« On ne doit jamais manquer de répéter à tout le monde les belles choses qu'on a lues » Sei Shônagon in « Notes de Chevet ». Lues, mais aussi aimées, vues, entendues, etc.
Les nouveaux contes de la cité perdue est un roman de Richard Bohringer paru aux éditions Flammarion en mai 2011 (175 pages, 15 €, ISBN 978-2-0812-6091-7).
Comme j'avais bien apprécié Traîne pas trop sous la pluie, le précédent roman de Richard Bohringer, Gilles Paris m'a envoyé ces Nouveaux contes de la cité perdue et – bien que ma PAL de partenariats soit conséquente – je le remercie de l'envoi de ce roman.
Dans les « nouveaux territoires », Au bout du monde, le bistrot de la 300e rue, Paulo, le tenancier, sa sœur Solange alias Betty, et son meilleur ami Thierry alias John refont le monde autour de quelques verres d'alcool, en compagnie de quelques clients. Un monde où l'amour et l'égalité sont rois.
Avant, Thierry avait été un acteur très populaire mais il n'aimait pas le mot artiste. Maintenant il préfère être John ; il aime lire et voudrait écrire un livre sur leur histoire, leur rêve utopique.
Il est amoureux de Solange, mais celle-ci préfère être Betty.
« Ils croisèrent au hasard de la route des humains aux yeux lumineux qui voulaient eux aussi tenter la vie ailleurs. » (page 10).
Avec la verve et la tendresse qu'on lui connaît, Richard Bohringer parle des paumés et des laissés pour compte de la vie, et leur offre une autre chance de vivre bien, d'être heureux.
Il y met du désespoir et de l'espoir, un peu d'amitié, un peu d'amour, un morceau d'Afrique, un hommage à un ami disparu ; il y met de son talent et de sa générosité, il y met de sa personne et de son âme.
Les nouveaux contes de la cité perdue est un beau roman, intime, sincère, qui se lit presque trop vite !
Un petit bémol : pas fan de la couverture...
« Les plus beaux livres qu'il avait lus le rendait plus fort. » (page 21). Plusieurs auteurs cités dans ce roman : Scott, Rimbaud, London, Conrad... L'espoir d'une vie meilleure peut venir de la lecture. De l'écriture aussi : « L'écriture lui permettrait de réinventer un monde meilleur. Réinventer le fracas de son âme. » (page 49).
Mon passage préféré
« Paulo était un écrivain qui disait que dès que les mots étaient écrits, ils ne valaient plus rien sur terre. Ils devenaient célestes, une danse païenne qui dirait tout, qui dirait rien. Les mots saignent en silence à certaines heures de la nuit. Un silence hurlant. Écrivain. Il aurait voulu trouver un mot plus modeste. Éructeur, il aimait bien. En fait il était conteur. Il écrivait avec sa voix. Le son des mots. Il était sculpteur de phrases. » (page 77).