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13 août 2014 3 13 /08 /août /2014 22:19

Fragments de vérité est le premier tome de la série Typos de Pierdomenico Baccalario ; il est paru aux éditions Flammarion en mai 2014 (252 pages, 13 €, ISBN 978-2-0812-8662-7). T.Y.P.O.S. 0.1 Verità (2012) est traduit de l'italien par Faustina Fiore.

 

Je remercie Brigitte et les éditions Flammarion pour ce roman jeunesse italien !

 

Pierdomenico Baccalario est né le 1er mars 1974 à Acqui Terme dans le Piémont (Italie). Auteur jeunesse prolifique, après avoir été avocat et journaliste, il est connu en France pour la série Ulysse Moore (12 tomes) mais il existe d'autres séries comme Candy circle (10 tomes), Century (4 tomes), I gialli di vicolo Voltaire (7 tomes), Will Moogley Agenzia Fantasmi (7 tomes)...

 

Typos, c'est une équipe. Deux filles : Gipsy et Morph. Deux garçons : Dusker et Arlequin.

Seth Lear, le fondateur de Typos, est en orbite géostationnaire.

Sybil Grace, professeur et médecin, s'occupe des quatre jeunes qui étudient à l'université Pawn College.

Ils vivent à Maximum City, 30 millions d'habitants.

« Un enfer de gens, de corruption et de mensonges » (page 22).

Gipsy, c'est Rehyna Bakos.

Morph, c'est Lena Yang, une métamorphique.

Dusker, c'est David Tudor ; il vit dans un bidonville.

Arlequin, c'est Roger Stampede Lear, le fils de Seth Lear.

Apprentis journalistes, ils veulent découvrir et publier la vérité. Alors, ils sont pourchassés par une firme dirigée par Ronda Cubash.

« Les hommes du Laboratoire ne faisaient pas partie de la police. Ils travaillaient pour une gigantesque corporation nommée K-Lab, la plus grande agence internationale de falsification d'informations. » (page 40).

Ces hommes sont menés par Marmaduke Pennifer, surnommé Cartablanca, agent spécial de K-Lab, unique rescapé de sa famille.

En ce moment, grâce aux informations de Reginald Fincher, médecin d'une ONG, Typos enquête sur Makbake, le président dictateur de l'Ambillie, en Afrique, qui va être reçu par Henry James Hoss, le maire de Maximum City, lors d'un concert de charité.

« Une rébellion, une guerre civile, une famine, une population mourant de faim. » (page 70).

« Le Laboratoire est la plus grande multinationale de mensonges du monde. » (page 130).

 

Avec ce roman, premier tome d'une trilogie, l'auteur montre bien les rouages qui permettent à un dictateur de contrôler son pays, d'affamer ses citoyens et de récupérer l'argent de l'aide internationale.

On se croirait presque dans notre monde, à notre époque, mais la désinformation, la manipulation et la corruption ont été encore plus loin et l'action se situe dans un monde futur plus ou moins proche du nôtre.

On a donc là une dystopie. Et Typos et son journal sont un contre-pouvoir très important (le seul ?) même s'ils touchent pour l'instant peu de lecteurs.

En tout cas, Fragments de vérité met en garde ses (jeunes mais pas que) lecteurs contre la désinformation, la manipulation des images et des infos : tout ce qu'on nous dit et tout ce qu'on nous montre, ce n'est pas forcément vrai, il faut souvent aller chercher la véritable info soi-même, ainsi nous devrions tous être des Typos !

Le récit est dynamique, rythmé, soutenu et je ne me suis pas ennuyée, j'aurais même voulu en savoir plus surtout sur les personnages et ce monde futuriste, mais il va falloir que j'attende le tome 2, Poison noir, qui est annoncé pour octobre.

 

 

Une lecture agréable, entraînante et intelligente, que je mets dans les challenges Anticipation, Geek, Jeunesse & young adults # 3, Lire sous la contrainte (trilogie de l'été), Le mélange des genres (catégorie SF, fantasy, imaginaire).

Pour l'Italie, auteur italien :

Il viaggio, Tour du monde en 8 ans, L'Union européenne en 28 livres et Voisins voisines.

 

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29 octobre 2013 2 29 /10 /octobre /2013 23:30

Babelio vient de lancer un challenge collectif intitulé Les pays européens afin de créer des listes de lecture pour chacun des pays d'Europe.

 

Europe au sens large : Albanie, Allemagne, Andorre, Autriche, Belgique, Biélorussie, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Chypre, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Islande, Italie, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Macédoine, Malte, Moldavie, Monaco, Monténégro, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Russie, Serbie, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse, Ukraine.

 

Les infos sont sur le blog de Babelio.

 

Je me suis attelée à l'Italie, pour le plaisir ! Parce que j'aime ce pays si romantique, ses paysages, sa langue chantante et sa gastronomie. Vous pouvez consulter ma liste sur l'Italie : il y a pour l'instant 10 livres et je pourrai en rajouter d'autres.

 

Puis à la Belgique parce ce pays regorge d'auteurs peu connus qui méritent d'être lus (j'ai eu des coups de cœur pour André-Marcel Adamek, Edgar Kosma, Nicole Roland par exemple). Vous pouvez consulter ma liste sur la Belgique : il y a pour l'instant 10 livres et j'en rajouterai sûrement d'autres aussi.

 

Vous aussi, vous voulez participer pour un ou plusieurs pays d'Europe ? Allez vite sur Babelio ! Vous avez jusqu'à fin décembre pour partager vos listes.

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 00:20

Le secret de Misty Bay, premier tome de la série Les Invisibles, est un roman de Giovanni del Ponte paru aux éditions Prisma en mai 2011 (220 pages, 12,90 €, ISBN 978-2-81040-167-3). Gli Invisibili – Il segreto di Misty Bay (2009) est traduit de l'italien par Françoise Langrognet.

 

Giovanni del Ponte est né le 7 août 1965 à Turin (Italie). Il a grandi avec les dessins animés, les films, les séries, la lecture, les bandes dessinées, tout ce qu'il a aimé et qui l'inspire pour écrire ses romans. Sa série fantastique, Les Invisibles, a reçu plusieurs prix.

