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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 06:03

ChurchillYalta.jpgChurchill à Yalta : la Pologne trahie est un roman de Michael Dobbs paru aux éditions ZdL le 26 mai 2011 (360 pages, 21,90 €, ISBN 978-2-9538791-0-0). Churchill's triumph (2005) est traduit de l'anglais par Lucie Delplanque. 

 

Je remercie Gilles Paris de m'avoir envoyé ce roman historique qui m'a passionnée et enthousiasmée.CoupCoeur2011

 

Quelques mots sur les éditions ZdL

Zofia de Lannurien est née en Pologne ; elle vit en France depuis les années 70 ; elle crée maintenant une maison d'éditions pour faire mieux connaître la Pologne et l'Europe de l'Est.

Churchill à Yalta : la Pologne trahie, de Michael Dobbs est le premier livre des éditions ZdL (j'aime beaucoup la couverture).

Le labyrinthe de Poutine : la face obscure de la nouvelle Russie, de Steve Levine et Les 100 ans à venir : un scénario pour le XXIe siècle, de George Friedman sont annoncés pour l'automne 2011.

Plus d'infos sur Zofia de Lannurien éditions.

 

Michael Dobbs est né le 14 novembre 1948 à Cheshunt en Angleterre. Après un doctorat en études de défense nucléaire en 1971, il est devenu journaliste aux États-Unis. Puis, de retour en Angleterre, il s'est engagé en politique, jusqu'en 1995. Son premier roman, House of cards (le premier tome d'une trilogie politique historique) est paru en 1989. Il est passionné par Churchill et lui a consacré cinq romans, dont Churchill à Yalta : la Pologne trahie, qui a reçu le prix Benjamin Franklin du meilleur roman historique en 2008. En février de cette année, il est devenu Lord Dobbs de Wylye à la Chambre des Lords.

Plus d'infos sur son site officiel.

 

Juin 1963. Sur le Christina, yacht d'Aristote Onassis, au large de Corfou, Winston Churchill se retrouve face à un serveur polonais qu'il a rencontré il y a près de 20 ans.

 

Février 1945. Staline refusant de sortir de l'Union Soviétique, il a invité Churchill et Roosevelt à Yalta, en Crimée.

« La ville n'était plus qu'une terre de souvenirs, ce qui rendait encore plus incroyable qu'elle eût été choisie pour accueillir la conférence la plus importante de la guerre. » (page 49).

Les trois hommes les plus puissants du monde, surnommés La Sainte Trinité, sont des vieillards malades et épuisés par la guerre...

Winston Churchill a déjà 70 ans ; il voyage avec sa fille (Sarah Oliver), son valet (Frank Sawyers), son ministre des Affaires étrangères (Anthony Eden), son sous-secrétaire d'État (Sir Alexander Cadogan) entre autres. La délégation anglaise est logée au palais Vorontsov.

Franklin Roosevelt a 63 ans, mais il est en fauteuil roulant (il mourra deux mois après la conférence de Yalta) ; il voyage avec sa fille, Anna Boettiger et ses conseillers. La délégation américaine est logée au Livadia, l'ancien palais d'été du tsar.

Joseph Staline, à 65 ans, est en forme et supporte encore bien l'alcool. La délégation russe est accompagnée de nombreux employés, comme Marian Nowak et ses collègues du Metropol, grand hôtel de Moscou, réquisitionnés et transférés par le NKVD. Ils logent au palais Youssoupov de Koreïz.

« Le monde soviétique était un édifice d'improbabilités, dans lequel il n'existait aucune ligne droite ni aucun bon sens. » (page 96).

Marian Nowak – qui se fait passer pour un plombier – demande de l'aide à Sawyers car il est en danger : il est en fait le comte Tadeusz Raczynski, lieutenant du 14e Uhlan (le meilleur régiment de Cavalerie de Pologne) et il a des informations sur le massacre de Katyń car il était parmi les officiers prisonniers mais il a pu s'échapper.

« C'était un crime aux proportions extraordinaires ; un crime contre les Polonais – tous les Polonais, le monde s'accordait sur ce point. Le reste, en revanche, n'était qu'un fatras d'accusations et de soupçons. » (page 54).

