« On ne doit jamais manquer de répéter à tout le monde les belles choses qu'on a lues » Sei Shônagon in « Notes de Chevet ». Lues, mais aussi aimées, vues, entendues, etc.
Les guerriers de la nuit est un roman de Jean-Pierre Andrevon paru aux éditions Flammarion dans la collection Tribal en septembre 2011 (228 pages, 10 €, ISBN 978-2-0812-5031-4).
Je remercie Brigitte et les éditions Flammarion de m'avoir envoyé ce roman, dédicacé par l'auteur (merci !).
Jean-Pierre Andrevon est né le 19 septembre 1937 à Bourgoin-Jallieu (Isère). Il est plutôt connu comme un écrivain de science-fiction voire de fantastique. En faisant quelques recherches sur son œuvre littéraire, j'ai découvert que son premier roman, Les hommes-machines contre Gandahar, paru en 1969 a été adapté par René Laloux (réalisateur) et Philippe Caza (dessinateur) en un film d'animation, Gandahar, sorti en 1988 et que j'ai vu il y a quelques années en DVD. À part ça, il me semble bien n'avoir jamais rien lu de cet auteur.
Plus d'infos sur son site officiel et ses chansons sur sa page MySpace.
Val Santamaria est un agent spécial du FBI à Phoenix, Arizona.
Après le meurtre de Philip White de deux flèches à pointe de silex (utilisées autrefois par les Apaches et les Navajos), Santamaria est envoyé du côté du Canyon de Chelly, classé Monument national.
Philip était le fils aîné de Nathan White, un riche exploitant de gisements de pétrole et de mines d'uranium.
En 1854, les premiers White (*), des quincailliers originaires de Chicago, installent une ferme près du Canyon de Chelly. En 1860, ils découvrent du pétrole sur le territoire indien. « Alors les ennuis commencèrent. » (page 47). Les Navajos sont tués ou déportés 500 km plus au sud, au Nouveau Mexique et les rares survivants meurent d'épidémies ou de famines. Cet épisode est connu sous le nom de Massacre d'Antelope Canyon, durant lequel le « Peuple de la Nuit » fut décimé.
« Je connais mal la région de Navajo Mountain et rien aux affaires indiennes. Alors, pourquoi moi ? – Allons, allons... Vous êtes à moitié Indien, non ? » (page 24).
Eh oui, l'agent spécial Val Santamaria, avec son 1,90 m, son teint mat et ses yeux noirs, passe parfois pour un Latino, mais il est en fait métis blanc et indien. D'ailleurs, il fait des rêves bizarres comme des signes qu'il ne comprend pas, il a des flashes, et voit des cavaliers fantômes...
Il prend l'avion pour Fort Défiance et est accueilli par le désert et la poussière rouge.
La police indienne et les Indiens ne se montrent pas très coopératifs...
Santamaria fait la connaissance de la jolie institutrice de Las Tres Lunas, Tscha-Chill ou Michelle Littleplanet, mais qui est-elle réellement ?
Y aurait-il une vengeance des descendants des quelques survivants du Peuple de Nuit ?
« Les esprits... finit-il par lâcher. Les fantômes. » (page 87).
(*) J'ai l'impression que ce sont les premiers White (ici la famille White) comme on dirait les premiers Blancs (de façon symbolique).
Ce roman policier est comme un western qui lorgne légèrement du côté fantastique.
Pour le lecteur, Val Santamaria est vraiment attachant en agent du FBI seul sur le terrain. Mais en tant que métis, il n'est apprécié ni des Indiens ni des Blancs... Pas facile pour lui !
Le parallèle entre la vie de la famille White dans leur ferme (j'ai presque envie de dire leur ferme-bunker !) et la vie des Navajos dans leurs réserves est intéressant.
Lorsque, enfant, je regardais des westerns, j'étais toujours du côté des Indiens même s'ils avaient attaqué les premiers, mais c'était affreux de les voir se faire exterminer systématiquement...
J'aurais voulu en apprendre plus sur les Indiens, et du coup j'ai eu un soupçon de déception et puis je me suis rendue compte que ce roman remplissait entièrement son rôle : donner envie aux lecteurs d'aller plus loin (le public visé de la collection Tribal est les ados voire les jeunes adultes) et d'engager une démarche pour en découvrir plus sur les Indiens, par exemple grâce aux films (westerns ou documentaires) et aux livres (romans, récits, témoignages) car la culture des Indiens d'Amérique est riche et heureusement, elle a été (du moins, en partie) préservée !
En ce qui concerne les romans de science-fiction de Jean-Pierre Andrevon, j'ai bien envie d'en lire quelques-uns car son style et son univers me plaisent. J'ai repéré Le monde enfin (un roman post-apocalyptique) et pourquoi pas Très loin de la Terre (un recueil qui réunit Le temps des grandes chasses, La guerre des Gruulls et Le dieu de lumière).
J'ai appris un mot : Saguaro, c'est le nom indien des cactus géants du genre Carnegiea qu'on trouve dans le désert de Sonora (ou désert de Gila) en Arizona (la fleur est un des symboles de cet État), au nord du Mexique et au sud de la Californie.
Deux challenges pour ce bon roman : 1 % de la rentrée littéraire et Littérature jeunesse & young adults.