Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 03:20

Code 1879 : les enquêtes du généalogiste est un roman de Dan Waddell paru aux éditions du Rouergue en 2010 mais je l'ai lu en Babel noir (n° 57) paru en janvier 2012 (368 pages, 8,70 €, ISBN 978-2-330-00268-8). The blood detective (2008) est traduit de l'anglais par Jean-René Dastugue.

 

Dan Waddell est un journaliste et auteur anglais né en 1972. Il vit à Londres. C'est en découvrant un secret de famille après la naissance de son fils (en 2003) qu'il comprend que le passé est important et influence les vie. Il utilise le pseudonyme de Dan James et a écrit deux livres pour la jeunesse (pour devenir détective comme Sherlock Holmes et pour devenir détective en généalogie). Plus d'infos sur http://www.danwaddell.net/.

 

Un matin, près de Ladbroke Grove, un homme est retrouvé mort.

L'inspecteur principal Grant Foster (plus de vingt ans dans la police) et son équipe de la Criminelle Ouest de Kensington (lieutenant Heather Jenkins, capitaine Andy Drinkwater...) mènent l'enquête.

« C'est assez moche, sir. » (page 12).

La victime, James Darbyshire, un trader de 31 ans, a été amputé des mains, a un poignard dans le cœur et une inscription gravée sur la poitrine : 1A137.

« Notre tueur essaie de nous dire quelque chose. Lorsque nous saurons ce que c'est, nous nous serons sérieusement rapprochés du moment de son arrestation. » (page 34).

Nigel Barnes, orphelin qui ne sait absolument rien sur sa famille, est devenu généalogiste et gagne sa vie en faisant des recherches sur les familles des autres.

« On éprouve une vraie sensation de réussite lorsque l'on aide les gens à surmonter ces obstacles, à retrouver des parents et des ancêtres dont ils ne savent rien. » (page 53).

Le généalogiste va être emmené à aider la police sur l'enquête et essayer de comprendre ce que représente le dernier numéro composé par Darbyshire avant de rendre l'âme : 1879.

« Il avait hâte de commencer les recherches, intrigué par ce qu'il allait découvrir. » (page 92).

Mais d'autres victimes sont découvertes et leur lien semble être dans le passé.

« Je ne peux pas m'empêcher de penser que si nous voulons avoir une petite chance de venir à bout du présent, il faut que nous en sachions le plus possible sur le passé. Ce n'est qu'à ce moment-là que les choses deviendront claires. » (page 180).

 

Mes passages préférés

« Vraiment, dit Foster. Il trouvait les infos dont il avait besoin sur Internet. Il méprisait les journaux, leurs manipulations, leurs mensonges, leurs duperies. » (page 163).

« Le passé est un être vivant : il est toujours là. La plupart d'entre nous l'ignorent, mais il est là. On ne peut pas l'effacer et l'oublier. » (page 236).

 

J'ai vu ce roman sur plusieurs blogs et il m'a vraiment fait envie ; malheureusement je n'ai pas eu le temps de le lire pour la lecture commune du 31 janvier dans le cadre du challenge British mysteries... Je n'ai maintenant qu'une hâte, c'est de lire le deuxième tome, Depuis le temps de vos pères, paru en 2012 aux éditions du Rouergue et en janvier 2013 en Babel noir. En effet, Code 1879 est passionnant ! L'intrigue avec le généalogiste est originale (même si je ne m'intéresse pas plus que ça à la généalogie), il y a de l'humour et du suspense, c'est vraiment British et c'est parfait pour passer un excellent moment de lecture. L'éditeur dit que Code 1879 est le « premier volet d'une série originale qui interroge le passé pour mieux démasquer les monstres de notre temps » et c'est vraiment intéressant. J'ai fait durer le plaisir car je n'avais pas envie que le livre se termine !

 

Une lecture pour les challenges Petit Bac (catégorie moment/temps, 1879 étant une année), Thrillers et polars, XIXe siècle ;

et pour l'Angleterre : British mysteries, God save the livre, Tour du monde en 8 ans et Voisins voisines.

 

Partager cet article

Repost 0
20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 03:59

Le secret de Cracovie est un roman de Małgorzata et Michał Kuźmiński paru aux éditions ZdL en novembre 2013 (418 pages, 24,90 €, ISBN 978-2-9538791-7-9). Sekret Kroke (2009) est traduit du polonais par Jacqueline Dera-Fisher.

 

Je remercie Virginie et les éditions ZdL (Zofia de Lannurien) pour ce roman. J'ai découvert cette toute nouvelle maison d'éditions en 2011 avec Churchill à Yalta – La Pologne trahie, de Michael Dobbs.

 

Małgorzata Fugiel-Kuźmińska est anthropologue spécialisée dans la culture (langues, modes de pensée, ethnologie...). Elle travaille dans les relations publiques et la publicité.

Michał Kuźmiński est journaliste et expert des médias.

Le secret de Cracovie est le premier roman du couple.

 

Mars 1939. Il y a un nouveau pape, Pie XII. Benjamin quitte Prague pour la Pologne plus sûre. C'est la fête de Pourim.

Les Juifs ont peur « mais je me dis, reprit le père, que cette année sera meilleure. Que Adonaï sera avec nous, puisqu'il nous a déjà accordé un beau printemps. Qu'Il va changer notre sort. C'est bien ce que nous fêtons à Pourim, la fête des sorts, déclara-t-il sans plus trembler. » (Jacob Rosenberg, page 27).

Il existerait une relique détenue par une fraternité secrète – créée au XIIe siècle par Lévi des Livius d'Alexandrie – qui peut changer le destin du monde.

« Fraternitas Alchelmistarum, la Confrérie des Alchimistes. » (page 44). « Un certain manuscrit, reprit-il, contient une hérésie restée en sommeil des siècles durant. Dans la situation politique actuelle, elle constitue un danger mortel pour l'Église, pour la sainte foi chrétienne et pour tout le monde civilisé. » (page 45). « un rouleau couvert de signes mystérieux qu'une confrérie secrète était chargé de protéger. » (page 50).

Le cardinal Marco Tornicelli envoie à sa recherche un moine soldat espagnol, Carlos Chacal.

Depuis Nuremberg, le nazi Otto von Liennenheim envoie en Pologne son espion, le Prince Mikhaïl Nikolaïevitch Romanov, qu'il tient sous sa coupe. « Il lui fallait intercepter le manuscrit. Lorsque cela arriverait, le monde serait convaincu du droit immémorial du Reich à sa domination et sa progression serait irrésistible. Et lui, précisément, Otto von Liennenheim, Kriminaldirektor de la Gestapo, serait le prêtre célébrant cet hommage. » (page 120).

Et un collectionneur américain envoie Jimmy Gonshènitza qui va s'allier avec Maciek Messer et sa pègre locale.

Pendant ce temps, Rebecca et Eva (19 ans), respectivement fille et nièce de Jacob Rosenberg, étudient l'Art et rêvent d'une belle vie. Franek, l'étudiant aux cheveux roux, propose ses services à Romanov dès son arrivée. Les chasseurs de relique vont débarquer dans la vie de ces jeunes de Cracovie et, comme les meurtres s'accumulent, le sous-commissaire Milosz Lucznik va mener l'enquête.

