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28 janvier 2014 2 28 /01 /janvier /2014 03:46

Le collectionneur de chair est un thriller de C.E. Lawrence paru en août 2013 aux éditions Ma dans la collection Pôle noir (352 pages, 17,90 €, ISBN 978-2-822-402569). Silent victim (2010) est traduit de l'américain par Pascal Aubin.

 

Je remercie Gilles Paris de m'avoir envoyé ce roman, j'avais déjà reçu le premier tome de la série avec Lee Campbell, Le cri de l'ange qui m'avait bien plu. Je suis en retard pour publier ma note de lecture, j'ai lu ce thriller il y a plus d'un mois...

 

C.E. Lawrence vit à New York, elle est romancière, nouvelliste, poète et dramaturge.

Plus d'infos sur http://www.celawrence.com/.

 

Un vendredi soir d'août, Lee Campbell est en train de se préparer pour sortir lorsqu'il reçoit un appel d'Ana Watkins. C'est une ancienne patiente, intelligente, narcissique, qui sait très bien manipuler les gens mais il accepte de la recevoir rapidement car elle est inquiète : elle a l'impression d'être suivie et a reçu des menaces. Lee pense à un stratagème de la part de la jeune femme pour attirer l'attention sur elle.

« C'était sa spécialité, la femme-enfant en détresse, qui ne manquait jamais d'appâter un certain pourcentage de la population masculine. » (page 15).

Mais deux jours après sa visite à Lee, Ana est retrouvée noyée dans Spuyten Devil...

De plus, la brigade des enquêtes prioritaires du Bronx est confrontée à des meurtres déguisés en suicide : un jeune homme d'une vingtaine d'années noyé dans la Bronx River, un homme d'une quarantaine d'années électrocuté dans sa baignoire...

« La raison pour laquelle cette affaire est quelque peu urgente est que si ces deux décès sont bien liés, nous pourrions avoir un criminel en série sur les bras – un criminel très difficile à arrêter. » (page 42).

Les journalistes surnomment le tueur le Collectionneur de chair.

Elena Krieger, une inspectrice spécialiste en linguistique médico-légale, pas très appréciée par ses collègues, arrive dans l'équipe pour déchiffrer ces suicides truqués mais l'enquête reste difficile à résoudre.

« […] s'ils persistaient à échouer dans leur décodage des messages que le tueur laissait derrière lui, une autre victime tomberait face à son implacable rage. » (page 268).

 

J'ai retrouvé avec plaisir le personnage principal de cette série, Lee Campbell, psychologue médico-légal (bref profiler), ses équipiers (Leonard Butts et Chuck Morton), sa petite amie (Kathy Azarian) et sa famille : Laura, la sœur de Lee, disparue il y a cinq ans (morte ?), a laissé un mari, George Callahan, et leur fille, Kylie, maintenant sept ans, qui vivent dans le New Jersey avec Fiona Campbell, la mère de Lee. Celui-ci lutte toujours contre la dépression mais il fréquente Kathy depuis cinq mois et se sent mieux. Malheureusement, son enquête va le mener dans le New Jersey, le Delaware et en Pennsylvanie, dans des lieux qu'il a fréquentés enfant et adolescent avec sa sœur : évidemment, des choses remontent à la surface... Et, petit à petit, des indices apparaissent concernant le tueur.

« L'eau est importante pour lui, c'est le seul facteur constant dans chacun de ses crimes. Je suis convaincu qu'elle fait partie de sa signature. » (page 108).

De la même façon que des chapitres étaient consacrés à Samuel dans Le cri de l'ange, ici des chapitres racontent ce qu'a vécu et ce que vit un certain Caleb. De plus, comme dans le premier tome (lien ci-dessus), les traumatismes du 11 septembre sont encore bien présents : les comportements sont différents, par exemple Kathy et Lee vont à un café philo organisé par un couple de Français sur le thème du Mal. « […] penser l'impensable » (page 135).

Je dirais la même chose que précédemment : un thriller classique et pas révolutionnaire mais agréable à lire et qui donne envie de connaître la suite de l'histoire de Lee et la vérité sur la disparition de Laura.

 

Mes passages préférés

« « Le comportement reflète la personnalité. » Cette affirmation fut émise par le légendaire criminologue du FBI, l'un des fondateurs du profilage, John Douglas. « Le comportement reflète la personnalité. » Qu'est-ce que cela signifie ? Parce que la soi-disant « personnalité » d'une personne se compose de tant d'éléments : éducation, milieu culturel, croyances religieuses, convictions morale – et la liste n'est pas exhaustive. Alors que pouvons-nous tirer de l'affirmation de Douglas, et comment pouvons-nous l'appliquer à une affaire réelle ? » (page 132, lors d'une conférence de Lee Campbell).

« Il pensa à Drew Apthorp, et se demanda ce qu'elle était devenue. Tant de gens qui entrent dans notre vie et que nous ne revoyons plus jamais. Il n'aimait pas les détails inexpliqués. Il savait que la vie en est pleine, mais cela lui déplaisait. La mort de sa sœur n'était qu'un autre genre de détail inexpliqué, songea-t-il, et il brûlait de résoudre la question qui lui rongeait l'âme. » (page 208).

 

Une lecture pour les challenges 1 % de la rentrée littéraire 2013Challenge USLire sous la contrainte (nom + nom), Romancières américainesThrillers et polars.

 

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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 01:17

Au pied du mur est un roman d'Elisabeth Sanxay Holding paru aux éditions Baker Street en novembre 2013 (312 pages, 18 €, ISBN 978-2-917559-32-1). The blank wall (1947) est traduit de l'américain par Gérard Horst et J.-G. Marquet (1953) et ici dans une traduction revue, mise à jour et « complétée par des passages qui avaient disparus » par Françoise Jaouën.

 

Je remercie Virginie et les éditions Baker Street (fondées en 2007 par Cynthia Liebow, une Américaine qui vit en France, une maison d'éditions à suivre !) pour ce classique de la littérature policière américaine.

 

Elisabeth Sanxay Holding naît le 18 juin 1889 à Brooklyn (NY). Mariée à un diplomate britannique en 1913, elle voyage beaucoup. En 1920, elle commence à écrire des histoires romantiques (Invincible Minnie, Angelica, Rosaleen Among the Artists, The Unlit Lamp) mais après la crise de 1929, elle se lance dans le roman policier (18 romans et 7 nouvelles dont une adaptée par Alfred Hitchcock). Elle meurt le 7 février 1955 dans le Bronx (NY).

 

Lucia Holley, 38 ans, vit dans un petit domaine de campagne avec ses deux enfants (David, 15 ans, Beatrice surnommée Bee, 17 ans), son vieux père (Mr Harper) et Sibyl, sa bonne depuis huit ans (une « femme de couleur »).

