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9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 13:59

La bibliothèque des instruments de musique 악기들의 도서관 est un recueil de nouvelles de KIM Jung-hyuk 김중혁 paru aux éditions Decrescenzo dans la collection Micro-fictions en octobre 2012 (126 pages, 15 €, ISBN 978-2-36727-001-2). Ces textes (2008) sont traduits du coréen par Moon so-young, Lee Seung-shin, Hwang Ji-young, Lee Tae-yeon, Jeong Hyun-joo, Lee Goo-hyun et Aurélie Gaudillat qui signe la préface.

 

Kim Jung-hyuk est né en 1971 à Kimcheong (province de Gyeongsang, Corée du Sud). Il a suivi des études littéraires. Il est écrivain, illustrateur, journaliste, photographe, web-designer et disc-jockey.

Ses recueils de nouvelles : Penguin news (2006), Que sera, sera (2011), 1F/B1 (2012). La bibliothèque des instruments de musique est son deuxième recueil de nouvelles.

Ses romans : Les zombies (2010), Mister Monorail (2011).

Plus d'infos sur son blog, http://www.penguinnews.net/ (en coréen !).

 

Les éditions Decrescenzo sont situées à Fuveau, près d'Aix en Procence. Elles ont été fondées par Jean-Claude de Crescenzo et son épouse coréenne, Kim Hye-gyeong de Crescenzo, et sont dirigées par Franck de Crescenzo, leur fils. Elles publient exclusivement à la littérature coréenne.

 

La bibliothèque des instruments de musique

Titre original : Akkideuleui doseogwan

En sortant du travail, le narrateur a été percuté par une voiture sur le passage piétons. Pendant que son corps est projeté en l'air, cette phrase lui vient à l'esprit : « C'est injuste de mourir anonyme. » (page 23). Par miracle, il reste en vie, et quelques mois après, il est embauché au magasin Musica. « Je n'ai pas vraiment le physique pour vendre des instruments de musique. – Ha ! Ha ! Vous pensez qu'il y a un physique pour vendre des instruments ? Vous êtes un comique ! » (page 33). Le jeune homme se prend de passion pour les instruments et la musique. « Mon cœur vibrait à chaque note. » (page 35). Il veut même créer une nouvelle classifications pour les instruments et se met à enregistrer leurs différents sons.

Cette première nouvelle, qui donne le titre au recueil, entre bien dans le vif du sujet : un événement inattendu bouleverse la vie d'un jeune homme qui cherchait sa place dans la société. Une société hiérarchisée, dure, impitoyable, dans laquelle le « Ce qui ne me tue pas me rend plus fort » de Friedrich Nietzsche a toute sa place. L'autre thème qui a son importance est la musique, elle va permettre au jeune homme de « revivre », de trouver sa place, de s'épanouir et de faire quelque chose d'utile.

 

B et moi

Titre original : Nawa B

Le narrateur travaille dans un magasin de disques mais l'industrie du disque est en crise et les affaires vont mal... Un soir, il est confronté à un voleur qu'il revoit une semaine plus tard jouer de la guitare dans le parc. Contre toute attente, ils vont devenir amis et B propose au vendeur de lui enseigner la guitare. « Pathétique ! Je rêvais de devenir guitariste mais mon corps s'y refusait. » (page 59). Alors que le vendeur, ayant entre temps perdu son emploi (le magasin a fermé), développe une allergie qui l'empêche de jouer, B devient « un jeune guitariste talentueux et prometteur » (page 61).

Dans cette nouvelle, deux êtres que tout oppose (un vendeur et un voleur) vont se rapprocher grâce à leurs points communs : la guitare et leur amour de la musique. Ce récit est moins douloureux que le précédent mais il montre deux choses indispensables dans la société coréenne : le travail et une bonne santé. Et si dans la première nouvelle, la confiance du patron rendait le jeune homme fort face à sa nouvelle vie, c'est ici l'amitié entre les deux hommes qui les renforce mutuellement.

 

D le décalé

Titre original : Eotbakja D

En regardant le film d'un concert de musique qu'il a produit, le narrateur reconnaît D le décalé qu'il a connu il y a vingt ans : ils étaient ensemble au lycée et dans la chorale pour la fête de fin d'année. En fait, l'homme saute au moment où les autres retombent ce qui le fait paraître plus grand. Pas de doute, il mérite toujours son surnom de décalé ! « Il est trop rigolo, ton ami. Si on le mettait dans l'intro ? Et pourquoi pas sur la jaquette du DVD ? » (page 76). Après la sortie du DVD, le narrateur est contacté par D pour organisé le concert de Double Dubbing. Bien que gêné, le producteur accepte et ne le regrette pas : « Double Dubbing et son groupe régnaient en maîtres sur la scène au point qu'il était difficile de croire que c'était leur premier concert. » (page 96).

Pas facile de revoir un copain de classe qu'on n'a pas vu depuis vingt ans et qui avait été la risée de tout le lycée tant il chantait faux (D représente en fait la note ré qu'il forçait). Mais accepter de le rencontrer et donner sa chance au Décalé peut être bénéfique pour les deux hommes. Toujours la musique, importante, et puis là, un traumatisme, réglé vingt ans après, pas de haine, mais D prend sa revanche, pas une vengeance hein !, une revanche, sur ses anciens copains de classe et le professeur de musique, sur la musique, et gagne le respect de tous.

Cette nouvelle a reçu le Prix littéraire Kim Yu-jeong en 2008.