(source de l'illustration ci-dessus http://www.lapetite-pologne.com/includes/languages/french/kazimierz.html).

 

Ce roman n'est pas seulement un très bon thriller historique voire ésotérique, il est aussi une passionnante balade dans la ville de Cracovie et en particulier dans le vieux quartier de Kazimierz (le nom yiddish est Kroke) principalement habité par des Juifs (dont plusieurs sont antiquaires et pourraient posséder la relique). Les traditions juives et l'ambiance de ce quartier sont vraiment bien transcrites avec l'augmentation des persécutions contre les Juifs et la montée de la peur.

J'avais déjà pas mal lu sur Varsovie et son tristement célèbre ghetto mais pas sur Cracovie qui me semble une très belle ville chargée d'Histoire.

(source de l'illustration ci-dessus http://www.shabbat-goy.com/?page_id=2098).

Situé près de la Vistule, le ghetto de Cracovie (créé en mars 1941, soit deux ans après les événements de ce roman) est peut-être moins connu que le ghetto de Varsovie mais des noms comme Roman Polanski (qui y vécut enfant), Oscar Schindler (qui fit travailler les habitants du ghetto dans sa fabrique d'émail), Tadeusz Pankiewicz (qui fut le seul non-Juif à rester dans le ghetto de Podgórze et qui raconta la vie du ghetto dans La pharmacie du ghetto de Cracovie paru chez Actes Sud en 1998) vous disent sûrement quelque chose. Dans le roman, le lecteur croise Władysław Szpilman (page 284), célèbre pianiste et compositeur polonais, auteur de La mort d'une ville, immortalisé par Le pianiste réalisé par Roman Polanski en 1993.

Le quartier de Kazimierz est classé au Patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1978, ainsi que les autres quartiers historiques de Cracovie : Stare Miasto (Vieille Ville) et Wawel.

 

Mon passage préféré

« Il tira de son gousset une montre suspendue à une chaînette d'argent.

– Quant à moi, ajouta-t-il, je dois m'en aller sans plus tarder. On m'attend. Si j'en crois la chance que nous avons, peut-être nous reverrons-nous.

Le plus naturellement du monde, il lui fit un clin d'œil, se retourna et s'en alla vers la rue.

– Attends ! s'écria-t-elle à cet instant. Quel est ton prénom ?

Il s'arrêtat. Son visage disparaissait dans l'ombre de la porte cochère dont l'arc laissait filtrer, à l'autre bout du passage, l'éclat intense de la rue inondée de soleil. Les appels, les cris d'enfants, les bruits de pas des passants, tout se fondait en une rumeur sourde et uniforme.

– Je m'appelle Romanov. Mikhaïl Romanov, dit-il en effleurant le bord de son chapeau. Prince.

Puis il s'éloigna. » (page 153).

Vous l'aurez compris, ce roman est aussi une charmante histoire d'amour entre Rebecca Rosenberg, jeune femme passionnée par l'Art, innocente, naïve, inexpérimentée et le loup dans la bergerie, Mikhaïl Nikolaïevitch Romanov, prince russe (et neveu du tsar Nicolas II assassiné avec sa famille en 1917 à Ekaterinbourg).

 

Je « voyage » régulièrement en Pologne ces derniers temps ! Poznan avec Second portrait d'Irena, de Laura Berg, Varsovie avec Les impliqués, de Zygmunt Miłoszewski et Cracovie avec ce roman. Comme je le disais il y a quelques jours : la Pologne, nouvel eldorado du roman policier ? En tout cas, j'aime ce pays et si vous avez d'autres romans à me conseiller, en particulier des romans policiers, n'hésitez pas !

 

Si vous comprenez le polonais !

Une lecture enrichissante pour les challenges 1 % de la rentrée littéraire 2013, Lire sous la contrainte (nom + nom), Petit Bac 2014 (catégorie Lieu), Premier roman, Thrillers et polars, Tour du monde en 8 ans et Voisins voisines (Pologne).

 

Partager cet article

Repost 0
19 février 2014 3 19 /02 /février /2014 00:06

Les impliqués est un roman de Zygmunt Miłoszewski paru aux éditions Mirobole dans la collection Horizons noirs en octobre 2013 (448 pages, 22 €, ISBN 979-10-92145-09-0). Uwikłanie (2007) est traduit du polonais par Kamil Barbarski.

 

Je remercie Muriel et les éditions Mirobole de m'avoir envoyé ce roman et je tiens à m'excuser pour le retard que j'ai pris à en parler. Je l'ai commencé peu de temps après sa réception à l'automne dernier mais je l'ai laissé tomber ; comme le début m'avait quand même plu, je l'ai repris aux vacances de Noël mais je l'ai encore une fois abandonné... Début février, je me suis dit qu'il ne méritait vraiment pas ça : je l'ai repris sérieusement et je ne regrette pas ma lecture !

 

Zygmunt Miłoszewsk est né le 8 mai 1976 à Varsovie (Pologne). Il est journaliste (chronique judiciaire, jeux vidéo) et romancier. Du même auteur : Domofon (L'interphone) en 2005 (roman fantastique) ; Góry żmijowe (Les monts de la vipère) en 2006 (conte fantastique jeunesse) ; Ziarno prawdy (Une graine de vérité) en 2011 (deuxième roman avec le procureur Teodore Szacki) et Bezcenny (Hors de prix) en 2013 (thriller).

 

Juin 2005. Cloître de l'ancienne église de Czestochowa à Varsovie. Cezary Rudzki, un psychologue adepte de la « thérapie de la constellation », a réuni durant le week-end quatre patients pour une séance en groupe : Hanna Kwiatkowska, Barbara Jarczyk, Ebi Kaim et Henryk Telak mais le dimanche matin, ce dernier est retrouvé mort dans la crypte.

Teodore Szacki, procureur du district, va enquêter sur ce meurtre avec l'aide du commissaire Oleg Kuzniecov.

« L'église paroissiale de la Vierge Marie de Czestochowa s'était jadis tenue là, […]. Elle était restée à l'abandon des décennies durant, suscitant l'épouvante par ses ruines sombres, ses colonnes brisées et ses caveaux éventrés. Lorsque enfin on l'avait fait renaître de ses cendres, elle était devenue le symbole de la confusion stylistique qui régnait en ville. Quiconque empruntait la rue Lazienkowska devait affronter cette chimère de briques, ce mélange incongru de lieu de culte, de monastère, de château fort et de palais de Gargamel. Et maintenant, on venait d'y trouver un cadavre. » (page 22).

L'assassin est-il venu de l'extérieur ou est-il une des personnes de la thérapie ?

« […] on a un mort et quatre suspects, tous sobres et propres sur eux. » (page 24).

Les témoins disent tous que Henryk Telak « était triste, renfermé, en pleine dépression » (page 40) mais le mort ne s'est tout de même pas suicidé, pas en s'enfonçant une broche à rôtir dans un œil jusqu'au cerveau !

Teodore Szacki fait la connaissance de Monika Grzelka, une jeune journaliste, et de Jadwiga Telak, la veuve du mort embroché. La malheureuse femme a déjà perdu sa fille, Kasia, suicidée il y a quelques années et son fils, Bartek, est malade et incurable.