Son époux, le Commandant Tom Holley, officier de la Marine, est dans le Pacifique depuis plus de deux ans (nous sommes dans les années 40 et c'est la guerre).

Lucia est mécontente que Bee délaisse ses cours de dessin pour fréquenter Ted Darby, un homme de 35 ans, marié, qui dit travailler dans le théâtre. Elle a été jusqu'à New York pour le dissuader de revoir sa fille, mais ce soir, il est dans le hangar et il attend l'adolescente.

Le lendemain matin, Lucia sort tôt pour nager un peu et découvre Darby mort dans le bateau ! Elle pense que c'est son père qui est sorti sous la pluie cette nuit et qui a tué l'homme, elle décide donc de se débarrasser du corps en l'emmenant dans un endroit isolé sur Simm's Island.

« C'est lorsqu'elle monta dans le bateau qu'elle vit le corps. C'était un homme, couché sur le ventre dans une position bizarre et effrayante, les jambes étendues en travers du banc, la tête et les épaules soulevées par un objet invisible. » (page 25).

Mais, Carlie Nagle, un homme désagréable, encore plus louche que Ted Darby, vient à la maison demander des nouvelles de son ami Ted. Puis Martin Donnelly, un autre ami de Ted, veut vendre à Lucia des lettres compromettantes que Bee a écrites à Ted pour 5 000 dollars.

Et enfin, l'inspecteur Levy, de la police du comté de Horton, vient interrogé Lucia.

« L'inspecteur s'était levé. Un homme jeune, de grande taille, avec de grands pieds et de grandes oreilles. Il n'était pas en uniforme ; dans son costume gris soigné, il n'avait rien d'effrayant. Son sourire était avenant, ses yeux noirs doux et pensifs. Mais elle était terrifiée. » (page 98).

De plus, Bee a un nouveau petit ami, Owen Lloyd, 23 ans, le fils des riches voisins.

Et Martin Donnelly se rapproche dangereusement d'elle.

Courageusement Lucia va faire tout ce qui sera en son pouvoir, et même plus encore, mais va-t-elle être à la hauteur ou la situation va-t-elle lui échapper ?

 

Lucia a l'impression que sa maison est « envahie » par des inconnus, elle veut protéger sa famille, elle est aux aguets, elle ne doit pas commettre d'erreur ! Ou comment une bonne fille, épouse et mère de famille devient une criminelle.

« Je ressemble à une marionnette, se dit-elle. Je ne suis pas réelle. Je ne suis pas réelle. » (page 195).

 

Plus qu'un roman policier, ce roman noir – devenu un classique – très bien construit et rythmé est un véritable chef-d'œuvre car Elisabeth Sanxay Holding fait subtilement monter la pression simplement à travers le quotidien de son héroïne, ses pensées, ses actes, sa culpabilité et les lettres insipides qu'elle écrit à son mari (d'ailleurs, une lecture pour le challenge En toutes lettres).

Raymond Chandler déclarait qu'Elisabeth Sanxay Holding était « le meilleur écrivain à suspense » : je n'ai pas lu tous les romans à suspense, tous les classiques du roman noir américain de cette époque mais j'en ai lu quelques-uns et je veux bien le croire car il y a de l'intensité et de la jubilation à la lecture de ce roman !

 

Adaptations cinématographiques

Max Ophüls (1902-1957) a adapté ce roman au cinéma en 1949 : The Reckless Moment (Les désemparés) avec Joan Bennett (1910-1990) dans le rôle de Lucia et James Mason (1909-1984) dans le rôle de Martin Donnelly. Je ne suis pas sûre à 100 % d'avoir vu ce film mais en tout cas, il me dit quelque chose. À voir ou à revoir donc !

Un autre film, plus récent, a adapté encore plus librement ce roman : The Deep End (Bleu profond), réalisé en 2001 par David Siegel avec Tilda Swinton. Celui-ci, je ne l'ai pas vu mais je me rappelle avoir vu la bande annonce.

 

Une excellente lecture pour les challenges 1 % de la rentrée littéraire 2013 (comme c'est une réédition, j'espère que ça va), En toutes lettres (comme je l'ai dit ci-dessus), Petit Bac 2014 (catégorie Bâtiment pour le mur), Romancières américaines, US, Thrillers et polars. Je ne sais pas si Stéphie continue Un classique par mois en 2014.

 

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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 03:11

Bestseller est un roman de Jesse Kellerman paru aux éditions des 2 Terres le 16 octobre 2013 (393 pages, 21,50 €, ISBN 978-2-84893-142-5). Potboiler (2012) est traduit de l'américain par Julie Sibony.

 

Je remercie Carla et les éditions des 2 Terres pour cet excellent roman que j'ai pu lire avant sa parution en librairie.

 

Jesse Kellerman est né le 1er septembre 1978 à Los Angeles (Californie). Ses parents Faye et Jonathan Kellerman sont eux aussi auteurs de romans policiers ! Déjà traduits en français : Les visages (2009), Jusqu'à la folie (2011) et Beau parleur (2012). Plus d'infos sur http://jessekellerman.com/.

 

William (Bill) Kowalczyk et Arthur Pfefferkorn sont amis depuis le collège ; ils étaient inséparables et ont étudié ensemble mais la vie d'adultes les a séparés.

Bill est devenu un célèbre auteur de polars (sous le pseudonyme de William de Nerval) alors qu'Arthur, un peu aigri, n'a publié qu'un roman (en 1983) et qu'il est professeur d'écriture dans une université.

À l'enterrement de son ami (mort dans un accident de bateau), Arthur revoit sa veuve, Carlotta, dont il a toujours été amoureux, et passe la nuit chez elle dans son immense maison. Dans la nuit, il retourne dans la grange qui servait de bureau à Bill et vole le dernier manuscrit inédit, Jeux d'ombres.

Pourtant Arthur n'aime pas les polars et les thrillers.

« Pfefferkorn essaya de savoir ce qui était pire : n'avoir aucun goût ou en avoir et le mettre de côté ? Dans les deux cas, ce n'était pas le but de la littérature. » (page 29).

Arthur va lire le manuscrit de Bill, le corriger, l'étoffer, modifier le nom du héros (Dick Stapp devient Harry Shagreen), le terminer et Du sang dans les yeux va devenir en un rien de temps un bestseller !

« Il avait serré tellement de mains et dédicacé tellement d'exemplaires qu'il avait eu un début de tendinite au poignet. Son éditeur lui avait créé un site internet en l'encourageant à se mettre aux réseaux sociaux. » (page 86).

