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2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 17:21

Le terrier est une nouvelle de Franz Kafka écrite en 1923 (six mois avant la mort de l'auteur) et parue posthume en 1931. Der Bau, traduit de l'allemand par Dominique Miermont (éditions Mille et une nuit, 2002) est considéré comme un conte animalier.

 

Il est possible de lire Der Bau en allemand sur DigiBib.org et Gutenberg-Spiegel.

 

Biographie et bibliographie de Franz Kafka sur l'article du Challenge Kafka qui se termine demain.

 

Le terrier est écrit à la première personne, ce qui est rare chez Kafka. Le « je » est une taupe qui vit dans un terrier, symbolisant le lieu idéal (calme et confiné) pour l'auteur.

Dans ce terrier, il y a de nombreux tunnels et de la nourriture un peu partout, la vie devrait donc y être parfaite.

« La chose la plus merveilleuse dans mon terrier, c'est le silence. »

Mais la taupe, angoissée et paranoïaque comme pas possible, vit dans la terreur...

« Et ainsi je peux jouir pleinement et sans souci des moments que je passe ici, ou plutôt je le pourrais, mais c'est impossible. »

… Non seulement d'ennemis de l'extérieur qui pourraient s'introduire dans son terrier mais aussi d'ennemis de l'intérieur qu'elle croit entendre.

« Il y a aussi des ennemis dans les entrailles de la Terre. Je ne les ai jamais vus, ils sont légendaires, mais j'y crois. »

La taupe sait qu'un jour elle sera piégée (car il n'y a aucune sécurité nulle part et il est impossible de pouvoir tout contrôler en même temps) et condamnée à mourir (peut-être de façon effroyable).

Alors le terrier, abri ou piège ?

Le terrier est en tout cas angoissant aussi pour le lecteur !

 

Une lecture pour les challenges Animaux du monde (taupe), Des contes à rendre (conte animalier), Fant'classique, Kafka, Petit Bac 2014 (catégorie Lieu) et Un classique par mois (pour une fois que je n'attends pas la fin du mois !).

 

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31 mai 2014 6 31 /05 /mai /2014 22:28

Dans la colonie pénitentiaire est une nouvelle de Franz Kafka écrite en 1914 et publiée en 1919. Vous pouvez livre ce texte sur ebooksgratuits.com. Il est possible de lire In der Strafkolonie en allemand sur DigiBib.org, Gutenberg-Spiegel et Zeno.org.

 

Biographie et bibliographie de Franz Kafka sur l'article du Challenge Kafka qui se termine le 3 juin (déjà ?!).

 

Un chercheur en voyage d'études est invité dans la colonie pénitentiaire pour assister à l'exécution d'un soldat condamné.

Un officier prépare « l'appareil », ingénieuse invention de l'ancien commandant, et se met à expliquer avec grand plaisir son fonctionnement au voyageur.

Le nouveau commandant est contre ce genre d'exécution : la machine ira-t-elle au bout de sa fonction ?

 

Le soldat condamné « pour indiscipline et offense à son supérieur » s'est en fait endormi devant la porte de son capitaine alors qu'à chaque heure, il est sensé se lever et saluer. C'est bien maigre pour condamner quelqu'un, vous ne trouvez pas ?

Non seulement le condamné ne connaît pas la sentence et ne sait même pas qu'il est condamné (quelle justice expéditive !) mais la machine est un énorme engin de torture qui s'acharne pendant douze heures sur le corps du malheureux qui y est attaché ! Qui a envie de voir un tel spectacle ? Mais tous les habitants de l'île, même les enfants, venaient y assister avant que le nouveau commandant ne l'interdise !

Le voyageur – on sait qu'il est européen – réfléchit : il voudrait intervenir, dire quelque chose car « L'iniquité de la procédure et l'inhumanité de l'exécution ne faisaient aucun doute. » mais il n'est qu'invité de la colonie pénitentiaire, étranger de surcroît et, malgré les belles idées éclairées que sa culture a engendrées, il est sur cette île seul et totalement isolé.

Quant à l'officier, nostalgique de son ancien commandant, est lui aussi seul à défendre la conception et l'utilisation de la machine. « C'était le bon temps, camarade ! ». Et il se doute bien que le nouveau commandant utilisera tout ce que dira le chercheur pour l'interdire sous prétexte qu'ailleurs c'est différent, que l'accusé est interrogé avant d'être condamné, qu'il est averti de sa condamnation. Sa peur de changer, d'évoluer, de modifier sa pensée vont le pousser au pire.

 

Ma phrase préférée : « Mais comme l'homme devient alors silencieux, à la sixième heure ! L'intelligence vient au plus stupide. » L'intelligence ? Au bout de six heures de torture...

 

Je me suis demandé de quel pays était originaire le voyageur et à quel pays pensait Franz Kafka pour localiser sa colonie pénitentiaire (peut-être en Asie ?) : c'est quand même un peu frustrant de ne pas savoir...

Écrit en octobre 1914, soit moins de trois mois après le début de la Première guerre mondiale, Dans la colonie pénitentiaire montre peut-être les craintes de l'auteur concernant les guerres modernes et les totalitarismes.

En tout cas, la machine est en marche, et tant qu'elle ne sera pas détruite, le monde et les humains continueront eux aussi leur marche vers la folie, que ce soit en 1914, en 1939 ou à notre époque.

Il existe plusieurs adaptations (cinéma, théâtre, opéra, bande dessinée) de La colonie pénitentiaire mais je ne les connais pas.

 

Une lecture dérangeante mais indispensable que je place dans les challenges Fant'classique, Kafka, Petit Bac 2014 (catégorie Lieu) et Un classique par mois.

 

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28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 02:50

La métamorphose est une nouvelle de Franz Kafka d'abord publiée dans la revue Weiße Blätter (numéro d'octobre 1915) puis parue chez Kurt Wolff Verlag (la même année, 1915, mais avec la mention 1916 sur la couverture). Die Verwandlung fut traduit de l'allemand par Alexandre Vialatte et parut aux éditions Gallimard en 1938.

Vous pouvez lire La métamorphose en édition de poche (Folio classique entre autres), en édition bilingue (Folio bilingue) ou en version numérique.

 

Franz Kafka (1883-1924) : en lire plus sur lui et son œuvre ici.

