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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 03:35

Horlemonde – 1 : Les voies d'Almagiel est une bande dessinée de Patrick Galliano et Cédric Peyravernay parue aux éditions Les Humanoïdes Associés en août 2008 (56 pages, 13,10 €, ISBN 978-2-73161-760-3).

 

Patrick Galliano est l'auteur. Il est né en 1953 et il a travaillé pour la jeunesse (télévision, presse, animation).

Du même auteur aux Humanoïdes : les séries Roxalane et Touna Mara.

 

Cédric Peyravernay est le dessinateur. Il est né en 1977 dans la Loire et il a étudié à l'École Émile Cohl à Lyon dans laquelle il enseigne. Il a plusieurs cordes à son arc, peinture, sculpture, design de jeux vidéo.

 

Après une mission sur Dragonne, les agents de la Confrérie, Marcé et Irina, retournent sur Terra-5.

Marcé se voit confier une autre mission, sur Almagiel, un monde rétro de catégorie A dans la constellation du Cygne, « en passe d'être affranchi ».

Sur Almagiel, la montbassie, « une plante aquatique céréalière » nourrit toute la planète mais 20 % de la population vit dans l'esclavage et le protocole veut que les mastres abolissent l'esclavage.

Mais le général Cornélius confie « un supplément top secret » à Marcé. « Quelque chose d'énorme... Qui pourrait bien bouleverser l'évolution de l'humanité » (page 14).

Pendant ce temps-là, sur Almagiel, Irché de l'équipe de récolte de montbassie est tué dans le marais par une gouze blafarde. Son équipier et ami, Jatred, ramène son corps et se retrouve responsable de la surveillance d'un loco-silo.

Les gagés, comme Jatred et Lil, rêvent de monter dans les vaisseaux « des hommes des étoiles » et de visiter les mondes habités par des humains libres.

Vieux et fatigué, le grand mastre des Hornes envoie son fils, Orval, au Parlement. Il devra parler en son nom pour l'affranchissement d'Almagiel. Mais Orval est fougueux, ambitieux et n'a pas le même avis que son père.

 

L'univers, dans le futur. Les humains de la Terre ont essaimé sur des milliers de planètes et d'étoiles, et ont évolué différemment. Pourquoi et comment l'ont-il fait, nous ne le savons pas et nous commençons le récit sans aucune information ce qui est à la fois inquiétant et excitant.

Les personnages ont les gueules de l'emploi (surtout au bagne d'Argolide) et les décors sont superbes, que ce soient les zones arides ou les marécages. Il y a en prime quelques horribles bestioles tout droit sorties d'un imaginaire torturé.

Pas de temps morts, ni sur Dragonne ni sur Almagiel.

Des mastres tout puissants qui font régner la loi ancestrale mais séparés en deux groupes (les Libéraux sont pour l'abolition à contrario des Conservateurs), des gagés qui rêvent de liberté, des rebelles et un ambassadeur piégé dont la Confrérie aimerait avoir des nouvelles.

Les deux personnages principaux, Marcé, le meilleur agent de la Confrérie, et Jatred, l'esclave qui rêve de liberté et de voyages, sont tous les deux jeunes, forts et intelligents. Ils vivent dans un monde hostile et vont devoir faire équipe pour survivre et pour s'enfuir.

Il y a aussi deux éléments féminins, Irina simplement présente au début avec Marcé qui lui sauve la vie, et Lil proche de Jatred et qui doit fuir (elle rejoint sûrement les rebelles).

J'ai hâte de lire le tome 2 de ce diptyque de science-fiction, Les hydres d'Argolide, qui est paru le 28 août 2013. Par contre, le dessinateur a changé, c'est Bazal pour ce deuxième tome.

 

Cette bande dessinée est inspirée de l'œuvre de Julia Verlanger.

Héliane Taïeb est née Grimaître le 7 décembre 1929. Elle est connue sous ses deux pseudonymes, Gilles Thomas et Julia Verlanger.

D'abord une vingtaine de nouvelles dans la revue Fiction entre 1956 et 1963. Puis, dès 1976 jusqu'à 1982, plusieurs romans de science-fiction galactique et post-apocalyptique dans la collection Anticipation de Fleuve Noir. Dont les romans qui ont inspiré la bande dessinée que je viens de lire.

Elle est morte le 3 septembre 1985.

L'année d'après, son époux, Jean-Pierre Taïeb, a créé un prix littéraire : le Prix Julia Verlanger. Il est attribué par la fondation Julia Verlanger et récompense des romans de science-fiction ou de fantasy. Monsieur Taïeb étant décédé en 1991, le prix est décerné, depuis 1992, par un jury, et il est depuis dix ans remis durant les Utopiales.

Grâce à ce prix littéraire, et à la réédition de ses œuvres, Julia Verlanger/Gilles Thomas n'est pas tombée dans l'oubli.

 

Une lecture que je peux placer dans le challenge Geek.

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15 août 2013 4 15 /08 /août /2013 03:58

Grandville mon amour est une bande dessinée de Bryan Talbot parue aux éditions Milady en mai 2011 (122 pages, 17 €, ISBN 978-2-8112-0531-7). Grandville mon amour (2010) est traduit de l'anglais par Philippe Touboul.

