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19 mars 2014 3 19 /03 /mars /2014 03:45

Mémé est un roman de Philippe Torreton paru aux éditions L'iconoclaste en janvier 2014 (144 pages, 13 €, ISBN 978-2-913-36661-9).

 

Philippe Torreton est né le 13 octobre 1965 à Rouen (Seine Maritime, Normandie). Il est comédien (théâtre et cinéma) et auteur d'un essai sur son métier, Comme si c'était moi (Seuil, 2004) et d'un Petit lexique amoureux du théâtre (Stock, 2009) ; Mémé est donc son premier roman.

 

Ma grand-mère n'était pas malade et ne vivait pas dans une maison humide de Normandie avec un jardin mais j'ai trouvé des points communs avec la grand-mère du roman : l'édredon glacé (je l'appréciais bien l'été !), la machine à coudre à pédale (j'avais appris à l'utiliser !), l'appellation contrôlée « mémé », l'amour et les valeurs qu'elle m'a transmis, et les sentiments qui me liaient à elle (je n'en avais qu'une, l'autre était déjà morte). Des souvenirs qui ont ressurgi à la lecture de ce roman largement autobiographique du comédien Philippe Torreton mais ces souvenirs et ces émotions, ne sont-ils pas presque universels ?

« Je veillais sur ma grand-mère, pendant qu'elle veillait sur moi, ce fut mon premier emploi, gardien de nuit de mémé. » (page 12).

« Je ne voulais pas qu'elle meure avant mes vingt ans, car à vingt ans on est grand, on est un homme et un homme c'est dur à la peine, mémé il faut tenir ! À vingt ans, j'ai repoussé la « date de mort acceptable » à trente. Quand elle a arrêté de respirer pour de bon, j'en avais quarante et je n'étais toujours pas devenu un homme. » (page 13).

« Elle avait toujours quelque chose qui faisait du bien […]. » (page 31).

Homme du spectacle, Philippe Torreton raconte avec émotion comment sa mémé, née en mars 1914, aurait voulu faire de la musique mais elle a dû travailler à la ferme de ses parents puis en usine pour élever ses trois filles.

« Jeune, on t'a donné le nécessaire, adulte tu n'avais que l'utile et à la fin de ta vie il ne te restait que l'indispensable. » (page 50).

« Ton silence rendait le monde bavard et inaudible. » (page 61).

Une grand-mère qui a vécu proche de la nature, en consommant les produits de la ferme et en ne gâchant rien.

« Ils ne savent plus quoi inventer... un soupir... et tu retournais à ton épluchage de poulet froid. » (page 78).

L'auteur évoque la douceur de sa mémé, la tendresse des souvenirs, tout ce qu'elle lui a apporté avec des choses simples, naturelles, et la tristesse du manque.

« J'aimerais encore maintenant ouvrir la porte de sa cuisine et l'embrasser […]. » (page 93).

« Elle est née sans plastique, sans téléphone, sans radio, sans télé, sans mails, sans cliniques ni pédiatres, sans congés de maternité. Elle est née sous un ciel sans ces rails de nuages qui trahissent l'avion de ligne, […]. » (page 105).

Un joli roman, sincère, tendre, nostalgique et parfois drôle, pour tous ceux qui aiment leur mémé même si elle n'est plus là...

« Ça tient pas le coup les hommes, les mémés sont plus solides. » (page 116).

 

Une lecture pour les challenges

ABC critiques 2013-2014 (lettre T),

Le mélange des genres

(autobiographie/témoignage),

Petit Bac 2014 (catégorie

sphère familiale),

Premier roman et

Rentrée littéraire d'hiver 2014.

 

 

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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 03:11

Fin août, j'ai inauguré – ce n'est pas une nouvelle rubrique mais – le fait de parler en quelques mots de livres que je n'ai pas lus ou pas terminés. Je répète que cela ne veut pas dire que ces livres soient sans intérêt ou médiocres. Simplement je n'ai pas pu ou voulu les lire (ou les terminer) pour une raison ou une autre. Et les présenter un minimum est la moindre des choses que je puisse faire pour qu'ils aient quand même un peu de visibilité (depuis le temps que je les ai !). Cette fois, voici quatre livres envoyés par Gilles Paris... sans que je ne les aies demandés, hum... (mais j'en ai reçu plusieurs que je n'avais pas demandés et que j'ai pourtant lus !).

 

 

Entre tes mains : un chirurgien traverse le siècle est un livre de souvenirs de Raoul Tubiana paru aux éditions France Empire en octobre 2011 (292 pages, 22 €, ISBN 978-2-70481-114-4). Lien Gilles Paris.

Raoul Tubiana a un parcours exemplaire. Il a soigné les grands brûlés pendant 15 ans, il a voyagé pour des conférences, il a rencontré des grands de ce monde, il est passionné par l'Art et la littérature.

Alors, nul doute que la lecture des souvenirs de ce célèbre chirurgien soit enrichissante voire passionnante !

Mais le monde médical n'est pas fait pour moi...

 

 

Je jubilerai jusqu'à 100 ans ! Souvenirs et bons conseils, mémoires de Marthe Mercadier, est paru aux éditions Flammarion en octobre 2011 (240 pages, 19 €, ISBN 978-2-08123-918-0). Lien Gilles Paris.

Bon sang, j'ai déjà vu la tête de Marthe Mercadier quelque part ! Comme elle est actrice, je l'ai peut-être vue dans des films... Mais lesquels ? En fait, je crois que c'était plutôt au théâtre.

Je ne doute pas que son autobiographie soit intéressante et amusante mais je n'ai pas eu envie de la lire. Je lui souhaite de vivre jusqu'à 100 ans !

