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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 03:03

Le philtre des nuages est un recueil de poésies de Radu Bata paru aux éditions Galimatias dans la collection Gris en mai 2014 (111 pages, 15 €, ISBN 978-2-9539077-1-1).

 

Je remercie Babelio et les éditions Galimatias car j'ai reçu ce livre dans le cadre d'une opération Masse critique.

 

Radu Bata est journaliste, auteur et il a été professeur de français en Roumanie (jusqu'en 1990).

Du même auteur : Mine de petits riens sur un lit à baldaquin également paru aux éditions Galimatias. Ainsi que Fausse couche d'ozone et Le rêve d'étain, sous pseudonymes (Ion Aretia B. pour le premier livre et Batu Batuturesco pour le deuxième) aux éditions ProMots.

Sa page Facebook : https://www.facebook.com/thomas.man.9.

 

La couverture est de Gwen Keraval : c'est superbe, non ? J'aime beaucoup l'univers de cet illustrateur (né à Paris en 1976 et Lyonnais d'adoption).

Son site : http://www.gwenkeraval.com/.

 

Le philtre des nuages et autres ivresses est un recueil de 104 « poésettes », la poésette étant « un poème sans prise de tête ».

L'auteur y parle avec dérision du monde, de la vie, de l'amour, de Dieu, des saisons, des réseaux sociaux, des relations entre les gens... Il aime les métaphores, les nuages et les astres.

Ses poésettes originales et décalées sont courtes (quatre vers) ou plus longues (deux pages) mais, dans tous les cas, on sent que l'auteur s'amuse ; son humour est parfois absurde, et pas seulement lorsqu'il cite des personnalités roumaines (littéraires, sportives).

« derrière les mots il y a un mystère

prêt à aveugler la lumière

parfois il suffit de se pencher

pour en saisir l'abyssal secret »

(extrait de Le silence des mots, page 40).

Radu Bata est inspiré, inventif, il joue avec les mots et il aime le silence alors chut... Lisons simplement ses poésettes !

« pour avoir longtemps appris

à parler avec les gens

j'enseigne

aujourd'hui

le silence »

(Devoir de reconnaissance, page 36).

J'ai passé un bon moment de lecture mais j'avoue que parfois, le poète étant dans son monde, je n'ai pas tout compris... Une relecture s'imposera donc mais en attendant, voici trois extraits qui m'ont particulièrement plu.

 

Premier extrait (Je d'ombres, page 76)

« je est un refuge

un subterfuge

un transfuge

mais surtout

je est une fuite en avant

un alter ego

parti prendre le pouls

de la nature

un usurpateur d'existence »

 

 

Deuxième extrait (Exercice pour exorciser le dimanche, page 91)

« j'ai photographié la pluie

et la journée

est passée

entre les gouttes »

 

 

Troisième extrait (Dans un monde où les paroles sont dans la fosse aux ours je voudrais faire professeur, pages 108-109)

« dans cette existence

j'ai été volontaire

pour faire soigneur de mots

 

[…]

 

il est sans fin

ce travail de soigneur

il me prend le jour la nuit

de toutes les saisons

 

car les mots

sont souvent blessés

par les gens

qui n'aiment pas

le dictionnaire

 

ils sont souvent jetés

dans le fossé

par les gens

qui ne parlent

que le langage des chiffres

 

[…]

 

alors le monde

s'il est bon élève

pourrait s'envoler

vers une galaxie

moins égocentrique »

 

Alors, que pensez-vous de ces extraits ? D'autres extraits dans la revue Levure littéraire.

 

 

Une lecture pour les challenges Littérature francophone (comme Cioran et Ionesco en leur temps, Radu Bata écrit en français), Le mélange des genres (recueil de poésie), Tour du monde en 8 ans, L'Union européenne en 28 livres et Voisins voisines (Roumanie).

 

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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 04:05

Le sourire de l'absente est un recueil d'André Cohen Aknin paru à l'Atelier du Hanneton en 2012 (50 pages, 18 €, ISBN 978-2-914543-27-9).

(Cliquez sur l'image).

 

André Cohen Aknin est né en 1949 à Oran (Algérie). Il est l'auteur de plusieurs pièces de théâtre (depuis 1988), d'un roman paru en 2006 aux éditions L'Harmattan, La lèvre du vent, et de trois recueils de textes poétiques : Visages, Le sang d'Abelle et Le sourire de l'absente, « troisième volet d'une exploration sur le double, le masculin et le féminin » (page 49). Il vit dans la Drôme depuis 1983. Plus d'infos sur http://briot-cohenaknin.hautetfort.com.

