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4 septembre 2014 4 04 /09 /septembre /2014 00:14

La fin du monde a du retard est un roman de J.M. Erre paru aux éditions Buchet-Chastel en février 2014 (401 pages, 20 €, ISBN 978-2-283-02731-8).

 

J.M. Erre (je pensais que son prénom était Jean-Michel mais c'est Jean-Marcel) est né en 1971 à Perpignan (Pyrénées Orientales).

Du même auteur : Prenez soin du chien (2006), Made in China (2008), Série Z (2010) et Le mystère Sherlock (2012).

Suivre J.M. Erre sur sa page Facebook.

 

Le personnel et les malades de Saint-Charles sont en pleine préparation pour le centenaire de la clinique psychiatrique.

Julius, un trentenaire qui croit au complot mondial qu'il explique par la mythologie, publie sur son site, La fin du monde a du retard. Il a prévu de s'évader mais, depuis une semaine, il y a une nouvelle pensionnaire : Alice, 25 ans, qui est restée huit semaines dans le coma.

« Julius avait bien fini par se l'avouer : elle lui plaisait beaucoup, cette Alice. Depuis une semaine, il pensait à elle toute la journée, guettait ses allées et venues par son œilleton et n'en dormait plus la nuit. […] Il était amoureux. Et c'était une catastrophe. » (page 22).

Julius est amnésique mais il pense que la fin du monde est pour dans deux jours et il embarque Alice dans sa quête contre Tirésias en espérant qu'elle retrouvera la mémoire et des émotions.

Mais attention : « Trop de complots tue le complot. » (page 42) !

Cinq jours… Dans cinq jours, le commissaire parisien Joseph Gaboriau et le prêtre Jean-Bedel Saint-Freu de l'église Saint-Théodule seront tous deux à la retraite après des décennies de bons et loyaux services.

 

Ce roman démarre bien, j'abandonne toute logique et j'accepte que Julius m'ouvre les yeux sur le complot mondial ! Suis-je moi aussi enchaînée dans la grotte comme dans l'allégorie de Platon ?

Julius est à fond dans la mythologie, antique, médiévale, avec les surhumains prométhéens et les surhumains apocalyptiques, qui correspondent tout bonnement à nos super-héros et super-méchants et donc l'auteur utilise des parallèles avec notre fiction, enfin surtout américaine mais pas que, dans la littérature, le cinéma, pour retrouver la magie d'antan, le surnaturel, l'extraordinaire. C'est donc toujours le Bien contre le Mal, une vision assurément manichéenne mais bien réelle. C'est hyper intéressant, et drôle aussi, avec un humour loufoque à la limite de l'absurde. Mais j'ai quand même moins ri qu'avec Le mystère Sherlock lu au printemps 2012 mais dont je n'ai pas publié de note de lecture (aïe, pas tapé !).

Dans Le mystère Sherlock, J.M. Erre rendait hommage à Sherlock Holmes et aux Holmésiens ; dans La fin du monde a du retard, il rend hommage aux mythes et aux super-héros ; en fait dans chacun de ses romans, il met en avant un thème précis qu'il détaille avec érudition et humour.

Il y a donc ici nos deux « héros » et des genres de super-héros (les surhumains prométhéens, les gentils quoi !) : un commissaire flanqué d'un jeune inspecteur aux idées bizarres, un prêtre attendrissant, une mamie complètement décalée (pages 282 et suivantes), un geek fan de Star Wars surnommé Ours, deux espions (?) Raoul et Albert, une secte réfugiée dans les égouts mais bon sang, pourquoi la fin du monde a-t-elle du retard ?, et les super-méchants (les surhumains apocalyptiques, ceux qui veulent détruire le monde) avec l'ordre de Tirésias et leurs Régulateurs, brrr…

Tout ça pour un roman déjanté (j'ai survécu avec nos héros à plusieurs explosions et à des courses poursuites effrénées) mais attention « Il n'y a pas de soluces pour franchir les niveaux dans le monde réel ! Pas d'astuces pour avoir toutes les munitions ! Et tu auras une seule vie ! Si tu es game over, c'est vraiment fini ! » (page173) : mais, ce n'est pas possible ! Comment va-t-on faire ? « Si cela peut vous rassurer, j'ai des informations qui prouvent que la fin du monde est seulement en retard, précisa Julius. » (page 226) : ouf ! Me voilà rassurée ! Vous aussi, j'espère.

C'est drôle, rocambolesque ; à lire absolument avant la fin du monde !

 

Ma phrase préférée

« Mon royaume pour une matraque ! » (Gaboriau excédé par le lieutenant Matozzi, page 334).

 

Une lecture durant la Reading's week # 3 que je mets dans les challenges ABC critiques 2013-2014 (lettre E), Geek, Paris, Petit Bac 2014 (catégorie Moment / temps), Rentrée littéraire d'hiver 2014, Thrillers et polars.

 

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12 août 2014 2 12 /08 /août /2014 03:54

Le liseur du 6h27 est un roman de Jean-Paul Didierlaurent paru Au Diable Vauvert en mai 2014 (218 pages, 16 €, ISBN 978-2-84626-801-1).