J'ai donné ce livre à une copine qui aime les biographies de personnalités. Autant qu'il soit agréable à quelqu'un.

 

 

Mister D de Dick Rivers en entretien avec Sam Bernett est paru aux éditions Florent Massot (pas trouvé de lien pour l'éditeur) en octobre 2011 (192 pages, 19,90 €, ISBN 978-2-91654-672-8). Lien Gilles Paris.

J'ai déjà lu quelques biographies d'artistes musicaux et, franchement, à part Lennon, de David Foenkinos, je me suis ennuyée même quand j'aimais bien l'artiste (comme Michel Berger par exemple).

Bon, pour Dick Rivers, je ne suis pas fan mais je ne déteste pas non plus : j'ai fredonné une ou deux chansons quand j'étais gamine (« Faire un pont / Pour de bon / Lui donner / Ton prénom / Le traverser / Pour t'embrasser / Faire un pont / Pour de bon », c'était en 1975).

J'ai voulu le lire, ce livre, mais je n'ai simplement pas eu le temps et – au bout de peut-être un an – je l'ai donné.

Pour ceux qui aiment Dick Rivers, son site officiel : http://www.dick-rivers.com/ (vous voyez comme je suis gentille !).

 

 

Pierre Bergé, le faiseur d'étoiles est une biographie écrite par Béatrice Peyrani et parue aux éditions Pygmalion en septembre 2011 (384 pages, 22 €, ISBN 978-2-75640-307-6). Lien Gilles Paris.

Je ne sais pas quoi dire...

Pierre Bergé a certainement fait beaucoup de choses pour le luxe, la mode, les affaires, l'Art et les artistes mais lire sa vie ne m'intéresse pas.

Comme je l'ai déjà dit, à de rares exceptions, je n'apprécie pas trop les biographies et récits de vie.

 

 

Je souhaite tout de même remercier Gilles Paris pour tous les livres que j'ai reçus et je me dis que ça ne peut pas être bonne pioche à chaque fois !

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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 03:43

Je profite des vacances pour faire un peu de rangement dans mes piles à lire qui menacent de tomber ! Je veux vous parler de livres que j'ai reçus et que je n'ai pas lus ou pas terminés. Cela ne veut pas dire que ces livres sont sans intérêt ou médiocres. Les deux d'aujourd'hui sont publiés aux éditions du Rocher et cet article permet de les présenter quand même un minimum.

 

 

Les As de l'Atlantique Nord est un document d'Albéric de Palmaert paru aux éditions du Rocher dans la collection Grands destins en novembre 2010 (305 pages, 17,90 €, ISBN 978-2-268-07023-0).

Céline m'avait envoyé ce livre sans que je ne le demande et que je ne l'accepte. Je l'ai gardé presque trois ans en me disant qu'il devait être intéressant et que je le lirais un jour.

Il raconte qu'avant l'Américain Charles Lindbergh (1927), deux aviateurs britanniques, John Alcock (Anglais) et Arthur Whitten Brown (Écossais), ont traversé en avion l'Atlantique Nord sans escale : du 14 au 15 juin 1919.

Alors oui, je pense que cette histoire est sûrement captivante mais je n'aurai ni le temps ni la motivation pour la lire... Je préfère donner ce livre à qui il sera utile.

 

 

Ma vie pour la France est le dernier livre de Marcel Bigeard paru aux éditions du Rocher dans la collection Documents en septembre 2010 (512 pages, 24,40 €, ISBN 978-2-268-06435-2).

Comme j'avais lu Mon dernier round en 2009 et que j'avais été surprise par l'honnêteté et la sincérité de l'auteur, Céline m'a demandé par mail si je voulais recevoir ce livre posthume.

J'ai dit oui en pensant vraiment le lire mais j'ai commencé à recevoir beaucoup de livres, surtout avec la rentrée littéraire, et j'ai vu que c'était un pavé alors il a traîné lui aussi depuis trois ans...

Je suis désolée de ne pas avoir rempli ma mission de lecture et de note de lecture. Peut-être le lirai-je un jour ? Mais en tout cas, pas cet été !

 

Il y a d'autres livres que je n'ai pas lus ou pas terminés, je vous en toucherai quelques mots une prochaine fois.

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10 août 2012 5 10 /08 /août /2012 04:34

MichelBergerBio.jpg

Quelque chose en nous de Michel Berger est une biographie du chanteur Michel Berger par Yves Bigot parue aux éditions Don Quichotte en mai 2012 (320 pages, 19,90 €, ISBN 978-2-35949-082-4).

 

Je remercie Gilles Paris pour ce livre même s'il ne m'a pas emballée à 100 %...

 

Il y a 20 ans, le 2 août 1992, j'apprenais le décès de Michel Berger. C'était un dimanche, je m'en rappelle bien parce que je passais la journée avec des amis, et c'est l'un d'eux, arrivant plus tard, qui nous a annoncé la nouvelle. J'ai versé une petite larme ; on a écouté quelques titres en chantant en cœur (finalement, c'était presque « joyeux » ; et puis la soirée et la vie ont continué. Mais... « On n'est pas sensé mourir à quarante-quatre ans. Je suis sidéré par la nouvelle – tu parles d'une mauvaise nouvelle ! – sonné, désarçonné […]. » (page 12).

 

Dans ce livre, j'ai appris des choses sur Michel Berger, un artiste qui a commencé sa carrière en 1963 à l'âge de 15 ans et que j'apprécie : j'ai fredonné ses chansons enfant, adolescente, jeune adulte. Il faut dire que sa musique swinguait bien et que les titres écrits et composés (pour lui ou pour France Gall) balançaient bien.