Même s'il a du mal à écrire un deuxième roman, tout va bien pour Arthur ! Carlotta, un roman bestseller, la célébrité, la richesse, le mariage de sa fille unique. Jusqu'au jour où il reçoit un mot de Lucian Savory, l'agent littéraire de William de Nerval...

La suite des aventures d'Harry Shagreen, Du sang dans la nuit, va enfin paraître mais Arthur est soupçonné d'avoir tué Jesús Maria de Lunchbox, le professeur de tango de Carlotta, et d'avoir enlevé la veuve de son meilleur ami.

Arthur fuit les États-Unis et se retrouve en Zlabie, pays africain divisé en deux car un conflit dure depuis plus de 400 ans entre deux camps qui sont pourtant de la même ethnie.

« Il admirait et plaignait à la fois un peuple si férocement attaché à son héritage culturel qu'il pouvait passer quatre siècles à s'entre-tuer sur une question de sépulture fictive. » (page 213).

 

Mes passages préférés

« Rien ne se passait, parce qu'elle n'avait aucune idée de ce qu'il avait fait. C'était un truc de mauvaise littérature, mais c'était pourtant vrai. Il s'aperçut alors que les trucs de mauvaise littérature avaient beaucoup plus de chance de se produire dans la vraie vie que les trucs de bonne littérature, parce que la bonne littérature éclairait la réalité alors que la mauvaise littérature s'appuyait dessus. Dans un bon roman, les motivations de Carlotta étaient bien plus compliquées qu'elles n'apparaissaient. Dans un bon roman, elle réfrénait ses accusations pour pouvoir les lui lancer au visage plus tard dans un rebondissement inattendu. Dans le mauvais roman de la vie, elle n'était tout simplement pas au courant. » (page 97).

« […] il songea aux similarités entre l'espionnage et l'écriture. Les deux supposaient de pénétrer dans un monde imaginaire et d'y prendre ses quartiers avec conviction, presque au point de s'y laisser tromper. Les deux étaient des boulots que, de l'extérieur, les gens trouvaient exotiques, mais qui étaient en pratique plutôt fastidieux. » (pages 240-241).

 

Bon sang, quel roman ! Comme les chapitres sont courts, je voulais toujours en lire plus : le parfait page-turner. D'ailleurs, d'après Stephen King : « Un parfait polar prenant pour passionnés de polars palpitants par un auteur de polars sans pareil ! ».

Mais, plutôt qu'un polar, Bestseller est un thriller passionnant qui vire espionnage avec humour.

L'auteur traite bien la jalousie (alors que Bill fut jaloux de la qualité d'écriture de son ami, Arthur est jaloux de la facilité d'écriture et du succès de Bill), le monde de l'édition et celui de l'espionnage (malheur à celui qui est pris dans cet engrenage !).

La Zlabie, le pays imaginaire d'Afrique est impeccable : rien ne va, rien ne fonctionne et de chaque côté il y a un dictateur mégalomane qui gouverne. Arthur va devoir affronter tout un tas de dangers qu'un écrivain ne pense pas devoir affronter un jour !

J'avais repéré Jesse Kellerman, en particulier après la parution de Les visages, mais c'est la première fois que je le lis et j'adhère totalement ! Son écriture est enlevée, drôle et captivante : je veux absolument lire ses autres romans !

 

Vous ne connaissez pas Jesse Kellerman ? Lisez les 6 premiers chapitres (18 pages) de Bestseller sur http://www.les-deux-terres.com/PDF/KELLERMAN_BESTSELLER.pdf.

 

Une lecture pour les challenges 1 % de la rentrée littéraire 2013, Mois américain, Thrillers et polars. Je vais le mettre aussi dans Lire sous la contrainte (titres en 10 lettres) car je l'ai lu le 13 octobre durant le marathon de lecture d'automne (j'espère que ça ira car je n'ai pas publié ma note de lecture avant le 20 octobre).

PS du 24 octobre : Un petit jeu pour gagner ce livre ici.

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30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 17:20

Restons un peu au Japon aujourd'hui – après Le convoi de l'eau, d'Akira Yoshimura – avec Kaïken, un thriller de Jean-Christophe Grangé paru aux éditions Albin Michel en septembre 2012 (480 pages, 22,90 €, ISBN 978-2-22624-303-4).

 

Jean-Christophe Grangé est né le 15 juillet 1961 à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). Il est journaliste et écrivain. J'ai lu (et apprécié) ses 5 premiers romans mais je n'ai pas lu les 4 suivants. Je remets les pieds à l'étrier avec Kaïken. Plus d'infos sur http://www.jc-grange.com/ (actuellement en refonte).

 

Juin 2011. Olivier Passa, commandant à la Brigade criminelle depuis 7 ans et son adjoint, Philippe Delluc, surnommé Fifi, enquêtent sur les meurtres commis depuis février par un tueur surnommé « l'Accoucheur » car il torture des femmes enceintes, les éviscère et brûle leur fœtus. Les policiers pensent que le coupable est Patrick Gaillard mais ils n'ont aucune preuve contre lui et ont même subi une injonction de ne plus l'approcher ; dans ces conditions, comment mener à bien l'enquête ?

« Ils burent en silence. En un regard, ils se comprirent. Parler d'autre chose. Évacuer à tout prix la pression. Mais le silence s'éternisait. Hormis leur boulot de flic, ils n'avaient qu'un sujet en commun : le marasme de leur vie privée. » (page 23).

Effectivement, au même moment, dans sa vie privée, Passa vit dans le sous-sol aménagé de sa maison et s'apprête à divorcer de son épouse japonaise, Naoko Akutagawa. Pourtant ils avaient tout pour être heureux : deux fils beaux et intelligents, Shinji (8 ans) et Hiroki (6 ans), un Montagne des Pyrénées qui répond au nom de Diego, une superbe maison, des revenus confortables (elle gagne plus que lui), et il est fasciné par le Japon mais il y a depuis des années une incompréhension entre Naoko et lui.

« Une respiration du cœur, un soulagement de l'esprit... Le Japon. » (page 31).

« Il était entré en résonance totale avec cette culture. Il était fait pour être Japonais. » (page 33).

Naoko, elle, ne s'est jamais sentie à l'aise et véritablement acceptée même si elle a occulté les traditions japonaises (à part la langue qu'elle apprend à ses enfants) pour vivre à l'occidentale.

« Finalement, mon problème avec lui, c'est celui que j'ai toujours eu avec la France. Je n'ai jamais été ici qu'une bête de foire. Aujourd'hui encore, quand on apprend d'où je viens, on me dit : « J'adore les sushis ! ». Parfois même on se trompe et on me parle de nems. D'autres fois, pour me remercier, on joint ses mains sur la poitrine, à la thaïe. Ou on me souhaite « bonne année » en février, au Nouvel an chinois. J'en ai vraiment marre ! » (page 64).

