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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 04:05

Le sourire de l'absente est un recueil d'André Cohen Aknin paru à l'Atelier du Hanneton en 2012 (50 pages, 18 €, ISBN 978-2-914543-27-9).

(Cliquez sur l'image).

 

André Cohen Aknin est né en 1949 à Oran (Algérie). Il est l'auteur de plusieurs pièces de théâtre (depuis 1988), d'un roman paru en 2006 aux éditions L'Harmattan, La lèvre du vent, et de trois recueils de textes poétiques : Visages, Le sang d'Abelle et Le sourire de l'absente, « troisième volet d'une exploration sur le double, le masculin et le féminin » (page 49). Il vit dans la Drôme depuis 1983. Plus d'infos sur http://briot-cohenaknin.hautetfort.com.

 

« pourrions-nous rester vivre avec ces anciens frères et attendre que nos liens se renouent plutôt que traverser la mer comme une rigole de sang ? nous sommes devenus invisibles dans mon pays poussent des grilles invisibles pousseront même quand j'aurai trois cents ans » (pages 16-17)

 

« c'est contre la nostalgie que je grandis » (page 21)

 

« pas à pas viennent les mots leurs enchaînements leurs enchevêtrements leurs inventions en même temps que leur destruction » (page 31)

 

 

« j'écris est-ce pour cela que tu souris » (page 39)

 

L'auteur prévient le lecteur en préambule : « Les textes sont écrits sans ponctuation dans une continuité qui rappelle les textes anciens où il faut dénouer soi-même les phrases reliées l'une à l'autre. Ça s'est imposé dans l'écriture, comme si, à ce moment-là, la ponctuation appartenait de nouveau au mot, son ventre. » (page 9).

Ces textes poétiques pourraient paraître courts et faciles à lire mais, du fait du manque de ponctuation, il faut un peu plus réfléchir, s'arrêter au bon moment ou revenir en arrière, comprendre le choix des mots, « leurs enchaînements (et) leurs enchevêtrements » comme le dit l'auteur, leur musicalité, mais la lecture est très belle, tendre, presque douloureuse car l'auteur raconte son enfance, sa famille, l'Afrique du Nord, le bonheur, et puis l'arrachement à la terre natale, l'exil et sa sœur jumelle morte de maladie.

Le livre est beau, grand format et en papier épais façon kraft avec un marque-page assorti (artisanal). Il est aussi un spectacle avec l'auteur qui lit son texte et une danseuse chorégraphe (mais je n'ai jamais vu ce spectacle) qui montre le lien invisible entre le frère et la sœur, et en général entre l'homme et la femme.

J'aimerais lire d'autres livres d'André Cohen Aknin et pas seulement son roman.

 

Une lecture pour les challenges

Lire sous la contrainte (nom + nom)

et Littérature francophone.

 

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11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 03:06

La cantatrice chauve est une pièce d'Eugène Ionesco parue en 1950 aux éditions Gallimard. Il existe plusieurs éditions, par exemple celle de Folio (que j'ai lue, avec à la suite le drame comique La leçon dont je vous parlerai une autre fois) ou celles plus récentes de Classico, de Folio théâtre, de Foliothèque, sans compter les intégrales comme Théâtre dans la collection Blanche ou Théâtre complet dans la Bibliothèque de La Pléiade.

 

La première représentation de La cantatrice chauve eut lieu le 11 mai 1950 au Théâtre des Noctambules fondé en 1894 (7 rue Champollion à Paris dans le 5e arrondissement, dans le Quartier Latin) et le metteur en scène était Nicolas Bataille (1926-2008). Depuis 1957, elle est représentée au Théâtre de la Huchette (23 rue de la Huchette à Paris dans le 5e arrondissement). Elle fait partie des pièces les plus représentées en France (et peut-être même au monde) et elle a reçu un Molière d'honneur en 1989.

 

Eugène Ionesco est né Eugen Ionescu le 26 novembre 1909 à Slatina (Roumanie). Son père était Roumain et sa mère était une Française qui a grandi en Roumanie.

Il était dramaturge et écrivain dans les deux langues, roumain et français. Il a aussi écrit quelques poèmes et dans les années 1980, il a commencé à dessiner, à peindre et à réaliser des lithographies.

Entre 1913 et 1942, il a vécu soit en France soit en Roumanie selon les vicissitudes de la vie (séparation de ses parents, remariage de son père, études, guerre...).

En 1928, lors de ses études de français à Bucarest, il a rencontré Émile Michel Cioran et Mircea Éliade qui deviendront deux autres grands auteurs roumains, exilés aussi en France (puis aux États-Unis pour Éliade) et écrivant également en français. Il a aussi rencontré Rodica Burileanu, une étudiante en philosophie et en droit qui deviendra son épouse en 1936.

Dès 1934, à la fin de ses études, Ionesco a enseigné le français à Bucarest et en 1938, il a obtenu une bourse pour étudier à Paris (thèse de doctorat sur les thèmes du péché et de la mort dans la poésie moderne depuis Baudelaire).

En mai 1942, Ionesco et son épouse se sont installés définitivement en France. Marie-France, leur fille unique, y est née le 26 août 1944 et Ionesco a travaillé comme correcteur pour une maison d'éditions juridiques jusqu'en 1955.

Parallèlement à ce travail, il commença à écrire des pièces dès 1947 mais il connut le succès en 1959 avec Rhinocéros paru aux éditions Gallimard (il est – avec Samuel Beckett – le père du théâtre de l'absurde) et il entra à l'Académie française en 1970.

Eugène Ionesco se considérait comme un « anti-auteur » qui écrivait des « anti-pièces ». Il est en fait un avant-gardiste, déjà reconnu de son vivant comme un auteur classique, et aussi un auteur engagé qui a lutté contre tous les totalitarismes (ce qui le rapproche d'Albert Camus).

Il est mort le 28 mars 1994 à Paris laissant une œuvre conséquente. Du théâtre avec parmi ses titres les plus célèbres La cantatrice chauve (1950), Les chaises (1952), Le maître (1953), Le tableau (1955), Rhinocéros (1959), Le roi se meurt (1962), etc., un recueil de nouvelles : La photo du colonel (1962), un roman : Le solitaire (1973, un livret d'opéra : Maximilien Kolbe (1985) et quelques essais.

Plus d'infos sur http://www.ionesco.org/, un site consacré à Eugène Ionesco et son œuvre, créé en 1997 par Søren Olsen et rédigé en français, danois et anglais.