 

« En se réveillant un matin après des rêves agités, Gregor Samsa se retrouva, dans son lit, métamorphosé en un monstrueux insecte. Il était sur le dos, un dos aussi dur qu'une carapace, et, en relevant un peu la tête, il vit, bombé, brun, cloisonné par des arceaux plus rigides, son abdomen sur le haut duquel la couverture, prête à glisser tout à fait, ne tenait plus qu'à peine. Ses nombreuses pattes, lamentablement grêles par comparaison avec la corpulence qu'il avait par ailleurs, grouillaient désespérément sous ses yeux. »

 

Voici comment débute La métamorphose. Et ce n'est pas un rêve : Gregor Samsa, représentant de commerce depuis cinq ans (depuis son retour de l'armée), est bien chez ses parents, dans sa chambre, et il est transformé en cafard !

Gregor travaille mais, comme il n'a pas pris le premier train de cinq heures, son employeur a envoyé le fondé de pouvoir chez lui à sept heures. Ce que ses parents, sa sœur et le fondé de pouvoir entendent de l'autre côté de la porte ressemble à « une voix d'animal » et ce qu'ils voient lorsque celle-ci s'ouvre enfin les horrifie. D'ailleurs, l'envoyé du patron s'enfuit et il ne sera plus question de travail ou de vie sociale pour Gregor...

Mais finalement, qu'était la vie de Gregor, sa vie d'humain ? Une vie pour ses parents et leur dette à rembourser ? Une vie pour son patron et son travail ? Une vie de cafard et c'est pourquoi il se serait transformé ?

Gregor comprend ce qui se dit et a l'impression de répondre mais en fait il ne peut plus communiquer. Que va devenir sa famille sans lui ? « […] il était tout brûlant de honte et de chagrin ».

Malgré leur aversion, les parents et la sœur s'occupent de lui (surtout la sœur, Grete), du moins un minimum et pendant un temps... Car l'odeur et la présence de cette chose – qui n'est plus ni le fils ni le frère travaillant pour faire vivre la famille – sont gênantes.

Gregor est devenu inutile... encombrant même.

 

Voilà, j'avais envie de me replonger dans l'œuvre de Kafka depuis longtemps mais je n'avais encore rien lu pour le challenge Kafka qui se termine le 3 juin 2014. La métamorphose s'est imposée car je l'avais lue à l'adolescence (c'est-à-dire il y a plus de trente ans !) et elle fait partie de ses plus célèbres titres. Lee Rony l'a aussi lue pour le challenge.

Si Gregor, jeune homme travailleur aimant sa famille, se métamorphose en cafard, n'est-ce pas parce qu'il avait somme toute une vie de cafard en étant humain ? Enfermé dans sa vie, enfermé dans son travail, enfermé dans le remboursement de la dette de ses parents, enfermé dans sa chambre ? Aucune explication n'est donnée dans le récit sur la terrible transformation subie durant cette nuit-là par Gregor. C'est la fatalité, personne n'y peut rien. Mais le drame ne s'arrête pas là car c'est toute la famille qui se métamorphose par son comportement : la famille est horrifiée, distante, dégoûtée voire haineuse et préfère avoir le minimum de relations avec le « monstrueux insecte » ; Gregor se replie sur lui-même puisqu'il ne peut plus communiquer, vit enfermé dans la plus grande solitude et s'enfonce dans le désespoir jusqu'à ne plus se nourrir et mourir.

La métamorphose est-il un récit fantastique ou un récit réaliste plein d'humour noir ? Je me le demande encore et, en fait, il y a plus de cent interprétations de ce récit alors chacun peut sûrement le (com)prendre différemment !

J'espère lire d'autres titres de Kafka avant le 3 juin et honorer comme ils le méritent cet auteur et ce challenge.

 

Une lecture pour le challenge Kafka bien sûr mais aussi Animaux du monde (cafard), Fant'classiqueLe mélange des genres (classique étranger) et Un classique par mois.

 

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14 septembre 2013 6 14 /09 /septembre /2013 03:43

Le pays du nuage blanc est un roman de Sarah Lark paru aux éditions L'Archipel le 27 août 2013 (643 pages, 23,95 €, ISBN 978-2-8098-1236-7). Im Land der weissen Wolke (2007) est traduit de l'allemand par Jean-Marie Argelès.

 

Je remercie Pauline et les éditions L'Archipel pour ce très beau roman !

 

Sarah Lark est née le 1er janvier 1958 à Bochum (Allemagne). Sous son vrai nom, Christiane Gohl, elle a écrit des romans jeunesse sur les chevaux, en particulier les séries Sophie, Julia et Reitschule Silberhuf. Elle utilise aussi les pseudonymes Ricarda Jordan et Elisabeth Rotenberg. Elle vit en Espagne dans une ferme où elle élève des chevaux.

 

Hélène Davenport est fille de pasteur. Sa mère étant morte lorsqu'elle avait 12 ans, elle a élevé ses deux frères (maintenant étudiants) et sa jeune sœur (maintenant mariée). Comme elle sait lire et qu'elle a une belle écriture, elle a été embauchée à Londres comme préceptrice chez Lucinda et Robert Greenwood. Leurs deux fils, Georges, 16 ans, et William, 11 ans, ne sont pas des lumières. Georges apprend un minimum mais William est trop gâté par sa mère. « Le garçon doit s'habituer à ce que la vie n'ait pas d'égards pour ceux qui échouent, disait-il [leur père] avec sévérité. Il faut qu'il apprenne à perdre, c'est uniquement ainsi qu'il finira par vaincre ! » (page 15).

Hélène, qui a bientôt 30 ans et qui est toujours célibataire, a remarqué une petite annonce sur le journal de la paroisse. « Ah, vraiment ? Vous songez à émigrer ? s'enquit Robert Greenwood avec flegme, puis, avec un sourire : Dans ce cas, la Nouvelle-Zélande est un bon choix. Ni chaleur excessive, ni marais générateurs de malaria comme en Inde. Pas non plus d'indigènes sanguinaires comme en Amérique. Pas de rejetons d'anciens criminels comme en Australie... » (page 16).