 

Mais, la vie des gens, des artistes, même ceux que j'aime, est-ce qu'elle m'intéresse vraiment ? En fait, je dirais : non !

 

La vie de Michel Berger, sa famille, son enfance et sa scolarité, sa passion de la musique, son œuvre et ses idées pour des compositions nouvelles, ses amours : Véronique Sanson dont je ne suis pas fan et France Gall que j'aime bien.

 

« Le classique m'a laissé des marques, et j'adorais Georges Gershwin car il avait déjà commencé à faire la relation entre le classique et le jazz. Ne me restait plus qu'à y ajouter la pop music. » (page 31).

 

Les années 60 et suivantes, l'industrie du disque (Atlantic, Barclay, Filipacchi, Polydor...) et ses représentants (artistes, producteurs, journalistes...).

 

Alors, voilà, Quelque chose en nous de Michel Berger, c'est le portrait d'« un mec triste, pas marrant » (Daniel Filipacchi, page 101), « exigeant, autoritaire, pas toujours patient » (Françoise Hardy, page 103), qui « refuse la médiocrité satisfaite qui caractérise notre variété » (page 147) et « quelqu'un de très réfléchi, très sage, très doux, alors que je suis tumultueux, colérique. Lui est prudent. » (Johnny Hallyday, page 202).

 

Le point fort d'Yves Bigot : il est dans le monde de la musique depuis les années 60 et connaît (ou a connu) Michel Berger (ils n'étaient pas intimes mais proches) et les gens dont il parle dans ce livre.

Le point faible : il fait trop souvent de très longues listes de noms et de titres... J'ai eu l'impression que par souci d'exhaustivité, il voulait mettre tout ça par écrit pour ne pas l'oublier ou pour la postérité !

 

Terminons avec Michel Berger : « Une chanson ratée, disait un jour Michel à la télévision, c'est une chanson qu'on est le seul à trouver réussie. » (pages 194-195). Et l'écoute de mes chansons préférées qui ne sont pas des chansons ratées, mais plutôt des chansons tristes.

 

Paradis blanc (album Ça ne tient pas debout, 1990)


Chanter pour ceux qui sont loin de chez eux (album Différences, 1985)


Diego, libre dans sa tête (album Voyou, 1983)

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6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 00:00

GalileeDelahaye.jpegGalilée, la tête dans les étoiles est une biographe de Thierry Delahaye parue aux éditions Flammarion jeunesse en mars 2012 (151 pages, 5,10 €, ISBN 978-2-0812-6501-1). La couverture ainsi que quelques illustrations d'inventions sont de Marcelino Truong.

 

Je remercie Brigitte et les éditions Flammarion pour ce livre à la fois littéraire et scientifique qui me faisait bien envie.

 

Thierry Delahaye est né à Marseille. Avant d'écrire pour la jeunesse, il a écrit des ouvrages pratiques et des documentaires.

 

Marcelino Truong est né aux Philippines le 5 février 1957 d'un père vietnamien et d'une mère française. Il a vécu aux États-Unis, au Vietnam, en Grande-Bretagne et en France (actuellement à Paris). Il est illustrateur et peintre.

 

Giulia et Vincenzo Galilei, des bons vivants, de la petite noblesse, sont les parents de Galileo Galilei, né le 15 février 1564 à Pise en Toscane. Le garçon grandit moitié en ville moitié à la campagne. Il aura six frères et sœurs. Il reçoit une éducation religieuse dans un monastère pendant 5 ans (latin), puis une éducation plus libre (grec, musique...). Comme son père passionné de tout mais principalement de musique (il fut luthier), Galilée a un esprit curieux, il est intrigué par la science, l'astronomie, le mouvement, les phénomènes physiques. Après 5 ans de médecine à l'université de Pise, il se dirige grâce à Ostilio Ricci vers les mathématiques et la géométrie à l'université de Florence. Ce qui l'intéresse le plus, c'est observer, faire des expériences et comprendre. Il devient professeur (à Pise puis à Padoue), savant, inventeur, astronome, mathématicien, philosophe, écrivain et est accusé d'hérésie par l'Église catholique – comme l'ont été avant lui Nicolas Copernic et Giordano Bruno – car il défend l'héliocentrisme (la Terre tourne autour du Soleil et n'est donc pas le centre de l'univers). Pourtant il est soutenu par un ami, Maffeo Barberini devenu le pape Urbain VIII qui pense que « La science et la religion pourraient se compléter, et non se combattre. » (page 96).

 

Voilà pour un court résumé car je ne veux pas refaire la biographie de ce grand homme dont tout le monde a déjà entendu au moins une fois le nom, Galilée. Je connaissais déjà son histoire, j'ai déjà lu d'autres livres, j'ai vu des documentaires (lien) mais j'ai trouvé que c'était toujours aussi passionnant !

 

« Il apprendra le chant et le solfège, et les harmoniques, et l'art d'écraser de la résine de pin pour préparer la colle d'ébéniste, et de choisir les melons au marché, de cuisiner la soupe au fenouil froide et les saucisses à la polenta. Et aussi l'arboriculture et le commerce des étoffes, la taille de la vigne et la coupe des tissus. Ou, mieux encore, la médecine, car il faut bien faire vivre sa famille et j'ai hâte qu'il me remplace dans ce rôle. Je pourrai enfin ne me soucier que de ma musique. » (page 15).