Mais Szacki n'a pas de piste sérieuse... « Aucune des auditions de témoin n'avait introduit de nouveaux éléments exploitables dans l'enquête. » (page 165).

 

« Ne me faites pas rire ! s'emporta Teodore Szacki. Ceci est une expérience d'investigation et non un roman policier. Je ne vais pas vous décrire en détails le déroulement de l'enquête. Et puis, une instruction fastidieuse se compose de centaines d'éléments et non d'un seul détective perspicace. » (page 416).

C'est pourtant de cette façon que le lecteur entre dans le roman. Tout est minutieusement détaillé. L'enquête est classique (conventionnelle) et pas trépidante mais c'est l'ambiance qui est intéressante. Chaque matin commence avec les actualités du jour et la météo, et enquête et vie du procureur Szacki sont intimement liées (ça m'a fait penser à la série danoise Forbrydelsen - The killing). Son épouse, Weronika, est conseillère juridique à l'hôtel de ville et le couple a une fillette, Hela.

L'enquête est longue, laborieuse, et cette lenteur peut gêner certains lecteurs qui aiment que tout se déroule, hum.... je dirais à l'américaine avec de l'action, des rebondissements, etc. Mais la lenteur est feinte car l'enquête se déroule sur douze jours seulement, entre le 5 et le 17 juin, ce qui est somme toute très rapide pour une enquête où tout a été cherché, vérifié et approfondi (il y a quand même un rebondissement le 18 juillet, soit un mois après la fin de l'enquête).

Sans rien dévoiler, je peux encore dire que j'ai bien apprécié la fin à la Hercule Poirot, je veux dire que tous les protagonistes sont réunis pour entendre le procureur et découvrir le(s) coupable(s).

J'ai l'impression que je ressors de cette lecture plus intelligente car l'auteur balade le lecteur dans la Varsovie moderne avec des retours dans l'Histoire (pas glorieuse) d'après-guerre et dans les vies de plusieurs familles. J'espère que le procureur Teodore Szacki, fonctionnaire pointilleux, pas satisfait de sa vie et de la routine ambiante (il n'a que 36 ans mais il m'a paru plus vieux), va prendre de l'ampleur car il existe une deuxième enquête, Ziarno prawdy - Une graine de vérité, parue en 2011 en Pologne. D'ailleurs, en 2011 également, le roman Les impliqués a été adapté au cinéma en Pologne par Jacek Bromski (1946-...) et a reçu le Prix Gros Calibre.

 

Les clins d'œil de l'auteur

« Méfiez-vous des séries télévisées. En Pologne, c'est le procureur qui dirige les investigations sérieuses. La police l'aide si on le lui ordonne, mais de sa propre initiative elle ne peut traquer que les voleurs de voitures et les cambrioleurs. » (page 87).

« La presse peut aussi commettre des erreurs, monsieur le procureur. C'est le lot de tous les pouvoirs.

La différence, c'est qu'on n'élit pas la presse au suffrage universel, rétorqua Szacki. L'histoire nous enseigne qu'un pouvoir autoproclamé se rend coupable d'un grand nombre de fautes. Et aussi qu'il les étouffe avec la plus grande efficacité. » (page 186).

« Bordel, pourquoi personne ne veut comprendre à quoi ressemblait vraiment la Pologne de l'époque ? Je vais te dire : c'était un système totalitaire fondé sur l'asservissement et la répression des citoyens par tous les moyens disponibles. Un système où le dernier mot revenait toujours à l'appareil de la terreur, et tant pis si ça sonne pathétique. L'appareil de la terreur, c'est-à-dire des services secrets qui espionnaient tout le monde, prêts à intervenir à chaque instant. » (pages 362-363).

 

Mes passages préférés

« Peut-être qu'il vaut mieux ne pas se souvenir de certaines choses. » (page 300).

« Je ne sais pas si vous avez aimé un jour. Vraiment aimé. Si oui, alors vous avez de la chance. Si non, alors je vous envie, car la plus grande aventure de l'existence se trouve peut-être encore devant vous. Savez-vous de quoi je parle ? Prenez les romans. Lire Le Maître et Marguerite au lycée était une expérience fabuleuse, mais je suis folle de jalousie à l'idée qu'il existe des adultes qui vont encore découvrir ce plaisir. Parfois, je me demande comment ça serait de lire Boukgakov pour la première fois aujourd'hui. Bref... En tout cas, si vous vous apprêtez à répondre « je ne sais pas », alors cela veut dire que vous n'avez pas aimé. » (page 436).

 

Une lecture pour les challenges 1 % de la rentrée littéraire 2013, Thrillers et polars, Tour du monde en 8 ans et Voisins voisines (Pologne).

 

Partager cet article

Repost 0
12 février 2014 3 12 /02 /février /2014 04:38

Herbe noire est un roman de Pierre Willi paru aux éditions Krakoen dans la collection Polar en janvier 2014 (264 pages, 14,80 €, ISBN 978-2-367940366).

 

Je remercie Gilles G. et les éditions Krakoen pour ce roman de la rentrée littéraire d'hiver.

 

Pierre Willi, né en 1956, est auteur, peintre et navigateur ; il est originaire du Nord mais vit dans le Périgord. Herbe noire est son septième roman mais je ne connaissais pas cet auteur. Plus d'infos sur http://pierrewilli.eklablog.com/.

 

Paulin, 13 ans, est en internat chez les sœurs. Lors des vacances, il rentre à la ferme dans le hameau de Treunouille. C'est un coin isolé, entre Poitiers et Guéret, dans la Haute-Vienne, avec un étang, une petite rivière et quatre fermes dont celle de ses parents, Denise et Raymond Tersanne.

« Ici, c'est pas le bout du monde, non, on se retrouverait plutôt en plein centre... Le centre du Centre. » (page 6).

Il retrouve les enfants des voisins, les Delambre : Nadège, surnommée Nana, 14 ans, et son frère Gérard, 16 ans. Nana a arrêté de parler depuis des années. Il y a aussi Gabriel, qui a une moto, et vit normalement à la ville.

« Nana, si elle ne parle plus, elle continue de s'exprimer. Je veux dire qu'elle parle avec les gestes, le visage, les yeux, mais seulement quand elle veut et à qui elle veut. […] Un jour, on va se barrer tous les deux, loin, très loin. Le plus loin possible ! Je ne sais pas encore où ni comment, mais je sais qu'on va se barrer. On ne va pas rester là, à se laisser pourrir doucement sur pied comme les autres. Finir comme eux ? Non ! Ce n'est pas possible. » (page 35-36).

Réprimandes chez les sœurs, réprimandes chez ses parents...

« Cette année, les vacances, elles commencent mal. J'ai bien l'impression que ça va être un été pourri. » (page 62).

 

Autant le dire tout de suite : ce roman a sûrement un fort potentiel mais je n'ai pas aimé le style ! Trop de mots inventés (vasouille, sandouiches...), des fautes de grammaire (malgré que...) et un décor un peu trop noirci pour être plausible.

Des paysans ruinés et inactifs suite à des années de surproduction, violents et alcooliques.