Évidemment le NKVD espionne les délégations britannique et américaine (surveillance, écoutes, personnel de maison qui ne frappe pas aux portes avant d'entrer). Staline mène la danse. Roosevelt, qui veut que Staline entre en guerre avec lui contre le Japon, lui accorde tout et exige la reddition sans condition de l'Allemagne en totale méconnaissance de la culture et de la courtoisie européennes. Surtout Roosevelt et Staline se rencontrent pour des accords et des protocoles secrets. Churchill montre sa désapprobation en faisant des discours mais il se sait trahi par ses deux alliés, lui ainsi que l'empire britannique, et aussi la Pologne et les Chinois...

Churchill à sa fille, Sarah : « Vois-tu, nous sommes trois autour de cette table : l'ours, le bison et l'âne. Mais seul ce bon vieil âne sait comment rentrer chez lui. » (page 139).

Yalta1945.jpg

« À quoi bon écrire un roman sur des événements historiques ? Comment cela pourrait-il enrichir une mer sur laquelle tant d'historiens ont déjà navigué ? » (page13, préface de l'auteur).

Un roman ? Pourtant ce que je viens de lire est un récit précis de ce qui s'est déroulé durant ces huit jours à Yalta ! Et j'en ai été scotchée ! Quoi, le personnage de Marian Nowak et la ville de Porun sont des inventions de l'auteur ? Mais ils représentent à eux seuls les Polonais et les villes de Pologne ! Bon, d'accord, ce roman historique est en partie une fiction mais il m'a appris tant de choses sur Churchill et les Anglais, Roosevelt et les Américains, Staline et les Russes, sur le partage du monde tel que l'ont décidé Roosevelt et Staline que je ne peux le considérer que comme un grand livre d'Histoire ! Que je vous conseille bien sûr absolument !

 

Churchill a des défauts mais il est un « grand homme » qui aime la liberté et j'ai aimé ses pensées sur Staline (pages 61 et 63) et aussi les pensées de Roosevelt sur l'Europe (pages 76-77) : trop long pour noter un extrait, à vous de les découvrir ! Mais voici un dialogue édifiant, durant le dernier repas à Yalta, entre Churchill et Staline : « – Dites-moi, maréchal... Que se passe-t-il en Russie lorsqu'un politicien est viré ? […] – Eh bien, ils disparaissent, marmonna Staline […]. Ils se retirent de la vie publique. » (page 288). Quel doux euphémisme !

 

Quant au Général de Gaulle, il n'était pas invité car Roosevelt et Staline ne l'aimaient pas, et puis la France vaincue avait été occupée, avait collaboré et n'avait pas été capable de se libérer toute seule, elle était donc méprisée, au même titre que la Pologne : « Ils ont perdu. Incapables de défendre leur pays, puis de le libérer. Ils devront donc se contenter de ce qu'ils trouvent. » (Staline, page 172).

 

Après la conférence de Yalta, l'Organisation des Nations Unies (chère à Roosevelt) devait mettre fin à toutes les guerres... « Belles paroles, nobles aspirations. » (page 118).

 

« […] la guerre ne s'achève pas simplement le jour où les balles cessent de siffler. La lutte pour la liberté est sans fin. Elle se poursuit, tant que la tyrannie est debout et que des hommes souffrent. » (page 346). Je voulais conclure avec ces mots de Churchill qui sont encore tellement vrais !

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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 00:11

CahiersUkraine1.jpgLes cahiers ukrainiens [mémoires du temps de l'URSS] est un récit-témoignage d'Igort paru aux éditions Futuropolis en juin 2010 (176 pages, 22 €, ISBN 978-2-7548-0266-6). Cette bande dessinée est traduite de l'italien par Laurent Lombard.

 

Après la bande dessinée russe de Nicolaï Maslov, j'aurais bien aimé vous dire que celle-ci est ukrainienne mais en fait Igort est Italien (sa famille est quand même venue d'Ukraine).