 

J'ai lu beaucoup de titres de Ionesco il y a une trentaine d'années, j'étais à fond dans son œuvre, j'adorais son théâtre, son sens de l'absurde et j'ai lu tout ce que j'ai trouvé à l'époque puis je ne l'ai plus (re)lu mais j'en ressentais parfois l'envie. Le challenge ABC critiques 2012-2013 de Babelio se termine le 12 septembre (demain) et j'ai remarqué que je n'avais pas d'auteur pour la lettre I : ce fut donc l'occasion pour moi de relire in extremis Ionesco ! Et j'ai choisi La cantatrice chauve parce que c'est son premier livre, sa première pièce (autant reprendre par le début !).

 

Il y a six personnages :

Monsieur et Madame Smith, un couple d'Anglais vivant à Londres et se comportant de façon très anglaise et Mary, leur bonne.

Monsieur et Madame Martin, un autre couple d'Anglais, vivant à Londres mais originaires de Manchester.

Le capitaine des pompiers qui apparemment est le petit ami de Mary.

 

« Intérieur bourgeois anglais, avec des fauteuils anglais. Soirée anglaise. [...] Un long moment de silence anglais [...] » (page 11). J'adore ! Ah, le silence anglais...

Monsieur Smith lit le journal et ne répond à son épouse qu'en faisant claquer sa langue. Madame Smith raccommode des chaussettes et parle de leur excellent repas du soir : un repas anglais bien sûr et il faut bien manger du poisson frais car « ça fait aller aux cabinets » (page 12), bon sang, c'est à pisser de rire, puis de leurs enfants et petits-enfants, puis de choses et d'autres. La conversation est en fait d'abord un monologue de Madame Smith, qui parle de manière mécanique, c'est vraiment étrange, presque dérangeant. Et quand Monsieur Smith prend la parole, ce n'est pas piqué des hannetons (ou des vers, comme vous voulez) : « Un médecin consciencieux doit mourir avec le malade s'ils ne peuvent pas guérir ensemble. » (page 14), de la même façon qu'un capitaine de bateau périt avec son bateau. Il doit y avoir pénurie de médecins en Angleterre, et peut-être même de commandants de bateaux ! Au bout d'un moment, Monsieur Smith s'énerve : « Je ne peux pas tout savoir. Je ne peux pas répondre à toutes tes questions idiotes ! » (page 20). Quel couple charmant...

Heureusement arrive la bonne, Mary. Elle a passé une excellente journée car elle a été au cinéma avec son amoureux. Mais, devant la porte, elle a trouvé Monsieur et Madame Martin qui étaient invités pour le repas du soir et qui n'ont pas osé entrer car la bonne (absente donc) n'était pas venue leur ouvrir... Oh punaise ! J'y crois pas !

Pendant que les époux Smith vont se changer (ils portaient déjà leurs vêtements de nuit), les Martin entrent et attendent le retour de leurs amis. Leur conversation est tout aussi surréaliste et absurde que celle des Smith !

Lorsque les Smith viennent rejoindre les Martin (d'ailleurs sans s'être changés), c'est une succession de conversation gênée et de silences entrecoupés par des coups de sonnette à la porte. C'est le capitaine des pompiers avec « un énorme casque qui brille et un uniforme » (page 43).

 

Mon passage préféré : c'est juste après la « fable expérimentale » avec le bœuf et le chien.

« Mme Martin : Quelle est la morale ?

Le pompier : C'est à vous de la trouver. » (page 56).

 

À méditer

« Mme Smith : J'aime mieux un oiseau dans un champ qu'une chaussette dans une brouette. » (page 73).

« M. Martin : Le papier c'est pour écrire, le chat c'est pour le rat. Le fromage c'est pour griffer. » (page 74).

Et il y en a d'autres !

 

C'est en consultant L'anglais sans peine de la méthode Assimil (dialogues bizarres, phrases qui n'ont pas de rapport les unes avec les autres) que Ionesco a eu l'idée de cette pièce dramatique en un acte de 11 scènes, une « anti-pièce » comme il dit.

Il y met aussi sans en parler toute la gravité de la guerre et montre l'interchangeabilité des humains.

Le lecteur (le spectateur aussi) côtoie deux couples d'Anglais dans la plus pure tradition anglaise mais leurs répliques sont de plus en plus surréalistes, pleines de dérision et de non-sens.

C'est sûr, Ionesco manie l'absurde à la perfection ! Et le dénouement, tonitruant, est surprenant, déroutant.

Les propos sont saugrenus, et même incohérents (comme la pendule qui sonne n'importe quoi n'importe quand), ça saute du coq à l'âne, il faut suivre... ou pas !

Au départ, le titre était L'anglais sans peine et le lecteur se demande pourquoi la cantatrice chauve ? On l'apprend grâce au pompier qui confond institutrice blonde et cantatrice chauve !

Je vais (re)lire dès que possible d'autres pièces de Ionesco, c'est sûr et certain.

 

Sur UbuwebSound, il est possible d'entendre Eugène Ionesco lire La cantatrice chauve ainsi que La leçon.

Une lecture pour les challenges ABC critiques 2012-2013Bookineurs en couleurs (couverture blanche), Littérature francophone (Roumain qui écrit en français) et Un classique par mois.

 

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23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 04:13

La sérénade d'Ibrahim Santos est un roman de Yamen Manai paru aux éditions Elyzad en août 2011 (273 pages, 18,90 €, ISBN 978-9973-58-035-1).

 

Mieux vaut tard que jamais ! Vous rappelez-vous de ma note de lecture de La marche de l'incertitude, de Yamen Manai ? C'était en février 2012 et j'avais beaucoup aimé ce premier roman de l'auteur. Eh bien, j'avais reçu La sérénade d'Ibrahim Santos... en même temps... Alors, avec énormément de retard, je remercie encore Libly !

 

Yamen Manai est né en 1980 à Tunis. Il a fait ses études en France et vit à Paris. Il est ingénieur en nouvelles technologies de l'information. La sérénade d'Ibrahim Santos est son deuxième roman. Pour le plaisir, je remets la photo de l'auteur (ci-dessous).

 

Puerto Novo, Caraïbes. Santa Clara, ville de la canne à sucre et du rhum, a été fondée il y a plus de 300 ans par... des ivrognes qui avaient embarqué avec eux quelques prostituées !

Un jour, le Président-Général Alvaro Benitez qui gouverne le pays « d'une main de fer depuis une vingtaine d'années » goûte du rhum de 15 ans d'âge de Santa Clara (ah, quel rhum !) mais il ne trouve pas la ville sur sa carte pourtant récente.

« D'où vient ce putain de rhum ? » (pages 11 et 12).

Tout est alors mis en œuvre pour trouver Santa Clara.

Pendant ce temps, à Santa Clara, la gitane Lia Carmen Sangalo voit dans son marc de café de sombres présages.

« Il n'y a plus rien à faire […]. Les dés sont jetés et le pire est à craindre. » (page 18).

