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« On ne doit jamais manquer de répéter à tout le monde les belles choses qu'on a lues » Sei Shônagon in « Notes de Chevet ». Lues, mais aussi aimées, vues, entendues, etc.

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Kyoko, de Ryû Murakami

Kyoko est un roman de Ryû Murakami paru aux éditions Philippe Picquier en janvier 1997 (212 pages, 120 F, ISBN 2-87730-287-3). Kyoko (1995) est traduit du japonais par Corinne Atlan.

 

Ryû Murakami (son prénom complet est Ryûnosuke) est né le 19 février 1952 à Sasebo (préfecture de Nagasaki sur l'île de Kyûshû). Il a étudié le Design à l'université d'art de Musashino à Tokyo. Il est romancier, scénariste et réalisateur. Ses romans les plus connus en France sont Bleu presque transparent (1976), Les bébés de la consigne automatique (1980), 1969 (1987), Miso soup (1997) et Love & pop (2009).

 

Kyoko a 4 ans lorsque ses parents meurent dans un accident de voiture. Elle est élevée par un oncle et une tante qui s'occupent bien d'elle mais elle a toujours gardé une tristesse en elle. Tous les matins, en allant à l'école, elle passait devant les barbelés d'une base américaine et un jour, à l'âge de 8 ans, elle a rencontré José. Pendant 5 mois, il lui a appris à danser puis il est reparti à New York en lui laissant une adresse mais elle ne lui a jamais écrit. Plus tard elle est devenue chauffeur de poids lourds et a économisé de l'argent pour aller à New York. C'est maintenant, en ce mois d'avril, elle a 21 ans et elle veut revoir José. Elle rencontre Ralph, un jeune noir qui conduit la limousine de son patron.

 

L'originalité de ce roman est qu'il est polyphonique : chaque chapitre est raconté soit par Kyoko soit par les personnes qu'elle rencontre et qui sont de différentes origines, noires américaines, cubaines, dominicaines, Delaware... Il y a Ralph Biggs qui va d'abord abuser de sa naïveté pour la conduire à fort prix dans New York, Jorge Díaz qui va lui apprendre que José est d'origine cubaine, Pablo Cortés Alfonso qui va lui mentir en lui faisant croire que José est mort, Sergio Bustamante l'infirmier bénévole, etc., jusqu'à Alicia Fernando Martínez la vieille mère de José. Et puis il y a José, malade, en fin de vie, qui a perdu la mémoire et qui croit qu'il était un grand danseur et que Kyoko est une fan.

 

« […] je me rappelle bien le José que j'ai connu petite, mais le José d'aujourd'hui, je ne sais rien de lui, je n'ai pas le sentiment de sa réalité. » (page 65).

« Ces petits chaussons d'enfant que je ne peux plus enfiler depuis longtemps, si usés que les lettres de mon nom ont commencé à s'effacer. Un grillage de barbelés et ces chaussons de danse : symboles de toute mon existence. » (page 72).

« Ce n'était certainement pas simple de parcourir les neuf cents miles de New York à Miami, avec un sidéen en phase terminale. Mais la volonté de Kyoko était inébranlable. » (page 92).

« Le futur, c'est perdre ce qu'on possède maintenant, et voir naître quelque chose qu'on en possède pas encore. » (page 135).

 

Je me rappelle avoir lu Les bébés de la consigne automatique à sa parution en France (1996) mais je n'en garde pas un souvenir impérissable et je n'avais jamais relu cet auteur. Mais c'est l'auteur du mois de mai pour le challenge Écrivains japonais d'Adalana alors j'ai été soulagée de trouver un roman qui selon l'auteur est un « roman sans drogue, sans violence et sans sexe, sur la renaissance et l'espoir. » (4e de couverture). Bon, il y a quand même la violence de la maladie (le sida) et des réactions des gens (ça se déroule en 1995) et une tentative de viol donc tout n'est pas tout rose dans ce roman.

Mais il est humain, sensible et il montre aussi la force de Kyoko qui malgré sa jeunesse est forte, et si elle est forte, c'est grâce à José et à la danse. Et puis c'est un road movie intéressant à travers les États traversés (côte Est des États-Unis, de New York à Miami) et la mentalité des gens, même si elle a évolué depuis bientôt vingt ans. À noter qu'en 2000, l'auteur a réalisé un film avec Saki Takaoka dans le rôle de Kyoko.

 

Une lecture que je mets également dans les challenges Des livres et des îles (l'auteur est de Kyûshû, Japon, et Kyoko va partir à Cuba) et Petit Bac 2013 (catégorie Prénom).

 

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L
C'est aussi le livre pour lequel j'ai opté aussi pour le challenge d'Adalana et je me retrouve beaucoup dans ton avis. Je l'ai aussi trouvé très humain et touchant. Pour ma part, je publie ma chronique demain :)
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C
Merci pour ton passage Lili, je vais lire ta note de lecture ; bonne semaine !
V
j'ai adoré ce livre :-) des bons sentiments mais pas trop et une écriture &quot;dansante &quot;<br /> Bonne semaine Catherine
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C
Si j'avais su qu'il était si bien, je l'aurais lu plus tôt ; bonne semaine et à bientôt.
J
Je n'ai jamais réussi à lire Ryü et c'est pourtant pas faute d'avoir essayé !
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C
Bonjour Jean-Charles, peut-être que celui-ci te plairait car il est vraiment différent. Bonne journée.
D
ce livre semble moins &quot;hard&quot; en effet que certains comme &quot;bleu presque transparent&quot;<br /> pour le challenge je commence aujourd'hui &quot;chansons populaires de l'ère Showa&quot; (la violence semble encore au rendez-vous)
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C
Bonjour Denis, bonne lecture, je viendrai lire ton billet ; et bonne journée !
A
L'auteur n'a rien à voir avec Haruki, alors ?
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C
Rien du tout !<br /> Bonne soirée.