« On ne doit jamais manquer de répéter à tout le monde les belles choses qu'on a lues » Sei Shônagon in « Notes de Chevet ». Lues, mais aussi aimées, vues, entendues, etc.
Le pays de l'absence est un roman de Christine Orban paru aux éditions Albin Michel le 6 janvier 2011 (167 pages, 15 €, ISBN 978-2-226-21866-7).
Comme j'avais bien aimé Le collectionneur, pièce de Christine Orban, j'ai reçu le nouveau roman de l'auteur. Je me suis demandée si les relations entre une femme et sa mère souffrant d'Alzheimer allaient m'intéresser car ce n'est pas mon genre de lecture. Mais le livre est court et j'ai voulu lui donner sa chance. Bien m'en a pris puisque c'est un beau livre, au thème difficile, mais traité de façon délicate. Je remercie donc Gilles Paris de m'avoir envoyé ce livre.
Son deuxième époux est mort depuis deux mois. Afin de ne pas être seule, la mère quitte Casablanca pour Paris : elle va passer les fêtes de Noël en famille.
« Elle est encore belle, ma mère. […] Elle a soixante-treize ans. » (page 13).
Elle souffre d'une maladie que beaucoup de personnes évitent de nommer, Alzheimer.
« Elle est assise en face de moi, mais son regard est parti. » (page 14).
Les souvenirs affluent, de l'enfance, de cette mère qui a été une belle femme profitant de la vie, et qui n'est plus que l'ombre d'elle-même...
« La vie passe, la vie est passée. » (page 23).
Comment faire face à ça ?
« J'ai honte. Je ne sais pas m'y prendre avec la maladie, mais je vais apprendre. » (page 57).
Comment aider, affronter parfois, sereinement la personne malade qui se croit en bonne santé ?
« Je me porte très bien, je perds un peu la mémoire, mais qui ne la perd pas à mon âge ? » (page 65).
Comment ne pas se sentir coupable de ne pas pouvoir ou même de ne pas vouloir ?
« Je ne veux pas être ton infirmière, je ne peux pas. » (page 111).
La mère n'a plus la notion de l'espace et du temps, mais quelques jours passés en compagnie d'une personne souffrant d'Alzheimer peuvent certainement paraître une éternité !
« Les rôles se sont inversés. Maman est une enfant. » (page 136).
L'auteur n'a pas de solution miracle, juste son témoignage et ses mots, des mots qui la délivre certainement en partie de cette douloureuse épreuve. Parce qu'il y a beau être écrit 'roman' sur la couverture, on sent bien que ce récit est autobiographique ! Mais ce n'est pas du tout un livre plombant, c'est un livre d'une grande tendresse, il y a de l'amour, de la tristesse, du désarroi aussi. Et puis cette question : est-ce que ça m'arrivera à moi aussi ? Et j'espère que non !