Or, à Santa Clara, personne – même le maire José Ricardo Silva – ne sait que la Révolution a eu lieu et qu'un nouveau pouvoir est en place depuis 20 ans. Tout le monde est heureux et, chaque soir, c'est la fête sur la place principale avec les sérénades d'Ibrahim Santos qui prédit avec son violon le temps du lendemain.

Mais le capitaine Manuel Jésus del Horno, ayant découvert Santa Clara avec ses deux lieutenants, annonce aux habitants que dans trois jours arriveront pour goûter le rhum et décider du sort du village le Premier ministre, Alfonso Benitez, frère du nouveau Président, et le Ministre de l'agriculture, Alvaro Uribe qui a créé une Académie agricole.

« La situation à laquelle nous sommes confrontés ici est très sérieuse, annonça sèchement le capitaine Manuel Jésus del Horno. Il y a une vingtaine d'années, la Révolution menée par notre Général Alvaro Benitez et ses fidèles compagnons a mis fin à la dictature du Général Burgos. Une nouvelle ère d'égalité, de devoir et de justice a alors commencé, et grâce à Dieu, elle perdure encore. […] Tout le pays a célébré la Révolution, hormis ce patelin perdu ! » (page 30).

« L'hymne a changé, le drapeau a changé, la maxime de l'État a changé. Le nom des rues, le nom des écoles... Il faut tout reprendre, tout réapprendre, et nous ne disposons que de trois jours. Est-ce que c'est compris ? » (page 32).

Ibrahim Santos doit écouter les trois militaires chanter le nouvel hymne national pour en trouver les notes et s'entraîner à le jouer avec ses musiciens.

C'en est presque burlesque...

Mais, après la visite des deux ministres, Uribe envoie son poulain : Joaquín Calderon, un orphelin qui est le premier sorti Major de promotion de l'Académie agricole.

Les habitants voient le jeune ingénieur agricole comme « un vautour menaçant qui convoite la terre chérie des paysans ! » (page 147).

Pourquoi changer les méthodes d'aimer la terre ? Ils avaient « des pratiques centenaires, héritées de leurs ancêtres, qui n'avaient jamais été dictées par des militaires ou des politiciens. » (page 154).

Pour affirmer leur autorité et éviter la rébellion (tu parles !), les militaires confisquent les instruments de musique considérés comme antirévolutionnaires et placent Calderon à la tête de la mairie.

 

Vous vous en doutez, tout ça va mal se terminer !

 

La population de Santa Clara vivait bien, la famille, le travail, la fête : c'était une vie insouciante et calme. Le maire et le prêtre avaient chacun leur place et il y avait même Eddie Tortino, l'idiot du village qui jouait de la trompette. Mais tout va changer le jour où le gouvernement, le ministère de l'agriculture et les militaires viennent mettre leur grain de sel. Calderon, l'ingénieur envoyé par Uribe avec la mission de mettre l'agriculture aux nouvelles normes, a de la technologie chimique (désherbant, engrais) et installe le progrès (nouvelle rhumerie, cuves en inox, baromètre) mais il ne connaît pas la terre, le terroir, il ne l'aime pas comme les gens qui ont toujours vécu à Santa Clara depuis plusieurs générations.

« Le rhum qui en sortira aura le goût du sang que le maire a fait couler. Là sera le moment des comptes. » (page 197).

 

Pas sûre qu'en remplaçant un dictateur quel qu'il soit par un autre dictateur, on arrive à quelque chose de mieux, même si c'est soi-disant pour le bien du peuple.

« On parviendra à l'autosuffisance, même s'il faut pour cela que le peuple arrête de manger » (page 71) : voici l'objectif du Président-Général Alvaro Benitez !

Ainsi, ce roman dénonce la dictature, toutes les dictatures où qu'elles soient dans le monde. Partout où des gens n'ont plus de liberté, plus le droit de dire ou même de penser, partout où ils sont obligés de faire ce qu'ils ne veulent pas, il en faut qui se lèvent et qui risquent leur vie pour changer les choses !

Et pour Santa Clara, ils sont là et j'ai bien apprécié que l'auteur fasse des flash backs pour raconter leur passé, parce que ce sont des êtres qui ont une histoire, une vision différente de la vie, un don, un espoir qui emporte tout le monde avec eux.

 

Un mot que je ne connaissais pas : angélophanie (page 89). C'est la vision ou l'apparition d'un (ou de plusieurs) ange(s).

 

Ma phrase préférée

« Peu importe d'où viennent les hommes, tant qu'ils vont de l'avant. » (page 122).

 

La sérénade d'Ibrahim Santos a reçu trois prix littéraires en 2012 : Prix Alain-Fournier, Prix de la Bastide du Salon du livre de Villeneuve-sur-Lot et Prix Biblioblog. Et il les mérite ! Ce « conte, avec une pincée de réalisme magique » (dixit la 4e de couverture) est un grand récit poétique et philosophique qui fait la part belle à la musique et qui dénonce le totalitarisme (pas seulement la dictature en Tunique mais toutes les dictatures). D'ailleurs, sur la page de titre, l'éditeur a ajouté : « À tous les dictateurs du monde, regardez donc défiler les heures à vos montres d'or et de diamants. Les peuples vous arracheront leurs rêves, les peuples sonneront votre glas. »

 

Une lecture pour les challenges Amérique Centrale, Amérique du Sud (l'histoire se déroule aux Caraïbes et l'auteur s'est inspiré de Cuba), Des contes à rendre, Des livres et des îles (Caraïbes), Littérature francophone (Tunisie), Petit Bac 2013 (catégorie Prénom) et Tour du monde en 8 ans (Tunisie).

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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 04:47

11000Verges.jpgLes onze mille verges, ou les amours d'un hospodar est un roman de Guillaume Apollinaire paru en 1907 (couverture originale ci-contre, 120 pages).

 

Guillaume Apollinaire est né le 26 août 1880 à Rome en Italie. Il était Polonais et citoyen de l'Empire russe mais fut naturalisé Français en 1914 : il se battit pour la France durant la première guerre mondiale et affaibli par sa blessure de guerre, il mourut de la grippe espagnole le 9 novembre 1918 à Paris. Il est un des grands auteurs francophones du début du XXe siècle : poésie (dont calligrammes), romans, contes, essais, pièces de théâtre.

 

Le prince Mony Vibescu vit à Bucarest. Il a une sexualité bien remplie mais rêve de Paris et surtout des Parisiennes !

Son arrière-grand-père a été hospodar, équivalent de sous-préfet, et ce titre s'est transmis avec le nom mais Mony préfére se faire appeler Prince.