Des ados – entre 13 et 18 ans – désœuvrés, qui consomment cigarettes, alcools, drogues, qui jouent avec le sexe et avec des armes à feu (chargées).

« Les rêves et la réalité sont tellement mélangés, tellement dans tous les sens, que je renonce à reconstruire ma mémoire de la veille. D'ailleurs, peut-être que je rêve encore ? » (page 105-106).

Non seulement ce serait plutôt un cauchemar qu'un rêve mais en plus Paulin ne va pas rêver longtemps...

« On est partis. On ne reviendra plus. » (page 137). « Où va-t-on ? […] – Le plus loin possible. – Autant dire jusque nulle part. – T'as une meilleure idée ? – Non. – Alors, allons-y. » (page 152).

Le sous-titre, sur la couverture, prévient « Obligés de fuir, ils ne sont jamais revenus » et effectivement, la fuite (les cent dernières pages à peu près) m'a plus intéressée que le début du roman, plutôt rural. Mais, même s'il y a une ambiance dans Herbe noire (et elle est plutôt sombre), ce roman m'a un peu ennuyée... Cependant, si vous aimez les tragédies et les road movies sanglants, ce livre noir peut vous plaire.

Mon passage préféré : « Ah, la famille, Paulin, la famille ! C'est comme une toxine qu'on a dans le sang. » (page 174).

 

Une lecture pour les challenges ABC critiques 2013-2014 (lettre W), Bookineurs en couleurs (couverture noire), Rentrée littéraire d'hiver 2014 et Thrillers et polars 2013-2014.

 

Partager cet article

Repost 0
28 janvier 2014 2 28 /01 /janvier /2014 03:46

Le collectionneur de chair est un thriller de C.E. Lawrence paru en août 2013 aux éditions Ma dans la collection Pôle noir (352 pages, 17,90 €, ISBN 978-2-822-402569). Silent victim (2010) est traduit de l'américain par Pascal Aubin.

 

Je remercie Gilles Paris de m'avoir envoyé ce roman, j'avais déjà reçu le premier tome de la série avec Lee Campbell, Le cri de l'ange qui m'avait bien plu. Je suis en retard pour publier ma note de lecture, j'ai lu ce thriller il y a plus d'un mois...

 

C.E. Lawrence vit à New York, elle est romancière, nouvelliste, poète et dramaturge.

Plus d'infos sur http://www.celawrence.com/.

 

Un vendredi soir d'août, Lee Campbell est en train de se préparer pour sortir lorsqu'il reçoit un appel d'Ana Watkins. C'est une ancienne patiente, intelligente, narcissique, qui sait très bien manipuler les gens mais il accepte de la recevoir rapidement car elle est inquiète : elle a l'impression d'être suivie et a reçu des menaces. Lee pense à un stratagème de la part de la jeune femme pour attirer l'attention sur elle.

« C'était sa spécialité, la femme-enfant en détresse, qui ne manquait jamais d'appâter un certain pourcentage de la population masculine. » (page 15).

Mais deux jours après sa visite à Lee, Ana est retrouvée noyée dans Spuyten Devil...

De plus, la brigade des enquêtes prioritaires du Bronx est confrontée à des meurtres déguisés en suicide : un jeune homme d'une vingtaine d'années noyé dans la Bronx River, un homme d'une quarantaine d'années électrocuté dans sa baignoire...

« La raison pour laquelle cette affaire est quelque peu urgente est que si ces deux décès sont bien liés, nous pourrions avoir un criminel en série sur les bras – un criminel très difficile à arrêter. » (page 42).

Les journalistes surnomment le tueur le Collectionneur de chair.

Elena Krieger, une inspectrice spécialiste en linguistique médico-légale, pas très appréciée par ses collègues, arrive dans l'équipe pour déchiffrer ces suicides truqués mais l'enquête reste difficile à résoudre.

« […] s'ils persistaient à échouer dans leur décodage des messages que le tueur laissait derrière lui, une autre victime tomberait face à son implacable rage. » (page 268).

 

J'ai retrouvé avec plaisir le personnage principal de cette série, Lee Campbell, psychologue médico-légal (bref profiler), ses équipiers (Leonard Butts et Chuck Morton), sa petite amie (Kathy Azarian) et sa famille : Laura, la sœur de Lee, disparue il y a cinq ans (morte ?), a laissé un mari, George Callahan, et leur fille, Kylie, maintenant sept ans, qui vivent dans le New Jersey avec Fiona Campbell, la mère de Lee. Celui-ci lutte toujours contre la dépression mais il fréquente Kathy depuis cinq mois et se sent mieux. Malheureusement, son enquête va le mener dans le New Jersey, le Delaware et en Pennsylvanie, dans des lieux qu'il a fréquentés enfant et adolescent avec sa sœur : évidemment, des choses remontent à la surface... Et, petit à petit, des indices apparaissent concernant le tueur.

« L'eau est importante pour lui, c'est le seul facteur constant dans chacun de ses crimes. Je suis convaincu qu'elle fait partie de sa signature. » (page 108).

De la même façon que des chapitres étaient consacrés à Samuel dans Le cri de l'ange, ici des chapitres racontent ce qu'a vécu et ce que vit un certain Caleb. De plus, comme dans le premier tome (lien ci-dessus), les traumatismes du 11 septembre sont encore bien présents : les comportements sont différents, par exemple Kathy et Lee vont à un café philo organisé par un couple de Français sur le thème du Mal. « […] penser l'impensable » (page 135).

Je dirais la même chose que précédemment : un thriller classique et pas révolutionnaire mais agréable à lire et qui donne envie de connaître la suite de l'histoire de Lee et la vérité sur la disparition de Laura.

 

Mes passages préférés

« « Le comportement reflète la personnalité. » Cette affirmation fut émise par le légendaire criminologue du FBI, l'un des fondateurs du profilage, John Douglas. « Le comportement reflète la personnalité. » Qu'est-ce que cela signifie ? Parce que la soi-disant « personnalité » d'une personne se compose de tant d'éléments : éducation, milieu culturel, croyances religieuses, convictions morale – et la liste n'est pas exhaustive. Alors que pouvons-nous tirer de l'affirmation de Douglas, et comment pouvons-nous l'appliquer à une affaire réelle ? » (page 132, lors d'une conférence de Lee Campbell).

« Il pensa à Drew Apthorp, et se demanda ce qu'elle était devenue. Tant de gens qui entrent dans notre vie et que nous ne revoyons plus jamais. Il n'aimait pas les détails inexpliqués. Il savait que la vie en est pleine, mais cela lui déplaisait. La mort de sa sœur n'était qu'un autre genre de détail inexpliqué, songea-t-il, et il brûlait de résoudre la question qui lui rongeait l'âme. » (page 208).

 

Une lecture pour les challenges 1 % de la rentrée littéraire 2013Challenge USLire sous la contrainte (nom + nom), Romancières américainesThrillers et polars.

 

Partager cet article

Repost 0
2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 01:17

Au pied du mur est un roman d'Elisabeth Sanxay Holding paru aux éditions Baker Street en novembre 2013 (312 pages, 18 €, ISBN 978-2-917559-32-1). The blank wall (1947) est traduit de l'américain par Gérard Horst et J.-G. Marquet (1953) et ici dans une traduction revue, mise à jour et « complétée par des passages qui avaient disparus » par Françoise Jaouën.