 

« pourrions-nous rester vivre avec ces anciens frères et attendre que nos liens se renouent plutôt que traverser la mer comme une rigole de sang ? nous sommes devenus invisibles dans mon pays poussent des grilles invisibles pousseront même quand j'aurai trois cents ans » (pages 16-17)

 

« c'est contre la nostalgie que je grandis » (page 21)

 

« pas à pas viennent les mots leurs enchaînements leurs enchevêtrements leurs inventions en même temps que leur destruction » (page 31)

 

 

« j'écris est-ce pour cela que tu souris » (page 39)

 

L'auteur prévient le lecteur en préambule : « Les textes sont écrits sans ponctuation dans une continuité qui rappelle les textes anciens où il faut dénouer soi-même les phrases reliées l'une à l'autre. Ça s'est imposé dans l'écriture, comme si, à ce moment-là, la ponctuation appartenait de nouveau au mot, son ventre. » (page 9).

Ces textes poétiques pourraient paraître courts et faciles à lire mais, du fait du manque de ponctuation, il faut un peu plus réfléchir, s'arrêter au bon moment ou revenir en arrière, comprendre le choix des mots, « leurs enchaînements (et) leurs enchevêtrements » comme le dit l'auteur, leur musicalité, mais la lecture est très belle, tendre, presque douloureuse car l'auteur raconte son enfance, sa famille, l'Afrique du Nord, le bonheur, et puis l'arrachement à la terre natale, l'exil et sa sœur jumelle morte de maladie.

Le livre est beau, grand format et en papier épais façon kraft avec un marque-page assorti (artisanal). Il est aussi un spectacle avec l'auteur qui lit son texte et une danseuse chorégraphe (mais je n'ai jamais vu ce spectacle) qui montre le lien invisible entre le frère et la sœur, et en général entre l'homme et la femme.

J'aimerais lire d'autres livres d'André Cohen Aknin et pas seulement son roman.

 

Une lecture pour les challenges

Lire sous la contrainte (nom + nom)

et Littérature francophone.

 

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21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 02:10

Gilgamesh : la quête de l'immortalité est un ouvrage de Stephen Mitchell paru aux éditions Synchronique en octobre 2013 (242 pages, 19 €, ISBN 978-2-917738-18-4). Gilgamesh (2004) est traduit de l'américain par Aurélien Clause.

 

Stephen Mitchell est traducteur de textes classiques. Plus d'infos sur http://stephenmitchellbooks.com/translations-adaptations/gilgamesh/.

 

Je remercie Héloïse et Synchronique éditions pour ce livre qui m'a fait découvrir un des plus anciens textes de l'humanité !

 

Gilgamesh est le fils de Lugalbanda, un dieu, et de Ninsun, une immortelle.

Il surpasse tous les rois et les puissants mais il règne en dictateur et « le peuple se lamente » (page 75) jusqu'à ce que les dieux entendent la plainte et décident d'agir. Anu, le Père céleste, demande à Aruru, la déesse-mère, de créer un double de Gilgamesh pour que les deux se mesurent et que la paix revienne.

« Puisse l'ami venir, le compagnon loyal,

Toujours à mes côtés quel que soit le danger ! » (page 84).

Après sa création, Enkidu vit dans la steppe, avec les animaux, comme les animaux mais un jour il rencontre une femme (une prêtresse) qui s'offre à lui : il devient homme et son amitié avec Gilgamesh commence.

« Ils s'étreignent. Ils s'embrassent. Main dans la main,

Ils s'éloignent ensemble, en vrais amis, en frères. » (page 89).

 

Environs de 2750 avant Jésus-Christ. Le roi Gilgamesh règne sur la cité mésopotamienne d'Uruk (actuelle Irak). Les premiers fragments de cette épopée ont été découverts en 1850 dans les ruines de Ninive. Plusieurs décennies ont été nécessaires pour les déchiffrer et les traduire. Parmi les premiers lecteurs, il y a eu, en 1916, l'écrivain pragois Rainer Maria Rilke. Puis d'autres tablettes ont été retrouvées et d'autres fragments ont été découverts. Les plus anciens textes de Gilgamesh datent de 2100 ans avant JC, ce sont cinq poèmes sumériens. Puis onze tablettes de 1750 avant JC, écrites en akkadien (babylonien ancien), ont été retrouvées. Il y a donc maintenant 73 tablettes et 2 000 vers sur 3 000 existants. Ce qui a permis à Stephen Mitchell de « re-créer l'épopée antique dans l'univers parallèle de la langue d'aujourd'hui en en faisant un poème contemporain. » (page 14).

 

Ce livre est composé de trois parties : une introduction (pages 9 à 68), l'épopée de Gilgamesh (pages 69 à 184) et les notes plus bibliographie et glossaire (pages 185 à 242). Lorsque j'ai eu terminé le livre, j'ai d'abord regretté d'avoir lu l'introduction avant l'épopée car elle donne de nombreux extraits mais en fait, il vaut sûrement mieux lire cette introduction avant car elle délivre de nombreuses explications que je n'aurais peut-être pas sues en lisant l'épopée.

