, 16 ans. Nana a arrêté de parler depuis des années. Il y a aussi Gabriel, qui a une moto, et vit normalement à la ville.

« Nana, si elle ne parle plus, elle continue de s'exprimer. Je veux dire qu'elle parle avec les gestes, le visage, les yeux, mais seulement quand elle veut et à qui elle veut. […] Un jour, on va se barrer tous les deux, loin, très loin. Le plus loin possible ! Je ne sais pas encore où ni comment, mais je sais qu'on va se barrer. On ne va pas rester là, à se laisser pourrir doucement sur pied comme les autres. Finir comme eux ? Non ! Ce n'est pas possible. » (page 35-36).

Réprimandes chez les sœurs, réprimandes chez ses parents...

« Cette année, les vacances, elles commencent mal. J'ai bien l'impression que ça va être un été pourri. » (page 62).

 

Autant le dire tout de suite : ce roman a sûrement un fort potentiel mais je n'ai pas aimé le style ! Trop de mots inventés (vasouille, sandouiches...), des fautes de grammaire (malgré que...) et un décor un peu trop noirci pour être plausible.

Des paysans ruinés et inactifs suite à des années de surproduction, violents et alcooliques.

Des ados – entre 13 et 18 ans – désœuvrés, qui consomment cigarettes, alcools, drogues, qui jouent avec le sexe et avec des armes à feu (chargées).

« Les rêves et la réalité sont tellement mélangés, tellement dans tous les sens, que je renonce à reconstruire ma mémoire de la veille. D'ailleurs, peut-être que je rêve encore ? » (page 105-106).

Non seulement ce serait plutôt un cauchemar qu'un rêve mais en plus Paulin ne va pas rêver longtemps...

« On est partis. On ne reviendra plus. » (page 137). « Où va-t-on ? […] – Le plus loin possible. – Autant dire jusque nulle part. – T'as une meilleure idée ? – Non. – Alors, allons-y. » (page 152).

Le sous-titre, sur la couverture, prévient « Obligés de fuir, ils ne sont jamais revenus » et effectivement, la fuite (les cent dernières pages à peu près) m'a plus intéressée que le début du roman, plutôt rural. Mais, même s'il y a une ambiance dans Herbe noire (et elle est plutôt sombre), ce roman m'a un peu ennuyée... Cependant, si vous aimez les tragédies et les road movies sanglants, ce livre noir peut vous plaire.

Mon passage préféré : « Ah, la famille, Paulin, la famille ! C'est comme une toxine qu'on a dans le sang. » (page 174).

 

Une lecture pour les challenges ABC critiques 2013-2014 (lettre W), Bookineurs en couleurs (couverture noire), Rentrée littéraire d'hiver 2014 et Thrillers et polars 2013-2014.

 

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