 

Je remercie Virginie et les éditions Baker Street (fondées en 2007 par Cynthia Liebow, une Américaine qui vit en France, une maison d'éditions à suivre !) pour ce classique de la littérature policière américaine.

 

Elisabeth Sanxay Holding naît le 18 juin 1889 à Brooklyn (NY). Mariée à un diplomate britannique en 1913, elle voyage beaucoup. En 1920, elle commence à écrire des histoires romantiques (Invincible Minnie, Angelica, Rosaleen Among the Artists, The Unlit Lamp) mais après la crise de 1929, elle se lance dans le roman policier (18 romans et 7 nouvelles dont une adaptée par Alfred Hitchcock). Elle meurt le 7 février 1955 dans le Bronx (NY).

 

Lucia Holley, 38 ans, vit dans un petit domaine de campagne avec ses deux enfants (David, 15 ans, Beatrice surnommée Bee, 17 ans), son vieux père (Mr Harper) et Sibyl, sa bonne depuis huit ans (une « femme de couleur »).

Son époux, le Commandant Tom Holley, officier de la Marine, est dans le Pacifique depuis plus de deux ans (nous sommes dans les années 40 et c'est la guerre).

Lucia est mécontente que Bee délaisse ses cours de dessin pour fréquenter Ted Darby, un homme de 35 ans, marié, qui dit travailler dans le théâtre. Elle a été jusqu'à New York pour le dissuader de revoir sa fille, mais ce soir, il est dans le hangar et il attend l'adolescente.

Le lendemain matin, Lucia sort tôt pour nager un peu et découvre Darby mort dans le bateau ! Elle pense que c'est son père qui est sorti sous la pluie cette nuit et qui a tué l'homme, elle décide donc de se débarrasser du corps en l'emmenant dans un endroit isolé sur Simm's Island.

« C'est lorsqu'elle monta dans le bateau qu'elle vit le corps. C'était un homme, couché sur le ventre dans une position bizarre et effrayante, les jambes étendues en travers du banc, la tête et les épaules soulevées par un objet invisible. » (page 25).

Mais, Carlie Nagle, un homme désagréable, encore plus louche que Ted Darby, vient à la maison demander des nouvelles de son ami Ted. Puis Martin Donnelly, un autre ami de Ted, veut vendre à Lucia des lettres compromettantes que Bee a écrites à Ted pour 5 000 dollars.

Et enfin, l'inspecteur Levy, de la police du comté de Horton, vient interrogé Lucia.

« L'inspecteur s'était levé. Un homme jeune, de grande taille, avec de grands pieds et de grandes oreilles. Il n'était pas en uniforme ; dans son costume gris soigné, il n'avait rien d'effrayant. Son sourire était avenant, ses yeux noirs doux et pensifs. Mais elle était terrifiée. » (page 98).

De plus, Bee a un nouveau petit ami, Owen Lloyd, 23 ans, le fils des riches voisins.

Et Martin Donnelly se rapproche dangereusement d'elle.

Courageusement Lucia va faire tout ce qui sera en son pouvoir, et même plus encore, mais va-t-elle être à la hauteur ou la situation va-t-elle lui échapper ?

 

Lucia a l'impression que sa maison est « envahie » par des inconnus, elle veut protéger sa famille, elle est aux aguets, elle ne doit pas commettre d'erreur ! Ou comment une bonne fille, épouse et mère de famille devient une criminelle.

« Je ressemble à une marionnette, se dit-elle. Je ne suis pas réelle. Je ne suis pas réelle. » (page 195).

 

Plus qu'un roman policier, ce roman noir – devenu un classique – très bien construit et rythmé est un véritable chef-d'œuvre car Elisabeth Sanxay Holding fait subtilement monter la pression simplement à travers le quotidien de son héroïne, ses pensées, ses actes, sa culpabilité et les lettres insipides qu'elle écrit à son mari (d'ailleurs, une lecture pour le challenge En toutes lettres).

Raymond Chandler déclarait qu'Elisabeth Sanxay Holding était « le meilleur écrivain à suspense » : je n'ai pas lu tous les romans à suspense, tous les classiques du roman noir américain de cette époque mais j'en ai lu quelques-uns et je veux bien le croire car il y a de l'intensité et de la jubilation à la lecture de ce roman !

 

Adaptations cinématographiques

Max Ophüls (1902-1957) a adapté ce roman au cinéma en 1949 : The Reckless Moment (Les désemparés) avec Joan Bennett (1910-1990) dans le rôle de Lucia et James Mason (1909-1984) dans le rôle de Martin Donnelly. Je ne suis pas sûre à 100 % d'avoir vu ce film mais en tout cas, il me dit quelque chose. À voir ou à revoir donc !

Un autre film, plus récent, a adapté encore plus librement ce roman : The Deep End (Bleu profond), réalisé en 2001 par David Siegel avec Tilda Swinton. Celui-ci, je ne l'ai pas vu mais je me rappelle avoir vu la bande annonce.

 

Une excellente lecture pour les challenges 1 % de la rentrée littéraire 2013 (comme c'est une réédition, j'espère que ça va), En toutes lettres (comme je l'ai dit ci-dessus), Petit Bac 2014 (catégorie Bâtiment pour le mur), Romancières américaines, US, Thrillers et polars. Je ne sais pas si Stéphie continue Un classique par mois en 2014.

 

Partager cet article

Repost 0
23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 03:11

Bestseller est un roman de Jesse Kellerman paru aux éditions des 2 Terres le 16 octobre 2013 (393 pages, 21,50 €, ISBN 978-2-84893-142-5). Potboiler (2012) est traduit de l'américain par Julie Sibony.

 

Je remercie Carla et les éditions des 2 Terres pour cet excellent roman que j'ai pu lire avant sa parution en librairie.

 

Jesse Kellerman est né le 1er septembre 1978 à Los Angeles (Californie). Ses parents Faye et Jonathan Kellerman sont eux aussi auteurs de romans policiers ! Déjà traduits en français : Les visages (2009), Jusqu'à la folie (2011) et Beau parleur (2012). Plus d'infos sur http://jessekellerman.com/.

 

William (Bill) Kowalczyk et Arthur Pfefferkorn sont amis depuis le collège ; ils étaient inséparables et ont étudié ensemble mais la vie d'adultes les a séparés.

Bill est devenu un célèbre auteur de polars (sous le pseudonyme de William de Nerval) alors qu'Arthur, un peu aigri, n'a publié qu'un roman (en 1983) et qu'il est professeur d'écriture dans une université.

À l'enterrement de son ami (mort dans un accident de bateau), Arthur revoit sa veuve, Carlotta, dont il a toujours été amoureux, et passe la nuit chez elle dans son immense maison. Dans la nuit, il retourne dans la grange qui servait de bureau à Bill et vole le dernier manuscrit inédit, Jeux d'ombres.

Pourtant Arthur n'aime pas les polars et les thrillers.

« Pfefferkorn essaya de savoir ce qui était pire : n'avoir aucun goût ou en avoir et le mettre de côté ? Dans les deux cas, ce n'était pas le but de la littérature. » (page 29).