 

Bryan Talbot est né le 24 février 1952 à Wigan dans le Lancashire (nord-ouest de l'Angleterre). Il est écrivain et dessinateur de bandes dessinées. Ses premières illustrations sont parues en 1969 dans Mallorn (le magazine de la Tolkien Society). Il a reçu plusieurs prix (Eagle Awards, Haxtur Award). Plus d'infos sur http://www.bryan-talbot.com/.

 

Un matin, de bonne heure, un prisonnier conduit à la guillotine s'échappe et tue les gardes et le directeur de la prison.

Depuis le meurtre de Sarah, l'inspecteur Archibald LeBrock, qui n'a pas pu la protéger, se laisse aller. Son assistant, Roderick Ratzi vient lui apprendre une mauvaise nouvelle : Edouard Mastock surnommé L'Enragé s'est échappé.

Mais ne supportant pas d'être mis à pied pour insubordination par le brigadier Bélier, LeBrock quitte Scotland Yard en donnant sa démission.

Il va continuer l'enquête seul ! En fait Ratzi le soutient et le suit à Grandville en France.

 

Ce monde n'est pas tout à fait le nôtre car cette bande dessinée est une uchronie : « il y a deux cents ans, l'Angleterre a perdu la guerre contre Napoléon, comme le reste de l'Europe, elle a été envahie par la France et les membres de la famille royale ont été guillotinés. Il y a vingt-trois ans, l'Empire français lui a, à contrecœur, accordé son indépendance à la suite d'une longue campagne de désobéissance civile et d'attentats anarchistes » (page 9). Ainsi Grandville est le nouveau nom de Paris.

L'originalité de Grandville mon amour, en plus d'être une uchronie, est que les personnages sont des animaux. Par exemple, L'Enragé est un rat et LeBrock un chien. Cette bande dessinée est un hommage à J.J. Grandville, un caricaturiste français du XIXe siècle et à Albert Robida, un célèbre illustrateur de science-fiction.

En fin de volume, le travail de Bryan Talbot est expliqué.

J'apprends que Grandville (2009) précède Grandville mon amour. Cette bande dessinée est parue aux éditions Milady en février 2010. Le tome 3, Grandville Bête Noire (2012), n'est pas encore paru en français.

 

Une lecture pour les challenges Animaux du monde et Petit Bac 2013 (catégorie Sentiment).

 

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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 04:37

Rats est un roman de David Fermer paru aux éditions Pocket Jeunesse en août 2011 (315 pages, 17,90 €, ISBN 978-2-266-20384-5). Rats (2008) est traduit de l'allemand par Jean-Claude Mourlevat.

 

David Fermer est né en 1973 à Lucerne (Suisse) de parents anglais et à l'âge de 4 ans il est parti vivre en Angleterre. Il y a grandi et étudié, d'abord les Beaux-Arts puis le cinéma à Londres et à Berlin. Du coup, bien qu'étant un auteur anglais, il vit en Allemagne et écrit en allemand. Il est connu pour sa série bilingue, Nonstop. Plus d'infos sur http://www.david-fermer.de/.

 

Une île au large du Devon. Peu d'habitants mais la pêcherie Andermann qui rapporte et un orphelinat où vit Daniel, 15 ans. Depuis le départ de son meilleur ami, Mike, pour un apprentissage sur le continent, Daniel est le plus âgé des enfants.

« L'île était longue et étroite, et le foyer se situait dans l'unique ville, entre les montagnes du Nord et les plages du Sud. » (pages 18-19).

Daniel est réveillé par des chatouillis puis par des petits coups désagréables : il a un rat sur lui et l'animal l'attaque au visage... Ce n'était qu'un rêve !

Mais le cauchemar devient réalité : l'île est peu à peu envahie par des rats géants qui se reproduisent plus vite que des rats normaux. L'évacuation est ordonnée mais Daniel, Pascal, Roman et Nina prisonniers dans la pêcherie restent seuls.

« L'aube se levait lentement sur l'île. Plus ils attendaient l'équipe de sauvetage, et plus Daniel se persuadait que son impression de la veille était juste, même s'il refusait encore de se l'avouer : l'homme du téléphone lui avait menti. Il n'y avait pas d'équipe de sauvetage. Quelqu'un là-bas voulait empêcher que Daniel et ses amis ne quittent l'île. Andermann n'était pas la seule personne à cacher un secret. » (page 195).

 

Rats se passe dans le futur, mais un futur dans lequel la démocratie a été sacrifiée à la sécurité. Ceux qui vivent en ville ont le confort (enfin, plus ou moins, car il y a du monde qui vit dans la rue quand même) mais dans les villages, il n'y a plus d'eau, de gaz, d'électricité. La planète est saturée, polluée, et des expériences sont menées pour augmenter la production de nourriture. Les rats sont de plus en plus gros et nombreux et prennent de plus en plus de place dans le récit. Ce roman dystopique n'est pas un chef-d'œuvre mais sa lecture est agréable et donne à réfléchir. Et je me demande si l'auteur ne s'est pas inspiré de la trilogie Rats de l'auteur anglais James Herbert (1943-2013) dont le premier tome est paru en 1974 et les deux suivants en 1979 et 1984 (et que j'ai bien envie de lire).