Plus d'infos sur http://www.giovannidelponte.com/fr (site multilingue) et sur http://www.editions-prisma.com/les-invisibles/.

 

Damon, Greta, Mark, Ken, Devlin et Susan, les Invisibles, luttent contre Angus Scrimm, un puissant sorcier.

En se réveillant, Douglas Macleod demande à l'hôtesse de l'air s'il peut voir la fin du film mais celle-ci lui répond qu'il a dû rêver car il n'y a pas eu de film diffusé dans l'avion.

Douglas a 12 ans ; il est passionné de lectures, de BD et de cinéma. Enfant, il a perdu sa mère subitement et son père s'est réfugié dans le travail. Il va passer l'été à Misty Bay, en Californie, chez son oncle maternel, Kendred Halloway.

Robert Kershaw, journaliste, enquête depuis des années sur des enfants sauvés par les Invisibles. Il a enfin découvert un nom : Greta, et un lieu : la côte de Monterey en Californie.

Avant de récupérer son neveu, Kendred (Ken) était à l'enterrement d'une amie d'enfance, Susan Cooper et il est inquiet car sa petite-fille, Crystal Cooper, qu'elle élevait a disparu.

Douglas rencontre Peter Peaky, un garçon de son âge, et ils deviennent amis.

 

Voilà, les personnages sont en place et l'aventure peut commencer !

 

« Un cauchemar. Oncle Ken faisait un cauchemar, voilà tout.

Devait-il le réveiller ?

– Non !

Douglas s'immobilisa. […]

Et encore :

– Les Invisibles... Non... Les Invisibles...

Douglas se sentit glacé.

Comment était-ce possible ? Les Invisibles, c'était le nom de cette bande d'enfants, dans le film dans l'avion... et dans son rêve aussi. Non, c'était impossible !

– Non, c'est fini, Damon... fini... !

Douglas ne put en supporter davantage.

– Oncle Ken, oncle Ken, réveille-toi ! lui cria-t-il en lui secouant le bras.

– Quoi ?... Que se passe-t-il ?

– Tu as dû faire un cauchemar, tu parlais de quelque chose d'invisible...

– Quelque chose... d'invisible ?

L'étonnement de l'oncle Ken ne dura qu'un instant. Il battit des paupières et regarda fixement son neveu. Il sourit.

– Excuse-moi, Douglas, si je t'ai réveillé. C'était un cauchemar, bien sûr, ne t'inquiète pas !

– Mais... mais...

Le garçon paraissant un peu ébranlé, l'oncle Ken se leva et le prit par la main.

– Calme-toi, Douglas. Viens dans la cuisine, nous allons boire une tasse de lait au miel. C'était un mauvais rêve, et les rêves ne peuvent nous faire du mal. Ce ne sont que des produits de notre imagination. » (pages 38-39).

 

Un mauvais rêve, hein ? Des produits de notre imagination ? Je pense que vous avez comme moi fait le rapprochement : Ken, Susan, Damon... Et pour Douglas, Peter et Crystal, ça ne va pas être un rêve ou le produit de leur imagination !

D'ailleurs, le lendemain, Mark Warrick est retrouvé mort. Puis c'est au tour de la voyante de la ville, pour laquelle Douglas avait vu une publicité en arrivant, et qui s'appelait Greta Rowlands. Tous les deux, comme Susan Cooper, sont morts chez eux, « de mort naturelle », mais leurs vêtements étaient trempés de pluie et d'eau de mer...

Douglas va découvrir qu'il est un « portail ». Crystal, télépathe et hypnotiseuse, Douglas et Peter vont devoir comprendre ce qui s'est passé soixante ans auparavant avec la bande des Invisibles et pourquoi cette horrible histoire recommence maintenant.

 

Quelques extraits

« Les histoires, Douglas... Si tu savais comme elles sont importantes ! Elles renferment le sens des choses, des personnes... » (pages 40-41).

« Il pensa à tout ce qu'il aurait pu avoir. À tout, justement. Ainsi, il aurait une nouvelle jeunesse, une nouvelle vie, la richesse, la puissance... Il pourrait satisfaire le moindre caprice, posséder des livres introuvables jusqu'alors, connaître les plus grands mystères. » (page 162).

« […] la magie est subtile, flatteuse, elle fait croire que l'on possède d'incroyables facultés que d'autres n'ont pas. Mais en même temps, elle vous pénètre et s'empare de votre âme. » (pages 200-201).

 

Un premier tome prometteur et divertissant, avec la présentation de personnages attachants, d'un site agréable, une atmosphère étrange, une intrigue fournie et un vieux grimoire disparu, le Malartium, pour une aventure pleine de magie et de fureur.

Mais on sent que ce n'est pas terminé et on veut la suite ! Je me laisserai d'ailleurs bien tenter par les tomes suivants, La sorcière de Dark Falls (paru en novembre 2011) et Le château de Doom Rock (paru en mars 2012) en attendant les autres titres à paraître.

 

Une lecture pour les challenges Jeunesse & young adults # 2, Premier roman, Tour du monde en 8 ans et Voisins voisines (Italie).

 

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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 20:44

BlancheRouge.jpgBlanche comme le lait, rouge comme le sang est un roman d'Alessandro d'Avenia paru au Livre de poche le 3 janvier 2013 (288 pages, 6,60 €, ISBN 978-2-253164593). Bianca come il latte, rossa come il sangue (2010) est traduit de l'italien par Nathalie Bauer.

 

Alessandro d'Avenia est né le 2 mai 1977 à Palerme (Italie). Il est docteur en lettres classiques, enseignant de littérature italienne dans un lycée de Milan, romancier et scénariste.

Bianca come il latte, rossa come il sangue est son premier roman. Cose che nessuno sa a suivi en 2011.

Plus d'infos sur http://www.profduepuntozero.it/ en italien évidemment !

 

Je remercie Éléonore et Le livre de poche de m'avoir envoyé ce roman. Je l'ai sélectionné parmi six romans parce que le titre me plaisait et que c'est un premier roman.