Arthur va lire le manuscrit de Bill, le corriger, l'étoffer, modifier le nom du héros (Dick Stapp devient Harry Shagreen), le terminer et Du sang dans les yeux va devenir en un rien de temps un bestseller !

« Il avait serré tellement de mains et dédicacé tellement d'exemplaires qu'il avait eu un début de tendinite au poignet. Son éditeur lui avait créé un site internet en l'encourageant à se mettre aux réseaux sociaux. » (page 86).

Même s'il a du mal à écrire un deuxième roman, tout va bien pour Arthur ! Carlotta, un roman bestseller, la célébrité, la richesse, le mariage de sa fille unique. Jusqu'au jour où il reçoit un mot de Lucian Savory, l'agent littéraire de William de Nerval...

La suite des aventures d'Harry Shagreen, Du sang dans la nuit, va enfin paraître mais Arthur est soupçonné d'avoir tué Jesús Maria de Lunchbox, le professeur de tango de Carlotta, et d'avoir enlevé la veuve de son meilleur ami.

Arthur fuit les États-Unis et se retrouve en Zlabie, pays africain divisé en deux car un conflit dure depuis plus de 400 ans entre deux camps qui sont pourtant de la même ethnie.

« Il admirait et plaignait à la fois un peuple si férocement attaché à son héritage culturel qu'il pouvait passer quatre siècles à s'entre-tuer sur une question de sépulture fictive. » (page 213).

 

Mes passages préférés

« Rien ne se passait, parce qu'elle n'avait aucune idée de ce qu'il avait fait. C'était un truc de mauvaise littérature, mais c'était pourtant vrai. Il s'aperçut alors que les trucs de mauvaise littérature avaient beaucoup plus de chance de se produire dans la vraie vie que les trucs de bonne littérature, parce que la bonne littérature éclairait la réalité alors que la mauvaise littérature s'appuyait dessus. Dans un bon roman, les motivations de Carlotta étaient bien plus compliquées qu'elles n'apparaissaient. Dans un bon roman, elle réfrénait ses accusations pour pouvoir les lui lancer au visage plus tard dans un rebondissement inattendu. Dans le mauvais roman de la vie, elle n'était tout simplement pas au courant. » (page 97).

« […] il songea aux similarités entre l'espionnage et l'écriture. Les deux supposaient de pénétrer dans un monde imaginaire et d'y prendre ses quartiers avec conviction, presque au point de s'y laisser tromper. Les deux étaient des boulots que, de l'extérieur, les gens trouvaient exotiques, mais qui étaient en pratique plutôt fastidieux. » (pages 240-241).

 

Bon sang, quel roman ! Comme les chapitres sont courts, je voulais toujours en lire plus : le parfait page-turner. D'ailleurs, d'après Stephen King : « Un parfait polar prenant pour passionnés de polars palpitants par un auteur de polars sans pareil ! ».

Mais, plutôt qu'un polar, Bestseller est un thriller passionnant qui vire espionnage avec humour.

L'auteur traite bien la jalousie (alors que Bill fut jaloux de la qualité d'écriture de son ami, Arthur est jaloux de la facilité d'écriture et du succès de Bill), le monde de l'édition et celui de l'espionnage (malheur à celui qui est pris dans cet engrenage !).

La Zlabie, le pays imaginaire d'Afrique est impeccable : rien ne va, rien ne fonctionne et de chaque côté il y a un dictateur mégalomane qui gouverne. Arthur va devoir affronter tout un tas de dangers qu'un écrivain ne pense pas devoir affronter un jour !

J'avais repéré Jesse Kellerman, en particulier après la parution de Les visages, mais c'est la première fois que je le lis et j'adhère totalement ! Son écriture est enlevée, drôle et captivante : je veux absolument lire ses autres romans !

 

Vous ne connaissez pas Jesse Kellerman ? Lisez les 6 premiers chapitres (18 pages) de Bestseller sur http://www.les-deux-terres.com/PDF/KELLERMAN_BESTSELLER.pdf.

 

Une lecture pour les challenges 1 % de la rentrée littéraire 2013, Mois américain, Thrillers et polars. Je vais le mettre aussi dans Lire sous la contrainte (titres en 10 lettres) car je l'ai lu le 13 octobre durant le marathon de lecture d'automne (j'espère que ça ira car je n'ai pas publié ma note de lecture avant le 20 octobre).

PS du 24 octobre : Un petit jeu pour gagner ce livre ici.

Partager cet article

Repost 0
30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 17:20

Restons un peu au Japon aujourd'hui – après Le convoi de l'eau, d'Akira Yoshimura – avec Kaïken, un thriller de Jean-Christophe Grangé paru aux éditions Albin Michel en septembre 2012 (480 pages, 22,90 €, ISBN 978-2-22624-303-4).

 

Jean-Christophe Grangé est né le 15 juillet 1961 à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). Il est journaliste et écrivain. J'ai lu (et apprécié) ses 5 premiers romans mais je n'ai pas lu les 4 suivants. Je remets les pieds à l'étrier avec Kaïken. Plus d'infos sur http://www.jc-grange.com/ (actuellement en refonte).

 

Juin 2011. Olivier Passa, commandant à la Brigade criminelle depuis 7 ans et son adjoint, Philippe Delluc, surnommé Fifi, enquêtent sur les meurtres commis depuis février par un tueur surnommé « l'Accoucheur » car il torture des femmes enceintes, les éviscère et brûle leur fœtus. Les policiers pensent que le coupable est Patrick Gaillard mais ils n'ont aucune preuve contre lui et ont même subi une injonction de ne plus l'approcher ; dans ces conditions, comment mener à bien l'enquête ?

« Ils burent en silence. En un regard, ils se comprirent. Parler d'autre chose. Évacuer à tout prix la pression. Mais le silence s'éternisait. Hormis leur boulot de flic, ils n'avaient qu'un sujet en commun : le marasme de leur vie privée. » (page 23).

Effectivement, au même moment, dans sa vie privée, Passa vit dans le sous-sol aménagé de sa maison et s'apprête à divorcer de son épouse japonaise, Naoko Akutagawa. Pourtant ils avaient tout pour être heureux : deux fils beaux et intelligents, Shinji (8 ans) et Hiroki (6 ans), un Montagne des Pyrénées qui répond au nom de Diego, une superbe maison, des revenus confortables (elle gagne plus que lui), et il est fasciné par le Japon mais il y a depuis des années une incompréhension entre Naoko et lui.

« Une respiration du cœur, un soulagement de l'esprit... Le Japon. » (page 31).

« Il était entré en résonance totale avec cette culture. Il était fait pour être Japonais. » (page 33).

Naoko, elle, ne s'est jamais sentie à l'aise et véritablement acceptée même si elle a occulté les traditions japonaises (à part la langue qu'elle apprend à ses enfants) pour vivre à l'occidentale.

« Finalement, mon problème avec lui, c'est celui que j'ai toujours eu avec la France. Je n'ai jamais été ici qu'une bête de foire. Aujourd'hui encore, quand on apprend d'où je viens, on me dit : « J'adore les sushis ! ». Parfois même on se trompe et on me parle de nems. D'autres fois, pour me remercier, on joint ses mains sur la poitrine, à la thaïe. Ou on me souhaite « bonne année » en février, au Nouvel an chinois. J'en ai vraiment marre ! » (page 64).