 

Les maniaques de vinyles

Titre original : Binilgwand sidae

Pour payer ses études, le narrateur travaille la journée chez un disquaire et le soir comme disc-jockey sous le pseudonyme de DJ Stiff. Lui et son ami, DJ Koala, souhaitent devenir DJ pro après l'épreuve de la fête de fin d'année. « Dans nos moments d'ennuis nous communiquons par mixages interposés […]. Personne ne comprend ce que nous disons, mais c'est notre manière de communiquer. » (page 111). Un soir, ils vont choisir des disques au Réserv'vinyle et y rencontrent un étrange collectionneur. Celui-ci invite DJ Stiff à venir voir ses disques mais il l'enferme des jours dans sa cave car il déteste les DJ qui, à son avis, ne font pas de la vraie musique.

Ici, pas de perte d'emploi et pas d'accident, mais un étudiant confronté à la folie d'un homme, d'un inconnu, et qui a subi un éprouvant enfermement. DJ Stiff n'en sort pas sans dommages, à tel point qu'il ne peut plus faire de musique... Heureusement, la musique est plus forte que tout et l'amitié de son ami l'aidera à retrouver ses esprits et à refaire surface. Encore une fois, il y a la musique, décidément très importante dans ces quatre récits, et le thème déjà abordé de la bonne santé est considéré ici sous la forme de la santé mentale.

 

Ainsi pour bien vivre et bien travailler dans la société coréenne, il faut un corps sain dans un esprit sain, et si on présente un éventuel décalage, une originalité ou une excentricité, il faut l'utiliser pour en faire quelque chose d'utile, quelque chose de bien pour soi et pour tous, souvent en saisissant une opportunité liée à un événement inhabituel tels que ceux décrits dans les quatre récits !

Ces nouvelles m'ont plu aussi parce qu'elles abordent le thème de la musique ; elles sont une réflexion sur la vie et l'adversité, et également une réflexion sur la musique, la place de la musique dans la société coréenne et les relations qu'on peut avoir avec la musique.

Si vous aimez les nouvelles, la musique, la Corée, ou si vous êtes curieux, je vous conseille cet intéressant recueils de nouvelles dans lequel les quatre hommes s'en sortent mais pas dans la facilité. Elles ont la taille idéales, entre 20 et 25 pages, et sont écrites avec un certain humour et un réel talent d'écriture.

Un deuxième recueil de nouvelles de Kim Jung-hyuk est annoncé, Bus errant, j'ai hâte de le lire, ainsi que les autres auteurs de Decrescenzo !

 

Une lecture que je suis ravie de placer dans le Printemps coréen et aussi dans 1 % de la rentrée littéraire 2012, Je lis des nouvelles et des novellas, Petit Bac 2013 (catégorie Objets) et Tour du monde en 8 ans (Corée du Sud).

 

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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 12:41

À l'occasion du 192e anniversaire de la naissance Charles Baudelaire (voir le beau doodle de Google), j'ai décidé de relire cet auteur pour le challenge Un classique par mois.

 

Baudelaire2013.jpg

Charles Baudelaire est né le 9 avril 1821 à Paris. Il est surtout célèbre pour ses poèmes mais il était aussi critique, essayiste et traducteur. Il est mort le 31 août 1867 à Paris.

 

LaFanfarlo.jpgPlutôt que de parler de poésie et de romantisme, j'ai choisi de lire La Fanfarlo, une nouvelle parue dans le Bulletin de la Société des Gens de Lettres en janvier 1847, en fait la seule nouvelle écrite par Baudelaire !

 

Samuel Cramer, fils d'un Allemand et d'une Chilienne, est connu sous le nom de plume Manuela de Monteverde car il écrivit quelques textes romantiques.

Voici sa description : il avait « le front pur et noble, les yeux brillants comme des gouttes de café, le nez taquin et railleur, les lèvres impudentes et sensuelles, le menton carré et despote, la chevelure prétentieusement raphaélesque. »

Bien qu'ambitieux, il était fainéant et ses œuvres étaient ratées... Mais il se prenait pour un génie.

Un jour, au jardin du Luxembourg, il revit une jeune femme qu'il avait aimée quelques années auparavant en province.

« Du haut de sa solitude, encombrée de paperasses, pavée de bouquins et peuplée de ses rêves, Samuel apercevait souvent, se promenant dans une allée du Luxembourg, une forme et une figure qu'il avait aimées en province, - à l'âge où l'on aime l'amour. »

La jeune femme est maintenant mariée... « Elle s'appelait Mme de Cosmelly, et demeurait dans une des rues les plus aristocratiques du faubourg Saint-Germain. »

Mais son époux, plus âgé qu'elle, la trompe avec « une danseuse aussi bête que belle », la Fanfarlo.

Samuel décide d'aider son ancien amour.

 

De la littérature (Walter Scott, Diderot...), de la poésie, de la galanterie, de la mélancolie, de la vanité masculine, de la naïveté féminine, des pas de danse, de la gastronomie et quelques malentendus, voilà ce qui caractérise ce récit de Baudelaire.

Samuel le dandy va être pris à son propre piège, et Samuel, c'est un peu Baudelaire !

Quant à la Fanfarlo, elle est probablement un avatar de Lola Montès qui défraya la chronique dans les années 1840.

La Fanfarlo est une nouvelle agréable à lire, non dénuée d'humour, mais ce n'est pas elle qui fit la renommée de Baudelaire !

 

Une lecture dans les challenges Cent pages, Je lis des nouvelles et des novellas et Un classique par mois.

DefiCentPages NouvellesChallenge2 ClassiqueMois4


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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 05:45

Etoile.gifL'étoile (Звезда) est un conte de Vikenti Veressaïev paru en Russie en 1903.