 

« Tout a une couleur. Chaque émotion a une couleur. Le silence est blanc. De fait, le blanc est une couleur que je ne supporte pas. » (page 11). Voici comment débute ce roman.

Leo a 16 ans. Il s'ennuie avec ses parents, son chien (Terminator, un vieux basset), au lycée... Heureusement il a son scooter qui lui permet d'être autonome, son iPod pour écouter de la musique et son ordinateur pour se sentir moins seul. Il a quand même un meilleur copain, Niko, avec qui il joue de la guitare et aussi au foot ; une copine, Silvia, pas une petite copine, une amie, une vraie amie parce qu'elle est bleue. Et puis Beatrice, son amour secret. « Des yeux verts qui dévorent le visage. Des cheveux roux qui, une fois dénoués, vous jettent l'aube au nez. Des mots rares mais justes. […] Une couleur ? Béatrice est rouge. De même que l'amour est rouge. […]. » (page 12).

Vous comprenez un peu mieux le titre, qui est tiré du conte L'amour des trois grenades, d'Italo Calvino dans Contes populaires italiens (1982).

Un jour, Madame Argentieri, la prof d'histoire et de philo est absente (son mari a un cancer). « Il y aura une remplaçante. Une minable comme d'habitude. » et « On l'attendait au tournant, la remplaçante, aussi laide que la morte dans son impeccable tenue violette […]. » (page 20).

La remplaçante est en fait un remplaçant complètement différent de ce que Leo pensait. « Mais voilà qu'entre un type jeune. Veste et chemise. Net. Des yeux trop noirs à mon goût. Des lunettes également noires sur un nez trop long. Un sac bourré de bouquins. Il répète qu'il aime son métier. Il ne manquait plus que ça. Les types qui y croient sont les pires ! » (page 21).

Leo surnomme ce professeur Le Rêveur mais le jeune professeur de 30 ans va faire fi des moqueries et des provocations et insuffler à ses élèves les notions de rêves, de liberté, de volonté de changer et d'être soi-même. « La philosophie est le silence dans lequel ces rêves naissent. […] Quand ils ne naissent pas du silence, les rêves se transforment en cauchemars. » (pages 25-26). Voilà une utilité au blanc, au silence !

Comme le mari de Madame Argentieri est mort, celle-ci a décidé de se mettre en pré-retraite. Ainsi le jeune professeur reste.

Et petit à petit, Leo découvre son rêve, les différentes pièces du puzzle se révèlent à lui, mais pas sans qu'il ne fasse rien, parce qu'il réfléchit, parce qu'il y pense, parce qu'il en veut !

 

Je me suis attachée à Leo, adolescent romantique à la crinière de lion, et lyrique avec ses mots à lui, non dénué d'humour et de poésie, mais qui baisse vite les bras. « La poésie, c'est une connerie en rime. Dante, va te faire foutre ! » (page 51).

Le roman décrit de façon imagée (et colorée !) non seulement la vie des ados, leurs idées, leurs relations entre eux, mais aussi les relations qu'ils ont avec leurs parents et les professeurs. Et il faut vraiment sortir du lot pour être un adulte qui inspire le respect à ces jeunes.

Il n'y a pas que de l'amour et du rêve dans ce roman, il y a aussi l'hôpital, la maladie, la mort, des sujets plus graves qui font souffrir et se poser des questions sur le sens de la vie. Il y a aussi la pensée, la réflexion, encaisser, comprendre, mûrir.

Ainsi cette lecture n'est pas destinée exclusivement aux adolescents : sa richesse et son ton plairont assurément aussi aux adultes.

Et je veux encore remercier Éléonore et Le livre de poche car je n'aurais peut-être jamais repéré ce livre (paru aux éditions Jean-Claude Lattès en octobre 2011) alors qu'il m'a vraiment émue et enthousiasmée, au point que je le mets en coup de cœur.

 

Quelques extraits

« L'histoire, comme la philosophie, l'art, la musique et la lecture, est la meilleure façon de découvrir la nature humaine. » (page 26, phrase du professeur).

« Quand on est amoureux, le temps ne devrait pas exister. Mais ma mère existe, elle n'est pas amoureuse de Béatrice et elle est furieuse : elle ignorait où j'étais. Qu'est-ce que j'y peux ? C'est l'amour. Les moments rouges de ma vie sont ainsi : sans montre. » (page 38).

« Je n'ai jamais pensé que les bouquins pouvaient changer quoi que ce soit, encore moins dans la vie. Ou plutôt, ils transforment ta vie parce que tu es obligé de les lire alors que tu voudrais faire autre chose. » (page 48).

« Je n'ai rien à dire : sans amour, les mots n'existent pas. Les pages sont blanches, la vie n'a plus d'encre. » (page 60).

« La bonne blague ! Il faut demander une autorisation pour donner son sang à un malade. Il faut demander l'autorisation pour bâtir un rêve, ou le sauver. Quel monde de merde ! On te pousse à rêver puis on t'en empêche quand tu as commencé : les gens sont tous envieux. » (page 68).

« Quand tu n'as pas de rêves, tu les voles aux autres pour les empêcher d'en avoir. La jalousie te crame le cœur et ce feu détruit tout... » (page 78).

« Je suis fier de toi, Leo. De ce que tu as fait. […] Aujourd'hui tu as agi en homme, parce que tu as fait une chose que personne ne t'a soufflée ou n'a décidée pour toi. C'est toi qui l'a choisie. » (pages 87-88, phrases du père de Leo).

« Un beau jour, on se regarde dans la glace et on se trouve différent. Oui, parce que la glace est la forme de vérité la plus cruelle. On n'apparaît pas tel qu'on est vraiment. On aimerait que son image corresponde à ce qu'on ressent et que les autres puissent voir immédiatement qu'on est sincère, généreux, sympa... » (page 127).

Je m'arrête là mais j'aurais pu en citer plein d'autres !

