« On ne doit jamais manquer de répéter à tout le monde les belles choses qu'on a lues » Sei Shônagon in « Notes de Chevet ». Lues, mais aussi aimées, vues, entendues, etc.
Des bibliothèques pleines de fantômes est un essai
de Jacques Bonnet paru aux éditions Denoël en octobre 2008 (143 pages, 12 €, ISBN 978-2-207-26054-8).
Ce petit livre érudit est rempli d'anecdotes – qui toutefois ne répondent pas vraiment aux questions que pose la 4e de couverture – et il y a de nombreuses listes pas toujours très intéressantes mais heureusement de nombreuses informations littéraires, musicales et historiques.
« Je dévorais, donc, sans aucun discernement, tout ce qui était imprimé et il ne m'en est pas resté grand-chose si ce n'est une accoutumance à la lecture qui ne demandait qu'à être canalisée. » (page 24).
« Le nom d'un livre lu (conquis ?) n'a plus rien à voir avec ce qu'il représentait auparavant. Le livre va ensuite vivre sa propre vie dans notre mémoire. Il va, souvent, tomber dans l'oubli. Mais il arrive aussi qu'il se développe de manière autonome, que l'intrigue se transforme, [...]. » (page 62).
« Des centaines de milliers de personnages habitent ma bibliothèque, certains réels, d'autres fictifs. » (page 89). Vous pensez que les réels sont des personnages de l'Histoire de notre monde, et les fictifs les personnages de fiction ? Eh bien pas du tout ! « Les réels sont les personnages dits imaginaires des œuvres littéraires, les fictifs sont leurs auteurs. » (page 89).
« Et puis, comme dans la plus moderne des médiathèques, j'ai une section cinéma et une section musique. Le désir d'avoir tout ce qui importe vraiment à portée de la main ne se limite pas aux livres. Et comment dissocier cinéma et littérature, musique et lecture ? » (page 114). Moi aussi !!! Ainsi qu'une section jeux vidéos !
Ce qui m'a le plus intéressée ?
Lorsque l'auteur explique les bibliomanes = 2 catégories : les collectionneurs et les lecteurs acharnés.
Les collectionneurs = les spécialistes et les entasseurs (je ne suis en fait ni l'un ni l'autre, à part le fait de conserver les livres que j'aime ou ceux que je veux lire...).
Les lecteurs acharnés = « il y a chez eux une fringale de lecture et une curiosité tous azimuts, ce qui n'implique pas inéluctablement une accumulation de livres qui peuvent être consultés en bibliothèque, empruntés ou revendus si achetés. Mais le bibliomane lecteur aime garder l'objet, le tenir à sa disposition. » (page 32), voilà, c'est moi, je suis une bibliomane lectrice !
Et aussi les différentes façons de ranger/classer les livres (je ne savais pas que Georges Pérec avait tenté un inventaire des classements). Je ne les énumère pas ici (lisez le livre !) mais sachez que mes bibliothèques sont plutôt rangées par continents et pays, puis par chronologie (même si par manque de place, certains livres récents sont un peu déposés n'importe où !).
La partie sur l'Art est très instructive également, mais j'ai vraiment des lacunes et il y a de nombreux noms que je ne connais pas...
Lorsque j'ai lu ce petit livre, j'ai noté quelques auteurs ou titres qui m'intéressaient dont La maison en papier (La casa de papel), un court roman de l'auteur argentin Carlos María Domínguez (Seuil, 2004) que j'ai en fait déjà présenté ici.