 

Lu pour le Totem mais il entre aussi dans Animaux du mondeDes livres et des îlesGod save the livreJeunesse & young adults # 2Petit Bac 2013 (animal), Voisins Voisines 2013.

 

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4 mai 2013 6 04 /05 /mai /2013 03:50

Le projet Abraxa est un roman uchronique de Frédéric Delmeulle paru aux éditions Flammarion le 3 avril 2013 (313 pages, 15 €, ISBN 978-2-0812-7186-9).

 

Je remercie Brigitte et les éditions Flammarion pour ce roman au thème original.

 

Frédéric Delmeulle est né à Lille en 1966. Il est professeur d'histoire dans un lycée en Normandie. Il a rédigé une thèse de doctorat sur le cinéma documentaire et a participé à des livres sur l'histoire du cinéma. Le projet Abraxa n'est pas son premier roman : en 2007 est déjà paru Nec deleatur, et en 2010 sont parus La parallèle Vertov, et Les manuscrits de Kinnereth, sur le même thème.

 

Quatre lycéens, Emma, la tête pensante et ses amis, Thiméo alias Tim ou Tim Services, Nohra alias Mademoiselle No ou tout simplement No, et Zackarie alias Zack ou Mr Z, s'introduisent de nuit dans un hangar où est conservé un immense sous-marin, le Vertov, « un ancien bâtiment de la marine soviétique. […] un sous-marin d'attaque de la classe « Victor » construit au début des années 1980. » (page 26). Le grand-oncle du père d'Emma, le professeur José-Luis de Almédia, l'a acheté pour trente millions de dollars en 1993.

Emma écrit dans son journal : « Cette aventure a désormais un nom : Abraxa. Elle a commencé avec ce dossier sur l'uchronie qu'on avait proposé à Mme Bengharbi, notre prof d'histoire. Ce dossier qui prétendait réécrire toute l'histoire de l'humanité en imaginant la modification d'un seul événement... […] le choix de ce nom pour notre sujet était un peu abraxadabrant. […] Abraxa est le nom donné par Érasme à la capitale des fous dans son essai Éloge de la folie, en 1509. Ce nom a ensuite été repris par Thomas More (un pote d'Érasme, humaniste comme lui), quand il a écrit son célèbre ouvrage Utopia, en 1516. […] Abraxa n'est pas qu'un sujet. Abraxa est un projet. » (pages 23-24).

Les aventures des adolescents sont entrecoupées par le journal d'Alvaro Nino Gonçalves d'Alemquer, cadet d'une riche famille d'Algarve devenu page et secrétaire du capitaine Dom Henrique de Santarem sur la Vitória, une caravelle investie d'une « mission secrète et urgente ordonnée par le Roi » (page 39) au XVe siècle.

Le Vertov est un sous-marin spécial : « le professeur a consacré sa vie et l'ensemble de sa fortune à mettre au point une machine à voyager dans le temps » (page 43).

L'objectif d'Emma, ce pourquoi elle a embarqué ses amis : « Abraxa disparaîtra. La barbarie reculera. Et peut-être Utopia pourra-t-elle enfin éclore. » (page 65).

Mais jusqu'où faut-il remonter pour éviter « les inégalités Nord-Sud, la famine, les pandémies, l'exploitation de l'homme par l'homme, etc. » (page 105) et peut-on éradiquer l'injustice ?

 

L'auteur n'est pas tendre avec les humains, en particulier les conquérants du Nord. Il dénonce les mafias, la vente d'armes et de matériels militaires et nucléaires au plus offrant dans les années 1990. Il dénonce aussi les inégalités entre pays riches au Nord et pays pauvres au Sud (en fait, il y a aussi des pauvres au Nord et des riches au Sud, hein !), et tout ce qui engendre malnutrition, maladies, exil et pauvreté. « la fin est proche : des armées de robots travailleront bientôt à gaver de conneries plusieurs milliards de chômeurs déprimés. Quoi ? Des clichés, des poncifs ? Mais moi, j'y peux rien, si la réalité est banale, même quand elle est atroce. » (pages 63-64). Oui, ces inégalités existent mais c'est un peu cliché quand même car si on change l'Histoire, je suis sûre que les colonisateurs, les esclaves, les privilégiés et les pauvres existeront quand même, simplement ils vivront en d'autres lieux.

Avec Alvaro qui tient aussi un journal, on apprend la vie à bord d'un bateau à voile (une caravelle) et on fait le pari fou que la Terre n'est pas plate mais ronde : cap sur l'Ouest ! Mais « écrire est tout ce qui me reste pour ne pas sombrer à mon tour dans la folie. » (page 173).

Bref, Le projet Abraxa est un roman de science-fiction intelligent, qui fait réfléchir le lecteur, et s'il ne faut pas tout prendre pour argent comptant, on passe un très bon moment de lecture et on vit une super aventure.

 

Ma phrase préférée

« l'imagination du fol n'est jamais en reste quand il s'agit de terroriser les sots ! » (page 123).

 

Une lecture pour les challenges Des livres et des îles (on fait escale aux îles Fortunées, à Ténérife, aux Canaries et surtout naufrage aux Bermudes), Geek (SF), Petit Bac 2013 (catégorie Lieu – imaginaire – avec Abraxa).