 

Jean-Paul Didierlaurent est né le 2 mars 1962 dans les Vosges. Il a d'abord écrit des nouvelles et Le liseur du 6h27 est son premier roman.

 

Ce roman, je l'ai repéré en librairie et sur la blogosphère littéraire alors j'ai hâte de le lire et j'espère qu'il me plaira ! De plus, c'est le 7e et dernier livre que je lis dans le cadre de la Reading's week du 4 au 10 août.

 

Lorsque leur fils est né en 1976, les parents ne se sont pas rendus compte de la contrepèterie entre Guylain Vignolles et Vilain Guignol : « un mauvais jeu de mots qui avait retenti à ses oreilles dès ses premiers pas dans l'existence pour ne plus le quitter. » (pages 7-8). C'est le fardeau que porte Guylain, le personnage principal de ce roman et pour se faire oublier, il a appris à être transparent, insignifiant : « Se fondre dans le paysage jusqu'à se renier soi-même pour rester un ailleurs jamais visité. » (page 9).

Le matin, le célibataire de 32 ans prend le RER de 6h27 et lit pendant les vingt minutes du trajet des feuillets qu'il sort de sa serviette en cuir. Mais il lit à haute voix et, pour les passagers, c'est devenu un rituel de l'écouter : « il était le liseur […] Et à chaque fois, la magie opérait. » (page 13).

Depuis quinze ans, Guylain travaille dans une usine (la STERN, Société de traitement et de recyclage naturel) dans laquelle la Zerstor 500 broie les livres invendus. « La Chose était là, massive et menaçante, posée en plein centre de l'usine. […] Ne jamais la nommer, c'était là l'ultime rempart qu'il était parvenu à ériger entre elle et lui pour ne pas définitivement lui vendre son âme. » (page 19).

La machine monstrueuse détruit, anéantit… « La Chose était née pour broyer, aplatir, piler, écrabouiller, déchirer, hacher, lacérer, déchiqueter, malaxer, pétrir, ébouillanter. […] (elle) génocide ! » (page 21).

Pour Guylain, opérateur en chef qui doit mettre la machine en route chaque matin, la Chose commet un crime et son travail lui paraît de plus en plus difficile à supporter.

 

À travers ce roman, l'auteur dénonce la sur-production et le pilonnage des livres. Un roman digne de La Bête humaine, d'Émile Zola : chaque soir, Guylain doit plonger dans les entrailles métalliques de la machine avec sa frontale et c'est à ce moment-là, hors des caméras de surveillance, qu'il en profite pour récupérer les « feuilles volages rabattues par le souffle contre la cloison ruisselante d'eau » (page 49).

Elle est très importante cette machine (je me demande bien si elle n'est pas l'actrice principale, du moins dans la première partie parce qu'après c'est Julie et c'est moins intéressant...), la machine donc, il y a des descriptions d'elle, de son fonctionnement et contre toute attente, c'est passionnant !

J'ai remarqué qu'il y a redondance de synonymes, comme plus haut pour la machine ou pour le patron : « Félix Kowalski ne parlait pas. Il aboyait, hurlait, beuglait, invectivait, rugissait mais il n'avait jamais su causer normalement. » (page 27). C'est un style, ça renforce l'humour mais ça peut sûrement énerver certains lecteurs.

Il y a une intéressante galerie de personnages, le patron, cité plus haut, Yvon Grimbert, qui sans sa guérite de gardien lit des alexandrins et du théâtre, Lucien Brunner, le jeune loup de vingt-cinq ans, qui prend plaisir à son travail de destruction, Giuseppe Carminetti, l'ancien opérateur en chef qui a perdu ses jambes dans la machine…

Guylain est pris dans une douloureuse routine y compris le week-end (son seul compagnon est Rouget de l'Isle, un poisson rouge) mais un matin, sur le quai de la gare, Monique et Josette Delacôte lui adressent la parole : « Voilà, on voulait vous dire, on aime bien ce que vous faites. » (page 86) et quelques jours plus tard, il trouve une clé USB oubliée dans le train.

Le passage aux Glycines, avec la lecture d'Huguette Lignon, institutrice à la retraite, est très drôle. « Guylain fila, non sans avoir promis de revenir le samedi suivant. Il ne s'était pas senti aussi vivant depuis longtemps. » (page 113).

Le liseur du 6h27 est réussi… dans sa première partie ! Avec la machine et les personnages qui ont du caractère. La deuxième partie avec les extraits du journal de Julie, dame-pipi de 28 ans à la recherche du grand amour, bof, bof… Heureusement, l'auteur a de l'humour et j'ai quand même lu jusqu'au bout parce que ce n'est pas désagréable non plus. Mais, du coup, ce n'est pas un coup de cœur pour moi... Pourtant, lisez-le et vous vous ferez votre propre opinion !

 

Une lecture pour les challenges Animaux du monde (pour le poisson rouge très présent), Paris, Petit Bac 2014 (catégorie Moment/Temps) et Premier roman.