Après une visite chez Brandi Fornoski, le vice-consul de Serbie, Mony décide de partir à Paris. « Mon cher Brandi, j'en ai assez d'être enculé par toi, j'en ai assez des femmes de Bucarest, j'en ai assez de dépenser ici ma fortune avec laquelle je serais si heureux à Paris. Avant deux heures je serai parti. J'espère m'y amuser énormément et je te dis adieu. Mony, prince Vibescu, hospodar héréditaire. »

À Paris, Mony rencontre Culculine d'Ancône et son amie Alexine Mangetout (quels noms !), Mariette (la femme de chambre de son hôtel) entre autres et s'en donne à cœur joie.

Lorsqu'il apprend la mort de Brandi, Mony retourne à Bucarest avec son valet Cornabœux car il est l'héritier de son ami défunt. À bord de l'Orient-Express, il rencontre Estelle Ronange, une actrice française qui va jouer à Vienne.

 

Mony déclare : « Que les onze mille vierges ou même onze mille verges me châtient si je mens ! ». Je pense que le titre vient de cette phrase. Car Mony va être châtié... Il est las de la façon dont son ami le traite à Bucarest mais à Paris, il se fait mettre par un cocher venu rechercher son fouet chez Alexine, et à son hôtel par le masseur (« proprement »), le coiffeur (« artistiquement ») et le manucure-pédicure (« vigoureusement »). Il se fait aussi agresser, violenter, fouetter, torturer... Finalement, il prend plaisir à tout ça (grand bien lui fasse). Mais ce n'est rien par rapport à ce qu'il fait subir aux autres (femmes, enfants et hommes).

Ce roman est parmi les plus connus d'Apollinaire et il est classé dans les classiques de la littérature érotique. Je comprends que la littérature érotique puisse émoustiller mais là, ça parle trop de tétons, de vit, de gland, de couilles, de con, de clitoris, de fesses, de cul, de foutre, de pets, d'étrons, de baise, de sodomie... Il y en a partout, on a l'impression que la vie se limite à ça. Et quand, lors d'une orgie chez Natacha Kolowitch, un garçon de 11 ans et une fillette de 8 ans sont violés, j'ai préféré stoppé ma lecture. Plus loin, c'est encore pire, avec le viol d'un bébé danois...

Est-ce qu'il y a des gens qui aiment lire ça ? Est-ce que les gens savent que ça parle de viols, de pédophilie, d'inceste (un général et son fils de 12 ans), de nécrophilie, de coprophilie, de zoophilie, de torture ?

En fait, très rapidement, le récit n'a plus ni queue ni tête (sans jeu de mots), ça dégouline de bave, de foutre, de merde, et ça devient simplement un tour d'Europe de la baise voire de meurtres.

ClassiqueMois1Tout ça est plus pornographique et obscène qu'érotique. Franchement je préfère lire un bon polar et je ne pense pas reparler de ce genre de littérature avant longtemps !

 

Une lecture que j'avais faite pour la catégorie « Inavouable » du challenge Le tour des genres en 365 jours : j'avais finalement présenté un autre livre mais comme je suis en panne de classique ce mois-ci pour le challenge Un classique par mois, je ressors cette note de lecture ! Que je place aussi dans les challenges La Belle Époque, Cent pages, Je lis des nouvelles et des novellas, Lire sous la contrainte (chiffre, nombre), Littérature francophone, Petit Bac 2013 (catégorie Corps humain ou Chiffre/nombre).

ChallengeBelleEpoque DefiCentPages NouvellesChallenge2
LireContrainte6 LittFrancophone PetitBac2013


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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 04:27

TaisToiMeurs.jpgCoupCoeur2012Tais-toi et meurs est un roman d'Alain Mabanckou paru aux éditions La Branche dans la collection Vendredi 13 en septembre 2012 (221 pages, 15 €, ISBN 978-2-35306-055-9).

 

Je remercie Gilles Paris de m'avoir envoyé ce roman et je tiens à m'excuser pour le retard car je l'ai lu à l'automne mais j'ai pris du retard dans la rédaction de mes notes de lecture.

 

Alain Mabanckou est né le 24 février 1966 à Pointe Noire en République du Congo. Auteur de romans, poèmes et essais, il a reçu de nombreux prix et son œuvre a été récompensée par l'Académie française en 2012. Pour la collection Vendredi 13, il se lance ici dans le polar. Plus d'infos sur http://www.alainmabanckou.net/.

 

Julien Makambo est Congolais.

« Dans notre langue du Congo-Brazzaville, le lingala, Makambo signifie « les ennuis ». J'ignore ce qui avait piqué mes parents pour m'attribuer un tel nom […]. » (page 13).

Il est en France depuis 4 ans sous le nom de José Montfort. En fait, il est à Fresnes depuis un an et demi et écrit son histoire dans son journal.

« Ma vie n'est pas une fiction, et mon histoire relève bien de la réalité. » (page 15).

Ce fameux vendredi 13, le jour où il a été arrêté, Julien/José a été le témoin de la défenestration d'une jeune femme.

« Maître, je vous l'ai dit mille fois : moi j'étais en bas, dans la rue, et paf, cette fille est tombée du cinquième étage à quelques mètres de moi ! Je vous jure que je n'étais pas entré dans l'immeuble, et c'est la première fois que je mettais les pieds dans cette rue ! » (page 19).

S'il était dans la rue du Canada, à ce moment-là, c'est parce que Pedro le lui avait demandé... Pedro qui l'avait accueilli à son arrivée en France et qui l'avait pris sous son aile.

« Pedro est pour moi un grand frère. Cela a son poids, en Afrique, où le grand frère a toujours raison. » (page 48).

Sauf, qu'en France, le grand frère a piégé Julien/José...

 

Mes passages préférés

« Comment oublier le premier jour de mon arrivée en France ? L'Europe était là, devant moi. Cet espace qui nous obsédait depuis le pays était enfin une réalité. » (page 52).

« Dans quel monde nous sommes si les Martiniquais commencent à frauder dans le métro comme les Africains, hein ? » (pages 73-74).

« Pour se rendre compte de la généralisation de la crise il n'y avait qu'à voir comment certains bars congolais […] étaient à moitié vides. » (page 151).

 

Génial, Alain Mabanckou ! C'était la première fois que je le lisais ! Eh oui ! Et je peux vous dire que ce n'est pas la dernière ! Bien sûr, je connaissais l'auteur, je l'avais vu dans des émissions (peut-être La grande librairie), j'avais lu des articles et je voyais ses livres en librairie mais je n'avais jamais eu l'occasion d'en lire un seul avant Tais-toi et meurs.