Pendant ce temps-là, au Pays de Galles, chez les Silkham, Lord Terence perd aux cartes contre son invité, Gérald Warden, le « baron des moutons », venu acheter des moutons, des chiens et... une noble épouse pour son fils unique, Lucas. « Nos Maoris sont généralement pacifiques. Un peuple étrange... fataliste et facile à contenter. Ils chantent, dansent, taillent le bois et ne fabriquent pour ainsi dire pas d'armes. » (page 34). Warden repart ainsi sur le Dublin avec Gwyneira, 17 ans, sa chienne Cléopâtre et sa jument Igraine. Gwyn épousera Lucas Warden et devra donner un héritier aux Warden.

De son côté, Hélène embarque aussi sur le Dublin avec des orphelines (Rosemarie, Dorothée, Daphnée, Élisabeth, les jumelles Laurie et Marie) qui vont être placées comme bonnes dans des familles en Nouvelle-Zélande (elles ne vont pas toutes avoir de la chance... le lecteur les suivra aussi de loin en loin).

Les deux jeunes femmes, bien que voyageant dans des classes différentes, vont se rencontrer à l'embarquement et se lier d'amitié. Une amitié qui va continuer malgré la haine que se portent Gérald Warden (beau-père de Gwyn) et Howard O'Keefe (époux d'Hélène). « Rompre le contact avec Hélène ? Et puis quoi encore ? La jeune femme était sur le navire la seule avec qui elle pouvait parler librement et sans crainte. En dépit de leurs différences d'origine sociale et de goûts, elles devenaient des amies de plus en plus intimes. » (page 94).

À l'arrivée, Gwyn et Hélène doivent quand même se séparer...

Gwyn part immédiatement avec Gérald dans les Canterbury Plains pour Kiward Station. Elle fera un beau mariage avec Lucas mais elle ne pourra pas inviter Hélène et l'enfant qui tardait à venir énormément sera une fille, Fleurette, mettant le vieux Warden en colère. Heureusement Gwyn a Cléo et Igraine et un ami, le chef d'équipe des bergers, James McKenzie, car, contrairement à Lucas, elle aime travailler avec les moutons et les chiens.

Hélène restée à Christchurch, chez les Baldwyn (pas très accueillants), attend Howard O'Keefe qui n'est pas comme elle l'espérait mais qu'elle épousera quand même et qu'elle suivra dans les Canterbury Plains près de Haldon. La vie est rude et isolée mais Hélène va s'organiser. Elle donnera à O'Keefe un unique fils, Ruben, et enseignera aux enfants maoris : Reti et Rongo qui aident à la ferme seront les premiers à apprendre à lire et à écrire. « Étudier magie nous aussi ! déclara un garçon avec beaucoup de sérieux, et Hélène couvrit d'autres feuilles de papier de prénoms étranges, comme Ngapini et Wiramu. » (page 214).

 

J'ai planté les personnages principaux et le décor alors je ne vous en dis pas plus, je vous laisse découvrir, en lisant vous-mêmes ce roman, la Nouvelle-Zélande ! Ses habitants (ceux d'origine, les Maoris, avec leur vie simple et saine, leurs traditions, leur culture et ceux nouvellement arrivés, les Blancs, le plus souvent des Anglais, avec leur idée de supériorité et leur volonté de s'approprier les terres), sa faune et sa flore (très importantes), ses moutons, ses chiens de berger et ses chevaux (parfois venus de Grande-Bretagne), ses grands espaces, ses montagnes, ses fermes en rondins et ses petites villes toutes de bois construites, ses commerces naissants.

Ce roman grandiose – qui se déroule dans la deuxième moitié du XIXe siècle (de 1852 à 1877) – est romanesque mais jamais mièvre, il est écrit très intelligemment et décrit parfaitement les personnages, et même les animaux, leurs relations, leurs pensées, leurs modes de vie. Il y a de l'aventure bien sûr, des découvertes, des rencontres, des retrouvailles, de l'amour mais aussi de la haine, un peu de bonheur et beaucoup de désillusions et de peine.

J'ai lu que Le pays du nuage blanc est le premier tome d'une sage maorie alors va-t-on retrouver les mêmes personnages dans le tome suivant ou est-ce que ce sera une autre histoire dans un autre lieu avec d'autres Maoris et d'autres colonisateurs ?

Deux choses m'ont horrifiée : la chasse à la baleine (horrible...) et les « chasseurs » de bébés phoques (tu parles, pas besoin de les chasser, ces bébés innocents sont couchés près de leur maman et il suffit de les assommer fortement avec un gourdin pour les enlever au milieu des cris et du sang, abominable...).

 

Vous vous demandez sûrement pourquoi « le pays du nuage blanc » ?

Après cent-quatre jours de voyage, le Dublin arrive en Nouvelle-Zélande. « Alertés par les sirènes, les passagers, en quelques secondes, se retrouvèrent sur le pont. […] que des nuages. La vue était masquée par ce qui ressemblait à une longue couche de ouate blanche. […] Peu à peu seulement, des montagnes se dessinèrent dans la brume, des falaises escarpées derrière lesquelles s'accumulaient d'autres nuages. Le spectacle était étrange, on aurait dit que les montagnes flottaient dans une masse cotonneuse, blanche et lumineuse. » (page 103) « D'où le nom de la Nouvelle-Zélande dans la langue maorie : Aotearoa, le pays du long nuage blanc. » (page 104). « Une étendue quasi infinie de pâturages. […] tout était plus clair, plus grand, plus vaste. » (page 113).

J'imagine le spectacle magnifique, vraiment à la lecture de ce roman, j'étais plongée dans un autre monde et j'avais bien du mal à m'en sortir, c'était comme si j'étais en Nouvelle-Zélande et qu'il fallait tout à coup que je revienne ici !

 

Ma phrase préférée

« Une chose entraîne l'autre, et cela n'a pas de fin. » (page 638).

 

Une lecture pour les challenges 1 % de la rentrée littéraire 2013 (c'est mon premier roman de cette rentrée littéraire !), Cercle de lecture de Tête de Litote (pavé de l'été de plus de 350 pages), Des livres et des îles (Nouvelle-Zélande), Petit Bac 2013 (catégorie Phénomène météorologique), Tour du monde en 8 ans (Allemagne), Victorien (ça se déroule de 1852 à 1877, dans l'Angleterre victorienne et dans la Nouvelle-Zélande assujettie à la couronne anglaise) et Voisins voisines (Allemagne).