 

Dans ce récit, un des premiers de l'humanité, tout est déjà décrit ! La vie, l'amour, l'amitié, la peur et le courage, la recherche de l'immortalité, la société, le pouvoir, la richesse des uns et la pauvreté des autres. Donc près de 5000 ans après, rien n'a changé et, à mon avis, ça ne changera jamais, pas la peine de se leurrer !

 

J'ai noté quelques extraits qui m'ont bien plu dans ce beau poème épique.

« […] le monstre sanguinaire.

Son souffle est un brasier, sa gueule une fournaise,

Son cri est le tonnerre et ses crocs sont tranchants. » (page 95).

« […] Humains, je vais ouvrir vos gorges,

Et les vautours viendront dévaster vos entrailles. » (page 119).

« Se sachant condamné, Humbaba vocifère :

Je vous maudis tous deux ! Pour oser ce péché,

Puisse Enkidu mourir dans d'atroces souffrances,

Et puisse Gilgamesh en être inconsolable,

Puisse le désespoir broyer son cœur de glace ! » (page 122).

(Humbaba est le gardien, le Taureau sacré).

« Il est mort, mon ami le plus cher, il est mort,

Mon cher frère, il est mort, mon frère bien-aimé,

Je le pleurerai tant que je serai en vie,

Comme une mère qui a perdu son seul fils. » (page 144).

 

Il y a aussi, à partir de la page 169, une version du Déluge racontée par le sage Utnapishtim.

 

Une lecture que je mets dans les challenges 1 % de la rentrée littéraire 2013, Royal et Un classique par mois.

 

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Publié par Coccinelle - dans littérature antique poésie
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31 juillet 2013 3 31 /07 /juillet /2013 03:57

Il était une fois... Contes en haïku est un album illustré d'Agnès Domergue et Cécile Hudrisier paru aux éditions Thierry Magnier en février 2013 (42 pages, 11 €, ISBN 978-2-36474-215-4).

 

Agnès Domergue est née en Corée en 1976 mais a grandi en France où elle a étudié la musique. Elle est musicienne (altiste et professeur d'alto) mais elle est aussi auteur pour la jeunesse. Plus d'infos sur http://agdoalto.blogspot.fr/.

 

Cécile Hudrisier est née le 30 mai 1976 à Toulouse (Haute-Garonne). Elle est illustratrice. Plus d'infos sur http://leschosettes.canalblog.com/.

 

« Vouloir raconter un conte en trois lignes, c'est essayer de mettre un kilo d'oranges dans une toute petite fiole ! Un pari un peu fou, vingt haïkus illustrés, comme autant de petits mondes merveilleux et énigmatiques qui contiendraient l'essence de chaque conte. »

 

Voilà, la quatrième de couverture dit ce qu'il faut ! Que dire de plus ? Cet album est superbe !

 

Mon haïku préféré

« Au bout d'un chemin

sept enfants perdus pleurent

des petits cailloux »

(pages 36-37)

Un peu parce que le nombre de syllabes correspond vraiment au haïku (5-7-5).

 

La blague du jour

« Un amour tressé

de cheveux d'or et de soie

clac ! les ciseaux »

(pages 30-31)

Alors que j'avais deviné les titres des 14 contes précédents, j'ai séché sur celui-ci. Bien sûr, je me rappelais bien le conte, mais impossible de trouver le prénom de la jeune fille... Et là, je dis (nous étions trois) : « mais il n'y a pas les réponses à la fin ? » et gros éclat de rire ! Réponse ? Eh oui, Raiponce !

 

Ce beau livre, il vous le faut !

 

Une lecture que je mets dans les challenges Des contes à rendre, Je lis aussi des albums et Lire sous la contrainte (avec le mot japonais haïku).

 

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Publié par Coccinelle - dans album illustré poésie
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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 03:23

Les poètes morts n'écrivent pas de romans policiers est un roman policier de Björn Larsson paru aux éditions Grasset en octobre 2012 (491 pages, 22 €, ISBN 978-2-246-78452-4). Döda poeter skriver inte kriminalromaner (2010) est traduit du suédois par Philippe Bouquet en collaboration avec l'auteur.

 

Björn Larsson est né en 1953 à Jönköping en Suède. Il est Maître de conférences en français à l'université de Lund, traducteur (danois, anglais, français), philologue, critique, romancier et navigateur chevronné. En 1995, Le cercle celtique a reçu le prix Corail du meilleur livre maritime et en 1999, Le capitaine et les rêves a reçu le prix Médicis étranger.

 

Karl Petersén, « directeur littéraire de la vénérable maison d'édition Arnefors et Fils », annonce à ses collaborateurs, « les fidèles Sund et Berg », qu'il a réussi à convaincre le célèbre poète, Jan Y Nilsson, à écrire un roman policier. Il a déjà un manuscrit, auquel il ne manque que la fin, « une cinquantaine de pages, tout au plus » et l'engagement définitif. Le contrat doit être signé le lendemain soir sur le bateau de pêche, le Mademoiselle Ti, à Helsingborg, et les droits ont déjà été vendus à une dizaine de confrères étrangers de confiance. « Mais, attention, rien ne doit filtrer avant la publication, qui aura lieu dans plusieurs pays européens simultanément. » (page 13).