Déjà le titre est attirant, il explique bien la mentalité de Pedro qui a piégé le candide Julien : tu m'as obéi, heureusement, maintenant tu es en prison, alors tais-toi et meurs, et si tu parles quand tu sors, t'es mort. Alors Julien ne parle pas, ou très peu, il écrit ; de toute façon personne ne le croit, il est le coupable idéal.

Tais-toi et meurs est un roman noir, un indicateur de la communauté noire à Paris, les nouveaux arrivants doivent entrer dans le rang et obéir aux règles fixées par ceux qui sont là depuis plus longtemps et qui gèrent tout, de leur arrivée à leur mort. Fringues et pompes en croco, boîtes de nuit, combines, vols... Pas d'échappatoire !

Une pointe de cynisme et une bonne dose de malchance, voici donc l'histoire de Julien Makambo de la tribu des Bembés ! Une histoire que j'ai dévorée avec un immense plaisir car je n'ai pas pu lâcher ce roman pourtant il n'y a pas un suspense insoutenable, juste un homme qui raconte... Mais quelle histoire !

 

 

Une lecture dans les challenges

1 % de la rentrée littéraire 2012,

Le crime n'a pas de frontière,

Thrillers et polars, sans oublier

le Cercle de lecture de Tête de Litote

(histoire du peuple noir en mars)

et Littérature francophone.

ChallengeCrime ThrillersPolars
Rentreelitt2012-1 CercleLecture2013 LittFrancophone

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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 05:22

UneEtoile.jpgCoupCoeur2011Une étoile aux cheveux noirs est un roman d'Ahmed Kalouaz paru aux éditions du Rouergue dans la collection La Brune en novembre 2011 (108 pages, 12,80 €, ISBN 978-2-8126-0263-4).

 

Ahmed Kalouaz est né en 1952 à Arzew, près d'Oran, en Algérie. Il est romancier, nouvelliste, poète, dramaturge et auteur pour la jeunesse. Il vit à Villeneuve lès Avignon, dans le Gard.

 

Yamina, née en Algérie en 1927, a débarqué à Marseille en 1952 avec un enfant pour rejoindre son mari. En France, elle a eu d'autres enfants. Ils ont grandi et l'ont quittée, et son mari est mort depuis une vingtaine d'années. Elle habite donc seule au 8e étage dans un appartement à La Mure, près de Grenoble, en Isère.

« L'immeuble où tu as passé plus de 40 ans de ta vie va être rasé, grignoté, haché, par une machine qui mange le béton, le digère, le transforme en poussière. » (page 14).

Subir ça à 84 ans, c'est comme un nouveau déracinement pour elle.

Le narrateur décide donc de rendre visite à sa mère qu'il n'a pas vue depuis plusieurs semaines. Mais il va faire les 1 000 km qui séparent Brignogan, en Bretagne, de La Mure en mobylette !

« J'ai choisi la Motobécane bleue que pilotait mon père pour se rendre à son travail. » (page 9).

C'est la dernière semaine de septembre et il a prévu un voyage de dix jours.

 

Ce roman est remarquable sur plusieurs points. Voici ceux qui m'ont le plus touchée :

Éloge de la lenteur, de la volonté de prendre son temps. « […] il est impossible de suspendre le temps mais je vais tenter de le ralentir, prenant la route à vitesse lente, pour mieux te retrouver, traverser tout un pays, pour rejoindre le tien, là où tes rides sont devenues une certitude, comme un viatique pour la contrée des craintes […]. » (page 8). « À allure douce, je vais y revenir, rentrer chez nous en quelque sorte. » (page 9). « La poésie va lentement aussi, les phrases précieuses se construisent sans s'occuper du temps. » (page 9).

Originalité. Le narrateur s'adresse à sa mère (qui est restée illettrée) comme s'il lui écrivait une longue lettre, en plus très poétique, dans laquelle il raconte à la fois son voyage et les souvenirs de la famille (difficultés d'adaptation à ce nouveau pays, racisme, travail du père, jalousie à la naissance des autres enfants, éducation des enfants pour qu'ils ne tombent pas dans la délinquance, absence de dialogue entre le père et ses enfants...). « Quand tu m'invites à prendre place dans la cuisine près de toi, ces images-là reviennent, avec un peu de buée sur les vitres, un banc de brouillard dans ma mémoire. » (page 76).

Souvenirs et temps présent : les souvenirs qui se bousculent dans la tête du narrateur pendant qu'il roule alternent avec les rencontres du voyage (les gens dans les villages traversés, des pêcheurs, des routiers, un cycliste, des chevaux et un palefrenier, le propriétaire d'un gîte...) et les problèmes mécaniques de la mobylette. J'ai noté qu'à aucun moment, il n'y avait du racisme envers lui, de la surprise au vu de son moyen de transport, de l'intérêt et de la gentillesse, mais pas de racisme et c'est tant mieux.

Tendresse. Bien sûr, le narrateur aime sa mère et lui « parle » avec une grande douceur mais il dit aussi les incompréhensions face à son comportement (refus de déménager dans un appartement neuf et plus confortable) et ses idées (fuite dans la religion). L'auteur écrit avec une grande sensibilité, avec simplicité et humilité aussi, et le récit est vraiment touchant.

Amour du pays. Durant le voyage, le narrateur chante des chansons françaises à tue-tête, il aime son pays, la France, ce pays qui lui a permis d'aller à l'école, de tout apprendre, de pouvoir vivre bien. Il est conscient que ses parents ont souffert de l'exil et qu'ils ont souhaité retourner là-bas mais là-bas, ce n'est plus leur pays et ce n'est pas son pays.

VieillesseChallengeVieillesse. Le narrateur parle aussi très bien de la vieillesse et de la condition de femme seule à cet âge. « La vieillesse est un dépouillement, une dépossession, l'hiver de la vie emporte les dernières illusions, les pommiers en fleurs, les amandiers de ton enfance. » (page 26). « Je ne me doutais pas qu'un jour viendrait le spectacle de la vieillesse à l'œuvre, la démarche qui se fait plus lente, moins assurée, une plus grande fatigue encore sur ton visage, des mots avec moi d'avenir et sans rime. » (page 49). « Ta jeunesse s'en est allée ainsi, de jour en jour, de mois en mois, de paroles tues sous le poids des nuits. » (page 98). Et je vais mettre ce roman dans le challenge Ô vieillesse ennemie.

 

Ma phrase préférée

« Aux arrogants, les pauvres doivent expliquer encore et toujours pourquoi ils sont pauvres, pourquoi il leur manque de l'argent, un soupçon de dignité. » (page 48).

 

J'ai essayé de reconstituer le trajet de l'auteur (merci à Google Maps itinéraire !). Je ne suis pas sûre à 100 % du trajet mais en gros, ça doit être ça. (Cliquez sur la carte).