Un très beau roman pour les challenges Cartable et tableau noir (une grosse partie du récit se passe au lycée, en particulier en cours de philo mais pas que), Jeunesse & young adult # 2, Petit Bac 2013 (catégorie partie du corps humain), Premier roman, Voisins Voisines 2013 et Tour du monde en 8 ans (Italie), et bien sûr Il viaggio. Cartable-et-tableau-noir Jeunesse2012-13 IlViaggio3-Botte
PetitBac2013 PremierRoman2 VoisinsVoisines2013 TourMonde8ans


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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 04:34

FrereItalien.jpgCoupCoeur2011Mon frère italien est un roman de Giovanni Arpino paru aux éditions Belfond en septembre 2011 (220 pages, 16,50 €, ISBN 978-2-7144-5006-7). Il fratello italiano (1980) est traduit de l'italien par Nathalie Bauer.

 

Je remercie Abeline et les Chroniques de la rentrée littéraire de m'avoir envoyé ce roman que j'ai adoré !

 

Giovanni Arpino est né le 27 janvier 1927 à Pula en Croatie, de parents italiens. C'est donc un auteur italien : romancier, journaliste et scénariste. Un prix de littérature jeunesse décerné par la ville de Bra dans le Piémont porte son nom (il a passé sa jeunesse dans cette ville et s'y est marié). Il est mort le 10 décembre 1987 à Turin (Italie) après avoir écrit 24 romans entre 1952 et 1987 dont 8 sont pour l'instant traduits en français. Il a aussi écrit une pièce de théâtre, trois recueils de poésie, trois livres pour la jeunesse et quelques scénarios.

 

Années 70. Un mois d'août, à Turin.

Carlo Botero a 62 ans, il est veuf depuis 5 ans et il est instituteur à la retraite.

Il a une fille unique de 30 ans, Stella, mais il la voit peu, et n'apprécie pas sa façon de vivre.

Comme tous les matins, Carlo Botero se lève à 8 heures sous les yeux de son chat, Staline, un Siamois aux yeux bleus.

Mais ce matin, il perçoit « un signe malveillant, annonciateur de trouble. » (page 9).

Un passage rapide à la salle de bains mais « le signe invisible et malsain qui flottait dans l'air de cette journée ne s'évanouit pas pour autant. » (page 11).

Il continue sa journée comme d'habitude en caressant Staline et en lisant son journal, livré à 7 heures, devant son café et une cigarette mais « le pédoncule hostile, venimeux et invisible engendré dès le réveil vibra en lui et autour de lui. » (page 13).

Tout à coup, la sonnette. C'est Stella. Elle a un problème avec son ex-mari, Pepito Grieco Giuseppe, un Calabrais. Il lui fait peur. « Peur. Il peut me faire peur. Une sacrée peur. » (page 20).

« Tu es le seul à pouvoir me donner un coup de main. […] Tu peux. Tu tiens à moi. […] Tu connais les hommes. Tu as de l'expérience. » (page 26). « Je sais que tu vas t'en occuper. Ne dis rien. Je sais que tu vas t'en occuper. » (page 28). Et avant de partir, elle laisse une pochette sur la table, comme un cadeau, mais c'est... un revolver !

Carlo Botero n'accepte pas réellement la mission que Stella lui a donnée, elle est déjà partie. Il se résigne et entre dans l'aventure. Il arpente la ville à la recherche du truand. Il comprend qu'il ne retrouvera pas le Calabrais dans la journée mais plutôt la nuit. Or suite à une agression, il se fait voler l'arme...

Il va alors rencontrer Raffaele Cardoso, un retraité de 65 ans, qui est venu de Calabre pour retrouver sa fille, Jonia, avant d'aller rejoindre son fils et sa belle-fille en Allemagne.

 

J'avoue qu'au départ, ce roman m'a attirée par sa couverture mais, dès la première page, j'ai su qu'il allait me plaire ! J'ai même dit qu'il fallait absolument que Monsieur le lise, ce qu'il a fait. Et nous avons tous les deux adoré ce chef-d'œuvre de la littérature italienne encore inconnu en France avant sa traduction. Il aura fallu attendre plus de 30 ans...

 

Le quotidien de Carlo Botero est bousculé, non seulement par sa fille, mais aussi par Cardoso avec qui il devient ami malgré la différence de mentalité (Nord/Sud). Il redécouvre la ville, sa population, ses transformations et le lecteur en profite pour visiter ! Une Italie qui n'existe plus... Botero redécouvre aussi sa vie (avoir une activité, un but), l'amitié, et ce qu'il est capable de faire ou pas.

« Les enfants trahissent et les vieux paient, dit Botero, dégoûté, en soufflant de la fumée. Il en est peut-être toujours allé ainsi, mais jamais à ce point-là. Quand il n'y a plus de respect, tout empire. » (pages 78-79).1pourcent2011

Bien que le roman soit sombre, j'ai trouvé beaucoup de charme et de chaleur dans ces deux retraités que presque tout oppose et qui vont faire route ensemble, des frères d'adversité, pour deux filles « indignes » qui les font souffrir.

 

GiroInItaliaMa phrase préférée

« La chair italienne a engraissé l'univers. Sous la terre, c'est notre langue qui est la plus parlée. » (page 83).

 

Magistral roman que je place dans le challenge Giro in Italia et dans le 1 % de la rentrée littéraire.

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28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 23:11

Ils sont nés avant 1900 et ils ont créé et/ou popularisé le roman policier !