Heureusement Naoko est soutenue par sa meilleure amie, Sandrine, mais celle-ci a un cancer en phase terminale et qui la soutient, elle ?

 

Je dirais que le maître-mot de de roman est la confrontation : entre un homme et son épouse, entre parents (ceux de Naoko) et enfants (Naoko et son frère) c'est-à-dire entre passé et avenir et entre traditions et modernité (typique du Japon), entre deux femmes, entre le Japon (l'Orient) et la France (l'Occident) mais aussi entre un policier (qui pense avoir raison) et sa hiérarchie, et bien sûr l'éternelle confrontation entre le Bien et le Mal car l'enquête est la confrontation entre deux orphelins : un du bon côté (même s'il ne l'a pas toujours été), le flic, l'autre du mauvais côté (et on comprend le pourquoi du comment même si ça ne l'excuse pas), le psychopathe.

« En définitive, il ne craignait pas la mort mais la vie. Une vie imparfaite, chargée de remords et d'abjections. » (page 78).

« Souviens-toi de ça, Olivier : tout est écrit dès les premières années. Pour lui. Pour toi. Pour vous tous. » (page 171).

 

J'ai bien aimé lire le passé d'Olivier et de Naoko et leur rencontre, ça m'a rapproché d'eux, ça m'a sensibilisée à leurs problèmes, leur détresse parce qu'il faut dire ce qui est : l'écriture de Grangé est efficace, nerveuse, mais elle reste froide, distante (est-ce dû à son style plus journalistique que littéraire ?). Attention, je ne dis pas que ce roman est nul ou mal écrit, non, il se lit très bien, on se laisse dangereusement embarquer et on veut absolument savoir la suite ! En plus, ce thriller est différent des précédents que j'ai lus : j'ai eu l'impression d'un huis-clos, oui, un huis-clos parisien. Peut-être à cause de la vie dans le sous-sol ou des planques dans la voiture... L'ambiance était lourde, étouffante et c'était très réussi. Comme j'ai lu les deux premières parties d'une traite, la troisième partie avec le voyage au Japon a été un bol d'air bienvenu, malgré l'horreur de la situation !

La vision d'Olivier : « Quand il ne resterait plus rien de lui – ni mari, ni père, ni homme –, il resterait encore le flic. « page 378).

La vision de Naoko : « Quelle que soit l'issue, qui resterait-il ? Le père. Cette idée la rassurait. […] À cet égard, elle aurait dû lui parler, lui expliquer, implorer son aide. Qu'est-ce qui l'en avait empêchée ? L'orgueil. Plutôt mourir que d'affronter le poids de ses mensonges. » (page 429).

 

Passan est en admiration pour le Japon depuis qu'il y a été pour la première fois en 1994 : la littérature, le cinéma, le seppuku, les samouraïs... C'est pourquoi, il a offert à Naoko un kaïken, petit sabre japonais qui ressemble à un poignard, un couteau, de 15 cm, et qui était porté par les femmes de samouraïs pour se défendre mais aussi en signe de lien indéfectible entre époux. Elles le cachaient dans une manche de leur kimono, sinon à la ceinture (obi) le poignard s'appelle un tantô.

« Quand tu vas au Japon, reprit-il, tu n'arrêtes pas d'osciller entre deux états d'esprits. Parfois tu as l'impression d'être sur la planète Mars. La seconde suivante, à travers une phrase, un détail, les Japonais te paraissent au contraire très proches. » (page 301).

« Tokyo est une ville kaléidoscope. À chaque angle de rue, le jeu des façades, l'agencement des enseignes forment un nouveau tableau. Tournez, les tons changent, les formes se modifient, au gré de combinaisons inédites. » (page 432).

Ce que Grangé dit sur le Japon est vrai. Mais, en fait, chaque personne qui aime le Japon a sa propre vision des choses, sa propre passion (les films de samouraï, la littérature contemplative, les arts martiaux, les mangas...) et aimera ce pays à sa manière, en étant surpris de la passion des autres (je pense que c'est aussi le cas pour des civilisations comme l'Inde ou la Chine, plus que pour d'autres pays).

 

J'ai repéré cette phrase : « Il était habitué au stoïcisme des Japonais : si on ne peut rien faire face à un problème, c'est donc que, d'une certaine façon, il n'existe pas. » (page 411).

Cette idée ne date pas d'hier, elle a déjà été énoncée avec entre autres :

« Si le problème a une solution, il ne sert à rien de s'inquiéter. Mais s'il n'en a pas, alors s'inquiéter ne change rien. » (proverbe tibétain).

« Il n'y a pas de problèmes ; il n'y a que des solutions. L'esprit de l'homme invente ensuite le problème. Il voit des problèmes partout. » André Gide (1859-1861).

« Un problème sans solution est un problème mal posé. » Albert Einstein (1879-1955).

 

Une lecture (avant fin août !) pour le Cercle de lecture de Litote (plus de 350 pages) et les challenges Des livres et des îles (pour le voyage au Japon, Honshû et Kyûshû), Lire sous la contrainte (mot étranger : kaïken, explications ci-dessus), Petit Bac 2013 (catégorie Objet) et Thrillers et polars.

 

 

 

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23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 03:55

Les Justes est un thriller de Michael Wallace paru aux éditions Ma dans la collection Pôle noir en juin 2013 (300 pages, 17,90 €, ISBN 978-2-822-40225-5). The Righteous (2011) est traduit de l'américain par Patricia Barbe-Girault.

 

Je remercie Gilles Paris pour ce roman qui a une très belle couverture.

 

Michael Wallace est Américain et il « a grandi dans une petite communauté mormone, dans le désert de l'Utah ». Il parle l'espagnol, le français et il a voyagé en Afrique et en Asie. Comme je n'avais jamais entendu parler de cet auteur, je pensais que Les Justes était son premier roman : en fait, il est le premier tome d'une trilogie, mais Michael Wallace a déjà plusieurs romans (isolés ou en série) à son actif et... pratiquement rien sur Internet à part son site officiel, http://michaelwallaceauthor.com/.

 

La jeune Amanda Christianson Kimball, une des six épouses de Taylor Kimball, quitte la maison familiale en pleine nuit avec sa fille de 3 ans, Sophie Marie. « Il était possible qu'elle ne revienne jamais. En quittant la communauté elle serait de fait excommuniée, et son nom rayé de la liste des Saints. » (page 7). Avant de fuir Blister Creek, elle veut rendre visite au vieux prophète, le frère Joseph, pour lui donner des preuves de ce qu'elle a découvert mais elle est attaquée par trois hommes de la communauté (gorge tranchée et langue arrachée) et Sophie Marie, endormie, est remise dans son lit.