 

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11 août 2014 1 11 /08 /août /2014 10:11

Ils étaient chouettes, tes poissons rouges est un recueil de nouvelles d'André Vers paru aux éditions Finitude en février 2014 (112 pages, 12,50 €, ISBN 978-2-36339-0314-8).

 

André Vers est né en 1924 à Paris, dans le quartier des Halles, d'une famille auvergnate. Il a commencé a travaillé, a connu le Paris occupé, s'est lié d'amitié avec des écrivains (Jacques Prévert, René Fallet, André Hardellet, Blaise Cendras) et des chanteurs (Georges Brassens, Guy Béart). Il est mort en 2002, laissant trois romans en 40 ans : Misère du matin (1953), Martel en tête (1967), Gentil n'a qu'un œil (1979) et un recueil de souvenirs : C'était quand hier ? (1990).

 

Ils étaient chouettes, tes poissons rouges

Martine et Robert se revoient par hasard cinq ans après leur séparation. « Tu parles d'une surprise ! Qu'est-ce que je suis heureuse de te revoir ! » (page 9). Elle parle, elle parle… « Il avait mal de l'entendre, mais le mal était bon. » (page 12).

Est-ce une maladie ou bien c'est la vie ?

Le décalage entre la réalité et ce qu'on imagine, alors, une maladie ou la vie ? Le narrateur se pose la question et le lecteur aussi par la même occasion ! « Je ne suis pas encore vacciné. » (page 16).

Le Gros, le Demi-Gros et le Détail

Gros, Demi-Gros et Détail sont inséparables, une bande de copains à eux trois. Jusqu'au jour où Berthe arrive de la campagne auvergnate pour travailler au bistrot où ils se retrouvent. « C'est fou le charme qu'elle a ! » (page 24).

Les piliers de bistrot

Pour découvrir la différence entre les Debouts et les Assis en mangeant un bon bout de fromage de tête ! « Quand le vin est tiré, ou servi, il faut le boire. » (page 30).

Mort pour la France

Antoine, l'époux de Marie, n'est plus qu'un nom sur le monument aux morts et il n'a jamais connu leur fils. « C'est de ma faute s'il est mort ! » (page 32) ; « Il m'aimait si fort, monsieur le curé, c'est pour ça qu'il est mort. » (page 33). Mais la vérité est autre... Cette nouvelle est disponible librement au format pdf sur le site de l'éditeur.

Conte en forme de croix

Allégorie de la croix pour l'origine de l'épouvantail. « Ils traînèrent l'arbre en forme de croix, aux feuilles déjà mortes, jusqu'au sommet de la colline. » (page 42).

Le vautour

Patrick Cooper, un Américain de Détroit, s'est engagé pour lutter contre l'Allemagne nazie. « Son brevet de pilote lui valut d'être versé dans l'aviation puis, après un entraînement intensif, d'être affecté à une escadrille de bombardiers. » (page 45). Comme sa mère est Française, après la guerre, il prend la décision de vivre en France.

Le respect

Dialogue entre un jeune homme et un ancien parachutiste devenu « chevalier d'industrie […] pour donner du travail à des chômeurs » (page 55) avec une chute percutante.

Des nains sur la pelouse

Le narrateur picole et appelle sa compagne La Grosse, lui promettant une mandale si elle fait des réflexions. Excédée, au bout de dix ans, Jane se tire. « J'ai cru qu'elle allait revenir au bout d'un jour ou deux, en chialant et demandant pardon. Ça fait deux mois qu'elle est partie, La Grosse. » (page 61).

Bas les masques

Tout savoir sur la fabrication des macaronis, spaghettis et coquillettes ! « Consommateurs, mes frères, on vous abuse. La publicité mensongère envahit insidieusement votre vie quotidienne. » (page 69).

La bonne dame et le commissaire

Une dame honorable qui nourrit les chats errants est arrêtée parce qu'elle a frappé un homme, une « graine de bandit » (page 74), « un monstre » (page 77), avec un tisonnier en fonte.

L'homme qui boit c'est comme une bête

Parce qu'il aime boire, Sosthène est depuis longtemps surnommé « Boit-sans-soif » : « Je n'attends pas de manquer. » (page 79) mais un jour... il eut soif !

Les voies du Seigneur sont impénétrables

Loulou-Gueule-en-or et Ti-Jo ont chacun des projets pour Fernande-Beaux-Roberts mais la trentenaire a d'autres projets. « J'ai décidé de m'orienter différemment. » (page 84).

Des trains qu'on voit passer...

Alexandre Painlevé, dit Pinpin, a depuis l'enfance une passion pour les trains mais ses parents l'ont placé chez un épicier. « Toutes les locomotives le rendaient fou de désir, il aurait voulu les avoir toutes à lui. » (page 88).

Le couple

Un cinquantenaire célibataire et une quadragénaire divorcée se rencontrent à la boulangerie et c'est le début d'une belle histoire mais « pourquoi ne s'étaient-ils pas connus dans les belles années de la jeunesse ? » (page 98).

Printemps

Tante Anna est une vieille fille peu avenante mais un jour, elle recueille Antoine. « Il était devenu grand et fort. Une bête superbe. » (page 103). Mais un jour, la cousine Mélanie emmène de sa Corrèze une jeune chatte caressante.