 

Les Français

ArseneLupinIntegrale.jpgFrançois Gaillot de Pitaval (1673-1743) - Causes célèbres et intéressantes, avec les jugemens qui les ont décidées : 18 tomes ! (1734-1741)

Eugène-François Vidocq (1775-1857) – Mémoires de Vidocq, chef de la police de Sûreté jusqu'en 1827 : 4 tomes (1828-1829) ; Les voleurs (1836) ; Les vrais mystères de Paris (1844)

Honoré de Balzac (1799-1850) – Les Chouans (1829) ; Une ténébreuse affaire (1841)

Victor Hugo (1802-1885) – Han d'Islande (1823) ; Les misérables (1862)

Alexandre Dumas (1802-1970) – Le comte de Monte-Cristo (1844) ; Les Mohicans de Paris (1854)

Eugène Sue (1804-1857) – Mystères de Paris (1842-1843)

Paul Féval (1816-1887) – Les mystères de Londres (1843) ; Le Bossu (1857)

Charles Barbara (1817-1866) – L'assassinat du Pont Rouge (1855)

Alfred Assolant (1827-1886) – Les aventures du capitaine Corcoran (1867)

Jules Verne (1828-1905) – Un drame en Livonie (1904) ; L'étonnante aventure de la mission Barsac (1919) : roman terminé par son fils, Michel Verne (1861-1925)

Pierre Alexis de Ponson du Terrail (1829-1871) – La baronne trépassée (1852) ; Les exploits de Rocambole ou les drames de Paris (1859-1884)

Adolphe Belot (1829-1890) et Ernest Daudet (1837-1921) – La Vénus de Gordes (1875)

Émile Gaboriau (1832-1873) – L'affaire Lerouge (1863-1866) ; Le crime d'Orcival (1866) ; Le dossier 113 (1867) ; La corde au cou (1873)...

Émile Zola (1840-1902) – Thérèse Raquin (1867) ; La bête humaine (1890)

Henry Cauvain (1847-1899) – Maximilien Heller (1871) ; La main sanglante (1885)

Maurice Leblanc (1864-1941) – Arsène Lupin, gentleman cambrioleur (1907) ; Arsène Lupin contre Sherlock Holmes (1908) ; L'aiguille creuse (1909) ; 813 (1910)...

Gaston Leroux (1868-1927) – Le mystère de la chambre jaune (1907) ; Le parfum de la dame en noir (1908) ; Le fauteuil hanté (1909) ; Le fantôme de l'opéra (1910) ; Chéri-Bibi (1913-1925) ; Rouletabille...

Pierre Souvestre (1874-1914) et Marcel Allain (1885-1969) – Le Rour (1909) ; Fantomas (1911-1913) ; Naz-en-l'air (1912-1914)

Jacques-Napoléon Faure-Biguet, ou Jacques Decrest (1893-1954) – Enquêtes du commissaire Gilles : Hasard (1933) ; Les rendez-vous du dimanche soir (1935) ; La petite fille de Bois-Colombe (1936) ; L'oiseau poignard (1936) ; La vérité du septième jour (1939) ; Le bal de la montagne noire (1941) ; Les trois jeunes filles de Vienne (1948) ; Les chambres sans serrure (1949)...

Noël Vindry (1896-1954) – La maison qui tue (1932) ; La fuite des morts (1933) ; Le fantôme de midi (1934)...

Retrouvez cette liste de lecture sur Libfly (du moins pour les auteurs/titres que j'ai pu y trouver).

 

Les Britanniques

FuManchu1Horace Walpole (1717-1797) – Le château d'Otrante, histoire gothique (1764)

Jane Austen (1775-1817) – Emma (1815, considéré comme un roman policier sans policier ou un roman policier sans meurtre)

Mary Shelley, née Mary Wollstonecraft Godwin (1797-1851) – Frankeinstein (1818)

William Wilkie Collins (1824-1889) – La dame en blanc (1860) ; Pierre de lune (1868)...

Grant Allen (1848-1899) - Enquêtes du colonel Clay (merci à Pierre Faverolle)

Robert Louis Stevenson (1850-1894) – Le club du suicide (1882) ; L'île au trésor (1883) ; Le voleur de cadavres (1884) ; L'étrange cas du Docteur Jekyll et Mister Hyde (1886) ; Enlevé ! (1886) ; Un mort encombrant (1889)...

Arthur Conan Doyle (1859-1930) - Une étude en rouge (1887) ; Le signe des quatre, ou La marque des Q (1890) ; Le chien des Baskerville (1902) ; La vallée de la peur (1915) ; Les aventures de Sherlock Holmes (1891-1892) ; Les mémoires de Sherlock Holmes (1892-1893)...

Richard Austin Freeman (1862-1943) – L'empreinte sanglante (1907) ; L'œil d'Osiris (1911)... Romans et nouvelles avec le Dr John Thorndyke (publiés entre 1907 et 1942)

William (Tufnell) Le Queux (1864-1927) – romans d'espionnage (publiés entre 1891 et 1931)

Gilbert Keith Chesterton (1874-1936) – Les enquêtes du Père Brown (nouvelles parues entre 1910 et 1936)

John Buchan dit Lord Tweedsmuir (1875-1940) – Prêtre John (1910)... (romans d'espionnage)

Patricia Wenthworth, née Dora Amy Elles en Inde (1878-1961) – Le masque gris (1928) ; L'affaire est close (1937) ; Le chemin de la falaise (1939) ; Le rocher de la Tête-Noire (1941) ; Le châle chinois (1943)... Romans avec Miss Silver (publiés entre 1928 et 1961), l'inspecteur Lamb (1939 , 1940, 1942)...

Sax Rohmer (1883-1959) – Le mystérieux Docteur Fu Manchu (1913) ; Le crime de minuit (1915) ; Le diabolique Fu Manchu (1916) ; Les mystères du Si-Fan (1917)...

Roy Vickers (1889-1965) – Service des affaires classées (1960)

Arthur Upfield (1890-1964) L'os est pointé (1938)... Enquêtes de l'inspecteur Napoléon Bonaparte (Bony) en Australie (publiées entre 1928 et 1966)

Agatha Christie, née Agatha Mary Clarissa Miller (1890-1976) – Hercule Poirot, Miss Marple, Tommy et Tuppence... Romans et nouvelles (publiés entre 1920 et 1979)

Dorothy Leigh Sayers (1893-1957) – Lord Peter et l'inconnu (1923) ; Trop de témoins pour Lord Peter (1926) ; Le duc est un assassin (1926) ; L'autopsie n'a rien donné (1927) ; […] ; Noces de crime (1934)...

Francis Iles, pseudonyme d'Anthony Berkeley Cox (1893-1971) – Préméditation (1931) ; Complicité (1932) ; Quant à la femme (1933) ainsi que des romans sous son vrai nom avec le détective amateur Roger Sherringham (publiés entre 1925 et 2004)

Retrouvez cette liste de lecture sur Libfly (du moins pour les auteurs/titres que j'ai pu y trouver).