En fait, Petersén n'est pas sûr et certain que Jan Y signera le contrat... Il a écrit un excellent roman policier mêlant politique et finances, L'homme qui n'aimait pas les riches, mais il hésite encore... Il a des scrupules, il pense aux critiques, à ses lecteurs... Il faut dire qu'il a décidé de se consacrer à la poésie à l'âge de 16 ans, qu'il a galéré, qu'il a été renié par son père, que sa mère en est morte de chagrin... Mais il reste intransigeant car la poésie est un art qui consiste à « rendre le monde visible » (page 19). Alors « Jan Y Nilsson, auteur de polar ! Cette simple pensée lui donnait des frissons dans le dos. Comment avait-il pu céder aux instances de Petersén ? » (page 23) cependant « Malgré ses réticences envers le roman policier, il avait trouvé son sujet dès le départ, et son cerveau s'était mis bientôt au travail malgré lui. » (page 27). Mais lorsque Petersén arrive le soir du mardi 6 février à bord du bateau, avec une bonne bouteille de Champagne, Jan Y est pendu dans le bureau aménagé, une bouteille de Champagne est entamée sur la table et un verre est brisé sous le corps...

Martin Barck, ancien de la Criminelle, maintenant commissaire de la Police maritime – poète à ses heures perdues : « On ne devenait pas poète parce qu'on avait du succès auprès du public, on l'était de corps, d'esprit et d'âme. » (page 62) – est appelé sur le lieu du crime. Oui, parce qu'il s'agit bien d'un meurtre, et pas d'un suicide comme il l'a pensé au début. « Je ne comprends pas qui a pu avoir l'idée de le tuer. On n'assassine pas les poètes. Ils se suicident. » (page 112).

Les premiers suspectés par le commissaire sont Karl Petersén, Anders Bergsten, le meilleur ami du poète, auteur de romans policiers, Tina Sandell, infirmière de nuit, et « compagne » du poète, et Axel Johnson, docker à la retraite que Jan Y voyait tous les jours près de son bateau.

 

Quelques phrases sur l'édition, la littérature, les écrivains et l'amour

« De toute façon, l'éditeur veillera à ce qu'il rentre dans ses frais. Le danger n'est pas là : c'est plutôt de décevoir les lecteurs ! Publier à grand renfort de publicité des livres qui ne sont pas à la hauteur, c'est saper la confiance du public et, au bout du compte, creuser notre propre tombe. » (Karl Petersén, page 9).

« Le polar ou le fantastique sont aussi respectables que la poésie ou le roman. » (Karl Petersén, page 9).

« […] presque tous les criminels de la littérature policière suédoise avaient connu une enfance difficile, été victimes de mauvais traitement et d'abus sexuels, eu des parents divorcés qui en plus étaient alcooliques ou toxicomanes. Ce n'était sans doute pas un hasard : parfois il semblait que l'écrivain suédois, pour être pris au sérieux, se devait de raconter sa jeunesse malheureuse. Meurtres, traumatismes infantiles, alcoolisme et cuites sous toutes ses formes, le tout pimenté d'une bonne dose d'angoisse, telle était la spécialité de la littérature suédoise. » (Anders Bergsten, pages 39-40).

« La littérature était devenue un produit de consommation, avec date de péremption, comme la viande et les légumes des supermarchés. Même les bibliothèques avaient commencé à faire le ménage sur leurs rayonnages pour privilégier les nouveautés que tout le monde lisait. » (Karl Petersén, page 118).

« Il y avait toujours quelqu'un qui ne faisait pas comme les autres, qui était l'exception à la règle et allait à contre-courant. […] Il fallait entretenir un contact direct avec la réalité, sous un angle nouveau, sans avoir tout rangé selon les clichés habituels. C'était la fidélité absolue à l'expérience personnelle qui était en jeu. » (Jan Y Nilsson, page 157).

« L'amour, se dit-il avant de s'endormir, était un port où on savait qu'on pouvait s'amarrer en toute sécurité, tandis que les déferlantes se ruaient à l'assaut des jetées et que les rafales secouaient le gréement. Ou un alizé, un souffle constant, puissant. Ou un somnifère... sans effets secondaires. » (Martin Barck, page 253).

« […] une maison d'édition sans bons écrivains n'était qu'une coquille vide. » (Karl Petersén, page 385).

 

J'ai craqué sur le titre et la quatrième de couverture m'a convaincue : il me fallait lire ce livre ! Et je n'ai pas été déçue, je l'ai dévoré !

Il y a dans ce roman de nombreuses références sur la littérature, la poésie, la peinture (surtout suédoises et françaises) et même des événements politiques ou historiques mais toutes ces références n'alourdissent pas le récit : je n'ai pas pu lâcher ce roman ! Je l'ai lu d'une traite (une bonne partie de la nuit) et j'ai passé un très agréable – et enrichissant – moment de lecture.