 

Vikenti Veressaïev (Вике́нтий Вике́нтьевич Вереса́ев) de son vrai nom Vikenti Vikentievitch Smidovitch (Викéнтий Викéнтьевич Смидо́вич) est né le 4 janvier 1867 à Toula en Russie (à moins de 200 km au sud de Moscou). Fils de médecin, il a étudié la philologie et la médecine. Il exerça la médecine et vécut en parallèle une carrière de romancier, nouvelliste, poète, critique (une étude sur Tolstoï et Dostoïevski) et traducteur (après un voyage en Grèce, en 1910, il traduisit L'Iliade et L'Odyssée en russe). Vikenti Veressaïev est un auteur réaliste, il reçut le Prix Staline littéraire en 1945 et décéda la même année, le 3 juin à Moscou.

Quelques-unes de ses œuvres : Sans route (1895), Notes d'un médecin (1901), Récits de guerre (1906), Dans l'impasse (1923), Les sœurs (1933)... et des récits biographiques sur Gogol et Pouchkine.

 

L'étoile ne commence pas par « Il était une fois... » mais par « C'était dans les temps anciens, dans une contrée lointaine et inconnue. »

Dans ce monde, il faisait tout le temps nuit, « une nuit noire éternelle » avec des « brouillards méphitiques ». Malgré l'inhospitalité de ce monde, des humains y vivaient et lorsque, parfois, le vent se montrait, les humains pouvaient voir le ciel étoilé et c'était la fête ! Ainsi les étoiles recevaient prières, chansons et étaient étudiées par les savants qui, les voyant se rapprocher de la terre, annoncèrent qu'un jour (mais dans très longtemps), leurs descendants ne vivraient plus dans cette nuit noire.

Espoir et patience font vivre...

Mais un jour, la voix d'Adéïle, « jeune homme indocile et déraisonnable  » se fit entendre : pourquoi espérer pour des descendants très lointains alors qu'eux avaient besoin de la lumière des étoiles, ici et maintenant ? Quelques jeunes hommes et jeunes filles le suivirent au grand désarroi de leurs parents.

Lorsque, par miracle, Adéïle revint – seul – avec une étoile, ce fut l'euphorie malgré la perte des autres jeunes gens, mais ce bonheur ne dura pas. En effet, comment vivre en voyant toutes « les difformités de la vie » ?

 

Ce conte oriental (*) fut publié en France dans la Revue bleue (année 49, n° 2) en 1911 dans une traduction de Jacques Povolozky. Il est disponible sur la Bibliothèque russe et slave dans la section Littérature russe et sur Wikisource.

(*) L'auteur parle du « grand Brahma », il se réfère donc à l'Hindouisme, Brahmâ étant le dieu-créateur de l'Hindouisme, le premier de la Trimûrti (Trinité) composée également de Shiva et Vichnou.

Sous le couvert d'une histoire fantastique : un jeune homme risque sa vie (et celles de ses compagnons de route) pour décrocher une étoile et apporter la lumière, Vikenti Veressaïev montre la noirceur non seulement de la vie humaine mais aussi de l'âme humaine.ClubLN

Un conte qui fait réfléchir, comme tous les contes, n'est-ce pas ?

L'humain souffre de vivre dans le noir et rêve de clarté, mais ensuite il souffre aussi de vivre dans la lumière et aspire à plus d'ombre. Cruel dilemme, impossible à régler, mais il y aura toujours des voix qui se feront entendre, des voix d'humains qui voudront aller plus loin, savoir, connaître, comprendre, bousculer la sagesse établie, et si ces voix n'existent pas, la Nature le fera, ça prendra beaucoup plus de temps mais ce qui doit arriver arrivera quand même. Il y a une notion d'inéluctable et les humains ne sont pas maîtres de leur destin quels que soient leurs pensées, leurs actes et leur sagesse.

C'est la première fois que je lis cet auteur et j'aimerais beaucoup lire d'autres de ses textes car cette Étoile est une belle découverte.

 

Une lecture pour les challenges ABC 2012-2013 (lettre V), Des contes à rendre, Je lis des nouvelles et des novellas, Un classique par mois, Voisins Voisines 2013 et bien sûr Un hiver en Russie.

ABC2012-2013 ContesChallenge NouvellesChallenge3
ClassiqueMois1 VoisinsVoisines2013 HiverRusse2

 

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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 13:09

UnReve.jpgUn rêve est une nouvelle d'Ivan Tourgueniev écrite en 1876.

 

Ivan Sergueïevitch Tourgueniev Иван Сергеевич Тургенев naît le 28 octobre (9 novembre) 1818 à Orel (Russie) dans une famille noble et fortunée. Il a bien sûr des précepteurs russes et étrangers et devient polyglotte (russe, allemand, anglais, français, grec et latin). Il aime la nature, la chasse ; il écrit des poèmes dès l'enfance ; il comprend rapidement l'injustice entre les différentes classes sociales et développe des idées progressistes.  Il étudie les Lettres et la philosophie ; Nicolas Gogol est même son professeur d'histoire (en 1835 à l'université de Saint-Pétersbourg). Écrivain, dramaturge, éditeur (correspondance d'Alexandre Pouchkine après sa mort)  et traducteur (traduction de poèmes de Pouchkine), Tourgueniev vit à Moscou, Saint-Pétersbourg, Berlin, Londres et Paris. Il meurt d'ailleurs en France le 22 août (3 septembre) 1883 dans sa datcha de Bougival [site du Musée Tourgueniev]. Il rencontre de grands noms, ceux déjà cités ci-dessus, mais encore Alphonse Daudet, Gustave Flaubert, Edmond de Goncourt, Léon Tolstoï, Jules Verne, Émile Zola, entre autres, qu'il conseille parfois. Parmi les femmes de sa vie, deux Françaises : Pauline Garcia épouse Viardot (cantatrice et compositrice) et George Sand (femme de lettres) ; et Pélagie, sa fille, qu'il a eue en Russie avec une lingère et qu'il envoie chez Madame Viardot après la guerre de Crimée.