 

Les Américains

RaymondChandler.jpgEdgar Allan Poe (1809-1849) – Trilogie du Chevalier Auguste Dupin : Double assassinat dans la rue Morgue (1841) ; Le mystère de Marie Roget (1842-1843) ; La lettre volée (1844)

Charles Dickens (1812-1870) – Barnaby Rudge (1861) ; Le mystère d'Edwin Drood (1870)

Anna Katharine Green (1846-1935) – L'affaire Leavenworth, ou Le crime de la 5e Avenue (1878)...

Mary Roberts Rinehart (1876-1958) – L'escalier en colimaçon (1907)...

Earl Dear Biggers (1884-1933) – La maison sans clef (1925) ; Le perroquet chinois (1926) ; Derrière le rideau (1928) ; Le chameau noir (1929) ; À la rescousse (1930) ; Le gardien des clefs (1932)

Rex Stout (1886-1975) – Fer-de-lance (1934) ; La cassette rouge (1937)... Romans et nouvelles avec le détective Nero Wolfe (publiés entre 1934 et 1985)

Donald Henderson Clarke (1887-1958) – Un nommé Louis Beretti (1929)

Raymond Chandler (1888-1959) – Le grand sommeil (1939) ; Adieu ma jolie (1940) ; La grande fenêtre (1942) ; La dame du lac (1943) ; Fais pas ta rosière (1949)... Romans et nouvelles avec le détective privé Philip Marlowe (publiés entre 1934 et 1959)

Willard Huntington Wright, ou S. S. Van Dine (1888-1939) – La mystérieuse affaire Benson (1926) ; L'assassinat du canari (1927) ; Crime dans la neige (1928) ; La mort au jardin (1935) ; Un enlèvement (1936)

Erle Stanley Gardner (1889-1970) – Romans et nouvelles avec le détective Perry Mason (publiés entre 1933 et 1973)

James Mallahan Cain (1892-1977) – Le facteur sonne toujours deux fois (1934) ; Le bluffeur (1942) ; Assurance sur la mort (1944) ; Dans la peau (1947)...

Dashiell Hammett (1894-1961) – Dollars de sang, ou Le grand braquage (1924) ; La moisson rouge (1929) ; Sang maudit (1929) ; Le faucon maltais (1930) ; La clé de verre (1931)...

Raoul Whitfield (1896-1945) – Vivement mes pantoufles (1930) ; La vierge fatale (1932)

Horace McCoy (1897-1955) – On achève bien les chevaux (1935) ; Un linceul n'a pas de poches (1937) ; J'aurais dû rester chez nous (1937) ; Adieu la vie, adieu l'amour (1949) ; Le scalpel (1952)...

William Riley Burnett (1899-1982) – Le petit César (1929) ; Quand la ville dort (1949) ; Rien dans les manches (1951) ; Donnant donnant (1952)...

Retrouvez cette liste de lecture sur Libfly (du moins pour les auteurs/titres que j'ai pu y trouver).

 

Les Italiens

LinceulLaineMartina Vergani – Au fond du lac (1897)

Gaspard Invrea ou Remigio Zena (1850-1917) – Dernière cartouche (1895)

Emilio de Marchi (1851-1901) – Le chapeau du prêtre (1888)

Augusto de Angelis (1888-1944) – (commissaire Carlo de Vincenzi)

Ezio d'Errico (1892-1972) – (commissaire Émile Richard)

 

Les Allemands

Ernst Theodor Amadeus Hoffmann (1776-1822) - Das Fräulein von Scuderi. Eine Erzählung aus dem Zeitalter Ludwigs des Vierzehnten (1819-1820)

Sophie Wörishöffer, née Andresen (1838-1890) – Robert le mousse (1877)

Karl Friedrich May (1842-1912) – Le trésor du Lac d'Argent (1890)

Frank Arnaü (1894-1976) – La chaîne fermée (1929)

Erich Kästner (1899-1974) – Émile et les détectives (1928)

 

Quelques autres

Les Néo-Zélandais : Fergus Hume (1859-1932) – The mystery of a handom cab (1886) et plus de 130 romans jusqu'en 1932 ; Ngaio Marsh (1895-1982) - Un linceul de laine (1945)... Enquêtes de l'inspecteur Roderick Alleyn de Scotland Yard (32 romans publiés entre 1934 et 1982)

Le Russe : Fiodor Dostoïevski (1821-1881) – Crime et châtiment (1866)

L'Argentin : Jorge Luis Borges (1899-1986) – La mort et la boussole (1942) ; Six problèmes pour Don Isidro Parodi (1942)

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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 18:11

Cinacitta.jpgCoupCoeur2011Cinacittà, mémoires de mon crime atroce est un roman de Tommaso Pincio paru aux éditions Asphalte le 2 juin 2011 (308 pages, 20 €, ISBN 978-2-918767-13-8). Cinacittà, memorie del moi delitto efferato (2008) est traduit de l'italien par Sarah Guilmault.

 

Je remercie News Book et les éditions Asphalte de m'avoir envoyé ce roman : comme l'auteur est italien, j'en profite pour le présenter dans le challenge Giro in Italia de Nane.

 

Tommasio PincioMarco Colapietro – est né en 1963 à Rome. Son pseudonyme (*) est la traduction en italien de Thomas Pynchon ! Il écrit pour Rolling Stones et les pages culturelles de journaux italiens.

(*) Pincio (cité page 119 du roman) est aussi une colline de Rome mais elle ne fait par partie des Sept Collines qui représentent l'enceinte de la Rome antique.

Du même auteur : M (1999), La ragazza che non era lei (2005), Gli alieni. Dove si racconta come e perché gli extraterrestri sono giunti fra noi (2006), Hotel a zero stelle. Inferni e paradisi di uno scrittore senza fissa dimora (2011).

Ses romans traduits en français : Le silence de l'espace (Lo spazio sfinito, 2000) mettait en scène Jack Kerouac et Un amour d'outremonde (Un amore dell'altro mondo, 2002) Kurt Cobain.