Ce roman, en plus d'être un excellent roman policier un peu atypique, se révèle être une méditation sur la place du poète et du romancier dans la société, une critique du journaliste et une réflexion sur l'utilité du critique littéraire.

J'ai repéré, page 214, un hommage au « commissaire Wallander, de la police d'Ystad » que tous les fans de romans policiers (pas seulement suédois) connaissent.

J'ai aussi repéré, page 364, un clin d'œil à « un manuscrit d'un débutant qu'ils avaient reçu quelques jours plus tôt et qui n'était pas sans qualités, même assez bon. Ce roman, travail de fin d'études à l'école d'écriture de l'université de Lund, se présentait lui aussi comme une sorte de roman policier, mais à caractère historique, et mettait en scène un employé de maison d'édition acceptant à contrecœur, après son départ à la retraite, de corriger un roman d'un écrivain avec lequel il avait collaboré auparavant. Or, le contenu controversé du livre l'entraînait dans toutes sortes de complications et l'exposait à certains dangers. » (page 364). Je l'ai lu ce roman ! Il est excellent ! C'est Le faux ami, de Henrik B. Nilsson (remarquez le nom de l'auteur), un gros coup de cœur de 2010.

Et lorsque le commissaire Barck lit le manuscrit dont il a exigé une photocopie, le lecteur profite du début du roman de Jan Y (pages 225 et suivantes), pas mal le coup du roman dans le roman.

Il y a de très bonnes choses partout dans ce livre et j'aurais pu relever encore d'autres extraits, par exemple le dialogue entre Anders Bergsten (l'auteur de romans policiers) et Martin Barck (le commissaire) page 161. Mais je voudrais que vous connaissiez un peu la poésie qui peuple ce roman.

 

Un poème de Jan Y Nilsson

« Je t'aime

voilà c'est dit.

Mais qu'ai-je dit

en te disant je t'aime ?

J'ai dit je

J'ai dit tu

J'ai dit aime.

Mais le chemin entre les deux

l'ai-je parcouru

avec toi ?

Je t'aime

mais qu'ai-je fait pour ce verbe

trop grand pour moi

comme des habits de fête

qui ne sortent pas le dimanche

des chants

qui raclent au fond de la gorge

des pas qui trébuchent

aux frontières de la danse ?

Je t'aime

et je suis là

le verbe ballant au bout de mes bras

ne sachant plus que faire de mes mains

ni où les mener. »

(pages 176-177).

 

Un autre poème de Jan Y Nilsson (lu à son enterrement)

« Donne-moi des livres

qui finissent bien

à défaut de romans

peut-être des poèmes

à défaut de poèmes

peut-être un quatrain

à défaut d'un quatrain

peut-être un seul vers.

Donne-moi un amour

qui finisse bien

le vôtre s'est échappé

le vôtre a laissé la porte ouverte

à ses fantômes

Tristan et Iseult

Roméo et Juliette

Henri et Yvonne

papa et maman

à jamais réunis

à jamais séparés. »

(pages 268-269, le poème continue sur encore 3 pages).

 

Et je voudrais finir avec « La poésie est capable de tout bouleverser. » (Niklas Schiöler, universitaire à Lund, page 408).

 

Une lecture que je prends un grand plaisir à mettre dans les challenges 1 % de la rentrée littéraire 2012, Thrillers et polars, et surtout Défi scandinave, Tour du monde en 8 ans et Voisins voisines 2013 tous les trois pour la Suède.

 

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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 05:06

66HaikuDeBuson.jpg66 haiku est un recueil de poésies de Buson paru aux éditions Verdier en septembre 2004 (92 pages, 12,50 €, ISBN 978-2-86432-423-7).

 

Ces haïku sont choisis, présentés et traduits du japonais par Joan Titus-Carmel.

 

Buson 蕪村 (ou Yosa Buson 与謝 蕪村) naît en 1716 à Kema, un village près d'Ôsaka (qui fait maintenant partie de la ville).

Peintre et poète, il est un des quatre maîtres du haiku classique (il en a rédigé 3 000), les trois autres étant Bashô (1644-1694), Issa (1763-1828) et Shiki (1867-1902). Buson arrive donc après Bashô, dont il s'inspire tout en renouvelant le genre : c'est lui qui crée le haïga alliant le haiku et la peinture.

Après des études à Tokyo (la peinture et la poésie), il voyage dans le Japon de l'ère Edo, prend son nom d'artiste – Buson – en 1744 et s'installe à Kyoto en 1751. Là, il se consacre à l'Art (poésie, calligraphie, peinture). Il s'y marie aussi et a une fille (sur le tard). En 1757, il prend un autre nom d'artiste – Yosa – et fonde deux écoles : une de poésie (Shankasha) et une de peinture (Nanga).

Il meurt le 25 décembre 1783 à Kyôto.