Galilée a effectivement appris et étudié beaucoup de choses, et même la médecine, mais c'est la science, les mathématiques, l'astronomie et l'invention de toutes sortes d'objets qui s'emparèrent de sa vie. Quant à sa famille, il eut une compagne, Marina Gamba (la vie maritale était autorisée à cette époque), une Vénitienne qui lui donna trois enfants dont deux filles qui entrèrent au couvent.

 

J'ai bien aimé l'humour des étudiants sur la tour penchée. « Aux beaux jours, et ils sont nombreux en Toscane, les étudiants se promènent bras dessus bras dessous sur les rives du fleuve, ou remontent les rues qui mènent au Campo dei Miracoli, le Champ des Miracles. Là, se dresse la tour penchée dont tous les Pisans se moquent gentiment ; depuis deux siècles que sa construction est achevée, l'édifice s'enfonce dans le sable. Les jeunes gens disent en riant qu'elle sera tombée avant la fin de leurs études. » (page 21). Pourtant, près de 500 ans après, elle est toujours là, la Tour de Pise !

 

La phrase à méditer : « Je n'ai jamais rencontré d'homme si ignorant qu'il n'eut quelque chose à m'apprendre, répète-t-il à ses étudiants. » (page 42). Espérons que Galilée parlait des femmes aussi, pas sûre...

Mais, bon, on ne lui en voudra pas vu qu'il a inventé, jusqu'à sa mort le 8 janvier 1642, plusieurs instruments de navigation et nombre d'objets très utiles comme le compas (1597), la pompe à eau (1604), la lunette astronomique (1609) d'après celle du Hollandais Hans Lippershey, le microscope (1624) entre autres.

 

Ma phrase préférée est : « L'Europe est conquise ; il reste à convaincre Rome. » (page 77).

 

Un livre super intéressant à mettre entre les mains des petits comme des grands curieux ! Ils y découvriront l'Italie de la deuxième moitié du XVIe siècle et de la première moitié du XVIIe siècle, c'est-à-dire juste après la Renaissance italienne. En plus de la vie de Galilée, les relations familiales, les études des jeunes gens, la science, l'Art, la recherche, les puissants, l'Église, les croyances de l'époque… : tout y est abordé. De plus la vie à Pise, Florence et Rome y est bien décrite, y compris la gastronomie (la mère de Galilée était une excellente cuisinière et Galilée était un bon vivant).

 

Un livre pour les challenges Littérature jeunesse & young adults, Il viaggio et Cent pages.

JeunesseYoungAdults IlViaggio3-Botte DefiCentPages

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 13:51

PaysanSoussou.jpgL'oiseau qui avait enterré sa mère dans sa tête : carnets d'un paysan Soussou est un livre de N'Fassory Bangoura avec Philippe Geslin paru aux éditions Ginkgo dans la collection Mémoire d'homme en novembre 2011 (144 pages, 15 €, ISBN 978-2-84679-098-7). Il est possible de voir les 24 premières pages (texte et photos) sur le site de l'éditeur.

 

Je remercie Marine et les éditions Ginkgo de m'avoir envoyé ce beau livre en même temps que Léodine l'Africaine, d'Albert Russo.

 

Philippe Geslin est un ethnologue suisse. Il a étudié les Soussous « vivant dans les mangroves, au sud de Conakry » en Guinée. Il signe l'avant-propos de ce livre.

 

N'Fassory Bangoura est un paysan Soussou de 37 ans. Il vit dans le village de Wonkifong, et plus précisément dans le hameau de Wondewola, dans la province de Soumbouya. Il a été le guide et l'informateur de Philippe Geslin. Il a décidé que lui aussi allait écrire et prendre des photos !

 

Je trouve géniale la démarche de N'Fassory Bangoura ! Puisque des Blancs viennent étudier, écrire, prendre des photos, lui aussi va écrire (un mélange de français et de soussou), observer « ses Blancs » et noter leurs comportements, prendre des photos et parler de son village, sa famille, sa vie, ses états d'âme. Ce sont ses cahiers et ses photos envoyés à Philippe Geslin qui sont ici publiés. Et c'est un brillant témoignage de la vie dans un village de Guinée.

Le titre est inspiré d'un conte Soussou sur Mamadouba Kindounyi, le premier oiseau (animal ?) de la Terre.

Des textes, des poèmes, des bons mots, des anecdotes, des photos en noir et blanc de sa famille, des gens de son village et des environs, au repos ou au travail, des paysages (rizières, bananiers, palmiers, mangrove).

C'est vraiment très beau et très intéressant. Et c'est une Afrique qui vit bien, loin des conflits.

 

Voici quelques extraits.

« Chaque soir il faut que j'écrive ce que je vois. » (page 45).

« Ils m'ont donné un appareil photographique. Moi N'Fassory, j'ai un appareil […]. (page 54).

« Il est venu vers nous, c'est notre étranger. » (page 62).

« C'est moi qui ai écrit ce papier. Qu'il soit mes yeux. L'écrit est bien. L'instruction est bonne, mais elle n'est pas également répartie dans le monde. » (page 69).

« Je veux l'instruction. Je veux lire. Je veux être instruit. Qui peut recevoir l'instruction ? La ponctualité peut instruire l'homme. La relation peut instruire l'homme. Le premier gain c'est l'esprit. Mais avoir le bon esprit est difficile. » (page 71).

« Pendant 25 ans il n'y a pas eu de travail à Wondewolia. Tous ses habitants vivaient sur d'autres terres, en dehors du hameau. Après 25 années, les palétuviers, ont envahi nos anciennes rizières. Nous les avons défrichées. Nous sommes retournés chez nous. Nous avons construit des digues pour retenir l'eau de mer et récolter du riz. » (page 81).