Plus d'infos sur son site officiel et sur son blog.

 

Une année sans été puis une année sans hiver... Rome n'est plus la ville que l'on connaît.

Rome désertée par ses habitants... Les Romains fuyant la canicule, la pauvreté, la violence (des voitures explosent) sont partis dans le Nord, jusqu'au Danemark.

Rome envahie par les Chinois est devenue Cinacittà !

Dans cette Rome, il reste très peu de Romains... Il reste le narrateur, qui raconte son « crime atroce » du fond de sa cellule de la prison de Regina Cœli. Il reste aussi un vieux juge et un jeune avocat, Trevi.

Le narrateur a une quarantaine d'années. Il a dirigé une galerie d'Art contemporain mais depuis la canicule, il se laissait vivre et se qualifie même comme un « gaspilleur d'existence ».

Après avoir rencontré Wang dans un go-go bar de la Cité Interdite, il s'est installé à l'Excelsior, un hôtel de luxe devenu accessible depuis sa « reprise » par des Chinois et l'arrivée de la nouvelle monnaie, le Globe.

« J'ai tout perdu. Mon âme s'est évaporée, elle s'est évanouie avec le peu qu'il y avait à l'intérieur. Il ne me reste que les faits, et être romain en est un. Ici, à Rome, j'ai gâché mon existence, et ici également je suis resté quand a commencé ce grand et célèbre été qui ne s'est jamais terminé. […]. » (pages 12-13).

Retrouvé dans sa chambre d'hôtel, allongé sur le lit près du cadavre de Yin, une jeune prostituée chinoise dont il était tombé amoureux, évidemment couvert de sang, le Romain ne sait pas comment prouver son innocence.

Aurait-il été manipulé par Wang ? Par Ho, le patron de l'hôtel ? Par Yin ?

 

GiroInItaliaJe n'avais jamais entendu parler de Tommaso Pincio et de ses romans avant, c'est donc une grande découverte ; par contre, je connaissais déjà les éditions Asphalte puisque j'avais déjà lu Icelander, de Dustin Long en janvier.

Cinacittà est un roman intrigant. On ne sait pas exactement quand l'histoire se déroule mais c'est sûrement dans un futur plus ou moins proche. On ne connaîtra jamais non plus le nom du narrateur, il est le Romain, et il représente à mon avis tous les Romains, spoliés de leur ville et de leur vie. Il est donc un peu comme un symbole, une victime expiatoire.

Oui, une victime, car vous vous en doutez, le Romain est innocent, mais il ne dit rien ni au juge ni à son avocat : pourquoi faire ? Il a déjà été jugé et condamné, la presse du monde entier l'a jugé coupable, et tout le monde l'a abandonné, sauf ce jeune avocat un peu fou et... opiomane.

Le narrateur n'est pas tendre...

- ni avec lui-même : il l'a bien cherché, il aurait mieux fait de partir au Danemark avec son ami Giulio, il s'est laissé piéger, il s'est même laissé condamner ;

- ni avec l'Art : « Dans les galeries, dans les musées, dans les salons, dans les salles de vente et même dans les ateliers d'artistes. Partout la même histoire, une mise en scène indigne. Au bout du compte, l'argent était toujours là, il n'y avait que ça. Tous ces discours de haute volée, toute cette finesse pour cet unique but. L'art n'était qu'une excuse, un masque, un fard derrière lequel se cacher. » (page 114) ;

- ni avec les Romains : « Le signe distinctif de l'authenticité romaine est sa sublime ignorance. Je connais bien le phénomène. Simplement parce qu'il est né à Rome, le Romain est persuadé de savoir tout sur tout, alors qu'il ne sait absolument rien. Et quand il s'en rend compte, sa première réaction est l'indifférence la plus totale […]. Rien ne l'émeut, rien ne le remue. C'est une pierre dans une ville de pierres. […]. » (pages 17-18) ;

- ni avec les Chinois : « Pour les Chinois, il n'existe pas de meilleure preuve d'amour que de dépenser de l'argent. L'ostentation et la vénalité ne sont pas des défauts, pour eux. […]. » (page 100).

De toute façon, les inégalités sont flagrantes entre les Chinois qui dirigent et contrôlent tout et le peu de Romains restés à Rome : par exemple, Monsieur Wu organisait des chasses à la vierge et ses hommes de main ont enlevé pour lui une cinquantaine de jeunes filles mineures qu'il a battues et violées (deux en sont mortes), eh bien il a écopé de 3 ans de prison seulement, il faut dire qu'il est très riche et respecté... Le narrateur lui, bien qu'innocent du crime atroce dont on l'a jugé coupable, le meurtre d'une jeune femme, en a pris pour 21 ans, et encore il a évité la perpétuité !

« Je suis conscient d'avoir des préjugés à leur égard. Et pour cause. Un autre à ma place dirait bien pire. C'est de toute façon un fait : n'ayant d'objectif qu'à court terme, ils salissent tout ce qu'ils envahissent. Où qu'on soit sur la planète, les Chinatowns sont des cercles infernaux où les Chinois s'amusent à se massacrer entre eux en s'enrichissant sur le dos de nous autres, Occidentaux. La Cinacittà romaine représente le nec plus ultra dans le genre, la bouche des enfers. » (page 90). Waow... Personne ne crie au scandale ? Au racisme anti-chinois ?

Mais il n'y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir... « Le gaspillage de mon existence prenait le rythme serein des eaux claires du Tibre, quand il y avait encore de l'eau. Tout semblait immuable et je m'en félicitais. Mais les apparences sont trompeuses. Derrière le calme plat de mes nuits, des choses se passaient, des bouleversements se préparaient. Je ne m'en rendais probablement pas compte ou alors j'évitais de leur accorder de l'importance. Je me disais que, dans le fond, il ne s'agissait que de petites choses, que rien n'atteindrait ma façon de vivre ou la modifierait. […]. » (page 194).

Un coup de cœur pour ce roman dans lequel je me suis sentie privilégiée, eh oui puisque le narrateur n'a rien raconté ni au juge ni à son avocat, mais qu'il raconte tout au lecteur, privilège donc : que le lecteur va-t-il faire de ce privilège...