Plus d'infos sur la vie et l'œuvre de Buson dans la préface du livre.

 

Qu'est-ce que le haiku ? Tout est dit dans les deux premières phrases de la préface (page 9) : « Aucune forme littéraire autre que le haiku ne peut mieux saisir et exprimer, dans sa spécificité, la sensibilité japonaise. Le haiku, poème d'une extrême concision, dépouillé mais toujours concret, réussit, avec ses seules dix-sept syllabes (5-7-5), à nous faire entrevoir ce qu'est l'expérience du poète : sa perception d'une voix ou d'un bruit, la présence fragile d'un objet, la course ou le frémissement d'un animal, un voyageur sous la pluie, suffisent pour créer un état d'âme proche de l'éveil. »

 

Chaque fleur qui tombe

les fait vieillir d'avantage –

branches de prunier !

(12)

Chandelle à la main

l'homme parcourt son jardin

pleurant le printemps

(28)

Auprès du prunier

je suis venu solitaire

contempler la lune

(38)

Le cerf, la montagne –

leur ombre devant la porte

ah ! soleil couchant

(41)

Le mont s'assombrit

éteignant le vermillon

des feuilles d'érable

(45)

En plantant la hache

surpris par un tel parfum –

le bosquet d'hiver

(53)

 

Voici 6 haiku (sur les 66) que j'ai beaucoup aimés lors de la relecture de ce recueil (je l'ai déjà lu plusieurs fois, je l'ai acheté à sa parution). Ils vous permettent de voir que le haiku suit les saisons : c'est très important que le haiku contienne un mot de saison, le kigo (sinon le poème est un moki) ; qu'il raconte la Nature, la végétation, les animaux, le travail et la vie des humains aussi, la chaleur, le froid, la lumière, la nuit, le bruit, les senteurs, les éléments...

Les qualités du poète, comme du peintre ? Observation, harmonie et lyrisme.

Avec la traduction, il n'est pas toujours possible de voir les 17 mores (syllabes) mais en japonais, elles y sont et comme ce recueil est bilingue, c'est vraiment bien.

 

J'espère que vous aurez envie de découvrir le haiku et pourquoi pas d'en écrire !

 

SurPage01-2013.jpg

Une lecture pour Sur les pages du Japon (le thème de janvier est, vous l'avez deviné, haiku !) et que je mets aussi dans les challenges Cent pages, Petit Bac (catégorie chiffre/nombre), et du coup ça me fait un deuxième classique pour Un classique par mois (je commence bien !) et bien sûr Dragon 2012 (vite, avant qu'il ne se termine !).

DefiCentPages PetitBac2013 ClassiqueMois2 ChallengeDragonFeu


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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 05:47

SaisonRimbaud.jpgUne saison en enfer  est un ouvrage rédigé par Arthur Rimbaud  entre avril et août 1873, et publié en Belgique en octobre de la même année. Ce livre  de 53 pages a une particularité : il est le seul que l'auteur ait publié lui-même. Mais, en colère contre ses amis parisiens qui l'ont rejeté, Rimbaud a brûlé plusieurs de ses exemplaires. Les cinq cents exemplaires de l'imprimeur ont été retrouvés en 1901 par Léon Losseau, un bibliophile : ils n'avaient pas été payés et étaient restés dans le magasin de l'imprimerie !

 

Arthur Rimbaud 1854-1891, poète et voyageur.


Pris de folie car il a failli mourir et condamné par le démon, l'auteur s'adresse à Satan : « […] je vous détache ces quelques hideux feuillets de mon carnet de damné ».

Arthur Rimbaud est en colère. Contre tout, la nation, la patrie, l'Église, ses contemporains que ce soient les fils de nobles familles ou ceux qui travaillent, « tous ignobles », la médecine, la philosophie, la science, le progrès... Il honnit le Christ, Dieu, l'Évangile, les Droits de l'Homme, tout ! C'est son « sang païen » qui prend le dessus, ou alors l'alcool et la drogue ? « Les hallucinations sont innombrables », dit-il.

Il quitte l'Europe, cet Occident fourvoyé et corrompu. Il vogue vers d'autres contrées qui lui donneront ce que le Christ ne lui donne pas : « noblesse et liberté ». Mais il sent bien qu'il est maudit et qu'il porte en lui tous les vices, « colère, luxure […], mensonge, paresse ».

Il soupire, se lamente, réclame l'amour divin ; il n'en peut plus des déceptions ; il aspire à la pureté et à la sagesse ; il expie ; il sait « tous les élans et les désastres » de la folie, de ses rages, de ses débauches mais... il sait aussi qu'il est faible et ne fait qu'entrevoir le bonheur et le salut sans pouvoir les toucher.

« Farce continuelle... […] La vie est la farce à mener par tous. »

Il est pris de délire et fait cet horrible constat : « Je me crois en enfer, donc j'y suis. »

 

Mais sa poésie, en vers libre ou en prose, est superbe !