« J'étais content aujourd'hui. Pourquoi ? Mon Blanc m'a écrit. Je suis content. J'ai su qu'il pensait à moi. Moi aussi je nourris quelque chose pour lui, je prie Dieu pour lui. » (page 114).

 

Et mes photos préférées (cliquez sur les vignettes).

PaysanSoussou1.jpg PaysanSoussou2.jpg PaysanSoussou3.jpg
Pirogues page 32
N'Fassory page 91
Grande case page 113

 

BeauxLivresEiluned3e ouvrage pour le challenge Beaux livres d'Eiluned

qui me permet d'honorer la catégorie « Amateur de jolies choses »

et de continuer en « Amoureux de la beauté ».

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 07:11

YvesKleinBleu.jpgYves Klein au-delà du bleu est une biographie d'Yves Klein écrite par Jacques Bouzerand et parue aux éditions À propos en septembre 2006 (64 pages, 10 €, ISBN 2-915398-04-6).

 

Jacques Bouzerand, né le 16 décembre 1939 à Cahors (Lot), est journaliste et spécialiste de l'Art contemporain.

 

Je remercie les Agents littéraires et les éditions Àpropos de m'avoir envoyé ce livre.

 

Cette biographie d'Yves Klein – que je ne connaissais que de nom – est vraiment intéressante. Oh, il y a plein de noms d'artistes qui me sont inconnus et ça me montre bien mes lacunes en Art mais je fais des efforts et tout ce qui peut combler ces lacunes est bon pour moi !

 

Yves Klein, né le 28 avril 1928 à Nice, est mort jeune, à 34 ans (le 6 juin 1962) et il n'a jamais connu son unique fils, né deux mois après (c'est triste) mais il a vécu une vie pleine (amis, voyages, judo, peinture) et il laisse une œuvre unique, en particulier des monochromes et un bleu qui porte son nom (et aussi des sculptures).

 

« Avec Marcel Duchamp, baptisant « œuvre d'art » un objet industriel, parce qu'il l'a décidé, et Andy Warhol, le meilleur traducteur des fulgurances et des contradictions de la modernité, Yves Klein est l'un des trois artistes les plus importants du XXe siècle. Fauché par la mort à trente-quatre ans, en 1962, il a laissé une œuvre considérable, conçue dans la passion, au rythme d'une idée par minute, et construite en sept années d'un labeur acharné. » (page 5).

 

En fait, en même temps que la vie d'Yves Klein, depuis son enfance, l'auteur développe ses activités. Les voyages : Italie, Angleterre, Irlande, Espagne, Japon... Le judo : Yves Klein est parmi les pionniers en France pour la promotion de ce sport japonais et il fut d'ailleurs (en 1953) « le Français et même le non-Japonais le plus gradé. » (page 13). Et l'Art avec la peinture, depuis les trois premiers monochromes (bleu, orange, vert) en Angleterre en 1950 jusqu'à la création du bleu Yves Klein et le « triomphe de l'immatériel ».

 

« Rien ni personne ne peut l'empêcher d'exprimer ce qu'il veut dire. De faire ce qu'il a envie de faire. » (page 14).

 

« Le bleu n'a pas de dimension, il est hors dimension, tandis que les autres couleurs, elles, en ont. » (page 28).

 

YvesKleinRouge1959.jpg YvesKleinOr1962.jpg YvesKleinIKB46.jpg

 

C'est un petit livre qui se lit rapidement, mais il est riche en contenu et abondamment illustré avec une cinquantaine de photos : personnelles (en noir et blanc) et d'œuvres (en couleur).

Tout le long, il y a des pages couleurs « à propos » avec des informations importantes et des tableaux avec le parallèle entre la vie personnelle d'Yves Klein et les événements culturels et aussi les événements politiques, économiques, sociaux. C'est parfait pour situer l'artiste et son œuvre dans son époque.

En fin de volume, il y a quatre extraits de textes écrits par Yves Klein, une bibliographie et une liste des musées où voir des œuvres d'Yves Klein.

Encore plus d'infos sur les Archives Yves Klein.

 

Cette collection – qui contient aussi Bonnard, Bruegel, Cranach, le Douanier Rousseau, Gauguin, Lippi, Mantegna, Monet, Rembrandt, Véronèse – est idéale pour découvrir – en peu de pages et en couleur et à un prix abordable – non seulement l'artiste et son œuvre mais aussi son époque.

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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 22:27

CarnetsBourgeoise.jpgLes carnets d'une bourgeoise déchue est un roman autobiographique de Diane Rauscher-Kennedy paru aux éditions Phoenix dans la collection Futuroscope le 7 novembre 2011 (168 pages, 17 €, ISBN 978-0-9829961-1-9).

 

Je remercie Gilles Paris de m'avoir envoyé ce livre (il fait partie des livres que je n'avais pas demandés et que j'ai mis un peu de côté parce que j'en avais tant d'autres à lire).

 

Diane, étudiante de 20 ans à Paris, tombe amoureuse d'un jeune homme qui n'est pas de son milieu. Mauvais mariage pour sa famille issue de l'aristocratie anglaise... Quarante ans après, la bonne épouse et mère de famille, se voit plaquer par son mari avide de rencontres plus jeunes. Huit ans après cette séparation, elle prend la plume pour tout raconter.

 

« Que ma vie fut belle, nom d'une pipe ! Jolie maison, jolis revenus, joli mari adoré et cela depuis trente-huit ans... et BADABOUM... sans crier gare, en vingt-quatre heures chrono, pouf, tout est parti... évaporé... implosé.