De Tourgueniev, j'ai déjà lu Mémoires d'un chasseur Записки охотника Zapiski okhotnika (recueil de 24 nouvelles réalistes parues entre 1847 et 1852 dans Le contemporain Современник Sovremennik) et Premier amour Первая любовь Pervaya lyubov' (nouvelle en partie autobiographique parue en 1860 en Russie et 1863 en France).

 

Un rêve Сон Son (1876) est paru dans le recueil Terres vierges Новь Nov en Russie (1877) et à la suite de Premier amour en France (édition du Chêne, 1946) puis dans des recueils de nouvelles fantastiques comme Fantastique, soixante récits de terreur (Roger Caillois, 1958), La Russie fantastique de Pouchkine à Platonov (Jean-Pierre Bours, 1975) et Histoires de cauchemars (Jacques Goimard et Roland Stragliati, 1977).


Le narrateur se souvient, il avait 17 ans, il vivait avec sa mère dans une petite ville maritime.
Il était orphelin de père et sa mère était encore jeune et belle quoique de santé fragile, mais est-ce que ça explique que parfois elle le repoussait ?

« Mes plaisirs préférés étaient la lecture, les promenades solitaires et la rêverie, surtout la rêverie ! » (page 5). Quel charmant jeune homme !

Un jour de juin, il est surpris de voir dans la rue un homme qui ressemble à un inconnu qu'il voit en rêve (et qu'il croit être son père qui ne serait donc pas mort).

Il va alors découvrir un terrible secret.

« Je marchais, la tête basse, vide d'idées et de sensations, replié sur moi-même. » (page 28).

 

HiverRusse1Cette nouvelle très descriptive, bien agréable à lire, a un petit côté fantastique, genre qui fait froid dans le dos, mais pas horrifique, plutôt étrange et dérangeant.

Comme la nature et l'amour, le rêve est très important chez Tourgueniev, surnommé « le poète du rêve » (voir Tourgueniev, poète du rêve, de son compatriote Alexeï Remizov 1877-1957).

 

Une lecture que je présente dans Un hiver en Russie, Je lis des nouvelles et des novellas, Un classique par mois, Fant'classique, Tour des genres en 365 jours (2e classique), Tour du monde en 8 ans (Russie) et Cent pages.

NouvellesChallenge1 ClassiqueMois1

FantClassique

TourGenres

TourMonde8ans DefiCentPages


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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 04:54

NouvellesChallenge1.jpgJ'ai repéré, avec un peu de retard (il a été créé en novembre 2012), ce challenge Je lis des nouvelles et des novellas chez Lune du blog Un papillon dans la lune.

 

Infos et inscription chez Lune.

 

Tous les genres de nouvelles sont acceptés, les recueils, les nouvelles seules (y compris celles au format numérique), les nouvelles parues dans des revues (Bifrost, Galaxies...), les novellas (mini-roman/maxi-nouvelle) et même les contes.

 

Le challenge dure un an du 12/12/12 au 11/12/13.

 

Il y a 4 niveaux :

 

1. Micro-lecteur/Micro-lectrice ou encore « Je lis des nouvelles et des novellas mais c'est bien pour faire plaisir à NouvellesChallenge2.jpgLune » : lire et chroniquer 3 nouvelles ou recueils ou novellas.

 

2. Mini-lecteur/Mini-lectrice ou encore « Je lis des nouvelles et des novellas et je commence à trouver ça plaisant » : lire et chroniquer 6 nouvelles ou recueils ou novellas.

 

3. Joyeux lecteur/Joyeuse lectrice ou encore « Je lis des nouvelles et des novellas et j'aime ça » : lire et chroniquer 12 nouvelles ou recueils ou novellas.

 

4. Maxi-lecteur/Maxi-lectrice ou encore « Je lis des nouvelles et des novellas et je ne peux plus m'arrêter » : lire et chroniquer 24 nouvelles ou recueils ou novellas.

 

Je vais commencer en Micro-lectrice (raisonnable !) mais je pense augmenter dans l'année.

 

NouvellesChallenge3.jpgLes nouvelles lues pour ce challenge

1. Un rêve, d'Ivan Tourgueniev (Russie)

2. L'étoile, de Vikenti Veressaïev (Russie)

3. L'annulaire, de Yôko Ogawa (Japon)

Niveau Micro-lectrice honoré.

4. Le chat qui parlait malgré lui, de Claude Roy (France)

5. Les onze milles verges, de Guillaume Apollinaire (France)

6. Le convoi de l'eau, d'Akira Yoshimura (Japon)

Niveau Mini-lectrice honoré.

7. Sauf les fleurs, de Nicolas Clément (France)

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Publié par Coccinelle - dans challenges & défis nouvelle
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17 juillet 2012 2 17 /07 /juillet /2012 23:07

DelhiNoir.jpgCoupCoeur2012Delhi noir est un recueil de nouvelles présenté par Hirsh Sawhney et paru aux éditions Asphalte en avril 2012 (284 pages, 21 €, ISBN 978-2-918767-17-6). Delhi noir (2009) est traduit de l'anglais (Inde) par Sébastien Doubinsky.

(Cliquez sur l'image).

 

Hirsh Sawhney est né à Brooklyn où ses parents, Indiens, avaient émigré dans les années 60. Il est journaliste, critique littéraire et préface ce recueil dans lequel il présente 14 nouvelles de 14 auteurs indiens différents. Il travaille sur son premier roman. Plus d'infos sur http://www.hirshsawhney.com/.

 

J'ai reçu ce livre grâce à une opération Masse critique et je remercie Babelio. Je suis un peu en retard pour le présenter mais je ne sais trop comment faire... Dois-je résumer toutes les nouvelles une par une et parler de chacune et de chacun des auteurs ? Il y en a 14 et je crains que mon article ne soit trop long !