« J'inventai la couleur des voyelles ! – A noir, E blanc, I rouge, O bleu, U vert. »

« Mangez les cailloux qu'on brise,

Les vieilles pierres d'églises ;

Les galets des vieux déluges. »

« Elle est retrouvée !

Quoi ? – L'éternité.

C'est la mer mêlée

Au soleil. »

« Ô saisons, ô châteaux !

Quelle âme est sans défaut ? »

« L'automne déjà ! – Mais pourquoi regretter un éternel soleil […]. »

 

Quel tourment ! Quels tourments ! Rimbaud mérite bien son surnom de « poète maudit » ! Et il n'avait que 19 ans lors de la rédaction de cette saison en enfer !

En fait, lorsqu'il écrit ces courts textes mystiques, Arthur Rimbaud est en pleine séparation avec Paul Verlaine qui veut retourner vers son épouse. Verlaine tire d'ailleurs sur Rimbaud et ira en prison. Rimbaud a du mal à retrouver la raison.

La lecture est un peu déroutante, mais il y a un tel rythme qu'on ne peut que continuer, comme pris dans un maelstrom. Car il y a des métaphores, de l'âme, du tragique, un brin d'espoir (l'aurore dans L'adieu) et c'est vraiment très beau.

Alors pure dérision ou sincère repentance, ce n'est pas à nous, pauvres lecteurs, d'en juger.

Si vous cherchez Une saison en enfer sur Internet, vous trouverez plusieurs sites où le télécharger librement ou le lire en ligne.

 

J'ai choisi Une saison en enfer, d'Arthur Rimbaud pour le challenge Lire sous la contrainte car la contrainte de cette 3e session est : « saisons, mois ». Je mets aussi ce livre dans le défi Cent pages.

LireContrainte3 DefiCentPages ClubLN

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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 04:56

HardiHerisson.jpgHardi hérisson et autres poésies russes est un album illustré par  Delphine Chedru et paru aux éditions Albin Michel Jeunesse en septembre 2011 (40 pages, 9,50 €, ISBN 978-2-226-22196-4). Les textes sont traduits du russe par Henri Abril.

 

Voici la liste des auteurs et les titres de leurs poésies.

Daniil Kharms : Un tigre dans la rue ; La petite fille ; Hardi hérisson.

Roman Sef : Leçon de français.

Guenrikh Sapguir ; Deux moitiés ; L'ogre et la princesse (deux versions).

Oleg Grigoriev ; Les nuages ; Portrait ; L'orange ; Solidarité.

Korneï Tchoukovski : Deux devinettes ; Réponses ; Le téléphone ; La tartine.

Samuel Marchak : L'hurluberlu.

 

Chaque poème est sur une double page et a ses propres couleurs, sauf L'hurluberlu et Le téléphone qui sont sur quatre pages.

 

Il y a de l'humour, absurde parfois.

« Taisez-vous un peu

En français »

(in Leçon de français, page 4). Amusant, n'est-ce pas ?

 

Mes poésies préférées sont celles d'Oleg Grigoriev et de Korneï Tchoukovski. Du coup je vais voir si je peux trouver d'autres textes de ces auteurs. Oui ! (cliquez sur les images).

OlegGrigoriev Oleg Grigoriev est né le 6 décembre 1943 à Moscou et est mort le 30 avril 1992 à Saint-Pétersbourg. Il est considéré comme le poète de l'underground. Et on peut lire de ses poèmes dans l'Anthologie de la poésie russe pour enfants (Circé, 2006) et dans Et alors ? (recueil de douze textes, La joie de lire, 2010). Il est possible de voir de ses dessins ici et de lire de ses poèmes en russe ici.
KorneiTchoukovskiByRepin

Korneï Tchoukovski est né le 31 mars 1882 à Saint-Pétersbourg et est mort le 28 octobre 1969 à Moscou. Il fut professeur, journaliste, poète, traducteur et critique littéraire. Quelques-unes de ses œuvres ont été traduites en français : La peine de Philomène (1947), Les futuristes (1990), Le cafard (2002), Un courant d'air dans la bouche (2005). Il est possible de lire de ses poèmes en russe ici.


J'ai bien ri en lisant L'hurluberlu avec des choses comme « Chaubus de l'autoffeur » (page 29) : des contrepèteries faciles à repérer pour les enfants (bravo au traducteur !).

 

ChallengeAnimauxEn plus du hérisson, qui affronte un serpent, il y a de nombreux animaux dans ces poésies : un tigre, un brochet, des canards, des hochequeues, un ver de terre, des souris et des chats en pagaille ! Rien que dans Le téléphone, il y a des éléphants, des crocodiles, des lièvres, des ouistitis, des ours, des hérons, des grenouilles, un rossignol, un corbeau, des cochons, un phoque, un oursin, un cerf, des gazelles, un kangourou, un rhinocéros, un hippopotame. Vous comprendrez donc que je place ce recueil de poésies dans le challenge Animaux du monde !