 

L'éditeur nous dit que « Dans ces nouvelles, André Vers ressuscite malicieusement un Paris révolu, le petit Paris des années 50-60, celui des Halles, des meublés et du rosbif du dimanche. »

Dans ces 16 nouvelles, André Vers nous parle de la vie, de l'amour, non sans un certain humour. Il y a des humains, des bistrots et des choses de la vie quotidienne ; il y a des oiseaux et des chats ; il y a des rencontres, des séparations et des retrouvailles ; il y a aussi la guerre, des morts et des survivants qui ne savent pas trop comment vivre.

Parfois dans les recueils comme celui-ci, les nouvelles sont inégales mais ici elles ont toutes leur place, elles forment un bel ensemble et je ne saurais dire qu'elle est ma préférée.

J'ai quand même (en plus des extraits ci-dessus car je voulais un extrait pour chaque nouvelle) repéré deux phrases qui m'ont plus attirée :

« Ils n'ont rien respecté. Les vivants, ça leur suffisait pas, ils ont bombardé les morts. » (page 51, in Le vautour). Le mieux est l'ennemi du bien...

« Les frictions des premiers jours étaient surtout dues au fait qu'Antoine miaulait parisien et Bruyère patois corrézien. » (page 104, in Printemps). La fin est terrible...

Avec ce recueil, j'ai découvert André Vers que je ne connaissais pas du tout et je me demande quand ces nouvelles ont été écrites : elles sont publiées posthumes, peut-être qu'elles ont été retrouvées récemment. Je pense lire un jour ses deux premiers romans : Misère du matin (1953) dont le décor est l'usine d'aviation dans laquelle il a travaillé adolescent et Martel en tête (1967) qui se déroule dans la Vallée du Cantal d'où est originaire sa famille.

Assurément un auteur à découvrir et à lire !

 

Une très chouette lecture pour les challenges A reading's week, Le mélange des genres (catégorie Recueil de nouvelles), Paris, Petit Bac 2014 (catégorie Couleur) et Rentrée littéraire d'hiver 2014. Deux nouvelles avec des chats donc : Animaux du monde et Totem.

 

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10 août 2014 7 10 /08 /août /2014 17:21

L'été à Pékin est un roman d'Élise Fontenaille paru aux éditions du Rouergue dans la collection Dacodac en avril 2010 (45 pages, 5 €, ISBN 978-2-8126-0122-4).

 

Élise Fontenaille est née à Nancy (Meurthe et Moselle) en 1962. Elle a publié de nombreux romans jeunesse et a reçu plusieurs prix.

 

« Aujourd'hui, c'est la pire journée de ma vie » (page 7) : voici comment débute ce court roman.

Pauline vit la rentrée des classes toute seule car sa meilleure amie, Nikita, est partie à Pékin, en Chine, avec son père, journaliste.

Il reste à Pauline, Mesrine, le canari que Nikita lui a confié.

« Ne sois pas triste, Pauline, deux ans ça passe vite ! Je t'écrirai tous les jours. » (page 8).

Pourtant, au bout de quelques jours, les nouvelles s'estompent… Nikita a de nouveaux amis au Lycée français et s'éclate bien à Pékin.

« Avec sa nouvelle vie, elle ne va pas tarder à m'oublier, Nikita. » (page 15).

Mais Pauline va tout faire pour que Nikita ne l'oublie pas et pour lui rendre visite l'été suivant.

 

Un roman jeunesse agréable à lire ; sur l'amitié, la réconciliation (avec Clarisse), la satisfaction de travailler et d'apprendre de nouvelles choses (les maths pour l'école et le chinois pour le plaisir).

« Depuis que je me suis mise à travailler, il se passe une chose étrange : je ne sens plus le temps passer. » (page 23). « [...] je ne suis plus jalouse, je n'ai plus le temps. » (page 24).

Quelques infos disparates sur la Chine (habitat, nourriture, Jeux Olympiques).

 

Une petite lecture pour les challenges A reading's week, Cartable et tableau noir, Jeunesse & young adults # 3 et Petit Bac 2014 (catégorie Lieu).

 

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4 août 2014 1 04 /08 /août /2014 23:33

Avec maman est un roman d'Alban Orsini paru aux éditions Chiflet & Cie en février 2014 (382 pages, 14,50 €, ISBN 978-2-35164206-1).

 

Alban Orsini est né en 1980. Il y a peu d'infos sur ce chroniqueur et écrivain français mais vous pouvez le suivre sur son blog, L'ataraxe et sur Vents contraires. Octobre 2014, nouvelle url de L'ataraxe.

 

Avec maman, c'est plus qu'un roman, c'est « la première fiction par SMS » ! Et je ne pense pas qu'elle ne soit destinée qu'aux ados, elle peut aussi bien être lue et appréciée par des adultes.

Tout commence en février 1993 quand la maman envoie son premier SMS avec son smartophone. Suivront des échanges légers et amusants entre la mère et son fils, jeune adulte, parti travailler, en lui laissant le chat, Grisouille, qu'elle n'aime pas particulièrement (elle lui fera croire qu'il s'est enfuit ou qu'il est mort).