UneEtoiteItineraire.jpg

 

 DefiCentPages LireContrainte5 LittFrancophone
 PetitBac2013 Je mets ce roman dans les challenges Cent pages, Lire sous la contrainte (couleur), Petit Bac 2013 (catégorie partie du corps humain pour les cheveux, j'aurais aussi pu le mettre dans la catégorie couleur), Littérature francophone, Vivent nos régions (l'auteur décrit très bien l'Isère, la région de Chambaran, le Vercors, tels qu'il s'en rappelle et tels qu'ils sont maintenant). RegionsChallenge2

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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 17:48

Dès le 10 novembre 2012, Denis a commencé à parler d'un challenge Littérature francophone et d'un logo pour ce challenge. Au fil de ses idées et des échanges avec les premières blogueuses intéressées, le nom du challenge est devenu Littérature francophone d'ailleurs et Fabienne a élaboré un joli logo. Et puis, suite à la lecture d'un livre sur la francophonie, Denis a noté une géographie des littératures francophones qui servira à classer les lectures des participants.

Ayant suivi ce projet depuis le début, j'ai tout de suite annoncé à Denis que je souhaitais participer à ce nouveau challenge et j'officialise ma participation avec ce billet.

Si vous souhaitez participer (Denis accepte la rétroactivité des billets donc vos anciennes lectures comptent), manifestez-vous sur un des articles cités ci-dessus !

 

LittFrancophone.jpg

Mes articles pour ce challenge

 

1er groupe : la littérature des pays où le français est la langue maternelle des écrivains : Belgique, Suisse, Québec/Canada français.

Auteurs nés en Belgique : Philippe Geluck et Le Chat. Le boulevard périphérique, de Henry Bauchau. L'homme qui valait 35 milliards, de Nicolas Ancion. Les rouges portes de Lorraine – Roman fauve 1, d'André-Marcel Adamek. La vieille dame qui n'avait jamais joué au tennis, de Zidrou (BD). La sagesse de l'éditeur, de Hubert Nyssen. éternels instants, d'Edgar Kosma. Le manuscrit de Sainte-Catherine, de Willy Deweert. Le roman de Saigon, de Raymond Reding. L'unique objet de mon désir, de Frédéric Teillard. Kosaburo, 1945, de Nicole Roland. Petits contes amoureux, de Gudule et Samuel RibeyronSaïmiri, de Béa Deru-Renard et Anne-Catherine De Boel. Un jour sans, de Rémy Benjamin et Pero (BD). Journal d'Hirondelle, d'Amélie Nothomb. Les contes d'Amy, de Frédéric Livyns. Barbares, de Southeast Jones.

Auteurs nés en Suisse : Œuvres, de Nicolas Bouvier. Un roman russe et drôle, de Catherine Lovey.

Auteurs nés au Québec/Canada « français » : Burquette, de Francis Desharnais (BD). Les 9 vies d'Edward, de Chrystine Brouillet. Burquette 2, de Francis Desharnais (BD). Thure, de Thierry Leuzy. L'ostie d'chat, de Zviane (BD). La Constellation du Chien, de Pascal Chevarie (théâtre).

 

2e groupe : la littérature des pays où le français s'est développé comme langue de colonisation et subsiste comme langue de culture ou de communication : Afrique subsaharienne, Madagascar, Maghreb (Algérie, Tunisie, Maroc), pays de la péninsule indochinoise (Vietnam, Cambodge, Laos).

AFRIQUE

Auteurs nés en Algérie : Le village de l'Allemand ou le journal des frères Schiller, de Boualem Sansal. L'attentat, de Yasmina Khadra. La partie de Mah-jong de l'Empereur, d'Adam Katzmann. L'envers des autres, de Kaouther Adimi. Une étoile aux cheveux noirs, d'Ahmed Kalouaz. Le sourire de l'absente, d'André Cohen Aknin.

Auteurs nés au Congo, République du (ou Congo-Brazzaville) : Tais-toi et meurs, d'Alain Mabanckou.

Auteurs nés au Maroc : Longtemps j'ai rêvé d'elle, de Thierry Cohen. Si tu existes ailleurs, de Thierry Cohen.

Auteurs nés en Tunisie : La marche de l'incertitude, de Yamen ManaiLa sérénade d'Ibrahim Santos, de Yamen Manai.

Auteurs nés en Afrique subsaharienne ou Afrique noire : La malédiction du Lamantin, de Moussa Konaté (Mali). L'empreinte du renard, de Moussa Konaté (Mali). Celles qui attendent, de Fatou Diome (Sénégal). Aya de Yopougon – 1, de Marguerite Abouet (Sénégal, BD). Léodine l'Africaine, d'Albert Russo (Congo belge/Zaïre). L'oiseau qui avait enterré sa mère dans sa tête, de N'Fassory Bangoura (Guinée, écrit moitié en français moitié en soussou). L'aile des princes – Le couvent de la reine 1, de Lova Pourier (Madagascar).

ASIE

Auteurs nés au Vietnam : Soleil fané, de Tuyêt-Nga Nguyên. L'année du lièvre 1 – Au revoir Phnom Penh, de Tian (BD). Sur la route de Banlung : Cambodge 1993, de Rochel et Vink (BD).

 

3e groupe : la littérature des îles : îles créoles , Antilles, Haïti, îles de l'océan indien.

 

4e groupe : la littérature des écrivains qui ont choisi de s'exprimer en français (et qui ne viennent pas des pays cités plus haut).

AMÉRIQUE

Auteurs nés en Argentine : Le lion, de Joseph Kessel.

Auteurs nés au Brésil : Le libraire, de Regis de Sá Moreira. Survivants 1, anomalies quantiques, de Leo (BD). Aldébaran 1 à 5, de Leo (BD).

ASIE

Auteurs nés en Chine : La Chinoise de Paname, de Brigitte Chao. La cithare nue, de Shan Sa.

Auteurs nés en Corée du Sud : Le roi banal, d'Ozanam et Kyung-Eun (BD). Halmé, de Juhyun Choi (BD).

Auteurs nés en IndeAujourd'hui l'Inde, de Tirthankar Chanda et Olivier Da Lage.

Auteurs nés en Iran : Qui a tué l'ayatollah Kanuni ?, de Naïri Nahapétian. Le libraire d'Amsterdam, d'Amineh Pakravan. Les exilés : une chronique iranienne, d'Emmanuel Razavi. Zahra's paradise, de Khalil et Amir (BD).

Auteurs nés au Liban : Mouton, de Zeina Abirached (album illustré).

Auteurs nés à Taïwan : Formose, de Li-Chin Lin (roman graphique).

EUROPE

Auteurs nés en Angleterre : Et le bébé était cuit à point, de Mary Dollinger. Les carnets d'une bourgeoise déchue, de Diane Rauscher-Kennedy.