Et le jour de mes soixante ans en plus, LE CADEAU SURPRISE... Ce mari que j'adore me regarde et me dit : 'Tu es vieille, rien que de te regarder, je me sens vieillir ! J'ai dépensé tout ton argent et le mien aussi, alors je m'en vais !' » (début du récit, page 1).

 

DianeRauscherKennedyCharmant...

 

J'ai bien aimé la première partie dans laquelle Diane Rauscher-Kennedy raconte son enfance et son adolescence de garçon manqué. Auprès d'un père aimant, dandy excentrique, beau et riche, issu d'une famille irlandaise, qu'elle nomme Mon adorable Papa. D'une mère glaciale et méprisante, issue elle d'une grande famille britannique, qu'elle nomme Madame Mère ou Cruella. D'une sœur aînée avec qui elle ne se trouve pas vraiment d'affinités. De Nanna, sa grand-mère adorée, veuve et qui vivra une incroyable histoire d'amour à 80 ans.

 

Une enfance insouciante malgré la guerre (la deuxième guerre mondiale). Le pensionnat, des vacances à Bordeaux chez des amis viticulteurs, le premier bal à l'âge de 15 ans, les chevaux, les voitures, puis les études à Paris.

Bref, la vie d'une aristocrate anglaise, qui par ailleurs a été naturalisée française. Il y a de l'humour et c'est intéressant à lire (malgré quelques fautes).

 

Après, ça se gâte...

Être une femme mariée ayant accepté de vivre sous sa condition ne gênait pas Diane, elle était heureuse, elle aimait son mari, elle élevait ses enfants et s'occupait de sa maison. Mais être larguée à 60 ans après 40 ans de mariage et se retrouver sans rien, ce fut un peu trop pour elle.

1pourcent2011C'est évidemment le cas de toutes les femmes à qui ça arrive...

Heureusement elle est « indomptable dans la bonne humeur. » (page 29).

L'homme de sa vie s'est transformé en « Fugueur-Menteur-Magouilleur » alors qu'elle se croyait « aimée comme dans un conte de fée. » (page 49).

Diane qui est devenue peintre et qui vit maintenant avec son petit chien, Jules (un shi-tzu ?) raconte sa souffrance, sa solitude, ses amis, ses enfants, sa belle-fille qui ne l'aime pas, ses petits-enfants qu'elle voit trop peu ou pas du tout.

MoisAnglais3Malgré l'humour et l'impertinence de l'auteur, le récit est répétitif... J'en suis à la moitié et je n'ai pas envie de continuer, parce que je m'ennuie, parce que je veux bien passer sur quelques fautes mais là il y en a vraiment de trop ! Et il y a tant d'autres livres à lire.

 

« […] de temps en temps il faut dépenser de l'argent qu'on n'a pas du tout pour avoir un moral qu'on n'a plus non plus ! » (page 81).

 

J'aurais préféré mieux commencer le Mois anglais...

 

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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 16:23

JournalPtachkina.jpgLe Journal (1918-1920) de Nelly Ptachkina est paru aux éditions des Syrtes le 6 octobre 2011 (270 pages, 23 €, ISBN 978-2-84545-156-8).

Dnevnik est traduit du russe par Luba Jurgenson qui signe aussi la préface.

 

Je remercie les Agents littéraires et les éditions des Syrtes de m'avoir envoyé ce livre.

 

Nelly Ptachkina est une jeune fille russe qui découvre ce que toute adolescente découvre : son corps, les premiers émois, la littérature (la vie intérieure), le théâtre et les premiers bals (la vie mondaine). Elle pense à l'amour, au mariage, à l'idéal féminin, elle a même des idées avant-gardistes sur l'éducation des enfants et le travail des femmes (est-ce dû à ses lectures ?). Elle ne manque pas de projets : elle souhaite étudier le Droit, les Lettres et l'Histoire à l'Université puis voyager dans le monde et enfin travailler pour « défendre les faibles et les opprimés » (page 107). Mais elle vit dans une Russie en plein bouleversement (fin des années 1910-début des années 1920, après-guerre, bolchevisme).

C'est une jeune fille intelligente, brillante même (elle apprend entre autres la musique, le français, l'anglais et l'allemand), et son Journal est très bien écrit. Elle peut tomber dans l'orgueil : « Il y a l'intelligence et il y a le cœur, l'âme. Heureusement, j'ai les deux... » (page 16) mais reste le plus souvent très ouverte : « Anna Karénine m'a rendu deux grands services. Tout d'abord, ce livre m'a montré que les femmes « déchues » ne méritaient pas que le mépris, sentiment qu'elles m'inspiraient jusque là. Non, il faut d'abord comprendre comment elles en sont arrivées là. Il ne faut jamais condamner avant d'avoir compris ! » (page 17). Elle est parfois naïve (par exemple à propos de l'avis de Lénine sur la liberté d'expression qui serait une notion bourgeoise) et se veut à la fois romantique (les idées du passé) et moderne (les sciences et la raison).

Elle est passionnée de littérature, de théâtre. Elle voudrait être écrivain et se révèle, ma foi, bon écrivain et analyste. Elle se rend compte qu'elle est un témoin et que son époque deviendra aussi l'Histoire comme les époques lointaines où vivaient d'autres gens : « Je vis l'une de ces périodes historiques, elle s'accomplit devant mes yeux. » (page 27). Observer, analyser et laisser un témoignage est donc très important pour elle, peut-être même primordial.