Elle cherche sur Booble, elle envoie des buses, elle souhaite systématiquement bon week-end même les jours de semaine, elle le dérange au travail, elle veut tout savoir sur sa vie et sur sa copine.

Au début, j'étais un peu septique, je me demandais si ça allait tenir sur autant de pages, et puis, j'ai souri plusieurs fois, j'ai même ri et finalement je n'ai pas vu le temps passer ! Je me suis bien attachée aux deux personnages (il y a la mémé aussi) et je pense qu'Avec maman est un vrai roman (écrit en bon français), témoin de son temps, avec une vraie histoire pleine de tendresse.

 

« Qu'est-ce que tu fais ?

– Je bosse.

– Et là, qu'est-ce que tu fais ?

– Comme il y a dix minutes, je bosse.

– Ben dis donc, qu'est-ce qu'il a l'air ennuyeux ton travail…

– ? »

(page 105).

 

Si vous voulez découvrir les SMS d'Avec maman, allez sur http://avecmaman.tumblr.com/ parce que ça continue un peu sur Internet !

 

Une lecture pour les challenges Geek, Jeunesse & young adults # 3, Le mélange des genres (catégorie (auto)biographie et témoignage), Petit Bac 2014 (catégorie Sphère familiale), Premier roman et Rentrée littéraire d'hiver 2014.

 

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9 juin 2014 1 09 /06 /juin /2014 23:16

L'Ange sanglant : dans l'enfer de Jérôme Bosch est un thriller historique de Claude Merle paru aux éditions Ma en avril 2014 (240 pages, 17,90 €, ISBN 978-2-822-40300-9).

 

Je remercie Gilles Paris de m'avoir envoyé ce roman enrichissant sur les thèmes de l'Histoire et de l'Art (peinture).

 

Claude Merle est né en 1938. Il est historien et écrivain (littérature jeunesse et romans historiques).

 

Hertogenbosch, Hollande, XVIe siècle.

Katje, 16 ans, enceinte, est torturée et assassinée en pleine nuit. Elle était la servante de Jacob Dagmar, « un chirurgien adroit, mais suspecté d'hérésie et en guerre avec la guilde des médecins, à cause de son officine où il pratiquait l'alchimie et la dissection des corps interdites par l'Église. » (page 13).

D'autres crimes sont commis : Luis, un jeune gitan, est brûlé sur un bûcher ; Alexandre Van Heeswijk, un chasseur, est empalé...

Bien que suspecté, Jacob Dagmar va aider le bailli d'Hertogenbosch, Pieter Van Ringen, dans son enquête pour arrêter celui que tous surnomment l'Ange sanglant.

« Mais vous cherchez à comprendre ce dément.

– C'est la seule manière de le démasquer.

– Méfiez-vous, Jacob, grogna le policier. Vous suivez une pente dangereuse. » (page 41).

Les victimes ont toutes été droguées et ont rendu l'âme dans d'atroces souffrances. De plus, le tueur peint les suppliciés pendant leur tourment et les tableaux qu'il laisse ressemblent étrangement à ceux du maître Jérôme Bosch ; il écrit aussi des messages avec des versets de la Bible ou des extraits de La pierre étincelante de Jan Van Ruusbroec paru cent ans auparavant.

Qui est le tueur ? Un fanatique ? Un imitateur de Jérôme Bosch ?

 

J'ai passé un très bon moment de lecture avec ce thriller emmenant le lecteur du paradis à l'enfer comme dans les triptyques de Jérôme Bosch : à travers la vie quotidienne en Hollande au XVIe siècle, l'atelier d'un peintre reconnu et le cerveau d'un malade qui veut se venger !

Mais... « Tout n'est qu'apparence […]. » (page 82).

En tout cas, comme Jacob et Pieter, le lecteur veut « savoir avant de mourir » mais « ne pas mourir, pas encore. » (page 152).

L'Ange sanglant est un bon thriller historique, bien documenté, à dévorer d'une traite pour bien s'imprégner de l'ambiance !

Ce qui est intéressant aussi, c'est l'après-lecture, les recherches qu'on peut faire sur cette époque et les personnages.

 

Jérôme Bosch (Hieronymus van Aken) est né en 1450 à Bois le Duc (Pays-Bas bourguignons) et mort en 1516 dans la même ville. C'est un peintre néerlandais de la Renaissance obsédé par le péché et la damnation. Parmi ses tableaux les plus célèbres : les sept péchés capitaux, la nef des fous, le jardin des délices, les visions de l'au-delà... Plusieurs diptyques et triptyques. Vous pouvez voir ses œuvres sur Jheronimus Bosch Art Center.

Jean de Ruisbroek (Jan Van Ruusbroec ou Ruysbroeck) est né en 1293 à Ruisbroek (Brabant flamand) et mort en 1381 Groenendael (Brabant flamand). Il a étudié à Bruxelles, est devenu prêtre puis chanoine et écrivain et parmi ses œuvres, il y a effectivement Vanden blinkenden steen (La pierre étincelante).