 

Igor Tuveri alias Igort est né à Cagliari (Sardaigne, Italie) en 1958. Il a commencé sa carrière en 1980 et a publié dans des revues italiennes (Il Pinguino, Frigidaire, Linus, Alter) puis françaises (Métal Hurlant, L'Écho des Savanes). En 2000, il a fondé les éditions Coconino.

Chez Futuropolis : La balade de Hambone (tome 1 : janvier 2009, tome 2 : juin 2010). Chez d'autres éditeurs : Goodbye Baobab (Milano Libri, 1987), Nerboruto (Edizioni Becassine, 1987), La léthargie des sentiments (Albin Michel, 1988), Dulled feelings (Catalan Communications, 1990), L'enfer des désirs (Les Humanoïdes Associés, 1991), That's all folks (Granata Press, 1993), Cartoon aristocracy (Carbone, 1994), Perfetti i invisibli (Skirà, 1996), 5 est le numéro parfait (Casterman, 2002, Alph'art du meilleur album à Angoulême), Fats Waller (Casterman, 2004), Baobab (Vertige Graphic, 2005), L'alligator : dis-moi que tu ne veux pas mourir (Casterman, 2007).

Plus d'infos sur son site officiel, http://www.igort.com/.

 

CahiersUkraine2.jpg« Au début pour moi, l'Ukraine était quelque chose d'indistinct, un nuage appartenant au firmament soviétique. Et puis j'ai commencé à la visiter et les noms exotiques que j'entendais chez moi depuis l'enfance, Kiev, Odessa, Poltava, Sébastopol, Leopoli, Yalta, sont devenus des paysages concrets. Je me demandais sincèrement comment était la vie pendant et après le communisme là-bas. » (page 7, planche ci-contre).

Pendant presque deux ans, Igor a voyagé en Ukraine et raconte sous forme d'anecdotes, de petites histoires, ce qu'il a vu, ce qu'il a appris de ses amis Andreï, Micha, Elena, Sacha et sa copine Serioja, et des Ukrainiens qu'il a rencontrés pendant son voyage (et qui ont bien voulu se souvenir et raconter).

 

J'ai l'impression que, selon l'histoire qui lui est léguée, Igort adopte un style différent. Par exemple, pour l'histoire de Serfima Andrejevna les planches sont en couleur alors que l'histoire des Koulaks est illustrée par des dessins en noir et blanc.

 

Fabrique de missiles soviétiques à Dniepropetrovsk (surnommée Rocket City), peur permanente, accidents nucléaires, famines (certaines provoquées), cannibalisme, soumission des populations, déportations et interdiction de circuler, génocide culturel, collectivisation, etc., et puis à l'heure actuelle pauvreté, terres à l'abandon, et radiations dues à Tchernobyl... Tout est abordé pour une découverte extrême de l'Ukraine.

 

L'histoire de Nikolaï Vassilievitch est celle qui m'a le plus émue, c'est aussi la plus longue (une quarantaine de pages). Celle de Maria Ivanovna est vraiment triste aussi. Mais à chaque fois, ces personnes ont travaillé dur et gardé espoir (même lorsqu'il n'y en avait plus).

 

Superbe bande dessinée imprimée sur du papier Munken pure de 130 g (ton beige pâle, genre parchemin).

 

Je ne connaissais pas cet auteur : j'ai été attirée par le titre, les couleurs de la couverture, l'envie d'en savoir plus sur l'Ukraine... J'ai bien envie de découvrir d'autres œuvres de cet excellent dessinateur qui est aussi musicien. En effet Igort étant aussi auteur, compositeur et interprète, vous pouvez écouter sa musique sur Igort & the Lo Ciceros (acoustique et expérimentale).

 

Puisque cette bande dessinée parle de l'époque soviétique, je la présente dans le cadre de Une année en Russie (qui continue en 2011) et pour les deux défis de bandes dessinées, le challenge BD de Mr Zombi et le challenge PAL sèches de Mo'.

Igor Tuveri étant un auteur, dessinateur, éditeur et musicien italien, je rajoute aussi cette lecture au Giro in Italia de Nane.

AnneeRussie2011 Challenge-BD PALseches GiroInItalia

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