« On ne doit jamais manquer de répéter à tout le monde les belles choses qu'on a lues » Sei Shônagon in « Notes de Chevet ». Lues, mais aussi aimées, vues, entendues, etc.
Harry, revu et corrigé est le premier roman de Mark Sarvas. Il est paru au NiL en janvier 2010 (346 pages, 21 €, ISBN 978-2-84111-438-2). Harry, revised est traduit de l'américain par Bernard Cohen. Ce roman a été élu meilleur livre de 2008 par le Denver Post.
Mark Sarvas, né le 26 septembre 1964, vit en Californie, il est scénariste et critique littéraire. Il est marié et a une fille. Depuis 2003, il est l'auteur du blog The elegant variation. À noter que Mark Sarvas était en France début janvier pour la promotion de son livre.
Harry Rent est un loser magnifique. C'est pourtant un gars à qui tout aurait dû sourire : il a étudié la médecine et s'est installé à son compte en tant que cardiologue, a épousé une femme magnifique que beaucoup d'hommes convoitaient car issue de la famille Weldt (grande bourgeoisie), a une belle maison et conduit une Jaguar. Mais il a lamentablement trompé Anna avec des prostituées (ce qui a d'ailleurs occasionné des problèmes avec la police), ne lui a pas donné d'enfant, et maintenant elle est morte. « À vrai dire, Anna l'intimidait, voire l'effrayait un peu ; au bout de huit ans de mariage, il n'était jamais arrivé à surmonter son complexe d'infériorité. » (page 22).
Bien que déjà en retard pour la crémation d'Anna, Harry s'arrête au Café Rétro et tombe amoureux de Molly, une jeune serveuse de 22 ans qui prépare un Master sur la dominance patriarcale dans la littérature contemporaine. « Les événements ne se succèdent jamais assez vite, à son goût, puisqu'une rapide estimation indique qu'il a dû échanger à peine une centaine de mots avec la merveilleuse Molly en échange des vingt minutes pendant lesquelles il lui a fallu ronger son frein au comptoir. » (page 15).
C'est parce que le sandwich que Molly lui conseille s'appelle Monte-Cristo que Harry va acheter le roman d'Alexandre Dumas, le lire et s'imaginer dans le rôle d'Edmond Dantès.
Parfois Harry se souvient de sa vie avec Anna, et le lecteur est plongé dans le passé : la rencontre avec Anna, le mariage, Claire la sœur d'Anna, Max le meilleur ami avec qui il a étudié et qui est devenu podologue, etc. Les flash-back ne me dérangent pas et je pense qu'ils enrichissent évidement le roman, mais je sais que certaines personnes n'aiment pas du tout ça car cela les empêche de suivre l'histoire sereinement.
À part ça, Harry va tenter de séduire Molly, mais comme celle-ci a déjà un petit copain, il décide d'aider sa collègue, Lucille, une grosse femme seule, pauvre et au bout du rouleau car son fils unique Carl, est un ado à problèmes (et en prison). Mais l'amitié et l'amour ne s'achètent pas...
Ce roman est censé être drôle (c'est écrit sur la 4è de couverture) mais je n'ai pas ri une seule fois... Cela ne veut pas dire que c'est un mauvais roman, au contraire je l'ai lu avec plaisir et j'ai suivi les erreurs et les progrès de Harry avec... En fait à la fois avec tendresse et à la fois avec cynisme (pauvre gars...). C'est un roman agréable à lire en ce début d'année (j'aime bien aussi la couverture), et je remercie Blog-o-Book et les éditions du NiL de me l'avoir envoyé.