 

 

Une lecture pour les challenges

L'art dans tous ses états (peinture)

et Thrillers et polars.

 

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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 00:23

La palette de l'ange est un polar de Catherine Bessonart paru aux éditions de L'aube en mars 2014 (253 pages, 18,20 €, ISBN 978-2-8159-0924-2).

 

Catherine Bessonart est comédienne, scénariste et depuis peu auteur de polars. Son premier roman, Et si Notre-Dame la nuit..., a reçu en octobre 2013 le Prix Polar du meilleur roman francophone à Cognac.

 

Chrétien Bompard, 46 ans, commissaire à la P.J. de Paris, vient d'arrêter un meurtrier.

« Après chaque enquête, il était vidé ; il avait juste besoin d'un peu de temps pour se remettre en route. » (pages 12-13).

C'est en se baladant en soirée dans la forêt d'Orléans pour trouver un peu de calme qu'il découvre le corps d'un adolescent pendu à un arbre. Mais ce n'est pas un suicide, car non seulement le jeune Léonard a été poignardé mais Bompard est assommé et son téléphone portable est volé.

Bompard et son équipe (Fabbiani et Machnel) enquêtent sur d'autres meurtres avec des poignards de couleurs différentes (un propriétaire d'un sex shop, un prêtre, un clochard), et sur la disparition d'une femme enlevée par le tueur.

« Il se pencha sur la boîte d'ébène qu'il ouvrit avec précaution. Il caressa de ses doigts effilés le velours noir avant d'effleurer la palette de couteaux désormais incomplète. » (page 53).

De plus, Bombard doit soutenir son ex-femme, Mathilde, qui a un cancer du sein.

Heureusement qu'il peut se détendre auprès de Luigi, son meilleur ami, un nain illustrateur de livres pour enfants qui aime jouer au baby-foot.

« Un serial killer est d'une manière générale très attaché au rituel, à la répétition ; soit il y a quelque chose de récurrent dans le physique des victimes, soit dans les lieux, souvent dans le mode opératoire. » (page 103).

Alors, un serial killer, un assassin qui tient sa vengeance ou « un barje qui fait ça à l'instinct » (page 107) ?

 

Hum, ça aurait pu être bien, le topo était accrocheur, mais je me suis ennuyée dès le début et j'ai mis une plombe pour lire ce polar... Oui, je l'ai lu en entier car je voulais connaître le dénouement mais ça m'a pris plus de deux semaines !

Il y a des passages dont je n'ai pas bien saisi l'utilité – comme la mouche sur le pare-brise – et des digressions que j'ai trouvé tellement longues – comme le passage de la page 189 chapitre 40 : les policiers ne comprennent pas pourquoi cette page a été arrachée de la Bible du prêtre mais ça blablate quand même de la page 183 à la page 190 – qu'à partir de là, j'ai lu en diagonale.

Je ne me suis attachée ni aux personnages ni à l'intrigue... Je ne lirai pas le précédent roman ni les suivants. Finalement, la seule chose que j'ai apprécié dans ce livre est la couverture noire et jaune qui représente la collection Aube noire.

Décevant pour moi donc mais sûrement que d'autres lecteurs aimeront !

 

Je remercie quand même Virginie de m'avoir envoyé ce roman.

 

Une lecture que je mets dans les challenges Le mélange des genres (roman noir/policier/thriller), Paris, je t'aime (ça bouge bien dans Paris) et Thrillers et polars.

 

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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 04:05

L'orphelinat du bout du monde est le premier tome de Le Surnatureur, une série d'Éric Sanvoisin. Il est paru aux éditions Milan dans la collection Grands romans en 2009 (250 pages, épuisé, ISBN 978-2-74593-617-2).

 

Éric Sanvoisin est né le 16 juin 1961 à Valence (Drôme). Il est bibliothécaire à Saint Brieuc (Bretagne) et auteur de livres pour la jeunesse parus chez plusieurs éditeurs (Nathan, Magnard, Milan, Casterman...). Plus d'infos sur son blog, http://sanvoisin.over-blog.com/.

 

« Il adorait la lecture, silencieuse ou à voix haute. Il lisait beaucoup, de préférence la nuit, quand le calme le plus profond enveloppait les moindres recoins de l'orphelinat. » (page 12). « Ce qu'Alexandre adorait tout particulièrement, dans les livres, c'était leur capacité à l'extraire de sa triste condition. Grâce à eux, il se sentait pousser des ailes et le monde semblait s'ouvrir, vaste, sans limites ; il oubliait un peu sa vie à l'orphelinat et son maudit fauteuil roulant. » (page 14).

 

Quand il avait 3 ans, Alexandre a perdu ses jambes dans un accident de voiture. Dix ans après, il a perdu ses parents dans le crash de leur avion (mais leurs corps n'ont jamais été retrouvés). Son oncle et tuteur, Sidonius Legrand, frère aîné de son père, qui gère l'entreprise depuis la disparition des parents, l'a placé à l'orphelinat Crésus. Alexandre ne s'y plaît pas.

« […] une prison. Prison dorée […] le confort tant vanté un leurre. Le seul vrai confort , aux yeux d'Alexandre, se nommait liberté. » (page 22).