Jacob Christianson vit à Harmony (Alberta, Canada) et étudie la médecine à Calgary. Son père l'envoie dans l'Utah pour enquêter sur le meurtre de sa cousine Amanda, et sa sœur, Eliza, l'accompagne car elle doit rencontrer deux prétendants au mariage malgré son jeune âge.

« Enquêter ? répéta Jacob en faisant la grimace. Je ne suis pas détective – je ne suis même pas encore médecin. Je vais simplement examiner tout ça avec l'œil du scientifique et tâcher de comprendre quelque chose. » (page 14).

D'après Kimball, les tueurs de son épouse sont des journaliers mexicains...

Après l'enterrement d'Amanda, Jacob et Eliza vont à Las Vegas retrouver Enoch, leur frère : un « garçon perdu », c'est-à-dire un garçon qui a quitté la communauté et qui vit dans la perdition.

Sans le savoir, ils vont carrément mettre leur vie en danger. Heureusement, il y a une réelle complicité entre eux et une totale confiance.

 

« […] il n'y en avait pas un pour rattraper l'autre. Taylor junior était un lâche quand il ne jouait pas aux caïds, Harold un masturbateur chronique, et il soupçonnait Nephi d'être un sodomite – tout comme Ronald d'ailleurs, pour être tout à fait franc. En d'autres termes, les aînés étaient forts sur le plan intellectuel mais faibles sur le plan moral. Et les benjamins, forts sur le plan moral, mais faibles sur le plan intellectuel. » (page 97). Ben, c'est qu'on ne peut pas tout avoir, hein !

 

En tout cas, elle est belle la communauté ! Ça ne rigole pas ! Polygamie, mariages arrangés avec des adolescentes trop jeunes, exclusion et bannissement de ceux qui sont jugés faibles (spirituellement, moralement, physiquement et intellectuellement), genre eugénisme, et interdiction de quitter la communauté. Il faut dire que « on ne peut plus nier les effets dégénérescents de la consanguinité. » (page 210).

Et la loi du pays dans lequel ils vivent, ils s'assoient dessus ? Eh bien, oui !

Ce livre est parfait pour découvrir comment vivent ces communautés mormones dissidentes et en plus, l'enquête est originale car menée par un étudiant en médecine (quoique il y a quand même le FBI qui débarque) sceptique quant à la religion et sa jeune sœur qui refuse de se marier (je la comprends, vu les prétendants qui se présentent !).

Mais que des gens fassent partie d'une telle communauté intégriste ne change rien au fait qu'ils peuvent être honnêtes ou pas, gentils ou méchants, etc., comme n'importe où ailleurs.

Les Justes est un excellent thriller et j'ai passé un très bon moment.

 

Pour le challenge Thrillers et polars.

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22 août 2013 4 22 /08 /août /2013 02:15

Après la première émission de Territoire Polars consacrée à la Normandie, c'est au tour de la Corse. Cette émission de 52 minutes, toujours réalisée par Jean-Pierre Vedel, a été diffusée le vendredi 16 août à 23 h 05 et vous pouvez la (re)voir sur France 3, encore aujourd'hui uniquement.

 

Benoît Séverac, auteur de romans policiers, prend le ferry de Marseille à Bastia pour aller « à la rencontre de ceux qui écrivent les pages noires de l'île ».

 

1ère rencontre, à Aléria (côte est), avec Okuba Kanturo, ou Scolca, pseudonymes d'un auteur qui aime rester anonyme et qui fait une exception pour cette émission. L'auteur parle de la terre, et évoque, avec Pulitichella et autres histoires qu'il ne faut pas dire, « les deux moteurs du secret » : le regard et l'envie. Le réalisateur fait une excursion dans l'histoire et le nationalisme de l'île, terreaux du polar corse. « Les meilleurs polars sont des polars vrais » conclut Scolca.

 

2e rencontre, à Canari (au nord), avec Jean-Pierre Santini pour Corsica clandestina, le premier polar politique corse : l'auteur y dénonce la dérive nationaliste qui a fait s'entretuer les militants des deux camps. Il revient aussi sur le drame de Furiani car son héros, Pierrot, veut venger les morts de « la tribune tragique ».

 

3e rencontre, au Cap corse (au nord), avec Elèna Piacentini pour Les auteurs du noir face à la différence, un recueil de nouvelles noires voire bestiales. Elle vit à Lille mais retourne en Corse dès que possible car elle est liée à cet endroit ; elle parle d'amour, de violence et de sanglier.

 

4e rencontre, à Bonifacio (au sud), avec Marie-Hélène Ferrari pour Le destin ne s'en mêle pas, un roman qui se déroule dans le monde des affaires et des transactions immobilières (douteuses), avec aussi le thème du double-foyer et du secret.

 

5e rencontre, près d'Ajaccio, à l'Amnésia, une boîte de nuit à ciel ouvert qui a explosé il y a dix ans, avec Alix Deniger pour I Cursini, un roman inspiré par ses planques et ses filatures des nationalistes car l'auteur (pseudonyme) était policier aux renseignements généraux en Corse et il est encore en activité. Petru, son personnage, est un jeune nationaliste aculturé qui rêve d'argent facile, de bagnoles et de filles.

 

6e rencontre, à Barretalli au nord, avec Marie Neuser pour Un petit jouet mécanique, un roman qui aborde le syndrome de Münchhausen par procuration. L'auteur est une « Corse du continent » et ne se sent pas légitime en Corse malgré le lien du sang de ses ancêtres. Dans son roman, elle met en scène une adolescente, Anna, proche de celle qu'elle a été, prisonnière de l'île pendant les vacances d'été, craignant les feux de forêt et les nuits sans électricité : « cette perdition et cette solitude ».

 

Les mêmes points forts que pour la précédente émission : aller à la rencontre des auteurs, les écouter parler de leur livre et de leur région, la Corse, entendre des extraits des romans et découvrir des auteurs que je ne connaissais pas. Je ne sais pas trop si j'ai envie de les lire... Par contre, c'est une sacrée balade et il y a de superbes paysages !

 

Les prochaines émissions de Territoire Polars seront consacrées à la région Midi-Pyrénées (le 23 août) et la Catalogne (le 30 août). J'espère que je pourrai aussi les voir !