Heureusement Naoko est soutenue par sa meilleure amie, Sandrine, mais celle-ci a un cancer en phase terminale et qui la soutient, elle ?

 

Je dirais que le maître-mot de de roman est la confrontation : entre un homme et son épouse, entre parents (ceux de Naoko) et enfants (Naoko et son frère) c'est-à-dire entre passé et avenir et entre traditions et modernité (typique du Japon), entre deux femmes, entre le Japon (l'Orient) et la France (l'Occident) mais aussi entre un policier (qui pense avoir raison) et sa hiérarchie, et bien sûr l'éternelle confrontation entre le Bien et le Mal car l'enquête est la confrontation entre deux orphelins : un du bon côté (même s'il ne l'a pas toujours été), le flic, l'autre du mauvais côté (et on comprend le pourquoi du comment même si ça ne l'excuse pas), le psychopathe.

« En définitive, il ne craignait pas la mort mais la vie. Une vie imparfaite, chargée de remords et d'abjections. » (page 78).

« Souviens-toi de ça, Olivier : tout est écrit dès les premières années. Pour lui. Pour toi. Pour vous tous. » (page 171).

 

J'ai bien aimé lire le passé d'Olivier et de Naoko et leur rencontre, ça m'a rapproché d'eux, ça m'a sensibilisée à leurs problèmes, leur détresse parce qu'il faut dire ce qui est : l'écriture de Grangé est efficace, nerveuse, mais elle reste froide, distante (est-ce dû à son style plus journalistique que littéraire ?). Attention, je ne dis pas que ce roman est nul ou mal écrit, non, il se lit très bien, on se laisse dangereusement embarquer et on veut absolument savoir la suite ! En plus, ce thriller est différent des précédents que j'ai lus : j'ai eu l'impression d'un huis-clos, oui, un huis-clos parisien. Peut-être à cause de la vie dans le sous-sol ou des planques dans la voiture... L'ambiance était lourde, étouffante et c'était très réussi. Comme j'ai lu les deux premières parties d'une traite, la troisième partie avec le voyage au Japon a été un bol d'air bienvenu, malgré l'horreur de la situation !

La vision d'Olivier : « Quand il ne resterait plus rien de lui – ni mari, ni père, ni homme –, il resterait encore le flic. « page 378).

La vision de Naoko : « Quelle que soit l'issue, qui resterait-il ? Le père. Cette idée la rassurait. […] À cet égard, elle aurait dû lui parler, lui expliquer, implorer son aide. Qu'est-ce qui l'en avait empêchée ? L'orgueil. Plutôt mourir que d'affronter le poids de ses mensonges. » (page 429).

 

Passan est en admiration pour le Japon depuis qu'il y a été pour la première fois en 1994 : la littérature, le cinéma, le seppuku, les samouraïs... C'est pourquoi, il a offert à Naoko un kaïken, petit sabre japonais qui ressemble à un poignard, un couteau, de 15 cm, et qui était porté par les femmes de samouraïs pour se défendre mais aussi en signe de lien indéfectible entre époux. Elles le cachaient dans une manche de leur kimono, sinon à la ceinture (obi) le poignard s'appelle un tantô.

« Quand tu vas au Japon, reprit-il, tu n'arrêtes pas d'osciller entre deux états d'esprits. Parfois tu as l'impression d'être sur la planète Mars. La seconde suivante, à travers une phrase, un détail, les Japonais te paraissent au contraire très proches. » (page 301).

« Tokyo est une ville kaléidoscope. À chaque angle de rue, le jeu des façades, l'agencement des enseignes forment un nouveau tableau. Tournez, les tons changent, les formes se modifient, au gré de combinaisons inédites. » (page 432).

Ce que Grangé dit sur le Japon est vrai. Mais, en fait, chaque personne qui aime le Japon a sa propre vision des choses, sa propre passion (les films de samouraï, la littérature contemplative, les arts martiaux, les mangas...) et aimera ce pays à sa manière, en étant surpris de la passion des autres (je pense que c'est aussi le cas pour des civilisations comme l'Inde ou la Chine, plus que pour d'autres pays).

 

J'ai repéré cette phrase : « Il était habitué au stoïcisme des Japonais : si on ne peut rien faire face à un problème, c'est donc que, d'une certaine façon, il n'existe pas. » (page 411).

Cette idée ne date pas d'hier, elle a déjà été énoncée avec entre autres :

« Si le problème a une solution, il ne sert à rien de s'inquiéter. Mais s'il n'en a pas, alors s'inquiéter ne change rien. » (proverbe tibétain).

« Il n'y a pas de problèmes ; il n'y a que des solutions. L'esprit de l'homme invente ensuite le problème. Il voit des problèmes partout. » André Gide (1859-1861).

« Un problème sans solution est un problème mal posé. » Albert Einstein (1879-1955).

 

Une lecture (avant fin août !) pour le Cercle de lecture de Litote (plus de 350 pages) et les challenges Des livres et des îles (pour le voyage au Japon, Honshû et Kyûshû), Lire sous la contrainte (mot étranger : kaïken, explications ci-dessus), Petit Bac 2013 (catégorie Objet) et Thrillers et polars.

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 03:55

Les Justes est un thriller de Michael Wallace paru aux éditions Ma dans la collection Pôle noir en juin 2013 (300 pages, 17,90 €, ISBN 978-2-822-40225-5). The Righteous (2011) est traduit de l'américain par Patricia Barbe-Girault.

 

Je remercie Gilles Paris pour ce roman qui a une très belle couverture.

 

Michael Wallace est Américain et il « a grandi dans une petite communauté mormone, dans le désert de l'Utah ». Il parle l'espagnol, le français et il a voyagé en Afrique et en Asie. Comme je n'avais jamais entendu parler de cet auteur, je pensais que Les Justes était son premier roman : en fait, il est le premier tome d'une trilogie, mais Michael Wallace a déjà plusieurs romans (isolés ou en série) à son actif et... pratiquement rien sur Internet à part son site officiel, http://michaelwallaceauthor.com/.

 

La jeune Amanda Christianson Kimball, une des six épouses de Taylor Kimball, quitte la maison familiale en pleine nuit avec sa fille de 3 ans, Sophie Marie. « Il était possible qu'elle ne revienne jamais. En quittant la communauté elle serait de fait excommuniée, et son nom rayé de la liste des Saints. » (page 7). Avant de fuir Blister Creek, elle veut rendre visite au vieux prophète, le frère Joseph, pour lui donner des preuves de ce qu'elle a découvert mais elle est attaquée par trois hommes de la communauté (gorge tranchée et langue arrachée) et Sophie Marie, endormie, est remise dans son lit.

Jacob Christianson vit à Harmony (Alberta, Canada) et étudie la médecine à Calgary. Son père l'envoie dans l'Utah pour enquêter sur le meurtre de sa cousine Amanda, et sa sœur, Eliza, l'accompagne car elle doit rencontrer deux prétendants au mariage malgré son jeune âge.