Après s'être isolé, l'adolescent se rapproche d'un garçon orphelin qui s'est cogné le front contre la porte de sa chambre et s'est évanoui. D'ailleurs « quatre élèves ont eu un malaise et, depuis, sont réveillés chaque nuit par les mêmes cauchemars. Des yeux terrifiants les menacent jusqu'au plus profond de leur sommeil. » (page 80).

John Major, un détective privé annonce à Alexandre que l'avion privé de ses parents a explosé en vol : c'est donc un attentat et la thèse de l'accident est remise en cause. Il a aussi découvert des choses sur une organisation secrète qui existe de façon très discrète depuis le XIIIe siècle, la Surnature.

Alexandre pense qu'il se passe des choses bizarres à l'orphelinat Crésus et que c'est lié à ses parents mais à qui peut-il se confier ? Au gentil professeur de français, Jean-Baptiste Brindavoine, plutôt qu'au professeur de maths, Antonin Balrogue ? À sa dévouée auxiliaire de vie scolaire (AVS), Samantha Beaufeuillage plutôt qu'à la directrice, Mademoiselle de Saint-Agathon ? Ou à ses nouveaux amis, Jules-Henri Métivier et Ève Lombargini ?

 

J'ai pris bien du plaisir à lire ce roman fantastique à suspense et j'aurais aimé percé le mystère, ou plutôt les mystères : la disparition des parents, l'orphelinat, les pouvoirs d'Alexandre, les êtres maléfiques qui l'entourent... Malheureusement, l'auteur considère ce livre comme « mort » (je ne l'ai pas trouvé sur le site de l'éditeur) et je crains qu'il n'y ait jamais de suite... Du coup, j'ai hésité à en parler avant, mais c'est du gâchis car il vaut vraiment le coup : siouplaît, m'sieur l'auteur, la suite !

 

Une lecture pour les challenges ABC critiques 2013-2014 (lettre S), Cartable et tableau noir, Jeunesse & young adults, Le mélange des genres (catégorie roman jeunesse), Petit Bac 2014 (catégorie bâtiment).

 

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19 mars 2014 3 19 /03 /mars /2014 03:45

Mémé est un roman de Philippe Torreton paru aux éditions L'iconoclaste en janvier 2014 (144 pages, 13 €, ISBN 978-2-913-36661-9).

 

Philippe Torreton est né le 13 octobre 1965 à Rouen (Seine Maritime, Normandie). Il est comédien (théâtre et cinéma) et auteur d'un essai sur son métier, Comme si c'était moi (Seuil, 2004) et d'un Petit lexique amoureux du théâtre (Stock, 2009) ; Mémé est donc son premier roman.

 

Ma grand-mère n'était pas malade et ne vivait pas dans une maison humide de Normandie avec un jardin mais j'ai trouvé des points communs avec la grand-mère du roman : l'édredon glacé (je l'appréciais bien l'été !), la machine à coudre à pédale (j'avais appris à l'utiliser !), l'appellation contrôlée « mémé », l'amour et les valeurs qu'elle m'a transmis, et les sentiments qui me liaient à elle (je n'en avais qu'une, l'autre était déjà morte). Des souvenirs qui ont ressurgi à la lecture de ce roman largement autobiographique du comédien Philippe Torreton mais ces souvenirs et ces émotions, ne sont-ils pas presque universels ?

« Je veillais sur ma grand-mère, pendant qu'elle veillait sur moi, ce fut mon premier emploi, gardien de nuit de mémé. » (page 12).

« Je ne voulais pas qu'elle meure avant mes vingt ans, car à vingt ans on est grand, on est un homme et un homme c'est dur à la peine, mémé il faut tenir ! À vingt ans, j'ai repoussé la « date de mort acceptable » à trente. Quand elle a arrêté de respirer pour de bon, j'en avais quarante et je n'étais toujours pas devenu un homme. » (page 13).

« Elle avait toujours quelque chose qui faisait du bien […]. » (page 31).

Homme du spectacle, Philippe Torreton raconte avec émotion comment sa mémé, née en mars 1914, aurait voulu faire de la musique mais elle a dû travailler à la ferme de ses parents puis en usine pour élever ses trois filles.

« Jeune, on t'a donné le nécessaire, adulte tu n'avais que l'utile et à la fin de ta vie il ne te restait que l'indispensable. » (page 50).

« Ton silence rendait le monde bavard et inaudible. » (page 61).

Une grand-mère qui a vécu proche de la nature, en consommant les produits de la ferme et en ne gâchant rien.

« Ils ne savent plus quoi inventer... un soupir... et tu retournais à ton épluchage de poulet froid. » (page 78).

L'auteur évoque la douceur de sa mémé, la tendresse des souvenirs, tout ce qu'elle lui a apporté avec des choses simples, naturelles, et la tristesse du manque.

« J'aimerais encore maintenant ouvrir la porte de sa cuisine et l'embrasser […]. » (page 93).