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21 août 2013 3 21 /08 /août /2013 03:49

Le lutteur de sumo est un roman de Daniel Picouly paru aux éditions Flammarion dans la collection Castor poche (n° 582) en mars 1997 (127 pages, apparemment épuisé, ISBN 2-08-164256-5). Les illustrations sont de Marcelino Truong.

 

Daniel Picouly est né le 21 octobre à Villemomble en Seine-Saint-Denis. Il est écrivain (depuis 1992), scénariste de bandes dessinées et comédien. Il a présenté une émission littéraire et culturelle sur France 5, Café Picouly, que j'ai aperçue une fois ou deux (auparavant Café littéraire sur France 2).

 

Marcelino Truong est né le 5 février 1957 à Manille aux Philippines, d'un père vietnamien et d'une mère française mais il a grandi aux États-Unis, au Vietnam (lire Une si jolie petite guerre, un roman graphique sur sa vie à Saïgon dans les années 60), en Angleterre et en France. Il est diplômé de Sciences-Po et agrégé d'anglais. Il est auteur, illustrateur, dessinateur de bandes dessinées et peintre.

Plus d'infos sur http://www.marcelinotruong.com/.

 

Hondo et ses copains du Club des Ruines, Édito et Jo, se réunissent dans un entrepôt qui a brûlé près du canal. Faussette qui ne fait pas partie officiellement du club, les suit et reste à l'extérieur pour dessiner. L'affaire est grave : leur amie Musique a perdu le goût à la vie depuis qu'elle a vu dans le journal une photo de son amoureux avec une jeune chanteuse.

Hondo va retrouver Stella, et Musique n'a rien à craindre d'elle puisqu'elle est fiancée à son parolier, Marc.

Mais Takano, le lutteur de sumô qu'elle a rencontré il y a deux ans, ne répond plus aux lettres de Musique. C'est Hitsui, le manager, qui est responsable. Vite, la petite équipe doit agir avant la finale qui a lieu à Bercy ce soir !

 

Ayant été déçue par Le sumo qui ne pouvait pas grossir, d'Éric-Emmanuel Schmitt, j'étais curieuse de lire ce lutteur de sumo et c'est une charmante histoire, un peu abracadabrante toutefois (les lutteurs de sumô n'étant venus qu'une fois à Paris – en 1995 – pour un tournoi d'exhibition) qui plaira assurément aux jeunes lecteurs. En fait, cette histoire fait partie d'une série, Hondo mène l'enquête, qui contient trois intrigues policières pour la jeunesse : Cauchemar pirate, Le lutteur de sumo et La Coupe du Monde n'aura pas lieu. C'est le premier livre que je lis de Daniel Picouly et j'aime bien son écriture alors je lirai peut-être d'autres titres de cet auteur.

 

Une petite lecture pour les challenges Jeunesse & young adults # 2, Lire sous la contrainte (mot étranger avec sumo) et Thrillers et polars.

 

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13 août 2013 2 13 /08 /août /2013 01:07

Territoire Polars est une nouvelle émission de France 3. La première émission, consacrée à la Normandie, a été diffusée le vendredi 9 août 2013 à 23 h 10. Le réalisateur de ce documentaire de 50 minutes est Jean-Pierre Vedel, né le 29 décembre 1955 dans le centre de la France.

 

Benoît Séverac, auteur de romans policiers né en 1966 et vivant à Toulouse, roule avec sa « vieille Saab » vers la Normandie. Il va à la rencontre des auteurs de polars normands pour découvrir les points communs et les différences avec lui. Il rencontre six auteurs dont les romans policiers mêlent réalité et fiction. « Polar rime aujourd'hui avec terroir. »

Plus d'infos sur Benoît Séverac sur son blog, http://benoit.severac.over-blog.com/.

 

 

Première étape : Alençon dans la Basse-Normandie rurale, « racines du polar normand », avec Marie-France Comte pour Normandie connexion, roman inspiré par le trafic de Calvados pour lequel la romancière a rencontré les gendarmes et les fraudeurs.

Plus d'infos sur Marie-France Comte sur son blog, http://mariefrancecomte.zevillage.org/.

 

 

Deuxième étape : « cap à l'ouest, vers la Manche » à Granville avec Sylvie Rouch pour Corps morts qui parle du conflit entre les pêcheurs des îles anglo-normandes et ceux de Granville aggravé par la présence allemande durant la deuxième guerre mondiale.

Plus d'infos sur Sylvie Rouch sur Wikipédia.

 

 

Troisième étape : Le Havre, ville portuaire au nord, avec Philippe Huet, passionné par le port et ses containers, pour Cargaison mortelle et les clandestins jetés par-dessus bord du cargo Ruby.

Plus d'infos sur Philippe Huet sur Wikipédia.

 

 

Quatrième étape : toujours au Havre, mais à la gare avec la liaison Le Havre-Paris, avec Max Obione, un ancien juge financier reconverti à l'écriture, pour Gun et les réseaux de prostitution d'Europe de l'Est.

Plus d'infos sur Max Obione sur son blog, http://max.obione.over-blog.com/.

 

 

Cinquième étape : Antifer, encore un peu plus au nord, avec Didier Daeninckx pour L'espoir en contrebande, un recueil de nouvelles qui dénonce la pédophilie

Plus d'infos sur Didier Daeninckx sur Wikipédia.

 

Petit détour par Étretat, « à quelques encablures » du Cap d'Antifer pour une visite de la propriété de Maurice Leblanc et des falaises qui ont inspiré le créateur d'Arsène Lupin.

Plus d'infos sur Maurice Leblanc sur Wikipédia et ses œuvres sur Wikilivres et eBooks gratuits.com, et le challenge Maurice Leblanc sur le blog de Sharon, célèbre blogueuse normande !

 

 

Sixième et dernière étape : Rouen avec Michel Bussi, « géographe de formation et de métier », pour Mourir en Seine, mettant en scène des pirates et des meurtres de marins pendant l'Armada de Rouen.

« Le crime normand, c'est mettre dans la tradition une part d'inconnu. »

Plus d'infos sur Michel Bussi sur son site, http://www.michel-bussi.fr/.

Ça me fait penser que j'ai rencontré Michel Bussi aux Quais du polar à Lyon fin mars et que je n'ai pas encore publié la vidéo...

 

 

Les points forts de ce film : aller à la rencontre des auteurs, les écouter parler de leur livre et de l'histoire de leur région, la Normandie, entendre des extraits des romans, découvrir des auteurs peu connus ou en tout cas peu médiatisés.

 

J'ai trouvé cette émission très intéressante, tant dans la démarche que dans la réalisation. Il y a trop peu d'émissions de ce genre à la télévision. Je n'ai lu aucun de ces auteurs (même si j'ai un Michel Bussi dédicacé sur mes étagères) mais je me laisserais bien tenter par tous ! Et vous ?