Alors que son père est recherché (il n'a rien fait de mal, c'est simplement un bourgeois), la famille (père, mère, elle et Ioura, le petit frère) a fui Saratov en octobre 1917 pour s'installer à Moscou chez une tante (premier cahier) puis à Kiev chez le grand-père (deuxième cahier). Nelly a la nostalgie de son enfance et de l'insouciance de ses années de collège, elle regrette profondément la sérénité perdue, sa maison et ses amies. Elle aspire à une vie normale, une maison bien à eux, étudier et imaginer son avenir.

Elle est parfois lyrique ou mélancolique, sujette au doute et à des craintes, souvent justifiées vu ce qu'elle et sa famille vivent. « Si je n'avais plus rien d'individuel, si je devenais comme tout le monde ? Ce n'est pas de la vanité, non ! » (pages 28-29). Mais elle aspire avant tout au bonheur : « Je serais toujours heureuse de devenir écrivain. Quel bonheur ce serait ! » (page 36). « L'avenir... J'ai déjà dit que j'y pensais avec un frémissement de bonheur […]. Il me semble que ma vie sera différente de celle des autres, qu'elle sera lumineuse, passionnante. » (page 45). « Seigneur, comme il est bon de penser à cet avenir beau, actif, intéressant. Pourvu que mes rêves se réalisent. Pourvu que rien ne vienne m'en empêcher. » (page 107).

Elle développe une conscience sociale et devine les dangers du bolchevisme mais, dans un sursaut patriotique, préfère les dangers des Russes bolcheviques aux Allemands intrus : « Pensez un peu. Les Allemands nous auraient envahis et nous, on continuerait à se distraire comme si de rien n'était ? » (page 59).

Elle pointe l'importance de savoir ce qui se passe, d'être au courant des événements qui se déroulent dans son pays et dans le monde : « Quand on ne lit pas les journaux, on finit par oublier un peu ce qui se passe […]. Pourtant, on ne peut ne pas les lire, car leur monde bien que terrifiant, est le vrai, le monde réel, c'est la vie. L'ignorance ne peut créer qu'un monde faux. Il faut vivre la vraie vie. Il faut avoir le courage de suivre le cours des choses. À quoi sert de s'illusionner ? De toute façon, une fois que les événements seront là, la vraie vie nous prendra dans ses bras. » (pages 87-88). C'est un de mes passages préférés.

 

En fait, cela fait deux semaines que j'ai abandonné ce livre... Je voulais le reprendre, le terminer pour faire une note de lecture complète mais je n'en ai pas eu le courage. Je m'y suis pourtant vraiment intéressée et je le trouve réellement très intéressant, mais j'ai eu l'impression que Nelly se répétait trop souvent, tournait autour du pot, comme un animal qui tourne en rond et se mord la queue...

 

« 'Qu'est-ce qui me pousse à écrire un journal ?' se demande Nelly Ptachkina ; la réponse, éparpillée dans ces pages, pourrait être formulée ainsi : la complexité d'un être en construction dans un moment historique inouï. » (début de la préface, Luba Jurgenson, page 5).

Ce journal, témoignage de la vie russe (fin des années 1910, début des années 1920) et des bouleversements historiques et politiques, est justement ce qui m'a poussée à lire ce livre ! J'aime la Russie, son histoire, sa culture, et je disais déjà avec Des gens sans importance, de Panteleïmon Romanov que je connaissais peu les années 20. Le journal de Nelly Ptachkina me semblait donc l'idéal pour découvrir la vie d'une adolescente et de sa famille, et comment ils ont du fuir leur ville puis leur pays à cause des communistes.

 

« Je relirai certainement ce livre dans quelques mois ou quelques années. » écrit Nelly (page 12). Eh bien, je vais déjà le finir car la troisième partie « Kiev-Paris : février 1919-février 1920 » (troisième cahier) mérite sûrement d'être lue. Quant à le relire... Peut-être... Pourquoi pas, dans quelques temps. Car je trouve vraiment dommage d'être (plus ou moins) passée à côté de ce témoignage. Témoignage rare et précieux, j'en suis bien consciente.

 

J'ai noté quelques auteurs russes que je ne connaissais pas : Vassili Avseïenko (1842-1913), Vissarion Bielinski (1811-1848), Anatoli Mariengof (1897-1962), Dmitri Merejkovski (1866-1941).

 

Mes autres passages préférés

« Quelle chose merveilleuse que la lecture. On est transporté dans un tout autre monde. On sent, on vit, on apprend tant de choses en lisant ! Quel plaisir extraordinaire... » (page 134).

« Ah oui, je n'en ai pas encore parlé. En lisant, je note des expressions, des idées inspirées par le livre. Pas en marge, bien sûr, mais dans un cahier spécial. C'est Alexandre Karlovitch, mon professeur de Moscou, qui m'a donné cette idée. Quel pédagogue, quel maître c'était ! C'était un vrai plaisir que de travailler avec lui ! » (page 127). Je fais la même chose et c'est grâce à ces notes, ces extraits, ces idées que vous pouvez lire mes notes de lecture !

 

Je voudrais terminer avec ce passage prophétique puisqu'on sait que Nelly s'est tuée en chutant dans la cascade du Dard (Chamonix, au pied du Mont-Blanc) le 25 juillet 1920 (elle n'avait que 17 ans...) : « J'aime me tenir au bord du gouffre. Tout au bord. Un seul mouvement – et... Aujourd'hui, en m'approchant du bord de la falaise, pas aussi haute que je l'aurais voulu, j'ai pensé qu'un jour je mourrai en tombant dans l'abîme ! » (page 118).

 

Un livre qui entre dans les challenges du 1 % de la rentrée littéraire, Rentrée littéraire des Agents littéraires et Une année en Russie – 2011. Et puis aussi dans le challenge Littérature jeunesse & young adults que je rajoute.