« Elle est née sans plastique, sans téléphone, sans radio, sans télé, sans mails, sans cliniques ni pédiatres, sans congés de maternité. Elle est née sous un ciel sans ces rails de nuages qui trahissent l'avion de ligne, […]. » (page 105).

Un joli roman, sincère, tendre, nostalgique et parfois drôle, pour tous ceux qui aiment leur mémé même si elle n'est plus là...

« Ça tient pas le coup les hommes, les mémés sont plus solides. » (page 116).

 

Une lecture pour les challenges

ABC critiques 2013-2014 (lettre T),

Le mélange des genres

(autobiographie/témoignage),

Petit Bac 2014 (catégorie

sphère familiale),

Premier roman et

Rentrée littéraire d'hiver 2014.

 

 

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13 février 2014 4 13 /02 /février /2014 03:47

La tête de l'emploi est un roman de David Foenkinos paru aux éditions J'ai Lu dans la collection Grand format le 8 janvier 2014 (286 pages, 13,50 €, ISBN 978-2-290-07744-3).

 

Je remercie Mathilde et les éditions J'ai Lu de m'avoir envoyé ce roman de la rentrée littéraire d'hiver.

 

David Foenkinos... Dois-je encore le présenter ? Il est né en 1974 à Paris, a étudié à la Sorbonne et il est un des grands écrivains français de ce début de XXIe siècle. Coup de cœur pour Lennon en 2010. Coup de cœur pour Les souvenirs en 2011. J'ai prévu de lire ses autres titres et j'en attends sûrement beaucoup !

 

« Un jour, mes parents ont eu l'étrange idée de faire un enfant : moi. » (première phrase du roman, page 9).

Bernard est un enfant unique. Ses parents, Raymond et Martine, se sont rencontrés en 1953 et ils ont maintenant 80 ans. Bernard a toujours ressenti de l'incompréhension vis-à-vis d'eux et de leur façon de vivre.

« Ils vivent leur vie le plus discrètement possible, comme pour se faire oublier de la mort. Le secret de la longévité, c'est sûrement ça : ne pas faire de bruit. » (page 16).

Maintenant Bernard a 50 ans et il a réussi sa vie, normal, il avait la tête de l'emploi ! Il a gravi les échelons dans la banque (la BNP) où il a commencé comme stagiaire pour devenir conseiller financier. Son épouse, Nathalie, une belle femme, est psychologue. Leur fille, Alice, part à São Paulo pour un stage d'un an (voire deux).

Bien sûr, Bernard est fier de la réussite de sa fille mais il est aussi triste de son départ, et c'est à partir de ce jour-là que sa vie va s'écrouler, parce que justement, il a la tête de l'emploi !

Alice partie, Nathalie annonce à Bernard qu'elle a besoin d'être seule, de prendre du recul... (On sait que, souvent, c'est le début de la fin !).

« Je ne peux pas m'imaginer sans Nathalie. » (page 34). « Je quittais notre appartement comme un homme, alors que je voulais pleurer comme un enfant. » (page 60).

Pour couronner le tout, à cause de la crise (qui a bon dos), Bernard se retrouve au guichet à la banque comme un simple employé.

« […] on venait de me voler ma vie. Je n'avais plus rien. Et ce n'était que le début. » (page 81).

Bernard est sous le choc, humilié, seul...

« Je dus admettre que je n'avais plus le choix, il ne me restait qu'une seule solution. Une destination qui serait parfaite pour parachever le désastre : mes parents. » (page 93).

Ainsi, pratiquement 30 ans après son départ, Bernard retrouve sa chambre d'ado qui n'a pas bougé !

 

Bernard n'aime pas son prénom mais, rappelons-le, il a la tête de l'emploi : tout lui a souri dans les années 80 et 90, les études, un bon travail, une vie sociale enviable, une épouse belle et intelligente, une fille belle et intelligente, mais, à 50 ans, il se retrouve tout à coup seul, confronté au désintérêt de tous (qui prend de ses nouvelles ?) et démuni (plus de toit, plus de travail, plus de salaire) avec ce qui en découle : une totale perte de confiance et le retour inévitable chez ses parents.

L'auteur en profite pour traiter le monde du travail, sa difficulté, la mauvaise gestion des « ressources » humaines en plus des relations dans le couple et entre parents et enfants. La crise, elle n'est pas seulement dans le travail, elle est partout, chez des adultes qui n'ont pas vraiment grandi, dans les couples et elle détruit des vies.

Ce roman m'a fait rire, m'a émue, m'a enchantée, et même si d'aucuns diront qu'il est léger et pas inoubliable, je reste dans le coup de cœur pour David Foenkinos et pour ce que j'apprécie : sa délicate écriture, sa façon touchante et sincère de parler de l'amour, de la vie et sa tendresse pleine d'humour pour ses personnages.

 

Mes passages préférés

« On pleurait, on riait. On s'aimait, on se quittait. La vie était tragique et pleine de promesses. Mais je savais que mon avenir sans Nathalie serait terrible. » (page 134).

« On espère toujours quelque chose qui ne peut pas exister. » (page 173).

Une lecture pour les challenges Lire sous la contrainte (nom + nom) et Rentrée littéraire d'hiver 2014.

 

 

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