« On ne doit jamais manquer de répéter à tout le monde les belles choses qu'on a lues » Sei Shônagon in « Notes de Chevet ». Lues, mais aussi aimées, vues, entendues, etc.
Le 16 octobre dans La grande librairie, François Busnel recevait Alicia Drake, Jean-Christophe Grangé, Jean-Paul Dubois et avait rencontré John Le Carré chez lui en Cornouailles. L'émission est en archive sur le site dédié.
Après une présentation de John Le Carré et des auteurs présents sur le plateau, c'est Jean-Christophe Grangé qui commence pour son dernier thriller (dont on a déjà bien parlé un peu partout). Portrait en images de cet auteur français qui rivalise avec les Anglo-Saxons et qui se vend très bien partout dans le monde grâce à ses romans rédigés comme des scénarios de films (évidemment ils sont adaptés au cinéma), à son écriture rapide et très documentée. Dans Miséréré, le lecteur croise des enfants assassins, des nazis, un dictateur, etc. Mais comment écrire un thriller de 500 pages et garder un tel suspense ? Le but est de tout le temps « étonner le lecteur » et évidemment l'auteur se nourrit des reportages réalisés lorsqu'il était journaliste car il veut écrire une fiction en y mêlant la réalité et en y insérant des sous-pistes et des fausses pistes qui ont l'air réelles. J'ai lu les cinq premiers romans de Grangé et c'est vrai que j'ai passé de bons moments surtout avec Le vol des cigognes (1994) et Les rivières pourpres (1998), en fait ses deux premiers romans.
Ensuite rencontre avec John Le Carré (pseudonyme de David John Moore Cornwell), 77 ans, qui vit reclu en Cornouailles (sud-ouest de l'Angleterre) depuis 40 ans. Cet ancien agent secret se lève tôt tous les matins, à 5 heures ou même plus tôt et il écrit pendant 2 à 3 heures. Après avoir créé les personnages de son histoire, il invente les décors et les idées. L'intrigue de son dernier roman, Un homme très recherché, se passe à Hambourg (Allemagne) car « Hambourg est une ville coupable ». Et pour ce livre de 350 pages, l'auteur montre 5 caisses de manuscrits de départ ! Puis il fait visiter sa bibliothèque : en ce moment, il lit plutôt de la non-fiction et il est attiré par les choses secrètes plus que par les choses humaines. Intéressante rencontre. En fait, j'ai lu deux ou trois romans de John Le Carré mais je ne me rappelle plus lesquels ! Peut-être Un pur espion et La maison Russie...
Retour sur le plateau avec Alicia Drake pour Beautiful people qui raconte les rivalités entre Yves-Saint-Laurent et Karl Lagerfeld, deux arrivistes dans le Paris des années 60 à 80 (pareil on en a déjà parlé ailleurs). Portrait en images de cette journaliste anglaise, correspondante à Paris, qui a planché sur le sujet pendant 5 ans et demi et qui délivre une « enquête extrêmement littéraire ». Pourtant Lagerfeld a tenté d'en faire interdire la publication et il y aurait une auto-censure des magazines de mode et féminins français. Alicia Drake a en effet subi un procès du grand couturier et le livre est publié en France avec quelques changements par rapport à la version en anglais. Mais elle continue à penser que « la vie privée nourrit la vie d'artiste » et je suis d'accord avec elle mais je ne suis pas intéressée par ce livre.
Après un détour par la Librairie des Abesses à Paris qui a créé Le Prix Wepler - Fondation La Poste (vous l'aurez deviné, en partenariat avec La Poste) pour récompenser des auteurs différents, c'est au tour de Jean-Paul Dubois avec Les accommodements raisonnables (ce titre est inspiré par la législation canadienne). Portrait en images de cet auteur né en 1950, grand reporter au Nouvel Observateur, spécialiste des États-Unis (qu'il critique de façon virulente), qui parle de choses déprimantes de façon dérisoire et ironique. Dans chaque roman, son personnage masculin s'appelle Paul et son personnage féminin Anna, je trouve ça curieux malgré ses explications. Je ne suis pas intéressée par ses romans qui parlent du naufrage, des illusions et de la naïveté des gens de sa tranche d'âge mais j'aime bien son expression sur l'écriture, que c'est « une maladie mentale sociabilisée ».
Comme d'habitude les auteurs répondent à quelques questions SMS posées par des téléspectateurs.