 

Hirsh Sawhney, dans la préface, explique que Delhi est une ville de plus de 15 millions d'habitants et qu'il s'y déroule des histoires effrayantes : meurtres, viols, agressions, corruption, car il y a de plus en plus d'écart entre les riches et les pauvres.

« […] la fiction policière est vaste et variée, et ne devrait pas être négligée de la sorte. Le genre noir en particulier, est agréable et séduisant, il reste mal famé, ses atmosphères sont riches, et il oblige aussi les lecteurs à se confronter à la cruauté des sociétés modernes ainsi qu'à leurs inégalités inhérentes. [...] » (page 10).

 

Dans ce recueil, les nouvelles sont classées en trois parties dont chaque titre est un slogan.

 

Première partie : « Avec vous, pour vous, toujours », le slogan de la police de Delhi.

L'homme du passé, d'Omair Ahmad (1974) ; lieu : Ashram. Suhasini Das, une détective privée de Delhi, reçoit un appel de son informateur, Sunny : il a une lettre de Jaidev Triloki, son ancien associé. Elle doit entrer en contact avec Arjun Singh, un Sikh collectionneur d'antiquités, qui a échappé au massacre des Sikhs après l'assassinat d'Indira Gandhi.

Mon avis : Avec cette nouvelle qui ouvre le recueil, on a l'impression que le danger est partout et que la folie guette !

Comment j'ai perdu mes habits, de Radhika Jha (1970, F) ; lieu : Lodhi Gardens. Le rapport qu'un PDG de cabinet de conseil international doit remettre le lendemain à sa patronne a disparu de son ordinateur. L'homme accuse son ex-femme de l'avoir supprimé. En colère, il sort la nuit, se drogue et se retrouve nu au petit matin. Il est arrêté par des policiers qui le maltraitent.

Mon avis : Cette nouvelle est humoristique mais la police n'en sort pas grandie...

Dernier entré, premier sorti, d'Irwin Allan Sealy (1951) ; lieu : Delhi Ridge. Baba Ganoush conduit un rickshaw. Une nuit, il secourt un jeune homme et une jeune femme agressés au Ridge. Comme il y a d'autres agressions et que les jeunes gens ne portent pas plainte, il décide d'arrêter lui-même les sales types.

Mon avis : Avec humour et dérision, cette histoire de justicier montre qu'il y a encore des hommes bien à Delhi !

Stationnement, de Ruchir Joshi (1960) ; lieu : Nizamuddin West. Alors que Tia Prabhu sort de chez Samarian (Sam) Chakkarvarty, son amant, deux flics arrivent en 4x4 et l'accusent d'être mal garée. En fait, c'est un voisin qui les a appelés et les policiers abusent de leur « pouvoir ».

Tous les livres sur Babelio.com

Mon avis : En plus d'une critique des voisins malveillants et de la police qui abuse de son autorité, cette nouvelle décrit la relation sexuelle d'un couple non-marié.

Cobras sifflants, de Nalinaksha Bhattacharya ; lieu : R.K. Purham. L'inspecteur Raghav Bakshi enquête sur la mort de Kamla Agarwal, une femme de 65 ans, tombée du temple Malai Mandir. Un appel anonyme a en effet prétendu que sa chute ne serait pas accidentelle. Il abuse de la belle-fille, Mukta Agarwal, enceinte, alors qu'il n'a aucune preuve contre elle. « Arrête de me vaseliner le trou du cul et crache le joyau que tu planques dans ta gorge. » (page 103).

Mon avis : Une histoire sordide dans laquelle, encore une fois, la police ne sort pas grandie. Les femmes non plus !

 

Deuxième partie : « Jeunistan » (Youngistan), slogan de Pepsi pour séduire les jeunes Indiens.

L'Aunty des chemins de fers, de Mohan Sikka ; lieu : Paharganj. Mukesh, un étudiant a l'habitude de jouer aux échecs avec Johnny, le gardien du cimetière Paharganj. Sa mère adoptive lui demande d'aller chercher un cageot de pommes chez Aunty Sarika. Elle va l'initier à bien d'autres choses...

Mon avis : Une nouvelle très hot ! Mukesh va se prostituer avec des femmes aisées et même avec Johnny.

La pension, de Siddharth Chowdhury (1974) ; lieu : Université de Delhi – Campus nord. À la pension de Chokeen Niwas, les étudiants s'en donnent à cœur joie ! « Dans une bagarre, il ne faut jamais, jamais reculer, discuter ou négocier. Aucune confrontation ne dure plus de cinq minutes. [...] » (page 147).

Mon avis : Violence et sexe pour une nouvelle encore très hot, à la limite pornographique !

Menu fretin, de Meera Nair (F) ; lieu : Inter State Bus Terminal. Le vieux Hoshiyaar et Rama, un jeune orphelin qu'il a recueilli arnaquent un couple de jeunes gens qui veulent acheter au noir des billets de bus pour fuir ensemble. Mais ce duo n'est pas vraiment un couple d'amoureux.

Mon avis : Une histoire cruelle, une trahison, des meurtres, la vie est bien dangereuse à Delhi...

Crise de rage, de Palash Krishna Mehrotra (1975) ; lieu : Defence Colony. Manik, Sadiq et Chaku sont amis et partagent alcools et drogues. Sadiq et Chaku prévoient de tuer Madame Bindra, leur propriétaire, pour la voler.

Mon avis : Trois garçons de trois origines différentes, c'est bien qu'ils soient amis, mais si c'est pour faire le mal...

Juste un mort de plus, de Hartosh Sing Bal ; lieu : Gyan Kunj. Après ses études de journalisme, le jeune homme a été embauché à l'Indhustan Express. Ekka, le frère d'une de ses amies, a été battu à mort mais le journal n'a pas de place pour en parler, c'est juste un mort de plus...

Mon avis : La vie, la mort n'ont plus d'importance dans cette ville gigantesque où l'individualisme et le capitalisme sont les mots d'ordre.