« Enquêter ? répéta Jacob en faisant la grimace. Je ne suis pas détective – je ne suis même pas encore médecin. Je vais simplement examiner tout ça avec l'œil du scientifique et tâcher de comprendre quelque chose. » (page 14).

D'après Kimball, les tueurs de son épouse sont des journaliers mexicains...

Après l'enterrement d'Amanda, Jacob et Eliza vont à Las Vegas retrouver Enoch, leur frère : un « garçon perdu », c'est-à-dire un garçon qui a quitté la communauté et qui vit dans la perdition.

Sans le savoir, ils vont carrément mettre leur vie en danger. Heureusement, il y a une réelle complicité entre eux et une totale confiance.

 

« […] il n'y en avait pas un pour rattraper l'autre. Taylor junior était un lâche quand il ne jouait pas aux caïds, Harold un masturbateur chronique, et il soupçonnait Nephi d'être un sodomite – tout comme Ronald d'ailleurs, pour être tout à fait franc. En d'autres termes, les aînés étaient forts sur le plan intellectuel mais faibles sur le plan moral. Et les benjamins, forts sur le plan moral, mais faibles sur le plan intellectuel. » (page 97). Ben, c'est qu'on ne peut pas tout avoir, hein !

 

En tout cas, elle est belle la communauté ! Ça ne rigole pas ! Polygamie, mariages arrangés avec des adolescentes trop jeunes, exclusion et bannissement de ceux qui sont jugés faibles (spirituellement, moralement, physiquement et intellectuellement), genre eugénisme, et interdiction de quitter la communauté. Il faut dire que « on ne peut plus nier les effets dégénérescents de la consanguinité. » (page 210).

Et la loi du pays dans lequel ils vivent, ils s'assoient dessus ? Eh bien, oui !

Ce livre est parfait pour découvrir comment vivent ces communautés mormones dissidentes et en plus, l'enquête est originale car menée par un étudiant en médecine (quoique il y a quand même le FBI qui débarque) sceptique quant à la religion et sa jeune sœur qui refuse de se marier (je la comprends, vu les prétendants qui se présentent !).

Mais que des gens fassent partie d'une telle communauté intégriste ne change rien au fait qu'ils peuvent être honnêtes ou pas, gentils ou méchants, etc., comme n'importe où ailleurs.

Les Justes est un excellent thriller et j'ai passé un très bon moment.

 

Pour le challenge Thrillers et polars.

Partager cet article

Repost 0
22 août 2013 4 22 /08 /août /2013 02:15

Après la première émission de Territoire Polars consacrée à la Normandie, c'est au tour de la Corse. Cette émission de 52 minutes, toujours réalisée par Jean-Pierre Vedel, a été diffusée le vendredi 16 août à 23 h 05 et vous pouvez la (re)voir sur France 3, encore aujourd'hui uniquement.

 

Benoît Séverac, auteur de romans policiers, prend le ferry de Marseille à Bastia pour aller « à la rencontre de ceux qui écrivent les pages noires de l'île ».

 

1ère rencontre, à Aléria (côte est), avec Okuba Kanturo, ou Scolca, pseudonymes d'un auteur qui aime rester anonyme et qui fait une exception pour cette émission. L'auteur parle de la terre, et évoque, avec Pulitichella et autres histoires qu'il ne faut pas dire, « les deux moteurs du secret » : le regard et l'envie. Le réalisateur fait une excursion dans l'histoire et le nationalisme de l'île, terreaux du polar corse. « Les meilleurs polars sont des polars vrais » conclut Scolca.

 

2e rencontre, à Canari (au nord), avec Jean-Pierre Santini pour Corsica clandestina, le premier polar politique corse : l'auteur y dénonce la dérive nationaliste qui a fait s'entretuer les militants des deux camps. Il revient aussi sur le drame de Furiani car son héros, Pierrot, veut venger les morts de « la tribune tragique ».

 

3e rencontre, au Cap corse (au nord), avec Elèna Piacentini pour Les auteurs du noir face à la différence, un recueil de nouvelles noires voire bestiales. Elle vit à Lille mais retourne en Corse dès que possible car elle est liée à cet endroit ; elle parle d'amour, de violence et de sanglier.

 

4e rencontre, à Bonifacio (au sud), avec Marie-Hélène Ferrari pour Le destin ne s'en mêle pas, un roman qui se déroule dans le monde des affaires et des transactions immobilières (douteuses), avec aussi le thème du double-foyer et du secret.

 

5e rencontre, près d'Ajaccio, à l'Amnésia, une boîte de nuit à ciel ouvert qui a explosé il y a dix ans, avec Alix Deniger pour I Cursini, un roman inspiré par ses planques et ses filatures des nationalistes car l'auteur (pseudonyme) était policier aux renseignements généraux en Corse et il est encore en activité. Petru, son personnage, est un jeune nationaliste aculturé qui rêve d'argent facile, de bagnoles et de filles.

 

6e rencontre, à Barretalli au nord, avec Marie Neuser pour Un petit jouet mécanique, un roman qui aborde le syndrome de Münchhausen par procuration. L'auteur est une « Corse du continent » et ne se sent pas légitime en Corse malgré le lien du sang de ses ancêtres. Dans son roman, elle met en scène une adolescente, Anna, proche de celle qu'elle a été, prisonnière de l'île pendant les vacances d'été, craignant les feux de forêt et les nuits sans électricité : « cette perdition et cette solitude ».

 

Les mêmes points forts que pour la précédente émission : aller à la rencontre des auteurs, les écouter parler de leur livre et de leur région, la Corse, entendre des extraits des romans et découvrir des auteurs que je ne connaissais pas. Je ne sais pas trop si j'ai envie de les lire... Par contre, c'est une sacrée balade et il y a de superbes paysages !

 

Les prochaines émissions de Territoire Polars seront consacrées à la région Midi-Pyrénées (le 23 août) et la Catalogne (le 30 août). J'espère que je pourrai aussi les voir !

Partager cet article

Repost 0

Coccinelle Présente...

  • : La culture se partage
  • La culture se partage
  • : « On ne doit jamais manquer de répéter à tout le monde les belles choses qu'on a lues » Sei Shônagon in « Notes de Chevet ». Lues, mais aussi aimées, vues, entendues, etc.
  • Contact

Mes challenges

 

 

 

height="188"

 

height="200"

 

Recherche

Blog+

     

 

     

 

     

 

  bonial – catalogues, promos en ligne sans papier

 

 

TBACorange.gif

 

 

SpiralGraphics.jpg

Archives

Présente sur

Edwyn, Faiel & Cie

EdwynAV1 FaielAV1bis

 

Les défis et challenges

La page du challenge Des contes à rendre

Les partenaires
Mon profil sur Babelio.com
LivraddictLogo2.png
Matagot.jpeg
ClubLibfly.jpg
EntreeLivreLogo.png
VendrediLecture.

Où êtes-vous ?

Locations of visitors to this page

 


Tops blogs ebuzzing

Ebuzzing - Top des blogs
Ebuzzing - Top des blogs - Culture
Ebuzzing - Top des blogs - Littérature
PageRank Actuel
.
Créer un blog gratuit sur overblog.com - Contact - CGU -