 

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19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 03:49

SyndromeUGALe syndrome U.G.A. (l'œil du calamar) est un roman de Gilles Warembourg paru aux éditions Les mondes d'Atria dans la collection Science-fiction en avril 2012 (299 pages, 18 €, ISBN 978-2-918078-26-5).

 

Gilles Warembourg est né le 14 juillet 1953 à Arras (Pas de Calais). Il fut chef d'entreprise pendant près de trente ans et se consacre à l'écriture depuis 2007. Du même auteur chez le même éditeur : L'ellipse (mars 2011). Plus d'infos sur www.gilles-warembourg.com.

 

30 juillet 2075 à Townsville en Australie. Mada Kupka met au monde un enfant (un des derniers à naître sur Terre) mais c'est l'IPN (Institution pour la Préservation des Naissances) qui va l'élever car, depuis le début de la Régression, il y a de moins en moins de naissances à cause du syndrome U.G.A.

« Ici comme ailleurs, en un demi-siècle, l'humanité avait perdu les deux tiers de ses effectifs et déjà s'érigeaient les vestiges d'un passé révolu. » (page 25).

31 décembre 2109 à Sydney en Australie. Stone, identifiant SK-30072075AU, né en 1975, est moitié Aborigène moitié Blanc. Il est un brillant généticien passionné d'Histoire et de musique (il joue du didgeridoo).

« Quand l'humanité aura disparu de cette terre, elle ne subsistera plus que par les vibrations de sa musique. » (page 29).

Le soir du Nouvel an, il voit par hasard une vidéo d'un vieil homme qui joue du didgeridoo et meurt en direct. Puis suite à des dysfonctionnements dans le réseau de protection, il accède à des informations classées : il archive tout et passe des années à faire des recherches. C'est son journal et le résultat de ses recherches que le lecteur lit.

« Si elle est jamais lue, cette chronique semblera bien singulière. En premier lieu, parce qu'elle se veut à la fois conclusion, épilogue et aboutissement. […] À l'heure où j'écris ces lignes, je m'interroge : pourquoi donc m'entêter à conter cette histoire ? La certitude qu'il n'y ait personne pour me lire n'ôte-t-elle pas son sens à ma démarche ? La réponse réside dans le geste même : l'écriture n'est-elle pas avant tout la quête d'un ersatz d'immortalité ? » (page 26).

Luke Edwards de l'Union internationale pour la conservation de la nature le 6 janvier 2024 à Brisbane : « Par notre faute, nous vivons aujourd'hui la septième extinction de masse depuis l'aube des temps. La septième extinction de masse et probablement la plus fulgurante. » (page 58).

Quelques jours après ce colloque, le 15 février 2024, les hommes d'un bateau de pêche australien, le Big Fish, hissèrent à bord un calamar géant (vingt mètres de long) qui, avant de mourir, cracha « un jet de liquide laiteux » sur le capitaine et deux jours après, l'équipage souffrit d'une étrange fièvre qui dura si peu de temps qu'elle ne fut pas mentionnée dans le livre de bord. Le 1er mars, le corps du calamar fut déchargé à Cairns et envoyé à l'Institut océanographique de Melbourne. Puis il y eut une pandémie planétaire qui se propagea en trois semaines et que l'on appela « Australian flu » mais personne n'en fit grand cas car les malades n'avaient qu'une petite poussée de fièvre et cette grippe ne fit pas de victimes. Voici ce que raconta plus tard à Luke Edwards, le jeune Aborigène Fongus Jangala qui était à bord du Big Fish.

Luke Edwards entra en contact avec Stanley Finlay. « À l'OMS, nous avons découvert par hasard qu'après avoir contracté la grippe australienne, les patients étaient devenus très légèrement phosphorescents. […] Les patients hébergent une bactérie luminescente. Et, s'agissant d'une pandémie, voyez-vous... nous sommes tous devenus un peu...euh... lumineux. » (page 120).

 

Quelques extraits

« L'amour ? ricana Edwards. Une chimère métaphysique pour oublier que nous sommes semblables aux angiospermes et aux lagomorphes : des biomachines programmées pour la survie et la reproduction... » (page 143).

« Fêtarde dessaoulée, l'humanité ne pouvait que contempler le chaos de ses excès. L'extinction humaine. » (page 186).

« Voilà ce que nous pouvons en dire aujourd'hui. Depuis février 2024, l'information chromosomique, à l'intérieur des cellules reproductrices humaines, a été gravement altérée. Elle a conduit, depuis quinze ans, à la naissance de bébés mulets, parfaitement sains, mais pourtant incapables de se reproduire. » (page 214).

 

Pourquoi le choix du calamar ?

« [...] Il va falloir choisir : accepter l'hominisation véritable, c'est-à-dire la sympathie et la pitié pour tous les êtres, le respect de la vie, le refus de la violence, qu'elle soit institutionnelle ou physique, la pratique d'une justice véritable, la désacralisation de la chose militaire, ou, en payant enfin le juste prix de nos folies et de nos cruautés, laisser la place aux calamars. Choisissons l'homme. Mais faisons vite ! Le temps presse terriblement. »

Théodore Monod (1902-2000) dans Et si l'aventure humaine devait échouer (Grasset et Fasquelle).