 

Troisième partie : « Ville emmurée, ville du monde », slogan du Times of India pour « oublier le passé douloureux de la ville ».

Gautam sous un arbre, de Hirsh Sawhney ; lieu : Green Park. Gautam rencontre Lakshman qui veut lui parler de son ami, Khem Thakur. C'était un activiste qui prenait la défense des tribus indigènes contre les conglomérats industriels et il a été assassiné.

Mon avis : Une sacrée machination... !

L'arnaque, de Tabish Kair (1966) ; lieu : Jantar Mantar. Arvind Sinha, journaliste au Times of India, rencontre Preeti, une connaissance, et Tine, une Danoise. Elles veulent aider une femme du Bihar dont le mari a été assassiné et qui a été expulsée avec son fils. Mais Arvind Sinha soupçonne une arnaque. « […] ce garçon est trop malin. Il a grandi ici, dans les rues. » (page 234).

Mon avis : L'arnaque : sport national ?

Les murs de Delhi, d'Uday Prakash (1952) ; lieu : Rohini. Ramnivas, marié, deux enfants, est balayeur donc très pauvre. Un jour, à la salle de sport où il travaille, il découvre un mur creux rempli d'une multitude de billets. Il va prendre une jeune maîtresse de 17 ans, Sushma, et faire des folies.

Mon avis : L'argent fait-il vraiment le bonheur ?

Abattage sélectif, de Manjula Padmanabhan (1953, F) ; lieu : Bhalswa. Dome et Hem sont envoyés en mission pour récupérer un éventuel survivant mais ils tombent dans un guet-apens.

Mon avis : Quelle surprise ! Cette nouvelle, c'est de la SF !

 

ChallengeCrimeDelhi, pauvre, riche, grise, colorée, tournée à la fois vers le passé et vers l'avenir ! Delhi – comme toute l'Inde d'ailleurs – fascinante et envoûtante mais aussi sordide et dangereuse ! Grâce à cette « visite » de 14 lieux représentatifs toute la ville, je connais mieux Delhi, ses habitants, ses coutumes, son histoire. Et c'est passionnant, déroutant, et aussi une belle expérience sociale et littéraire. À noter que les auteurs sont tous nés dans la deuxième moitié du XXe siècle : en 1951 pour le plus âgé et en 1975 pour le plus jeune.

ChallengeRizMoussonJe suis extrêmement contente de cette lecture, c'est un total dépaysement !

 

Livre présenté dans les challenges Le crime n'a pas de frontière et Le riz et la mousson.

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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 05:49

NouvellesWells.jpgLe trésor de M. Brisher (Mr. Brisher's treasure) est une nouvelle de H.G. Wells parue en 1899 dans Strand Magazine.

 

Herbert George Wells est né le 21 septembre 1866 à Bromley, dans le sud-est de Londres (Kent). Dès l'enfance, il aima beaucoup lire. Il fut auteur (romans, nouvelles), dessinateur (picshuas) et même créateur de jeux de guerre (genre ancêtre des wargames). Il est mort le 13 août 1946 à Londres.

 

Dans un débit de boisson, M. Brisher raconte au narrateur que par le passé, il a été fiancé à Jane, une jolie jeune femme de Colchester.

« Il demeura quelques minutes rêveur, se remémorant, comme nous le ferons tous tôt ou tard, les splendeurs évanouies de la jeunesse. ».

Le père de Jane, un honnête bourgeois, voulait que son futur gendre soit travailleur. Alors le jeune homme a proposé de construire un jardin de pierre pendant ses vacances. Mais il a trouvé un trésor en creusant dans le jardin.

 

MoisAnglais6Cette courte nouvelle (12 pages) est différente des autres récits de Wells que je connais : elle n'est pas futuriste mais humoristique ! Pas de science-fiction, pas de fantastique, juste une histoire, un souvenir qu'un vieil homme raconte de façon amusante à un inconnu après quelques boissons. En fait, Wells a aussi écrit des satires sociales et Le trésor de M. Brisher est une satire contre l'argent et le pouvoir de l'argent. Parce qu'une chose est sûre : M. Brisher a perdu un trésor !

 

Le Mois anglais continue !

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 20:01

TousMorceaux.jpgCoupCoeur2011Tous nos petits morceaux est un recueil de nouvelles d'Emmanuelle Urien paru aux éditions D'un noir si bleu en septembre 2011 (177 pages, 16,50 €, ISBN 978-2-916499-61-1).

 

Emmanuelle Urien est née à Angers. Elle a étudié les lettres, les langues et la gestion internationale. En 2003, elle décide de vivre à Toulouse et de se consacrer à sa famille et à l'écriture (nouvelles et fictions pour la radio).

Plus d'infos sur le site officiel d'Emmanuelle Urien.

 

Je remercie Gilles Paris de m'avoir envoyé ce livre qui m'a permis de découvrir cette nouvelliste que je vais suivre dorénavant !

 

Une cave voûtée.

Une collection de miroirs de toutes sortes : psyché, miroir de loge de théâtre, miroir-mouroir, miroir de poudrier, miroir de coiffeuse, miroir de bus...

Une femme qui fait sa ronde la nuit et rajoute à l'occasion une nouvelle pièce à sa collection.

Des miroirs qui, dès que le soleil se reflète sur eux, prennent la parole à tour de rôle ou ensemble, et racontent ce qu'ils ont vu et vécu : vite prendre la parole et la garder avant qu'un nuage n'obscurcisse le soleil et avant que celui-ci ne glisse sur un autre miroir.

« Livrés à leurs réflexions, les miroirs ne s'entendaient plus. » (page 16).

Tous ils racontent une histoire dont ils ont été les témoins, qu'ils ont reflétée, et souvent le drame n'est pas loin.