 

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3 juillet 2013 3 03 /07 /juillet /2013 12:32

Aujourd'hui, c'est le 130e anniversaire de la naissance de Franz Kafka : il est né le 3 juillet 1883 à Prague, capitale de la Bohème dans l'empire d'Autriche-Hongrie.

Je me rappelle avoir beaucoup aimé Le château, Dans la colonie pénitentiaire et La métamorphose, j'avais été impressionnée et j'ai bien envie de relire cet auteur de langue allemande. Alors voici un petit challenge !

 

Le challenge Kafka va débuter ce jour, 3 juillet 2013, et se terminera le 3 juin 2014.

Pourquoi cette date ? Parce que ce jour-là, ça fera 90 ans que Kafka est mort : le 3 juin 1924 à Kierling (Klosterneuburg) en Autriche.

 

Les catégories
La colonie pénitentiaire = 1 article
Le procès et le verdict = 2 à 4 articles
La métamorphose = 5 à 8 articles
Le château = plus de 8 articles.

Ce challenge est bien sûr cumulable avec d'autres challenges comme Lesen Sie Deutsch, Un classique par mois, Voisins Voisines, etc.

Toute l'œuvre littéraire de Kafka (romans, nouvelles, journal, correspondances...) est acceptée pour ce challenge, ainsi que les livres sur Kafka en particulier les biographies et les essais, mais aussi les adaptations en bandes dessinées ou au cinéma et les articles différents avec des photos si par exemple vous avez visité sa maison natale à Prague ou le Musée Kafka.

Si vous souhaitez lire Kafka en allemand, les œuvres sont disponibles sur Gutenberg.org.

Si vous souhaitez lire Kafka en français, les œuvres sont disponibles sur ebooks gratuits.org.

 

Œuvres de Franz Kafka

1912 - Regard (Betrachtung), Leipzig, Ernst Rowohlt, 99 pages.

1913 - Le soutier (Der Heizer. Ein Fragment), Leipzig, Kurt Wolff, 47 pages.

1913 - Le verdict (Das Urteil), Kurt Wolff, 29 pages.

1915 - La métamorphose (Die Verwandlung), Kurt Wolff, 73 pages.

1919 - Dans la colonie pénitentiaire (In der Strafkolonie), Kurt Wolff, 71 pages.

1919 - Un médecin de campagne (Ein Landarzt. Kleine Erzählungen), Kurt Wolff, 189 pages.

1922 - Un champion de jeûne (Ein Hungerkünstler. Vier Geschichten), Berlin, Die Schmiede, 86 pages.

 

Œuvres publiées après sa mort

1925 - Le procès (Der Prozeß).

1926 - Le château (Das Schloß).

1927 - L'Amérique (Amerika) : écrit avant Le procès et Le château.

1931 - Le Terrier (Der Bau).

1937 - Journal intime : publié en France en 1945.

1945 - Paraboles (recueil de textes courts traduits par Jean Carrive, dont Des paraboles).
2001 - Réflexions sur le péché, la souffrance, l'espérance et le vrai chemin.

2009 - Cahiers in-octavo (1916-1918).

2011 - Lettres à Max Brod.

2010 - Les aphorismes de Zürau.

 

Adaptations en bandes dessinées

L'Amérique, de Réal Godbout, Éditions de la Pastèque, mars 2013.

Dans la colonie pénitentiaire, de Sylvain Ricard et Maël, Delcourt, 2007.

La métamorphose, d'Éric Corbeyran, Delcourt, février 2009.

 

Quelques biographies et essais

Conversations avec Kafka, de Gustav Janouch, Maurice Nadeau, 1998.

Franz Kafka, de Florence Bancaud, Belin, 2006.

Franz Kafka, de Gérard Lemaire, Gallimard, 2005.

Franz Kafka entre les lignes, de Georges Richardot, Éditions du Temps, 2004.

Franz Kafka ou le cauchemar de la raison, d'Ernst Pawel, 1988.

Franz Kafka rêveur insoumis, de Michael Löwy, Stock, 2004.

L'ombre pensive de Franz Kafka, de Jacques Laurans, Theetete, 2003.

Seul comme Franz Kafka, de Marthe Robert, Calmann-Levy, 1994.

 

Alors qui est partant ?

 

1. Coccinelle de La culture se partage dans la catégorie Le procès et le verdict.

2. Syl de Thé, lectures et macarons dans la catégorie Le procès et le verdict.

3. Awa74 de Madame bouquine dans la catégorie Le procès et le verdict.

4. Lee Rony de Lire au nid dans la catégorie Le château.

5. Mazel de De livre en livre dans la catégorie ?, avec un article de présentation.

6. Heide de À fleur de mots dans la catégorie ?.

7. Artalok de Deadly Dull dans la catégorie Le procès et le verdict, avec un article de présentation.

Marwen et Carine se sont rajoutés sur le groupe Facebook avant la fin du challenge.

 

Mes articles pour ce challenge

1. La métamorphose.

2. Dans la colonie pénitentiaire.

3. Le terrier.

4. Kafka, de David Zane Mairovitz et Robert Crumb (bande dessinée).

 

L'index du challenge, le groupe Facebook, les liens des articles et le bilan en juin 2014.

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28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 23:11

Ils sont nés avant 1900 et ils ont créé et/ou popularisé le roman policier !

 

Les Français

ArseneLupinIntegrale.jpgFrançois Gaillot de Pitaval (1673-1743) - Causes célèbres et intéressantes, avec les jugemens qui les ont décidées : 18 tomes ! (1734-1741)

Eugène-François Vidocq (1775-1857) – Mémoires de Vidocq, chef de la police de Sûreté jusqu'en 1827 : 4 tomes (1828-1829) ; Les voleurs (1836) ; Les vrais mystères de Paris (1844)

Honoré de Balzac (1799-1850) – Les Chouans (1829) ; Une ténébreuse affaire (1841)

Victor Hugo (1802-1885) – Han d'Islande (1823) ; Les misérables (1862)

Alexandre Dumas (1802-1970) – Le comte de Monte-Cristo (1844) ; Les Mohicans de Paris (1854)

Eugène Sue (1804-1857) – Mystères de Paris (1842-1843)

Paul Féval (1816-1887) – Les mystères de Londres (1843) ; Le Bossu (1857)

Charles Barbara (1817-1866) – L'assassinat du Pont Rouge (1855)

Alfred Assolant (1827-1886) – Les aventures du capitaine Corcoran (1867)

Jules Verne (1828-1905) – Un drame en Livonie (1904) ; L'étonnante aventure de la mission Barsac (1919) : roman terminé par son fils, Michel Verne (1861-1925)

Pierre Alexis de Ponson du Terrail (1829-1871) – La baronne trépassée (1852) ; Les exploits de Rocambole ou les drames de Paris (1859-1884)

Adolphe Belot (1829-1890) et Ernest Daudet (1837-1921) – La Vénus de Gordes (1875)

Émile Gaboriau (1832-1873) – L'affaire Lerouge (1863-1866) ; Le crime d'Orcival (1866) ; Le dossier 113 (1867) ; La corde au cou (1873)...