 

Envie d'un roman sombre pour vivre la fin de l'espèce humaine ? Ce roman de science-fiction est parfait !

Je me suis attachée à Stone et ses recherches m'ont passionnée. En dehors de l'extinction des humains, les relations entre les humains et les animaux, la pollution et le pillage de la planète sont parmi les thèmes de cette fiction qui pourrait bien devenir réalité un jour. En effet, rien de farfelu dans ce roman et, durant la lecture, je me disais que c'était de l'anticipation et que tout ça pouvait réellement arriver.

 

Une lecture pour les challenges Animaux du monde (calamar), Geek (SF) et Des livres et des îles (îles Isabelle entre autres). J'ai lu ce roman en mars mais ma note de lecture est publiée trop tard pour le bleu des Bookineurs en couleurs, tant pis...

AnimauxChallenge GeekChallenge DesLivresEtIles

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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 04:45

BlackRain2.jpgBlack rain S01//E3-4 est un roman de Chris Debien paru aux éditions Flammarion Jeunesse en novembre 2012 (310 pages, 15 €, ISBN 978-2-081271937).

 

Je remercie Brigitte et les éditions Flammarion pour ce roman de SF.

 

Chris (Christophe) Debien est né le 22 octobre 1968 à Marseille (Bouches du Rhône). Il a travaillé aux urgences du service psychiatrique de Lille (Nord). Plus d'infos sur son blog sur lequel on apprend qu'il s'est installé en Martinique en février 2012 (pas mis à jour). Il est auteur de romans (en particulier fantasy) et de scénarios pour les jeux de rôle.

 

Max retourne dans l'Inside pour essayer de comprendre comment la mort de Charles est arrivée. « C'est ça... Que le phénomène de rémanence pourrait nous permettre de rentrer en contact avec Charles, une dernière fois... » (page 114). Mais il rencontre le Chapelier et tout se détraque.

Pendant ce temps, le Docteur Grüber reçoit un appel de l'inspecteur Tovic concernant Melody, sa fille disparue. Tovic n'est pas tendre avec ce père qui reste son principal suspect.

Et Melody... Est-elle encore en vie ? « Le silence de l'homme était encore plus insupportable que les coups. Le silence était une vague qui usait sa raison. Parfois Melody avait l'impression d'être au bord d'un gouffre. Elle sentait qu'elle perdait pied. Alors elle chantait. […] Elle fredonnait jusqu'à s'en étourdir. Pour gommer le cauchemar, pour oublier l'odeur de moisissure, ses vêtements qui lui collaient à la peau, sa propre odeur qu'elle ne supportait plus... Peu à peu, elle renonçait. Il n'y avait aucun moyen de fuir. » (page 36).

Pendant l'absence de Grüber, Adam, Alex et Rachel découvrent dans le réseau du Centre un nouveau projet, Unmasked. Sarah Mac Laine, leur docteur, et Max, qui gère le programme Reset, sont-ils au courant de ce nouveau projet ?

De plus, Adam revoit de plus en plus d'images de l'accident de voiture qui a causé la mort de ses parents lorsqu'il avait 7 ans, mais ces images sont-elles ses véritables souvenirs ?

« Il aimait plonger dans l'Inside, il se sentait en phase avec cette réalité qui n'en était pas une. Cette grande illusion où tout était possible. » (page 126).

 

J'ai eu un peu de mal de me replonger dans le Centre et l'Inside mais une petite relecture de ce que j'avais écrit pour le premier tome : Black rain S01//E1-2 et c'était reparti, j'étais immergée !

C'est vrai que cet univers, on aime ou pas, on accroche ou pas, un tel roman peut faire peur. Mais c'est de la bonne littérature jeunesse et, en dehors du personnel médical, les personnages sont des adolescents et ils ressentent, malgré leurs problèmes et tout ce qu'ils vivent au Centre et dans l'Inside, les mêmes choses que tous les jeunes de leur âge : le regard porté sur eux, les prémices de l'amour, etc. « Elle [Rachel] prit peur. Aimer était un risque considérable, elle s'exposait à la trahison, à la douleur. Aimer, c'était comme plonger dans le vide au bout d'une corde minuscule. À chaque instant, on se demande quand elle va se rompre. » (page 207). Pourtant point de mièvrerie ; l'ambiance est toujours très rock, avec un univers SF, réalité virtuelle, et des références musicales, cinématographiques, aux jeux vidéo et au manga, parfait pour le challenge Geek !

 

Je mets aussi ce roman dans les challenges 1 % de la rentrée littéraire 2012, Jeunesse & young adults # 2 et Petit Bac 2013 (catégorie phénomène météorologique, pluie est en anglais, Enna, tu ne m'en veux pas ? Pour la catégorie couleur, je vais bien trouver un autre titre !).

GeekChallenge Rentreelitt2012-1 Jeunesse2012-13 PetitBac2013

 

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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 05:02

Apocalypsis4-1.jpgApocalypsis 4 – Cavalier Pâle : Elias, d'Eli Esseriam

Matagot – Nouvel Angle, mai 2012, 262 pages, 14,90 €, ISBN 978-2-354502119

 

Je remercie Mathilde et les éditions Matagot de m'avoir envoyé les deux premiers tomes de la série Apocalypsis puis les deux tomes suivants.