 

Je mets aussi cette très agréable lecture dans les challenges Je lis aussi des albums – 2012, Cent pages, Le tour des genres en 365 jours (jeunesse, dommage qu'il n'y ait pas poésie) et Le tour du monde en 8 ans (Russie).

CA2012big DefiCentPages TourGenres TourMonde8ans

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20 juin 2010 7 20 /06 /juin /2010 23:05

QueueBalance.jpgSilence, la queue du chat balance est un recueil de poésie de Patrick Bertrand illustré par Serge Ceccarelli et paru en avril 2002 aux éditions Actes Sud Junior dans la collection Des poèmes plein les poches (8 €, 61 pages, ISBN 2-7427-3753-7).

 

J'ai ouvert ce petit livre par hasard et j'ai lu le premier poème : Une âme.

« L'œil est un éclair,

La griffe, une lame,

Regard clair

Et patte de velours,

Le chat est une âme,

Une histoire d'amour. »

 

Très émue, j'ai compris qu'il fallait que je le lise !

Finalement, nous l'avons lu en famille et tout le monde a véritablement apprécié ce recueil, idéal non seulement pour les enfants mais aussi pour les adultes.

 

26 poèmes, beaux, intelligents, tendres, drôles ou tristes, en vers ou non, joliment illustrés avec les couleurs qui siéent aux félins, 26 poèmes qui sont tous une porte d'entrée vers l'âme des chats.

 

Lecture commune avec Edwyn (sa note est un peu différente de la mienne).

 

Lecture pour le challenge Poésie sur les 5 continents, continent Europe.

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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 06:45

BurtonHuitre1BurtonHuitre2La triste fin du petit Enfant Huître et autres histoires est un recueil de Tim Burton paru aux éditions 10/18 dans la collection Domaine étranger en septembre 2007 (123 pages, illustrations en couleur, 7,40 €, ISBN 978-2-264-02768-9). Une édition spéciale est parue en novembre 2008 aux éditions 10/18 (128 pages, 10 €, ISBN 9782264048738). Traduction de René Belletto (qui a adapté en privilégiant les rimes).


Avec The melancoly death of Oyster Boy & other stories, Tim Burton, extraordinaire réalisateur américain né en août 1958, publiait en 1997 son premier livre qu'il illustrait lui-même.


Lorsque je me suis rendue compte que ces histoires étaient écrites sous la forme de poésie (en vers ou en prose), j'ai tout de suite décidé de les présenter pour le défi Poésie sur les 5 continents pour le continent américain.


Je connais l'univers de Tim Burton à travers ses films colorés, baroques et très originaux, mais j'ai été vraiment surprise par les personnages (pratiquement tous hideux) de ses poésies parce qu'on les croirait tout droit sortis d'un cerveau dérangé (désolée, hein, Tim !). Jugez plutôt : un enfant-robot, un enfant qui a des clous dans les yeux, un enfant tache, un enfant huître, un enfant toxique, un enfant momie, etc. Les filles ne sont pas en reste avec une qui a plusieurs yeux, une qui fixe tout le temps, une faite d'ordures, une qui porte des aiguilles de vaudou, etc.

Les enfants seraient-ils donc tous de monstrueuses créatures ?

Je remarque la présence presque systématique des yeux, l'importance du regard donc, celui que l'on porte sur soi-même et celui des autres.

Monstruosité, cruauté, mort et humour noir sont les maîtres-mots de ce recueil de poésie surprenant !


Trois extraits

 

Stick Boy and Match Girl in love (pages 10 à 13)

« Stick Boy liked Match Girl,

he liked her a lot.

He liked her cute figure,

he thought she was hot.

But could a flame ever burn

for a match and a stick ?

It dit quite literally ;

he burned up pretty quick. »

Brindille et Allumette amoureux

« Brindille aimait bien Allumette,

il l'aimait vraiment beaucoup,

il adorait sa jolie silhouette,

et il la sentait chaude comme tout.

Mais le feu de la passion peut-il être,

entre une brindille et une allumette ? Eh bien

oui, à la lettre :

il flamba comme rien. »

Roy, the Toxic Boy (page 76-77)

« [...]

The one and only time

I ever saw Toxic Boy cry

was when some sodium chloride

got into his eye.

[...]. »

Ludovic, l'Enfant Toxique

« [...]

La seule fois, l'unique

où je vis l'Enfant Toxique pleurnicher,

ce fut quand du sérum physiologique

dans son œil alla se nicher.

[...]. »

Junk Girl (pages 98 et 99)

« There once was a girl

who was made up of junk.

She looked really dirty,

and she smelled like a skunk.

[...]. »

La fille faite d'ordures

« Il était une fois une nénette

qui d'ordures était faite.

Elle était vraiment cracra

et puait comme un putois.

[...]. »


Alors ? Est-ce que ça vous a donné envie de découvrir l'univers littéraire et poétique de Tim Burton ?

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