Émile Zola (1840-1902) – Thérèse Raquin (1867) ; La bête humaine (1890)

Henry Cauvain (1847-1899) – Maximilien Heller (1871) ; La main sanglante (1885)

Maurice Leblanc (1864-1941) – Arsène Lupin, gentleman cambrioleur (1907) ; Arsène Lupin contre Sherlock Holmes (1908) ; L'aiguille creuse (1909) ; 813 (1910)...

Gaston Leroux (1868-1927) – Le mystère de la chambre jaune (1907) ; Le parfum de la dame en noir (1908) ; Le fauteuil hanté (1909) ; Le fantôme de l'opéra (1910) ; Chéri-Bibi (1913-1925) ; Rouletabille...

Pierre Souvestre (1874-1914) et Marcel Allain (1885-1969) – Le Rour (1909) ; Fantomas (1911-1913) ; Naz-en-l'air (1912-1914)

Jacques-Napoléon Faure-Biguet, ou Jacques Decrest (1893-1954) – Enquêtes du commissaire Gilles : Hasard (1933) ; Les rendez-vous du dimanche soir (1935) ; La petite fille de Bois-Colombe (1936) ; L'oiseau poignard (1936) ; La vérité du septième jour (1939) ; Le bal de la montagne noire (1941) ; Les trois jeunes filles de Vienne (1948) ; Les chambres sans serrure (1949)...

Noël Vindry (1896-1954) – La maison qui tue (1932) ; La fuite des morts (1933) ; Le fantôme de midi (1934)...

Retrouvez cette liste de lecture sur Libfly (du moins pour les auteurs/titres que j'ai pu y trouver).

 

Les Britanniques

FuManchu1Horace Walpole (1717-1797) – Le château d'Otrante, histoire gothique (1764)

Jane Austen (1775-1817) – Emma (1815, considéré comme un roman policier sans policier ou un roman policier sans meurtre)

Mary Shelley, née Mary Wollstonecraft Godwin (1797-1851) – Frankeinstein (1818)

William Wilkie Collins (1824-1889) – La dame en blanc (1860) ; Pierre de lune (1868)...

Grant Allen (1848-1899) - Enquêtes du colonel Clay (merci à Pierre Faverolle)

Robert Louis Stevenson (1850-1894) – Le club du suicide (1882) ; L'île au trésor (1883) ; Le voleur de cadavres (1884) ; L'étrange cas du Docteur Jekyll et Mister Hyde (1886) ; Enlevé ! (1886) ; Un mort encombrant (1889)...

Arthur Conan Doyle (1859-1930) - Une étude en rouge (1887) ; Le signe des quatre, ou La marque des Q (1890) ; Le chien des Baskerville (1902) ; La vallée de la peur (1915) ; Les aventures de Sherlock Holmes (1891-1892) ; Les mémoires de Sherlock Holmes (1892-1893)...

Richard Austin Freeman (1862-1943) – L'empreinte sanglante (1907) ; L'œil d'Osiris (1911)... Romans et nouvelles avec le Dr John Thorndyke (publiés entre 1907 et 1942)

William (Tufnell) Le Queux (1864-1927) – romans d'espionnage (publiés entre 1891 et 1931)

Gilbert Keith Chesterton (1874-1936) – Les enquêtes du Père Brown (nouvelles parues entre 1910 et 1936)

John Buchan dit Lord Tweedsmuir (1875-1940) – Prêtre John (1910)... (romans d'espionnage)

Patricia Wenthworth, née Dora Amy Elles en Inde (1878-1961) – Le masque gris (1928) ; L'affaire est close (1937) ; Le chemin de la falaise (1939) ; Le rocher de la Tête-Noire (1941) ; Le châle chinois (1943)... Romans avec Miss Silver (publiés entre 1928 et 1961), l'inspecteur Lamb (1939 , 1940, 1942)...

Sax Rohmer (1883-1959) – Le mystérieux Docteur Fu Manchu (1913) ; Le crime de minuit (1915) ; Le diabolique Fu Manchu (1916) ; Les mystères du Si-Fan (1917)...

Roy Vickers (1889-1965) – Service des affaires classées (1960)

Arthur Upfield (1890-1964) L'os est pointé (1938)... Enquêtes de l'inspecteur Napoléon Bonaparte (Bony) en Australie (publiées entre 1928 et 1966)

Agatha Christie, née Agatha Mary Clarissa Miller (1890-1976) – Hercule Poirot, Miss Marple, Tommy et Tuppence... Romans et nouvelles (publiés entre 1920 et 1979)

Dorothy Leigh Sayers (1893-1957) – Lord Peter et l'inconnu (1923) ; Trop de témoins pour Lord Peter (1926) ; Le duc est un assassin (1926) ; L'autopsie n'a rien donné (1927) ; […] ; Noces de crime (1934)...

Francis Iles, pseudonyme d'Anthony Berkeley Cox (1893-1971) – Préméditation (1931) ; Complicité (1932) ; Quant à la femme (1933) ainsi que des romans sous son vrai nom avec le détective amateur Roger Sherringham (publiés entre 1925 et 2004)

Retrouvez cette liste de lecture sur Libfly (du moins pour les auteurs/titres que j'ai pu y trouver).

 

Les Américains

RaymondChandler.jpgEdgar Allan Poe (1809-1849) – Trilogie du Chevalier Auguste Dupin : Double assassinat dans la rue Morgue (1841) ; Le mystère de Marie Roget (1842-1843) ; La lettre volée (1844)

Charles Dickens (1812-1870) – Barnaby Rudge (1861) ; Le mystère d'Edwin Drood (1870)

Anna Katharine Green (1846-1935) – L'affaire Leavenworth, ou Le crime de la 5e Avenue (1878)...