 

Plus d'infos sur Eli Essamiam, l'auteur, et sur Aurélien Police, l'illustrateur, sur ma note de lecture d'Apocalypsis 1 – Cavalier Blanc : Alice. Vous pouvez aussi consulter mes notes de lecture d'Apocalypsis 2 – Cavalier Rouge : Edo et d'Apocalypse 3 – Cavalier Noir : Maximilian.

 

Le récit écrit sous forme de journal (ce qui est nouveau par rapport aux précédents tomes), ou plutôt de souvenirs mais de façon très précise et documentée, est celui d'Elias. Il l'écrit pour Elias, un autre Elias, celui du futur, d'un autre futur, celui qui pourra faire correctement ce qu'Elias a raté. « Ce sont des souvenirs du passé et du présent, mais aussi du futur. […] N'en néglige aucun […] Tout à une raison d'être. […] toi seul peut changer le cours des choses. Le cours du Temps. » (page 12). Elias a voulu faire le Bien, il a voulu modifier des choses du passé, de la vie des gens, mais ce n'était pas son destin, ce n'était pas ce qu'il devait faire... Elias est « l'exécuteur testamentaire du Monde » (page 15) et son destin, son rôle « n'est pas de le changer. Mais de l'achever. » (page 147).

 

Elias est un enfant bègue, détesté par son père, Daniel Land, et adulé par sa mère, Iris qui est pourtant malade « à cause » de lui car tout ce qu'il touche meurt... Elias est rejeté par tous, sauf par Clotaire et Marjane, ses deux seuls amis, des laissés pour compte eux aussi, et par ses grands-parents paternels qu'il n'a connus qu'à l'âge de dix ans et qui ont vécu en camp de concentration lorsqu'ils étaient enfants. L'épisode du chocolat à Bergen-Belsen en 1944 est d'ailleurs très beau. « C'est amusant comme on peut subir soi-même des vexations sans réagir et ne tolérer aucun irrespect lorsqu'il atteint autrui. » (page 55).

 

Apocalypsis4-2.jpgCes extraits sont peut-être un peu longs mais je voulais les relever car ils sont une intéressante explication au Mal, aux comportements humains injustifiables, qu'on ne peut pas dire inhumains, puisqu'ils sont humains. « Le mal de notre siècle n'est pas l'obésité, le diabète ou le sida. C'est la dépression. Demande à n'importe quel médecin, il te confirmera qu'elle résulte de quasiment tout ce que notre société nous fait endurer et qu'elle est la cause de tout ce que nous faisons endurer à la société. C'est un cercle sans fin, un problème insoluble. On dit qu'elle naît de la maltraitance, du chômage, de la pauvreté, de l'isolement social, des troubles familiaux. On lui met sur le dos les suicides, les accidents de la vie courante, le stress, l'asociabilité et la violence urbaine. À mon humble avis, dont tout le monde se fiche probablement, la dépression naît surtout de la nostalgie. » (page 61). « Si tu regardes un peu autour de toi, tu remarqueras rapidement que le temps règne en maître sur la psyché de l'Homme. L'avenir lui fait tellement peur qu'il préfère lui tourner le dos et fixer son regard sur le passé. Il regrette la belle époque, les valeurs éculées qui régnaient quand les gens étaient différents. Par différents, entendre ici « meilleurs ». […] il souhaiterait revenir en arrière et réécrire son histoire toute entière. […] L'être humain n'est qu'un nostalgique en puissance qui a juste oublié qu'il n'était pas plus heureux avant. » (page 62). […] « La nostalgie touche les gens de plus en plus tôt. Si quelqu'un te déclare un jour n'avoir jamais rêvé de remonter le temps pour corriger, rectifier, modifier quelque chose, tu auras devant toi un menteur. Tout être souhaite pouvoir avoir le choix. À nouveau. » (page 63).

 

Après la petite déception au début du tome 3, j'avais quelques craintes au sujet de ce tome 4. Mais aucun problème, je l'ai beaucoup apprécié et je trouve que cette série est vraiment bien faite.

Ce récit mène le lecteur à se questionner sur le Bien et le Mal, et place Elias par rapport aux trois autres Cavaliers (interactions entre eux ou entre Elias et leurs proches, par exemple avec Silke, la sœur jumelle de Max le jour où elle devient aveugle). « Le Monde aux mains de nos ennemis, c'est juste l'enfer sur Terre. L'enfer pour tous. » (page 69). Et la Confrérie des Apôtres de l'infini est l'ennemie des Cavaliers de l'Apocalypse, « l'ennemi du Monde entier, du principe même de vie » (page 96).

 

Alors Elias va-t-il réussir là où Elias a échoué ? « Ta grande force, c'est ton humanité. Ta grande faiblesse, c'est ton humanité. » (page 178). Va-t-il retrouver Alice, Edo et Max ? Et pourront-il accomplir leur véritable mission ? Jeunesse2012-13De plus, je me suis demandé qui est Anel Leidecker (dont on parle page 129) ? Tout ça, je le saurai en lisant le cinquième et dernier tome : Omega et j'ai hâte ! Mais attention, c'est le tome de l'Apocalypse ! La fin du monde ?