 

Si vous avez raté cette émission, elle est encore visible pendant 3 jours sur France 3 Pluzz.fr.

 

Les prochaines émissions de Territoire Polars seront consacrées à la Corse (le 16 août), Midi-Pyrénées (le 23 août) et la Catalogne (le 30 août). J'ai hâte de les voir !

 

Voici les 3 premières minutes de l'émission (vidéo officielle de France 3).

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29 juillet 2013 1 29 /07 /juillet /2013 17:54

Du sang sur la toile est un roman policier de Miyuki Miyabe paru aux éditions Philippe Picquier en juin 2010 (236 pages, 19,50 €, ISBN 978-2-8097-0185-2). L'édition en poche est parue en mai 2012 aux éditions Philippe Picquier. R.P.G - Shadow family (2001) est traduit du japonais par Karine Chesneau.

 

Miyuki Miyabe みゆき宮部 est née le 23 décembre 1960 à Kôtô, un arrondissement de Tokyo (Japon). Elle est romancière et nouvelliste (policier, science-fiction, histoire). Ses titres traduits en français : Une carte pour l'enfer, La libraire Tanabe, Du sang sur la toile, Crossfire, Le diable chuchotait (parus aux éditions Philippe Picquier) et Brave story adapté en manga.

 

Une nuit d'avril, un cadavre est découvert sous une bâche de chantier. C'est Tokoroda Ryôsuke : il a reçu vingt-quatre coups de couteau ! Comme le chantier est situé sur les quartiers limitrophes de Niikura et Yamano, c'est la 3e division qui mène l'enquête, menée par le capitaine Shimojima.

La 4e division, celle du capitaine Takegami, surnommé Gami, enquête sur un autre meurtre commis trois jours plus tôt dans le quartier de Shibuya. La victime est Imai Naoko, une étudiante qui travaillait à mi-temps au club de karaoké Jewel et qui a été étranglée.

Il s'avère que les deux meurtres sont liés et que les deux équipes se rejoignent pour enquêter ensemble à Shibuya.

« […] on découvrit non pas un, mais plusieurs éléments laissant supposer l'existence d'une connexion possible. » (page 21).

« Existait-il un lien personnel entre Tokoroda Ryôsuke et Imai Naoko ? La voilà, la question essentielle. Depuis le début, l'équipe d'investigation mettait toute son énergie pour le découvrir. » (page 25).

Kazumi a 16 ans, elle est la fille unique de Tokoroda. Elle dit à la police qu'elle est suivie et harcelée au téléphone. Elle et sa mère sont mises sous protection.

Les policiers découvrent que Tokoroda Ryôsuke avait une vie parallèle : il s'était créé une famille virtuelle sur Internet dans laquelle il était « Papa », avec une épouse « Maman », une fille « Kazumi » et un fils « Minoru ».

« Ce qu'ils découvrirent était complètement inattendu : Tokoroda Ryôsuke s'était créé une famille de substitution sur le Net ! » (page 67).

 

Du sang sur la toile est un roman policier qui paraît classique mais il est ingénieux car il est pratiquement construit comme un huis-clos (presque tout se passe au commissariat). Il interroge sur la famille, la communicabilité – problème essentiel au Japon – (entre les adultes, dans un couple, entre les parents et les enfants), sur la solitude, sur le virtuel (roman paru au Japon en 2001, le virtuel était moins présent que maintenant) et sur l'être / le paraître.

 

« On souffre tous de solitude. Dans la vraie vie, on arrive pas à faire comprendre aux autres qui on est, et nous-même, on ne sait plus très bien qui on est réellement, pas étonnant qu'on se sente seul. On a besoin de liens affectifs. » (Ritsuko, alias Kazumi virtuelle, page 128).

« Si certains parents et enfants s'entendent bien grâce à leurs affinités, d'autres ont des caractères incompatibles, et ces liens de sang étouffants peuvent devenir maléfiques. » (page 140).

« On jouait la comédie. C'est ça qui était amusant. » (page 169).

 

À noter que l'inspectrice Chikako Ishizu, présente dans Crossfire, retrouve le terrain sur cette double enquête après avoir été mise au placard.

 

J'ai été entraînée, là où Miyuki Miyabe le voulait : sur une fausse piste, et puis l'écheveau s'est déroulée minutieusement et j'ai été emballée, mais je peux comprendre que d'autres lecteurs aimeront de l'action et des rebondissements. Une romancière qui mérite bien son surnom de « reine du crime japonaise », à suivre donc (j'avais lu le recueil de nouvelles, La librairie Tanabe, à sa parution et j'en garde un bon souvenir quoique vague).

 

Une lecture pour les Écrivains japonais que je mets aussi dans les challenges Des livres et des îles (Honshû, Japon), Petit Bac 2013 (catégorie Partie du corps humain pour le sang) et Thrillers et polars.

 

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25 juillet 2013 4 25 /07 /juillet /2013 04:32

La vengeance de Baudelaire est un roman de Bob van Laerhoven paru aux éditions Ma dans la collection Pôle Noir en juin 2013 (291 pages, 17,90 €, ISBN 978-2-822-40228-6). De wraak van Baudelaire (2007) est traduit du néerlandais par Marie Hooghe.

 

Je remercie Gilles Paris de m'avoir envoyé cet incroyable roman à suspense.

 

Bob van Laerhoven est né le 8 août 1953 près d'Anvers (Belgique). Il a commencé sa carrière littéraire avec des nouvelles de social-fiction (il déteste le terme de science-fiction) et son premier roman, Nachtspel (Jeu nocturne), est paru en 1985. Dans les années 90 et jusqu'en 2005, il a voyagé en tant que freelance dans de nombreux pays en guerre. Il a écrit des récits de voyage et des documents. La vengeance de Baudelaire est son deuxième roman et a remporté en 2007 le 10e Prix Hercule Poirot du meilleur roman flamand à suspense. Plus d'infos sur http://www.bobvanlaerhoven.be/fr.

 

« La vie et la mort avait appris au commissaire à aimer la poésie et les femmes légères. Pourtant, à cinquante trois ans, Paul Lefèvre aurait été bien en peine de dire s'il prisait plus la poésie, cette émotion abstraite dont les racines se perdent dans l'origine des temps, avant la naissance du langage, ou l'accouplement qui, tel un lézard préhistorique, s'insinue dans le cerveau et mord quand bon lui semble. » (premières phrases du roman, page 5).

Paris, fin août 1870. La France est en guerre et les Prussiens sont aux portes de Paris.