Mary Roberts Rinehart (1876-1958) – L'escalier en colimaçon (1907)...

Earl Dear Biggers (1884-1933) – La maison sans clef (1925) ; Le perroquet chinois (1926) ; Derrière le rideau (1928) ; Le chameau noir (1929) ; À la rescousse (1930) ; Le gardien des clefs (1932)

Rex Stout (1886-1975) – Fer-de-lance (1934) ; La cassette rouge (1937)... Romans et nouvelles avec le détective Nero Wolfe (publiés entre 1934 et 1985)

Donald Henderson Clarke (1887-1958) – Un nommé Louis Beretti (1929)

Raymond Chandler (1888-1959) – Le grand sommeil (1939) ; Adieu ma jolie (1940) ; La grande fenêtre (1942) ; La dame du lac (1943) ; Fais pas ta rosière (1949)... Romans et nouvelles avec le détective privé Philip Marlowe (publiés entre 1934 et 1959)

Willard Huntington Wright, ou S. S. Van Dine (1888-1939) – La mystérieuse affaire Benson (1926) ; L'assassinat du canari (1927) ; Crime dans la neige (1928) ; La mort au jardin (1935) ; Un enlèvement (1936)

Erle Stanley Gardner (1889-1970) – Romans et nouvelles avec le détective Perry Mason (publiés entre 1933 et 1973)

James Mallahan Cain (1892-1977) – Le facteur sonne toujours deux fois (1934) ; Le bluffeur (1942) ; Assurance sur la mort (1944) ; Dans la peau (1947)...

Dashiell Hammett (1894-1961) – Dollars de sang, ou Le grand braquage (1924) ; La moisson rouge (1929) ; Sang maudit (1929) ; Le faucon maltais (1930) ; La clé de verre (1931)...

Raoul Whitfield (1896-1945) – Vivement mes pantoufles (1930) ; La vierge fatale (1932)

Horace McCoy (1897-1955) – On achève bien les chevaux (1935) ; Un linceul n'a pas de poches (1937) ; J'aurais dû rester chez nous (1937) ; Adieu la vie, adieu l'amour (1949) ; Le scalpel (1952)...

William Riley Burnett (1899-1982) – Le petit César (1929) ; Quand la ville dort (1949) ; Rien dans les manches (1951) ; Donnant donnant (1952)...

Retrouvez cette liste de lecture sur Libfly (du moins pour les auteurs/titres que j'ai pu y trouver).

 

Les Italiens

LinceulLaineMartina Vergani – Au fond du lac (1897)

Gaspard Invrea ou Remigio Zena (1850-1917) – Dernière cartouche (1895)

Emilio de Marchi (1851-1901) – Le chapeau du prêtre (1888)

Augusto de Angelis (1888-1944) – (commissaire Carlo de Vincenzi)

Ezio d'Errico (1892-1972) – (commissaire Émile Richard)

 

Les Allemands

Ernst Theodor Amadeus Hoffmann (1776-1822) - Das Fräulein von Scuderi. Eine Erzählung aus dem Zeitalter Ludwigs des Vierzehnten (1819-1820)

Sophie Wörishöffer, née Andresen (1838-1890) – Robert le mousse (1877)

Karl Friedrich May (1842-1912) – Le trésor du Lac d'Argent (1890)

Frank Arnaü (1894-1976) – La chaîne fermée (1929)

Erich Kästner (1899-1974) – Émile et les détectives (1928)

 

Quelques autres

Les Néo-Zélandais : Fergus Hume (1859-1932) – The mystery of a handom cab (1886) et plus de 130 romans jusqu'en 1932 ; Ngaio Marsh (1895-1982) - Un linceul de laine (1945)... Enquêtes de l'inspecteur Roderick Alleyn de Scotland Yard (32 romans publiés entre 1934 et 1982)

Le Russe : Fiodor Dostoïevski (1821-1881) – Crime et châtiment (1866)

L'Argentin : Jorge Luis Borges (1899-1986) – La mort et la boussole (1942) ; Six problèmes pour Don Isidro Parodi (1942)

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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 16:35

PoissonMouille.jpgCoupCoeur2010.pngLe poisson mouillé est un roman policier de Volker Kutscher paru au Seuil Policiers le 1er avril 2010 (566 pages, 21,50 €, ISBN 978-2-02-096259-9). Der nasse Fisch (2007-2008) est traduit de l'allemand par Magali Girault.


Lorsque Suzanne de Chez les Filles m'a proposé ce roman, j'ai un peu hésité parce que c'est un pavé et que j'avais déjà plusieurs livres en retard... Mais lorsque j'ai vu le contexte historique, le Berlin de la fin des années 20, j'ai tout de suite craqué pour en savoir plus sur cette période moins connue de l'entre-deux-guerres. Bien m'en a pris et je remercie beaucoup Chez les Filles et les éditions du Seuil de m'avoir fait découvrir cet auteur prometteur !


Volker Kutscher est né en 1962 à Lindlar (au nord-est de Cologne). Il a étudié la langue allemande, l'histoire et la philosophie. Il vit à Cologne. Il est historien (on s'en rend compte, il connaît très bien cette époque !) mais aussi journaliste et écrivain.


Gereon Rath

Le personnage principal du roman, le commissaire Gereon Rath, quitte la Criminelle de Cologne après un événement grave (on en apprend plus au fur et à mesure sur lui, sa famille, son passé) et arrive à Berlin (où il ne connaît personne) pour intégrer la police des Mœurs. Il va apprendre à connaître – en même temps que le lecteur – ses collègues et une ville en pleine évolution.

À noter qu'il est passionné de jazz, qu'il découvre grâce aux disques que son frère aîné (un traître qui a fuit l'Allemagne aux yeux de leur père) lui envoie d'Amérique.

Je crois que l'auteur a choisi le prénom de Gereon parce que c'est le saint de Köln (Cologne) : il a été un soldat et un martyr au IVe siècle, et une basilique érigée au tout début du XIe siècle porte son nom (elle est une des douze basiliques romanes de Cologne).