Auteurs nés au Danemark : Le chien de Don Quichotte, de Pia Petersen.

Auteurs nés en Italie : Les onze milles verges, de Guillaume Apollinaire.

Auteurs nés en Norvège : Low moon, de Jason (BD + liens vers ses autres BD).

Auteurs nés en Roumanie : La cantatrice chauve, d'Eugène Ionesco (théâtre).

Auteurs nés en Russie : Henri Troyat. Le roman de Tolstoï, de Vladimir Fédorovski. Mémoires d'un âne, de la Comtesse de Ségur.

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22 août 2012 3 22 /08 /août /2012 04:38

CouventReine1.jpgL'aile des princes est un roman de Lova Pourrier, le premier tome de la série Le couvent de la reine. Il est paru aux éditions Éveil & Découvertes dans la collection Vendredi soir en novembre 2010 (203 pages, 15 €, ISBN 978-2-35366-057-5). Quelques illustrations en noir et blanc d'Alice Dufeu.

 

Lova Pourrier est née en 1980 à Madagascar et a grandi au Sénégal puis en France où elle vit actuellement. Elle a déjà écrit une biographie de Marie-Antoinette, Le destin d'une couronne (Pierre Téqui, 2009) et quelques pièces de théâtre (non publiées) mais L'aile des princes est son premier roman. Plus d'infos sur son site, La Chambre d'Ambre, et sur son blog, Fenêtre sur la Cour de Marbre.

 

Alice Dufeu est née le 7 septembre 1987 en Bretagne. Elle a étudié à l'école Pivaut et elle est illustratrice.

 

Janvier 1777.

Laure du Fresnoy, 15 ans, est acceptée au couvent de la reine : « une maison d'éducation pour les filles d'officiers attachés au service de la famille royale. » (pages 5-6).

Elle est triste de quitter sa famille mais fière et heureuse. « Elle voulait réussir son éducation, que ses parents fussent fiers d'elle et faire honneur à la chance qui lui était accordée d'intégrer cette maison royale. » (page 7).

Dès son arrivée, Laure se fait deux amies, Élisée de Blois Rubentel, belle et fière, et Louison d'Élbée La Grand-Maison, intelligente et modeste.

Mais la vie en communauté n'est pas toujours facile et les religieuses sont « dévotes, rigides et austères » (page 16) surtout avec les filles aux idées progressistes ! « Notre siècle bouillonne. Avec les philosophes, de nouvelles idées émergent. Je pressens de grands bouleversements à venir. Un jour, les femmes écriront et exerceront des métiers d'hommes. » (page 41).

Grâce à leur poésie « L'aile des princes », les adolescentes gagnent un concours et sont invitées au bal de la Dauphine, Marie-Antoinette.

Elles passent une excellente soirée et rencontrent François de La Borde Velly (frère des jumelles Agathe et Mathilde, les pestes du couvent) et Edward de La Haye : ils ont 16 ans et demi et sont tous deux pages de la Petite Écurie du roi.

Ils se retrouvent mêlés à la disparition d'Anne-Félicité de Tournois, 19 ans, qui s'est enfuie avec Jean-Baptiste d'Orillac pour l'Amérique, en laissant un médaillon à Laure.

« Malgré la fatigue et les conditions déplorables de ce souper, jamais Laure ne se sentit aussi bien que cette nuit-là. Elle était avec ses meilleures amies et deux garçons honnêtes. Ils partageaient une aventure exceptionnelle, unis par une cause commune. » (page 144).

 

L'aile des princes est un agréable roman à la fois historique et d'aventures. Il permet de découvrir la vie des jeunes gens dans cette deuxième moitié du 18e siècle (éducation, étiquette...), les prémices des idées nouvelles (philosophie...) mais aussi l'amitié et l'amour.

Lova Pourrier connaît vraiment bien ce 18e siècle, on sent qu'elle l'aime, qu'elle l'apprécie et qu'elle veut partager avec le lecteur. Ainsi ce roman est à la fois instructif et divertissant, l'idéal pour les jeunes lecteurs (et les adultes aussi).

À noter que le couvent de la reine est un couvent d'Augustines fondé en 1773 et situé dans le Parc de Clagny près de Versailles.

Le tome 2, Le bal du Palais-Royal, est paru en janvier 2012. La couverture est toujours aussi belle. Il faut que je me le procure !

 

Une lecture pour les challenges Premier roman, Vivent nos régions (pour l'Île de France au 18e siècle) et Littérature jeunesse & young adults (qui se termine le 20 septembre).

PremierRoman1 RegionsChallenge2 JeunesseYoungAdults

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31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 05:57

ChienDonQuichotte.jpgCoupCoeur2012Le chien de Don Quichotte est un roman de Pia Petersen paru aux éditions ELB dans la collection Vendredi 13 en mars 2012 (220 pages, 15 €, ISBN 978-2-35306-044-3).

 

Je remercie Gilles Paris pour ce roman.

 

Pia Petersen est née à Copenhague au Danemark mais ce pays ne lui convient pas. Elle a galéré, en Grèce, et en France (où elle vit actuellement) : petits boulots, études à la Sorbonne (français et philosophie), café-librairie puis premières publications. Son premier roman, Le jeu de la facilité, est paru en 2000, et depuis six autres romans ont vu le jour : Parfois il discutait avec Dieu (2004), Une fenêtre au hasard (2005), Passer le pont (2007), Iouri (2009), Une livre de chair (2010) et Le chien de Don Quichotte (2012).

 

Hugo travaille pour Esteban, le riche directeur d'Athenar Entreprises.

Il est un tueur – un « porte-flingue » – et, même si ça a horrifié sa mère, il aime son travail, le fait bien, a la confiance de son patron et mène la belle vie.

Une nuit, dans un bar, il boit un dernier verre à côté d'un prêtre ivre qui ne croit plus en Dieu et qui lui laisse un livre.

Lors de la mission suivante, Hugo abat un homme qui a volé son patron et recueille un chiot attaché qui gémissait sur le parking.

« Il était resté ainsi très longtemps, le chiot sur les genoux et le livre à la main et quand il avait enfin posé le livre, il avait pris une décision. Tout lui paraissait du coup très clair, comme évident. Il allait devenir un autre homme. Il allait se battre pour le bien et sa première bataille serait de ne plus tuer, […]. Àce moment précis où il se décida, il se sentait heureux, […]. » (page 13).

Le chiot et le livre ont ouvert les yeux de Hugo ! Il veut changer de vie. « Il pensait que les gens devaient réapprendre à aimer la vie. » (page 64).