 

EmmanuelleUrien.jpgCes nouvelles où, malgré les humains, la parole est donnée aux objets, en l'occurrence les miroirs, reflets du corps, reflets de l'âme, sont comme un jeu d'ombre et de lumière : la vie, la mort.

« […] les miroirs sont le réceptacle muet de la véritable nature des hommes. » (page 28).

Les miroirs sont les témoins de la vie qui passe, des changement du corps et de l'âme.

« De compagnon fidèle de toutes les réjouissances, je devenais le témoin d'une déchéance discrète et injustifiée. » (page 40).

Ils sont les témoins de l'évolution des femmes et du mal-être de la société.

« Les femmes, il faut le reconnaître, ne sont plus ce qu'elles étaient. Je suis dans la famille depuis près de deux siècles, et j'affirme qu'on les faisait bien plus solides avant. » (page 73).

Les témoins non seulement de ce qu'ils voient mais aussi de ce qu'ils entendent.

« Rien n'interdit aux miroirs d'entendre aussi bien qu'ils voient, il me semble. » (page 145).

Qu'est-ce qu'elle écrit bien, Emmanuelle Urien ! Elle construit les histoires les unes dans les autres, comme des poupées gigognes. Car tous les petits récits que racontent les miroirs vont tendre vers une seule histoire. Et tous ces « témoignages » sont vraiment agréables à lire et intriguent de plus en plus.

Clins d'œil à Alice : serait-elle la seule à être passée de l'autre côté du miroir ?

 

Mes trois nouvelles préférées (il y en a douze)

1pourcent2011RentreeAgents2011Le signe du miroir (page 103) m'a impressionnée.

Tentative réussie d'approche de l'infini (page 141) m'a plu pour son humour.

Le jeu du miroir (page 163) : c'est la dernière nouvelle et elle permet de comprendre qui est la collectionneuse et pourquoi elle garde les miroirs.

 

J'ai l'impression que chaque fois qu'on se regarde dans un miroir, on y laisse un petit morceau de soi... Je ne regarderai plus jamais un miroir de la même façon !

 

19e roman pour le 1 % de la rentrée littéraire, 11e pour la Rentrée littéraire des Agents littéraires (petits éditeurs).

 

PS : la note de lecture de Mimi des Plaisirs à qui j'ai envoyé ce recueil de nouvelles.

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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 22:22

ContesGothiques.jpgSept contes gothiques est un recueil de nouvelles de Karen Blixen paru aux éditions Stock en 1980 et au Livre de Poche en janvier 1983 (réédition janvier 2009 dans la collection Biblio romans, 476 pages, 8 €, ISBN 978-2-253-03154-3), nouvelles traduites par Gleizal et Colette-Marie Huet.

 

Lorsque Blog-o-Book a proposé ce livre en partenariat, ça m'a vraiment fait envie et je remercie Blog-o-Book de me l'avoir envoyé.

 

Karen Blixen est née le 17 avril 1885 dans la ferme de Rungstedlund à Rungsted Kyst en Zélande du Nord (Danemark). Bien qu'ayant pas mal voyagé (elle a étudié à Paris et à Rome, et a vécu au Kenya), elle y est morte le 7 septembre 1962. Elle est célèbre pour La ferme africaine (1937) qui a inspiré Out of Africa (1985) et Anecdotes du destin (1958) qui a inspiré Le festin de Babette (1987), deux très beaux films que j'ai beaucoup aimés.

 

D'abord publié en 1935 sous le pseudonyme d'Isak Dinesen, ce recueil de nouvelles a retrouvé son véritable auteur en 1961 au Danemark et en 1980 en France : lire l'intéressante préface de Marcel Schneider en début de volume.

 

Karen Blixen est considérée comme une héritière de la littérature gothique britannique et ses contes écrits en 1934 sont sa première œuvre. Je me faisais donc une joie de m'y plonger.

 

Le raz de marée de Nordeney

Fin de l'été 1835, la station balnéaire de Nordeney est détruite par un raz de marée et la population est prisonnière d'une inondation. Tant qu'il fait encore jour, des bateaux évacuent le plus possible de personnes. Mais un groupe préfère laisser sa place à une famille de paysans et se retrouve prisonnier dans un grenier qui ne tiendra sûrement pas la nuit : le Cardinal Hamilcar von Schestedt (en fait son valet de chambre Casparsen), Mademoiselle Malin Nat-og-Dag (une vieille fille bigote d'une soixantaine d'années dont le nom signifie Jour-et-Nuit), la Comtesse Calypso von Platen-Hallermund (16 ans) et le jeune Jonathan Mærsk. Dans ce grenier, chacun va raconter sa vie...

Ça aurait pu être intéressant mais j'ai trouvé ça bavard et inutile... Du coup j'ai eu du mal à me lancer dans la lecture des autres nouvelles.

 

Le vieux chevalier errant

Un homme raconte l'histoire d'un ami de son père, le vieux Baron von Brackel tombé amoureux d'une jeune femme mariée.

Après avoir abandonné ce recueil suite à la déception de la première nouvelle, je l'ai repris, prête à lui donner une deuxième chance mais j'ai ressenti la même chose vis-à-vis de ce récit bavard qui m'a ennuyée (pour ne pas dire gonflée)... Je ne vois pas où est le gothique dans ces histoires et je n'ai pas eu le courage de lire le reste !

 

Déception donc...

 

Cependant le titre de la nouvelle suivante, Le singe, m'interpelle donc je m'y remettrai... un de ces jours.

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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 03:03

SacreesTantes.jpgCoupCoeur2007.pngMes sacrées tantes est un recueil de nouvelles de Bulbul Sharma paru aux éditions Philippe Picquier en avril 2007 (240 pages, 20,50 €, ISBN 978-2-877309370) et Philippe Picquier poche en août 2009 (272 pages, 8 €, ISBN 978-2-809701319).