Berlin

En ce printemps 1929, Berlin est un autre personnage du roman. La guerre est terminée depuis 11 ans (enfin, pas pour tout le monde mais vous le saurez mieux en lisant ce roman) et la ville est en expansion (avenues, métro, magasins, cafés, salles de spectacle). Par ailleurs, dans les ruelles mal famées, il existe toute une faune de la nuit et des maisons interlopes où fait fureur tout ce qui est clandestin (jeux, drogue, pornographie). Par contre, il y a encore peu de téléphones chez les particuliers et peu de voitures dans les rues.


Defi2010RussieContexte politique

Certains militaires et nationalistes n'ont pas accepté la défaite de 1918, l'obligation d'avoir une armée de 100 000 hommes maximum, et que le nouveau gouvernement (la République de Weimar, 1919-1933) soit socialiste et démocrate. On entend déjà parler d'un certain Adolf Hitler et d'antisémitisme... Mais ce sont plutôt les réfugiés Russes qui posent problème ici puisque la population et la police pensent que ce sont tous des Rouges envoyés par Staline pour que l'Allemagne devienne communiste, et peu importe si beaucoup étaient des aristocrates qui ont du fuir justement l'Union soviétique. L'exode des Russes Blancs et la diaspora russe font partie de l'histoire de la Russie et ce roman peut tout à fait entrer dans le challenge Une année en Russie.


Poisson mouillé

Je me suis tout de suite demandé ce qu'était un poisson mouillé ! Rien de top-secret ! Un poisson mouillé est une affaire non-élucidée que la police doit classer. Cette expression est née dans la bouche d'Ernst Gennat, qui a réellement existé (1880-1939) et qui fut directeur de la police criminelle de Berlin (note page 196).


Quelques phrases en plus pour résumer l'histoire

Au Château-Fort, la première enquête de Rath, sous les ordres du commissaire principal Bruno Wolter (surnommé Tonton), est une affaire de photos pornographiques. En parallèle, la Criminelle enquête sur un cadavre mutilé dans une voiture repêchée dans le Landwehrkanal mais, comme personne n'a découvert l'identité du mort, l'inspecteur Böhm pense classer cette affaire comme poisson mouillé. Jusqu'au jour où le cadavre d'une jeune recrue, Stephan Jänicke, est retrouvé dans une cabane de chantier de l'Alexanderplatz...

De son côté, Rath loue une chambre meublée chez Elisabeth Behnke, une veuve dont l'époux était un compagnon de guerre de Wolter. Son voisin, Berthold Weinert, est un journaliste, fouineur mais utile.

Une nuit, un Russe ivre qui dit s'appeler Boris débarque et exige de parler à Alexeï Ivanovitch Kardakov (en fait l'ancien locataire de la chambre). Plus tard, à la morgue, Rath reconnaît l'homme sorti de l'eau : c'est Boris. Mais que sait-il de plus en fait ? Donc le jeune commissaire ne dit rien et veut résoudre cette affaire seul pour intégrer la Criminelle, où travaille Charlotte Ritter (surnommée Charly), la très jolie sténodactylo dont il est tombé amoureux.

Et puis il y a des truands et des mafieux, des Russes et un Chinois, une comtesse-chanteuse et de l'or qui attise les convoitises, des militants communistes qui manifestent sans autorisation, des balles perdues, de bons cafés et des petits gâteaux, des rendez-vous galants, et bien sûr du suspense et des rebondissements.


Mon avis

Je n'ai pas pu lire ce roman comme je le souhaitais car j'ai été malade la semaine dernière et j'ai dû abandonner ma lecture pendant quelques jours. Mais quel bonheur de le reprendre ce weekend et de replonger si facilement dans les bas-fonds de Berlin ! J'ai vraiment beaucoup aimé ce gros roman (je lui mets un coup de cœur) et j'ai envie de devenir plus intime avec le commissaire Gereon Rath, un homme attachant, moderne et efficace. Mais à quoi pensez-vous donc ? Je veux simplement dire : lire le tome suivant, Der stumme Tod, déjà paru en Allemagne en 2009. Oh, vivement sa parution en France !

Il manque juste une chose à ce roman : un plan de Berlin en 1929 pour se repérer dans le dédale de rues et de quartiers.


Des extraits

Les Russes : « Il était pourtant persuadé qu'un homme comme Alexeï Kardakov venait dans ce quartier quand il se sentait nostalgique, qu'il avait envie de mélancolie, d'alcool et de voir des compatriotes. C'était toujours à Charlottenburg que les Russes de Berlin se rencontraient. Ils s'étaient construit leur propre univers avec leurs librairies, leur coiffeurs et leurs cafés, un univers où il n'était pas nécessaire de parler allemand. Les Berlinois appelaient cette société parallèle 'Charlottengrad' » (page 99).

La police : « Tu savais que nous possédons plus de machines à écrire que d'armes ? » (page 104).

Les nationalistes : « Il y avait tellement de jeunes gens prêts à se battre. Nous aurions pu gagner la guerre ! Si seulement les criminels de novembre ne nous avaient pas trahis ! » (page 176).

Le journaliste : « Un bobard dont tout le monde parle n'est pas vraiment un bobard. » (page 464).

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8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 00:06

L'Arche part à 8 heures est un roman d'Ulrich Hub paru en 2008 aux éditions Alice jeunesse (90 pages, 8 €, ISBN 978-2-87426-083-4). An der Arche um Acht (2007) est traduit de l'allemand par Emmanuèle Sandron et illustré par Jörg Mühle.


Ulrich Hub est né à Tübingen en 1963. Il est metteur en scène et auteur de théâtre. Il vit à Berlin.


Jörg Mühle est né à Francfort en 1973. Il a étudié les Arts décoratifs en Allemagne et à Paris. Il est illustrateur.


Les pingouins vivent dans « un pays où tout est neige et glace »  (page 7). Il y en a trois qui sont amis et qui aiment philosopher ensemble mais qui se chamaillent tout le temps. En particulier parce que le plus petit ne croit pas en l'existence de Dieu.

Tout à coup, de gros nuages noirs commencent à déverser leur pluie et une colombe blanche apostrophe les pingouins : « Puis-je vous parler de Dieu un moment ? » (page 20).