1pourcent2011 AnneeRussie2011 RentreeAgents2011 JeunesseYoungAdults

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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 23:18

Cocteau-MaraisCocteau – Marais : un si joli mensonge est une biographie de Jean Cocteau et de Jean Marais par Bernard Spindler parue aux éditions du Rocher en avril 2011 (248 pages, 12 pages de photos couleur ou noir et blanc, 20 €, ISBN 978-2-268-07077-3).

 

Je remercie les éditions du Rocher de m'avoir envoyé ce livre (et je suis désolée de n'avoir pas pu le lire peu de temps après sa réception).

 

1937. Jean Marais, 24 ans, auditionne devant Jean Cocteau pour Œdipe roi. C'est le début d'une grande aventure cinématographique, théâtrale et personnelle (26 ans) entre les deux hommes, celui qui est né en même temps que le cinématographe et celui qui se métamorphosera pour le cinéma (La Belle et la Bête, Fantomas...).

 

Flashback. Enfance de Jean Cocteau ; enfance de Jean Marais. Ambition et œuvre de Jean Cocteau : dramaturge, poète, peintre et cinéaste ; ambition et rôles de Jean Marais : acteur de théâtre et de cinéma mais aussi auteur, peintre.

Leurs points communs sont nombreux : élevés par leur mère, mauvais élèves, une guerre (la première pour Cocteau ambulancier, la deuxième pour Marais), passionnés de théâtre, peintres, narcissiques et surtout ambitieux !

Par contre Marais n'a jamais touché à l'opium alors que Cocteau a du suivre plusieurs désintoxications, en vain...

 

On croise du beau monde dans cette double biographie : les Noailles, Lucien Daudet, Madeleine Carlier, Maurice Rostand, Marcel Proust, Serge Diaghilev, Picasso, Satie, Roland Garros, Guillaume Apollinaire, Raymont Radiguet surnommé Radigo, Darius Milhaud, Joseph Kessel, Coco Chanel, Maurice Sachs, Suzy Solidor, Bunuel, Natalie Romanov-Paley, Yvonne de Bray, Luchino Visconti, Serge Reggiani, Michèle Morgan, Jean-Pierre Melville, et tant d'autres !

 

JeanCocteau.jpgJean Cocteau

« Faute de beauté grecque, Jean Cocteau cultive un charme troublant, un rien de préciosité dans la voix, une brillance de bonté et d'amusement dans le regard qui n'appartient qu'aux êtres différents. » (page 10).

« Je ne crois pas à la mort, parce que la mort est une forme de vie. » (page 18).

« […] il vise désormais un projet ambitieux, à haut risque, « l'art total ». L'intelligence rapide de Cocteau a parfaitement saisi : un tel projet ne peux exister qu'en rupture avec le classicisme figé. » (page 68).

 

Jean Marais

« Moulouk n'est pas un chien, c'est un ami. » (page 19)

« Ce que le public te reproche, cultive-le, c'est toi... » (page 219).

 

Les points forts

- les extraits et les poèmes (en italique) tout au long du livre ;

- l'évolution du théâtre et du cinéma au XXe siècle ;

- les incursions artistiques : musique (Groupe des Six, arrivée du jazz), danse (Charleston, chorégraphes russes), peinture, littérature (Nouvelle Revue Française) et la première campagne de promotion pour le n° 5 de Coco Chanel ;

- le contexte historique (début du XXe siècle, première guerre mondiale, entre-deux-guerres, années folles, vie mondaine, Montparnasse, Krach boursier de 1929, arrivée au pouvoir de Mussolini, deuxième guerre mondiale, occupation, censure).

 

JeanMarais.jpgQuelques extraits

« La France a changé d'allure, il suffit de regarder les femmes dans la rue. Les privations de la guerre ont aminci les silhouettes, peau blanche, peau brune, les chevilles se dénudent. Le jazz-band et la tango mania ont poussé les valses de Vienne sur le reculoir. Pour un temps. Les femmes, en l'absence des fils et des maris parti au front, ont pris l'habitude, nouvelle, de décider, seules. L'après-guerre s'inscrit dans la recherche et la découverte. […] Le progrès, c'est la liberté […], le Train bleu [...]. » (page 90).

« Pour la première fois dans l'histoire de la littérature, on va vendre des livres comme des savonnettes, des fruits ou des bibelots. L'auteur et son livre sont des produits commerciaux. Il convient donc de battre tambour pour les faire connaître […]. Nous sommes dans les années vingt, cette manière de penser est révolutionnaire. » (page 99).

« En ces années quarante, les beaux salons ne désemplissent pas. Il est de bon ton de s'y montrer en intéressante compagnie [...]. Fréquenter les soirées de l'ambassade d'Allemagne, où l'on croise l'essentiel des gens de théâtre et de cinéma, ce n'est tout de même pas collaborer […]. » (page 181).

 

Un si joli mensonge est une biographie très intéressante (plus que je ne le pensais) de deux grands noms du monde artistique français du XXe siècle : Cocteau (1889-1963) et Marais (1913-1998), et aussi de tous ceux qui les entouraient. Je me suis rappelée qu'enfant, j'aimais beaucoup Jean Marais (Quel charme ! Quel regard !) dans les films de cape et d'épée : La tour prends garde !, Le comte de Monte-Cristo, Le bossu, Le Capitan, et les films fantastiques : les Fantomas, Joseph Balsamo (feuilleton)... Mais que plus tard, il m'avait impressionnée aussi dans La Belle et la Bête, L'aigle à deux têtes, Les parents terribles, Orphée qui sont des films de Jean Cocteau ! Des films à revoir assurément...

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