My sainted aunts (2002) est traduit de l'anglais (Inde) par Mélanie Basnel.

 

Bulbul Sharma est née en 1952. Elle est peintre et écrivain.

Plus d'infos (en anglais) sur Indian Art Circle.

Du même auteur : La colère des aubergines (2002) et Mangue amère (2010).

 

Le pèlerinage de Mayadevi

À 75 ans, Mayadevi Banerjee décide de rendre visite à son fils aîné parti à Londres en 1948 et jamais revenu à Calcutta. En vue de ce voyage, elle apprend l'anglais et se force à porter des chaussures. En Angleterre, Mayadevi ne comprend rien au mode de vie européen et se heurte à sa belle-fille, une « géante » blonde.

 

L'atterrissage de Bishtupur

Depuis l'enfance, Neelima déteste l'école. Elle arrête à l'âge de 16 ans et demande à son père un mari. Ce sera Debashish, un professeur. Après le mariage, le couple voyage pendant deux jours pour se rendre au village du mari, Bishtupur. Mais, horreur !, en descendant du bateau, la jeune mariée tombe sur son beau-frère.

 

Les tantes et leurs maux

En 1965, à New Delhi, Meera, 14 ans, voyage pour la première fois. Elle prend le train avec ses trois tantes, Boromashi, Neli et Bula, qui vont à un enterrement. Mais le train a du retard, les tantes se chamaillent et le voyage doit durer 24 heures. La veuve d'un médecin voyage dans le même compartiment et la conversation s'oriente inévitablement vers les maladies et les médicaments.

 

Une très jeune mariée

Mini est la seule fille, elle a sept frères. Lorsqu'elle a 7 ans, son père lui offre le plus beau des mariages. Puis la fillette part avec ses bagages, sa dot et sa vieille nourrice, Renukaki, pour vivre dans sa nouvelle famille. Mini est perdue dans cette immense maison, mais elle fait la connaissance d'Uma, une jeune veuve, et d'Arjun, son mari qui est aussi un enfant.

 

Les premières vacances de R.C.

Un matin, Rathin Chandra Banerjee décide d'emmener sa mère (Ma, 80 ans), sa femme (Protima) et sa fille (Ruma, 15 ans) à Rishikesh pour voir les temples anciens. Les trois femmes sont surprises car, depuis 40 ans, il n'a jamais dérogé à sa routine. R.C. a tout planifié sauf le fait que « de minuscules graines de rébellion avaient commencé à germer dans le cœur de ses ouailles. » (page 139).

 

Jusqu'à Simla en tonga

1908. Au lieu de se laver les cheveux un lundi, Anima (18 ans) le fait un mercredi. Du coup, Ananda (28 ans) la voit lorsqu'elle les sèche sur la terrasse et tombe amoureux. Peu après le mariage, le jeune homme est muté comme traducteur au commandement britannique de Simla et le couple quitte Bénarès. Mais Anima refuse d'apprendre l'anglais et, en 1930, elle va écouter le Mahatma Gandhi.

 

Une trop grande épouse

Rupbala et Gajanath ont été mariés lorsqu'ils étaient enfants mais maintenant Rupbala mesure 1 m 75, soit 15 cm de plus que son mari. Gajanath la déteste car les gens se moquent d'eux. Alors qu'il a bu de l'alcool, il tente de la tuer avec un fusil mais c'est lui qui est touché. Rupbala s'enfuit et part en pèlerinage à Badrinath avec trois sœurs qui font de bien étranges veuves.

 

La vie dans un palais

Après la disparition de son mari, Gita refuse de rester dans sa belle-famille tyrannique et s'enfuit pour travailler à Nagpur mais elle se rend compte qu'à 42 ans, elle n'a jamais rien fait toute seule. Dans le train, elle rencontre Rani Ma de Jassalpur qui rentre avec ses deux filles, Binu et Shanu. Elle va l'embaucher comme dame de compagnie et Gita va vivre dans le palais du raja où la vie est vraiment fantaisiste.

 

IndeSoukeeÀ la fin du volume, il y a un glossaire bien utile pour comprendre des mots comme babu, dacoït, paan ou tonga !

 

Lorsque j'ai commencé ce livre, je me suis dit que je pourrais lire une nouvelle de temps en temps, entre deux romans par exemple, mais à chaque nouvelle terminée, je n'arrivais pas à reposer le livre, j'avais envie de lire la suivante ! Même si je connais déjà un peu la littérature et l'histoire indiennes.

 

Huit nouvelles, huit contes modernes à l'humour parfois ironique, huit histoires de voyage, huit histoires de femmes dans l'Inde du XXe siècle (à des époques différentes).

Huit nouvelles donc, pour comprendre un peu cet immense pays, sa culture, ses traditions et coutumes, les relations entre les hommes et les femmes, avec la famille et la belle-famille, les interdits et les obligations, la fierté indienne, l'obéissance de l'épouse à son mari et sa belle-famille, l'émancipation de certaines femmes, l'incompréhension entre les cultures indiennes et anglaises pourtant liées depuis près de 400 ans, et aussi l'importance du voyage (souvent en train), symbole de liberté et de contacts enrichissants.

 

NouvellesJe ne saurais dire quelle nouvelle j'ai préférée... Mayadevi m'a bien faire rire dès le début et ensuite, je me suis plongée avec plaisir dans les autres récits aux couleurs et odeurs de l'Inde. Peut-être Jusqu'à Simla en tonga, pour la dimension historique et La vie dans un palais pour le total changement de vie.

 

Je présente vite avant la fin de l'année, ce charmant recueil de nouvelles pour le challenge Bienvenue en Inde et aussi pour Nouvelles sur les 5 continents (Asie).

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