 

Un petit détail : il y a deux couvertures, celle de prévue d'origine et la nouvelle avec le signe Oméga. Je préfère la couverture prévu d'origine.

 

Vous savez quoi ? Un seul challenge ! Jeunesse & young adults # 2.

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2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 05:11

Apocalypsis3-1.jpegApocalypsis 3 – Cavalier Noir : Maximilian, d'Eli Esseriam

Matagot – Nouvel Angle, mai 2012, 269 pages, 14,90 €, ISBN 978-2-354502102

 

Je remercie Mathilde et les éditions Matagot de m'avoir envoyé les deux premiers tomes de la série Apocalypsis puis les deux tomes suivants.

 

Plus d'infos sur Eli Essamiam, l'auteur, et sur Aurélien Police, l'illustrateur, sur ma note de lecture d'Apocalypsis 1 – Cavalier Blanc : Alice. Vous pouvez aussi consulter ma note de lecture d'Apocalypsis 2 – Cavalier Rouge : Edo.

 

Maximilian (Max) est le fils de Wolfgang Von Abbetz et d'Edeltraub Gottlieb, deux familles allemandes riches et de nobles lignages puisque liées aux Habsbourg. Il a deux sœurs : Gretchen, l'aînée, et Silke, sa jumelle. Il ne s'entend pas du tout avec son père, mais est proche de son oncle paternel, Uwe qui est prêtre et qui lui annoncera qu'il est un cavalier de l'Apocalypse, le Cavalier Noir.

« Ton don est d'être une sorte d'écran vivant sur lequel les gens projettent leur plus grand rêve. Ils voient en toi l'objet de leur idolâtrie : des êtres chers, vivants ou disparus, un amour impossible, un acteur ou une chanteuse qu'ils vénèrent, pourquoi pas. » (page 101).

Max a 17 ans et il étudie à Sainte-Praxède, une institution fondée par sa famille mais il a de très mauvaises notes et a une conception de la vie... différente.

« L'idée même de l'amour est par trop romantique pour nous autres, austro-allemands. Il n'y a guère que Goethe ou Schiller pour faire croire au Monde que nous avons un cœur. » (page 22).

En fait, la seule personne qu'il aime vraiment est Silke, sa sœur jumelle devenue aveugle à l'âge de 6 ans.

Apocalypsis3-2.jpg« Ma sœur ne fréquente aucune personne de son âge. Elle n'a d'autre ami que moi et, tandis que beaucoup pensent certainement que je suis tout pour elle, je tiens à dire que c'est elle qui est tout pour moi. » (page 53).

Évidemment, Max est un adolescent rebelle et n'a pas envie de subir un destin qu'il n'a pas choisi, d'autant plus qu'il est entouré de richesses et de domestiques prêts à le servir.

« Mais je ne veux pas. Je ne veux rien, ni personne d'autre que moi. Moi, Uwe. Comme si ce n'était déjà pas assez compliqué d'être soi-même, de discerner ce que l'on croit vraiment, de comprendre ce que l'on veut ou de construire sa propre personnalité... » (page 145).

 

J'avais beaucoup aimé les deux premiers tomes avec Alice et Edo et je me faisais une joie de lire la suite de cette série prévue en 5 tomes mais j'avoue que j'ai eu un peu de mal à entrer dans ce troisième tome... Est-ce parce que j'ai attendu trop de temps avant de le lire et que je n'avais plus les deux premiers tomes en tête ? Ou parce que Max est détestable tant il est orgueilleux et cynique ? Mais c'était aussi le cas d'Alice et d'Edo... Ou parce que l'action met plus de temps à arriver ? Bref, j'étais un peu déçue mais le tome 4 attendait et je ne voulais pas le commencer avant d'en avoir fini avec le Cavalier Noir ! Bien m'en a pris car je suis finalement entrée dans cette histoire, je me suis attachée à Max, je crois que c'est au moment où il découvre le secret de son grand-père quand celui-ci croit voir son ancien ami Jacob en face de lui. L'humanité de Max s'est alors révélée et j'ai pu l'apprécier, même s'il va faire des choses atroces. Et puis j'ai beaucoup aimé son conseil à Uwe : « Faites l'église buissonnière ! » (page 162). Bref si vous avez du mal, vous aussi, au début de ce tome, continuez car Max est un Cavalier important pour l'histoire, il est fascinant et aussi attachant qu'Alice et Edo. Et je vous rassure, le tome 4 est excellent, j'en parle tout bientôt !

ABC2012-2013Jeunesse2012-13À noter des nouvelles couvertures avec le signe Omega mais je préfère les couvertures prévues d'origine.

 

Un roman pour les challenges ABC critiques 2012-2013 (lettre E) et Jeunesse & young adults # 2.

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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 03:58

PopEtKok.jpgPop et Kok est un roman de science-fiction de Julien Péluchon paru aux éditions Seuil dans la collection Fictions & Cie en février 2012 (162 pages, 16 €, ISBN 978-2-02-105506-1).

 

Julien Péluchon est né en 1978 à Brest. Il a étudié les mathématiques puis la médecine puis les Beaux-Arts et les Lettres. Du même auteur : Formications (2006).

