« On ne doit jamais manquer de répéter à tout le monde les belles choses qu'on a lues » Sei Shônagon in « Notes de Chevet ». Lues, mais aussi aimées, vues, entendues, etc.
Je suis une lectrice (depuis l'enfance) et une blogueuse (depuis quelques années), on dit maintenant une blogo-lectrice, et je me sens évidemment concernée par les mésaventures qu'ont subies des blogueuses à cause d'auteurs mécontents de leurs notes de lecture. J'écris mésaventures, mais ce fut parfois des insultes ! Je ne veux citer ici aucun nom (de blogueuses, d'auteurs ou d'éditeurs). Les faits ont été abondamment relayés par les blogueuses, par BoB (qui soutient les blogueurs qui reçoivent des livres grâce à leurs partenariats), et sûrement par d'autres (si vous le souhaitez, faites-vous connaître en commentaire), et j'ai laissé des commentaires de soutien sur les articles que j'ai lus depuis le weekend de Pâques. Je souhaite simplement soutenir les blogueuses et reprendre (avec leur autorisation, leur bénédiction même) les droits des blogo-lecteurs.
Tout d'abord, la charte de Faelys de Petites madeleines que vous connaissez déjà si vous avez consulté notre article « en commun » Avant, pendant et après Le libraire (cliquez sur l'image pour la voir en taille réelle).
Ensuite le manifeste d'Antigone de Les écrits d'Antigone.
Je revendique le droit de lire ou de ne pas lire un livre,
Le droit d'être sincère, ou gentiment hypocrite,
Le droit de ne pas aimer un livre, de le dire,
Le droit d'aimer un livre, et de ne pas le dire,
Le droit d'accepter de recevoir des SP, ou pas,
Le droit de faire traîner mes lectures,
Le droit d'avoir un travail à côté, des enfants, une maison à tenir,
Le droit de me faire plaisir et de ne pas me prendre pour une critique littéraire,
Le droit d'être infidèle, de moins aimer ce que j'ai porté aux nues plus tôt,
Le droit de poster des commentaires ou bon me semble, partout ou le droit de s'exprimer existe,
Le droit de croire que tout vaut mieux que le silence, d'ouvrir la porte aux avis contraires,
Le droit de ne pas faire le jeu du commerce, mais des mots, de la lecture, et de la littérature.
Le droit d'être une lectrice.
Moi, lectrice et blogueuse, suis ravie d'être contactée par des éditeurs ou des auteurs d'une grande gentillesse (comme Christine Adamo ou Georges Flipo) et de recevoir gratuitement des livres que j'ai choisis ou acceptés de recevoir. Je les lis et publie des notes de lecture sur mon blog (dans lesquelles je remercie toujours l'éditeur, le partenaire ou l'auteur qui m'a envoyé l'ouvrage). Parfois je refuse de recevoir un livre parce que le sujet ou l'auteur ne m'intéressent pas ou parce que j'en ai déjà trop à lire et je sais bien que je n'aurai pas le temps d'en parler rapidement (en général, on a un mois ou deux, selon les partenariats). Je ne suis pas une critique littéraire, je dis simplement si j'ai aimé ou pas et pourquoi (évidemment, il faut argumenter un minimum). Je refuserai non seulement de devoir écrire une note de lecture positive et élogieuse si je n'ai pas apprécié un livre (d'ailleurs, je préfèrerais dans ce cas ne pas en parler...) mais aussi d'être censurée, agressée sur un espace qui est le mien (c'est-à-dire une partie de mon chez-moi). Je revendique donc liberté, indépendance et le droit à ma subjectivité.