Dieu, pour punir les humains et les animaux, a décidé de « provoquer un puissant Déluge » (page 21). Pour survivre, il faut que deux spécimens de chaque espèce embarquent sur l'Arche construite par Noé ainsi la colombe donne deux billets aux deux plus gros pingouins. Et attention, pas de retard : l'Arche part le lendemain matin à 8 heures.

Oui, mais les pingouins sont trois et pas question d'abandonner leur ami, le pingouin plus petit, même s'il vient de se brouiller avec eux !

Heureusement, les pingouins ont plus d'un tour dans leur sac, ou plutôt dans leur valise !


J'ai bien aimé l'histoire de ces gentils pingouins et de leur subterfuge pour embarquer le troisième, les plaintes de la colombe fatiguée par tant d'efforts et que personne n'écoute car chaque couple d'animaux veut soit résoudre son problème soit ne pas se faire manger par les autres ! C'est un petit roman drôle et philosophique qui se lit rapidement mais qui laisse un bon souvenir. Ce roman a reçu le Prix Tam Tam 2008 et le Prix Sorcières 2009.

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24 août 2009 1 24 /08 /août /2009 06:38

ALPHA directions est une volumineuse bande dessinée de l'Allemand Jens Harder parue chez Actes Sud – L'An 2 en janvier 2009 (356 pages, 39,50 €, ISBN 978-2-7427-8102-7).

 

C'est en entendant un collègue parler de cette bande dessinée que je me suis rappelée l'avoir lue et que la note de lecture devait attendre sur mon ordinateur d'être publiée !

 

Né en 1970 à Weißwasser (alors en RDA), Jens Harder vit actuellement à Berlin où il a étudié le graphisme (école d'Art de Berlin-Weißensee de 1996 à 2003). Il est illustrateur et auteur de bandes dessinées dont deux sont déjà parues aux éditions de L'An 2 : Leviathan (2003) et La cité de Dieu (2006). Il a reçu de nombreux prix en particulier celui du Meilleur Dessin à Angoulême en 2004.

 

Des images stupéfiantes qui commencent par une forme ronde de moins d'un centimètre et qui narrent – non sans un certain humour – physique, chimie, matière, mythologies et spiritualité pour la création de l'univers comme on ne l'a jamais vue !

 

J'ai aimé la succession d'images, l'irruption de certaines notions (comme le hasard ou la logique), le choix des couleurs (voyez les planches, disponibles sur le site de l'éditeur, ainsi qu'un fond d'écran inspiré de la couverture), les explications scientifiques à la fin des chapitres et les annexes, et des millions d'années (ères cryptozoïque, phanérozoïque, paléozoïque, mézozoïque et cénozoïque) qui défilent devant mes yeux ébahis.

 

Citation en exergue de la postface rédigée par l'auteur : « Au fond, seules deux questions préoccupent l'humanité : comment tout a commencé, et comment tout se terminera (Stephen Hawkins). » (page 342).

 

Deux extraits de cette même postface : « J'ai tenté avec Alpha, de rassembler pour la première fois toutes les représentations visuelles dont nous disposons, à partir d'un point d'origine appelé big bang, pour imaginer la naissance de l'univers que nous connaissons. » (page 343). [...] « Mais l'idée toujours présente dans Alpha, c'est que rien n'est jamais fini, que rien n'est parfait, que tout change, même cette histoire. » (page 344).

 

Plus qu'une bande dessinée, une oeuvre extraordinaire et universelle à posséder dans sa bibliothèque ! Même si elle coûte un peu cher (vous pouvez vous la faire offrir). Les tomes 2 et 3 de cette trilogie sont à paraître.

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4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 08:12

Maudit Karma, de David Safier est paru aux Presses de la Cité en septembre 2008 (319 pages, 19,50 €, ISBN 978-2-258-07661-7). Mieses Karma, paru en 2007 en Allemagne (traduit de l'allemand par Catherine Barret), est le premier roman de ce journaliste et scénariste né le 13 décembre 1966 à Brême.

 

Cliquez sur l'image si vous souhaitez mieux voir la fourmi en haut !

 

Kim Lange a tout pour être heureuse. Elle est jeune, belle et talentueuse. Elle est mariée avec Alex et ils ont une fille de 5 ans, Lilly. Mais Kim rate l'anniversaire de sa fille et se dispute avec son mari car elle doit aller à une cérémonie. En effet elle va recevoir le prix de la meilleure animatrice d'émission d'information mais, sur les marches, elle se rend compte que sa robe est déchirée et que des millions de téléspectateurs ont vu son postérieur. Ensuite alors qu'elle prend l'air sur le toit de l'hôtel de luxe où elle vient de coucher avec Daniel Kohn, un lavabo de la station spatiale Photon lui fracasse la tête.

Kim Lange n'est plus et elle a accumulé tellement de mauvais karma en menant son entourage à la baguette, en négligeant sa fille et en trompant son mari (même une seule fois) qu'elle se réincarne en fourmi ! Et ceci tout près de sa maison, où elle voit son enterrement et son ancienne meilleure amie, Nina qui lui pique son Alex. Mais que peut faire une fourmi ? Casanova (oui le célèbre Giovanni Giacomo Girolamo Casanova) lui aussi réincarné en fourmi depuis plus de 200 ans (il est décédé le 4 juin 1798) qu'elle rencontre dans la fourmillière peut-il l'aider ?

 

Si elle accumule du bon karma, Kim se réincarnera peut-être à nouveau en humaine mais dans combien d'années ? En attendant, Alex et Nina vont se marier, et Lilly grandit sans sa maman.

Fourmi, cochon d'Inde, veau au Canada... Rien ne sera épargné à Kim pour qu'elle comprenne la valeur de la vie, de la famille et du bonheur.

 

Ce roman est drôle mais aussi sérieux et émouvant ! Un réel plaisir de lecture, presque aussi bon que celui de Les fabuleuses aventures d'un Indien malchanceux qui devint milliardaire, de Vikas Swarup (dont on parle beaucoup en ce moment puisque le film Slumdog millionnaire est basé sur ce roman indien paru en 2006).

 

Vous voulez passer un bon moment ? Je vous conseille donc Maudit Karma même si vous ne croyez pas à la réincarnation !

 

Grâce à ce widget proposé librement par les Presses de la Cité, vous pouvez lire les 38 premières pages. Cliquez sur le livre pour avoir le grand format et naviguez avec la flèche de droite pour aller à la page suivante. Bonne lecture !

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