 

« Telle est la Rome d'aujourd'hui, le lieu de la mort et de l'absurde. » (page 47). Prémonitoire ?

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27 mai 2011 5 27 /05 /mai /2011 05:44

CielVoleRenoir.jpgLe ciel volé : dossier Renoir est un récit d'Andrea Camilleri paru aux éditions Fayard en octobre 2010 (123 pages, 16 €, ISBN 9782213654652). Il cielo rubato (2009) est traduit de l'italien par Dominique Vittoz.

 

Andrea Camilleri est né en Sicile (dans la province d'Agrigente) le 6 septembre 1925. Il a une longue carrière de romancier, nouvelliste, poète, journaliste et même metteur en scène. Son commissaire Montalbano est très connu. Plus d'infos sur son site officiel (en italien).

 

Un livre présenté dans le Giro in Italia de Nane.

 

Michele Riotta est un vieux notaire, veuf et bientôt à la retraite. Il vit à Agrigente (autrefois Girgenti), en Sicile.

En 1960 (il avait 20 ans), il avait écrit un opuscule très peu connu dans lequel il racontait que Pierre-Auguste Renoir « avait retouché deux fresques de l'église de Capistrano » (page 8).

Il entretient depuis décembre 2009, une relation épistolaire avec Alma Corradi, une belle femme de 40 ans, qui a lu son livre et qui voyage beaucoup pour ses affaires.

« Veuf sans enfants, j'espère quitter les affaires bientôt et me retirer dans ma maison de campagne, où l'on jouit d'une vue magnifique sur le temple de la Concorde. » (page 15).

 

GiroInItaliaLa première partie du récit est épistolaire mais il n'y a que les lettres de Michele Riotta, ce qui rend encore plus mystérieuse Alma Corradi, la belle inconnue très curieuse.

Ensuite, il y a 16 pages en couleur avec des tableaux que Renoir a peint en Italie et à Alger.

La deuxième partie est l'enquête menée par Giorgio, le neveu de Michele Riotta, et par le commissaire Arturo Bonifazi, car le vieux notaire a disparu en juillet 2000 après avoir passé quelques jours avec Alma Corradi.

 

L'auteur a fait des recherches avant d'écrire ce livre : « Un mois durant, je me suis consacré à une enquête approfondie sur Renoir, sa vie, son œuvre. Ce fut une véritable immersion, comme je l'avais déjà fait pour le Caravage. Je m'étais juré que si je trouvais une explication acceptable, j'en ferais un livre. » (page 102).

Une explication ! Quelle explication ? ... Apporter la preuve que Renoir était bien venu à Girgenti / Agrigente (en 1882) et comprendre pourquoi il n'y avait pas trace de cette ville dans ses toiles. Une enquête surprenante !

 

Pierre-Auguste Renoir (1841-1919) était un peintre impressionniste.

Il paraît qu'il détient un record : 6 000 tableaux en 60 ans !

Voici un des tableaux présents dans le livre : La baie de Naples et le Vésuve (1881).

RenoirBaieNaplesVesuve.jpg

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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 00:03

LivreMagiciens1.jpgAnja est le tome 1 de Le jour des magiciens, bande dessinée de Michelangelo La Neve et Marco Nizzoli parue aux Humanoïdes Associés en août 2003 (54 pages, 12,90 €, ISBN 978-2731662894).

 

Michelangelo La Neve né à Tirsia (Italie) le 14 mars 1959 est le scénariste. Il est aussi dessinateur mais préfère écrire des scénarios. Il vit à Rome.

 

Marco Nizzoli né à Reggio Emilia (Italie) le 18 juillet 1968 est le dessinateur. Il est diplômé de l'Institut de Design de Milan. Plus d'infos sur son site et sur son blog.

 

Berlin, 3 octobre 1990. Des enfants jouent dans leur cour d'école.

Sur un toit, un homme aux longs cheveux qui voit tout en noir et blanc observe les enfants avec une longue vue et repère un petit garçon, il est en couleurs, il est la lumière. L'homme ordonne à son aigle, Ashanti, de ramener l'enfant.

L'enfant, c'est Drazen et il disparaît sous les yeux de sa petite copine horrifiée, Anja.

« Dites à Lancaster que son fils est à nous ! Dites-lui de ne pas le chercher ou bien l'enfant mourra ! » (page 7).

Anja ramasse l'avion que Drazen a laissé tomber.

 

Depuis 12 ans, Drazen est enfermé dans la Forteresse du Nord-Est, une forteresse de pierre au milieu d'une mer déchaînée. Il doit devenir un magicien ; il a oublié son père, l'amour filial et tous ses souvenirs d'avant, sauf celui d'Anja dont il rêve depuis tout ce temps. « Année après année, rêve après rêve, nous avons grandi ensemble... Sans jamais être ensemble. » (page 14).

 

Berlin, 12 octobre 2002. Anja vit comme toutes les lycéennes de son âge. Elle se rappelle toujours de Drazen et rêve en symbiose avec lui mais elle souffre de narcolepsie. Un jour ses copines lui présente Marco, un beau jeune homme dont elle tombe amoureuse.

 

Cappadoce, Turquie, nuit du 23 janvier 2003. Lancaster, le père de Drazen est en fait un mage renégat qui veut s'emparer des secrets de Karanlik Kilise, l'église obscure. Il tue le mage Lo-Te et libère les deux Mégères.

 

J'aime beaucoup ce genre de bandes dessinées, de beaux dessins, de belles couleurs, un bon scénario, original, du fantastique, du mystère. C'est donc une BD très plaisante à lire, et je vais m'atteler à la suite en espérant que les tomes suivants seront aussi magiques.

 

PALsechesChallenge-BDTome 2 : Drazen, septembre 2004

Tome 3 : Lancaster, septembre 2005

Tome 4 : Tanaka, septembre 2008

Tome 5 : Le dernier cercle, juin 2010

Intégrale en septembre 2010

 

Encore une bande dessinée présentée pour le Challenge BD de Mr Zombi et pour le Challenge PAL sèches de Mo'.

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