 

Pop et Kok habitent à Rouen et sont amis. Ils essaient chacun de créer une entreprise, d'aimer une femme et de vivre un peu de bonheur. Mais ils vivent dans une ville en ruine et sont seuls au monde. Lors de la destruction par le Souffle terrible, Pop avait un an et Kok douze ans.

« Et pas seulement ici. Sur tout le territoire, dans le monde entier, sauf quelques îlots plein d'espoir, çà et là dans les océans, en Afrique, dans certaines parties d'Asie... Là où le Souffle n'était, paraît-il, pas venu. » (page 11).

Depuis, leur vie est un enfer. Ils survivent, au milieu des feux, des nappes de gaz toxiques et des humains devenus des barbares ou des zombies.

« Le Souffle ressemblait à une chevauchée sauvage, une chevauchée de l'enfer. Un nuage bleu roi, onctueusement ourlé, rampait à toute vitesse sur la plate campagne, dans un faible ronronnement de chat. » (pages 11-12).

Peu nombreux sont les humains qui sont restés humains, et certains vivent en communautés, les aurivergistes, et n'acceptent pas ceux de l'extérieur.

« Vingt ans après, quelques survivants tentaient encore de reconstruire un semblant de civilisation. » (page 13).

Juin 2185. Kok crée une compagnie de pousse-pousse et rencontre Élise. Pop ouvre un café-concert sur les bords de la Seine et rencontre Sylviane.

« Je m'efforce d'être optimiste, d'avoir une attitude optimiste, mais parfois c'est impossible. » (page 29).

Mais bien qu'ils essaient de rester optimistes, le sort s'acharne contre Pop et Kok.

« La misère s'adapte très bien et se coule dans chaque mode de vie. » (pages 80-81).

Le récit se déroule jusqu'en 2215.

 

Quel roman étrange... S'il n'était pas classé en SF, je dirais que c'est un conte philosophique sombre et déprimant. Parce qu'il n'y a plus d'espoir, dans ce monde post-apocalyptique, chaque tentative se soldant par un échec : couple, progéniture, travail, amitié. Pourtant Pop et Kok veulent continuer à vivre, aller de l'avant (normal, c'est leur vie) mais ils ne réussiront rien à part des semblants : de vie de couple, de sexualité, d'entreprises...

Pourtant les sentiments, les besoins, les envies sont toujours là !

Face à l'absurdité de la vie et dans ce monde dévasté, quel peut être le destin des humains ? Ce roman montre en tout cas l'inhumanité de l'humanité, la perte de la civilisation et la mort de l'humanité. Il y a des références littéraires (Joseph Conrad, Cioran...) et un chamane conseille à Pop d'écrire pour lutter contre la déprime : lire, écrire, que c'est beau, mais il n'y a plus de civilisation, à part encore un semblant avec les adorateurs de la Verge dorée, les aurivergistes.

Je ne saurais dire si j'ai aimé ce roman ou pas, mais comme il est court et que les chapitres sont courts aussi, il se laisse lire jusqu'au bout. J'ai quand même préféré La route, de Cormac McCarthy (coup de cœur 2008) et Au nord du monde, de Marcel Theroux (coup de cœur 2010).

Si vous voulez vous faire une idée, les 10 premières pages sont disponibles sur le site de l'éditeur. Et j'aimerais bien avoir les avis d'autres lecteurs.

 

Un roman que j'ai lu durant le Marathon d'automne et que je place dans les challenges ABC critiques 2012-2013 (lettre P), Lire sous la contrainte (le titre contient les deux prénoms des personnages principaux), Le tour des genres en 365 jours (Fantasy/SF/Fantastique), Le tour du monde en 8 ans (France) et Zombie attack.

MarathonAutomne ABC2012-2013 LireContrainte2
TourGenres TourMonde8ans ZombieAttack1


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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 03:24

YeuxChat.jpgLes yeux du chat est une bande dessinée de Mœbius et Jodorowsky parue aux éditions Les Humanoïdes associés en mars 1978. Elle a été rééditée en mai 2012 (60 pages, 24,95 €, ISBN 978-2-7316-0705-5).

 

Moebius, de son vrai nom Jean Giraud, est un auteur et dessinateur né le 8 mai 1938 à Nogent-sur-Marne (Val de Marne) et mort le 10 mars 2012 à Paris. À sa mort au printemps, c'est un très grand homme de la bande dessinée qui est parti...

 

Alejandro Jodorowsky, né le 17 février 1929 à Tocopilla (Chili), est réalisateur, acteur, mime, romancier, dramaturge, poète et scénariste de bande dessinée.

 

Sur la page de gauche, il y a toujours le même rectangle, vertical, avec un humain debout de dos. Il communique avec un aigle, Méduz.

Sur la page de droite, le déroulement de l'histoire, dans une ville en ruine. Un rayon de soleil, un chat noir qui sort d'une ruelle, et l'aigle qui plonge.

 

J'ai relu cette bande dessinée (qui ressemble à un album illustré pratiquement sans texte) à l'annonce de la mort de Mœbius et je voulais la présenter en hommage. Vous avez vu le retard que j'ai pris !

Les dessins sont élégants et détaillés mais l'histoire est vraiment cruelle, bien représentative de la folie humaine.

YeuxChat1 YeuxChat2

 

ChallengeAnimauxUne bande dessinée effrayante que je mets dans le challenge Animaux du monde. 

  

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