Alors qu'il arrive à la maison close pour y passer une belle soirée, le commissaire Paul Lefèvre entend un cri et découvre dans la chambre d'une prostituée un cadavre. Sur un morceau de papier sont écrits quelques vers de Charles Baudelaire et l'écriture rudement bien imitée ressemble à celle du poète mort trois ans plus tôt et adulé depuis.

« C'était là un trait vraiment typique de la bourgeoisie française que de réchauffer aujourd'hui dans son sein un poète qu'elle avait vomi et persécuté tout au long de sa vie. » (page 6).

La victime est Albert Dacaret, un jeune artiste qui refusait d'être comparé à Baudelaire qu'il méprisait.

Le commissaire Paul Lefèvre va enquêter avec l'inspecteur Bernard Bouveroux, un brave veuf de 50 ans qui aurait voulu être historien et assimile toutes les connaissances encyclopédiques possibles.

Rapidement, il y a une deuxième victime, Granier de Cassagne, un jeune auteur qui revient de Nouméa et veut écrire tout ce qu'il a vu en Nouvelle-Calédonie. Il y a également un papier avec quelques vers de Baudelaire.

Le commissaire pense avoir « affaire à une âme à la dérive, qui ne peut plus communiquer par la parole et doit dès lors remplacer les mots par de la chair humaine. » (page 35) et rend visite à Honfleur (le train entre Paris et Honfleur est tout neuf) à Caroline Archenbaut-Defayis, veuve Aupick, la mère de Charles Baudelaire mais, bien qu'elle soit persuadée de vivre avec une malédiction, elle ne dit rien au policier.

Puis, il y a un troisième meurtre, celui du juge Pinard qui avait condamné Baudelaire il y a treize ans : le cadavre du substitut est au cimetière du Montparnasse... sur la tombe du poète.

« Ah, quelle misérable époque que la nôtre ! » (page 71).

Après avoir lu le journal de Simone Bourbier, une orpheline devenue prostituée, le commissaire Lefèvre commence à comprendre le terrible secret de la famille Baudelaire et ces crimes de vengeance même s'il lui manque la fin du carnet.

 

Paul Lefèvre et Bernard Bouveroux, sont particulièrement intéressants : ils se connaissent depuis une trentaine d'années car ils ont fait leur service militaire ensemble en Algérie, ils sont amis et de bons coéquipiers même si l'un est le supérieur de l'autre. Ils ont chacun leur vécu, leur mode de pensée et sont complémentaires en toute intelligence. Ils entendent la guerre aux portes de la capitale alors que la grande majorité de la population s'en fiche : les pauvres crèvent de faim (ils mangent des rats ou des cadavres humains), les bourgeois industrieux travaillent et les riches s'amusent et participent à des séances satanistes.

« Regardez-moi ça , commissaire, dit Castellani. Quel spectacle vous terrifie le plus ? Un ramassis de pauvres diables mendiant de la viande fraîche sous une pluie battante ou cette noblesse en folie ? » (page 181).

Le Paris de la fin du XIXe siècle est parfaitement décrit et véridique ! Les deux policiers observent le monde des arts et des lettres, les débuts de la photographie, des gazettes et des journaux, l'engouement pour l'exotisme et le spiritisme, l'installation du gaz, les nouvelles idéologies politiques (socialisme, communisme) et religieuses (hindouisme, spiritisme) et, sans être pessimistes quant à l'avenir, ils ne sont pas dupes de l'âme humaine.

 

Voici quelques extraits qui m'ont marquée :

« […] les changements fébriles caractéristiques de leur époque. Paris était un grand chantier. L'antagonisme entre riches et pauvres avaient atteint son point d'ébullition. La moralité publique était un cloaque. L'empereur, une andouille à l'ego démesuré qui préparait une guerre que la France ne pouvait gagner. Pas étonnant dès lors si des gens prêtaient l'oreille aux pédanteries savantes ou s'ils se mettaient à croire au diable . » (page 14).

« L'empire des Lumières ? Bien au contraire : les Français étaient stupides, peureux ou malheureux, généralement les trois à la fois. » (page 25).

« La photographie est un enfant de ce siècle. Elle rend visible l'invisible. » (page 48).

« Paris était au point d'ébullition. Des rébellions risquaient à tout moment d'éclater et la meute se mettrait à piller. » (page 76).

« Depuis quelques années, le commissaire avait l'impression que le progrès technique s'emballait et allait de pair avec le déclin de la civilisation. Les prodiges qui s'étaient banalisés en un court laps de temps déboussolaient les gens qui s'estimaient dès lors au-dessus du bien et du mal. » (page 92).

« Le commissaire soupira : une France qui tirait vanité des cabrioles et des coucheries infantiles de son empereur ne méritait pas d'être la première nation d'Europe. » (page 132).

Je ne sais pas si c'est voulu par l'auteur mais ces choses peuvent se dire encore à notre époque. Malheureusement... (sauf pour la photographie bien sûr !).

 

J'ai tellement été scotchée par ce roman que je l'ai lu d'une traite, la nuit, pourtant je ne suis pas en vacances ! Ce roman policier est ce que j'appelle un roman érudit : ils sont bons, que dis-je ? Ils sont excellents (au niveau policier, historique, social, humain, approche littéraire et artistique) mais peu nombreux. Dernièrement, j'ai lu Les poètes morts n'écrivent pas de romans policiers, de Björn Larsson mais il y a eu aussi Poisson mouillé, de Volker Kutscher, Le faux ami, de Henrik B. Nelsson, Le roman de Bergen - 1900 L'aube, de Gunnar Staalasen et pourquoi pas le plus léger La commissaire n'aime point les vers, de Georges Flipo. Remarquez la relation avec la poésie ou le monde littéraire et l'ancrage dans l'Histoire (plutôt XIXe siècle ou début du XXe).

 

Si vous lisez ce roman, apprêtez-vous à plonger dans les fleurs du mal.

 

J'ai une petite question : à la fin, personne ne se demande ce qui est arrivé à l'inspecteur Bernard Bouveroux ? Alors une deuxième question en fait : Y aura-t-il une suite ?

 

Une lecture pour les challenges Thrillers et polars, Voisins Voisines et Tour du monde en 8 ans (Belgique).

 

Ci-dessous la vidéo officielle de ce roman. Une autre vidéo, celle de l'émission belge Cinquante degrés Nord du 17 juin 2013, disponible sur le site de la RTBF. L'émission entière dure 48'18 mais Bob van Laerhoven qui parle très bien le français est interviewé par Éric Russon en français et parle de La vengeance de Baudelaire, de sa passion pour Flaubert et la littérature française du XIXe siècle. C'est court (moins de 7 minutes) mais c'est intéressant et en plus c'est au début de l'émission !

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