Mais un matin, Hugo et ses collègues, Boris (un autre tueur) et Éric (de l'informatique), se rendent compte d'une cyberattaque et d'argent détourné par le groupe de hackers Vendredi 13.

Hugo et Boris vont devoir traquer les jeunes de ce groupe. Et Hugo ne pourra pas les protéger car il est surveillé par Boris qui a remarqué le changement survenu à son collègue et veut prendre sa place.

« Depuis qu'il avait décidé de faire le bien les gens n'arrêtaient pas de mourir autour de lui. » (page 64) !

 

Un de mes passages préférés

« Les confessions l'avaient brouillé avec le genre humain. Il n'était pas sûr qu'on puisse qualifier l'humanité de genre mais il s'en foutait. Bon dieu, quelle galère. Pour lui, l'humanité n'était pas recommandable, il n'en était pas possible d'en extraire quoi que ce soit de bon, […]. Il avait bien compris que tout homme était remplaçable après consommation alors pourquoi persister à croire en un monde meilleur ? Àchaque idéologie, l'humanité se dégradait davantage. L'optimisme était l'opium des gens désespérés et il trouvait les optimistes déprimants. […]. » (page 67).

 

Pour l'instant, j'ai aimé tous les titres de la collection Vendredi 13 mais celui-ci est pour moi au-dessus du lot ! J'ai énormément apprécié l'écriture fluide et délicate de Pia Petersen, et surtout le thème : le tueur qui veut changer de vie car il a un être à aimer vraiment (un chiot) et parce qu'une lecture a changé son point de vue sur la vie et la mort, sur le bien et le mal. Ah, l'importance de nos lectures sur ce que nous sommes ! Au tout début, j'ai cru que le livre laissé par le prêtre était une Bible (c'était logique), mais il y a bien sûr un indice dans le titre de ce roman. Ainsi, notre Don Quichotte moderne ne réussira pas mieux que le chevalier de Miguel de Cervantes ! Au contraire... Et là, résident l'humour et l'horreur tragi-comique de ce qui arrive dans ce roman jusqu'à l'affrontement final.

Un roman que je verrais bien adapté au cinéma !

 

Cette lecture entre dans les challenges Voisins voisines 2012 et Défi scandinave avec le Danemark, Le crime n'a pas de frontière et Thrillers et polars avec un très très bon polar. Et j'allais oublier le challenge Animaux du monde avec le chien ! VoisinsVoisines2012 ScandinavieNoire
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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 22:05

EnversDesAutres.jpgL'envers des autres est un roman de Kaouther Adimi paru aux éditions Actes Sud en mai 2011 (107 pages, 13,80 €, ISBN 978-2-7427-9725-7). Un extrait de 10 pages est disponible au format pdf sur le site de l'éditeur.

 

Kaouther Adimi est née en 1986 à Alger. Elle a étudié la langue et la littérature françaises et vit maintenant en France. L'envers des autres est son premier roman. Il est d'abord paru aux éditions Barzakh (Algérie) en janvier 2010 sous un autre titre : Des ballerines de papicha. Il a reçu le Prix littéraire de la Vocation en 2011.

 

J'ai présenté un extrait de ce roman pour Le mardi sur son 31 # 11.

 

Je tiens absolument à remercier à nouveau Mimi – du blog Les plaisirs de Mimi – qui m'a offert ce livre, en plus dédicacé par l'auteur ! Je vais présenter ce court roman d'une façon totalement différente de la sienne donc vous pouvez aussi lire sa note de lecture de L'envers des autres.

 

Le quartier Khorti à Alger au mois de mai.

« Les jeunes de mon quartier se réunissent toutes les nuits pour fumer un peu, jouer aux dominos et refaire l'Algérie à coups de grands discours patriotiques. Lorsqu'ils ne parlent pas de quitter le pays, ils parlent de mourir pour lui. » (page 11).

 

Un appartement avec une famille.

La vieille mère, ridée et arthritique, veuve depuis une quinzaine d'années.

Sarah, l'aînée, avec Hamza, son mari, devenu fou, et leur fille de 9 ans, Mouna, amoureuse d'un copain d'école.

Adel, le fils et Yasmine, la plus jeune fille, qui étaient si proches et qui n'arrivent plus à se parler...

 

Un roman choral dans lequel chacun raconte sa vision de la famille, sa vie à Alger, ses souvenirs, ses rêves ou son désespoir.

 

Voici les quatre « voix » féminines :

Sarah : « Mon Dieu, où est le fringant jeune homme que j'ai épousé ? » (page 28).

Yasmine : « Les hurlements sont une forme de routine nécessaire au bon fonctionnement de la journée. Le silence est trop pesant, il nous angoisse, nous donne l'impression qu'un drame est en train de se préparer. Les cris sont comme un protège-cahier : tant que quelqu'un crie, on est presque certain de ne pas avoir de problème. » (page 46).

Mouna : « J'ai décidé d'être sa femme. Pas maintenant, je suis encore trop jeune. Je ne sais même pas faire la cuisine, mais plus tard, pourquoi pas ? » (page 63).

La mère : « Pourtant j'ai tout fait pour eux, tout ! […] Et pour quoi ? J'ai soixante ans, trois enfants, un gendre et une petite-fille sur les bras. Et je n'ai plus personne vers qui me tourner. » (page 90).

 

Mais Adel est important aussi dans cette histoire.

« Quant à moi, je n'existe pas. Pièce en plus, comme ces boutons cousus sur les chemises, au cas où. Une pauvre petite chose, comme dit Sarah. » (page 71).

 

J'ai été agréablement surprise et charmée par ce roman. Presque tout est différent de ce que j'imaginais !

La ville « blanche » est sale. La mère est désabusée. Les jeunes hommes désœuvrés (ils n'ont pas voulu étudier, ils n'ont pas de travail) fument, boivent et pensent que les filles sont soient des saintes soit des traînées, mais surtout des traînées. Un homme est cloîtré dans sa chambre sous prétexte qu'il est devenu fou. Son épouse, Sarah, qui s'éclate dans la peinture, est devenue obsessionnelle. Adel et Yasmine, après une relation frère-sœur fusionnelle, ont grandi et ont des comportements différents : lui se replie sur lui-même et dépérit, elle veut étudier et s'ouvre aux autres (ils ne se comprennent plus).

PremierRoman1DefiCentPagesQuelle liberté ? Quel avenir ?

Peut-être un espoir de bonheur avec la fillette, qui se réjouit de ses chaussures, danse, se moque du regard des autres, et veut être une papicha (une minette).

On n'est pas loin de « l'enfer, c'est les autres » !

Le monde à l'envers... L'envers des autres...

 

Une 10e lecture pour le challenge Premier roman et une première lecture pour le tout nouveau défi Cent pages.

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